Le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, s’est rendu en Arabie saoudite le week-dernier dans le cadre du French Saudi Business. Son objectif : « intensifier la relation économique » avec ce pays qui accueillera l’Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde 2034. Une vision que l’élue consulaire, Nadia Chaaya, partage.
Vision 2030 : Terre d’opportunités
Premier exportateur mondial de pétrole, « l’Arabie saoudite est aujourd’hui un terrain d’opportunités pour nos entreprises françaises car elle opère la diversification de son économie, visant à attirer des investissements étrangers », a déclaré Nicolas Forissier.
Il est vrai que les entreprises françaises sont déjà positionnées et pourraient l’être encore plus et ce malgré qu’elles doivent faire face à une importante concurrence des États-Unis, de la Chine et d’autres pays européens, notamment l’Italie, sur les mégaprojets dans le cadre du programmeVision 2030.
Lancée en 2016, la Vision 2030 vise à diversifier l’économie saoudienne. Elle s’articule autour d’une série de grands projets qui constituent une source de contrats pour les entreprises françaises dans des domaines aussi divers que l’énergie, l’eau, les nouvelles technologies, les transports, la santé, le tourisme, l’aéronautique, le traitement des déchets…
Ouverture du #FrenchSaudiBusinessForum à Riyad. De l’Expo 2030 à la Coupe du monde 2034, la 🇫🇷 est prête.
Plus de 100 entreprises 🇫🇷 mobilisées, des accords structurants, une journée décisive pour nos entreprises et pour notre relation bilatérale.
Afin d’accompagner les entreprises françaises, depuis quelques années, Business France propose le premier programme accélérateur franco-saoudien, baptisé « French Fab Booster ». En collaboration avec le Programme national saoudien de développement de l’industrie et de la logistique (NIDLP), ce dispositif a pour objectif de créer des entreprises françaises innovantes dans le Royaume et de les positionner comme des acteurs majeurs dans la réalisation de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.
Business France, une agence nationale chargée d’aider les entreprises à se projeter à l’international, souhaite dynamiser la révolution industrielle saoudienne et donner un élan aux relations franco-saoudiennes dans le prolongement des initiatives phares qui s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie industrielle nationale prévue par la Vision de l’Arabie saoudite. Cette stratégie vise à porter le PIB de l’industrie manufacturière à trois fois son niveau d’ici à 2030.
Grâce à ce programme, les entreprises à forte croissance peuvent bénéficier de services spécialisés dans l’industrie 4.0 (aussi appelée « industrie du futur » ou « quatrième révolution industrielle »). Parmi ces derniers, citons notamment le tutorat, les investissements et les instruments nécessaires à la réussite de l’entreprise.
Au sein des 3 millions de Français de l’étranger, la démographie fait aussi son œuvre. Ainsi, un nombre croissant de nos compatriotes expatriés sont retraités ou le seront bientôt. Afin de faciliter l’accès à leurs droits acquis en France comme dans leur pays de résidence, l’État français a signé de nombreuses conventions internationales, activement suivies par le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (CLEISS). Cependant, malgré ce cadre conventionnel, sensé encadré au mieux ces procédures, on constate de nombreux retards quant aux traitements des dossiers pour faire valoir leurs droits à la retraite en France. Pourquoi ? Et surtout comment essayer d’anticiper ?
24 mois de délai
A ce jour, il faut parfois compter un délai moyen de 24 mois afin de pouvoir bénéficier de ses droits à la retraite en France. Ces délais excessifs ont des conséquences particulièrement dramatiques car les futurs retraités ne peuvent déposer leur demande que 6 mois avant leur départ en retraite.
Dans la majeure partie des cas, les services dédiés à la retraite du pays de résidence traitent les demandes dans un délai de 1 à 3 mois, puis les transmettent à la France. Le délai excessif de 24 mois des services français démarre ainsi à réception de la demande en France, alors même que le départ en retraite est imminent.
Des conséquences concrètes
Ces délais d’attente déraisonnables ont évidemment de lourdes conséquences. Une grande partie des Français de l’étranger concernés vivent dans une précarité inadmissible. La plupart sont donc logiquement contraints de maintenir leur activité professionnelle, sans que ces mois supplémentaires n’ouvrent de nouveaux droits à la retraite. En plus, les délais varient significativement selon les zones géographiques et les caisses régionales (Caisse d’assurance retraite et de santé au travail ou CARSAT) compétentes pour les pays conventionnés.
Une situation inacceptable car elle prive nos compatriotes de leurs droits acquis pendant une période prolongée, sapant l’objectif même des conventions internationales.
Comment au mieux anticiper sa demande de pension depuis l’étranger ?
Pour rappel, depuis 2024, la loi a évolué concernant la durée de séjour hors de France. Si vous vivez plus de six mois (soit plus de 183 jours) par an à l’étranger, vous devenez résident fiscal de ce pays, ce qui modifie certains aspects liés à votre retraite, notamment la fiscalité. Cette disposition ne s’applique pas aux retraités de la fonction publique ne disposant que de la nationalité française.
Cependant, et c’est primordial, cette durée ne remet pas en cause le versement de votre pension française, qui peut être perçue sans limitation dans le temps, à condition de respecter certaines démarches administratives
Assurance retraite
Tout d’abord, avez-vous 64 ans ? C’est l’âge à partir duquel l’assuré peut légalement faire sa demande de retraite. La réforme des retraites d’avril 2023 a progressivement repoussé l’âge légal, de 62 à 64 ans. Cependant si vous ne réunissez pas les conditions pour bénéficier du taux maximum (appelé aussi « taux plein »), vous serez pénalisé. Il est possible si le budget est adopté que l’âge retenu soit de nouveau 62 ans. Sachez, aussi, que si vous avez 67 ans, la retraite sera calculée au taux maximum, et ce quel que soit le nombre de trimestres acquis.
Enfin, il est conseillé de demander le plus tôt possible à ouvrir l’instruction de ses droits. Normalement, vous ne pouvez le faire que 6 mois avant la date d’exécution prévue. Cependant, si vous avez été à l’étranger et qu’il convient de reconnaître certaines périodes travaillées à l’étranger par le système français alors cela peut prendre jusqu’à 12-18 mois. Il faut donc ne pas hésiter à insister auprès de votre chargé de dossier, tout en restant courtois, afin d’éviter une période sans versement trop longue.
Bénéficiaire de l’Apsa ?
Jusqu’à présent, pour toucher l’Aspa, il fallait résider au moins 6 mois par an en France. Désormais, ce seuil passe à 9 mois. Cette nouvelle condition exclut de fait de nombreux retraités expatriés qui vivaient la majorité de leur vie à l’étranger, tout en percevant cette prestation sociale.
Un retraité qui passe l’hiver au Maroc ou une partie de l’année au Portugal devra réorganiser son calendrier. Faute de respecter cette condition, il pourra perdre :
Son allocation Aspa
Son affiliation à la sécurité sociale
Son droit aux soins remboursés en France
Et même, à terme, sa pension (en cas de défaut de certificat de vie)
Voilà, vous savez tout ! On ne manquera pas de vous informer des évolutions dans les prochaines semaines. On reviendra en particulier sur le certificat de vie dont la généralisation sera effective normalement en 2026 !
Rapportée à la taille de l’économie, jamais la valorisation des entreprises cotées n’a été aussi élevée aux États-Unis. Celle de Nvidia a dépassé 5 000 milliards de dollars. Les investisseurs mettent en œuvre des stratégies pour exploiter au mieux la forte croissance des valeurs financières, au risque de provoquer un krach.
La tentation crypto
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président Donald Trump soutient l’industrie des cryptomonnaies. Il s’est lui-même engagé sur ce secteur en émettant un cryptoactif à son effigie. Longtemps dénigrés par les professionnels de la finance américaine, les cryptoactifs sont aujourd’hui l’objet d’une frénésie. Les plus grandes banques américaines envisagent de créer leurs propres stablecoins adossés au dollar. Certaines entreprises placent une part croissante de leur trésorerie en cryptos. Cet engouement spéculatif pourrait déboucher sur un krach d’importance, les liquidités des entreprises américaines étant investies de plus en plus sur des actifs à forte volatilité.
Les établissements financiers américains tentent par tous les moyens d’attirer les épargnants individuels en leur promettant des gains rapides et importants. Ces derniers sont appelés à investir dès qu’un trou d’air survient afin de profiter de belles plus-values. Problème, de nombreux épargnants achèteraient n’importe quoi. Les valorisations de certaines entreprises de la tech comme Tesla, Nvidia ou Palantir sont en partie liées à des achats compulsifs qui ne reposent pas sur une analyse financière poussée. Même en dehors de la tech, l’irrationalité règne. Ainsi, l’action du marchand de vêtements American Eagle a progressé de plus de 70 % après que l’actrice Sydney Sweeney a posé dans une publicité.
Depuis quelques mois, les SPAC ont fait leur grand retour à la Bourse américaine. Un SPAC, Special Purpose Acquisition Company, est une société sans activité opérationnelle, créée uniquement pour lever des fonds en Bourse afin d’acquérir ensuite une entreprise non cotée. Les SPAC permettent de contourner la lourdeur administrative et financière des introductions en Bourse traditionnelles. Pour la société cible, les avantages sont :
l’accès rapide aux marchés financiers ;
la négociation directe avec les sponsors plutôt qu’un processus d’IPO long ;
la valorisation discutée à l’avance.
Pour les investisseurs du SPAC, celui-ci permet :
le droit au remboursement s’ils n’aiment pas la cible ;
les bons de souscription (warrants) en complément des actions.
Les SPAC avaient connu une forte croissance avant le Covid. Cette formule était moins utilisée depuis, pour trois raisons principales :
performances souvent décevantes après la fusion ;
conflits d’intérêts potentiels ;
obligation de trouver une cible dans les délais.
En 2025, plus de 150 SPAC devraient être cotées aux États-Unis.
La circularité “paresseuse”
Quand les marchés s’envolent, leur tolérance à la complexité croît en proportion. Au sein de la Silicon Valley, l’écosystème de l’IA s’organise autour de dépenses circulaires et de participations croisées afin de poursuivre le mouvement de valorisation en cours.
L’entreprise Nvidia détient des parts de CoreWeave, qui achète ses microprocesseurs pour les louer à des tiers. Elle a également investi dans xAI, qui achète aussi ses puces pour entraîner ses modèles. Nvidia pourrait aussi participer au capital, à hauteur de 100 milliards de dollars, dans OpenAI, qui prendra l’engagement d’acheter davantage de puces Nvidia. De son côté, OpenAI, également détenue par Microsoft (son principal fournisseur de puissance de calcul), a pris une participation dans CoreWeave et pourrait bientôt prendre 10 % d’AMD, le rival direct de Nvidia.
Ces montages contribuent à multiplier les liens commerciaux entre les acteurs. Ils peuvent aussi être assimilés à du « round-tripping », ces opérations de la fin des années 1990 où aucune marchandise ne circulait mais où chacun enregistrait du chiffre d’affaires pour maquiller ses comptes.
Le retour des fusions
Chaque cycle boursier haussier s’accompagne de grandes fusions d’entreprises. En 1989, le rachat de RJR Nabisco avait marqué les esprits, tout comme celui d’AOL-Time Warner en 2001… Cette année, la baisse des taux d’intérêt et l’assouplissement réglementaire aux États-Unis ont relancé les grandes manœuvres, malgré les destructions de valeur observées lors des vagues précédentes. Depuis l’été, les dirigeants américains ont conclu la plus grande fusion ferroviaire de l’histoire, le plus important achat de data centers et une acquisition par effet de levier record. En novembre, Kimberly-Clark, propriétaire des couches Huggies, a offert près de 50 milliards de dollars pour Kenvue, fabricant du paracétamol « Tylenol », la plus grande opération du secteur grand public depuis dix ans.
L’orgie de dettes
Pour financer centres de données et offres d’achat, les entreprises américaines s’endettent. Meta a récemment levé 30 milliards de dollars en obligations pour financer ses infrastructures numériques, la plus importante émission de l’année. Les fournisseurs d’électricité, mis à contribution pour alimenter les serveurs informatiques, empruntent des sommes croissantes.
Dans cette frénésie, les entreprises expérimentent des formes nouvelles de dette. Le crédit privé, accordé par des fonds plutôt que par les banques, se développe. Les établissements financiers proposent des formes de prêts de plus en plus raffinées et innovantes. Apollo, spécialiste des marchés privés, propose un prêt comptabilisé comme « fonds propres » chez l’emprunteur (qui préserve ainsi sa notation), mais traité comme dette de qualité pour le prêteur.
À mesure que l’endettement croît, la visibilité se réduit. En marge de son émission obligataire, Meta finance aussi 27 milliards de dollars d’investissements, presque entièrement par la dette, pour son nouveau centre de données en Louisiane, hors de son bilan. xAI envisage des montages similaires.
Le patriotisme ostentatoire
Pour plaire au locataire de la Maison-Blanche, les entreprises américaines affichent leur patriotisme à travers des annonces d’investissements records, même si les actes ne suivent pas obligatoirement les annonces. JPMorgan Chase promet 1 500 milliards de dollars pour soutenir les entreprises œuvrant à la « sécurité et la résilience ».
L’État fédéral s’investit de plus en plus dans le capital des grandes entreprises américaines. Il détient ainsi une action spécifique chez US Steel, 10 % du capital d’Intel. Il a également pris des participations au capital de trois groupes miniers. Il pourrait devenir actionnaire de Westinghouse, fabricant de réacteurs nucléaires. Selon les banquiers, toute entreprise ayant un lien, même ténu, avec la « résilience nationale » cherche à conclure un partenariat avec Washington. La directrice financière d’OpenAI a même suggéré que l’État pourrait assurer un « filet de sécurité » pour le financement des centres de données de l’industrie, avant de se rétracter.
Les fraudes à venir
La hausse rapide des cours donne souvent lieu à de grands scandales. Il en fut ainsi en 2001 avec Enron et en 2002 avec Worldcom.
La complexité des normes comptables, l’opacité du secteur des cryptoactifs et l’essor du crédit privé sont autant de facteurs pouvant alimenter des manipulations de cours et dégénérer en scandale financier. Aux États-Unis, les pouvoirs publics sont moins vigilants, privilégiant la lutte contre l’immigration aux délits financiers.
Le jour du jugement dernier sonnera-t-il ?
Pour l’heure, Wall Street estime que la fête peut continuer. Les spreads de crédit restent serrés. La volatilité boursière demeure relativement faible. Les investisseurs particuliers ne montrent aucun signe d’essoufflement. Des fissures commencent à apparaître dans le monde de la crypto. L’entreprise Strategy, spécialiste de la gestion des trésoreries en bitcoins, est dans l’œil du cyclone. Ayant acquis près de 650 000 bitcoins, elle a commencé à les vendre pour honorer expliquant une partie du recul du cours du premier cryptoactif mondial.
La société américaine de services financiers Robinhood a indiqué que l’endettement de ses clients avait progressé de 153 % depuis janvier, semblant indiquer l’existence d’une bulle. Les inquiétudes gagnent le crédit. L’entreprise First Brands, un fabricant de bougies d’allumage, a emprunté plus de 10 milliards de dollars avant de se déclarer en faillite. Ses créanciers accusent ses dirigeants de fraude. Les responsables de JPMorgan Chase craignent la réédition de ce cas, mettant sous pression les portefeuilles de prêts. Les actions de Blue Owl, acteur majeur du crédit privé aux États-Unis, ont baissé de plus de 40 % depuis leur record de début d’année.
La suite de l’histoire dépend de la réponse à la question suivante : les investissements importants réalisés par les entreprises de la Silicon Valley dans l’IA finiront-ils par porter leurs fruits avant que les investisseurs ne perdent patience ? Si ce n’est pas le cas, les entreprises coupables de ces sept péchés seront les premières châtiées. Mais les répercussions concerneront l’ensemble de l’économie : pertes pour les investisseurs, contraction de la consommation, tensions sur le crédit et mise à l’épreuve de pans entiers du système financier.
Pour ce nouvel épisode du podcast Initiatives expats, Lesfrancais.press vous emmène au cœur du Cambodge, à Phnom Penh. C’est en effet dans cette ville que vit et travaille notre invité Charles Julliard, directeur exécutif de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Cambodge (CCIFC). Au cours de cette interview, notre compatriote nous parle de son amour pour son pays d’expatriation. Il évoque aussi l’objectif de sa structure, à savoir être au service du développement économique franco-cambodgien.
Écouter le podcast avec Charles Julliard
La CCIFC : relier, soutenir, développer les relations économiques France Cambodge
Ce numéro d’« Initiatives Expats » avec Charles Julliard s’ouvre sur les motivations qui l’ont conduit à s’expatrier. Dès les premières minutes, il confie avoir été bouleversé par son premier séjour : « je suis tombé amoureux du Cambodge lors d’un voyage il y a quelques années ». Aujourd’hui, il occupe les fonctions de directeur exécutif de la CCIFC, où il met cette passion au service de l’accompagnement des entrepreneurs souhaitant s’implanter dans le pays.
« Les activités principales sont surtout des événements de networking pour aider nos membres à se rencontrer »
Charles Julliard, directeur exécutif de CCI France Cambodge
Interrogé sur la vocation de son organisation, Charles Julliard résume en une phrase la mission sa structure : « la CCIFC, c’est une organisation au service du développement économique franco-cambodgien ». Forte de plus de 252 membres, la Chambre rassemble des secteurs variés : tourisme, conseil, santé, construction, … et multiplie les actions pour favoriser les rencontres d’affaires. « Les activités principales sont surtout des événements de networking pour aider nos membres à se rencontrer », explique Charles Julliard. Des événements organisés également avec les chambres malaisienne, singapourienne, chinoise ou hongkongaise, preuve d’une approche résolument tournée vers l’Asie et ses opportunités pour la France.
Marché français, francophonie : deux projets soutenus par le dispositif STAFE
Pour développer deux des actions qu’elle mène auprès de la communauté d’affaires, la CCIFC a sollicité une subvention du STAFE, le dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger. Au cours du podcast, Charles Julliard revient sur les démarches nécessaires pour constituer et déposer un dossier, tout en exprimant le souhait d’aller vers « une digitalisation du suivi ».
Marché Français à Phnom Penh organisé par la CCI France Cambodge
Le premier des événements soutenu par le STAFE concerne le Marché françaisà Phnom Penh, événement emblématique qui attire chaque année des milliers de personnes : « plus de 13 000 visiteurs pour l’édition 2023, 10 000 en 2024 ». Pour 2025, encore un succès, avec plus de 70 stands (gastronomie, mode, artisanat, innovation,..) avec comme objectif central : « faire la promotion de la culture et du savoir-faire français auprès de la communauté cambodgienne », dont 80 % des visiteurs sont issus.
Événement sur la Francophonie à Sim Reap organisé par la CCI France Cambodge
Quant au deuxième projet aidé il s’agit de la Semaine de la francophonie à Siem Reap, qui s’est tenue du 14 au 16 novembre afin de « renforcer la visibilité de la francophonie, promouvoir la langue française et surtout préparer le terrain pour le sommet de la francophonie en 2026 », détaille notre invité. Concerts, danses, ateliers participatifs, expositions, projection de films par l’Alliance française… sans oublier la participation de l’artiste québécoise Fabienne Thibault, venue célébrer la culture francophone.
Conseils aux futurs expatriés français au Cambodge
À ceux qui rêvent de s’expatrier et d’entreprendre au Cambodge, le directeur de la CCIFC donne un conseil simple mais essentiel : « prendre contact directement avec nous ». Il insiste cependant sur l’importance de bien comprendre le marché : « ce n’est pas parce qu’on vient en vacances au Cambodge qu’automatiquement, le travail sera pareil ».
« Faire la promotion de la culture et du savoir-faire français auprès de la communauté cambodgienne »
Charles Julliard, directeur exécutif de CCI France Cambodge
Certains secteurs sont devenus concurrentiels, mais les opportunités restent nombreuses, à condition de préparer son implantation et de s’informer sur les réalités économiques locales. S’il devait recommander un lieu à visiter absolument, il hésite entre l’incontournable Angkor… mais notre invité préfère nous partager un coup de cœur plus intime : « Kampot et Kep, l’ancienne Côte d’Azur au temps de la colonisation française (…) un peu loin des foules et beaucoup plus reposant ». Une invitation au voyage qui est la bienvenue…
« Initiatives expats » avec Charles Julliard, directeur exécutif de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Cambodge (CCIFC), un podcast inspirant pour tous, celles et ceux qui rêvent de s’installer en Asie du Sud-Est… ou simplement de mieux comprendre la vitalité du Cambodge d’aujourd’hui et de ses opportunités économiques.
Lorsque le général Fabien Mandon s’est avancé devant les maires de France, le ton du 107ᵉ Congrès a soudain changé. À la succession des dossiers locaux, des inquiétudes sur les violences envers les élus ou les contraintes budgétaires, a suivi un discours d’une gravité rare. Le chef d’état-major des armées (CEMA) n’a pas cherché l’euphémisme. Il a parlé d’un monde « qui se dégrade », d’une Europe « en risque », d’une France qui doit désormais « accepter l’idée de perdre des enfants » et « de souffrir économiquement » si elle veut rester maître de son destin. Et il a fixé un horizon : « Être prêt dans trois ou quatre ans » : le message choc.
Jamais un CEMA n’avait, devant un auditoire politique aussi large, utilisé une telle franchise. Le choc des mots a suscité de vives réactions, parfois outrées. Pourtant, replacés dans leur contexte, ils sont moins une rupture qu’une dernière alarme dans un système d’alerte qui, depuis plus d’une décennie, clignote sans interruption.
Un état du monde sans fard
Le général Mandon n’a pas dressé un panorama géopolitique pour inquiéter, mais pour rappeler une évidence : l’époque où la France pouvait croire que son environnement stratégique resterait stable est révolue. L’alliance américaine, pilier de la sécurité européenne depuis 1945, est fragilisée par le recentrage stratégique de Washington vers l’Asie. La Chine, de son côté, s’est hissée au rang des puissances militaires les plus avancées du monde. Le Moyen-Orient, après les attentats du 7 octobre, a connu une conflagration et est entré dans une zone de turbulence durable. Quant au Sahel et à l’Afrique de l’Ouest, ils sont devenus un foyer particulièrement actif pour de nombreux groupes terroristes.
« La Russie aujourd’hui, je le sais par les éléments auxquels j’ai accès, se prépare à une confrontation à l’horizon 2030 avec nos pays. Elle s’organise pour ça »
Général Mandon, CEMA, Congrès des maires de France, 18 novembre 2025
Mais c’est surtout la Russie qui concentre les inquiétudes du chef d’état-major. Selon lui, Moscou ne limitera pas ses ambitions à l’Ukraine. Il décrit une préparation méthodique « en vue d’une confrontation autour de 2030 » avec les pays européens et membres de l’OTAN. Ce n’est pas une prophétie, mais un calcul stratégique : la Russie dispose encore de ressources, de capacités d’armement, d’une industrie réorientée vers l’effort de guerre et de dirigeants prêts à assumer un coût humain considérable.
Face à cela, la France ne manque ni de technologie, ni d’expertise, ni d’industrie. Ce qui lui manque, dit-il, c’est « la force d’âme ». Non pas la volonté de partir en guerre, personne ne demande cela, mais la capacité collective à comprendre que la paix exige un effort, une cohésion, une lucidité.
Un message inédit dans la bouche d’un CEMA
Si les propos du général Mandon ont frappé si fort, c’est qu’ils brisent un tabou implicite : l’idée que la défense est un sujet réservé aux experts, aux militaires, aux responsables politiques. En s’adressant aux maires, il s’adresse en réalité à l’ensemble du pays.
Ses prédécesseurs avaient déjà averti. Le général Lecointre parlait de menaces « cumulatives », qui apparaissent simultanément dans le cyberespace, les fonds sous-marins, l’espace ou le terrorisme. Le général Pierre de Villiers, dès 2022, appelait à « passer commande » et rappelait que la France avait perdu une grande partie de son potentiel militaire. Le général Burkhard, juste avant de quitter ses fonctions, alertait sur la rapidité du réarmement russe, plus dynamique que celui des Européens.
« Il faut que nos concitoyens puissent échanger avec vous et que vous puissiez expliquer ce que vous avez perçu des enjeux de défense, parce que notre défense se construit localement »
Général Mandon, CEMA, Congrès des maires de France, 18 novembre 2025
L’amiral Guillaud, en 2012 devant IHEDN, déplorait l’ignorance croissante de la chose militaire chez une partie des élites. La différence, aujourd’hui, est que le discours ne se limite plus aux institutions. Il touche directement les citoyens à travers leurs élus locaux. La préparation ne concerne plus seulement l’armée. Elle concerne désormais la société.
Le soldat choisit son métier, mais pas sa mission
Les critiques les plus virulentes contre le discours du CEMA sont venues de responsables politiques dénonçant un ton « va-t-en-guerre ». Elles traduisent une méconnaissance profonde d’un principe fondamental : le soldat choisit son métier, mais pas sa mission. Ce principe, qui structure toute la profession militaire, rappelle que ceux qui s’engagent dans l’armée ne décident jamais du moment ni des raisons pour lesquelles ils seront envoyés en opération. Ils servent la Nation, et ce sont les représentants de la Nation qui déterminent l’usage de la force. Imputer au CEMA une volonté personnelle de « préparer la guerre » revient donc à projeter sur les militaires une responsabilité qui ne leur appartient pas.
Soldat de l’armée française au Sahel
Il y a, dans ce malentendu, quelque chose de plus profond. Dans un pays où le service national a disparu depuis plus de vingt ans, où la mémoire de la conscription s’estompe et où moins de 1 % de la population porte l’uniforme, les militaires sont parfois perçus comme appartenant à une catégorie à part. Or ils sont aussi les enfants de la Nation, ceux de parents, de communes, de villages parfois les plus modestes. Oublier cela, c’est accentuer le fossé entre l’armée et la société civile, le même que l’amiral Guillaud regrettait déjà en 2012.
Si tu veux la paix, prépare la guerre
La phrase latine Si vis pacem, para bellum est souvent interprétée comme une exhortation agressive. Elle signifie en réalité que la paix repose sur la crédibilité. Si un adversaire sait que l’attaque sera trop coûteuse, il renonce. C’est le fondement même de la dissuasion nucléaire, mais aussi de la dissuasion conventionnelle. La préparation dont parle le général Mandon n’est pas une préparation à l’affrontement, mais à la dissuasion. Elle suppose une armée prête, une industrie capable de soutenir l’effort, et une société consciente des enjeux.
« Notre outil de défense dépend de nous. Tout ce qui est stratégique est fait en France »
Général Mandon, CEMA, Congrès des maires de France, 18 novembre 2025
Elle suppose aussi que les adversaires perçoivent une cohésion nationale, une solidarité entre civils et militaires, une absence d’ambiguïté dans l’engagement du pays à défendre son territoire et ses alliés. C’est cette cohésion qui manque aujourd’hui, selon le CEMA. Non par faiblesse individuelle, mais par manque de culture stratégique collective.
Le rôle stratégique des maires
Pourquoi s’adresser aux maires ? Parce que ce sont eux qui incarnent le lien quotidien, concret, entre l’État et les citoyens. Ce sont eux qui portent la mémoire nationale, à travers les monuments aux morts. Et ce sont eux qui seront, demain, les premiers relais pour expliquer les enjeux, accueillir des militaires, soutenir les réservistes, faciliter les entraînements et maintenir la compréhension entre l’armée et la population. Le Général Mandon ne leur demande pas d’embrigader qui que ce soit. Il leur demande d’informer, de sensibiliser, de ne plus laisser la question de la défense dans un angle mort de la vie civique.
Une controverse parfois incomprise à l’étranger
Pour les Français de l’étranger vivant en Ukraine, représentés par David Franck, ou en Israel, représentés par Caroline Yadan, la notion de se préparer à un conflit ou de “perdre ses enfants n’est pas une donnée abstraite.
L’amiral (2s) Patrick Chevallereau
L’amiral (2s) Patrick Chevallereau, lui aussi Français de l’étranger partageant son temps entre la France et l’Oregon, a longuement travaillé sur la relation transatlantique et européenne. Nous lui avons demandé comment il interprète l’alerte du général Mandon (« être prêt dans trois ou quatre ans ») dans le cadre d’une autonomie stratégique européenne ?”.
Sa réponse fut tout aussi lucide : « Les propos du Chef d’état-major des armées s’inscrivent dans un contexte inédit depuis plusieurs générations, d’un danger extérieur, le régime russe, qui menace notre sécurité, nos intérêts, notre démocratie et notre mode de vie. (…) Il existe aujourd’hui, quotidiennement, dans la guerre hybride que mène la Russie à l’Europe, une continuité entre les combattants de « l’avant » et les citoyens de « l’arrière ». Or ce sont ces citoyens, Européens, Français, que la propagande et la désinformation du Kremlin ciblent en priorité.(…)Une Europe qui, pour éviter sa vassalisation et préserver son existence, n’a pas d’autre choix que celui de se doter de tous les instruments de son autonomie, y compris militaire. Mais le temps presse. »
Un message pour le pays, pas pour la guerre
Le discours du général Mandon ne vise pas à tétaniser, ni à préparer les esprits à un conflit imminent. Il appelle la France à sortir d’un confort stratégique qui n’existe plus. Il appelle à reconstituer une culture de sécurité nationale, à renouer le lien entre l’armée et la société, à regarder le monde tel qu’il est devenu.
La paix ne se décrète pas. Elle se protège. Elle se prépare. Et c’est précisément ce que le CEMA demande : que la France soit prête… dans trois ou quatre ans.
Vidéo du discours du Général Mandon, CEMA, Congrès des maires de France, 18 novembre 2025 :
Prévention, écoute, accompagnement, l’association En avant toute(s) agit 365 jours par an contre les violences sexistes et sexuelles. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes (25 novembre), Ynaée Benaben, sa cofondatrice, décrypte les urgences sur le terrain et explique pourquoi chaque don fait la différence et transforme des vies, y compris pour les Françaises expatriées victimes de violences. Jérôme Daguet, DG de Leetchi, révèle quant à lui comment la plateforme peut mobiliser la diaspora française pour une solidarité sans frontières. Ils répondent aux questions Lesfrancais.press.
« En avant toute(s)» : prévention et action
Lesfrancais.press :« Ynaée Benaben, pourriez-vous nous présenter votre action avec l’association « En avant toute(s) » ?
Ynaée Benaben, cofondatrice et directrice générale d’En avant toute(s): « Avec En avant toute(s), nous croyons en l’amour. C’est une association qui a pour but de créer des relations saines, dès le plus jeune âge. Pour cela, nous faisons de la prévention auprès des jeunes (dans les établissements scolaires et dans les lieux festifs), et nous écoutons et accompagnons les femmes et personnes LGBTQIA+ qui ont besoin de soutien pour aller mieux ou pour sortir d’une situation ou une relation qui leur fait du mal.
« Les associations spécialisées font un travail immense, parfois avec très peu de moyens »
Ynaée Benaben, Cofondatrice et directrice générale d’En avant toute(s)
Pour cela, nous avons créé le tchat national www.commentonsaime.fr. Il permet d’être gratuitement en contact avec les professionnels de l’équipe, de façon anonyme. Avec nous, les femmes peuvent parler, faire le point sur leur situation, mieux comprendre ce qui leur arrive et trouver des solutions concrètes : préparer une plainte, trouver un soutien psychologique, ouvrir des droits, préparer leur départ…
Ynaée Benaben, Cofondatrice et directrice générale d’En avant toute(s)
Elles peuvent aussi avoir des rendez-vous en visioconférence avec nos juristes, psychologues ou travailleuses sociales, tout au long de leur parcours et de leurs réflexions, en toute bienveillance. »
Lesfrancais.press :« Quels sont les besoins les plus critiques aujourd’hui pour les victimes de violence et comment les dons via Leetchi:org permettent-ils de répondre à ces urgences ?
Ynaée Benaben : « Les besoins sont nombreux : soutien psychologique, information juridique, hébergement, soutien financier direct pour partir, s’installer ailleurs, reprendre des forces sereinement. Les associations spécialisées font un travail immense, parfois avec très peu de moyens.
L’équipe d’En avant toute(s) à l’écoute
Les cagnottes permettent de renforcer chacune des actions : étendre les horaires d’accueil (en physique et sur internet), appuyer les dossiers, héberger en urgence. Chaque don fait la différence. »
Une aide pour les femmes expatriées victime de violence
Lesfrancais.press :« Les Françaises expatriées victimes de violences sont aussi à la recherche de soutien. Recevez-vous des demandes d’aide de leur part, que ce soit depuis l’étranger ou à leur retour en France ? Serait-il envisageable d’étendre les dispositifs comme les cagnottes Leetchi pour répondre à leurs besoins, par exemple en partenariat avec des associations locales ou les réseaux consulaires ? »
Ynaée Benaben : « Le tchat et la visio www.commentonsaime.fr n’ont pas de frontières ! Cela permet à toutes les femmes Françaises (et francophones en général) d’être en contact de façon sécurisée et gratuite avec l’équipe de professionnelᐧles d’En avant toute(s). Des femmes nous contactent de nombreux pays, pour des situations très diverses. Les cagnottes telles que Leetchi permettent de sécuriser les moyens des associations, pour assurer que le soutien soit fait par des professionnelles.
« Chaque don fait la différence »
Ynaée Benaben, Cofondatrice et directrice générale d’En avant toute(s)
En effet, aujourd’hui, le monde associatif repose en partie sur un travail bénévole, hautement nécessaire, mais aussi plus incertain. En faisant des dons, vous vous assurez que celles et ceux qui en ont besoin puissent avoir accès à un service stable, durable et spécialisé, pour les accompagner tout au long de leur parcours, et leur permettre de reconstruire des relations saines. »
Jérôme Daguet, Directeur général de Leetchi : « Leetchi sert ainsi de pont entre les communautés, permettant à la générosité de franchir les frontières sans obstacle. »
Français de l’étranger et accès à Leetchi
Lesfrancais.press :« Jérôme Daguet, les Français de l’étranger sont souvent éloignés géographiquement, mais connectés numériquement. Comment Leetchi permet-il à la diaspora française de soutenir concrètement la lutte contre la violence faite aux femmes en France, mais aussi dans leur pays de résidence ? »
Jérôme Daguet, directeur général de Leetchi: « Les Français de l’étranger sont peut-être loin physiquement, mais leur engagement reste très fort, notamment lorsqu’il s’agit de soutenir des causes essentielles comme la lutte contre les violences faites aux femmes. Leetchi joue un rôle clé en leur permettant de transformer cette volonté d’agir en impact concret. Beaucoup d’expatriés ont un attachement profond à leur pays d’origine et souhaitent contribuer malgré la distance.
« Leetchi leur permet d’être véritablement acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes »
Jérôme Daguet, Directeur général de Leetchi
Notre plateforme offre un moyen simple, sécurisé et instantané de le faire. Avec Leetchi, ils peuvent soutenir facilement les victimes directement (sur leetchi.com), ou des associations françaises reconnues qui œuvrent sur le terrain (sur leetchi.org), à condition d’être déclarant fiscal et de posséder un compte bancaire européen ou d’un pays situé en zone SEPA. Leetchi leur permet d’être véritablement acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes. Les Français de l’étranger peuvent non seulement contribuer financièrement, mais aussi mobiliser leur réseau via des campagnes en ligne, sensibiliser, fédérer et créer de véritables chaînes de solidarité transnationales. Le numérique abolit les distances et redonne du pouvoir d’action à chacun. Leetchi sert ainsi de pont entre les communautés, permettant à la générosité de franchir les frontières sans obstacle. La facilité d’utilisation permet à ces collectes de gagner rapidement en visibilité et en collectes de fonds. »
Lesfrancais.press: « La journée du 25 novembre est un pic de sensibilisation, mais les violences sont permanentes. Comment Leetchi maintient-il l’engagement toute l’année, et y a-t-il des communications spécifiques vers les expatriés Français ? »
Jérôme Daguet : « Le 25 novembre est essentiel pour rendre cette cause plus visible, mais la violence est une réalité quotidienne. Chez Leetchi, nous sommes conscients que la solidarité doit être permanente. Concrètement, nous mettons régulièrement en avant des cagnottes et des collectes liées à cette cause, sur nos propres réseaux comme dans la presse afin de leur permettre de gagner en visibilité.
Création de cagnotte sur Leetchi
Notre dernière campagne de communication en France hexagonale mettait en avant par exemple l’association La Vague, qui conseille et accompagne les associations qui luttent pour l’égalité des genres pour structurer et mettre en œuvre leurs stratégies d’influence. Cette même association interviendra en décembre auprès de nos collaborateurs pour les sensibiliser. Ce sont des sujets sur lesquels nous souhaitons également nous engager en tant qu’employeur, et l’égalité femme-homme fait partie de nos causes prioritaires. Grâce aux réseaux sociaux notamment, nos communications s’adressent aussi bien aux Français de l’étranger qu’à ceux de la France hexagonale ou d’outre-mer. Nous relayons régulièrement les besoins de solidarité, où qu’ils soient, et mettons en avant des cagnottes qui sont le fruit d’initiatives de Français établis hors de France, valorisant ainsi leur rôle de citoyens qui agissent.
Les Français de l’étranger et les dons
Lesfrancais.press : « Un amendement récent à l’Assemblée nationale propose d’étendre aux Français de l’étranger la déductibilité fiscale des dons aux associations, toutefois cette mesure dépend du vote final du budget. Si cette disposition était adoptée, en quoi cela pourrait-il renforcer votre action et modifier votre relation avec les donateurs français expatriés ? »
Jérôme Daguet : « L’adoption de cette disposition serait un changement majeur pour l’ensemble de l’écosystème solidaire, et un réel levier de mobilisation pour la communauté de donateurs expatriés. L’extension de la déductibilité placerait tous les donateurs sur un pied d’égalité. Elle réduirait le “coût réel” du don pour les expatriés et pourrait mécaniquement augmenter la générosité, tant en fréquence qu’en montant moyen.
« L’adoption de cette disposition serait (…) un réel levier de mobilisation pour la communauté de donateurs expatriés »
Jérôme Daguet, Directeur général de Leetchi
Et cela permettrait aux donateurs de s’engager plus fortement et plus régulièrement, tout en renforçant le lien civique entre tous les Français, quel que soit leur pays de résidence. Si cette disposition est adoptée, ce serait une avancée structurante pour la philanthropie française à l’international, et un formidable catalyseur pour l’engagement des Français de l’étranger. Pour Leetchi, cela renforcerait clairement notre action : davantage de collectes associatives pourraient atteindre leurs objectifs, et davantage de projets en faveur des femmes victimes de violences pourraient être financés. »
Pour renforcer la participation électorale des Français de l’étranger, le vote par internet est devenu un outil essentiel. Mais son usage reste parfois complexe. C’est pourquoi l’État développe actuellement une nouvelle solution plus simple et plus accessible. Début novembre, un test grandeur nature a permis d’évaluer ce dispositif en conditions réelles, et de vérifier son accessibilité ainsi que sa fiabilité. Aujourd’hui réservé aux scrutins consulaires et législatifs, ce mode de vote pourrait-il s’étendre à la présidentielle de 2027 ? Pour comprendre les enjeux et les prochaines étapes, Lesfrancais.press a interrogé la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE), qui coordonne ce dispositif.
Test du vote par internet pour les Français de l’étranger
Lesfrancais.press : « Entre le 7 et le 10 novembre 2024, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) a mené un test grandeur nature du vote par internet. Quel en était l’objectif principal ? »
Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) : « L’objectif de ce test grandeur nature, que nous avons réalisé grâce au concours d’électeurs volontaires répartis sur l’ensemble des circonscriptions à travers le monde, était de faire un premier test de bout en bout d’une nouvelle solution de vote par internet, afin qu’elle soit homologuée en vue de l’élection des conseillers des Français de l’étranger et des délégués consulaires prévue en mai 2026 et des futurs scrutins législatifs et consulaires. »
Lesfrancais.press :« En quoi consiste concrètement cette nouvelle solution de vote en ligne, et quelles nouveautés ce dispositif apporte-t-il aux Français établis hors de France ? »
DFAE : « Cette nouvelle solution intègre de nouvelles fonctionnalités pour faciliter le parcours de l’électeur, en particulier la possibilité de choisir entre plusieurs modes d’authentification :
soit via l’identité numérique certifiée adossée à la carte nationale d’identité électronique (CNIe);
soit en utilisant un identifiant reçu par courriel et un mot de passe reçu par SMS, comme avec la solution actuelle.
On a également testé lors de ce premier test grandeur nature la possibilité d’envoi des codes réassorts avec un système de messagerie instantanée, pour les électeurs qui ne reçoivent pas leur mot de passe.
« Cette nouvelle solution intègre de nouvelles fonctionnalités pour faciliter le parcours de l’électeur, en particulier la possibilité de choisir entre plusieurs modes d’authentification ».
Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE)
Le portail de vote intègre par ailleurs la nouvelle charte graphique de l’État définie par la Direction interministérielle du numérique et le Service d’information du Gouvernement dans la circulaire N°6411/SG de juillet 2023 en vue de l’amélioration de la lisibilité des sites internet de l’État et de la qualité des démarches numérique.
La mobilisation des Français de l’étranger pour ce test du vote par Internet
Lesfrancais.press : « Combien de volontaires ont participé à ce test grandeur nature ? Et quels premiers enseignements le MEAE tire‑t‑il de cette expérimentation ? »
DFAE : « Grâce à la mobilisation de nos postes diplomatiques et consulaires, environ 13 000 électeurs se sont portés volontaires, parmi lesquels plus de 3 500 ont voté à l’occasion de ce scrutin fictif.
Le vote par internet est possible pour les Français de l’étranger @ Adobe Stock
Nous travaillons actuellement, avec le concours de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), d’experts indépendants, du prestataire Voxaly-Docaposte qui fournit la solution de vote, mais aussi de la direction du numérique du ministère et des membres du bureau de vote électronique, sur l’analyse des données à l’issue de ce test, notamment sur la base d’un questionnaire qui a été adressé à l’ensemble des électeurs volontaires et des postes diplomatiques et consulaires.
Vote internet : quel risque pour les résultats d’une l’élection ?
Lesfrancais.press : « Plusieurs élections législatives de 2017 et 2022 ont été annulées pour les Français de l’étranger en raison de difficultés techniques liées au vote par internet. Ce risque persiste‑t‑il aujourd’hui, et comment peut‑il être mieux maîtrisé ? »
DFAE : « Le cas des élections législatives de 2017 et de celles de 2022 sont très différents, il est important d’apporter des précisions. En 2017, c’est en amont des élections législatives qu’il a été décidé par l’ANSSI, à la suite de dysfonctionnements constatés durant un test grandeur nature justement, de ne pas mettre à la disposition des Français de l’étranger la modalité de vote par internet, afin de garantir la sécurité des opérations électorales.
« La mise en œuvre du vote par internet est entourée de solides garanties techniques et juridiques et de contrôles renforcés ».
Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE)
En 2022, ce sont des difficultés techniques liées à la réception, dans certains pays, des sms contenant les mots de passe pour pouvoir voter par internet qui ont conduit à l’annulation d’élections dans deux circonscriptions sur les onze circonscriptions législatives des Français de l’étranger. Des élections législatives partielles ont dû être organisées en 2023, qui ont confirmé les résultats des élections de 2022, et aucune annulation n’a été prononcée par le Conseil constitutionnel à l’issue de ces élections, ni à l’issue des élections législatives anticipées de 2024 (l’annulation intervenue dans la 5ème circonscription des Français établis hors de France n’avait aucun rapport avec le vote par internet). Dans le cadre du travail de maîtrise des risques effectué par les équipes en charge du vote par internet, le MEAE est accompagné d’experts de l’ANSSI durant toutes les phases de préparation du marché, d’analyse des offres puis de développement de la solution de vote par le prestataire retenu, ainsi que pendant toutes les opérations de vote, jusqu’au dépouillement de l’urne électronique.
Lesfrancais.press : « Quelles sont les mesures mises en place pour éviter les cyber-attaques lors des opérations électorales élections ? Comment rassurer nos compatriotes qui aujourd’hui encore pensent que leur bulletin de vote déposé dans une urne électronique peut être piraté au moment du résultat ? »
DFAE : « La mise en œuvre du vote par internet est entourée de solides garanties techniques et juridiques et de contrôles renforcés en amont de l’ouverture du portail de vote et durant toutes les opérations de vote. Avant d’être proposée aux électeurs, la solution de vote actuelle a fait l’objet d’une homologation, après avis conforme d’une commission composée de représentants de l’administration, de l’ANSSI et d’élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Cette procédure d’homologation permet de garantir que toutes les mesures, techniques et non techniques, ont été prises afin de permettre la sécurisation du système d’information utilisé. Pour ce faire, l’avis des différents experts en informatique et en sécurité des systèmes d’information (SSI) est sollicité.
Test grandeur nature du vote par internet pour les Français de l’étranger @meae
Par ailleurs, toutes les opérations de vote sont supervisées par un expert indépendant et par un bureau de vote électronique, présidé par un membre du Conseil d’État et composé d‘élus de l’Assemblée des Français de l’étranger, de représentants du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, du ministère de l’Intérieur et de l’ANSSI.
Vote par internet et élections présidentielles
Lesfrancais.press :« Lors de la 30e conférence des ambassadrices et des ambassadeurs en janvier 2025, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a déclaré que le « vote par internet sera étendu à tous les scrutins ». Cela signifie-t-il que la prochaine élection présidentielle pourrait aussi proposer un dispositif de vote par internet pour les Français de l’étranger ? »
DFAE : « A ce jour, le code électoral ne prévoit la possibilité de voter par internet, pour les Français de l’étranger, que pour deux types d’élections : les élections législatives et les élections des conseillers des Français de l’étranger et des délégués consulaires. Nous travaillons actuellement en interministériel et avec les experts en informatique et en sécurité des systèmes d’information pour évaluer dans quelles conditions, du point de vue technique et juridique, une extension du vote par internet pourrait être envisagée pour d’autres scrutins.
Lesfrancais.press : « Ce dispositif de vote par internet destiné aux Français de l’étranger pourrait‑il, à terme, être également déployé sur le territoire national pour les électeurs résidant en France ? Est‑ce un objectif envisagé ? »
DFAE : « Il ne revient pas au ministère de l’Europe et des affaires étrangères de se prononcer sur l’organisation des scrutins sur le territoire national, qui relève du ministère de l’Intérieur. En tant que membre du Bureau de vote électronique, le ministère de l’Intérieur accompagne également les opérations menées dans le cadre du vote par internet mis en place au bénéfice des électeurs français à l’étranger. »
Cette interview exclusive accordée par la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire (DFAE) explique ainsi les raisons du test grandeur nature pour rendre le vote par internet plus accessible, tout en garantissant la sécurité des scrutins électoraux. Un enjeu majeur pour la participation démocratique de nos compatriotes établis hors de France.
Entre 1300 et 1800, les historiens de l’économie estiment que l’Angleterre, puis la Grande-Bretagne, ont passé près de la moitié du temps en récession. L’activité était instable, alternant violents reculs du PIB et fortes reprises. Avec la maturation du capitalisme et l’amélioration des politiques économiques, les récessions se sont faites moins fréquentes et moins brutales. Au XIXᵉ siècle, le pays n’était en contraction qu’un quart du temps, proportion encore réduite au XXᵉ siècle. Les stabilisateurs économiques contribuent à la régulation de l’activité, du moins jusqu’à maintenant. Demain pourrait être un autre monde ?
Force est de constater que, depuis la crise financière de 2008, crise qui fut la plus importante enregistrée depuis la grande crise de 1929, l’économie mondiale est, de plus en plus chaotique. Depuis, nous avons connu la récession la plus importante de l’histoire contemporaine en 2020, récession provoquée par les confinements et qui fut suivie par un rebond tout aussi extraordinaire. L’économie mondiale a, par la suite, été confrontée à la guerre en Ukraine, à celle du Moyen-Orient, à une vague inflationniste et au retour de Donald Trump qui a décidé la mise en place de tarifs douaniers d’un niveau inconnu depuis près d’un siècle. Et pourtant, entre 2022 et 2024, la croissance mondiale en volume a atteint en moyenne 3 % par an, rythme qui devrait encore être tenu cette année. Le chômage dans l’OCDE, qui représente environ 60 % du PIB mondial, demeure proche de ses plus bas niveaux historiques. Au troisième trimestre 2025, les bénéfices des entreprises à l’échelle mondiale ont progressé de 11 % sur un an, leur meilleure performance depuis trois ans.
Hormis la contraction liée aux confinements de la Covid-19, l’économie mondiale n’a pas subi de récession synchronisée depuis plus de quinze ans. Celle des États-Unis dément toutes les prévisions depuis la crise financière.
La destruction créatrice
Certains avancent qu’un système économique a besoin d’un ralentissement occasionnel pour rester en bonne santé. Joseph Schumpeter, l’économiste austro-américain, soutenait que les récessions déclenchent une « destruction créatrice » : les entreprises inefficaces disparaissent, les capitaux se redirigent vers les technologies d’avenir, les travailleurs migrent vers des emplois plus productifs. Une douleur immédiate, mais un gain durable. L’économiste ne préconisait pas de provoquer une récession ; mais il estimait qu’il ne fallait pas non plus tout faire pour l’empêcher. « Les dépressions ne sont pas simplement des maux à supprimer », écrivait-il. Elles incarnent « quelque chose qui doit advenir ».
Avec la multiplication de dispositifs de soutien aux entreprises et aux ménages, le capitalisme contemporain pourrait être moins dynamique que dans le passé. Le système entretient aujourd’hui une multitude de consultants, d’influenceurs ou traders en cryptoactifs qui produisent peu de tangible. En Europe et aux États-Unis, de nombreux secteurs sont protégés par la réglementation, ce qui ne les incite pas à réaliser des gains de productivité. Un article fondateur de 1994, signé Ricardo Caballero (MIT) et Mohamad Hammour (Columbia University), a montré que les récessions permettaient de purger les techniques ou produits obsolètes. D’autres travaux ont démontré que la crise de 1929 avait poussé vers la sortie de petites usines automobiles inefficaces, ouvrant la voie à la production de masse. En 2022, Daniel Bias (Université Vanderbilt) et Alexander Ljungqvist (Stockholm School of Economics) ont démontré que les start-up nées en période de récession ont de meilleurs résultats que celles créées dans des périodes plus clémentes.
Les événements de 2020 ont aussi montré que la récession peut stimuler la réallocation productive. En Europe, les gouvernements ont cherché à éviter un choc brutal en protégeant les emplois via les dispositifs de chômage partiel : le taux de chômage a culminé à 8,6 %. Aux États-Unis, le gouvernement a laissé les entreprises licencier ce qui a porté le taux de chômage à 15 %. Les ménages ont reçu de la part des autorités fédérales une aide financière importante. Dès la fin de l’épidémie, le taux de chômage a rapidement baissé. Aux États-Unis, la destruction créatrice a joué plus fortement son rôle qu’en Europe, les travailleurs migrant vers les secteurs en tension (banlieues, commerce en ligne…) et quittant ceux en déclin, notamment les centres-villes. En adaptant la méthodologie de la Fed de Chicago, centrée sur la composition sectorielle de l’emploi, entre 2020 et 2022, la réallocation du travail a augmenté deux fois plus vite aux États-Unis qu’en Europe. Depuis 2019, la productivité du travail américaine a progressé de 10 %, contre seulement 2 % dans l’Union européenne. Le choix du « quoi qu’il en coûte » européen se révèle cruellement improductif.
Aucun gouvernement ne souhaite être confronté à une récession. À la moindre alerte, ils augmentent les dépenses publiques et multiplient les plans de sauvetage. Pendant la crise énergétique de 2022, les gouvernements européens ont ainsi, pour contrer les effets de la hausse du prix de l’énergie, dépensé plus de 3 % du PIB. Après la faillite de Silicon Valley Bank en 2023, Washington a garanti l’intégralité des dépôts. Dès qu’une entreprise jugée « stratégique » chancelle, l’État intervient. Ces politiques limitent les effets des crises et des chocs, mais au prix de distorsions croissantes dans l’allocation des ressources.
Le risque financier : l’amnésie du danger
De longues périodes sans crise favorisent la « myopie au désastre ». Les acteurs oublient que le pire peut arriver. Ils sont convaincus qu’en cas de problème, l’État sera toujours là. Les investisseurs optent alors pour des actifs risqués, qui sont les plus exposés en cas de retournement économique. L’engouement en faveur de l’intelligence artificielle en est un des symboles. Aux États-Unis, les ménages s’engagent de plus en plus sur le marché des actions et des cryptoactifs, convaincus que les cours sont appelés à toujours monter. Ces dernières années, ils ont alloué 3 000 milliards de dollars de leur épargne aux marchés actions, un record. Trente pour cent des actifs des ménages américains sont désormais placés en actions, un niveau inédit.
Le risque budgétaire : l’État-assureur de dernier ressort
Assurer l’économie contre la récession coûte cher. La dette publique cumulée des pays de l’OCDE est à son plus haut niveau depuis les guerres napoléoniennes. Les États ont aussi accumulé des engagements implicites non comptabilisés dans les budgets officiels, le fameux passif social, avec un important montant de pensions à verser dans les prochaines années. Les États garantissent une large part des dépôts bancaires, que ce soit en Europe ou aux États-Unis. Les « engagements sociaux » dépassent désormais 130 000 milliards de dollars dans ce pays, soit près de cinq fois le PIB.
Le risque allocatif : l’économie des zombies
Selon Bruno Albuquerque (FMI) et Roshan Iyer (American University), les « entreprises zombies », entreprises non rentables mais qui perdurent grâce aux aides publiques, représentent près de 10 % en 2021 du PIB dans les pays de l’OCDE, contre 6 % en 2000. Leur part est passée de 6 % en 2000 à 9 % en 2021. Même avec la remontée des taux, leur nombre continue d’augmenter. Un rapport récent de BofA Securities montre que la proportion de zombies européens a encore progressé entre 2023 et 2025.
Ces entreprises pèsent sur la croissance. Entre 2012 et 2022, les entreprises britanniques les moins productives ont enregistré les plus faibles gains de productivité, tirant la moyenne vers le bas. Dans les secteurs où les zombies sont plus nombreuses, « les entreprises saines sortent plus vite du marché et les créations chutent », observent Bruno Albuquerque et Roshan Iyer. Les zombies retiennent les travailleurs dans des postes mal adaptés, privant les entreprises dynamiques de talents.
La stabilité prolongée : un luxe dangereux
L’économie mondiale a évité un ralentissement prolongé pendant une période remarquablement longue. Cette stabilité apparente crée ses propres fragilités. Si les gouvernements veulent empêcher les récessions, ils doivent accepter la rotation permanente des emplois et des entreprises qu’exige une économie vivante. Sans cela, le système réclamera des doses toujours plus importantes de soutien budgétaire pour maintenir un équilibre de plus en plus artificiel. Au mieux, c’est la stagnation ; au pire, c’est l’accumulation silencieuse de risques financiers et budgétaires de grande ampleur.
Le Canada a mis fin, depuis le 19 novembre, au Programme de l’expérience québécoise (PEQ). Des étrangers, dont de nombreux Français, déjà installés dans le pays et qui attendaient leurs papiers dans le cadre de ce programme ont protesté contre cette décision.
Changement de règles pour les expatriés !
Depuis mercredi dernier, il n’est plus possible de présenter une demande dans les deux volets de ce programme, à savoir pour les étudiants ayant obtenu un diplôme dans une université canadienne et les travailleurs venus dans le pays temporairement.
Au centre-ville de Montréal, quelques centaines de personnes se sont réunies pour protester contre la décision du gouvernement de mettre fin au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), réclamant au moins une clause de droits acquis pour les personnes déjà installées au Québec.
« Nous ne sommes pas de passage, nous faisons déjà partie du Québec », « Nous avons travaillé pour le Québec, respectez nos efforts », ont-ils écrit sur les pancartes brandies par les manifestants devant le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. Ainsi, une infirmière clinicienne française, recrutée pour combler le manque de main-d’œuvre dans le domaine de la santé au Québec, indique au site Lesfrancais.press qu’avec la fin de l’expérience québécoise, « c’est tout notre avenir qui s’écroule ». Après avoir accepté de tout quitter en France et de déraciner ses enfants pour venir s’installer au Canada, elle est surprise par la suppression du programme qui devait lui ouvrir la voie vers une résidence permanente et « se sent prise au piège ».
Du côté des élus français, le député suppléant de Roland Lescure, Christopher Weissberg, ayant lui-même bénéficié du Programme de l’expérience québécoise, a déclaré être « pleinement mobilisé pour trouver une solution ». Dès la semaine prochaine, le député des Français d’Amérique du Nord, ira rencontrer à Montréal Christopher Skeete, ministre des Relations internationales et de la Francophonie, pour tenter de décrocher « la protection des parcours déjà entamés en intégrant une clause sur les droits acquis. » Nous ne manquerons pas de vous tenir informé des résultats de cette rencontre.
La fin du programme de l’expérience québécoise a également créé une onde de choc dans le milieu universitaire, témoigne au site canadien Lapresse, Audrey Fortin, vice-présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ).
« Beaucoup d’étudiants internationaux nous ont écrit. Ils ont peur, ils sont en colère… Le gouvernement leur avait promis qu’ils allaient pouvoir rester. Sans le PEQ, ça complique beaucoup les choses pour eux. »
Audrey Fortin, vice-présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ).
En abolissant le programme de l’expérience québécoise, le gouvernement plonge ces individus dans l’incertitude, brise des projets de vie et compromet l’attractivité du Québec. Ces femmes et ces hommes ont payé leurs impôts et participé à l’économie québécoise, croyant à une promesse implicite de stabilité.
Le PEQ et le PSTQ ?
Le programme de l’expérience québécoise (PEQ) était jusqu’ici l’une des voies d’entrée principales vers la résidence permanente, pour les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers diplômés déjà installés au Québec. Ce programme offrait une voie rapide menant à la résidence permanente, mais les admissions se faisaient en continu et sans plafond.
Mais avec la fin du PEQ, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) est maintenant la seule voie d’accès à la résidence permanente au Québec. Ce dispositif fonctionne comme une banque de candidatures, où le gouvernement provincial peut sélectionner le nombre et le profil des personnes qui peuvent devenir résidentes permanentes selon ses besoins. Chaque personne se voit attribuer un score selon ses diplômes, son âge, son niveau de français, son expérience de travail, etc. Plus on a un score élevé, plus on a de chances d’être invité à présenter une demande pour devenir résident permanent. C’est désormais la seule voie pour rejoindre le Québec. Une frontière, une de plus, qui se relève.
Que ce soit en France ou partout ailleurs dans le monde, cela fait plus de 40 ans que le SIDA sévit. En tout c’est plus de 40 millions de morts depuis le début de l’épidémie de VIH. Mais l’objectif de l’ONUSIDA de mettre fin au sida en 2030 s’éloigne de plus en plus. En effet, suite au démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international par Trump et à la suspension du programme PEPFAR (Président’s Emergency Plan For AIDS Relief), l’ONUSIDA estime les conséquences de cette politique à plus de 6 millions de décès dans les 4 prochaines années.
Comme le dit Sidaction, « aujourd’hui il est question d’argent, demain il sera question de vies ». Lesfrancais.press s’associe à cette journée de mobilisation alors que la victoire contre ce fléau est à portée de main !
Comment s’est propagé le virus dans le monde ?
Le VIH s’est propagé dans le monde entier, montrant le caractère pandémique de la diffusion du virus. Enfin, c’est une maladie issue des primates non humains et qui a été transmise à l’homme, probablement dans les années 1910-1920 en Afrique équatoriale.
Il s’est répandu d’abord assez lentement dans cette région, puis plus rapidement à partir des années 1950-1960 et un peu plus vers l’est dans la région des Grands Lacs. Puis le virus a traversé les océans pour se déployer en Amérique et en Europe dès les années 1960. La diffusion massive s’est faite à partir de la deuxième moitié des années 1970, dans ces trois espaces déjà très fortement contaminés.
La prévention à ne pas négliger
S’il est presque indéniable qu’entre l’apparition du VIH dans les années 1980 et le milieu des années 1990, la prévention fut omniprésente, c’est désormais beaucoup moins le cas.
Ainsi, petit à petit, d’autres maladies ont émergé et ont occupé davantage d’espace médiatique, en laissant de ce fait de moins en moins pour la prévention du VIH. C’est à tel point que l’on aurait presque fini par oublier que le VIH circule toujours et concerne encore plusieurs millions de personnes dans le monde.
Ainsi, à la fin de l’année 2024, le nombre de personnes vivant avec le VIH à travers le monde était d’environ 41 millions. Le nombre de nouveaux cas enregistrés sur l’année 2024 fut quant à lui de 1,3 million et le nombre de décès cette même année fut de 630 000.
Prévention SIDA : L’exclusion reste une réalité
Si à première vue ces chiffres peuvent logiquement faire froid dans le dos, ils sont en réalité à relativiser. En effet, rapportée à la population mondiale, la prévalence de la maladie ne concerne que 0,7 % des adultes âgés entre 15 et 49 ans. De plus, 87 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, ce qui témoigne de la relative efficacité de la prévention et du dépistage. Enfin, 77 % des personnes atteintes sont sous traitement antirétroviral (dont 73 % avec une charge virale nulle), ce qui cette fois-ci témoigne de la relative accessibilité des traitements, mais aussi de leur efficacité.
Le Lénacapavir, un traitement très efficace et peu onéreux
Il s’agit d’un véritable tournant dans la lutte contre le sida. Le lénacapavir, un médicament antirétroviral innovant qui avait fait sensation lors de la présentation des résultats de ses essais cliniques, en juillet 2024, va pouvoir être accessible à un prix abordable dans 120 pays à revenu faible et intermédiaire à partir de 2027. Deux accords distincts, négociés en un temps record avec des fabricants de génériques, vont permettre de distribuer au prix de 40 dollars (34 euros) par an ce traitement qui a démontré une efficacité exceptionnelle dans la prévention du VIH, en seulement deux injections par an.
Ce prix ramène le coût de l’injection au même niveau que celui de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale quotidienne, la plus largement utilisée, cette pilule préventive destinée aux personnes séronégatives très exposées au VIH. Une négociation qui n’était pas gagnée d’avance, puisque le laboratoire américain Gilead, qui a développé le traitement, l’a commercialisé aux États-Unis au prix de 28 218 dollars par an.