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  • Résultat de notre consultation pour le Grand Débat !

    Résultat de notre consultation pour le Grand Débat !

    Du 22 janvier au 13 février, vous avez été plus de 2700 à participer à notre consultation. Les résidents en Belgique furent les plus nombreux à s’exprimer avec 18% des participants, suivis par ceux du Canada et des USA à 17%, la Péninsule ibérique avec 15,7% conclut ce trio de tête. Les autres pays européens et ceux du Maghreb complètent le panel.

    A découvrir les principaux résultats ci-dessous :

    Une diaspora attachée à la France et à la République 

    Alors que la représentions des Français de l’Etranger fut longtemps la chasse gardée d’une petite frange de la communauté, l’instauration en 2012 de Sénateurs et de Députés a permis à la population de s’en emparer. Elle y est attachée et l’exprime en désirant le maintien des 23 élus dans le corps législatif national. (70%)

    Mais les Français de l’Etranger sont ouverts à la réforme et désirent que la proportionnelle s’applique désormais pour élire ses présentants. (71,5%)

    Et surtout réclament des moyens pour leurs élus de proximité, en rapprochant leurs fonctions de celles des maires (78%), afin d’ agir et d’adapter l’environnement administratif aux spécificités locales.

    Cet amour français pour les élus locaux s’expriment aussi envers la vénérable institution qu’est l’Assemblée des Français de l’Etranger qui a su faire ses preuves au fil des décennies (79%)

    La République c’est aussi et surtout les Ambassades et les Consulats, nos compatriotes ont bien compris l’avantage d’un réseau diplomatique si dense et soutiennent ce corps d’Etat à 88% alors que Paris cherchent à économiser.

    Ce soutient s’exprime aussi envers le réseau d’enseignement. Etre français c’est être dépositaire de sa culture et l’attaque du gouvernement sur le budget de l’éducation est rejetée par 80% des Français de l’Etranger.

    Notre communauté à 68% propose donc de réduire l’aide à la coopération afin de maintenir la force du lien avec la France.

     

    Un réalisme fiscal des Français de l’Etranger… pour les Français de métropole

    Les Français de l’Etranger sont conscients des impératifs budgétaires et plébiscite la réduction de la dépense publique (71%)

     

    Mais ne comprennent pas le maintien de la CSG pour ceux qui résident hors de l’Union européenne. (76%)

     

    La solution pour 58% d’entre-eux passe par le retour de l’ISF. On est bien loin des clichés…

     

    Une démarche écologique assumée 

    45% des Français de l’Etranger sont prêts à accepter une fiscalité verte agressive afin d’accélérer la transition écologique. La priorité est à lutte contre le C02 avec un soutien franc (58%) à la filière nucléaire (une vision culturelle de l’atome? si décrié ailleurs) et un rejet massif (75,5%) de toute exploration à la recherche d’hydrocarbures sur le territoire nationale.

    La gratuité des transports en commun sur le modèle du futur système luxembourgeois obtient de nombreux suffrages comme une bonne réponse au défit climatique.

     

    Des Français de l’Etranger profondément européens et démocrates 

    L’Union Européenne a été naturellement adoptée par les 2,5 millions de Français établis à l’étranger. Ils sont 79% à refuser toute idée de sortie de l’UE. Et ils pensent que les Français de métropole feraient le même choix puisqu’ils soutiennent la proposition de Référendum d’Initiative Populaire des Gilets Jaunes à 70%.

    La rédaction

  • Alain Juppé quitte la politique et rejoint le Conseil Constitutionnel

    C’est le cœur serré, la voix nouée par l’émotion, qu’Alain Juppé a confirmé depuis sa mairie de Bordeaux son départ de la vie politique et son entrée au Conseil Constitutionnel en remplacement de Lionel Jospin et suite à la proposition de Richard Ferrand. Après 20 ans à la tête d’une ville et d’une métropole qu’il transforma de belle endormie en capitale dynamique du sud ouest, Alain Juppé a annoncé, à 73 ans, ne pas vouloir faire le mandat de trop.

    « Avec Bordeaux et son peuple, nous sommes en quelque sorte un vieux couple et c’est un arrachement de quitter qui j’ai tant aimé ». C’est ainsi et le jour de la Saint-Valentin que le maire a réaffirmé son amour pour cette ville à laquelle il est tant associé. Ces prochains jours aura lieu la désignation de son successeur. Son nom est aujourd’hui incertain.

    La carrière d’Alain Juppé ne se résume cependant pas à la capitale de la Gironde. Des années durant auprès de Jacques Chirac, son mentor, il fut notamment son Premier Ministre entre 1995 et 1997.

    Un destin entravé par les affaires de la Chiraquie

    Fondateur de l’UMP, député, député européen, maire, de nombreuses fois ministres, Alain Juppé échoua à l’élection suprême lors de la primaire de la droite et du centre de 2016. Celle-ci vit la victoire de François Fillon.

    Cet échec, qui signa son départ de la vie politique nationale, fut l’une des dernières étapes d’un parcours qui connu d’autres épreuves. Les grèves de 1995 ont longtemps été associées à celui qui se définissait comme « droit dans ses bottes ». Les affaires liées aux emplois fictifs de la mairie de Paris dont il était le numéro 2 l’ont également durement atteint. S’en suivit un éloignement de la vie politique nationale et un exil au Canada qui fut l’un des facteurs d’ascension d’autres personnalités de la droite et en particulier de Nicolas Sarkozy.

    Une figure de la droite Macron-compatible

    L’échec d’Alain Juppé à la primaire ne signa pas pour autant la fin du « juppéisme », une doctrine de centre-droit très attachée à la défense de l’Union européenne et libérale sur les questions économiques et sociétales.

    Edouard Philippe, proche du maire de Bordeaux depuis 15 ans, aujourd’hui Premier Ministre, représente aujourd’hui cette ligne au sein de l’exécutif.

    Alain Juppé quant à lui, qui ne cachait pas son soutien au Président de la République concernant notamment les questions européennes, devra s’abstenir de toute intervention politique dès son entrée parmi les sages de la rue Montpensier dans deux semaines. Deux semaines, une éternité en politique…

    François Lestanguet

     

  • Saint-Valentin: tour d’horizon de la fête des amoureux

    Jeudi 14 février, les amoureux du monde entier célèbreront leur fête. Apparue en Angleterre au XIVème siècle, des écrits de l’époque sont toujours disponibles à la British Library, la St-Valentin est aujourd’hui, à l’instar de célébrations religieuses comme Noël, présente dans le monde entier.

    Souvent jugée commerciale, faisant le bonheur des restaurateurs et des fleuristes, la St-Valentin n’est pas célébrée partout de la même façon. Tour d’horizon.

    Très présente aux Etats-Unis, interdite en Arabie Saoudite

    Les Américains ont l’habitude de se retrouver autour de célébrations très suivies : Thanksgiving, Halloween et la St-Valentin entre autres. A l’inverse, la fête des amoureux, sans doute jugée impudique, est interdite dans le royaume des Saoud. En Asie, et en particulier au Japon, il n’est pas rare pour les salariées d’offrir des chocolats à leur patron à cette occasion. Il n’y est pas rare non plus, et c’est plus triste, d’y recevoir des cadeaux sans en offrir en retour.

    La France perçue comme la patrie galante

    Partout dans le monde, la France est perçue comme le pays de l’amour et des amoureux. La Saint-Valentin, elle est (quasi) universelle. Cela tient sans doute à son caractère purement laic malgré son nom. En effet elle est moins associée au martyr romain canonisé qu’à la période autour du 14 février. La tradition veut en effet que cette date est associée à la reproduction des oiseaux.

    Qu’offrir à la Saint-Valentin

    La tradition associe deux cadeaux à la Saint-Valentin: les chocolats et les fleurs. Les critiques sur l’aspect commercial de cette fête poussent cependant de plus en plus les tourtereaux à lier la fête à la notion de partage. Privilégiez donc un bon repas, au restaurant où mieux encore cuisiné par vos soins, pour marquer cette date avec l’être cher!

    La rédaction

    14 février 2019

  • Les États membres s’agrippent à leur veto sur la fiscalité

    Sous prétexte de souveraineté nationale, les 28 s’opposent à la suppression de  l’unanimité dans l’adoption des législations fiscales.

    La Commission européenne a proposé en janvier une transition progressive vers l’introduction de la majorité qualifiée en matière fiscale.

    Jusqu’ici, tout changement législatif à ce sujet devait être approuvé à l’unanimité. Une majorité qualifiée signifie au moins 16 États membres représentant au moins 65 % de la population.

    Toutefois, seuls les plus grands pays européens – dont la France, l’Allemagne et l’Espagne – ont soutenu le projet après la première discussion en réunion des ministres des Finances (Conseil Ecofin). La position de l’Italie est plus ambiguë : Rome soutient l’idée générale, mais la considère prématurée, ont expliqué des fonctionnaires de l’UE.

    En revanche, une grande majorité de pays n’a pas soutenu la proposition lors de la réunion à huis clos, ont ajouté les fonctionnaires.

    Le vice-président de la Commission chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis, a assuré à l’issue de la discussion que « de nombreux États membres se sont félicités de l’ouverture du débat », tout en admettant que les points de vue étaient « très différents ».

    Il a fait valoir qu’« il y a matière à discussion » et que celle-ci était « nécessaire », étant donné l’incapacité de l’Union à progresser sur des dossiers fiscaux importants, y compris la taxe numérique.

    Le commissaire a détecté une plus grande « ouverture » sur la première étape de la proposition, qui impliquerait l’introduction de la majorité qualifiée pour les mesures de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.

    Dans un deuxième temps, la Commission propose de rompre l’unanimité pour d’autres dossiers liés à la fiscalité qui soutiennent les objectifs communs de l’UE, tels que la lutte contre le changement climatique ou la santé publique. Au cours de la troisième phase, la majorité qualifiée serait adoptée pour moderniser les règles communautaires déjà harmonisées, par exemple dans le domaine de la TVA. La dernière étape consisterait enfin à introduire ce système pour les propositions ambitieuses, y compris l’impôt numérique ou l’assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés.

    La décision finale est entre les mains des dirigeants européens, et l’opposition d’un seul d’entre eux suffirait à bloquer la proposition.

    Le ministre roumain des Finances, Eugen Orlando Teodorovici, dont le pays préside les réunions du Conseil jusqu’en juillet, a déclaré que « la souveraineté fiscale [était] d’une importance primordiale pour de nombreux États membres et la règle de l’unanimité conduit souvent à une prise de décision rapide ».

    Le ministre a également estimé que la fiscalité n’est qu’un des domaines dans lesquels le processus décisionnel pourrait être amélioré.

    Soutien franco-allemand

    Seules la France et l’Allemagne se sont prononcées en faveur de la proposition à l’approche de la réunion. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, défend une idée qu’il voit comme un moyen d’accroître « l’efficacité » de l’UE en matière fiscale.

    Son homologue allemand, Olaf Scholz, s’est dit partisan de longue date de la majorité qualifiée dans les affaires étrangères, mais aussi en matière fiscale.

    Pour le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, la Commission devrait briser la règle de l’unanimité non seulement sur les questions étrangères et fiscales, mais aussi sur la procédure de sanction des pays qui violent l’État de droit ou d’approbation du budget européen à long terme.

    Dans l’autre camp, le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna, assure que les progrès réalisés au cours des quatre dernières années pour adopter une législation fiscale « montrent que nous pouvons avancer même à l’unanimité ». Il a défendu les vetos nationaux sur la fiscalité, estimant que « c’est la souveraineté fondamentale des pays qui est en jeu ».

    Son homologue maltais, Edward Scicluna, a rejeté l’adoption forcée de nouvelles mesures tant que certains pays n’étaient pas convaincus.

    Plutôt que de résoudre les divergences sur les majorités qualifiées, il trouve que les gouvernements nationaux devraient se mettre d’accord « en expliquant, en convainquant et en réfléchissant, puis en convainquant les autres, comme nous l’avons toujours fait dans le passé ».

    Pour la ministre suédoise des Finances, Magdalena Andersson, « il n’est pas plus démocratique d’avoir moins de pouvoir ». « Il y aura beaucoup de scepticisme dans de nombreux pays et de nombreux parlements en Europe. »

    Au vu des progrès réalisés ces dernières années dans ce domaine, Menno Snel, secrétaire d’État néerlandais aux Finances, a ajouté que son gouvernement était satisfait de la situation actuelle.

    Depuis le début de son mandat, la Commission actuelle a adopté des mesures législatives pour lutter contre l’érosion et l’évasion fiscales, notamment des mesures visant à améliorer la façon dont les entreprises rendent compte de leurs bénéfices.

    Toutefois, des propositions plus ambitieuses, telles qu’une taxe numérique sur les géants du numérique, une taxe sur les transactions financières ou une assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés, restent bloquées à la table du Conseil.

    Jorge Valero

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • France – Australie : Une alliance militaire pour le pacifique

    Le contrat titanesque reflète les ambitions de l’Australie dans le Pacifique. Canberra et Paris ont formellement signé ce lundi leur « partenariat stratégique » impliquant la somme de 50 milliards de dollars pour la construction de 12 sous-marins destinés à la marine australienne, censé refléter les ambitions de l’Australie dans le Pacifique.

    Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a salué un « plan très ambitieux » lors d’une cérémonie à Canberra en présence de la ministre française des Armées, Florence Parly. Il a rappelé qu’il s’agissait là du « plus important investissement consenti en matière de défense en temps de paix par l’Australie ».

    500 emplois en France

    Naval Group (ex-DCNS) avait été choisi en 2016 pour la livraison de ces 12 sous-marins nouvelle génération, remportant au terme d’années de négociations ce « contrat du siècle » qui est la pierre angulaire de ce partenariat franco-australien. Le groupe naval est chargé de la conception et de la construction des douze navires et du chantier naval. Celle du premier bateau débutera avec la prochaine décennie, pour une première livraison en 2030.

    Le contrat va créer environ 2.800 emplois en Australie, selon le Premier ministre de l’Etat d’Australie-Méridionale, Steven Marshall, et 500 personnes en France. Certains critiques déplorent le fait qu’il ait tardé à être conclu car les eaux au nord et à l’est de l’Australie sont déjà le théâtre d’une âpre bataille d’influence entre les Etats-Unis, la Chine et les puissances régionales dont la France qui dispose d’une deuxième espace maritime mondiale grâce sa présence en Polynésie.

    Une force de dissuasion face à la Chine

    Les îles du Pacifique sont petites et moins vitales pour le fret maritime que la mer de Chine méridionale, mais leurs zones économiques constituent une vaste proportion des ressources maritimes mondiales. Les spécialistes australiens des questions militaires espèrent que ces sous-marins permettront à l’Australie d’opposer une force de dissuasion crédible en cas d’action hostile.

    « Il faut beaucoup de confiance de la part de l’Australie pour parier sur la France, et beaucoup de confiance de la part de la France pour partager avec l’Australie des compétences qui sont tellement au cœur de notre souveraineté, de notre autonomie stratégique et qui résultent d’investissements immenses pendant des décennies », a déclaré Florence Parly lors de la cérémonie devant le ministère australien de la Défense à Canberra.

    Fabien Ferasson de Quental avec l’AFP

  • Syrie : Ces français de l’étranger corrompus par le Djihad

    Ils sont tout à la fois indésirables et très convoités. Leur dangerosité potentielle en fait des individus à garder sous étroite surveillance. Les quelque 140 djihadistes français détenus par les forces kurdes en Syrie constituent un casse-tête pour Paris. Jusqu’à ces dernières semaines, les autorités françaises rejetaient catégoriquement l’idée même de leur retour, estimant que « ceux qui avaient combattu dans les rangs de l’Etat islamique devaient être jugés par les autorités locales [en Syrie et en Irak]. » Cette position catégorique n’est plus à l’ordre du jour. Le 29 janvier, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, déclare en effet : « Ce sont des Français avant d’être des djihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison. […] Ceux qui reviendront, s’ils devaient revenir, seront mis en prison. »

    L’éventualité d’un retour collectif – qui risque de susciter un large rejet dans l’opinion -, est liée aux changements de situation sur le terrain. L’annonce, en décembre, d’un retrait progressif des 2000 soldats américains en Syrie, où ils soutiennent les Kurdes, suscite des inquiétudes. Fragilisés, menacés par une offensive turque, ces derniers pourraient ne plus être en mesure de garder leurs prisonniers sous contrôle. Pire : ils pourraient aussi être tentés de les échanger contre des soldats kurdes détenus par le régime syrien ou des groupes djihadistes. « La France ne peut pas se permettre de prendre un tel risque, souligne un spécialiste. Si un groupe terroriste, ou le régime de Damas, récupère des djihadistes français, ils seront tentés de s’en servir et de faciliter leur retour clandestin se venger. »

    Une quinzaine d’hommes sur 140 personnes

    Quelle est la réelle capacité de nuisance de ces Français détenus dans des camps, au nord-est de la Syrie ? Difficile à dire, en l’état. Sur ces 140 personnes, 70 à 80 sont des mineurs, les trois quarts étant des enfants de moins de sept ans. S’y ajoutent une cinquantaine d’adultes, parmi lesquels une quinzaine d’hommes, presque tous trentenaires. L’Express a pu identifier la quasi-totalité de ces derniers.

    Certains d’entre eux, captifs depuis plus d’un an, sont de vieux routiers du djihad. A commencer par le groupe des « Toulousains », qui gravitait autour de Fabien et Jean-Michel Clain, les deux frères qui ont revendiqué en Français les tueries du 13 novembre 2015, au nom de Daech. Considérés comme les derniers responsables français des attentats de 2015-2016 toujours en vie, les Clain seraient aujourd’hui cernés dans la poche de Baghouz, dernier réduit de Daech, à l’extrême sud-est de la Syrie.

    Responsable de la version française du magazine Dabiq

    A Raqqa, « capitale » syrienne du califat, un français « Thomas Barnouin », doté de solides connaissances théologiques, s’occupe un temps de formation religieuse dans les camps d’entraînement. Il travaille également pour les médias de Daech, dont la chaîne audiovisuelle Al-Furqan, avant de devenir responsable de la version française de Dabiq, magazine de propagande diffusé en ligne. « Il a été viré, je crois, pour exagération dans la religion. C’est quelqu’un qui va très vite dans les excès. Il va plus loin que L’État islamique », affirme Jonathan Geffroy devant les policiers de la DGSI, en janvier 2018 selon Le Monde.

    Une scission d’ordre doctrinal a bien eu lieu en 2017. Et quelques djihadistes français, bannis, ont cherché à rallier le nord-est de la Syrie. C’est ainsi que six d’entre eux ont été capturés par les Kurdes en décembre de cette année-là. Aux côtés de Barnouin, se trouve alors Thomas Collange, alias Abou Mokhtar, 36 ans aujourd’hui, promoteur lui aussi du djihad armé, depuis de nombreuses années. Colllange, converti très jeune à l’islamisme le plus radical est fiché S dès 2002. Il effectue de nombreux allers-retours au Proche-Orient, officiellement pour apprendre l’arabe. Il rallie dès 2014 le « Sham », cette Syrie originelle fantasmée par les djihadistes.

    Kevin Gonot, 32 ans, le demi-frère de Collange, fait partie du groupe. Lui aussi issu d’une famille convertie de longue date, Gonot, alias Abou Soufyan, est marié à Jennifer Clain, la fille aînée d’une des soeurs de Fabien et Jean-Michel Clain. Ils ont cinq enfants, qui se trouvaient en Syrie avec eux. Kevin Gonot a participé à des combats dans la région d’Alep au début de 2014, dans les rangs de l’Etat islamique en Irak et au levant, futur Daech.

    Tuer les Français « par les armes, les voitures, le poison »

    Autre membre du groupe: Mohamed Megherbi, 37 ans. Surnommé Abou Hamza, c’est un vieil ami de Fabien Clain. Il est d’ailleurs marié avec Amélie Grondin, la demi-soeur des frères Clain. Cette dernière serait aussi aux mains des forces kurdes, de même que Najib, 31 ans, le frère cadet de Mohamed. Megherbi aurait un moment travaillé comme cameraman pour la branche médias de Daech. Il aurait par ailleurs été blessé par balles en 2016. Quelques personnages de second plan, issu de la mouvance toulousaine, seraient aussi aux mains des Kurdes : Hakim B., Rachid J.E., Chahid T.,…

    Arrêté en décembre 2017, on trouve encore Romain Garnier, 31 ans. Originaire de Vesoul (Haute-Saône), cet ancien nageur de niveau national en catégorie jeune, a lui aussi rallié la Syrie, fin 2014, avec sa femme, Caroline. Devenu Abou Salman, il est apparu dans des vidéos de propagande, appelant les musulmans à tuer les Français « par les armes, les voitures, le poison. »

    Mohamed Yassine Sakkam, 28 ans, appartenant à la filière dite de Lunel (Hérault), paradait lui aussi sur des photos avec un fusil d’assaut. Il dit être arrivé au « Sham » en décembre 2014 pour retrouver son frère Karim. Ce dernier est mort dans un attentat kamikaze, en avril 2015. Pourtant, Mohamed Yassine est resté, mais nie avoir été un combattant.

    Deux autres pointures du djihad français attendent de savoir si elles seront rapatriées en France. Adrien Guihal, 33 ans – arrêté avec sa femme et leurs six enfants, à Raqqa, en mai 2018, par les forces kurdes -, est l’une des voix francophones de Daech. Il a notamment revendiqué les attentats de Magnanville (deux policiers assassinés à leur domicile en juin 2016) et de Nice (86 morts, 458 blessés), le 14 juillet de la même année. Converti en 2002, Guihal, alias Abou Oussama, a un CV long comme le bras en matière de terrorisme. Interpellé en 2008 pour un projet d’attentat contre des locaux des renseignements généraux, il est finalement condamné à du sursis, après avoir effectué six mois de détention.

    Adrien Guihal a aussi été administrateur du site et du forum djihadiste Ansar al-Haqq, entre 2006 et 2010. Décrit comme un « psychopathe » par une ancienne connaissance, il a rallié la Syrie en voiture, au début de 2015, avec un petit groupe, dont Fabien Clain. Avant d’être arrêté par les Kurdes, Adrien Guihal faisait partie des djihadistes français à « neutraliser » en Syrie.

    Brisard : »Ils doivent répondre de leurs actes »

    Parmi les derniers à avoir été capturés ou s’être rendus aux forces kurdes, ces dernières semaines : Quentin Le Brun, 30 ans, tarnois de naissance. Visage christique, accent du sud-ouest, l’homme s’était fait remarquer en novembre 2014 dans une vidéo de propagande où, aux côtés de deux autres compatriotes, il appelait les nouvelles recrues de Daech à brûler leur passeport français. Le Brun, alias Abou Oussama al-Firansi, affirme avoir travaillé comme graphiste dans la branche médiatique de l’EI et n’avoir jamais combattu.

    « Il est très important que ces individus comparaissent devant la justice française. Ils doivent répondre de leurs actes, en particulier de leur rôle dans la chaîne d’organisation de certains attentats en France », souligne Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme au magazine L’Express. Par ailleurs, quelques-uns d’entre eux connaissent très bien les frères Clain et les ont côtoyés en Syrie. Ils sont susceptibles de livrer des informations capitales sur ces derniers. »

    Actuellement, environ 250 autres terroristes français se trouveraient encore dispersés dans la zone irako-syrienne. Quelques dizaines d’entre eux auraient été récemment transférées, sous escorte française, en Irak. Pour ensuite être exfiltrés vers la France ? À voir. Ces derniers mois, plusieurs dizaines d’autres Français étaient retranchées dans la poche d’Idleb, au nord-ouest de la Syrie. Dans ce dernier bastion tenu par le groupe djihadiste Hayat tahrir al-Sham, émanation d’Al-Qaeda, se trouveraient notamment des recrues du prédicateur niçois Omar Diaby, alias Omar Omsen. Selon nos informations, des petits groupes familiaux seraient bloqués dans plusieurs villes, dont Azaz, au nord de la Syrie, dans l’espoir de passer la frontière turque. Enfin, quelques familles sont actuellement prises au piège, avec les frères Clain, dans le réduit de Baghouz, ultime retranchement de Daech dans le désert syrien.

    La rédaction avec l’AFP

  • Grand débat : les Français de l’étranger se mobilisent

    Les 2,5 millions de Français de l’étranger se mobilisent pour le Grand Débat. Tout comme nos compatriotes de l’Hexagone, les Français de l’étranger se sentent souvent concernés par les débats qui suivent la crise des gilets jaunes.

    Les problématiques des Français expats ne sont pas toujours reprises en France. Réforme de la CSG, financement des lycées français de l’étranger, prime d’activité, voici certains aspects qui sont mis en avant lors de cette consultation de 2 mois jusqu’au 15 mars.

    Des consultations dans le monde entier

    Après des consultations organisées notamment à San Francisco, par le député des Français d’Amérique du nord, et à Montréal, les Français sont invités à débattre à Singapour, à Phuket et à Bruxelles. Si la participation reste pour le moment assez faible, l’objectif du gouvernement est de porter le débat y compris au-delà de la période allouée.

    Les consulats ont relayé l’information qui est par ailleurs disponible sur le portail dédié www.granddebat.fr

    4 sujets au coeur des problématiques

    Ce débat porte sur quatre thèmes : les impôts, dépenses et actions publiques, l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.

    Si les problématiques semblent éloignées des Français de l’étranger, c’est cependant faux. L’organisation de l’Etat passe notamment par l’un des meilleurs réseaux consulaires au monde. La démocratie sera forcément au cœur des enjeux alors qu’il est envisagé de réduire le nombre d’élus des expatriés.

    La citoyenneté, et ce notamment pour les centaines de milliers de Français du Royaume-Uni à l’heure du Brexit, est également une problématique centrale.

    Les impôts, alors que la question du CSG se pose toujours, est également centrale pour les Français de l’étranger.

    A Bruxelles le 15 février- lesfrancais.press relayent vos interrogations

    A Bruxelles, parmi l’une des premières communautés françaises de l’étranger, le Consulat, les Elus consulaires et l’Alliance française organisent un débat vendredi 15 février.

    Envoyez nous vos remarques sur [email protected] et nous relaieront vos interrogations auprès des élus.

    La rédaction

  • Les clés pour préparer son entreprise en cas de «no deal»

    Prévoir le pire, en espérant le meilleur. Les chefs d’entreprise doivent se préparer à un Brexit sans accord. Josselin Lemerle, responsable Action économique à la direction régionale des douanes de Caen, livre de précieux conseils à Euractiv.

    Le 29 mars 2019 à 23 h, heure française, le Royaume-Uni devrait sortir du marché commun de l’Union Européenne. Cela sonnera le rétablissement des formalités douanières (droit de douane, TVA…).

    Jusqu’à maintenant, une entreprise exportatrice remplissait chaque mois un formulaire simplifié, nommé déclaration d’échanges de biens. Demain, il faudra rédiger une déclaration en douane pour chaque exportation et importation. « Il faudra remplir un D.A.U (document administratif unique). Un document plus technique et compliqué à remplir. Il faut être formé pour ».

    Quatre lettres qui peuvent vous coûter cher

    E.O.R.I : Ces quatre lettres vont peut-être vous enquiquiner. Il faut d’ores et déjà, « même préventivement », le demander auprès de la direction de la douane de votre région. Il s’agit d’un SIREN européen. Ce numéro d’enregistrement et d’identification est nécessaire pour importer et exporter ses marchandises. « Sans, elles peuvent se retrouver bloquées au port. Il faut absolument demander ce numéro qui est gratuit. En moins de 24 h, vous l’obtenez ».

    Comment dédouaner ?

    Deux possibilités. Soit vous le faites vous-même, « mais cela demande une formation aux fondamentaux douaniers », prévient Josselin Lemerle. Si vous effectuez trois déclarations par an, c’est possible de le faire en interne en maîtrisant bien les trois éléments pour taxer une marchandise : sa valeur, l’espèce, son origine.

    Soit vous faites appel à un prestataire de services, appelé R.D.E : « représentant en douane enregistrée ». « Vous lui transmettez les informations sur vos marchandises et il s’occupe de les déclarer ». Attention, s’il y a une erreur dans la déclaration, c’est toujours votre responsabilité qui sera engagée et non celle du représentant en douanes enregistré.

    Dans le contexte d’un Brexit incertain, le chef du pôle action économique conseille de « rapidement faire un choix d’organisation ».

    Le dédouanement en ligne

    La déclaration aux douanes de vos marchandises peut jusqu’à 30 jours avant l’import ou l’export. « Il ne faut pas hésiter à anticiper plutôt qu’à attendre le jour du départ des marchandises pour les déclarer ». L’application DELTA G permet aux entreprises de déclarer les formalités douanières en ligne. Pour se connecter, vous devez demander un mot de passe et un login auprès du bureau de douane.

    Notions fondamentales d’une déclaration en douane 

    Déterminer la valeur du produit : ce n’est pas que la valeur marchande du produit. Elle se calcule en incluant le coût du transport, des assurances…

    Classer l’espèce du produit : C’est un code à dix chiffres propre à chaque marchandise qui va déterminer le pourcentage de droit de douane. Le classement tarifaire peut vite tourner au casse-tête, si vous exportez des marchandises complexes. « Les entreprises peuvent demander à leur direction des douanes de la faire. Il suffit de déposer un dossier. En revanche, cela peut prendre plusieurs mois avant de l’obtenir », précise Josselin Lemerle.

    Trouver l’origine du produit : « L’origine douanière n’est pas liée à la provenance du produit mais à son lieu de production », indique le chef du pôle action économique. Il est recommandé de se mettre en contact dès maintenant avec vos fournisseurs anglais pour connaître l’origine douanière de leur produit.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • « La France a complètement remporté la bataille du droit d’auteur » ITW de Julia Reda – Eurodéputée des Verts

    En vue d’une réunion cruciale entre les ambassadeurs de l’UE le 8 février, Euractiv Slovaquies’est entretenu avec Julia Reda pour discuter de la directive controversée sur le droit d’auteur.

    Julia Reda est eurodéputée des Verts au Parlement européen.

    Tout de suite après la fuite d’un compromis franco-allemand sur la directive droit d’auteur, vous vous êtes déchainée sur Internet, en qualifiant la proposition de « pire que jamais ». Pourquoi considérez-vous que la proposition est mauvaise ?

    Avec le premier compromis proposé par le Conseil, auquel l’Allemagne s’opposait, les petites plateformes n’étaient pas exclues du champs de la directive mais il était indiqué qu’elles devaient bénéficier d’une analyse au cas par cas. Car d parfois l’utilisation de filtres automatiques pour les contenus téléchargés pouvait être disproportionnée.

    Le compromis actuel prévoit que même les petites plateformes, doivent faire de leur mieux pour obtenir une licence auprès des détenteurs des droits. Le problème c’est qu’une plateforme ne peut pas obtenir une licence pour le contenu que des utilisateurs pourraient publier à l’avenir, comment sont-elles censées savoir les licences dont elles ont besoin ?

    L’exemption des PME, cruciale pour certains, continue de diviser les pays. La nouvelle proposition exige l’installation des filtres par tous sauf les services qui remplissent ces trois critères : être disponible au public pendant moins de trois ans, avoir un chiffre d’affaires annuel de moins de 10 millions d’euros et moins de 5 millions de visiteurs uniques chaque mois.

    L’exemption du filtrage ne couvre personne. Nous venons d’avoir une conférence sur la modération des contenus et j’ai demandé à tous les intervenants s’ils connaissaient des plateformes qui remplissent ces critères et ils m’ont répondu que non.

    Même les plateformes nationales qui sont relativement populaires comme Seznam en République tchèque ou Wykop en Pologne ne remplissent pas ces critères soit parce qu’elles sont trop populaires soit parce qu’elles sont trop vieilles.

    Ces critères sont nouveaux. Pourquoi ont-ils été choisis à ce stade des négociations ?

    La France a remporté la partie face à l’Allemagne. Mais les Allemands doivent inclure quelque chose dans la proposition pour prétendre qu’il s’agit d’un compromis. Berlin doit comprendre que personne n’est concerné par ces exceptions. Les Allemands ont complètement renoncé.

    À quoi vous attendez-vous vendredi (8 février) ?

    J’espère que l’Allemagne changera d’avis et se rendra compte que l’accord est très mauvais. Mais elle subit surement beaucoup de pression de la part de groupes concernés par le droit d’auteur.

    D’un autre côté, de grandes sociétés de la presse disent que l’article 13 ne les aide pas. L’industrie cinématographique a signé une lettre ouverte, et j’ai aussi vu un document de synthèse de la plus grande entreprise médiatique européenne, le groupe German Bertelsmann, où il affirmait être contre la directive.

    Le Parlement européen serait-il satisfait de telles modifications ?

    Le Parlement européen a déjà voté contre l’article 13 une fois, et une autre fois en faveur.

    La principale différence entre les deux est qu’en juillet, il n’y avait pas d’exemption pour les petites entreprises, et ça a été rejeté. En septembre, nous avions une véritable exemption pour les petites entreprises, sans critères d’ancienneté ou de licence, il s’agissait d’une exemption totale.

    Pendant les négociations en trilogue, Alex Voss (le rapporteur de la directive sur le droit d’auteur) doit défendre la position du Parlement, qui est que les PME doivent être totalement exemptées.

    S’il accepte ce compromis entre la France et l’Allemagne, il n’y aura pas de majorité au Parlement, surtout parce que le vote aura lieu juste avant les élections européennes et que l’article 13 est très impopulaire. Alex Voss faire preuve d’une extrême prudence car s’il rompt avec ses promesses, toute la loi pourrait être rejetée.

    Alex Voss a récemment déclaré aux journalistes qu’il serait « inacceptable » de laisser la loi au prochain Parlement et qu’il ne pouvait pas y avoir de réforme du droit d’auteur sans article 13. Pourquoi, dans une atmosphère si tendue, la pression est-elle si intense pour faire adopter la loi ?

    Je pense qu’il a tort, je pense qu’Alex Voss a montré par le passé qu’il était incapable de faire des compromis. Des universitaires, des collègues, d’autres groupes politiques, et même le sien, ont proposé de nombreuses alternatives à l’article 13. Il a fait l’objet de nombreuses critiques et il a toujours essayé d’adopter l’approche la plus extrême possible.

    Il a aussi déclaré qu’il n’accepterait pas l’accord avec lequel les détenteurs du droit d’auteur ne sont pas d’accord. Il a tout simplement donné un droit de véto à un groupe de lobbying, ce qui est une erreur.

    Je ne pense pas que ce soit impossible de trouver une majorité pour le droit d’auteur au Parlement. Mais il doit tout simplement faire davantage de compromis, ce qu’il ne semble pas être prêt à faire.

    La dernière directive sur le droit d’auteur a été proposée en 1997 et adoptée en 2001. Entre, il y a eu les élections européennes de 1999, donc ce n’est pas comme si ça n’avait jamais été fait avant.

    Ce sujet semble diviser le Parlement européen. Pourquoi ?

    La difficulté, c’est qu’aucun député ne comprend tout ce que cette directive implique. Normalement, les tâches sont bien réparties et les groupes politiques sont idéologiquement en accord les uns avec les autres. Un expert se charge ensuite de donner des explications au reste du groupe dans une atmosphère de confiance mutuelle.

    Mais pour les droits d’auteur, c’est différent, ça ne relève pas d’une idéologie. Il y a des différences au sein de la plupart des groupes politiques et tout à coup, chaque membre doit prendre sa propre décision. C’est très difficile, et il ne faut pas seulement comprendre le monde de l’internet mais aussi la législation sur le droit d’auteur.

    Le droit d’auteur concerne bien plus que la musique et les vidéos. Nous parlons toujours des mesures techniques permettant de supprimer ce type de contenu mais le droit d’auteur peut par exemple aussi s’appliquer à une statue.

    Vous avez vivement encouragé les citoyens à parler aux députés, à leur envoyer des e-mails pour connaître leurs opinions et les convaincre de s’opposer à l’article 13 de la proposition de directive sur le droit d’auteur. Continuez-vous encore à le faire aujourd’hui, au dernier stade de la négociation ?

    Il est inadmissible que l’Allemagne et la France décident de ce que le Conseil doit faire. Ce sont de grands pays et on déduit donc souvent que si l’Allemagne et la France sont d’accord, les jeux sont faits. Il y a en fait une autre solution : que plusieurs petits pays s’unissent. De nombreux petits pays ont un secteur technologique actif. Les citoyens des petits pays doivent demander à leur gouvernement pourquoi ils sont favorables à cette directive.

    Les citoyens doivent aussi demander à tous les députés européens de voter contre la directive si on ne parvient pas à un accord vendredi, et leur dire que cette question sera décisive avant les élections européennes. De nombreux députés se représenteront, et je pense que ça peut faire pencher la balance.

    La pétition contre l’article 13, la deuxième plus grande pétition en ligne de l’histoire avec plus de 4,3 millions de signature pourrait-elle aussi faire pencher la balance ?

    La ministre de la Justice allemande a annoncé qu’elle serait prête à recevoir la pétition mais ce n’est pas encore arrivé. Je crains que l’Allemagne vote oui au Conseil et que la pétition arrive donc trop tard. La ministre Katarina Barley a un rôle clé et peut faire basculer la position du gouvernement allemand parce qu’elle est ministre de la Justice et candidate principale pour les élections européennes.

    Un article publiée sur le site de notre partenaire

  • 2019 : l’année du sport féminin en France ?

    La France accueille la 8e coupe du monde féminine de football. Jamais un événement sportif n’a semblé si près de sortir le sport féminin de l’ornière populaire et médiatique. Les organisateurs veulent en faire une compétition accessible et familiale. En sport aussi, les femmes sont-elles l’avenir de l’homme?

    Mais dès ce mois de février, Roxana Maracineanu, ministre des Sports, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, et Roch-Olivier Maistre, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), ont lancé, la deuxième édition de l’opération « Sport féminin toujours », en présence de la marraine de l’événement, la championne du monde de judo, Clarisse Agbegnenou.

    Quelques jours après avoir assisté à la Conférence permanente du sport féminin, dont cette opération est l’une des actions concrètes, Roxana Maracineanu participait ce mardi 5 février au lancement de la deuxième édition de l’événement « Sport Féminin Toujours ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et le ministère des Sports se sont une nouvelle associés pour organiser, les 9 et 10 février prochain, ce temps fort de promotion du sport féminin, en partenariat avec le secrétariat d’Etat chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, et avec le soutien du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et du Comité paralympique et sportif français (CPSF).

    « Sport Féminin Toujours » a pour but d’inciter les médias audiovisuels (télévisions et stations de radio) sur l’ensemble du territoire de métropole et d’Outre-mer à intégrer plus de retransmissions sportives, mais aussi plus de sujets, émissions et interviews consacrés au sport féminin et aux actrices du milieu sportif en général. « Cette opération délivre un message précieux et fondamental de liberté, d’égalité et de respect mutuel et nous comptons l’inscrire dans la continuité et dans l’innovation », a souligné le nouveau président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Roch-Olivier Maistre :

    « Nous attendons une implication plus forte encore de l’ensemble des éditeurs et diffuseurs, car la médiatisation est l’une des clés de voute de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes dans le sport, a poursuivi la présidente du groupe de travail « économie, concurrence et sport » du CSA, Nathalie Sonnac. Cette édition 2019 ne sera pas une édition de plus. Le sport féminin représente en moyenne entre 15 % et 18% du volume horaire de diffusion de retransmissions sportives. Notre objectif est de passer la barre symbolique des 20%. »

    Un discours ambitieux qui a séduit la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, qui mène depuis son arrivée une politique volontariste contre toutes les formes de discriminations, en faveur du développement du sport féminin et pour l’égal traitement des femmes et des hommes dans le sport. « C’est effectivement un sujet sur lequel je suis très attentive et engagée et la médiatisation reste selon moi un levier puissant pour accroitre le nombre de pratiquantes, lever les freins qui existent encore, notamment dans la pratique fédérale, tout en encourageant la féminisation des instances, a affirmé la ministre. Je suis convaincue que la présence de plus de femmes à des postes à responsabilités pourra apporter une vision nouvelle du sport. Avec une pratique peut-être plus adaptée aux besoins des femmes mais aussi qui saura mettre en valeur le côté éducatif du sport et pas seulement la compétition. »

    « Les femmes doivent être plus visibles pour faire naitre des vocations, a confirmé Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Et ce n’est pas un sujet qui concerne seulement le sport mais bien tous les champs de la société. »

    A l’occcasion de cette  2ème édition de l’opération « Sport féminin toujours »  un baromètre sport Odoxa pour Groupama et RTL se penche cette semaine sur la relation qu’entretiennent les Français avec le sport féminin. Dopée par les handballeuses, l’appétence pour le sport féminin progresse à une vitesse fulgurante. Mais les Français ne sont pas rassasiés : ils jugent massivement qu’il n’est pas assez médiatisé et encouragé par la société.

    63% des Français regardent du sport féminin ; +10 points en 6 mois !

    52 % Le football, sport féminin le plus suivi (52%), devant le hand en très forte progression (+15 points)

    83 % Aussi intéressant et spectaculaire (73%) que son homologue masculin, le sport féminin n’est pas suffisamment médiatisé (88%) et encouragé par la société (78%) selon les Français

    74 % Les Français réclament plus de sport féminin (78%) et plus de femmes journalistes sportives (74%)

    Il ne reste plus qu’à..

    En effet, la médiatisation est le facteur clé pour faire évoluer le sport. Elle tient une place intégrante dans le sport. Le concept spectacle sportif révolutionne le monde actuel puisque le sport fait maintenant partie des enjeux économiques. Mais la place réservée du sport féminin par les médias reste très minime, quasi invisible. La femme tient une position « d’objet-support » du fantasme masculin. Ce n’est que le paraître qui intéresse (Labridy, 1978). En effet, la femme doit encore lutter contre les stéréotypes de l’image de la femme rangée, réservée, attachée à son foyer et à ses enfants. Elle doit être élégante et gracieuse dans la pratique féminine. La circulaire du 27 octobre 1892 a interdit le port d’habit masculin afin de respecter ces règles. La femme doit se battre à la fois contre les stéréotypes féminins et masculins.

    En effet, d’une part les représentations féminines définissent la femme comme une personne très émotive, parfois incontrôlable et excessive. Ces termes sont justifiés par les cris lors du combat ou des larmes lors des défaites. Mais ces différentes qualifications ne sont jamais utilisées par les journalistes comme un obstacle à la performance. Les jeunes filles sont décrites comme capricieuses, élément contraire à l’activité physique. Les journalistes s’attachent donc plus à décrire des portraits quotidiens de la femme au détriment de son parcours sportif en lui-même. Ils aiment faire des reportages sur la beauté féminine comme si la femme neutralisait la sportive. Une évolution à ce sujet serait intéressante d’apporter car l’inégalité est flagrante.

    La rédaction

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