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  • Présidentielle en Tunisie: l’élection de tous les enjeux / Le député des Français d’Afrique du nord commente ce premier tour

    La mort du président tunisien Béji Caïd Essebsi en juillet a ouvert la porte à des élections présidentielles anticipées. 7 millions d’électeurs du pays qui a inauguré le printemps arabe ont été appelés aux urnes pour remplacer le premier président démocratiquement élu du pays. C’est ainsi, et alors que les questions sécuritaires sont présentes, mais également et surtout les questions sociales et économiques, que cet enjeu majeur se présente aux Tunisiens.

    26 candidats, un favori en prison

    Béji Caïd Essebsi, Président tunisien décédé en juillet

    Le scrutin s’annonçait très ouvert. 26 candidats se sont présentés, l’un des favoris, Nabil Karoui, fait campagne en prison. Il y est incarcéré depuis le 23 août, soupçonné de blanchiment et de fraude fiscale. Nabil Karoui accuse le Premier ministre, Youssef Chahed, également candidat, d’avoir souhaité l’écarter. Cela ne l’a pas empêché de réaliser le deuxième meilleur score à 15,54% au premier tout et d’être favori pour le deuxième tour.

    La crise sociale, l’inflation, le chômage de masse sont au coeur de la campagne.  Devant M. Karoui, l’universitaire sans parti politique Kais Saïed, donné à 18,5%. Le taux de participation, à environ 45%, est très faible. Le second tour verra donc s’affronter un universitaire qualifié de conservateur, opposé par exemple à la dépénalisation de l’homosexualité, et un homme d’affaires que certains considèrent comme populiste. .

    Un scrutin à deux tours et des élections législatives entre temps

    Le scrutin est prévu pour durer deux tours si aucun candidat n’est en mesure de remporter le scrutin dès le premier tour, ce qui est le cas en l’occurence. Les élections législatives, elles, sont prévues le 6 octobre prochain mais le second tour des présidentielles ne serait organisé qu’après cet autre scrutin.

    7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes

    Figuraient aussi parmi les candidats le ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi, 69 ans ainsi qu’Abdelfattah Mourou, du parti islamiste Ennahda qui serait 3ème du scrutin.

    Notons également la candidature d’une avocate opposée aux islamistes, Abir Moussi.

    Une communauté française durablement installée dans le pays, la France attentive au scrutin

    Le Lycée français de Tunis

    Le Quai d’Orsay regarde sans nul doute avec grande attention ces élections dans notre ancienne colonie qui demeure un partenaire commercial important et voit chaque année, malgré le contexte sécuritaire, une masse très importante de touristes français débarquer sur les plages tunisiennes. La France a rappelé qu’elle n’intervient pas directement dans le scrutin mais qu’elle reste attentive, notamment via les institutions européennes. Le Président Macron n’a pas manqué de contacter le président tunisien par intérim à l’issue du premier tour.
    La communauté française, à 67% bi-nationale, est composée de 30 000 personnes, principalement installées dans le grand Tunis. 9 établissements français, en gestion directe de l’AEFE, maillent le territoire.

    La question sociale au coeur de l’élection

    Pour M’jid El Guerrab, député des Français d’Afrique du nord et de l’ouest, l’élection s’est déroulée dans de très bonnes conditions

    Le député des Français de l’étranger M’jid El Guerrab, que nous avons contacté, nous a indiqué que « l’élection et son déroulement se sont passés dans de très bonnes conditions » et ce alors que de nombreuses inquiétudes existaient et notamment au sein de la communauté franco-tunisienne.

    Un fait insolite tout de même, l’arrestation 15 jours avant le scrutin d’un candidat qui est désormais favori.

    M. El Guerrab, qui a parcouru toute la Tunisie et rencontré de nombreux interlocuteurs bien au delà du grand Tunis, nous a confirmé que c’est avant tout la question sociale qui fut l’enjeu majeur du scrutin.

    Le dégagisme constaté à l’occasion du premier tour, et ce alors que cette question sociale était déjà l’étincelle qui a allumé le printemps arabe dans cette même Tunisie, est sans doute la conséquence du manque de résultats de la classe politique face à ces attentes. Les législatives et le second tour permettront de vérifier si cela se confirme.

     

  • Emmanuel Macron durcit le ton sur l’immigration

    Emmanuel Macron a appelé lundi sa majorité et son gouvernement à la fermeté sur l’immigration, pour éviter d’être « un parti bourgeois » qui ignore l’opinion de classes populaires séduites par l’extrême droite.

    Devant quelque 200 députés et sénateurs de LREM, du Modem et partis alliés, ainsi que l’ensemble du gouvernement, le chef de l’État a précisé, pendant plus d’une heure, ses quatre priorités – écologie, retraites, travail et le « régalien », c’est-à-dire sécurité et immigration, ont rapporté des participants à cette réunion à huis clos.

    Durcissant le ton sur l’immigration à 15 jours d’un débat parlementaire sur l’immigration prévu les 30 septembre et 2 octobre, il a souligné que « les flux d’entrée n’ont jamais été aussi bas en Europe et les demandes d’asile jamais aussi hautes en France ».

    « Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet (de l’immigration) en face », a-t-il lancé, adoptant une ligne beaucoup plus ferme sur ce sujet alors que jusqu’ici il défendait sans restriction le droit d’asile. « Je crois en notre droit d’asile, mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui le manipulent. Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. Cela donne quoi ? Des quartiers où le nombre de mineurs non accompagnés explose », a-t-il averti, selon un participant.

     « Parti bourgeois »

    Selon lui, « la question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n’ont pas de problème avec cela : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec », a-t-il souligné.

    « La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite. On est comme les trois petits singes : on ne veut pas regarder ».

    « Vous n’avez qu’un opposant sur le terrain : c’est le Front national (devenu Rassemblement national, ndlr). Il faut confirmer cette opposition car ce sont les Français qui l’ont choisie. Il y a deux projets : celui du repli, faire peur, ou bâtir une solution ouverte, mais pas naïve », a-t-il conclu.

    Il a par ailleurs appelé ses troupes à mieux expliquer et à prendre leur temps sur la réforme des retraites, sans pour autant reculer.

    Il faudra « faire des choix. Nous aurons des discussions sur les professions pour qui il y a des régimes spéciaux », mais « peut-être faudra-t-il plus de temps. Il ne faut rien fermer, ne rien fermer trop tôt », a-t-il demandé.

    Sur l’écologie, il a pointé des erreurs. « Nous n’avons pas réussi à fixer le cadre de référence ». Il a regretté de ne pas « avoir eu pour certains la fin du glyphosate dans les 3 ans » et jugé que la fin des centrales à charbon d’ici à 2022 « ce n’était pas assez rapide ».

    Il a aussi rappelé la crise des gilets jaunes en appelant les élus à éviter un excès « d’arrogance », mais aussi que trop de « prudence qui conduit à l’immobilisme ».

    « Nous sortons d’une crise politique sociale profonde. L’expression symptomatique d’un mal très profond qui est encore gros dans la société. Il faut être précautionneux », a-t-il répété. « Plusieurs catégories de la population restent nerveuses », a-t-il mis en garde.

    Il a enfin appelé sa majorité à l’union, alors que les discussions sur les investitures aux municipales secouent les alliances, affirmant : « Ce qui est mortel en politique, c’est la division ».

    « Quand certains disent que les Commissions nationales d’investiture sont illégitimes, ils oublient qu’ils en sont issus », a-t-il ajouté, une critique directe adressée à Cédric Villani, candidat dissident à Paris face à Benjamin Griveaux.

    Visiblement mal à l’aise à sa sortie, l’intéressé a répondu à la presse qu’il était « déterminé à aller jusqu’au bout ».

    Le chef de l’État a en revanche gratifié Richard Ferrand, mis en examen dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, d’un « cher Richard, qu’on est tout particulièrement content de retrouver en ce moment ».

  • A la recherche d’une pêche responsable

    Par sa nature, le pêche quand elle est excessive détruit l’écosystème qui la nourrit. Très rapidement, cette activité a été encadrée. Les premières traces de pêche datent du paléolithique (40 000 ans avant Jésus Christ). Les poissons d’eau douce ont été les premiers à être consommés.

    Au XVème siècle, la pêche en haute mer et le commerce de poissons s’étendent. Les Néerlandais constituent des flottes de harenguiers qui, traînant un long filet dérivant, peuvent rester en mer des semaines durant. Ils sont ravitaillés par des bateaux cargos qui récupèrent les prises.

    Le chalutage prend son essor dès le XIXe siècle avec l’abandon des voiles au profit de la machine à vapeur. Les bateaux deviennent plus grands et plus puissants permettant de traîner d’amples filets dans des eaux profondes. La réfrigération remplace le sel pour conserver le poisson qui peut être distribué sur un large territoire.

    160 millions de tonnes de poisson pêchées

    Le développement de la population humaine est lié à la sédentarisation et au passage de l’économie de la chasse et de la cueillette à celle de la culture. La pêche est, en revanche, une économie de la cueillette. En 2015, 160 millions de tonnes de poisson ont été pêchées pour se nourrir. Entre 1960 et 2015, la consommation par personne est passée de 9,9 à 21 kilogrammes par an. Les produits de la mer apportent 17 % des besoins en protéine. Pour certains pays, en particulier en Afrique, ce taux atteint 70 %.

    Pour satisfaire la demande, les volumes pêchées ont été multipliés par cinq des années 1950 à 1990. Depuis, du fait du problème de la surexploitation, ce volume stagne voire diminue légèrement. En revanche, les poissons d’élevage jouent un rôle croissant. Plus de 74 millions de tonnes de poissons proviennent de fermes aquacoles. Les États-Unis le Japon et l’Union européenne consomment 35 % des captures mondiales hors fermes aquacoles. Les deux tiers des prélèvements sont effectués dans l’hémisphère sud. La majorité de ces prélèvements est affrétée vers le Nord. Le poisson est une des ressources naturelles les plus échangées à l’échelle internationale.

    30% des espèces surexploitées

    Selon le rapport SOFIA de l’ONU, 90 % des espèces seraient pleinement exploitées, 30 % sont surexploitées. En 1974, seuls 10 % des espèces étaient dans cette situation. Dans l’atlantique du Nord Est, la ressource est divisée par 6 de 1950 à 1990. La flotte mondiale a la capacité de pêcher jusqu’à quatre fois la quantité, mettant ainsi en danger de nombreuses espèces (source FAO).

    La problématique des ressources halieutiques n’est pas nouvelle. Selon l’écrivain Tiphaine de la Roche (1722/1774), les premières surexploitations des mers et des océans sont constatées dès le XVème siècle. Dès le début du XXème siècle, la création, en 1902, du Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) à Copenhague fait suite à une prise de conscience générale. La nécessité de réguler la pêche s’impose. Des mesures sont progressivement prises sur la taille des filets, le tonnage des chalutiers, le niveau des prises afin d’éviter la disparition des espèces. Depuis les années 50, des réglementations ont été prises au niveau européen pour éviter l’épuisement de certaines espèces. La coquille Saint Jacques fait ainsi l’objet d’une surveillance poussée de ces stocks. Le tonnage, la taille des coquillages ou des poissons prélevés, les jours de pêche ou la durée des campagnes sont fixés au niveau de la Commission et donnent lieu à des contrôles.

    11.300 aires marines protégées dans le monde

    Le sommet de la terre de Rio de 1992 et celui de Johannesburg de 2002 fixent des objectifs pour la pérennité de certaines espèces de pêches. Un code de conduite pour une pêche responsable à l’échelle mondiale est établi en 1995 par le FAO. Entre 2016 et 2018, de nombreuses mesures ont été prises pour réduire la pêche du thon et notamment le thon rouge de méditerranée. L’Approche Ecosystémique de la Pêche (AEP) issu du sommet de Rio s’est progressivement imposée. Elle est admise par 47 pays et elle a été intégrée à la politique commune de la pêche de l’Union européenne. Au nom de cette approche, il est tenu compte de l’évolution des stocks mais aussi des interactions entre les espèces.

    La biodiversité marine est aujourd’hui au cœur des préoccupations. 11 300 Aires Marines Protégées (AMP) ont été instituées à l’échelle mondiale. Ces AMP ne couvrent pour le moment que 3,7 % de la surface des mers. Au sein de ces zones, les activités de prélèvements sont soit interdites, soit limitées ou soumises à une stricte réglementation.

    74 millions de tonnes de poissons d’élevage

    Le recours aux poissons d’élevage devient incontournable. Plus de 74 millions de tonnes de poisson sont ainsi élevées chaque année. Le premier producteur mondial est la Chine. Ces fermes aquacoles ne sont pas sans poser des problèmes. Elles génèrent des nuisances avec les déchets et l’injection d’antibiotiques. Par ailleurs, l’alimentation des poissons d’élevage nécessite en amont une pêche abondante. Pour produire fournir un kilo de poisson d’élevage consommé par les hommes, il faut jusqu’à 7 kilos de poissons. 30 millions de tonnes d’anchois et de sardines sont pêchées et transformées en sardine et en huile pour l’élevage.

    Négociations sur la haute mer à l’ONU

    Le débat du maintien de la diversité marine et de la lutte pour la protection des mers ainsi que des océans mobilisent un grand nombre d’Etats. Les négociations en cours, sous l’égide des Nations Unies concernent les activités en haute mer. Un projet d’accord réglementant l’accès aux ressources en haute mer est à l’étude. La Russie est pour le moment totalement opposée. Les Etats-Unis sont en retrait sans être viscéralement hostiles à un accord. Le Japon, l’Islande et le Canada sont sceptiques. L’Union européenne et la Chine y sont le plus favorables. La haute mer représente 64% de la surface maritime. Bien commun de l’Humanité, elle est libre d’accès et donc menacée de toutes les surexploitations. La nécessité d’un cadre juridique constitue pour de nombreux experts une nécessité.

     

  • Un étudiant français décède en Belgique – l’alcool mis en cause

    Un étudiant français de 23 ans, inscrit en pharmacie à Rouen, est mort le week-end dernier lors d’un séjour d’intégration en Belgique.

    Un jeune homme de 23 ans, étudiant en cinquième année de pharmacie à Rouen (Seine-Maritime), est mort lors d’un séjour d’intégration, en Belgique, a indiqué le gouvernement français ce lundi. Le décès a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. L’étudiant a été pris mortellement dans un accident impliquant une forte consommation d’alcool et une voiture et ceci à proximité du lieu de l’événement, a appris France Info auprès de sources proches du dossier.

    Ce week-end d’intégration organisé par une association d’étudiants de l’Université de Picardie Jules Verne accueillait  plusieurs étudiants, certains issus d’autres établissements qui y ont participé à titre individuel.

    Encadrement psychologique

    Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation « exprime sa profonde tristesse face à ce drame » et dit « assurer la famille et les proches du jeune homme de ses plus sincères condoléances ». Elle a donné consigne aux présidents de l’Université Picardie Jules Verne et de l’Université de Rouen Normandie « de mettre en place une cellule d’aide et de soutien psychologique dès à présent, pour accompagner celles et ceux qui en exprimeraient le besoin ».

    Frédérique Vidal recevra, ce mardi, les fédérations d’associations étudiantes. « Il faut prendre conscience des risques de l’alcoolisation massive, les organisateurs doivent être formés pour ça », a-t-on indiqué au ministère.

     

  • Loiseau invite Snowden en France

    Edward Snowden est-il un traître ou un héros ? Pour Nathalie Loiseau, ancien ministre des Affaires européennes, et tête de liste de LREM aux dernières élections, le lanceur d’alerte est un bienfaiteur de l’humanité. Elle n’a pas tort.

    Snowden a rendu publiques des informations classées top secret par les services américains, qui révélaient la mise en place d’un programme de surveillance de masse menée par la CIA et la NSA. Le système était aussi actif au Royaume-Uni. On aimerait être sûr que ce type de programme n’existe plus, mais ce serait naïf.

    Snowden est inculpé en 2013 par le gouvernement américain pour espionnage, vol, etc… Il rétorque que son « seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui ».

    Pour échapper à la prison, il fuit à Hong Kong puis s’exile en Russie qui lui accorde un titre de résident. Il demande l’asile politique au Président Hollande, qui ne répond pas. Le Washington Postet le Guardian, qui ont publié ses révélations, obtiennent le prix Pulitzer.

    Edward Snowden a renouvelé son désir de se réfugier en France. Il a lancé un nouvel appel au Président Macron, sur France Inter, qui l’interrogeait à propos de la sortie de ses Mémoires  qui paraissent le 17 septembre.

    Pour Nathalie Loiseau, la France devrait ouvrir ses portes à Snowden. « C’est quelqu’un qui a rendu service à l’humanité, quelqu’un qui a montré, preuve à l’appui, qu’il y avait un système de surveillance extrêmement vaste ». Elle ajoute : « Je ne vois pas ce que Snowden  fait en Russie, un des pays les plus habitués à la surveillance de masse et à la manipulation ». Nathalie Loiseau déplore qu’aucun pays européen n’ait donné l’asile à Snowden. « On est en décalage complet par rapport aux valeurs que l’on porte ».

    On peut en effet s’étonner qu’aucun pays se réclamant des droits et libertés n’ait accueilli Snowden. Les seules conséquences de l’affaire Snowden aux Etats-Unis furent les poursuites engagées contre lui. On aurait du s’attendre à des poursuites contre les responsables de la CIA, de la NSA et du gouvernement qui ont mené un tel programme de surveillance vis-à-vis de leurs propres concitoyens.

    Déjà, dans les années soixante-dix, un programme de surveillance des étudiants et groupes politiques menées par le chef du contre espionnage James Angleton avait été jugé illégal et stoppé. James Angleton avait du quitté son poste. Il n’est hélas pas certain que les gouvernements américains et britanniques aient cessé ces pratiques dignes du … KGB. Les Etats-Unis Nosont en pleine  régression sur le front des droits et libertés du citoyen, ce qui n’est pas du  à Trump, puisque ce sont de sdécisions prises sous Bush et Obama.

    Sur le fond, Nathalie Loiseau a donc parfaitement raison. Mais la diplomate et la ministre qu’elle a été sait parfaitement que les Etats-Unis n’apprécierait pas qu’un pays allié accueille Snowden. C’est pourquoi elle utilise un biais : elle fait remarquer que l’asile politique n’est pas accordé par le Président mais par l’OFPRA, qui est indépendant.  Soit. Mais le gouvernement ne perd pas son droit d’accueil pour autant. Il peut prendre une telle décision sans l’OFPRA par un acte justement dit « de gouvernement ». Le Président doit donc prendre une décision. Loiseau est-elle sortie du bois parce qu’elle connait la décision du Président ou est-elle montée au feu ?

    Edward Snowden argumente: «  Ce n’est pas seulement la France qui est en question. C’est le monde occidental, c’est le système dans lequel on vit. Protéger les lanceurs d’alerte, çà n’a rien d’hostile » dit-il.

    Accepter que les Etats surveillent la population, c’est accepter un principe de suspicion totalitaire. Les Etats-Unis, qui se veulent le pays de la liberté, ne devraient pas accepter ce système de surveillance organisé par leurs agences. Elles sont  destinées à protéger les citoyens, non à les espionner. La France, qui se veut le pays des Droits de l’homme, devrait accueillir Snowden : Ce ne serait d’ailleurs pas lui donner raison, mais seulement protection. Si l’asile politique a encore un sens, ce doit être celui-là.

  • Brésil: pétition pour le rétablissement du chargé des affaires sociales de l’Ambassade

    Brasilia, capitale du Brésil

    Une pétition, actuellement en cours, déjà signée par une trentaine d’élus consulaires et trois sénatrices (Claudine Lepage, Hélène Conway-Mourey et Evelyne Renaud-Garabedian) demande à Jean-Yves Le Drian le rétablissement du poste de responsable des affaires sociales à l’ambassade de France au Brésil.

    Cela peut sembler anecdotique mais de nombreux Français retraités résidant au Brésil sont dans une situation complexe. Depuis 2014, la France et le Brésil ont validé une convention bilatérale. Ce sont les services brésiliens de l’INSS (Institut National de Sécurité Sociale) qui gèrent les dossiers des retraités français sur place.

    Or le chargé des affaires sociales veillait à l’application de la convention avec les administrations locales. Cependant le poste a été régionalisé et les français du Brésil sont pilotés depuis l’Argentine, un pays hispanophone.

    Plusieurs problèmes pointés

    Dans un courrier adressé à l’ambassadeur de France au Brésil sont pointés plusieurs éléments:

    • Dossiers égarés et non reçus par la CNAV ;
    • Lenteurs excessives dans le suivi des demandes ;
    • Absence d’interlocution avec les demandeurs ;
    • Difficulté d’interlocution avec les banques brésiliennes pour la libération des paiements autorisés par la CNAV ;
    • Méconnaissance totale de l’accord dans de nombreuses sections locales de l’INSS, notamment au Nordeste, nécessitant une intervention d’un agent du Consulat ou d’un conseiller consulaire pour la quasi-totalité des dossiers.

    Des pensions parfois versées plusieurs mois en retard

    Florence Poznanski, conseillère consulaire impliquée dans la mobilisation pour le retour du chargé d’affaires sociales

    Concrètement, les services brésiliens ne sont pas formés ni parfois informés de l’existence de la convention bilatérale. Ils peuvent avoir tendance à agir uniquement comme chambre d’enregistrement et les services consulaires dans les différentes régions doivent servir de relais alors que le chargé des affaires sociales était précisement attaché à cette mission. Les risques de saturation des services sont donc augmentés.

    Comme nous l’a indiqué l’élue consulaire Florence Poznanski (ADFE), il arrive que les dossiers prennent un tel retard que les pensions ne sont versées qu’avec plusieurs mois de retard et parfois plus d’une année. Ce qui aurait pu être une initiative intéressante, la transmission de la mission aux autorités locales, se heurtent à la réalité de la bureaucratie brésilienne, aggravée par les récentes coupes budgétaires.

    L’objectif est donc bien de rétablir le poste et l’ambassadeur n’y serait pas hostile mais cela intervient dans le contexte complexe de réduction annoncée de 10% de la masse salariale dans les réseaux diplomatiques.

     

     

     

     
     
     
  • La nouvelle Commission esquisse une volonté de puissance inédite pour l’Europe

    Difficile de ne pas voir l’empreinte de Macron dans le discours tenu par Ursula von der Leyen à l’occasion de la présentation de son équipe, ou dans le nombre de postes majeurs obtenus par des Français. Mais l’idée d’Europe puissance séduit aussi outre-Rhin.

    La précédente commission avait promis d’être « politique », Ursula von der Leyen veut la mener un cran plus loin : la présidente de l’exécutif européen veut une Europe « plus forte sur la scène internationale » ; pour lutte contre le changement climatique et sauvegarder le multilatéralisme notamment. Elle veut que sa commission soit « géopolitique », et le Haut Représentant aux Affaires étrangères, Josep Borrell, s’est vu confier la création d’un groupe de travail portant le nom d’une « Europe plus forte dans le monde ».

    Bien peu allemande, cette vision d’une puissance supra nationale se marie en revanche parfaitement avec le discours d’Emmanuel Macron. Qu’il s’agisse du discours de la Sorbonne, ou de la rencontre avec les ambassadeurs français fin août dernier, le président français a mis la notion de puissance géopolitique de l’Europe au cœur de son projet.

    «  Macron a théorisé le rôle de l’Europe, et ses arguments ont été repris par la présidente de la Commission européenne, mais il y a une dynamique européenne favorable à cela » souligne Stéphane Séjourné, à la tête de la délégation française de Renew Europe, qui se dit « satisfait » de la nouvelle Commission européenne et de cette approche de puissance. Au sein des autres partis, François-Xavier Bellamy, au PPE, soutient la Commission surtout dans son approche droitière de la question des migrations, et s’arque boute sur le titre du commissaire grec sur le « mode de vie européen » comme le fait Manfred Weber, alors qu’au contraire la gauche et les Verts le dénoncent . Mais le renforcement de la puissance de l’UE sur la scène géopolitique fait consensus en dehors des extrêmes.

    Selon un vaste sondage réalisé par le think-tank ECFR, Macron et ses proches ne font qu’accompagner une tendance de fond des Européens, qui souhaitent que l’Europe devienne un acteur géopolitique. Sur les 60.000 Européens sondés par Yougov, un nombre croissant pense en effet que si l’Europe s’effondrait, la plus grande perte serait celle d’un bloc qui puisse contrer la puissance des Etats-Unis et de la Chine : 34 % des Français, mais aussi 30 % des Allemands, 1 % de Autrichiens et 27 % des Espagnols en sont persuadés.

    Moteur dans cette prise de conscience, la France est aussi passée à l’offensive côté responsabilités, ce qui fait grincer des dents outre-Rhin. Outre l’influence sur la nomination, le discours voire les choix d’Ursula von der Leyen, la France a obtenu un poste important, celui de la commissaire française, Sylvie Goulard, qui gérera le marché intérieur et la DG défense. La France conserve aussi la main sur les négociations du Brexit, avec Michel Barnier qui reste en fonction, ce à quoi s’ajoute la Banque centrale européenne avec Christine Lagarde. Un tableau de chasse à faire pâlir d’envie les autres pays, qui traduit l’investissement sérieux de la diplomatie française sur le sujet, là où l’administration de François Hollande avait lâché du lest.

    Changement de cap en Allemagne ?

    Outre-Rhin, l’élection d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne, qui fait partie du cercle rapproché de la Chancelière, suscite l’espoir de voir l’Allemagne de nouveau active sur la scène européenne.

    « Je n’attends que cela ! », s’exclame Franziska Brantner, députée au Bundestag, porte-parole pour la politique européenne du groupe parlementaire des Verts (Bündnis 90/Die Grünen). « L’Allemagne doit mettre fin à sa politique du non envers toutes les initiatives politiques européennes ambitieuses lancées pour répondre au défi de la crise climatique, » revendique-t-elle. La députée écologiste souligne que même s’il est tard, il est encore temps pour la Chancelière de mobiliser son gouvernement afin qu’il réponde enfin aux propositions du Président francais, « qu’il n’a eu cesse de mettre sur la table ces dernières années,» précise-t-elle.

    « L’Allemagne  doit saisir ce moment  pour reprendre un rôle actif en Europe, rôle qu’elle avait réduit à celui d’être un frein à toute nouvelles initiatives depuis 2008, le début de la crise de l’euro,» ajoute la parlementaire. Mais les choses semblent bouger depuis l’élection d’Ursula von der Leyen à la tête de l’exécutif bruxellois, observe encore la députée. Elle souligne que la présidente élue reprend dans son programme  des demandes précises comme la mobilisation des 1000 Milliards d’euros sur dix ans promis aux pays en développement pour financer la lutte contre le réchauffement climatique. « L’Allemagne, j’espère, ne s’y opposera pas. »

    Postes invisibles, forte influence

    Si le discours d’Ursula von der Leyen répond aux visions françaises, cela ne signifie pas pour autant que l’Allemagne entend céder du terrain. De fait, elle continue d’exercer son influence par le biais des différents postes au sein des institutions européennes. « Ce sont des postes moins exposés que ceux des commissaires, mais déterminants, » explique Claire Demesmay, politologue, experte des relations franco-allemandes à l’Institut allemand de politique étrangère (DGAP).

    Il s’agit de postes comme ceux de secrétaires généraux, où les Allemands sont bien placés, ou encore ceux de présidents ou de vice-président de groupes, où la France se trouve certes mieux placée mais où l’influence allemande reste forte, poursuit-elle.

    Par ailleurs, si le tandem Ursula von der Leyen et Sylvie Goulard peut donner l’impression d’une vraie harmonie entre la France et l’Allemagne, de vrais désaccords entre les deux pays subsistent. « Sur la question de la taxation du digital, il continue à y avoir des divergences entre les deux pays tout comme celles liées à la défense et à la politique industrielle. Il existe une série de dossiers où on est encore loin de s’accorder » observe la politologue.

    Mais plus que le clivage franco-allemand, c’est la position des Etats membres par rapport au nouveau budget européen  qui déterminera si la nouvelle Commission aura la marge de manœuvre nécessaire pour appliquer sa feuille de route. « L’adoption du budget européen sera déterminante. Comment les Etats membres vont-ils déterminer leurs priorités ? Est-ce que le budget va suivre la feuille de route de la Commission ?, » s’interroge la politologue.

    Un nouveau chapitre européen

    D’autant que le Brexit ouvre la voie à une redistribution des cartes. « Avec le Brexit, de nouveaux équilibres se mettent en place qui dépassent la simple équation 28-1. Nous assistons à des rapports de force différents. Les Pays-Bas par exemple se font davantage entendre et ce sont eux maintenant qui vont porter le discours d’une Europe libérale et orthodoxe sur les questions financières, » explique Claire Demesmay,

    Elle souligne également le rôle que l’Italie pourrait être amené à jouer. « Suite au Brexit, et sous condition que la situation intérieure se stabilise, l’Italie pourrait se joindre à la France et à l’Allemagne pour élargir le cercle et  former un nouveau trio ».

    De fait, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre, avec de nouveaux équilibres, poursuit la politologue. « L’Europe se trouve en mouvement ».

  • Attaque aux drones et flambée du pétrole : Quel impact sur le prix à la pompe ?

    Une augmentation des prix à la pompe dans les prochains jours semble inévitable, après l’attaque inédite qui a frappé l’Arabie Saoudite. Le secteur du pétrole s’installe dans une crise.

    Samedi, cette attaque aux drones a frappé deux sites de l’entreprise publique Aramco, le géants du secteur : la plus grande usine de traitement, située à Abqaiq ainsi que l’un de ses principaux champs pétroliers, à Khurais. Revendiquée par les rebelles yéménites houthis, cette double attaque a obligé l’entreprise à suspendre temporairement une partie de sa production de pétrole, créant une embardée du prix du baril.

    Quels sont les effets sur la production mondiale ?

    Ce n’est pas un secret, l’Arabie Saoudite, c’est un géant du pétrole dans le monde. Le royaume est le premier exportateur, le troisième producteur mondial et plus généralement, un membre important de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la deuxième réserve mondiale de pétrole. Les attaques et la réduction d’environ la motié de la production de pétrole saoudien qui a suivi ont eu pour principal effet de réduire l’approvisionnement mondial en pétrole de 6 %.

    En bourse, ça n’a pas manqué, les prix ont augmenté : après avoir bondi de 20 % à Londres en début de matinée (la plus grande envolée depuis la première guerre du Golfe, en 1991), le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne, gagnait dans la matinée de lundi 6,65 dollars, soit 11,04 %, tandis que la référence américaine, le WTI prenait 5,38 dollars, soit une augmentation de 9,81%. C’est

    Le prix de l’essence va-t-il augmenter ?

    Une augmentation des prix à la pompe dans les prochains jours semble inévitable. Le prix d’un litre d’essence se divise comme suit : le coût du baril représente environ 30 %, les taxes 60 %. Les 10 % restant sont associés aux coûts de transports et à la marge réalisée par les distributeurs. Mécaniquement, si le prix du baril augmente, le tarif affiché à la pompe aussi.

    « On peut s’attendre assez rapidement à une augmentation de l’ordre de 4 ou 5 centimes » parce que « les grandes sociétés répercutent au jour le jour l’évolution des prix sur le marché de Rotterdam sur l’essence et le gazole », a confirmé Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP). « Cinq centimes, à supposer que ça reste à ce niveau, c’est tout à fait considérable. C’est peut-être ce qu’il y a de plus inquiétant pour les Français », a-t-il encore souligné.

    Une pénurie est-elle possible ?

    D’après le président de l’UFIP, le pays est à l’abri d’une pénurie d’approvisionnement en carburant :  « On a en France trois mois de stocks de réserve, c’est la loi qui nous oblige à posséder dans des stockages trois mois de la consommation de l’année précédente ».

    Au niveau mondial, une pénurie est aussi difficilement inimaginable. Selon des experts, l’Arabie Saoudite serait en mesure de rétablir rapidement un tiers de sa production. Ryad a aussi déjà promis de mobiliser ses vastes réserves pour amortir le choc. Le président américain, Donald Trump s’est dit prêt à faire de même, pour amortir le choc pétrolier, twittant notamment qu’il y avait « énormément de pétrole ».

    « Pour le moment, les marchés sont bien approvisionnés avec de nombreuses réserves commerciales », a confirmé lundi matin l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

    Combien de temps cela va-t-il durer ?

    C’est l’une des principales inconnues. Tout dépendra tout d’abord des capacités de l’Arabie Saoudite à réparer ses installations et à reprendre une production normale. Mais c’est surtout l’augmentation des tensions dans la région que craignent les marchés financiers, notamment le risque d’une escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, après un mois de tensions diplomatiques entre les deux pays.

    Après l’attaque revendiquée par les rebelles yéménites houtis, soutenus par l’Iran, les États-Unis se sont dits « prêts à riposter » aux attaques de drones, après que le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a accusé samedi la République islamique d’être à l’origine des attaques. Des accusations que Téhéran a jugé « insensées » et « incompréhensibles », par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, qui a laissé entendre qu’elles avaient pour but de justifier « des actions futures » contre l’Iran.

  • Alignement du barème des impôt : La députée Anne Genetet détaille sa position sur la fiscalité des non-résidents

    Alignement du barème des impôt : La députée Anne Genetet détaille sa position sur la fiscalité des non-résidents

    Anne Genetet, députée LREM de la 11ème circonscription des Français de l’étranger (Europe de l’est, Russie, Asie, Océanie) est revenue avec nous sur le projet de réforme de la fiscalité des non-résidents. Celle-ci, complexe, va faire l’objet d’une profonde évolution dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) avec une volonté d’alignement de la fiscalité des Français non-résidents sur le territoire national sur celle des résidents. Une réforme qui pourrait voir certaines catégories de non-résidents, jeunes travailleurs sans enfants et retraités par exemple, subir une hausse significative de leur imposition sur leurs revenus en France.

    Mme la députée bonjour, merci de répondre à nos questions depuis Hanoi où vous êtes en déplacement en circonscription. Les interrogations ces jours-ci portent beaucoup sur la fiscalité des non-résidents en France avec parfois certaines inquiétudes. Pouvez-vous nous expliquer l’objectif de ce projet de réforme et ses principales caractéristiques?

    Anne Genetet, députée des Français de l’étranger

    Il s’agit d’un objectif de simplification. Aujourd’hui, quelle est la situation pour le contribuable non-résident ? Je tiens à souligner qu’il y a toutes sortes de revenus, y compris parfois moins de 800 euros par mois, ce sont les revenus de personnes qui ont une activité en France, une retraite en France, un bien immobilier en France. Les impôts peuvent être payés en France en fonction de la convention fiscale avec le pays de résidence. Quelques pays ne le font pas et notamment le Vietnam.

    Ils payent donc leurs impôts sur ces revenus en France, et se pose ensuite la question du barème. Aujourd’hui, le barème qui est appliqué au contribuable non-résident est d’une grande complexité, il est fait de deux parties, d’abord une première partie des revenus où il y a une retenue immédiate car l’Etat craignait ne jamais les revoir. C’est ce que l’on appelle la retenue à la source, qui est libératoire. Il y a une partie à 0% et une partie à 12% jusque 43 000 euros. Sur cette partie des revenus, les personnes ne peuvent pas demander le quotient familial, aucune charge ne peut être déduite, il n’y a rien du tout. Au-delà de 43 000 euros et dès le premier euro au-delà est appliqué un barème qui est assez sévère de 20%.

    Ce taux a été changé, il a été monté pour une partie des 27 000 premiers euros au-delà à 20% et c’est seulement au-dessus que nous sommes à 30%. Il est faux de dire que les personnes sont imposées à 30% de leurs revenus dès le premier euro. Il y a des possibilités d’adoucir cela en appliquant le barème progressif, qui est le barème qui s’applique en France à condition de fournir les revenus mondiaux. Il ne s’agit pas du tout de les taxer, il s’agit simplement de calculer un taux comme si le prélèvement était sur l’ensemble de ces revenus et ce taux est appliqué à la partie française des revenus. Cela restait très complexe et est arrivé au-dessus le prélèvement à la source qui s’appliquait au-dessus de 43 000 euros. Il y a donc deux systèmes, le prélèvement à la source d’un côté, la retenue à la source de l’autre.

    Toutes les semaines, des personnes m’écrivent pour des erreurs de calcul, pour des choses qui n’ont pas été prises en compte, tout ceci est souvent très complexe à comprendre. Cela est complexe pour l’Etat français également. Tout ceci est absurde, et pour des revenus médians inférieurs en moyenne au revenu médian français.

    L’Etat estime à 2 millions d’euros le coût de la mise en place d’un outil adapté pour comprendre les barèmes actuels.

    La simplification passe donc par un barème unique ?

    Oui, si l’on converge vers un barème unique, mais cela est sous conditions. Il faut en effet converger vers ce que l’on sait faire, avec un outil qui va automatiser le calcul, le contribuable va se retrouver avec des impôts calculés correctement, avec si il accepte de donner ses revenus monde le taux moyen qui s’applique. Est également prise en compte la situation familiale, ainsi que les charges pour pension alimentaire et ce depuis l’année dernière.

    En revanche j’ai pour ma part demandé qu’il y ait une convergence, mais aussi des déductions de charges. Je représente à cet égard mes amendements de l’année dernière mais il faut d’abord discuter avec le ministre ce qui est prévu ces prochains jours.

    Les craintes sont dans certaines catégories spécifiques de contribuables hors de France qui craignent de voir une augmentation significative de leurs impôts. Deux exemples : les retraités sans enfants à charge et les cadres célibataires expatriés. Vont-ils faire face à une augmentation importante de leurs impôts ?

    Les retraités français à l’étranger pourraient voir leur feuille d’impôts s’alourdir

    J’entends que l’on puisse faire un équilibre budgétaire familial et il faut effectivement envisager des mesures pour accompagner cette transition, que cela ne soit pas brutal et violent comme cela aurait pu l’être. Tout ceci est en discussion avec le ministre. Je ne peux pas encore évoquer ces pistes, il y a une discussion entre le collecteur d’un côté et le calculateur de l’autre. Il existe des exemples dans d’autres pays comme la Belgique qui a introduit pour les contributeurs non-résidents en Belgique une entrée progressive dans leur réforme jusque 2030.

    Certains de vos collègues parlent d’un moratoire d’un an avant la mise en place de cette réforme, est-ce selon vous une piste envisageable ?

    Je ne suis pas certaine que le délai d’un an permettre de s’adapter à une réforme effectivement importante pour certains contribuables. Il y a en revanche de vraies questions pour pouvoir faire cette entrée progressive, un an cela me parait encore un peu brutal.

    Un moratoire d’un an est envisagé par certains députés

    En tout cas il y a des différences, par exemple à l’inverse, une personne résidente fiscale en France doit déclarer l’intégralité de ses revenus monde et l’intégralité est imposée en France, en matière de prélèvements sociaux. C’est le cas par exemple de personnes percevant un loyer dans l’Union européenne, ils paieront les prélèvements sociaux sur ces revenus également.

    Il ne s’agit donc pas de défavoriser les contribuables non-résidents, c’est simplement qu’ils sont à l’heure actuelle particulièrement favorisés, dans un système extrêmement avantageux, mais il faut tenir compte des changements que cela va amener je l’entends absolument.

    Avez-vous une idée du calendrier pour la mise en place de cette réforme ?

    Cela dépendra des discussions avec le ministre. En revanche je vais déposer mes amendements en Projet de Loi de Finances qui va arriver prochainement. Cela portera notamment sur le taux minimum pour ceux qui ne souhaitent pas déclarer leurs revenus mondiaux et qui a été augmenté par le gouvernement de façon traître, c’est le terme, de 20 à 30% et je veux revenir au taux précédent.

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  • Pondichery: une présence française toujours existante malgré les remous

    Pondichery: une présence française toujours existante malgré les remous

    Colonie française au cœur de l’Inde du sud de 1673 à 1954, Pondichéry conserve une présence française et francophone importante. 6 Sénateurs français viennent d’ailleurs de s’y rendre en visite pour rappeler les liens qui unissent les deux nations et évoquer des projets de développement humanitaire et préservation du patrimoine. Ville dynamique de plus de 700 000 habitants (1 million d’habitants dans la région en pleine croissance), Pondichéry participe au développement de l’Inde.

    Des traces de la présence française toujours présentes

    Le Consulat de France à Pondichéry

    Tout commença en 1673 quand la compagnie française des Indes orientales chercha  à casser le monopole de la compagnie néerlandaise. La colonie, d’abord simple village, s’étendit rapidement avec notamment un plan urbanistique en damier qui n’est pas sans rappeler celui, à la même époque, de Lisbonne reconstruite et plus tard des métropoles nord-américaines.

    Les conflits avec la compagnie des Indes néerlandaises puis britanniques n’empêchèrent pas les Français de s’immiscer dans les affaires des princes locaux. L’empereur Moghol, au pouvoir faible, dut concéder des pouvoirs considérables à la compagnie comme celui de percevoir impôts, taxes et droits de douane et d’en créer de nouveaux. Ce fut alors une véritable enclave française en territoire indien qui se constitua.

    Le lent déclin de la France comme puissance coloniale en Inde

    Les décénnies suivantes seront pour le colon français plus complexes. Les invasions anglaises en 1761, 1778, 1793 laissent la ville exsangue. Ce fut le contrecoup des guerres en Europe, la ville fut complètement rasée en 1761, et 1778 . Elle ne retrouvera jamais son lustre d’antan, la Cour de Versailles a décidé de transférer le Gouvernement général de Pondichéry à l’Ile de France (Maurice) en 1785, mais continuera d’avoir une importance économique, notamment comme relai entre l’Hexagone et l’Indochine.

    L’alliance française de Pondichéry

    L’Union Indienne, créée en 1947, réclama le retour des comptoirs français. Après Chandernagor dès 1949, Pondichéry fut cédée en 1956. Les habitants, qui avaient la nationalité française, durent y renoncer pour obtenir la citoyenneté indienne mais disposaient de 6 mois pour décider de conserver leur passeport français. Ils devaient donc, par écrit, indiquer vouloir refuser la nationalité indienne et conserver la française. La communauté française sur le territoire demeure ainsi, encore de nos jours, importante, ce qui explique aussi la présence d’un consulat, de l’Alliance française, d’un lycée français et d’une antenne de la prestigieuse Ecole française d’Extrême Orient. L’Etat de Pondichéry n’est cependant toujours pas membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

    La France encore existante à Pondichéry

    Le Lycée Français de Pondichéry fut fondé en 1826 et était alors destiné à « l’éducation des jeunes de la classe blanche ». Il évolua fortement par la suite et devint en 1954 la « fenêtre ouverte sur la France » et fut ouvert à tous.

    Aujourd’hui, l’établissement est en gestion directe par l’AEFE. Il compte aujourd’hui environ 500 élèves, contre 1100 dans le passé, dont de nombreux petits Français.

    Des tensions autour du Lycée français

    Le Lycée français de Pondichéry

    Plusieurs tensions ont éclaté à l’occasion de la rentrée entre le Lycée et l’association de parents APE – LFP. Cette dernière, et sa secrétaire générale Chantal Samuel-David que nous avons contacté, reproche des frais de scolarité en très forte hausse, empêchant de nombreuses familles de continuer de scolariser leur enfant. Une autre critique porte sur des irrégularités estimées par l’APE-LFP concernant le déroulement des élections des parents d’élèves, l’association allant jusqu’à parler de mesures d’intimidation dans un communiqué du 5 septembre.

    Il faut espérer que la sérénité revienne dans cet ancien confetti de l’Empire français et que longtemps encore la présence française marque Pondichéry.

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