« Un pas en avant significatif » vers la paix pour l’Ukraine, voilà comment la Maison Blanche a résumé les discussions de Genève, qui se sont tenues dimanche 23 novembre, en présence de responsables ukrainiens, européens et américains.
À l’issue des pourparlers, les États-Unis et l’Ukraine ont affirmé dans un communiqué qu’un « futur accord » de règlement de la guerre avec la Russie « devra pleinement respecter la souveraineté » de Kiev.
Optimisme des Américains et des Ukrainiens
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’était dit auparavant « très optimiste » sur la possibilité de conclure « très vite » un accord, même si de nombreuses inconnues demeurent. Les discussions de Genève, closes dimanche soir, se sont tenues sur la base du projet de plan en 28 points du président américain Donald Trump visant à mettre fin au conflit provoqué par près de quatre ans d’invasion russe déclenchée le 24 février 2022.
« Les pourparlers ont été constructifs, concentrés sur l’objectif et respectueux, insistant sur l’engagement commun de parvenir à une paix juste et durable », a écrit la Maison-Blanche dans un communiqué commun avec la délégation ukrainienne présente à Genève. Les deux parties « ont réaffirmé que tout futur accord devra pleinement respecter la souveraineté de l’Ukraine », selon ce bref texte, qui précise qu’au terme de leurs échanges diplomatiques, les États-Unis et l’Ukraine avaient « rédigé une nouvelle version, affinée, d’un cadre (pour un accord) de paix ». À Genève, le négociateur ukrainien Andriï Iermak, bras droit de Volodymyr Zelensky, avait également fait état « de très bons progrès », après que le président ukrainien eut salué une nouvelle version du plan américain qui reflète « déjà la plupart des priorités clés » de Kiev.
Un délai plus long pour un accord de paix avec les Russes
Marco Rubio, estime que « les points qui restent en suspens ne sont pas insurmontables » et laisse la porte ouverte à un délai au-delà de jeudi, jour de la fête de Thanksgiving, donné par Donald Trump. Le secrétaire d’État américain, qui est aussi conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a rappelé que les Russes auraient « leur mot à dire ».
La version initiale du document avait suscité l’opposition de Kiev et de ses alliés européens, Paris, Londres, Berlin et Rome, venus dimanche à Genève pour éviter une paix en forme de capitulation. Maintenant, il faudra analyser la réaction du peuple ukrainien, qui s’est tant sacrifié. Va-t-il accepter les concessions territoriales. Nous en parlerons avec David Franck, élu des Français d’Ukraine, dès mercredi.
Le festival de Hong Kong fête ses 54 ans avec une édition exceptionnelle : entre patrimoine, premières mondiales et rencontres avec les stars du cinéma français. Jusqu’au 11 décembre, le French Film Festival propose une programmation riche et variée, mêlant premières mondiales, rétrospective historique et rencontres avec des stars françaises. Jean-Sébastien Attié, directeur de l’Alliance Française et du Festival, dévoile les temps forts de cette édition placée sous le signe de la découverte et du patrimoine cinématographique.
Écouter le podcast avec Jean-Sébastien Attié
Une affiche hommage à Cédric Klapisch et à l’esprit de 1895
Cette année, l’affiche du festival met à l’honneur La Venue de l’Avenir, le nouveau film de Cédric Klapisch, qui plonge le spectateur dans le Paris de 1895, une époque où le théâtre et les impressionnistes cohabitaient. « Nous avons été séduits par cette histoire et cette esthétique, portée par Suzanne Lindon », explique notre invité, Jean-Sébastien Attié, directeur de l’Alliance Française de Hong Kong et du festival. « Cédric Klapisch, déjà invité en 2017, incarne parfaitement l’esprit de cette édition», poursuit-il.
Gérard Jugnot en exclusivité mondiale : un événement rare
Le festival accueille aussi Gérard Jugnot pour la première mondiale du film Les Enfants de la Résistance, un film attendu qui s’inscrit dans la lignée de ses grands succès. « C’est un honneur de le recevoir », confie Jean-Sébastien Attié. « Nous avons travaillé pendant des mois avec Jean-Pierre Lavoignat pour organiser cette venue », nous informe-t-il.
Avec la projection du film les Enfants de la Résistance, « obtenir une première mondiale à Hong Kong est un événement exceptionnel »
Jean-Sébastien Attié, directeur de l’Alliance Française de HK et du Hong Kong French Film Festival
L’acteur présentera également une rétrospective de quatre de ses films, dont Les Choristes, un classique qui a marqué des générations. « Obtenir une première mondiale à Hong Kong est un événement exceptionnel», souligne le directeur. « Cela montre l’attractivité de notre festival et l’engouement du public local pour le cinéma français. »
Garance Marillier, symbole d’un cinéma français en mouvement
Cette année, le Hong Kong French Film Festival met aussi en lumière les nouveaux talents du cinéma français, comme Garance Marillier, révélée par « Grave » et « Titane ». « Le cinéma français est l’un des plus dynamiques au monde, et il est essentiel de soutenir ses acteurs émergents », explique Jean-Sébastien Attié.
Jean-Sébastien Attié, directeur de l’Alliance Française de HK et du Hong Kong French Film Festival
« Garance incarne cette vitalité. » Sa présence, ainsi que celle d’autres jeunes talents, permet de créer un pont entre les générations et de séduire un public varié.
Un programme adapté aux goûts du public hongkongais
Le festival tient aussi compte des préférences locales : « La Belle Époque, avec son esthétique graphique, plaît beaucoup ici », note Jean-Sébastien Attié. « Les films de genre, comme ceux de Julia Ducournau, rencontrent aussi un grand succès ».
« Nous voulons montrer la diversité et la richesse du cinéma français, depuis Alice Guy, la première réalisatrice, jusqu’à aujourd’hui »
Jean-Sébastien Attié, directeur de l’Alliance Française de HK et du Hong Kong French Film Festival
Ainsi, la présence de Garance Marillier, qui joue aux côtés d’Angelina Jolie dans un prochain film, ajoute une touche de glamour à cette édition 2025.
130 ans de cinéma français : une rétrospective ambitieuse
Pour célébrer les 130 ans du cinéma français, le festival propose une rétrospective éclectique, allant des films d’art et d’essai (Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda) aux succès populaires (Bienvenue chez les Ch’tis). « Nous voulons montrer la diversité et la richesse du cinéma français, depuis Alice Guy, la première réalisatrice, jusqu’à aujourd’hui », précise Jean-Sébastien Attié. « C’est un voyage à travers le temps et les genres. »
Des objectifs clairs : remplir les salles et séduire un public diversifié
Au cours de ce podcast, notre invité précise aussi que le succès du festival se mesure d’abord par l’affluence dans les salles. « Voir des salles pleines, notamment pour des films comme ceux de Gérard Jugnot, est une immense satisfaction », confie le directeur. Nous observons aussi la diversité du public et les retours de la presse locale. »
Les coups de cœur de Jean-Sébastien Attié
Interrogé sur ses films préférés de cette édition, Jean-Sébastien Attié cite :
Gourou, avec Pierre Niney.
Chien 51, avec Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos.
T’as pas changé, une comédie feel-good idéale pour un moment en famille ou entre amis.
« C’est toujours difficile de choisir, mais ces trois films se distinguent vraiment cette année ! », s’amuse-t-il. Pour conclure, Jean-Sébastien Attié lance un appel au public : « Faites-vous plaisir, découvrez de nouveaux horizons. Le cinéma, c’est comme une porte ouverte sur l’inattendu. Nous avons sélectionné des films pour tous les goûts. Poussez la porte, et laissez-vous surprendre ! »
Le Hong Kong French Film Festival 2025, une édition à ne pas manquer pour les amateurs de cinéma, entre classiques intemporels et pépites contemporaines !
Pendant une vingtaine d’années, l’Allemagne, première puissance économique de la zone euro, a représenté un modèle en Europe avec des déficits publics faibles, des excédents commerciaux élevés et un taux de chômage réduit. Depuis 2023, cependant, l’économie allemande s’est enrayée en raison de la hausse du coût de l’énergie et de la concurrence chinoise sur le marché automobile. Après deux années de récession, le nouveau chancelier, Friedrich Merz, a lancé un plan massif d’investissement dans les infrastructures, 2,8 % du PIB par an jusqu’à la fin de la décennie, assorti d’un amortissement accéléré des investissements. Cette relance suffira-t-elle à compenser les faiblesses structurelles ?
Covid, Ukraine, etc…
Depuis 2018, la production manufacturière allemande a reculé de près de 15 %, et le PIB réel a enregistré deux années consécutives de contraction (-0,7 % en 2023, -0,5 % en 2024). En 2025, le PIB pourrait légèrement augmenter en cas de reprise au cours du quatrième trimestre. La productivité par tête, après une progression quasi continue depuis 2010, s’érode depuis 2021 et est revenue à son niveau de 2018.
La guerre en Ukraine, survenue deux ans après le Covid, a durement frappé l’Allemagne en remettant en cause la compétitivité de son industrie. En deux ans, le prix du gaz naturel européen est passé de 50 à plus de 300 euros/MWh. L’industrie allemande a également perdu d’importants débouchés en raison du développement de la Chine et de la transition écologique. Centrée sur l’automobile, la mécanique, la chimie et l’équipement électrique, elle a manqué le virage du véhicule électrique. Elle demeure par ailleurs absente des secteurs de pointe tels que les technologies de l’information et de la communication. L’augmentation des droits de douane américains pèse aussi sur les exportations : les États-Unis constituent le premier marché pour l’Allemagne. Celle-ci paie sa dépendance au commerce extérieur, qui absorbe 50 % de sa production industrielle. La demande intérieure reste atone en raison du vieillissement démographique. Le taux de fécondité demeure bas (1,35 enfant par femme), tandis que la part des plus de 60 ans passera de 29 % de la population en 2025 à 36 % en 2040. Ce basculement démographique raréfie la main-d’œuvre, freine la consommation et renchérit les dépenses sociales.
Désindustrialisation en Allemagne aussi
Si, à la différence du Royaume-Uni ou de la France, l’Allemagne avait réussi à échapper à la désindustrialisation jusqu’en 2022, elle connaît depuis une crise industrielle de grande ampleur. La valeur ajoutée manufacturière est passée de 23 % du PIB à 19,6 % entre 2014 et 2024.
À ces fragilités s’ajoute une dégradation du système éducatif. Autrefois citée en modèle par l’OCDE, l’Allemagne recule spectaculairement dans les enquêtes PISA : son score global passe de 515 points en 2012 à 482 en 2022, soit un recul de 33 points en dix ans. Si le niveau de formation est proche de celui de la France (478 points), l’Allemagne s’éloigne nettement de pays comme la Finlande (495 points) ou le Japon (533).
Le chancelier Friedrich Merz entend provoquer un électrochoc. Il a obtenu l’abandon du frein budgétaire afin de permettre à l’Allemagne de s’endetter pour relancer son économie. Il a annoncé un plan de 500 milliards d’euros d’investissements publics sur douze ans, dans les transports, l’énergie et la transition climatique. Il a également instauré un régime d’amortissement accéléré des investissements (30 % par an), une baisse de 5 points de l’impôt sur les sociétés à partir de 2028, ainsi qu’une prime renforcée à la recherche. Par ailleurs, les dépenses militaires seront portées à 3,5 % du PIB.
Ce stimulus budgétaire reste néanmoins modéré. Le déficit public devrait passer de 2,8 % du PIB en 2024 à 3,8 % en 2027, soit une dérive de 0,33 point de PIB par an. Même avec un multiplicateur budgétaire favorable, l’effet sur la croissance serait limité à + 0,5 % du PIB cumulé entre 2025 et 2027, insuffisant pour inverser la tendance récessive. Si l’Allemagne avait respecté ses anciennes règles d’équilibre, elle aurait dû réduire ses dépenses de 2,5 points de PIB, ce qui aurait prolongé la récession.
Comme le reste de l’Europe, l’Allemagne est confrontée à une baisse de sa croissance potentielle, c’est-à-dire la croissance obtenue en neutralisant les aléas conjoncturels et déterminée par l’évolution de la population active et de la productivité. Celle-ci se situe autour de 0,6 %.
L’Allemagne doit accomplir un effort de modernisation axé sur la recherche, l’innovation et la formation pour retrouver le chemin de la croissance. Elle doit réduire le coût de l’énergie et se positionner sur les secteurs porteurs. Le recours à l’immigration constitue également une réponse possible. Pour la première puissance européenne, il ne s’agit pas d’une crise conjoncturelle mais d’un changement d’époque.
Aucun député, sauf un, n’a validé la partie recettes du projet de loi finances de l’État, dans la nuit du vendredi au samedi 22 novembre, pour le budget 2026. Un scrutin historique dans l’hémicycle, qui a pour conséquence de balayer immédiatement l’ensemble du PLF lequel, avec sa partie dépenses, se voit envoyé directement au Sénat dans sa version initiale. Et ce détail a de nombreuses conséquences pour les Français de l’étranger ou les candidats à l’expatriation. On fait le point pour les lecteurs du site Lesfrancais.press.
Des députés schizophrènes ?
Malgré les victoires engrangées par amendement, ce samedi matin, les députés LFI et du Rassemblement national se félicitent d’avoir rejeté en bloc le budget des macronistes. « Si on veut bien se rappeler que le vote du budget est censé déterminer qui est dans la majorité et qui est dans l’opposition, le vote du PLF 2026 est sans appel. Le Macronisme vient définitivement de se dissoudre », cingle notamment l’insoumis Éric Coquerel. Les troupes Ensemble pour la République et le MoDem, vestiges sur socle commun, se sont majoritairement abstenues vendredi soir sur un texte jugé « dénaturé ». Les députés Les Républicains et Horizons (le parti d’Édouard Philippe) ont eux voté contre.
S’il y a quelques jours encore, le Premier ministre Sébastien Lecornu martelait qu’il s’agissait du budget des députés et non pas celui de l’exécutif, les réactions de Roland Lescure (élu des Français d’Amérique du Nord) et Amélie de Montchalin accusent surtout la « stratégie destructrice » et « cynique » des « extrêmes » qui « ont voté ensemble des mesures inopérantes pour un budget insincère ».
Le jeu parlementaire vendu par Matignon pour s’éviter une censure du PS, avait certes peu de chance d’aboutir alors que le RN et LFI réclament un retour aux urnes via une nouvelle dissolution ou la démission du président. Ainsi le rejet du PLF en première lecture fragilise le gouvernement. En attestent d’ailleurs les messages de pis-aller des mêmes Roland Lescure et Amélie de Montchalin, toujours convaincus qu’« un compromis est possible ». « Je ne céderai pas à la résignation. Nous ne sommes qu’à mi-chemin de la navette parlementaire et nous voyons que quand le débat a lieu des consensus peuvent aboutir », veut croire la ministre des Comptes publics, encore persuadée qu’une « majorité » peut se former dans les prochaines semaines.
Mais ce qui est sûr, c’est que certaines dispositions, dont on a égrené les nombreuses conséquences pour les Français de l’étranger, ne pourront pas être intégrées au budget qui sera adopté.
Exit taxe, l’impôt sur la fortune improductive, etc passent à la trappe
Les députés s’étaient lancés dans une inflation fiscale qu’ils ont, eux-mêmes, stoppée en rejetant le budget le 22 novembre 2025.
Ainsi, l’amendement qui prévoyait de rétablir l’Exit taxe, dans sa version d’origine, soit une période « probatoire » de 15 ans, est de fait rejeté et ne pourra être représenté pour l’exercice 2026.
Il en est de même pour l’impôt sur la fortune improductive et si pour certains c’est une bonne nouvelle, pour d’autres, c’est plus négatif. Car cette disposition, qui permettait d’exclure un bien jusqu’à 1 million d’euros, pouvait être une opportunité pour sortir de l’assiette sur l’impôt sur la fortune immobilière.
Autre amendement qui finit à la trappe, c’est celui, de La France insoumise, que les députés avaient très largement approuvé pour taxer les bénéfices des multinationales proportionnellement à leur activité réalisée en France et ainsi lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale. Une imposition qui, de toute façon, n’était pas applicable du fait du droit européen ou des conventions fiscales.
Par contre, la taxe sur les biens de luxe détenus au sein d’une holding familial, portée par le gouvernement, est bien comprise dans le projet transmis au Sénat comme la prolongation de contribution sur les hauts revenus.
Vers une loi spéciale ou la chute du gouvernement ?
Le passage au Sénat, dominé par la droite et le centre, à partir de la proposition initiale, risque de faire basculer le PLF plus à droite. Viendra ensuite l’heure d’une commission mixte paritaire dont on voit mal aujourd’hui comment elle pourrait être conclusive et encore comment son texte pourrait ensuite être voté à l’Assemblée. De quoi éloigner un peu plus l’adoption d’un budget par une majorité avant le 31 décembre. Quant à la loi spéciale, elle ne fera que repousser l’échéance de la nécessité de trouver un compromis. À moins de passer par un 49-3 ou des ordonnances, deux options encore rejetées à ce stade par Sébastien Lecornu.
Vendredi soir, à la tribune de l’Assemblée, le chef de file des députés socialistes à l’Assemblée, Boris Vallaud a offert un peu de répit à l’exécutif, promettant que le PS continuera à « chercher le compromis ». Jusqu’à quand ?
Une trahison peut en cacher bien d’autres. Trump retourne ainsi à son tropisme russe, celui du promoteur immobilier lié aux oligarques russes. Que ce soit des mafieux n’a effrayé personne aux États-Unis, il avait déjà partie liée avec les mafieux New Yorkais dans ses casinos. Devenu président, il s’est empressé de reprendre les plans de Poutine, virevoltant de temps en temps face aux pressions internes de son propre camp, ce qui conduisait à penser qu’il redevenait raisonnable. Hélas, il a ses raisons. Il n’a pas changé d’avis. Il préfère Poutine à l’Ukraine, à l’Europe, peut être aux États-Unis. Car ce qui se joue en Ukraine, ce n’est pas seulement le sort de l’Europe, mais celui de l’ex « Monde libre », dont les États-Unis se voyaient les défenseurs. On explique qu’il faut arrêter la guerre. Mais il y a des crimes de paix comme il y a des crimes de guerre. À commencer par celui du plan de guerre perpétuelle qui est en train de se fabriquer.
Il y a des crimes de paix comme il y a des crimes de guerre.
Le Chef d’état-major des armées françaises, Fabien Mandon, a suscité l’émoi en se demandant si le pays était « prêt à accepter de perdre ses enfants ». Maladresse toute militaire qui voit les soldats comme des gamins, ce qu’ils sont. Il a lancé : « la Russie aujourd’hui, je le sais par les éléments auxquels j’ai accès, se prépare à une confrontation à l’horizon 2030 avec nos pays. ». Michael Claesson le commandant en chef suédois confirme : « La Russie est prête à prendre d’énormes risques stratégiques pour obtenir tout ce qu’elle juge possible ». Le chef d’état-major polonais, Wieslaw Kukula, se voit en « avant-guerre ». « L’ennemi se prépare à la guerre. Il crée les conditions visant à saper la confiance du public dans le gouvernement, les forces armées et la police, tout en préparant le terrain pour une éventuelle agression sur le sol polonais ». Le chef d’état-major allemand, Carsten Breuer, voit la Russie comme une « menace imminente ». « La Russie se renforce, elle se dote de nouvelles structures, elle produit de plus en plus de chars de combat (…) Cela m’effraie. Cela me fait peur ». Son ministre, Boris Pistorius, renchérit : « Certains historiens militaires pensent que nous avons déjà connu notre dernier été de paix ». Le dernier hiver ? Des Ukrainiens, des Européens ? Des Russes, aussi.
Le dernier hiver ? Des Ukrainiens, des Européens ? Des Russes, aussi.
Comment sera la guerre ? Iouri Balouevski, chef d’État-major des armées russes décrit « Le champ d’opérations tactiques et l’arrière, jusqu’à plusieurs kilomètres de la zone de contact, devient progressivement des « zones d’extermination totale« . Rien de nouveau depuis Verdun, sinon la profondeur, et le ciel.
Iouri à Vladimir : « Ces drones, qui fondent en essaim sur tout soldat repéré, sont devenus la cause principale de destruction non seulement du matériel, mais aussi du personnel militaire. Début 2025, 70% des pertes de combattants russes étaient imputables aux drones. »
L’armée du futur dépend de l’IA et des cartes à puces. Une transformation lourde de conséquences pour la valeur de l’arme nucléaire
Pour le général russe, qui utilise une centaine de milliers de drones par mois, la guerre dépendra de la puissance de calcul qui permettra de connecter des essaims de drones, en attaque ou en défense. « La campagne d’Ukraine a tiré un trait sur un siècle de domination de la guerre mécanisée. Le char a perdu la place qu’il occupait ». L’armée du futur dépend de l’IA et des cartes à puces. « L’ère des grands bataillons est derrière nous. » dit Iouri, peut être même celle de la dissuasion nucléaire, car « Ces dynamiques pourront accroître la capacité de défense contre les armes nucléaires et donner une nouvelle dimension aux systèmes de défense antimissiles, une transformation lourde de conséquences pour la valeur de l’arme nucléaire et la dissuasion nucléaire en général. »
La guerre d’Ukraine serait la dernière guerre d’avant, la première de demain. La dernière chance pour la Russie, technologiquement dépassée, de rester une grande puissance. « Les Européens, collectivement, sont largement plus forts que la Russie. » complète Fabien Mandon. Et la France un rôle particulier « parce qu’elle est vue comme un leader en Europe là-dessus. » Toujours Mandon : « La Russie ne peut pas nous faire peur, si on a envie de se défendre ».
« La Russie ne peut pas nous faire peur, si on a envie de se défendre ».
Toute l’ambiguïté est là. Avoir peur et ne pas avoir peur, définition même du courage. Les outils de la guerre ne sont pas que des drones ou des missiles. Quand la France annonce vouloir vendre des Rafales à l’Ukraine, la Russie mobilise ses agents d’influence. La France et l’Allemagne sont les premiers pays visés par les campagnes de désinformation et de provocation.
La France et l’Allemagne sont les premiers pays visés par les campagnes de désinformation
Lors de la crise des Gilets jaunes, les comptes liés à Moscou activaient les conflits. Selon le Centre d’Helsinki sur les menaces hybrides, les campagnes russes et chinoises attisent les conflits des groupes entre eux pour accentuer la défiance dans le système démocratique. L’IA ne coordonne pas que les drones, elle produit des milliers de messages et orchestre des campagnes. En Allemagne comme en France, comme ailleurs, plusieurs partis sont ouvertement ou discrètement pro Kremlin. Et les voilà maintenant bénis par Donald.
L’agent Trump justifie cela en prétendant détacher la Russie de la Chine. Les Européens s’attendent à une agression directe de la Russie, mais les États-Unis voient la Chine s’emparer de Taïwan dés 2027. Là est l’enjeu essentiel. Ils oublient l’effet immédiat de la trahison : le découplage entre l’Europe et les États-Unis affaiblit aussi les Etats-Unis. Pourquoi les Européens s’engageraient-ils contre la Chine quand les États-Unis les abandonnent face aux Russes ? Déjà, Trump a retiré des soldats de Roumanie, directement visée par les Russes. Et pourquoi parler des « Européens » si Trump, Poutine, Xi Jinping, Orban, Fico et d’autres, demain, atteignent leur objectif : l’Europe disloquée, asservie selon les zones d’influence.
La paix par le crime est un crime. C’est engager des guerres sans fin, cela s’appelle la paix des cimetières.
Le plan de Paix américain pour l’Ukraine est une prime à la guerre, une prime au crime. Il y a un siècle, en 1924, le pacte Briand Kellog mettait la « guerre hors la loi ». Son défaut résidait dans son isolationnisme américain et le pacifisme français. Pour que la guerre soit hors la loi, il faut des alliances fortes, des armes, et le respect du droit international. La paix par le crime est un crime. C’est engager des guerres sans fin, cela s’appelle la paix des cimetières.
Plan de paix proposé par Donald Trump en novembre 2025
Aujourd’hui, on a un voisin qui a la perception que nous sommes faibles, mais nous ne le sommes pas.
Conclusion selon Mandon : « La France a cette force incroyable de refuser le fait accompli, refuser ces menaces c’est la chose la plus importante à cultiver ». « L’Europe a tous les moyens d’éviter la guerre. L’Europe est puissante, démographiquement, économiquement, militairement. Elle a des valeurs extraordinaires. Aujourd’hui, on a un voisin qui a la perception que nous sommes faibles, mais nous ne le sommes pas. » C’est le premier débat qui devrait avoir lieu en France, le premier combat.
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
a. Président de la société éditrice du site lesfrancais.press et de l’app de paiement des Français de l’étranger France Pay
Devenu député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger (Amérique latine et Caraïbes), après la nomination d’Éléonore Caroit au gouvernement, Benoît Larrouquisraconte une arrivée fulgurante au Palais-Bourbon, entre transition accélérée, premières surprises politiques et priorités déjà affirmées pour les expatriés de sa vaste circonscription.
Écouter le podcast avec Benoît Larrouquis
Une nomination envisagée… mais un calendrier inattendu
Suppléant d’Éléonore Caroit, désormais ministre déléguée aux Français de l’étranger, Benoît Larrouquis confie avoir pressenti cette évolution : « Je me doutais bien qu’Éléonore Caroit allait un jour devenir ministre ». Il souligne le « travail colossal » mené par la députée depuis 2022, mais admet avoir été surpris par sa nomination dans ce gouvernement : « Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit nommée sur ce gouvernement ».
« Le lendemain de sa nomination, je suis arrivé à Paris pour prendre la mesure des choses ».
Benoît Larrouquis, député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger – Amérique latine et Caraïbes
À l’étranger lorsque la nouvelle de la nomination d’Eléonore Caroit dans l’équipe de Sébastien Lecornu, tombe, Benoît Larrouquis organise en urgence son arrivée à Paris : « Le lendemain de sa nomination, je suis arrivé à Paris pour prendre la mesure des choses » nous confie-t-il au cours de ce podcast sur les antennes Lesfrancais.press.
Une transition express et la formation d’une équipe dès la première semaine
Arrivé « dans l’œil de l’ouragan » comme notre invité le décrit, il doit immédiatement constituer son équipe parlementaire. Pour cela, il s’appuie sur l’expérience acquise autour d’Éléonore Caroit et l’engagement de ses collaborateurs.
Benoît Larrouquis, député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger – Amérique latine et Caraïbes
Une semaine seulement après la nomination de la ministre, l’équipe est opérationnelle. Le 13 novembre, une fois installé officiellement au Palais Bourbon comme député, commence le marathon administratif : badge, bureau, documents, procédures. « Les gens à l’Assemblée nationale sont plutôt efficaces et très aimables », note-t-il.
Premiers pas à l’Assemblée nationale : entre choc et satisfaction
Les premières heures de Benoît Larrouquis dans l’hémicycle sont marquées par la découverte d’un climat politique plutôt tendu. Il raconte avoir été « choqué » par les positions de certains groupes : « J’ai été surpris… choqué de la position du Rassemblement national et de la France insoumise, de leur déni total de négociation ».
« J’arrive dans un moment assez tendu, très intéressant, mais c’est intense ».
Benoît Larrouquis, député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger – Amérique latine et Caraïbes
Mais il tient aussi à souligner l’engagement des députés de l’arc républicain : « J’ai été agréablement surpris de voir des gens engagés… qui arrivent à travailler ensemble ». Une entrée en matière intense : « J’arrive dans un moment assez tendu, très intéressant, mais c’est intense ».
Un mandat de député incertain, mais une méthode claire
Le mandat de suppléant de Benoît Larrouquis dépendra de la stabilité du gouvernement. Une éventuelle fin de mission d’Éléonore Caroit à son ministère signifierait son retour à l’Assemblée. Pourtant, cette incertitude ne modifie en rien son approche : « Si on s’arrête à ça, on ne fait rien au final… On y va, on est à fond ».
Aussi, totalement mobilisé, il confie même : « Je dors sur place depuis le 13 novembre », le temps de maîtriser rapidement les rouages parlementaires. Il rappelle qu’Éléonore Caroit reste très connectée à la zone : « Elle est franco-dominicaine… bien sûr qu’elle regarde vers la circonscription ». La relation de travail entre les deux responsables reste fluide : « On a travaillé pendant trois ans… On est très en phase ». Les priorités communes sont déjà engagées, notamment sur la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou l’éducation via l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).
Des priorités fortes : CFE, éducation, entrepreneurs et diplomatie parlementaire
Ainsi, lors de cette interview, le nouveau député présente une feuille de route dense pour les Français de l’étranger. D’abord, la disponibilité totale pour répondre aux sollicitations : « On a à peu près une centaine de mails par jour ». Il détaille aussi ses sujets majeurs qu’il portera à l’Assemblée nationale : la réforme de la CFE, et également consolidation financière de l’AEFE : « Je ferai partie du groupe de travail… afin de garantir la pérennité de cette agence » nous dit-il.
« On a travaillé pendant trois ans… On est très en phase avec Éléonore Caroit »
Benoît Larrouquis, député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger – Amérique latine et Caraïbes
Concernant le réseau d’entrepreneurs français à l’étranger, chef d’entreprise lui-même, il veut « mettre en place quelque chose de plus pragmatique » pour aider les entrepreneurs à gagner en visibilité et décrocher des contrats. Dans le cadre d’une diplomatie parlementaire active, il souhaite « renforcer la coopération bilatérale entre la France et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ». Passionné d’ornithologie, Benoît Larrouquis compte s’investir dans la protection de la faune, en France comme dans la région.
Une présence annoncée sur le terrain dès janvier
Pour l’instant absorbé par l’urgence législative, notre invité promet une forte présence en circonscription : « Vous me verrez très souvent… parce que c’est là que je porterai l’essentiel de mon effort ». La transition, assure-t-il, s’est faite « dans les meilleurs délais », portée par une équipe « extrêmement motivée » et par l’atout rare d’une ministre issue de la même circonscription.
Plongé « dans l’œil de l’ouragan » à l’Assemblée nationale, Benoît Larrouquis, nous explique, au cours de ce podcast, son installation au Palais Bourbon, ses priorités et la relation de travail avec Éléonore Caroit, titulaire du mandat de député de la 2ème circonscription des Français de l’étranger (Amérique latine et Caraïbes), et aujourd’hui ministre déléguée chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
D’abord le titre. Douce menace, oxymore qui nous met sur le qui-vive, mais ne dit rien de l’obsession de Léa Simone Allegria pour l’art (notons que son dernier ouvrage était intitulé Le grand art), ce qui est doublement dommageable : déjà parce que l’art, pour emprunter à Malraux, « c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme »; et puis parce que l’obsession, quelle qu’elle soit, détermine l’écrivain du simple auteur : à savoir, comme le soulignait Jean Paulhan, mythique patron de la NRF, que l’écrivain, porté par son obsession, n’écrit jamais qu’un seul et même livre au lieu que l’auteur se soumet au coq à l’âne de ses trouvailles. Du reste cette obsession pour l’art se manifeste dès la première phrase : « Nino sort de la salle de bains dans cette nudité que les Grecs appelaient héroïque ». (C’est important une bonne première phrase). Mais alors le roman nous installe à Rome, ville éternelle des artistes, qui révéla le sulfureux génie du clair-obscur que fut Michelangelo Merisi, alias le Caravage (du nom lombard de son enfance).
Adultère et prose
Au commencement, donc, est le rendez-vous adultère de Nino et Alba tous deux écrivains. Et Rome, à la fois un lieu où l’on aime et un objet d’amour. Le « Bad boy » de la peinture, star géniale et ténébreuse du baroque, s’immisce dans leur intimité dès la page 21. Page 27 (chapitre 4) Caravage prend toute sa dimension de quatrième personnage. S’en suivra un va-et-vient entre le XVIIe et le XXIe siècle qui ne cessera de donner de l’épaisseur à des amours clandestines prédestinées à atteindre leur vérité sous le regard d’un Bacchus accablé par la maladie. Rien ne sert de déflorer l’intrigue, a fortiori d’éventer la chute de ce roman qui comme tout roman reste le récit d’une modification. Un roman ce n’est pas de la sociologie, ni de l’histoire, ni de l’histoire des arts ; un roman nous promet des personnages vivants. Douce violence tient donc sa promesse, l’art s’imposant comme le « miroir des âmes et du temps » par la grâce d’un livre écrit.
Léa Simone Allegria – Douce menace
Résumé
Dans un hôtel de Rome, Nino vit les affres de l’attente d’Alba, avec laquelle il a rendez-vous, sans savoir si elle viendra. Suspendu à son arrivée, il se désespère d’une absence qui se prolonge, tout en commençant à s’y résigner ! Retardée par la pluie, Alba finit par arriver, pourvue d’un tableau ancien qu’elle a chiné en s’abritant dans une galerie proche de la gare. C’est le début d’un récit trépidant qui mêle l’histoire d’une passion amoureuse adultère et celle de l’art.
Budget 2026, bourses scolaires, CFE, dématérialisation… Le président de la Commission des finances de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE) alerte sur les risques d’un désengagement de l’État. Pour Renaud Le Berre, également conseiller des Français à Barcelone, les 3 millions de Français établis hors de France risquent de payer le prix fort de la rigueur budgétaire. Or, « les Français de l’étranger ne doivent pas être des citoyens oubliés par la République » partage dans cette interview pour Lesfrancais.press celui qui a rejoint dernièrement le mouvement Place Publique dirigé par Raphaël Glucksmann.
Les liens entre le Sénat et l’AFE
Lesfrancais.press : « Renaud Le Berre, en votre qualité de président de la Commission des finances de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), vous venez d’être auditionné au Sénat par les sénateurs Ronan Le Gleut et Guillaume Gontard, rapporteurs du programme budgétaire 151 « Français à l’étranger et affaires consulaires ». Ce type d’échange entre sénateurs et élus de l’AFE constitue‑t‑il une pratique habituelle ? »
Renaud Le Berre : « Depuis 2022, les sénateurs Ronan Le Gleut et Guillaume Gontard ont pris la bonne l’habitude de nous auditionner au Sénat et aussi ils nous ont donné l’opportunité à chaque session de l’Assemblée de français de l’étranger de restituer nos travaux. Cette belle initiative permet surtout aux parlementaires élus en France de mieux comprendre les problématiques de nos compatriotes vivant hors de France. Ces auditions sont aussi une bonne façon de reconnaître notre travail bénévole d’élu. »
En faveur d’un changement des critères pour les bourses scolaires
Lesfrancais.press : « Le programme 151 couvre plusieurs dossiers directement liés aux Français établis hors de France, notamment ceux relatifs aux écoles françaises à l’étranger du réseau AEFE et aux bourses scolaires. Vous avez déclaré ne pas être satisfait de la copie présentée actuellement par le gouvernement, notamment sur les aides à la scolarité. Quelles améliorations souhaiteriez-vous obtenir ? »
Renaud Le Berre : « Il est impératif de revoir les critères d’attribution des bourses scolaires. Les critères actuels privent les classes moyennes de ces aides. Elles doivent trop souvent arbitrer entre plusieurs dépenses et le coût de la scolarité. Les prix des logements ont explosé partout dans le monde et en particulier les locations qui n’entrent pas dans le calcul actuel des bourses. Les familles n’ont pas de visibilité sur le long terme.
« Les critères actuels des bourses scolaires privent les classes moyennes de ces aides »
Renaud Le Berre, président de la Commission des finances de l’AFE, conseiller des Français de Barcelone
Les bourses devraient être garanties sur un cycle scolaire (sur 3 ou 5 ans). Le système fait que si une famille voit ses revenus augmenter la quotité des bourses baisse fortement et l’augmentation même légère des revenus est absorbée par un reste à charge très important. Il est important d’exclure du capital mobilier les plans de retraite par capitalisation. À titre d’exemple : Ces dernières années dans la circonscription de Barcelone nous avons perdu plus de la moitié de nos familles boursières. Cette forte baisse fragilise aussi les établissements qui supportent sans cesse la baisse de leurs effectifs. La baisse de 4,5 millions d’euros de l’enveloppe des bourses prévue dans le Projet de loi de finances 2026 et les fortes augmentations des frais de scolarité ne font que confirmer ce triste panorama. »
Renaude Le Berre, président de la Commission des finances de l’AFE, conseiller des Français de Barcelone
La protection sociale des Français de l’étranger : un budget en baisse
Lesfrancais.press : « Le programme 151 inclut également la question de la santé des expatriés via la Caisse des Français de l’Étranger (CFE). Vous soulignez une baisse de la participation financière de l’État, alors que la CFE fait déjà face à de nombreuses difficultés. D’un point de vue budgétaire, comment concilier la nécessaire maîtrise des dépenses publiques avec l’évolution attendue de la protection sociale des expatriés ? »
Renaud Le Berre : « La baisse de la subvention à la CFE est inquiétante et prive de ressource cette caisse qui a une mission de service public. La catégorie aidée, les Français les plus fragiles, va subir de plein fouet cet ajustement budgétaire. Le calcul d’indice (Ippa) ne reflète pas non plus la réalité du coût de la vie ce qui fait baisser automatiquement les aides sociales pour nos compatriotes.
« La rigueur ne doit jamais porter sur les plus fragiles »
Renaud Le Berre, président de la Commission des finances de l’AFE, conseiller des Français de Barcelone
Les aides sociales tendent à disparaître dans les pays de l’UE alors que nos compatriotes ne disposent pas d’aide locale dans certains pays. Il faut comparer ce que rapportent les non-résidents à l’État (1,3 milliard d’euros) et le coût des affaires sociales (moins de 20 millions d’euros). La rigueur ne doit jamais porter sur les plus fragiles. Mais c’est ce qui est réalisé depuis de trop nombreuses années. »
Services publics et Français de l’étranger
Lesfrancais.press : « Le programme comprend également le réseau consulaire et la modernisation des services publics, notamment la dématérialisation des démarches administratives. À votre avis, cette modernisation améliore‑t‑elle l’efficacité du service rendu aux usagers ? »
Renaud Le Berre : « La modernisation est une bonne chose et le budget prévu pour moderniser le réseau consulaire est en hausse (+ 2,6 millions). Les services publics consulaires ont été nettement améliorés et c’est un succès en particulier pour la délivrance des documents d’identité.
Renaud Le Berre, président de la Commission des finances de l’AFE, conseiller des Français de Barcelone lors d’un événement de l’ADFE
La dématérialisation est nécessaire et est une bonne chose mais elle ne doit pas faire oublier l’humain et un service de proximité et d’écoute. La plateforme France consulaire doit être complétée d’un service de réponse en anglais et en espagnol. »
Lesfrancais.press : « Au regard de ces enjeux budgétaires et des attentes fortes des Français de l’étranger, quel message souhaitez‑vous adresser au gouvernement et aux parlementaires ? Dans ce contexte financier contraint, craignez‑vous que les préoccupations de nos compatriotes établis hors de France soient reléguées au second plan du débat national ? »
Renaud Le Berre : « Le programme 151 mobilise environ 153 millions pour près de 3 millions de Français de l’étranger ce qui est très peu. Je rappelle que les Français de l’étranger rapportent beaucoup plus qu’il ne coûte et que nous ne sommes pas des évadés fiscaux. Nos compatriotes sont accompagnés par un réseau consulaire, diplomatique et culturel performant qu’il ne faut pas désarmer.
« Les Français de l’étranger rapportent beaucoup plus qu’il ne coûte et que nous ne sommes pas des évadés fiscaux »
Renaud Le Berre, président de la Commission des finances de l’AFE, conseiller des Français de Barcelone
Ce message doit être diffusé avant tout aux parlementaires de l’Hexagone qui connaissent très mal les Français de l’étranger. Le budget du ministère des affaires étrangères représente 1 % du budget total de l’État et on lui demande de réaliser 10 % des économies ! C’est le ministère qui a dû faire le plus de restrictions budgétaires ces 20 dernières années. Nous ne devons pas être des citoyens oubliés par la République. Le service public français à l’étranger a pour fonction de renforcer et de maintenir le lien citoyen pour nos compatriotes. »
« De nombreux actifs semblent entrer en zone de bulle », avertissait, à la mi-octobre, le président de JPMorgan Chase, Jamie Dimon. Le message a été reçu cinq sur cinq par les investisseurs : le dirigeant de la première banque américaine n’est pas connu pour parler à la légère. Son constat rejoint celui d’autres grands noms de la finance. David Solomon, son homologue de Goldman Sachs, évoque « l’exubérance des marchés » ; Jane Fraser, directrice générale de Citigroup, pointe « une effervescence des valorisations ». La Banque d’Angleterre, de son côté, a récemment mis en garde contre « un risque accru de correction brutale ». Quant au FMI, il redoute un ajustement « désordonné », notant que « les prix des actifs risqués se situent très au-dessus de leurs fondamentaux ».
Des sommets de valorisation !
Depuis plusieurs mois, les valorisations des entreprises, en particulier dans le secteur technologique, atteignent des sommets inquiétants. Pour acquérir le panier d’actions de l’indice S&P 500, les investisseurs paient aujourd’hui quarante fois les bénéfices moyens ajustés du cycle économique, un multiple dépassé seulement lors de la bulle Internet. Sur le marché obligataire, les titres d’entreprises de bonne qualité (investment grade) ne rapportent en moyenne que 0,8 point de pourcentage de plus que les bons du Trésor américain de même maturité. Un écart aussi faible n’avait plus été observé depuis 2005. Même l’or, valeur refuge par excellence, semble avoir atteint un plafond : après un record historique le 20 octobre à plus de 4 200 dollars l’once, son cours a reculé d’environ 10 %.
La question qui hante les salles de marché est celle de la date de la correction. Elle a peut-être déjà commencé, mais de manière encore indolore. Prédire une correction revient à prédire la volatilité, c’est-à-dire la propension des prix à varier brutalement. Les traders qui s’y essaient s’appuient sur quelques lois empiriques, observables à l’œil nu sur un graphique d’indice boursier.
La première est que la volatilité est bimodale : les marchés connaissent de longues périodes de calme, ponctuées de brèves phases d’agitation extrême. En d’autres termes, la volatilité tend elle-même à « sauter » d’un régime à l’autre. Les phases de faible volatilité et celles de forte volatilité se succèdent, avec peu d’états intermédiaires. Ces régimes sont corrélés à la direction des prix : le calme accompagne les hausses.
Ce caractère persistant explique qu’à court terme, la meilleure façon d’anticiper la volatilité de demain soit souvent… celle d’aujourd’hui. C’est le principe des modèles autorégressifs, utilisés par les salles de marché pour évaluer les risques. Ces modèles servent aussi à la tarification des options, contrats permettant de tirer parti des mouvements de prix. Leur valorisation repose sur une estimation de la volatilité future. Utiles pour la gestion quotidienne, ces outils sont cependant impuissants à prévoir les brusques changements de régime qui accompagnent les corrections. Pour pallier ces limites, les traders conçoivent des modèles complémentaires fondés sur des variables exogènes susceptibles de provoquer des bonds de volatilité. L’approche la plus avancée consiste désormais à recourir à l’apprentissage automatique, afin d’analyser l’influence potentielle de toutes les données macroéconomiques imaginables : bénéfices des entreprises, PIB, inflation, emploi, etc.
L’IA veille
Image d’illustration
L’intelligence artificielle excelle à détecter des combinaisons non intuitives pouvant signaler une fragilité des marchés. Bridgewater, le plus grand fonds spéculatif du monde, s’est fait une spécialité des stratégies reposant sur des enchaînements complexes de variables économiques.
Jusqu’à présent, toutefois, peu de ces modèles tiennent réellement leurs promesses. Les modèles macroéconomiques sont inopérants pour anticiper un « choc pur », une pandémie, une faillite bancaire soudaine ou un krach géopolitique. Les événements imprévisibles sont, par nature, peu modélisables ; or ce sont ceux qui ont le plus fort potentiel de déclencher une correction. Les modèles macro peuvent identifier les conditions propices à un choc, mais non en prévoir le moment.
D’autres outils permettent parfois de repérer un point de bascule, un retournement imminent des prix. Les corrélations entre classes d’actifs constituent un indicateur utile. Le signe classique d’un passage en mode risk-off est la baisse simultanée des actions et la hausse parallèle des valeurs refuges comme l’or ou les obligations d’État.
La meilleure façon d’améliorer les prévisions issues de modèles imparfaits consiste à en combiner plusieurs, indépendants les uns des autres. Quoi qu’il en soit, la capacité à déterminer le jour et l’heure de la correction demeure un exercice quasi impossible.
Alors que l’enseignement français à l’international traverse des tensions financières et une concurrence accrue, la Mission laïque française (MLF) accélère sa mutation. Son directeur général, Jean-Marc Merriaux détaille pour Lesfrancais.press les enjeux et les ambitions d’un réseau* en pleine évolution.
Écouter le podcast avec Jean-Marc Merriaux
L’enseignement français à l’étranger et la concurrence
Depuis quatre ans, Jean-Marc Merriaux pilote le redressement de la Mission laïque française dans un environnement international profondément transformé. L’enseignement français, longtemps dominant, se retrouve désormais dans un marché mondialisé et très concurrentiel, obligeant la MLF à se repositionner.
« Même si les moyens ne sont pas totalement réunis, il faut penser les modèles éducatifs que nous voudrons dans les prochaines années ».
Jean-Marc Merriaux, directeur général MLF
Le directeur général l’admet : « Nous avons redressé une partie importante de la situation financière, mais ce n’est pas suffisant ». La MLF a stabilisé ses comptes grâce à plusieurs leviers, mais elle manque encore de capacités d’autofinancement pour investir dans ses infrastructures et renforcer son offre pédagogique. Pour autant, pas question de mettre la transformation entre parenthèses :« Même si les moyens ne sont pas totalement réunis, il faut penser les modèles éducatifs que nous voudrons dans les prochaines années ».
MLF 2030 : un projet pour repenser l’élève et l’enseignant de demain
C’est dans ce cadre que le plan stratégique MLF 2030 a été élaboré. L’objectif du programme est d’offrir davantage aux familles, désormais plus exigeantes, et de maintenir la renommée du modèle français en l’adaptant aux nouvelles attentes. « Il faut permettre à nos élèves de s’épanouir dans notre système éducatif et de devenir des citoyens ouverts sur le monde, capables de se projeter. Voilà la logique dans laquelle s’inscrit le projet MLF 2030 » précise le directeur général.
L’autre grand chantier concerne les enseignants. « Eux aussi sont confrontés à plusieurs transformations. Il existe des défis pédagogiques importants et nous devons déterminer quel type d’enseignant nous voulons pour permettre à nos élèves de devenir les jeunes gens que nous souhaitons voir dans quinze ans. » Une dynamique qui a été formalisée dans un travail collaboratif mobilisant de nombreux acteurs afin de construire un modèle d’avenir. « Nous espérons faire de ce modèle un moteur d’attractivité pour nos établissements. »
Réforme de l’AEFE : une inquiétude ? Non, un dialogue nécessaire
La réforme annoncée de l’AEFE, elle-même confrontée à des difficultés financières, suscite des interrogations parmi les établissements français à l’étranger. Le soutien accordé aux écoles de la MLF pourrait être réévalué. Jean-Marc Merriaux se veut rassurant : « Ce n’est pas une inquiétude, mais plutôt un besoin d’échanger. Nous avons été soutenus lorsque nous traversions une période difficile. Nous devons aujourd’hui avancer ensemble.Nous sommes dans une logique de complémentarité et d’entraide mutuelle. C’est ainsi que se construit l’enseignement français à l’étranger. »
« Nous veillerons à ce que la continuité de l’accompagnement de nos établissements soit assurée progressivement ».
Jean-Marc Merriaux, directeur général MLF
Par ailleurs, la Mission laïque, autofinancée à 94 %, dépend peu des aides publiques. L’enjeu porte surtout sur leur répartition notamment dans les zones fragilisées. « Nous veillerons à ce que la continuité de l’accompagnement de nos établissements soit assurée progressivement », précise Jean-Marc Merriaux. Entretemps, la MLF fera « tout pour limiter l’impact » sur les familles, et mise plutôt sur l’attractivité de ses établissements : plus d’élèves, plus de stabilité financière, moins de pression sur les tarifs.
2025-2026 : du concept à l’action
Après l’élaboration du projet MLF 2030, vient l’heure de l’opérationnel. Huit établissements pilotes ont commencé à déployer la nouvelle offre pédagogique. Les premières expérimentations comme la filière bilingue en maternelle à Casablanca font déjà l’objet de retours d’expérience partagés au sein du réseau. Un grand séminaire rassemblera prochainement tous les établissements scolaires en pleine responsabilité avec leur chef d’établissement pour amorcer la mise en œuvre concrète du modèle.
Pour Jean-Marc Merriaux, l’objectif de l’année est limpide : « Notre année 2025-2026 est consacrée à accompagner les équipes, construire notre modèle d’avenir, le stabiliser et le déployer pour rendre visible cette évolution. » Une transformation profonde, collective et déterminée. La MLF entend bien se projeter dans la décennie qui s’ouvre et y faire rayonner l’enseignement français.
*La Mission laïque française compte 108 établissements répartis dans 32 pays, scolarisant plus de 60 000 élèves.