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  • En toute confidence avec Christopher Weissberg, redevenu député des Français de l’étranger

    En toute confidence avec Christopher Weissberg, redevenu député des Français de l’étranger

    Dans ce nouvel épisode d’« En toute confidence » publié sur lesfrancais.press, Christopher Weissberg, député de la 1re circonscription des Français de l’étranger (États‑Unis et Canada), revient sur son retour à l’Assemblée nationale. Suppléant de Roland Lescure, nommé au gouvernement, notre invité franco‑américain retrouve les bancs du Palais‑Bourbon qu’il avait déjà connus de 2022 à 2024.

    Au fil du podcast, le parlementaire fixe notamment ses priorités pour les Français d’Amérique du Nord : entre recomposition politique à Paris, durcissement des conditions de séjour en Amérique et débats fiscaux récurrents, il veut, entre autres, accompagner nos compatriotes face à ces nouveaux défis.

    Écouter le podcast avec Christopher Weissberg

    Une Assemblée nationale qui rappelle la IVe République

    Lors de cette interview, Christopher Weissberg décrit un quinquennat bousculé, marqué par la dissolution et des équilibres mouvants au Palais‑Bourbon. Il confie : « quand j’ai commencé mon mandat en 2022, j’avais l’impression d’être dans la Ve République. »

    « C’est plus difficile de faire son travail de député dans ces conditions-là.
    Mais je ferai du mieux que je peux »

    Christopher Weissberg, député de la 1re circonscription des Français de l’étranger

    Puis, ajoute‑t‑il, « au fur et à mesure et après la dissolution, on est vite rentré dans ce qui ressemble plutôt à la IVe République. ». Cette instabilité complique le travail législatif, mais il reste déterminé : « C’est sûr que c’est moins structurant et c’est plus difficile de faire son travail de député dans ces conditions‑là. Mais je ferai du mieux que je peux. » affirme-t-il.

    Allers-retours entre vie professionnelle et mandat politique

    Nommé ministre de l’Économie et des Finances dans le gouvernement de Sébastien Lecornu, Roland Lescure cède donc son siège de député de la 1re circonscription des Français de l’étranger à son suppléant, Christopher Weissberg. Ce dernier avait déjà connu pareille situation entre 2022 et 2024, lui faisant faire ainsi des allers-retours entre vie professionnelle et mandat politique.

    Christopher Weissberg, député de la 1er circonscription des Français de l'étranger (Canada-Etats Unis)
    Christopher Weissberg, député de la 1er circonscription des Français de l’étranger (Canada-Etats Unis) © assemblée nationale

    Notre invité relativise ainsi sa situation : « je n’ai jamais voulu me plaindre sur le sort des élus et des parlementaires. » Et d’insister sur les relations qu’il peut entretenir avec son employeur alors contraint de le laisser repartir à l’Assemblée nationale : « Est‑ce que c’est difficile ? Non, ce n’est pas difficile. Il faut pouvoir expliquer les choses », précise-t-il à notre micro.

    Priorités pour les Français de l’étranger : enseignement, protection sociale et visas

    Avant de devenir parlementaire, Christopher Weissberg a travaillé pour un ministre des Français de l’étranger. Ses fondamentaux demeurent nous confie-t-il : « Tous les sujets associatifs, sur l’enseignement français à l’étranger, sur la protection sociale, ce sont des sujets qui m’ont toujours intéressé. Je vais continuer de les suivre. »

    « Quand vous traversez la douane aujourd’hui aux États Unis, les services de douane peuvent regarder vos réseaux sociaux (…) ça représente un vrai risque. »

    Christopher Weissberg, député de la 1re circonscription des Français de l’étranger

    Autre sujet de préoccupation les visas. Avec l’arrivée de Donald Trump, la donne a changé pour nombre de résidents et de candidats à l’installation : « ceux qui n’ont ni de nationalité américaine, qui ne sont pas binationaux ou qui n’ont pas la carte verte, les conditions de vie, de résidence sont devenues très difficiles. Alors ça, évidemment, je pense que ça m’oblige à un peu reconsidérer la manière de voir le mandat. Un des sujets, par exemple, ça devient le retour en France » partage-t-il.

    Christopher Weissberg avec Philippe Cousteau à Santa Monica (Etats-Unis)
    Christopher Weissberg avec Philippe Cousteau à Santa Monica (Etats-Unis)

    Christopher Weissberg donne aussi un conseil pour nos Français établis aux Etats-Unis : « Quand vous traversez la douane aujourd’hui aux États‑Unis, les services de douane peuvent regarder vos réseaux sociaux (…), ne postez pas de choses critiques sur de cette administration (…), ça représente un vrai risque. ». Nos compatriotes au Canada connaissent aussi des difficultés de visas, et « sont contrariés dans leur résidence canadienne ». Pour le député, son rôle n’est cependant pas de « dissuader nos compatriotes à tenter l’aventure en Amérique du Nord, mais bien de les accompagner » nous dit-il.

    Fiscalité : mettre fin aux idées reçues sur les expatriés

    En pleine discussion budgétaire, certains sujets reviennent avec force. Le parlementaire du groupe Ensemble pour la République, présidé par Gabriel Attal, met en garde contre la tentation d’un impôt fondé sur la nationalité, à l’image du modèle américain, et contre les procès d’intention faits aux expatriés : « Quand on écoute une partie de la classe politique, on a l’impression que les raisons de l’expatriation, c’est l’évasion fiscale. Or, c’est totalement faux », souligne-t-il.

    En guise conclusion de ce podcast « En toute confidence », Christopher Weissberg nous rappelle qu’il a « toujours fait ce mandat au service des gens. » Et il formule un vœu : « que la communauté française aux États‑Unis, au Canada, aille le mieux possible dans un contexte… compliqué. »

  • Etats-Unis – Europe : deux trajectoires ?

    Etats-Unis – Europe : deux trajectoires ?

    L’Europe patine depuis près d’un quart de siècle. La création de l’euro a été l’heure de gloire de la construction européenne tout comme son élargissement aux anciens États du bloc de Varsovie. Depuis, le vieux continent est épris d’une langueur monotone. Sur la même période, même si Donald Trump prétend l’inverse, les États-Unis ont enregistré un cycle de croissance reposant sur les nouvelles technologies. Hormis la période covid, le pays a connu plus de 15 années de croissance soutenue lui permettant de maintenir ses positions vis-à-vis de la Chine et d’accroître son avance sur l’Europe.

    Depuis 2019, le PIB réel américain s’est accru de 10,3 %, celui de la zone euro de 3,7 %. Le PIB par habitant a augmenté de 7,4 % aux États-Unis contre +1,9 % en Europe. De 1999 à 2025, la productivité horaire s’est accrue de près de 70 % aux États-Unis contre 15 % pour la zone euro. Au-delà de l’évolution des gains de productivité, leur répartition est différente de part et d’autre de l’Atlantique. 42% de la hausse de la productivité du travail aux États-Unis a été transformée en salaire réel aux États-Unis contre 88 % dans la zone euro.

    Ce partage différent des gains de produits de productivité se traduit par une plus forte profitabilité des entreprises américaines. Le rendement des fonds propres est de 17 % aux États-Unis contre 10 % en Europe. Le capital américain féconde la productivité, le capital européen fertilise la rente. Les profits des entreprises sont moins réinvestis dans la production en Europe, 50 % contre 70 % outre-Atlantique.

    La rentabilité du capital américain est imputable à un niveau d’investissement élevé et à effort de Recherche-Développement important.

    Le ruissellement ?

    L’investissement privé américain a progressé de + 22 % depuis 2019, contre + 6 % dans la zone euro. Les investissements dans les technologies de l’information et de la communication représentent plus de 1 % du PIB aux États-Unis contre moins de 0,5 % du PIB en Europe. Les dépenses de R&D atteignent 3,5 % du PIB aux États-Unis contre 2,2 % en zone euro. Les investissements dans l’IA et les semi-conducteurs se sont élevés en 2024 à : 420 milliards de dollars aux États-Unis contre 130 milliards dans l’Union européenne. Le nombre de brevets liés à la robotique a été de 42 000 outre-Atlantique.

    Dépenses de Recherche & Développement en % du PIB
    Dépenses de Recherche & Développement en % du PIB

    Même si le partage des gains de productivité est moins favorable aux salariés américains par rapport à ceux de l’Europe, leur importance débouche in fine sur des augmentations de rémunération plus importantes. Le système américain repose avant tout sur la consommation qui représente plus de 68 % du PIB, contre moins de 55 % en zone euro La consommation progresse ainsi plus vite aux États-Unis ). Entre 1999 et 2024, elle y a augmenté en moyenne de 2,48 % par an contre + 1,3 % par an au sein de la zone euro, sachant qu’elle y stagne depuis 2017.

    La consommation américaine peut compter sur la progression du revenu disponible réel des ménages américains, + 9 % depuis 2019, contre + 2 % dans la zone euro. Les Européens dont le niveau de confiance dans l’avenir est faible ont une forte propension à l’épargne, plus de 15 % de leur revenu disponible brut contre moins de 8 % aux États-Unis.

    La préférence donnée à la consommation aux États-Unis a pour conséquence un déficit élevé de la balance des paiements courants, 5 % du PIB en 2024, contre un excédent de 2 points de PIB pour la zone euro. Donald Trump entend réduire ce déficit grâce à ses droits de douane au risque de pénaliser la consommation et la croissance américaine.

    Les inégalités le revers de la médaille américaine

    Les inégalités de revenus et la pauvreté sont nettement plus fortes aux États-Unis que dans la zone euro. Pour cette dernière, les inégalités avant redistribution sont fortement corrigées par les prestations et le système fiscal. Les dépenses sociales y atteignent en moyenne près de 30 % du PIB, plus de 34 % en France, contre 24 % aux États-Unis. Les inégalités de revenus et de patrimoines se sont fortement accrues Outre-Atlantique quand elles sont relativement stables en Europe. Pour autant, ces dernières années, le salaire réel moyen américain a progressé aux États-Unis quand il a régressé en Europe.

  • Le French Film Festival London 2025 : 33 films pour faire vibrer Londres

    Le French Film Festival London 2025 : 33 films pour faire vibrer Londres

    Le French Film Festival London a débuté ce mercredi 12 novembre 2025 au Ciné Lumière de South Kensington. Pendant douze jours, jusqu’au 23 novembre, la capitale britannique vibrera au rythme du cinéma français contemporain. 33 films, 76 projections et une programmation éclectique et ambitieuse promettent de captiver tous les publics, du cinéphile averti au jeune spectateur curieux.

    Une ouverture sous le signe de l’audace

    Organisé par l’Institut français du Royaume-Uni, le festival démarre avec L’Inconnu de la grande arche de Stéphane Demoustier, porté par Claes Bang. Ce drame politique, déjà remarqué à Cannes, pose d’emblée le ton : un cinéma engagé, créatif et audacieux.

    Le week-end de clôture sera tout aussi marquant : Dossier 137 de Dominik Moll (avec Léa Drucker et Stanislas Merhar) sera projeté le samedi 22 novembre, suivi de La Couleur du temps de Cédric Klapisch (avec Vincent Macaigne et Suzanne Lindon) le dimanche 23.
    Chaque projection sera suivie d’une rencontre avec les réalisateurs, venus échanger directement avec le public londonien, sans doute constitué de nombreux Français établis dans la capitale du Royaume Uni.

    Un festival au panorama dense et inspirant

    Cette édition 2025 offre un éventail exceptionnel de formes et de genres : fictions, documentaires, films d’animation, restaurations et coproductions internationales. Parmi les œuvres les plus attendues :

    • It Was Just an Accident, Palme d’Or 2024 et candidate française aux Oscars, questionne les séquelles de la répression politique ;
    • Yes ! de Nadav Lapid, interroge la société israélienne ;
    • Black to the Future de Jean-Pascal Zadi, comédie futuriste autour de la première mission spatiale africaine ;
    • The Voice of Hind Rajab de Kaouther Ben Hania, docu-fiction salué à Venise et San Sebastián ;
    • Alpha de Julia Ducournau, nouveau film-choc ;
    • Dog 51 de Cédric Jimenez, thriller d’anticipation avec Adèle Exarchopoulos;
    • The Ice Tower de Lucile Hadžihalilović, relecture audacieuse de La Reine des neiges avec Marion Cotillard.

    Les adaptations littéraires seront également à l’honneur : L’Étranger d’Albert Camus revisité par François Ozon, et Little Sister, récit intime d’une jeune Franco-Algérienne en quête d’identité, primé à Cannes.

    Entre mémoire, société et émotion

    Les documentaires offrent une respiration entre engagement et contemplation :

    • Writing Life de Claire Simon, consacré à Annie Ernaux;
    • Menus-Plaisirs – Les Troisgros de Frederick Wiseman, plongée dans la haute gastronomie française ;
    • Thousands of Years of Absence de Philippe Rouy, méditation poétique sur le Japon post-Fukushima.

    Côté émotion, Dites-lui que je l’aime (Tell Her That I Love Her) de Romane Bohringer, adapté du livre de Clémentine Autain, explore avec délicatesse les liens entre mère et fille.

    Ciné Lumière French Film Festival London 2025
    Ciné Lumière French Film Festival London 2025

    La section Classiques rend hommage à La Reine Margot de Patrice Chéreau et à Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, disparu cette année.

    Le jeune public n’est pas oublié avec Le Chant des oiseaux secrets et Arco d’Ugo Bienvenu, coréalisé par Natalie Portman et primé à Annecy 2025.

    Un écrin londonien pour le cinéma d’auteur

    Toutes les projections de ce festival du film français ont lieu au Ciné Lumière, salle emblématique de l’Institut français du Royaume-Uni. Avec ses deux écrans et ses équipements numériques et 35 mm, le cinéma s’impose comme un phare du cinéma d’auteur à Londres. Chaque année, le Ciné Lumière accueille plus de 50 000 spectateurs et organise une centaine de débats.

    French Film Festival London 2025
    French Film Festival London 2025

    « Après des mois de visionnage et de discussions, nous sommes heureux de proposer une sélection qui reflète la diversité et la vitalité du cinéma français », confie Diane Gabrysiak, responsable de la programmation. Raïssa Lahcine, nouvelle attachée audiovisuelle et directrice adjointe de l’Institut français, ajoute : « Ce programme audacieux et inspirant illustre un cinéma français libre, curieux et profondément vivant. »

    Un pont culturel entre les deux rives de la Manche

    Créé en 1910, l’Institut français du Royaume-Uni promeut la langue et la culture françaises, tout en encourageant la coopération artistique avec le Royaume-Uni. Son réseau comprend un centre de langue, une médiathèque, des espaces pour la jeunesse et le restaurant Gazette, authentique brasserie française à Londres. Le French Film Festival London est organisé en partenariat avec le French Film Festival UK, la Friends of the French Institute Trust, Unifrance, Eurostar et The Pelham London, contribuant à faire rayonner le cinéma français outre-Manche.

    Un rendez-vous culturel et symbolique

    Dans un contexte international parfois incertain, le festival rappelle que la culture demeure un langage commun, capable de créer curiosité, lien et compréhension mutuelle.

    Ne manquez pas les projections : réservez vos places dès maintenant


    Programme complet French Film Festival London 2025 et réservations

  • Le Mali en proie aux djihadistes

    Le Mali en proie aux djihadistes

    Depuis septembre, les combattants de la coalition jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim) ont instauré un blocus sur les importations de carburant à destination du Mali. Les convois de camions-citernes sont pris pour cibles sur les routes, paralysant l’économie nationale et menaçant l’approvisionnement de la capitale, Bamako. Dans une publication en date du 7 novembre sur le site France Diplomatie, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères invite les Français résidant au Mali à faire preuve de la plus grande vigilance et s’ils le peuvent de quitter temporairement le pays. A ce jour, aucune évacuation par les forces militaires est prévue. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Le départ des forces françaises

    L’actuelle détérioration du Mali est directement liée au vide sécuritaire laissé par le retrait des forces étrangères. Selon l’Atlantic Council, le pays « s’accroche à l’illusion d’une souveraineté militaire » après s’être coupé de ses alliés et plongé dans un isolement complet.

    Lorsque le colonel Assimi Goïta a pris le pouvoir par la force en 2021, il avait promis la « refondation d’un Mali souverain et sécurisé ». Quatre ans plus tard, le constat est inverse : les lignes de front se sont multipliées, l’armée s’est fragmentée, et les groupes jihadistes contrôlent à nouveau de vastes portions du territoire.

    Un millier de personnes se sont rassemblées place de L'Indépendance à Bamako, le 10 janvier 2020, pour protester contre la présence des forces françaises au Mali.
    Un millier de personnes se sont rassemblées place de L’Indépendance à Bamako, le 10 janvier 2020, pour protester contre la présence des forces françaises au Mali. © Annie Risemberg. ©AFP

    Le départ progressif de la France, amorcé en 2022 avec la fin de l’opération Barkhane, a marqué un tournant décisif. Pour l’Institut Montaigne, cette évacuation, survenue le 15 août 2022, a constitué « le changement le plus radical pour les groupes jihadistes, qui ont retrouvé une liberté d’action perdue depuis près de dix ans ».

    Autrement dit, la présence française, bien qu’imparfaite, maintenait une pression constante sur les groupes armés. Son retrait a ouvert la voie à une reconquête lente mais méthodique des territoires ruraux par la Jnim et ses affiliés.

    A Bamako, la peur a remplacé la routine

    Les stations-service sont vides, les files s’étirent jusqu’au soir et les universités ont fermé. Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, bloque les convois de carburant venus du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.

    Les djihadistes du GSIM justifient cette offensive par des « représailles » à une décision du gouvernement militaire : interdire la vente de carburant hors des stations officielles, dans l’espoir d’assécher leurs réseaux. L’effet inverse s’est produit. Les routes sont devenues des champs de bataille, les camions brûlent malgré les escortes militaires. À Kayes et Nioro-du-Sahel, aux frontières du Sénégal et de la Mauritanie, les villes vivent sous blocus.

    Des personnes se rassemblent dans une station-service, alors que la pénurie de carburant causée par un blocus imposé début septembre par les djihadistes du JNIM se poursuit, à Bamako, au Mali, le 1er novembre 2025.
    Des personnes se rassemblent dans une station-service, alors que la pénurie de carburant causée par un blocus imposé début septembre par les djihadistes du JNIM se poursuit, à Bamako, au Mali, le 1er novembre 2025. © REUTERS/STRINGER TPX IMAGES OF THE DAY

    Pour les Français, plutôt de partir !

    Si à ce jour, aucune opération d’évacuation éventuelle des ressortissants français n’est prévue, les services consulaires, de Paris à Bamako, martèlent un seul message « Partir ». Pourtant, les vols commerciaux comme les axes de circulation ne sont pas accessibles.

    Actuellement, la présence du personnel diplomatique à l’ambassade de France est maintenue afin de pouvoir apporter toute assistance à nos compatriotes sur place. Aussi, à Paris, le Centre de crise et de soutien, au ministère des affaires étrangères, a activé une cellule dédiée. Celle-ci actualise en direct, en fonction de l’ensemble des informations qui remontent du terrain, la situation sécuritaire.

    Mais dix ans après le début de l’intervention française, le Mali reste un laboratoire tragique des limites de la force armée. La présence de la France avait permis de contenir la menace sans la résoudre, et son départ a libéré des forces qu’elle maintenait à distance. Désormais, le Mali vit au rythme des attaques, des coupures d’énergie et des files interminables devant les stations-service. Le pays, jadis soutenu par la communauté internationale, se retrouve pris entre le feu jihadiste et la violence de ses nouveaux protecteurs russes comme chinois.

  • Commémorations du 13 Novembre en France

    Commémorations du 13 Novembre en France

    Ce 13 novembre 2025, la France a rendu hommage aux morts et blessés des attentats de 2015. Plusieurs cérémonies d’hommages ont été organisées successivement ce jeudi 13 novembre devant chaque lieu ciblé, il y a 10 ans, par les attaques terroristes. La journée s’est terminée en musique à l’hôtel de ville, où fut inauguré un jardin en mémoire des victimes. A l’étranger comme dans l’hexagone, nous n’oublions pas !

    La porte D du Stade de France

    Ce jeudi, en fin de matinée, devant la porte D de l’enceinte dyonisienne, où la première explosion a retenti pendant que se déroulait le match amical entre la France et l’Allemagne, Sophie Dias, fille de Manuel Dias tué devant le Stade de France, s’est exprimée. Un discours empreint d’émotion : « Cette terrible nuit du 13 novembre, il nous a été arraché, lui qui était un passionné de football. Nous souhaitons continuer de faire vivre ce que mon père incarnait, le respect, la tendresse et l’amour de son prochain, et que le site du Stade de France, là où tout a commencé, ne soit pas oublié dans les livres d’histoire. »

    EN DIRECT | Cérémonie en mémoire de Monsieur Manuel Dias, première victime des attentats du 13 novembre 2015, au Stade de France. https://t.co/W2D07eTtgM

    — Élysée (@Elysee) November 13, 2025

    Mathieu Hanotin lui a ensuite succédé au pupitre. Le maire de Saint-Denis a rappelé que « dix ans après, la France pleure toujours ses morts mais tient bon. La peur n’a pas pris le dessus. L’année dernière, Paris et Saint-Denis ont accueilli le plus grand événement sportif au monde. Dans le Stade de France devenu olympique, le rugissement des foules en liesse s’est mêlé à La Marseillaise scandée par toute la nation réunie. »

    Emmanuel Macron, le Président de la République, et Mathieu Hanotin ont ensuite déposé ensemble une couronne de fleurs au pied d’une plaque commémorative en mémoire de Manuel Dias et de toutes les victimes du terrorisme.

    Terrasses, Bataclan, République

    Les cérémonies aux abords des terrasses et du Bataclan se sont enchaînées à Paris à l’heure du déjeuner et en début d’après-midi avec dépôts de gerbe, discours d’hommages, liste des personnes décédées…

    Avec partout, un énorme dispositif de sécurité. Les quartiers concernés ont vécu un peu au ralenti ce jeudi. Autour de chaque lieu d’hommage, toutes les rues d’accès étaient bloquées par des policiers plusieurs dizaines de mètres en amont. « Personne ne passe. Pour l’instant c’est fermé », se sont vus répondre de nombreux passants. De quoi provoquer quelques échanges tendus entre certains policiers et des riverains ne pouvant pas rentrer chez eux. « On est touché. Nous aussi, on aimerait aller s’y recueillir », a-t-on entendu dans la rue.

    Des personnes déposent des fleurs, des mots, des bougies, place de la République, à Paris, ce jeudi 13 novembre 2025.
    Des personnes déposent des fleurs, des mots, des bougies, place de la République, à Paris, ce jeudi 13 novembre 2025. © STÉPHANE GEUFROI / OUEST-FRANCE

    Le jardin mémoriel à l’hôtel de ville

    Cette dixième année de commémorations s’est terminée à 18 heures en plein cœur de Paris, sur la place de l’hôtel de ville, où il a été inauguré le Jardin du 13 novembre 2015.

    Le chef de l’État Emmanuel Macron, la maire Anne Hidalgo ainsi que le président de l’association 13onze15 Philippe Duperron et celui de l’association Life for Paris Arthur Dénouveaux, ont prononcé chacun un discours lors de cette cérémonie.

    La cérémonie de l’hôtel de ville a été placée sous la direction artistique de Thierry Reboul, ancien directeur exécutif des cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques 2024. Le compositeur Victor Le Masne, directeur musical des cérémonies des Jeux de Paris en 2024, a aussi repris la baguette pour diriger la partie musicale. Il a notamment conçu un requiem. Cette partition, ainsi que le reste des temps musicaux, ont été réalisés en lien avec les associations de victimes, pour « essayer d’être au plus près de ce qu’elles ressentent », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse.

    Enfin, dès la tombée de la nuit, la tour Eiffel s’est illuminée en bleu, blanc et rouge. Une illumination tricolore qui était déjà visible ce mercredi soir. 

    Les moments forts de la journée en photo

    Jardin du 13 novembre 2015
    Hommage du 13 novembre 2015
    Hommage du 13 novembre 2015
    Hommage du 13 novembre 2015
  • Budget 2026 : retraites, congé naissance, chômage

    Budget 2026 : retraites, congé naissance, chômage

    Vue de l’étranger, la situation peut paraître complexe quand on évoque la loi de Finances 2026 de l’État Français. Pour les Français de l’étranger, on fait un point d’étape dans le marathon budgétaire des parlementaires. Taxes, cotisations sociales, santé publique, alimentation… Tour d’horizon des principales mesures adoptées et rejetées à ce stade par les députés et les sénateurs.

    Taxe sur les multinationales, impôt sur le revenu, taxe Gafam…

    L’examen en séance publique du volet « recettes » du projet de loi de finances (PLF) 2026 a, donc, repris ce jeudi 13 novembre. Au total, près de 1500 amendements restent à examiner. Lors de la première phase des débats, du 24 octobre au 3 novembre, plusieurs dizaines d’amendements ont déjà été adoptées, du remplacement de l’IFI par un « impôt sur la fortune improductive » à l’annulation du gel du barème de l’impôt sur le revenu en passant par le doublement de la taxe Gafam et la prolongation de la défiscalisation des pourboires.

    Suspension de la réforme des retraites

    La suspension de la réforme des retraites a été approuvée par l’Assemblée nationale le 12 novembre, avec 255 voix pour et 146 contre. Si ce texte arrive à son terme du chemin parlementaire, « aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028 », avait précisé le premier ministre lors de son discours de politique générale le mois dernier, ajoutant que « la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 ». Au total, 3,5 millions de Français pourraient bénéficier de cette suspension.

    Les générations qui en profiteraient seraient celles nées entre 1964 et 1968, soit 700.000 personnes par génération, « une cohorte normale de retraités nés dans les années 1960 », précisait-on au ministère du Travail.

    L’abattement, de 10 % pour les retraités, maintenu

    Après avoir rejeté le gel des prestations sociales et des pensions de retraite, mercredi 12 novembre, en début de soirée, lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, les députés ont balayé, jeudi 13 novembre, avant 10 heures, l’article 6 du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 qui prévoyait la transformation de l’abattement de 10 % bénéficiant aux retraités en un abattement forfaitaire de 2 000 euros.

    L’Hémicycle a fait bloc contre cette réforme gouvernementale jugée stigmatisante à l’endroit des retraités par un grand nombre de parlementaires. Et le résultat du vote a été sans appel : 213 voix pour, 17 contre et 3 abstentions sur l’amendement porté par la députée Les Républicains, Alexandra Martin, visant à supprimer la mesure. Des amendements similaires proposés par La France insoumise (LFI), le Rassemblement national (RN) et les Écologistes ont aussi, logiquement, été adoptés.

    Congé de naissance

    L’Assemblée nationale a entériné la création d’un nouveau « congé de naissance », inscrit dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Promesse d’Emmanuel Macron dans le cadre de son plan de « réarmement démographique », ce dispositif entend renforcer la présence des deux parents dès les premiers mois de vie de l’enfant et rééquilibrer la charge familiale entre mères et pères.

    Congé de naissance
    Congé de naissance – Image d’illustration

    Chaque parent pourra ainsi bénéficier d’un à deux mois de congé, pris simultanément ou en alternance, ce qui offrirait au couple jusqu’à quatre mois de présence cumulée auprès du nouveau-né. Ce congé s’ajoutera aux congés de maternité, de paternité et d’adoption existants, sans les remplacer.

    Allocations chômage, compte formation… Le Sénat vote plusieurs mesures anti-fraudes

    Dans le cadre du projet de loi gouvernemental contre les fraudes sociales et fiscales, le Sénat a renforcé jeudi l’arsenal de lutte contre la fraude aux allocations chômage.

    Un article, adopté largement, vise à conditionner le versement de l’indemnisation chômage à la domiciliation des comptes bancaires en France ou dans l’Union européenne.

    « La possession d’un compte bancaire domicilié à l’étranger constitue un indice de résidence ou d’exercice d’activité à l’étranger potentiellement non déclarés à France Travail »

    Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.

    Alors que la résidence en France est déjà une obligation pour les bénéficiaires d’allocations chômage, cette nouvelle exigence a été dénoncée par une partie de la gauche qui l’a jugée « discriminatoire » voire « inutile », estimant que le lien entre compte à l’étranger et fraude n’était pas établi.

    Les sénateurs ont par ailleurs adopté une mesure visant à obliger le titulaire du compte personnel de formation (CPF) à se présenter aux épreuves de certification sauf « motif légitime », sans quoi sa formation ne pourra plus être prise en charge par le CPF.

  • Karim Ben Cheikh : « Il faut sauver la sécurité sociale des Français de l’étranger »

    Karim Ben Cheikh : « Il faut sauver la sécurité sociale des Français de l’étranger »

    Député des Français établis hors de France et membre du groupe Ecologiste et social, Karim Ben Cheikh tire une sonnette d’alarme : la CFE est en danger, et, selon lui, « Il faut sauver la sécurité sociale des Français de l’étranger ». Autre sujet de préoccupation, celui de l’avenir des écoles françaises à l’étranger (AEFE). Le parlementaire nous livre ses propositions pour réformer ce réseau scolaire alors que le débat budgétaire à l’Assemblée nationale reste encore incertain.  

    CFE : la sécurité sociale des Français de l’étranger

    Lesfrancais.press : « Monsieur le député, dans le débat budgétaire vous avez proposé un amendement pour un refinancement de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) via l’apport d’une fraction de la CSG payée par les Français de l’étranger. Celui-ci a été rejeté par l’Assemblée nationale. Quelles sont les autres pistes possibles pour sauver la sécurité sociale des expatriés ? Est-elle vraiment en danger ? »

    Karim Ben Cheikh : « Oui, la CFE est dans une situation préoccupante. Son bilan est fragilisé par l’inflation médicale et surtout par le refus de l’État de financer ses missions de service public. La CFE prend en charge tous les Français, quels que soient l’âge ou le risque, mais ne reçoit qu’une subvention dérisoire, 380 000 euros, alors que le coût de ces missions dépasse 25 millions d’euros. Mon amendement visait à lui donner une ressource stable en affectant une petite fraction de la CSG sur les revenus du patrimoine, comme nous le faisons pour nos Caisses primaires d’assurance maladie (CPAM). C’est logique, équitable, durable.

    « Certains rêvent de sortir la CFE du giron public pour la livrer au privé.
    Ce serait une faute grave »

    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger, 9ème circonscription

    Deux autres pistes demeurent. Soit une subvention annuelle rehaussée votée au Parlement, solution d’urgence, que je défendrai à nouveau malgré le rejet en commission. Soit un arrêté du ministre de la Santé, prévu par le Code de la Sécurité sociale, permettant déjà d’affecter une fraction des taxes collectées à la CFE. Les leviers existent. Il manque la volonté politique. Certains rêvent de sortir la CFE du giron public pour la livrer au privé. Ce serait une faute grave. »

    Karim Ben Cheikh, Anne genetet et la CFE à l’Assemblée nationale

    Débat budgétaire et diplomatie

    Lesfrancais.press : « Concernant la discussion budgétaire actuelle, êtes-vous satisfait des amendements négociés et obtenus actuellement par la gauche ? »

    Karim Ben Cheikh : « Nous avons obtenu quelques avancées : 350 créations de postes dans notre réseau diplomatique, dont 100 pour renforcer les consulats, pour un budget global de 56 millions d’euros. C’est un premier pas, car nos ambassades et consulats manquent cruellement de moyens humains. Mais la diplomatie française reste sous tension : depuis trente ans, elle a perdu la moitié de ses budgets et de ses effectifs. Dans un monde plus instable, où les États-Unis s’éloignent du multilatéralisme et où d’autres puissances testent nos fragilités, nous devons remettre du muscle dans notre action extérieure. »

    Lesfrancais.press : « Pensez-vous toutefois que le budget, tel qu’amendé, sera adopté par le Parlement ? »

    Karim Ben Cheikh : « Rien n’est joué. Le gouvernement a perdu la main sur sa majorité ; le bloc central reste obsédé par la réduction des dépenses, y compris sociales. Même sans 49.3, il dispose encore d’outils pour court-circuiter le débat.

    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger, 9ème circonscription
    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger, 9ème circonscription

    Les maigres avancés que nous avons obtenus, comme les bourses scolaires rétablies, postes créés, budget AESH renforcé, pourraient être remises en cause en séance publique. La CFE et l’AEFE restent les grandes oubliées, alors qu’elles portent une mission essentielle de service public. »

    L’avenir des écoles françaises à l’étranger du réseau AEFE

    Lesfrancais.press : « Autre sujet de préoccupation : l’avenir de nos écoles françaises à l’étranger. Adhérez-vous au plan tel qu’il fut présenté aux syndicats et aux familles le mois dernier ? »

    Karim Ben Cheikh : « Non. Ce n’est pas un plan pour réformer l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), c’est une rustine. L’AEFE a subi une coupe de 34 millions d’euros en 2025, et encore une baisse en 2026. Sa subvention est aujourd’hui au plus bas depuis 2009, alors que le réseau accueille 400 000 élèves, dont deux tiers d’étrangers. Cette crise est provoquée.

    « L’AEFE n’est pas une entreprise privée : c’est un outil de diplomatie d’influence et de cohésion nationale »

    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger, 9ème circonscription

    Depuis 2009, l’État a cessé d’assumer certaines charges : il avait promis 120 millions d’euros pour les cotisations retraite des professeurs détachés ; il en faut aujourd’hui 180 millions, jamais réévalués. Résultat : les frais de scolarité explosent. L’État se désengage, les familles paient la facture. Lorsqu’elles n’y parviennent pas, comme c’est le cas de dizaines de familles dans la circonscription, elles n’ont pas d’autre choix que de retirer leurs enfants du système et restent sans solution pour leur scolarité.

    Lesfrancais.press : « Quelles sont alors vos principales propositions pour réformer le réseau AEFE ? »

    Karim Ben Cheikh : « D’abord, rétablir la subvention de l’État : sans cela, aucune réforme sérieuse n’est possible. Ensuite, clarifier la charge des pensions civiles : ces 60 millions d’écart doivent être assumés par le ministère de l’Éducation nationale, pas par les parents d’élèves. Il faut aussi lever l’interdiction d’emprunter pour les établissements en gestion directe : faute de pouvoir financer leurs investissements, ils augmentent les frais de scolarité.

    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger, 9ème circonscription
    Karim Ben Cheikh, député des Français de l’étranger, 9ème circonscription ©Margot Lhermitte

    Enfin, il faut valoriser les enseignants recrutés locaux, en leur permettant de devenir titulaires dans le réseau sans passer deux ans en France. L’AEFE n’est pas une entreprise privée : c’est un outil de diplomatie d’influence et de cohésion nationale. Ceux qui veulent la livrer au marché fragilisent la présence française dans le monde. »

    Lesfrancais.press : « Pour être efficace, selon vous, dans quel calendrier cette réforme de l’AEFE devrait-elle s’effectuer ? »

    Karim Ben Cheikh : « Dès le vote du budget 2026, il faut stopper la baisse des crédits maintenant. Puis engager une stratégie pluriannuelle, tirant les leçons de “Cap 2030”, avec un diagnostic partagé entre les ministères des Affaires étrangères, de l’Éducation nationale et du Budget. Cette réflexion doit inclure la question de l’accès à l’enseignement français : 5 000 enfants français boursiers ont quitté le réseau en trois ans, faute de moyens. Et le CNED, qui permettait d’assurer la continuité scolaire pour les familles éloignées, s’est largement désengagé. C’est inacceptable. »

    Une future loi pour les Français de l’étranger ?

    Lesfrancais.press : « Enfin, vous avez cosigné une proposition de loi visant à renforcer les droits et les services publics des Français établis hors de France avec Éléonore Caroit, aujourd’hui ministre des Français de l’étranger. Espérez-vous qu’elle reprenne vos propositions ? »

    Karim Ben Cheikh : « Je l’espère. La proposition de loi 1517, déposée avant sa nomination, contient vingt articles concrets :

    • un financement pérenne de la CFE via la CSG ;
    • la création d’un cadre réglementaire pour les aides sociales et les bourses scolaires pour un droit opposable ;
    • un droit d’accès des Français aux établissements AEFE ;
    • la protection du droit au compte bancaire ;
    • le soutien de la BPI aux entrepreneurs à l’étranger ;
    • la facilitation du retour en France (inscriptions scolaires, suppression du délai de carence);
    • de nombreuses simplifications en matière fiscale.

    Ce texte est le fruit de trois ans de travail. J’appelle le gouvernement à lui donner une suite législative. Depuis la loi Conway-Mouret de 2013, rien n’a été fait pour moderniser les droits des Français de l’étranger. Il est temps d’y remédier. »

  • L’Europe sur la voie du réarmement

    L’Europe sur la voie du réarmement

    Depuis le début de l’année, la capitalisation boursière du groupe allemand Rheinmetall est passée de 27 à 80 milliards d’euros, soit 90 fois son bénéfice net annuel, le rapprochant de l’américain Lockheed Martin. Les valeurs des autres grands industriels européens de la défense, BAE Systems au Royaume-Uni, Thales en France, Leonardo en Italie, ont fortement augmenté avec les annonces de réarmement réalisées par les différents États européens, inquiètes de la menace russe et des déclarations à l’emporte-pièce du président américain. En 2025, les États européens consacreront environ 180 milliards de dollars à leurs équipements militaires, soit plus du double du niveau de 2021. Cette tendance devrait encore s’amplifier, les membres de l’OTAN ayant convenu, en juin dernier, de relever leur objectif de dépenses de défense de 2 % à 3,5 % du PIB d’ici dix ans, auxquels s’ajouterait 1,5 point de PIB supplémentaire pour les infrastructures et services connexes.

    À travers cet effort accru de défense, les dirigeants européens espèrent revitaliser une industrie de l’armement affaiblie par des décennies de sous-investissement. Le vieux continent reste dépendant du matériel américain. Entre février 2022 et septembre 2024, un tiers des achats d’équipements militaires européens provenait des États-Unis, selon l’International Institute for Strategic Studies (IISS).

    Selon le Livre blanc Readiness 2030, publié en mars dernier par la Commission européenne, les industriels du continent ne sont pas actuellement en mesure de produire les systèmes et équipements de défense dans les volumes et délais exigés par les gouvernements. Présenté le 16 octobre dernier, le plan de suivi Preserving Peace fixe les priorités de défense pour les cinq prochaines années, mais la montée en puissance s’annonce difficile en raison de la fragmentation du secteur, de la lenteur des procédures de commande et du nombre insuffisant d’acteurs européens.

    Division européenne

    La fragmentation reste le premier handicap pour la défense européenne. Les industriels demeurent de taille modeste comparés à leurs homologues américains, en grande partie parce que les gouvernements privilégient leurs champions nationaux et sont réticents à mettre en œuvre de véritables coopérations européennes. Rheinmetall n’a réalisé que 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, soit six fois moins que Lockheed Martin. Le projet d’avion du futur (Future Combat Air System – FCAS) donne lieu à une bataille franco-allemande avec un risque de production de deux avions concurrents et des surcoûts importants.

    Airbus - Future Air Power
    Airbus – Future Air Power ©Airbus

    Cette dispersion limite la capacité à rivaliser dans les technologies de pointe. Les dépenses européennes de recherche et développement militaires se sont élevées à 13 milliards d’euros en 2024, contre 148 milliards de dollars aux États-Unis, selon l’Institut Kiel. Les fournisseurs locaux répondent à la demande en obus d’artillerie, canons et véhicules blindés, mais la conception et la fabrication d’équipements avancés, artillerie à roquettes, missiles longue portée, systèmes de défense aérienne,  demeurent « tout au plus limités, sinon inexistantes », observe l’Institut.

    Lenteur et inertie bureaucratique

    Les regroupements, se réalisent lentement avec, à la clef, des rendements d’échelle. En septembre, Rheinmetall a annoncé le rachat du constructeur naval Lürssen. Les fusions dans la défense européenne ont atteint 2,3 milliards de dollars au premier semestre 2025, soit une hausse d’un tiers par rapport à 2024. Les gouvernements, jaloux de leur souveraineté industrielle, restent réticents à céder le contrôle de sociétés jugées stratégiques. La constitution de groupes européens est difficile.

    Les industriels hésitent à investir sur la base de promesses politiques, car les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Faute de commandes fermes, les grands groupes ne peuvent inciter leurs sous-traitants à augmenter leurs capacités.

    Pour les systèmes d’armes les plus sophistiqués, la longueur des cycles de développement rend le matériel américain souvent plus disponible et meilleur marché, au moins pour plusieurs années encore.

    Défi technologique

    L’Europe doit également relever un défi technologique. Le conflit en Ukraine a démontré le rôle décisif des drones sur le champ de bataille et des satellites dans le renseignement. Elle doit disposer d’entreprises innovantes comparables aux start-up américaines de la défense, telles qu’Anduril (drones) ou SpaceX (réseau Starlink). Or, les marchés financiers européens, moins profonds et liquides que ceux des États-Unis, rendent difficile la levée de capitaux pour ces nouveaux entrants.

    L’Europe compte néanmoins déjà trois « licornes » de la défense, les allemandes Helsing et Quantum Systems, et la portugaise Tekever, toutes spécialisées dans les drones. Le regain d’intérêt des investisseurs pourrait changer la donne. Longtemps perçu comme un secteur peu éthique, l’armement retrouve une forme de légitimité dans un monde plus incertain.

    « Si le Reaper est adapté à nos besoins d’aujourd’hui, l’EuroMALE doit l’être à ceux de demain », a assuré le chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), le général Philippe Lavigne. ©Occar

    L’Europe réarme, mais sans véritable unité stratégique ni capacité de production intégrée. Chaque État reste prisonnier de ses habitudes, de ses procédures et de ses champions nationaux. La guerre en Ukraine a pourtant rappelé que la défense ne peut plus être une affaire strictement nationale : elle suppose une base industrielle commune, des chaînes d’approvisionnement sécurisées et des standards techniques partagés.

    Le réveil militaire du continent pourrait n’être qu’un sursaut budgétaire si la volonté politique ne suit pas. Tant que le « Buy European » ne s’imposera pas comme principe cardinal, les milliards dépensés nourriront autant l’économie américaine que la sécurité du continent. Entre les promesses de réarmement et la réalité industrielle, l’Europe joue une partie décisive : celle de sa souveraineté technologique et stratégique.

  • 13 novembre : Les Français de l’étranger se souviennent

    13 novembre : Les Français de l’étranger se souviennent

    Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont résonné bien au‑delà des frontières de la capitale. Des États‑Unis au Maroc, de Bruxelles à Athènes, des Français de l’étranger se souviennent de ce jour sombre et des heures qui ont suivi. Dix ans plus tard, ils questionnent également l’héritage de cette période et des enseignements tirés, ou pas.

    13 novembre 2015 : entre émotions et mémoires

    Depuis New York, Ingrid Jean-Baptiste, fondatrice du Chelsea Film Festival, confie ne plus se souvenir précisément de l’endroit où elle se trouvait lorsqu’elle a appris les attaques à Paris. « J’étais tellement choquée que ma mémoire a fait un blocage. » En revanche, elle se rappelle « avoir pris des nouvelles de (ma) famille et amis à Paris via WhatsApp et les réseaux sociaux » pour se rassurer. Dix ans après les faits, cet événement restera gravé à jamais, c’est « un jour où tout a basculé » nous confie-t‑elle. Avec le recul, elle estime que la « mémoire des victimes n’a pas été suffisamment honorée, malgré l’émotion et les hommages initiaux. »

    « La mémoire des victimes n’a pas été suffisamment honorée,
    malgré l’émotion et les hommages initiaux »

    Ingrid Jean-Baptiste, fondatrice du Chelsea Film Festival

    À Bruxelles, Ludovic n’a, quant à lui, « appris les attentats que le lendemain en consultant les nouvelles en ligne ». Il se souvient cependant avoir alors ressenti de « l’incrédulité » mais « vite rattrapée par l’angoisse de s’assurer que tous les proches en France sont sains et saufs, en particulier ma petite sœur qui était à Paris ce jour-là ». Il se remémore aussi la « tension » des heures qui ont suivi les attentats et la « traque en direct à la télévision et les réseaux sociaux », tout en conservant une « peur que d’autres attentats aient lieu ». La capitale belge sera également touchée le 22 mars 2016 par des attentats suicides à l’aéroport et dans une rame du métro tuant 32 personnes. Dix ans plus tard, ce compatriote installé outre Quiévrain partage encore son « incompréhension profonde et un sentiment d’absurdité de la violence des actes commis ».

    « Cette journée a laissé une empreinte indélébile »

    Philip Cordery, député des Français du Benelux de 2012 à 2017
    Philip Cordery, député des Français du Benelux de 2012 à 2017

    Philip Cordery, député des Français du Benelux entre 2012 et 2017, garde en mémoire ce moment funeste et les jours qui ont suivi. Bruxelles était alors l’une des villes où vivaient des terroristes qui avaient participé à l’attaque sur Paris.

    Dans cette interview, l’ancien parlementaire nous raconte son expérience : de l’effroi de l’annonce à la responsabilité politique de son mandat pour, d’une part, assurer la sécurité de ses compatriotes vivant en Belgique, et, d’autre part, participer à la recherche des terroristes en fuite. Il nous livre aussi ce qu’il retient encore aujourd’hui de ces heures tragiques.

    Lesfrancais.press : « Où étiez-vous lorsque vous avez appris, le 13 novembre 2015, que des attentats étaient en cours à Paris ? »

    Philip Cordery : « Oui très bien. J’étais à Bruxelles. J’avais organisé un séminaire avec des proches sur mes priorités pour la circonscription. Ce vendredi soir, nous dînions dans un restaurant bruxellois lorsque la nouvelle est tombée. Au fil des minutes, à mesure que la soirée avançait, l’ampleur de l’horreur se révélait. Nous étions tous sous le choc. Autant dire que le séminaire a été immédiatement interrompu, mais nous sommes restés ensemble, unis, soudés, pour affronter collectivement ce moment d’effroi. »

    Lesfrancais.press : « Quelle a été votre première réaction ? »

    Philip Cordery : « La tristesse tout d’abord. Pour ces citoyens attablés à une terrasse de café, prenant du bon temps au Bataclan ou au Stade de France et qui sont tombés sous les balles de Daesh. Je pense avant tout à eux, à leurs familles, à leurs proches. L’inquiétude s’installe ensuite. 10 mois après les attentats de Charlie Hebdo, la France était à nouveau la cible des terroristes islamistes. Où allaient-ils s’arrêter ? Et quelles allaient être les conséquences pour le monde et pour nos sociétés ? Comment éviter l’embrasement et les stigmatisations ? L’esprit Charlie allait-il survivre à cette nouvelle épreuve ?

    « C’est la sécurité des Français de Bruxelles et de l’ensemble de la circonscription qui a guidé mon action les jours suivants »

    Philip Cordery, député des Français du Benelux 2012-17

    Puis très vite c’est un sentiment de responsabilité qui se mêle aux deux premiers. Nous étions aux affaires. J’étais élu de la République et représentant des Français du Benelux. Dans la soirée, nous avons appris que les assaillants étaient eux-mêmes des Français vivant à Bruxelles. J’ai alors immédiatement pris contact avec l’Ambassade, le Consulat et le ministère de l’Intérieur. C’est la sécurité des Français de Bruxelles et de l’ensemble de la circonscription qui a guidé mon action les jours suivants. »

    Lesfrancais.press : « Quelles émotions ressentez-vous encore aujourd’hui, dix ans après ? »

    Philip Cordery : « Cette journée restera à jamais gravée dans ma mémoire. Elle a laissé une empreinte indélébile, faite à la fois de douleur et de conscience : celle de la fragilité de nos sociétés, mais aussi de leur force lorsque l’unité l’emporte sur la peur. »

    Lesfrancais.press : « Avec le recul, qu’a-t-on retenu de cette séquence d’attentats et d’hommages ? »

    Philip Cordery : « Je veux d’abord retenir l’extraordinaire élan de solidarité et de soutien qui s’est manifesté à travers l’Europe. Partout, les hommages se sont multipliés, rappelant la vitalité de nos démocraties et la puissance du lien qui unit les citoyens face à l’épreuve. J’ai pu en témoigner partout dans la circonscription, à Bruxelles, Molenbeek, Liège, La Haye ou Luxembourg. Mais cet épisode a aussi été un rappel : celui de la nécessité absolue de ne jamais céder aux amalgames, de distinguer la lutte contre la haine de toute forme de stigmatisation. C’est ce discernement, cette vigilance et cette fraternité qui doivent continuer à nous guider. »

    13 novembre : de l’effroi au vivre ensemble

    À Londres, la mémoire demeure également très vive. Conseiller des Français du Royaume‑Uni, Samy Ahmar se rappelle qu’il était chez lui « ce vendredi soir, lorsque les alertes info ont commencé à apparaître sur mon téléphone. » Au fil de cette soirée tragique, il a traversé plusieurs états : « Incrédule d’abord, puis une grande inquiétude » l’a envahi. Il se rappelle que « l’ampleur de l’attaque n’était pas tout de suite connue », mais lorsque les faits se sont précisés un « sentiment d’effroi face à ce qui se dessinait » l’a alors rattrapé. Dès le lendemain, il a « participé à un rassemblement vigile spontané à Trafalgar Square ».

    « Ce que nous devons continuer à défendre,
    c’est notre unité, notre liberté et notre capacité à vivre ensemble
    malgré la peur »

    Patricia Connell, Conseillère des Français du Royaume-Uni

    Également élue des Français du Royaume‑Uni, Patricia Connell rappelle que les « attentats de novembre 2015, notamment ceux du Bataclan ont marqué à jamais notre pays ».

    Attentat 13 novembre à Paris
    Recueillement après les attentats du 13 novembre à Paris

    Selon elle, « pour toute une génération de jeunes, c’était la fin d’une forme d’innocence. Soudain, l’idée même de pouvoir être pris pour cible simplement parce qu’on vivait, riait, ou assistait à un concert est devenue une réalité ». Dix ans après ce 13 novembre 2015, « ce que nous devons continuer à défendre, c’est notre unité, notre liberté et notre capacité à vivre ensemble malgré la peur » nous a‑t‑elle confié.

    « Comment en France on peut vivre de tels attentats ? »

    Sophie, Française installée au Maroc

    À Athènes, Florence participait ce soir‑là à une « soirée conviviale au Lycée Franco-Hellénique d’Athènes ». Elle se souvient du pic de stress lorsque « les téléphones ont commencé à vibrer (…) la température a fortement chuté au fil des messages d’alerte ».  Au Maroc, où elle vit depuis 2007, Sophie raconte sa « stupéfaction : comment en France on peut vivre de tels attentats ? » lorsqu’elle apprend, ce 13 novembre 2015, ce qui se passe à Paris. Dix ans plus tard, elle « aimerait être sûre que l’on ne revive jamais ça ». Elle nous parle aussi de son « angoisse pour ses enfants qui, bientôt, vont partir faire leurs études en France. »

    Aujourd’hui la colère a laissé place à la tristesse

    Installée depuis près de trente ans au Maroc, Nathalie Charpentier raconte comment, depuis Casablanca, elle a vécu les attentats perpétrés à Paris : « Je regardais un film en famille lorsqu’un bandeau d’informations est apparu en bas de l’écran précisant que des coups de feu étaient entendus dans le 11e arrondissement de Paris ». Elle appelle aussitôt sa sœur, « qui habitait à l’époque dans le 11e arrondissement » (proche du Bataclan) . Et « pendant l’appel, on entendait des coups de feu, des cris et des sirènes de police » se souvient-elle.

    Paris (Xe), rue Alibert, le 24 novembre 2015. Le Petit Cambodge et le Carillon avaient notamment été ciblés par les terroristes du 13 Novembre.
    Paris (Xe), rue Alibert, le 24 novembre 2015. Le Petit Cambodge et le Carillon avaient notamment été ciblés par les terroristes du 13 Novembre.
    Pray for Paris

    « Pendant longtemps, j’ai eu du mal à sortir au restaurant ou dans un lieu public. Et quand je sortais, je ne dînais jamais dos à la porte, je cherchais systématiquement la sortie de secours », nous a‑t‑elle précisé. « Aujourd’hui, le souvenir de ce carnage est moins vif bien sûr mais la cicatrice est là…à jamais. La colère a laissé la place à la tristesse » souligne‑t‑elle, le regard évasif.

    « Aujourd’hui je n’oublie pas mes collègues Dominique Bernard et Samuel Patty, avec la crainte que tout cela se reproduise »

    Frédéric Le Vouedec, professeur des écoles à Bratislava

    Frédéric Le Vouedec,  professeur des écoles à Bratislava, se rappelle aussi son 13 novembre 2015 avec émotion : « nous avions regardé le match à la télé slovaque (…) et je suis au final resté devant la télé jusqu’à 4 heures du matin. Aujourd’hui je n’oublie pas mes collègues Dominique Bernard et Samuel Patty, avec la crainte que tout cela se reproduise.« 

  • Algérie/France : Grâce de Boualem Sansal

    Algérie/France : Grâce de Boualem Sansal

    L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié mercredi par le président algérien après un an d’emprisonnement dans ce pays, est « en route pour recevoir des soins médicaux en Allemagne », a annoncé le président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a demandé et obtenu sa libération. Le 1er juillet dernier, l’écrivain, âgé de 81 ans et qui souffre d’un cancer, avait vu sa condamnation à cinq ans de prison ferme être confirmée en appel par la justice algérienne.

    L’ami allemand

    La libération de Boualem Sansal fut possible grâce à la demande formulée en début de semaine par le président allemand Frank-Walter Steinmeier, en étroite concertation avec la diplomatie française.

    « J’ai demandé à mon homologue algérien la grâce de Boualem Sansal. Un tel geste serait l’expression d’un esprit humanitaire et d’une grande clairvoyance politique. Il refléterait ma relation personnelle de longue date avec le président Tebboune et les bonnes relations entre nos deux pays »

    Le président allemand Frank-Walter Steinmeier

    Frank-Walter Steinmeier avait demandé que Boualem Sansal, condamné en appel en juillet à cinq ans de réclusion, bénéficie de soins médicaux outre-Rhin « compte tenu de son âge avancé (…) et de son état de santé fragile ». Depuis des mois, l’Allemagne s’est positionnée en médiatrice pour tenter de trouver une issue et renouer le dialogue, rompu, entre Paris et Alger.

    L’Allemagne, ce même pays, où le président algérien a été soigné à plusieurs reprises depuis 2020, notamment après sa contamination au Covid-19, et qu’il considère comme un « pays ami » et le « meilleur partenaire consensuel pour clore ce dossier », indique le Figaro.

    « Le bras de fer ne fonctionne pas » avec l’Algérie

    Évidemment, les proches et soutiens de Boualem Sansal ont partagé leur « soulagement » après sa grâce.

    « J’étais un petit peu pessimiste parce qu’il est malade, il est vieux et qu’il pouvait mourir là-bas. J’étais pessimiste mais j’y ai toujours cru. J’ai gardé l’espoir que ça arrive un jour »

    Sabeha Sansal, sa fille, auprès de l’AFP.

    Sabeha Sansal, fille de Boualem Sansal et qui vit en République tchèque.
    Sabeha Sansal, fille de Boualem Sansal et qui vit en République tchèque. ©LTD / Dominique Jacovides / Bestimage

    Même son de cloche du côté de ses avocats, Me Pierre Cornut-Gentille et François Zimeray qui « accueillent avec une profonde satisfaction la nouvelle de sa libération, après l’épreuve d’une trop longue détention ».  De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit souhaiter que l’écrivain « puisse rejoindre ses proches au plus vite » et « être soigné ». Le chef du gouvernement a « remercié du fond du cœur celles et ceux qui ont contribué à cette libération, fruit d’une méthode faite de respect et de calme ». Enfin, l’Élysée a déclaré, après la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal par Alger, « le bras de fer ne fonctionne pas » dans les relations avec d’autres « États souverains » comme l’Algérie. Un tacle à destination de ceux qui ont prônent le conflit ouvert avec l’Algérie sur l’accord franco-algérien de 1968 traitant des conditions de circulation des Algériens en France.

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