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  • Démarches administratives à faire en France avant le 31 décembre

    Démarches administratives à faire en France avant le 31 décembre

    Même en tant que Français de l’étranger, il est possible d’avoir encore des obligations en France. Qu’on soit propriétaire d’une résidence secondaire, bailleur ou fiscalisé totalement ou partiellement en France, les expatriés, comme les résidents, ont la possibilité d’anticiper ou résoudre certaines démarches ou taxations avant le 31 décembre. On fait le point pour les Français résidant hors de France.

    La taxe foncière et la taxe sur les résidences secondaires

    Les impôts locaux français ont flambé ces dernières années sous l’effet de la revalorisation des valeurs locatives cadastrales des biens immobiliers et des hausses de taux d’imposition décidées par les collectivités locales.

    Cette augmentation est difficilement contestable car elle est le résultat de l’application stricte de la loi. Par contre, si le fisc a commis des erreurs dans l’évaluation de vos biens ou s’il les a revalorisés sans vous en avertir, vous pouvez contester votre taxe foncière à régler en octobre ou votre taxe d’habitation sur les résidences secondaires à régler en décembre. Agissez rapidement car votre réclamation devra parvenir à votre centre des impôts fonciers au plus tard le 31 décembre 2025 pour les avis reçus cette année.

    Vous pouvez adresser votre réclamation par Internet depuis la messagerie sécurisée de votre espace personnel sur le site des impôts. Vous pouvez aussi l’adresser par courrier au centre des impôts fonciers dont l’adresse figure en tête de votre avis de taxe foncière ou de taxe d’habitation.

    Défiscalisation : SCPI fiscales, FIP et FCPI

    Tous les dispositifs visant à réduire l’impôt sur le revenu sont soumis à la date-butoir du 31 décembre pour bénéficier de l’avantage fiscal recherché dès l’an prochain. Cependant, en raison de délais souvent incompressibles (délai d’obtention du financement et de l’assurance emprunteur, rendez-vous pour signer l’acte chez le notaire…), nombre de dispositifs ne sont quasiment plus accessibles ou impossibles à boucler avant la fin de l’année en cas de souscription ou de réservation après la fin octobre. C’est notamment le cas de la défiscalisation en Girardin industriel ou des dispositifs de défiscalisation immobilière (dans le neuf ou dans l’ancien) comme le Pinel, le déficit foncier, la loi Malraux ou la loi Monuments historiques. Même chose pour les parts de Sofica dont les souscriptions sont généralement fermées début décembre.

    Scpi Pinel
    Image illustration ©Stockadobe

    Toutefois, ces mécanismes d’aide fiscale à l’investissement immobilier sont déclinés au travers de fonds dédiés appelés SCPI fiscales, dont les parts sont encore disponibles à la souscription au mois de décembre. Il en va de même pour les fonds de défiscalisation de type fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) ou fonds d’investissements de proximité (FIP), y compris le FIP Corse ou le FIP Outre-mer dont les taux de réduction d’impôt sont plus intéressants. Ces placements à risques peuvent être souscrits durant les tout derniers jours de décembre.

    Attention également à ne pas investir inutilement, notamment en veillant à ne pas dépasser le plafond des niches fiscales, fixé en règle générale à 10.000 euros !

    Mensualisation des impôts

    Toujours globalement ou partiellement fiscalisé en France, avez-vous pensé à la mensualisation ? Les contribuables ont jusqu’au 15 décembre inclus pour adhérer au prélèvement mensuel de leurs impôts (taxe d’habitation et/ou taxe foncière et/ou contribution à l’audiovisuel public) avec prise en compte dès le 15 janvier 2026.

    Ensuite, toute adhésion du 16 au 31 décembre sera effective qu’au 15 février 2026. Dans ce cas, un prélèvement automatique sur le compte bancaire renseigné portera à cette date sur deux mensualités simultanées (au titre de janvier et février).

    Cette option ne peut plus être utilisée pour le paiement de l’impôt sur le revenu, si vous êtes salarié et fiscalisé par une entreprise française, en raison de la mise en place du prélèvement à la source, qui implique la disparition de la faculté d’être mensualisé pour cet impôt.

    Vous êtes parti(e) de France cette année ?

    Vous êtes parti(e) à l’étranger au cours de l’année 2025, vous êtes tenu de signaler votre nouvelle adresse à votre dernier centre des finances publiques ainsi que toute modification de votre adresse. Vous pouvez l’informer directement de votre nouvelle adresse en vous connectant à votre espace Particulier sur ce site.

    Pensez également à informer votre employeur ou votre caisse de retraite de ce changement de situation, si vous continuez à percevoir des traitements et salaires ou des pensions et retraites après votre départ à l’étranger. En effet, les modalités d’imposition de ces revenus seront en principe différentes.

    Il conviendra de demander à votre caisse ou à votre organisme de retraite de vous préciser la nature de votre pension (de sécurité sociale, privée ou publique) afin de savoir si elle est imposable en France au regard de la convention fiscale internationale. Vous pourrez consulter la notice du formulaire 2041-E disponible sur le site impots.gouv.fr via le moteur de recherche. Elle vous indiquera selon la nature de votre pension et, en fonction du pays de résidence, si cette pension est imposable en France.

    En cas de retour en France, il est important de faire les mêmes démarches mais dans le sens inverse pour bénéficier du statut d’impatriés.

    S’inscrire au registre consulaire et à la liste électorale

    En arrivant dans votre nouveau pays de résidence, les Français sont invités à s’inscrire au registre des Français de l’étranger. Cette formalité administrative n’est pas obligatoire mais fortement recommandée.

    L’inscription facilite également certaines démarches administratives futures, comme la demande de documents d’identité (passeport ou carte d’identité), de bourses pour les enfants scolarisés dans un établissement français, d’inscription sur les listes électorales, de réduction des tarifs des légalisations et copies conformes, de recensement pour la journée défense et citoyenneté…

    Pas encore inscrit au registre et sur la liste électorale ?
    Pas encore inscrit au registre et sur la liste électorale ? ©MAE

    Une fois inscrit, le consulat pourra contacter directement la personne pour l’informer par exemple des échéances électorales, des événements à venir en rapport avec la communauté française ou d’éventuels risques de sécurité… Il pourra également être en mesure de contacter les proches des inscrits en cas d’urgence.

  • Expatriation : que cache son contrat derrière le rêve d’ailleurs ?

    Expatriation : que cache son contrat derrière le rêve d’ailleurs ?

    Les visioconférences remplacent les déplacements, les plateformes collaboratives rapprochent les continents et l’intelligence artificielle réinvente la communication. Pourtant, malgré la digitalisation du travail, rien ne remplace la présence physique. Pour négocier, encadrer ou représenter une filiale à l’étranger, les entreprises continuent d’expatrier leurs cadres. « Expatriation » : que cache son contrat derrière le rêve d’ailleurs ?

    Le contrat d’expatrié : un cadre mouvant, souvent méconnu

    Derrière le mot « expatriation » qui sent l’aventure et la réussite, se cache une réalité juridique parfois brutale. Car une expatriation repose sur un contrat, souvent signé trop vite, qui fixe tout : rémunération, couverture sociale, fiscalité, retour éventuel.
    Et si ce document détermine votre vie à l’étranger, il conditionne aussi… votre retour sur le territoire national.

    « Le salarié expatrié est celui qui exerce son activité professionnelle hors du territoire national et n’est plus affilié au régime français de sécurité sociale »

    Site officiel service-public.gouv.fr

    En France, il n’existe pas un modèle unique de contrat d’expatriation. Le droit distingue plusieurs régimes selon la durée du séjour, le lien avec l’entreprise d’origine et la législation du pays d’accueil. Selon le portail officiel du service public, « le salarié expatrié est celui qui exerce son activité professionnelle hors du territoire national et n’est plus affilié au régime français de sécurité sociale ». Autrement dit, il dépend du droit du pays où il travaille, sauf si un accord bilatéral prévoit des exceptions.

    Dans un monde où la mobilité professionnelle devient la norme, comprendre ce cadre peut se révéler essentiel. Une expatriation bien cadrée peut être une opportunité ; mal préparée, elle peut devenir une source d’insécurité juridique et financière.

    Détachement ou expatriation : deux réalités différentes

    Avant de parler de contrat, encore faut-il savoir sous quel statut on part. Deux cas de figure existent.

    • Le détachement : le salarié reste juridiquement rattaché à son employeur français. Son contrat initial continue de s’appliquer, même s’il travaille temporairement à l’étranger. En Europe, le détachement est encadré par le règlement (CE) n°883/2004, qui permet de conserver sa couverture sociale française pendant 24 mois, renouvelable.
    • L’expatriation, au contraire, implique un basculement : le salarié signe un contrat local avec la filiale étrangère et relève du régime social du pays d’accueil. Il perd le bénéfice automatique du droit du travail français, sauf mention spécifique dans son contrat initial.

    Une distinction simple en apparence, mais décisive. Elle détermine la sécurité sociale, la fiscalité, la retraite et parfois même le droit de vote.

    Trois formes de contrats pour trois philosophies d’expatriation

    En pratique, les entreprises adoptent trois modèles principaux :

    1. Le contrat local : le salarié est embauché directement par la structure étrangère. Il perçoit sa rémunération en monnaie locale et dépend totalement du droit local.
    2. Le contrat d’expatriation : un document spécifique entre le salarié et l’entreprise d’origine, prévoyant par exemple le maintien partiel des droits français (mutuelle, retraite, indemnités de rapatriement).
    3. Le contrat mixte, dit en miroir : deux contrats parallèles : un en France, un dans le pays d’accueil, afin de préserver le lien hiérarchique avec l’employeur expatriant.

    La durée des missions varie fortement. Certaines ne durent que quelques mois, d’autres s’étendent sur plusieurs années, voire deviennent permanentes. C’est souvent dans ces cas longs que les zones grises apparaissent.

    Expatriation
    Expatriation, image d’illustration

    Les risques du contrat : entre vide juridique et illusions de sécurité

    Rappelons tout d’abord que les risques de l’expatriation ne se limitent pas au dépaysement. Ils découlent souvent d’un contrat mal rédigé ou inadapté à la réalité du pays d’accueil.

    1. Risques sociaux et fiscaux

    Le salarié expatrié n’est plus affilié à la Sécurité sociale française. À lui donc de veiller à la continuité de ses droits santé et retraite.
    L’adhésion à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) est facultative mais fortement recommandée. Elle garantit le maintien d’une couverture sociale française et facilite le retour.

    Côté impôts, la résidence fiscale dépend des conventions bilatérales. Sans clause claire, le salarié risque une double imposition : imposé à la fois en France et dans le pays d’accueil. La règle des 183 jours de présence sur un territoire reste la référence, mais elle souffre de nombreuses exceptions.

    2. Risques juridiques et contractuels

    Certains employeurs oublient de préciser la loi applicable au contrat ou la juridiction compétente en cas de litige. En cas de rupture anticipée, la situation peut vite devenir kafkaïenne.
    Nombreux fiscalistes, spécialistes des cas d’expatriation, rappellent que le contrat doit toujours indiquer la loi de référence, les avantages maintenus et les conditions de rapatriement. Sans cela, le salarié se soumet à un risque inévitable.

    Parmi les clauses à surveiller :

    • la durée de la mission et ses conditions de prolongation,
    • la couverture en cas d’accident du travail,
    • les indemnités de rupture,
    • la prise en charge du logement et du rapatriement.

    3. Le retour, angle mort de l’expatriation

    Le départ est souvent célébré, mais le retour, lui, est rarement anticipé. Pourtant, le Code du travail impose à l’employeur de proposer un poste équivalent au salarié qui revient.
    Trop souvent, ce poste n’existe plus. Certains expatriés se retrouvent sans affectation claire ou rétrogradés. Résultat : démotivation, voire contentieux.

    Selon une étude de Legi Team, l’éditeur en ligne des métiers du droit et de la justice, 60 % des litiges liés à l’expatriation naissent… après le retour.

    Les bons réflexes avant de signer son contrat d’expatriation

    1. Identifiez votre statut : détaché ou expatrié ?
      Le détachement maintient vos droits français, l’expatriation vous soumet au droit local.
    2. Vérifiez la loi applicable et la juridiction compétente.
      Ces clauses déterminent la protection en cas de litige.
    3. Assurez votre couverture sociale.
      Adhérez à la CFE ou à une assurance privée complète (santé, retraite, rapatriement).
    4. Anticipez la fiscalité.
      Étudiez les conventions bilatérales pour éviter toute double imposition.
    5. Inscrivez-vous au registre consulaire.
      C’est le seul moyen de maintenir un lien administratif officiel avec la France.
    6. Préparez le retour.
      Négociez les conditions de réintégration dès la signature du contrat.

    Fil d’Ariane ou enregistrement consulaire : ne pas rompre le lien

    L’expatriation n’interrompt pas le lien entre le citoyen et son pays. Deux dispositifs existent pour garder le contact avec l’administration française :

    Le Fil d’Ariane

    Le Fil d’Ariane, service gratuit du ministère des Affaires étrangères, permet aux Français séjournant temporairement à l’étranger (jusqu’à six mois) de signaler leur présence. En cas de crise, il facilite la localisation et l’assistance.
    Mais attention : ce dispositif n’a aucune valeur administrative. Il ne remplace ni un enregistrement consulaire ni une inscription au registre.

    L’enregistrement consulaire

    Pour les séjours au-delà de six mois, l’inscription au registre des Français établis hors de France est vivement conseillée. Elle permet :

    • de renouveler ses papiers d’identité,
    • de voter à l’étranger,
    • d’accéder à certains services (bourses scolaires, assistance sociale, aide au rapatriement).

    Elle constitue aussi une preuve de résidence utile pour la fiscalité ou les démarches administratives en France. Même au sein de l’Union européenne, cette inscription demeure la meilleure façon de maintenir un lien officiel avec l’État français.

    La résidence d’attache : une idée qui fait son chemin

    C’est le serpent de mer des débats sur la mobilité internationale : la résidence d’attache ou de repli. Cette notion, défendue par plusieurs élus des Français de l’étranger, désigne le lieu où un expatrié garde ses attaches principales : famille, fiscalité, patrimoine pendant son séjour à l’étranger.

    Elle pourrait permettre une meilleure articulation entre protection sociale, fiscalité et citoyenneté. En clair : éviter que des Français mobiles ne se retrouvent « sans domicile administratif fixe ». Aujourd’hui absente du Code civil et du Code du travail, cette idée fait pourtant son chemin, notamment à l’Assemblée des Français de l’étranger. Dans un contexte de mobilité européenne accrue, elle pourrait devenir un outil de stabilité et de simplification administrative.

    Expatriation : une aventure à planifier

    L’expatriation reste une aventure exceptionnelle, mais elle ne s’improvise pas. Derrière la promesse de mobilité et d’enrichissement culturel, se cache un cadre juridique à maîtriser. Un contrat d’expatriation bien rédigé n’est pas une formalité : c’est une assurance. Il protège autant le salarié que l’entreprise.

    Alors, avant de faire vos valises, prenez le temps de lire chaque clause. Car derrière le rêve d’ailleurs, c’est souvent le contrat qui décide du confort du voyage… et du retour.

  • France – Ukraine : le contrat du siècle avec 100 Rafales

    France – Ukraine : le contrat du siècle avec 100 Rafales

    Depuis ce lundi 17 novembre, c’est le branle-bas de combat chez les industriels tricolores, à commencer par le groupe Dassault, fabricants des fameux Rafale, l’avion de chasse polyvalent qui cartonne à l’export ! Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky ont signé une lettre d’intention pour 100 exemplaires du Rafale qui viendront s’ajouter aux 533 aéronefs qui ont déjà été commandés par la France et huit pays étrangers depuis le lancement du programme. Pour les Français de l’étranger, on fait le point !

    Un « accord historique »

    C’était la neuvième rencontre entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron depuis le début de la guerre en Ukraine, elle a abouti au deal du siècle pour la France. Les deux chefs d’États se sont retrouvés sur la base militaire aérienne de Villacoublay ce lundi 17 novembre pour évoquer le renforcement des moyens de défense de l’Ukraine, notamment la lutte anti-drones élevée au rang de priorité par la présidence française après les récentes frappes russes. Sur place, les deux hommes ont signé une lettre d’intention et la présidence a détaillé le contenu de l’accord passé entre les deux pays.

    Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron signant une "déclaration d'intention" en vue de l'achat futur d'avions Rafale.
    Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron signant une « déclaration d’intention » en vue de l’achat futur d’avions Rafale. ©AFP

    Celle-ci prévoit « un renforcement significatif de notre aviation de combat, de notre défense aérienne et de nos autres capacités de défense » comme annoncé par le président ukrainien sur X avant sa visite d’État, porte sur « l’acquisition par l’Ukraine d’équipements de défense français (…) de l’ordre de 100 Rafale, avec leurs armements associés » a déclaré l’Élysée ce lundi 17 novembre.

    4 avions par mois chez Dassault

    Comme vous le savez, l’Ukraine a un besoin urgent de ces appareils. Est-ce que la France va pouvoir honorer la livraison de ces centaines d’avions de combat ? Car, la France a déjà livré des Mirage à Kiev, mais jusqu’à présent, il n’avait jamais été question de voir l’Ukraine se doter du Rafale. D’abord parce que l’avion de chasse est un peu victime de son succès. Avec 533 unités en commande ferme, huit pays clients à l’export dont l’Inde qui pourrait signer en 2026 pour 90 avions supplémentaires, Dassault a déjà doublé ses capacités de production initiale pour porter la cadence à 4 appareils produits par mois. Seulement, en cas de nouvelle commande de l’Ukraine, il faudra faire de la place dans les chaînes de montage de l’usine de Mérignac.

    Impossible pour les Ukrainiens d’attendre 4 à 5 ans selon le rythme actuel pour recevoir ces appareils. Il faudra donc les « prélever » sur des commandes en cours, que ce soit pour l’armée de l’air française ou un autre client étranger. Le choix sera délicat : les forces françaises attendent vivement ce renouvellement, et les clients qui ont déjà payé veulent être livrés. D’autant plus que la question du financement ukrainien n’est pas claire à ce jour. Qui paiera pour ces futurs Rafale ?

    7 à 8 milliards pour une centaine d’engins

    L’Ukraine, dont l’économie est en berne en raison du conflit et déjà massivement tournée vers l’effort de guerre, ne paraît pas en mesure de payer la facture seule. La production d’un Rafale est évaluée entre 70 et 80 millions, un montant qui passe de 7 à 8 milliards pour une centaine d’engins. Le président ukrainien pourrait cependant décider de réquisitionner une partie des avoirs russes gelés depuis le début de la guerre et dont la somme s’élève à 210 milliards d’euros selon BFMTV.

    Une centaine d'appareils Rafale pourrait être livrée à l'Ukraine d'ici 10 ans.
    Une centaine d’appareils Rafale pourrait être livrée à l’Ukraine d’ici 10 ans. SIPA / © Eliot Blodet

    Autrement, selon un scénario jugé probable, l’Ukraine pourrait être soutenue par l’Otan pour l’acquisition des Rafale grâce au programme PURL (pour « Priority Ukraine Requirements Lists » ou « liste des besoins priorisés de l’Ukraine » en français). Cette procédure a été mise en place en juillet dernier par les États-Unis pour que l’Otan définisse les besoins de l’Ukraine, achète le matériel militaire, notamment américain, et le livre à Kiev. Le fonds, alimenté par les pays membre de l’Otan et alliés de l’Ukraine qui se sont associés à l’initiative, devrait servir à l’achat des avions français. La France, si elle continue de soutenir l’Ukraine, ne s’est pas associée au programme PURL, elle ne participera donc pas au financement des Rafale construits et fournis à l’Ukraine.

  • La politique de l’offre : l’idiote utile ?

    La politique de l’offre : l’idiote utile ?

    Avec ses 3 300 milliards d’euros de dettes et une croissance qui peine à dépasser 1 %, la politique de l’offre, censée être appliquée depuis 2017, aurait échoué. Ses adversaires mettent en avant que le ruissellement promis n’a jamais eu lieu et que, bien au contraire, cette politique n’aurait comme effet que d’enrichir les 0,01 % les plus aisés. Certains préconisent de détricoter les mesures adoptées il y a huit ans et d’autres d’appliquer une politique de relance financée par une augmentation de la fiscalité sur les plus riches.

    Question : est-ce que la France a réellement mis en œuvre une politique d’offre ?

    En 2018, le Président de la République a décidé la poursuite de la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés afin que celui-ci soit proche de la moyenne européenne. Il a institué le prélèvement forfaitaire unique sur les produits financiers en lieu et place de l’application du barème de l’impôt sur le revenu. Il a réduit l’assiette de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune aux seuls biens immobiliers. L’objectif était de faciliter la mobilisation des capitaux en faveur de l’économie dite réelle. Depuis 2017, plus de deux millions d’emplois ont été créés et l’industrie a cessé d’en détruire. Elle a même réussi à en générer plus de 100 000. Le pouvoir d’achat, contrairement à certaines allégations, a augmenté d’environ 12 % sur cette période. Certes, le taux de croissance annuel moyen entre 2027 et 2025 ne dépasse pas 1,3 % : insuffisant pour permettre la réduction du déficit public et la maîtrise de la dette publique. L’accroissement de cette dernière (+1 000 milliards d’euros en sept ans) n’est pas imputable aux seules baisses d’impôts décidées au cours des deux mandats d’Emmanuel Macron. Ces dernières sont à l’origine d’un quart du surcroît de la dette. La majeure partie de celle-ci provient du vieillissement démographique, 50 %, le solde étant la conséquence de la politique du « quoi qu’il en coûte » appliquée durant le Covid.

    Répartition de la population au 1er janvier par groupe d'âges en France
    Répartition de la population au 1er janvier par groupe d’âges en France ©Le Cercle de l’Epargne

    Dépenses publiques

    Mais pouvons-nous parler de politique de l’offre dans un pays où les dépenses publiques ont continué d’augmenter et représentent 57 % du PIB ? La France est dopée de longue date à la politique de la demande. Depuis 1973, le budget de l’État y a été constamment déficitaire. Les dépenses sociales jouent un rôle important sur la demande, s’élevant à plus de 31 % du PIB. Malgré une orientation de la politique économique supposée favorable aux entreprises, les impôts de production en France sont supérieurs à la moyenne européenne : 3,2 % du PIB en 2024 contre 1,5 % en zone euro. Par ailleurs, avec un taux de prélèvement obligatoire de plus de 43 % du PIB, la France figure parmi les pays dont la création de richesses est la plus socialisée au monde. Enfin, le poids de l’emploi public continue de s’accroître. Le nombre de fonctionnaires à temps plein est passé de 5,3 à plus de 5,6 millions de 2017 à 2024, preuve que l’austérité budgétaire est une illusion d’optique.

    Les dépenses publiques en % du PIB
    Les dépenses publiques en % du PIB © Insee, FIPECO

    La prédominance de la demande sur l’offre s’illustre également par la permanence du déficit commercial depuis une vingtaine d’années. Celui-ci a dépassé 80 milliards d’euros en 2024. Aujourd’hui, toute hausse de la consommation se matérialise par une hausse de ce déficit. Avant l’arrivée de l’euro, un tel déficit se serait traduit immanquablement par une crise des réserves de change, la France n’arrivant plus à trouver les devises suffisantes pour s’acquitter des importations. Dans les années 1980, la France avait ainsi dû s’endetter auprès des pays du Golfe pour disposer de dollars en quantité suffisante.

    Le recours à la dévaluation était un des moyens de rétablissement des comptes extérieurs, le plus souvent assorti d’un plan de rigueur pour éviter l’inflation et réduire la propension à la consommation des ménages. La dévaluation actait un appauvrissement du pays contrairement aux fantasmes qu’elle suscite encore aujourd’hui. En 2025, la France vit au-dessus de ses moyens en raison de l’anémie de son système productif. Il y a trop de demandes ou plutôt pas assez d’offres. En effet, nul ne conteste que le pouvoir d’achat des ménages en France a décroché par rapport à celui des Allemands ou des Américains, mais ce décrochage est la conséquence d’une attrition économique.

    La France se caractérise par un taux d’emploi faible, inférieur de 8 points à celui de l’Allemagne en 2024. Deux à trois millions d’emplois manquent à l’appel. Ces emplois seraient source de création de richesses et de recettes publiques. Ils permettraient de diminuer le volume des prestations sociales.

    Relever les défis démographique et écologique

    Face aux défis du vieillissement démographique, de la transition écologique et du réarmement en Europe, la dynamisation de l’économie est une ardente obligation, faute de quoi le pays risque de vivre de désillusion en désillusion. Pour demain retrouver une trajectoire plus favorable en matière de pouvoir d’achat, une réorientation de la politique en faveur de l’offre est indispensable.

  • Défiscalisation des dons faits en France pour les non-résidents ?

    Défiscalisation des dons faits en France pour les non-résidents ?

    Actuellement, les Français non-résidents ne bénéficient pas de la possibilité de déduire des impôts dus en France les dons faits aux associations en vertu de l’article 200 du code général des impôts. Ce dernier précise que : « Ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % de leur montant les sommes prises dans la limite de 20 % du revenu imposable qui correspondent à des dons et versements, y compris l’abandon exprès de revenus ou produits, effectués par les contribuables domiciliés en France au sens de l’article 4 B ». Une formulation qui excluait de fait les Français de l’étranger et ce même s’ils étaient partiellement fiscalisés en France, par exemple, pour des revenus locatifs. Karim Ben Cheick, décidément très actif pendant cette phase budgétaire, a ressorti, avec d’autres parlementaires, un amendement adopté en 2024 mais non repris dans la version définitive, qui permettrait de rétablir l’égalité de traitement entre Français assujettis à l’imposition française. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    La réduction d’impôt pour dons à des associations

    Actuellement, les résidents peuvent déduire jusqu’à 66% de la valeur du don fait à une association. Mais il y a des conditions et des limites.

    Il faut d’abord que le don profite à un organisme reconnu par l’administration fiscale. Il doit impérativement être à but non lucratif, avoir un objet social et une gestion désintéressée et ne pas fonctionner au profit d’un cercle restreint de personnes. À ce titre, une liste officielle est dressée dans l’article 200 du Code général des impôts (CGI).

    Cette liste vise :

    • les œuvres ou organismes d’intérêt général présentant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à la valorisation du patrimoine ou à la défense de l’environnement,
    • les associations ou fondations reconnues d’utilité publique,
    • les fonds de dotation, fondations universitaires ou partenariales,
    • la Fondations du Patrimoine ou autres fondations ou associations agréées, en vue de la restauration de monuments historiques privés,
    • les fondations d’entreprises (conditions spécifiques s’agissant de la qualité des donateurs)
    • les établissements agréés d’enseignement supérieur ou artistique,
    • les organismes agréés ayant pour objet exclusif de participer à la création de petites et moyennes entreprises (PME),
    • les associations cultuelles ou de bienfaisance autorisées à recevoir des dons et legs,
    • les établissements publics des cultes reconnus d’Alsace-Moselle (catholique, réformé, luthérien et juif)
    • les mandataires financiers ou associations de financement électoral au profit d’un parti ou groupement politique et d’un ou plusieurs candidats.

    On entend souvent dire que le don à une œuvre permet de bénéficier d’une déduction fiscale. C’est vrai et faux à la fois. C’est faux car au sens strict, c’est une réduction d’impôt qui est octroyée, en vertu de l’article 200 du CGI et non une charge déductible du revenu. La confusion est cependant logique puisque mathématiquement, le don vient… en déduction du montant de l’impôt à payer. D’où l’utilisation dans le langage courant de l’expression déduction fiscale.

    Et comme il ne s’agit pas d’un crédit d’impôt, une personne non imposable n’a pas d’intérêt fiscal à donner à un organisme d’intérêt général, puisqu’il ne bénéficiera pas d’un remboursement d’impôt de la part du fisc. Ce qui était aussi le cas pour les non-résidents imposables en France puisqu’ils étaient considérés comme « une personne non imposable » même s’ils payaient tout ou une partie de leur impôt en France.
    Les associations dédiées aux Français de l’étranger, dont les sièges sont, parfois, situés en France comme l’UFE ou l’ADFE, ne pouvaient donc pas jouer de ce levier pour attirer les donateurs. L’adoption définitive de ce texte serait une vraie opportunité pour les associations d’expatriés, mais aussi les partis politiques, afin de diversifier leur financement grâce à la générosité aidée de nos compatriotes non-résidents mais imposés en France.

    La limite de 20% du revenu imposable

    Ainsi, en cas de validation de l’amendement cité et si les dons remplissent les conditions ci-dessus, ils ouvriront droit à un avantage fiscal de 66% des sommes versés, dans la limite de 20% du revenu imposable pour tous les Français ayant une imposition totale, partielle ou résiduelle en France.

    Les restaurants du cœur
    Les Restos du cœur

    Mais la réduction d’impôt peut être proportionnellement (en pourcentage du montant versé) plus importante, en application de ce que l’on appelle parfois « l’amendement Coluche » (disposition prise à l’époque pour favoriser les dons aux restos du Cœur). Une disposition qui a été renforcée par les députés qui ont adopté, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) ce jeudi 13 novembre, un amendement de la députée LFI de Gironde Mathilde Feld visant à « transformer la réduction d’impôts de la niche Coluche en crédit d’impôts » plafonné à 2 000 euros, contre 1 000 euros actuellement. Pour rappel, ce dispositif permet de déduire des impôts 75 % des sommes versées, contre 66% pour les autres, aux associations d’aide aux plus démunis comme les Restos du Cœur, la Croix Rouge, le Secours populaire, Emmaüs, etc.. L’objectif de cet amendement est de « permettre à ceux qui ont peu, qui ne payent pas d’impôts mais qui veulent quand même partager de bénéficier des mêmes avantages que les autres en ayant accès à un crédit d’impôts », a expliqué la députée LFI.

    Est-ce que les sociétés de bienfaisance française pourront rejoindre cette catégorie ? A priori oui, à condition qu’elles soient de droit français !

    Comment déclarer les dons ?

    Si le budget 2026 est adopté, alors cet amendement sera de plein droit applicable pour l’exercice 2025. Mais, on le sait l’adoption de la Loi de Finances 2026 ne va pas de soi ! Mais dans le cas où les parlementaires et le gouvernement trouvent une voie médiane, comment faudra-t-il déclarer vos dons de 2025 en 2026 ?

    Circuit défiscalisation dons
    Circuit défiscalisation dons

    Lors de votre déclaration pour 2025, il sera impératif d’inscrire ses dons dans la déclaration de revenus afin de bénéficier de la réduction d’impôt (les dons sont une source fréquente d’oublis ou d’erreurs dans les déclarations des contribuables). Sans cette déclaration, on ne peut pas prétendre à la déduction fiscale au titre des dons. Mais où déclarer les dons sur la feuille d’impôt ou dans la déclaration en ligne ? Cela dépend du montant donné et de la nature de l’organisme bénéficiaire. Les contribuables généreux doivent reporter les sommes versées :

    • sur le formulaire 2042 (déclaration principale) pour les dons à des organismes situés en France et à des candidats aux élections
    • sur le formulaire 2042 RICI (déclaration annexe à la déclaration principale ou déclaration 2026) pour le report des dons des années précédentes, les dons à des organismes situés en Europe hors France ainsi que les dons et cotisations aux partis politiques

    Ce positionnement des cases, en vigueur depuis la déclaration 2021 des revenus perçus en 2020, est reconduite pour la déclaration 2025. Nous suivrons le dossier et vous informerons des évolutions.

  • Paris, une des 3 plus belles villes au monde

    Paris, une des 3 plus belles villes au monde

    C’est « officiel », Paris vient de prendre la troisième place du classement World’s Best Cities 2026 de Resonance Consultancy. Comme chaque année, plus de 270 métropoles ont ainsi été passées au crible, et le rapport a combiné plusieurs données concrètes telles que l’économie, les infrastructures et l’attractivité de la ville pour établir ce classement.

    Entre héritage et modernité !

    On le sait, le tourisme reste un pilier de la capitale française. Après le pic de fréquentation de 2024, alimenté par les Jeux olympiques, c’est tout de même 51 millions de visiteurs qui ont été accueillis dans la capitale en 2025, avec des dépenses en hausse selon les premières données.

    La raison de cet engouement ? Comme le souligne le rapport, « Paris mélange toujours héritage et modernité », et le document insiste surtout sur « la transformation urbaine menée ces dernières années ». En effet, depuis 2020, la ville a élargi les zones piétonnes, limité la circulation à 30 km/h et développé un vaste réseau de pistes cyclables (plus de 600 km, avec de nouveaux axes prévus d’ici 2030). L’objectif : rendre les déplacements plus faciles, l’air plus respirable et la ville plus agréable au quotidien.

    Les Jeux olympiques de 2024 ont servi de vitrine à ces changements, montrant une capitale qui adapte son rythme, repense ses espaces publics et affirme une stratégie urbaine assumée.

    Plus de 1,73 million de touristes se sont rendus dans la Métropole lors de la première semaine des Jeux olympiques.
    Plus de 1,73 million de touristes se sont rendus dans la Métropole lors de la première semaine des Jeux olympiques. © LTD / J-F ROLLINGER / ONLYPARIS.NE

    Côté transports, le Grand Paris Express et l’extension de la ligne 14 renforcent désormais les liens entre la capitale, la petite couronne et les aéroports. De nouvelles lignes doivent ouvrir d’ici 2027, ce qui contribuera à former l’un des réseaux les plus denses d’Europe.

    Le rapport souligne également la modernisation des grands musées. Le Louvre (où un braquage de grande ampleur a récemment eu lieu), le Musée d’Orsay ou encore la Bourse de Commerce sont engagés dans d’importants travaux d’extension et de rénovation, confirmant la place de Paris parmi les capitales culturelles majeures.

    Londres et New York

    Comme l’année précédente, Londres arrive en tête, suivi par New York, et le trio de tête est complété par Paris. On vous laisse découvrir le classement des 10 premières villes !

    1. Londres (Royaume-Uni)
    2. New York (États-Unis)
    3. Paris (France)
    4. Tokyo (Japon)
    5. Madrid (Espagne)
    6. Singapour (Singapour)
    7. Rome (Italie)
    8. Dubai (Émirats arabes unis)
    9. Berlin (Allemagne)
    10. Barcelone (Espagne)
  • En France, bientôt une allocation sociale unique ?

    En France, bientôt une allocation sociale unique ?

    Sébastien Lecornu a annoncé vendredi que le gouvernement déposera un projet de loi en décembre pour instaurer une « allocation sociale unique ». Ce versement social unique consisterait en la fusion plusieurs prestations sociales. Mais pour l’heure, beaucoup de questions restent en suspens et quel sera l’impact pour les Français de l’étranger.

    « Cette aventure de l’allocation sociale unique va faire l’objet d’un projet de loi rapide, puisqu’il sera déposé au conseil des ministres au mois de décembre »

    Le Premier ministre, présent aux assises
    des départements de France à Albi (Tarn) ce vendredi 14 novembre.

    La prime d’activité, le RSA et les aides au logement

    À ce jour, les détails restent à préciser, alors que le texte ne sera pas présenté avant décembre en Conseil des ministres. Cependant, l’idée d’une fusion des prestations sociales n’est pas nouvelle. En 2016, le député socialiste Christophe Sirugue proposait, dans un rapport remis au Premier ministre de l’époque Manuel Valls, de remplacer les minima sociaux par une allocation unique de base, afin d’apporter « plus de clarté, de cohérence et d’égalité ».

    Le projet de Sébastien Lecornu serait de « rapprocher la prime d’activité, le RSA et un certain nombre d’aides au logement ». Pour les Français de l’étranger, il n’y aura donc aucun impact, sauf en cas de retour suite à une évacuation ou un accident de la vie, les impatriés pourraient y être éligibles (au bout de 3 mois de résidence). Le plus, c’est que le parcours administratif sera simplifié alors qu’aujourd’hui chacune de ces aides doivent être demandées à différents organismes.

    Allocations familales CAF
    Allocations familales CAF, Image illustration ©Stockabobe

    La complexité de notre système de prestations

    À l’Assemblée nationale où les résultats d’une « mission flash » conduite sur « l’opportunité et les modalités de la création d’une allocation sociale unique » (ASU) ont été présentés le 9 juillet devant la commission des affaires sociales, la prudence reste de mise.

    Du côté des associations de défense des plus précaires, l’idée d’une simplification et d’une harmonisation des bases des prestations sociales est une bonne chose en soi au vu du taux de non-recours de certaines d’entre elles. Mais il ne faut pas que cette réforme se fasse aux dépens des plus vulnérables, insistent-elles, mettant en garde contre la tentation d’une « harmonisation vers le bas », selon l’expression utilisée par Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre).

  • Quels sont les bienfaits cognitifs des puzzles ?

    Quels sont les bienfaits cognitifs des puzzles ?

    Les puzzles ont traversé les générations sans jamais perdre leur charme. Mais au-delà du simple divertissement, ces jeux d’assemblage constituent en fait un réel entraînement pour notre magnifique cerveau. Comment cela se fait-il ? Découvrons-le ensemble !

    Pourquoi les puzzles sont-ils si bénéfiques pour le cerveau humain ?

    Notre cerveau fonctionne comme un muscle : plus on le sollicite, plus il se renforce. Les puzzles représentent un exercice mental complet qui active simultanément plusieurs zones cérébrales. Chaque pièce assemblée stimule à la fois nos capacités d’analyse, notre mémoire visuelle mais aussi notre sens de l’observation.

    Cette activité engage notamment les deux hémisphères cérébraux. Le côté gauche gère la logique et le raisonnement méthodique, tandis que le côté droit, lui, va activer la créativité et l’intuition. Cette sollicitation bilatérale optimise nos performances intellectuelles de façon globales.

    Les avantages cognitifs principaux

    Amélioration de la mémoire à court terme

    Assembler un puzzle nécessite de mémoriser constamment les formes, les couleurs et les motifs. Vous devez vous souvenir de l’emplacement approximatif des pièces que vous avez déjà observées.

    Cette gymnastique mentale renforce tout particulièrement la mémoire de travail, essentielle dans notre quotidien pour :

    • Retenir des informations temporaires
    • Suivre des conversations complexes
    • Gérer plusieurs tâches simultanément
    • Planifier nos actions à court terme

    Développement des capacités de résolution de problèmes

    Chaque puzzle constitue un défi unique à relever. Face à des centaines de pièces éparpillées, notre cerveau doit donc élaborer une stratégie.

    Ce processus développe notre capacité à décomposer un problème complexe en sous-objectifs atteignables. Une compétence précieuse qui se transfère naturellement dans notre vie professionnelle et personnelle.

    Renforcement de la concentration

    Dans notre monde hyperconnecté, maintenir son attention n’est pas toujours facile ! Les puzzles permettent une pause salutaire où l’esprit peut se concentrer pleinement sur une seule tâche.

    Cette immersion totale améliore progressivement notre capacité de concentration sur de longues périodes.

    Puzzle en ligne
    Puzzle en ligne

    Les bénéfices spécifiques selon l’âge

    Pour les enfants : Fondations cognitives solides

    Les jeunes cerveaux en développement tirent un bénéfice considérable des puzzles. Ces jeux améliorent :

    • La coordination œil-main
    • La reconnaissance des formes et des couleurs
    • Le raisonnement spatial
    • La patience et la persévérance

    Les puzzles adaptés à leur âge construisent les bases de compétences académiques futures (en mathématiques et en sciences entre-autres).

    Pour les adultes : Maintien des performances

    À l’âge adulte, les puzzles aident à préserver nos capacités cognitives face au stress quotidien. Ils constituent une forme de méditation active en réduisant l’anxiété tout en maintenant l’esprit vif et réactif.

    Pour les seniors : Protection contre le déclin cognitif

    Les recherches suggèrent que les activités stimulantes comme les puzzles peuvent ralentir le vieillissement cérébral. La pratique régulière contribue à maintenir la plasticité neuronale et pourrait réduire les risques de développer certains troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer par exemple.

    Les puzzles numériques

    Les puzzles ont eux aussi fait leur révolution ! Aujourd’hui, des milliers de puzzles sont disponibles en ligne, prêts à être commencés en un instant sur PuzzleFree.Game. En quelques clics, on retrouve le même plaisir de jeu, sans contrainte d’espace ni de temps.

    Avantages des puzzles en ligne :

    Avantages des puzzles en ligne

    Ces versions numériques conservent évidemment tous les bienfaits cognitifs des puzzles traditionnels que l’on connait déjà très bien.

    Comment maximiser les bénéfices cognitifs des puzzles ?

    • Variez la difficulté : Alternez entre puzzles simples et complexes. Les défis modérés maintiennent la motivation tandis que les puzzles difficiles poussent vos limites cognitives.
    • Pratiquez régulièrement : Quinze à trente minutes quotidiennes suffisent pour observer des améliorations cognitives. La régularité prime sur la durée.
    • Choisissez des images variées : Choisissez différents thèmes ou sujets : des paysages, des œuvres d’art, des photographies ou encore des objets. Chaque style va solliciter votre cerveau de façon différent.
    • Jouez à plusieurs : Les puzzles collaboratifs ajoutent une dimension sociale très bénéfique elle aussi. Ils stimulent la communication, le travail d’équipe et l’échange de stratégies.

    Au-delà du cognitif, les bienfaits émotionnels

    Les puzzles procurent également des bénéfices psychologiques. Terminer un puzzle déclenche la libération de dopamine, l’hormone du plaisir et de la récompense, ce qui procure une réelle sensation d’accomplissement.

    Cette activité méditative, à la fois apaisante et immersive, agit comme une forme de méditation active. Elle réduit le stress, favorise la détente et induit un état de « flow » où la concentration devient tout à fait naturelle en laissant place à un sentiment durable de calme et de satisfaction.

    Un jeu aux multiples vertus

    Faire un puzzle, ce n’est pas seulement s’accorder un moment de détente. C’est aussi entretenir sa mémoire, sa concentration, sa capacité de réflexion et plus encore.

    Prenez le temps de vous y mettre dès que vous en avez l’occasion, votre cerveau vous remerciera. À chaque pièce que vous reliez, vous stimulez votre esprit et renforcez votre agilité mentale pour affronter le quotidien avec bien plus de clarté et de sérénité.

  • Les différents visages de l’immigration

    Les différents visages de l’immigration

    La grande majorité des pays occidentaux entendent diminuer le recours à l’immigration : États-Unis, Italie, Allemagne, France, Pays-Bas, etc. Mais au-delà des discours, des promesses et des lois, la réalité est tout autre. Arrivée au pouvoir en 2022 sur un programme sans équivoque sur le sujet, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a délivré près de 250 000 visas pour des travailleurs non qualifiés en 2025 et devrait encore en accorder 165 000 en 2026, soit deux fois plus que la France. En 2020, l’Italie n’avait donné que 30 000 visas. Le pays a également signé avec l’Inde un accord de mobilité de la main-d’œuvre permettant l’arrivée de ressortissants de ce pays sans aucune limitation ou presque.

    2,5 millions de travailleurs temporaires

    Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, affirmait jadis que son pays n’avait besoin « d’aucun migrant » pour faire fonctionner son économie. En réalité, il a discrètement adopté des programmes de travailleurs invités. En 2024, environ 78 000 migrants non européens travaillaient en Hongrie, soit une hausse de 92 % par rapport à 2019. Aux États-Unis, l’administration Trump, tout en durcissant la lutte contre l’immigration illégale et en restreignant les voies d’accès pour les travailleurs qualifiés avec l’instauration de taxes sur les permis de séjour sans précédent, promet d’accélérer les visas saisonniers destinés aux exploitants agricoles. S’il se montre inflexible vis-à-vis des États dirigés par les démocrates, il s’avère accommodant avec ceux de l’Amérique profonde, souvent dirigés par des conservateurs.

    Dans l’ensemble de l’OCDE, 2,5 millions de travailleurs temporaires, apprentis, saisonniers ou stagiaires, sont arrivés en 2023, contre 1,5 million en 2014. Le Japon et l’Espagne enregistrent les progressions les plus marquées. Ce succès traduit une tension fondamentale entre démographie et politique. Les économies développées ont besoin de jeunes travailleurs. Dans le même temps, les pressions populistes incitent les gouvernements à durcir leur réglementation concernant l’immigration. Les gouvernements restreignent les voies d’accès à la citoyenneté. En octobre, l’Allemagne a ainsi supprimé une procédure accélérée permettant la naturalisation au bout de trois ans. En France, les conditions d’accès à la nationalité ont été une nouvelle fois durcies : l’examen de connaissance de la langue suppose un niveau bac+5. Le Royaume-Uni envisage de porter la durée de résidence requise à dix ans, contre cinq actuellement.

    Dans presque tous les pays développés, la main-d’œuvre autochtone diminue et des secteurs entiers, garde d’enfants, bâtiment, agriculture, restauration, hôtellerie, peinent à recruter. Avec la baisse des taux de fécondité, la situation ne peut qu’empirer. En Corée du Sud, par exemple, les projections montrent que le PIB commencera à se contracter à la fin des années 2040, conséquence directe de l’effondrement de la natalité. Le taux de fécondité dans ce pays est de 0,8 enfant par femme. Selon l’économiste Michael Clemens (Université George Mason), si Séoul portait la part de ses migrants temporaires à un niveau comparable à celui de l’Australie (de 3 % à 15 % de la population totale), elle pourrait compenser l’essentiel de cette perte.

    Le recours à l’immigration peut être gagnant-gagnant. Les immigrés contribuent à la richesse des pays d’accueil et améliorent sensiblement leurs revenus. Selon l’économiste Lant Pritchett, de la London School of Economics, les travailleurs en provenance des pays en développement travaillant aux États-Unis multiplient, en moyenne, par quatre leur niveau de vie.

    L’immigration est de plus en plus contestée en Occident

    Ses adversaires mettent en avant la faible intégration des étrangers. Le programme allemand des Gastarbeiter (1955–1973) a permis à 14 millions de travailleurs, dont beaucoup de Turcs, de venir travailler dans les usines de la République fédérale. Nombre d’entre eux restèrent des décennies sans accès à la citoyenneté, maîtrisant mal la langue et peinant à s’insérer. En 1982, le chancelier Helmut Kohl évoquait la possibilité de « renvoyer » ces travailleurs dans leur pays d’origine. L’Allemagne a par la suite changé sa politique en facilitant l’acquisition de la nationalité et le regroupement familial. L’équipe nationale de football, à partir des années 1990, intègre de plus en plus d’immigrés ou d’enfants d’immigrés, ce qui n’était pas le cas auparavant.

    Les conditions de travail des immigrés peuvent poser un problème. Dans les pays du Golfe, elles ont souvent été dénoncées comme quasi serviles. Au Japon, en 2022, le ministère de la Santé a constaté que 74 % des entreprises employant des travailleurs invités enfreignaient le droit du travail, en ne respectant pas les normes de sécurité ou en imposant des heures supplémentaires non rémunérées. Les travailleurs immigrés occupent fréquemment des emplois pénibles que les nationaux refusent. L’idée que les immigrés prennent les emplois à ces derniers et empêchent la hausse des rémunérations ne tient pas. Les immigrés sont surreprésentés dans les emplois à faible valeur ajoutée. Ils permettent aux natifs d’occuper des emplois mieux payés.

    Les immigrés sont exposés à des risques sociaux d’autant plus importants que la législation les concernant s’est complexifiée. Aux Pays-Bas, où les permis pour non-Européens sont rares, des employeurs recrutent en Pologne ou en Slovénie et profitent ensuite de la libre circulation européenne pour transférer les travailleurs sur le sol néerlandais. Sur le papier, ces derniers sont employés dans le pays émetteur du visa ; en pratique, beaucoup d’agences de recrutement n’y ont qu’une boîte postale. L’immigration illégale se développe en raison des difficultés croissantes pour obtenir une carte de séjour ou une carte de résident.

    Des migrants à Paris, le 11 janvier 2023. © Picture alliance

    Les opposants à l’immigration soulignent parfois le fait que les immigrés seraient plus utiles à leur pays d’origine. Or, dans ces derniers, le taux de chômage est fréquemment élevé. Par ailleurs, les immigrés sont à l’origine de transferts de fonds importants permettant le développement de leur pays d’origine. Les pays en développement essaient de nouer des accords avec les pays occidentaux afin de faciliter l’émigration. L’Ouzbékistan, par exemple, a signé des partenariats à travers l’Europe. Sa banque centrale a enregistré 8,2 milliards de dollars de transferts au premier semestre, contre 6,5 milliards un an plus tôt, un montant significatif pour un PIB de 132 milliards. L’Inde a également multiplié les accords facilitant la migration temporaire avec le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Japon et d’autres pays. New Delhi promet d’aider à rapatrier les travailleurs qui dépasseraient la durée de leur visa, un geste apprécié des responsables occidentaux hostiles à l’immigration. Le Vietnam fixe chaque année des objectifs d’émigration de main-d’œuvre ». Pour 2025, il vise l’envoi de 130 000 travailleurs à l’étranger.

    Un facteur de croissance pour les pays émergents

    Pour les pays en développement ou émergents, l’expérience professionnelle à l’étranger est un facteur de croissance à terme. Selon une étude de Laurent Bossavie (Banque mondiale), les migrants de retour sont beaucoup plus susceptibles de créer leur entreprise grâce aux économies accumulées à l’étranger. À partir de données portant sur 5 000 travailleurs bangladais, les chercheurs estiment qu’une réduction de 50 % du coût de la migration augmente de 8 % le taux de création d’entreprises au Bangladesh.

    Au sein des pays occidentaux, l’immigration choisie est souvent mise en avant. Or, ce sont les immigrés qui choisissent les pays d’accueil. Nombreux sont ceux qui essaient leur chance au Royaume-Uni, en raison de la langue et des facilités d’installation grâce aux réseaux d’immigrés. Les besoins en France sont multiples : agriculture, restauration, hôtellerie, logistique, professions de santé. Il est difficile d’avoir une liste établie et de se limiter à quelques pays, même si, avec le recours aux accords bilatéraux, cette approche se développe. Depuis quelques années, les pays qui n’acceptaient que les immigrés ayant un contrat de travail ferme modifient leur législation. Ainsi, l’Australie a-t-elle porté de 60 à 180 jours le délai laissé à un travailleur pour retrouver un emploi après avoir quitté l’employeur responsable de sa venue. Le Canada et le Japon ont également assoupli les règles de mobilité entre employeurs. Au Texas, certains élus républicains défendent l’idée d’un visa portable pour les travailleurs agricoles.

    Les gouvernements sont confrontés à des dilemmes de plus en plus prégnants. D’un côté, les entreprises réclament plus d’immigration quand, dans le même temps, les populations exigent l’inverse. De plus en plus, ils limitent l’acquisition de la nationalité afin de souligner que le recours à l’immigration est temporaire, tout en se plaignant de la difficile intégration des étrangers. Les crispations autour de l’immigration ne sont pas nouvelles. En France, à la fin du XIXᵉ siècle et dans l’entre-deux-guerres, les travailleurs immigrés espagnols, italiens ou portugais ont fait l’objet de campagnes violentes pouvant aller jusqu’à des pogroms. Les travailleurs algériens, tunisiens ou marocains durant les Trente Glorieuses ont également été victimes d’actes racistes. Aux États-Unis, pays d’immigration par excellence, les rivalités entre les différentes communautés sont nombreuses et ont donné lieu à de nombreux films : Gangs of New York, Gran Torino, etc.

    Les pays occidentaux se trouvent face à une contradiction qu’ils ne savent plus résoudre : ils ont besoin d’immigration pour maintenir sa prospérité, mais ils n’en veulent plus pour préserver leur identité. Entre vieillissement démographique et crispations identitaires, les politiques oscillent entre ouverture contrainte et fermeture affichée.

  • Les terroristes ont perdu la foi

    Les terroristes ont perdu la foi

    Le 11 septembre 2001, beaucoup, en Amérique latine, dans les pays arabes, ont dansé. Ben Laden s’affichait sur les T-shirts, comme Guevara, ou ornait les horloges, celles des souks d’Islamabad et des bombes artisanales. Ce temps-là, où les figures terroristes enthousiasmaient des cerveaux fascinés par la mort sacrificielle, semble révolu. Ne restent que des cas psychiatriques, des malades qui tuent dans les écoles aux États-Unis, écrasent des piétons à l’aveugle, au nom de rien. Les déglingués, témoins de la santé mentale de l’humanité, remplacent les révolutionnaires nihilistes ou religieux. Les terroristes ont perdu la foi. La terreur prend les formes plus classiques de la guerre.

    Le petit manuel du terroriste se vend mal, celui de la reconversion attire

    Hier, un chef terroriste, Arafat, devenu chef d’un presque État, recevait le Nobel de la Paix. Aujourd’hui, la Maison Blanche reçoit le nouveau maître de la Syrie, un ancien d’Al Qaïda. Les Européens l’avaient fait avant lui :  Ne jamais souhaiter la mort du pécheur, seulement sa conversion. Le petit manuel du terroriste se vend mal, celui de la reconversion attire. Les djihadistes qui assiègent Bamako pourraient devenir respectables, qui sait. Ceux qui le défendent le sont ils ?

    En 2001, les États-Unis, tous les États ou presque à leur suite, déclaraient la guerre au terrorisme. S’ensuivirent les guerres d’Irak, d’Afghanistan, de Tchétchénie, et plus encore. La collaboration internationale des services de renseignement associa les États. Des législations antiterroristes, parfois utilisées à d’autres fins, se photocopiaient. Dans l’obscurité de l’État profond, toute législation, même la plus sévère, restait ignorée. C’est vrai de la Russie, évidemment, mais aussi des États-Unis, qui s’exonéraient de tout autocontrôle, au-delà d’un douteux « Patriot Act », en Pologne et à Guantánamo. Sécurité, que de crimes ne commet-on pas en ton nom.

    Face à la vague terroriste, le droit des démocraties européennes apparaissait le plus faible. L’Occident décadent, proie facile, allait se faire dévorer. Entre les cinquièmes colonnes des cités, les agents étrangers et la cécité des dirigeants, le terrorisme atteindrait bientôt le cœur, d’autant qu’il était sec. Les experts et prophètes jubilaient de la catastrophe démocratique. Erreur. Comme toujours, les démocraties n’ont que l’apparence de la faiblesse. Comme le roseau, elles plient et ne rompent pas. Ceux qui jouent au dur, un jour, s’écroulent. Règle universelle, intemporelle.

    Le nombre d’incidents terroristes est tombé à son niveau le plus bas depuis 15 ans dans les pays occidentaux

    Le nombre d’incidents terroristes est tombé à son niveau le plus bas depuis 15 ans dans les pays occidentaux.

    De 2001 à 2024, on compte, 65.000 attentats terroristes dans le monde, 243.124 morts. Le monde musulman concentre 95% des victimes : l’Afghanistan, avec ses Talibans, 50.000 ; l’Irak, avec Daech 45.000, le Nigeria, avec Boko Haram, 35000, le Pakistan, 25000, la Somalie, 15000… En Occident, les États-Unis ont subi le plus grand nombre de morts, plus de 3000, principalement avec le 11 septembre (2977 morts).

    13 novembre 2015, ici devant la brasserie À la bonne bière, dans le Xe arrondissement : Paris est attaqué par l’État islamique. Cent trente personnes y laisseront la vie. À partir d’aujourd’hui, vingt hommes doivent en répondre. © AFP
    13 novembre 2015, ici devant la brasserie À la bonne bière, dans le Xe arrondissement : Paris est attaqué par l’État islamique. Cent trente personnes y laisseront la vie. À partir d’aujourd’hui, vingt hommes doivent en répondre. © AFP

    La France est une cible. 334 morts en 85 attentats.  Avec, il y a dix ans, les attentats du 13 novembre. Pourquoi la France ? Parce que, de tous les pays européens, elle continue à jouer un rôle en Afrique, au Moyen-Orient, au Conseil de sécurité. Elle a une armée, une capacité nucléaire, une influence disproportionnée par rapport à sa population et sa puissance économique. Depuis Charlie, le Bataclan, Nice, la France a marqué des points. Se souvenir des victimes, commémorer les attentats, mais rendre compte que la France, comme d’autres, avec d’autres, a gagné des batailles. Peut-être pas la guerre, mais des batailles, c’est certain.

    Le monde musulman concentre 95% des victimes

    En 2025, les services de sécurité ont encore déjoué trois attentats sur notre sol. La menace existe toujours, elle est moins forte. Deux inquiétudes : D’une part, les deux tiers des projets déjoués par la DGSI impliquent des jeunes de moins de 21 ans. D’autre part, les revenants de Syrie finissent leur peine de prison. 75 sont libérés en moyenne chaque année. Surveillés, apparemment guéris, pour l’instant. Les « Loups solitaires » représentent 93 % des attaques fatales en Occident sur les cinq dernières années.

    Carte du monde de l’indice du terrorisme en 2022 ©Atlasocio
    Carte du monde de l’indice du terrorisme en 2022 ©Atlasocio

    En Allemagne, un réseau embryonnaire vient d’être démantelé, lié au Hamas, ou au Hezbollah. Signe que le terrorisme revient à ses racines, celles d’être téléguidé par des officines étrangères, celles des États ou des groupes. Le foyer terroriste au Proche Orient a pris des coups. Au premier chef l’Iran et ses relais, le Hamas et le Hezbollah. La Syrie morcelée reste un foyer en mode mineur, l’Irak a connu ses cinquièmes élections, les attentats y ont disparu.

    Le Sahel représente aujourd’hui la moitié des victimes du terrorisme. Preuve que l’action de la France y était efficace

    L’épicentre du terrorisme a migré du Moyen Orient à l’Afrique. Le Sahel (Burkina, Niger, Mali) représente aujourd’hui la moitié des victimes mortes d’actions terroristes. Preuve que l’action de la France y était efficace. Comme elle a été efficace en Irak et en Syrie contre Daech. Sauf qu’au Sahel, la France était trop seule. D’autres puissances espéraient depuis longtemps son départ, d’autant que ses intérêts y étaient moindres. Maintenant l’Afrique, avec ses seigneurs de guerre, ses réseaux puissants, ses États faibles, devient une zone de prolifération, du Sahel à la Somalie en passant par la RDC. Le terrorisme prolonge les guerres internes, les diffuse.

    La principale menace terroriste aujourd’hui, pour les pays européens, redevient celle qui prolonge la guerre des États.  La guerre d’Ukraine dépasse l’Ukraine. Les petites mains bulgares ou roumaines qui ont peint des mains ensanglantées, des étoiles de David sur les murs de Paris, les spots TikTok qui justifient la « résistance », les politiques alimentés de l’étranger, en pleine conscience ou en pleine bêtise, tous ces ingrédients de guerre hybride ne sont que les pièces d’un puzzle aux pièces mouvantes, mais qui veut une autre carte du monde, qui intègre le terrorisme à la guerre hybride.

    Une autre carte du monde intègre le terrorisme à la guerre hybride. Ce qui réconforte, c’est l’on sait vaincre

    Le meilleur moyen de gagner une guerre est de faire si peur que l’adversaire baisse les armes, se soumet, s’enfuit. C’est la technique des réseaux criminels, des mafieux, des sociétés secrètes et des organisations révolutionnaires. Chacun le sait. Dans les cercles des États, les uns en joue, les autres les déjouent.

    Ce qui réconforte, c’est l’on sait vaincre. On n’a pas gagné la guerre, car ce type de guerre ne se gagne jamais définitivement, mais on sait remporter des batailles contre des monstres. Ceux qui restent n’ont plus l’air de martyr mais de tarés. Maintenant il y en a d’autres, qui bombardent et qui tuent. Qui se reçoivent respectablement. Qui vont retisser des réseaux. Qui manipulent et qui achètent. Ceux-là aussi on sait les vaincre. À condition de garder la foi. Eux l’ont perdu, ils ne misent que sur la force et la peur, c’est un début de victoire.

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    a. Président de la société éditrice du site lesfrancais.press et de l’app de paiement des Français de l’étranger France Pay

    Laurent Dominati

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