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  • Une nouvelle école, « Les Petits Lascars », a ouvert à Hong-Kong

    Conçue pour compléter l’offre du lycée français international, Victor Segalen, en particulier les enfants de toute petite section (TPS) et de petite section (PS), cette nouvelle école sera modulable pour accueillir des enfants jusqu’au CE2, comme cela se fait sur les trois autres sites situés à Central, Sai Kung et South Side.

    Rédigé par Catya Martin,  Rédactrice en chef du site Trait D’Union – notre partenaire 

    Avec cinq salles de classe, dont une réservée aux classes de bébés, Christian et Dominique Chasset, fondateurs et directeurs des Petits Lascars, se sont lancés un défi de taille. Spacieuses et lumineuses, les salles sont toutes équipées de tableaux blancs interactifs. Le mobilier, spécialement importé de France, est « ergonomique et respecte parfaitement les nouvelles recommandations de l’Education nationale », explique Dominique Chasset. « Il s’agit d’un mobilier permettant de favoriser différents types d’apprentissage dans un environnement totalement modulable », tient à préciser la directrice.

    Aux cinq salles de classe, viennent s’ajouter une grande salle de jeux à l’intérieur, un mur « Lego », un mur d’escalade et un mur végétal offrant aux enfants la possibilité de tester leur motricité mais aussi de s’exercer au jardinage. On y trouve également un coin bibliothèque où calme et repos sont de mise.

    « Nous avons également un grand espace extérieur face à la mer qui a été spécialement pensé pour favoriser à la fois le jeu et le développement moteur », indique Christian Chasset.

    L’école, réalisée pour les enfants, intègre également un espace pour les parents. « Nous avons conscience que beaucoup de parents accompagneront leurs enfants le matin, nous avons donc organisé un lieu qui leur est réservé, leur permettant de faire une pause, discuter et boire un café avant de repartir », souligne Dominique.

    Lancés dans des travaux importants avec la création du site de Tseun Kwan O, les fondateurs ont également décidé de rénover leur site de Central. Les locaux des Petits Lascars situés à Wellington Street s’agrandissent et font peau neuve.

    « Les locaux de Central ont été refaits à neuf, les salles de classe sont plus spacieuses et lumineuses et nous avons créé un grand espace de jeux à l’intérieur », explique la fondatrice. « Comme à TKO, tout a été pensé pour offrir un environnement stimulant le développement social, émotionnel, cognitif et moteur des enfants, avec à l’identique du site de TKO, un mur « Lego », un mur végétal, un coin bibliothèque et un mur d’escalade », tient-elle à préciser.

    La grande nouveauté du site de Central est l’acquisition d’un nouvel étage qui sera entièrement dédié aux enfants de TPS et aux bébés.

    Là non plus les parents n’ont pas été oubliés. Un espace leur est réservé pour les parents qui souhaitent rester un moment pendant l’accueil des enfants entre 8h et 8h30.

    Informations :
    http://www.petitslascars.com/
    https://www.facebook.com/LesPetitsLascars
    [email protected]

  • Que vaut votre monnaie ?

    Dix ans après la crise de 2009, le pessimisme est de retour. À l’époque, le surendettement avait été pointé du doigt même s’il n’expliquait pas à lui seul la force de la récession. En 2019, cet endettement n’a pas disparu. Les pays de l’OCDE sont endettés à hauteur de 225 % du PIB (dettes publique et privée) contre 190 % du PIB en 2008.

    L’augmentation de l’endettement a été justifiée pour alimenter la croissance. Or cette dernière tend à se rétrécir même si elle continue de tourner autour de 3%. Jean Tirole, lors de son discours de réception du prix Nobel en 2014, déclarait « notre incapacité à prévoir ou à prévenir la crise financière est un rappel douloureux des dangers de l’arrogance. Il est vrai que nous avions travaillé sur la plupart de ses ingrédients, mais comme un virus qui ne cesse de muter, de nouveaux dangers apparaissaient alors que nous croyions avoir compris et évité les dangers existants. »

    Taux bas et drogue monétaire

    Ces dix dernières années ont été marquées par le soutien permanent des pouvoirs publics, essentiellement les banques centrales à l’économie. Les politiques monétaires dites non conventionnelles sont des médications qui sont devenues des drogues. Les taux bas sont devenus incontournables pour les États et pour les entreprises. Leur remontée trop rapide ferait peser un risque de solvabilité sur un très grand nombre d’acteurs. Une des conséquences des politiques monétaires accommodantes a été la pression à la baisse des monnaies des pays ou zones concernées. Ainsi, les banques centrales ont opéré des dépréciations monétaires qui dopent par ricochet les exportations.

    Cette bataille larvée des taux de change rappelle celle qui avait cours après la récession de 1929. La pratique des taux bas a faussé le système ou plutôt le nonsystème des changes flottants. Au regard des excédents de la balance des paiements courants de la zone euro, la monnaie commune devrait s’apprécier. Du fait des faibles taux, -0,4% pour le taux de dépôt à la BCE et des problèmes que rencontrent plus États membres, l’euro se déprécie depuis quatre ans. Le Chine comme le Japon ont également agi à plusieurs reprises pour faire baisser le taux de change de leur monnaie. À contrario, le dollar s’apprécie du fait des taux d’intérêt relativement élevés et de la bonne santé de l’économie. Le déficit des balances courantes n’a pas pesé sur le cours d’autant plus que le dollar demeure la valeur de réserve de l’économie mondiale.

    Guerre des monnaies

    Par ailleurs, jusqu’à présent, les Américains ont plutôt tiré profit de leur dollar élevé pour attirer les capitaux dont ils avaient besoin. Les variations de change sont néfastes aux échanges et à la stabilité économique des États en particulier émergents.

    Avec la fin de la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971 et la fin de l’étalon-or en 1976, la gestion des variations de change a été au cœur des relations internationales dans les années 80 dans un contexte de surendettement des pays en voie de développement. Les accords du Plaza signés le 22 septembre 1985 entre les États-Unis, le Japon, l’Allemagne de l’Ouest, le Royaume-Uni et la France visaient à contrecarrer la hausse du dollar dont la valeur par rapport au franc de l’époque avait doublé. Les pays signataires avaient décidé d’intervenir sur le marché des changes pour peser sur le cours du dollar. L’objectif de ces interventions était d’arrêter la bulle spéculative sur le dollar américain, de réduire le déficit américain de la balance courante, qui avait atteint 3,5 % du PIB et de diminuer les excédents commerciaux du Japon et de l’Allemagne. Par ailleurs, les Américains souhaitaient limiter les investissements japonais en particulier dans le secteur immobilier aux États-Unis. Le Japon qui avait connu un taux de croissance supérieur à 5% durant les années 70 et 80, était alors perçu comme une menace.

    Système monétaire international en jachère

    L’accord du Plaza a eu l’effet escompté sur le taux de change du dollar. En quinze mois, la monnaie américaine efface tous ses gains par rapport au Deutsche Mark, retrouvant son plus bas niveau historique de 1979. Par rapport au yen, il perd 51 % en deux ans.

    Aux accords du Louvre, en février 1987, les pays mettent fin aux interventions sur le marché des changes, jugeant la dépréciation du dollar suffisante. Cet accord fonctionna bien dans un premier temps, mais à moyen terme, les résultats ont été mitigés avec des variations assez fortes du dollar. Au fil des années, la collaboration entre les principaux pays se réduisit. En 1990, l’Allemagne releva ses taux d’intérêt pour contrer l’inflation que provoquait la réunification. Simultanément, la FED diminuait ses taux directeurs en raison de la baisse d’activité économique. Le Japon a été la principale victime de ces deux accords qui auront brisé son expansion en pesant sur ses exportations. C’est à partir de 1987 que le pays s’engage dans la nasse des taux d’intérêt faibles pour favoriser sa croissance.

    Les accords du Plaza et du Louvre ont provoqué une forte hausse des taux d’intérêt à long terme, ce qui précipita le krach conjoint le 19 octobre 1987 des marchés obligataires et des marchés d’actions. Depuis, les interventions sur les cours de change ne sont plus de mises d’autant plus que, avec la financiarisation de l’économie, les moyens à mettre en œuvre par la puissance publique doivent être plus importants qu’au milieu des années 80. Depuis une quarantaine d’années, le système monétaire est en jachère. L’idée du FMI de faire du droit de tirage spécial (calculé à partir d’un panier des principales monnaies) l’étalon ne fait pas recette.

    Le retour impossible de l’étalon-or

    Dans le passé, les systèmes monétaires ont été construits par et pour la puissance dominante. Avec un monde composé d’une puissance régnante et d’une puissance émergente, l’instauration d’un système monétaire est une opération très difficile à mener. Pour autant, la demande d’une stabilité monétaire durable est formulée par un grand nombre d’acteurs. Certains comme Alan Greenspan, l’ancien Président de la Banque centrale américaine, souhaitent même réhabiliter l’étalon-or. Dans un entretien de février 2017, ce dernier, revenant sur la récession de 2009 et ses origines financières, estimait que l’étalon-or comportait de nombreux avantages. Il déclarait ainsi « dans un régime d’étalon-or, nous ne nous serions jamais retrouvés dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui ». Qualifié de relique barbare par Keynes et condamné aux poubelles de l’histoire par Lénine, l’or demeure une référence et une valeur refuge. Les banques centrales des pays émergents en achètent pour s’assurer une certaine crédibilité.

    La résurgence de l’étalon-or bute sur plusieurs obstacles. Ainsi, la production limitée de l’or bride les échanges et donc la croissance. Cette limite joue également pour le bitcoin. Par ailleurs, le cours de l’or s’ajuste au niveau de vie. Ainsi, en 1910, un ouvrier qualifié recevait chaque mois 160 francs équivalant en termes de pouvoir d’achat à 630 euros d’aujourd’hui. Le salaire de son homologue de 2018 est de 1 885 euros ce qui montre qu’en un siècle le progrès technique a permis de multiplier par trois le revenu réel des salariés. Simultanément, huit pièces de 20 francs de 1910 ont désormais une valeur de 2 000 euros sur la base du cours de l’or. Avec un étalon-or, l’évolution du pouvoir d’achat apparaît donc identique. Il convient de relativiser ce raisonnement du fait, ces dernières années, des fortes fluctuations de l’or. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l’or est une matière première indispensable au secteur de l’informatique et de l’électronique. L’or n’est pas réparti de manière uniforme entre les pays, les anciens pays industrialisés étant privilégiés en la matière.

    La neutralité monétaire a disparu

    Le retour à l’étalon-or apparaît aujourd’hui improbable voire impossible. Pour autant, le système de changes flexibles est accusé de générer d’importants déséquilibres. Avec l’interventionnisme de plus en plus fort des banques centrales, la neutralité monétaire dans le cycle économique a disparu. Si pour le moment, l’augmentation des bases monétaires n’entraîne pas une fuite devant la monnaie du fait de l’absence d’inflation, elle est une source évidente de bulles sur certains actifs. La situation demeure aujourd’hui néanmoins relativement sous contrôle car jusqu’à maintenant, au grand dam de Donald Trump, les actions des banques centrales sont coordonnées. Si tel n’était plus le cas, l’économie mondiale renouerait alors avec des pratiques d’avant la Seconde Guerre mondiale et avec les risques que cela comporte.

  • Le risque de « No deal » demeure très présent selon Jean-Claude Juncker

    Le risque d’un Brexit sans accord demeure « tout à fait réel » selon Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission se dit prêt à travailler avec acharnement pour trouver une solution.

    Les députés européens ont appuyé une résolution demandant d’accorder une nouvelle extension au Royaume-Uni, après le 31 octobre, afin que Londres dispose de davantage de temps pour accepter les termes de son retrait.

    La résolution, qui a été adoptée à une large majorité de 544 voix contre 126, démontre que les eurodéputés sont favorables à une extension, bien que le président du Parlement, David Sassoli, ait déclaré qu’un tel cas de figure n’était envisageable que si le Royaume-Uni organisait une élection ou un référendum.

    Cela montre aussi qu’une sortie sans accord relèverait de la seule responsabilité du Royaume-Uni, ce qui peut être interprété comme une réponse aux critiques des politiciens britanniques, qui ont accusé l’UE d’être intransigeante et peu encline au compromis dans le cadre des négociations.

    Devant le Parlement européen, Jean-Claude Juncker a souligné que Boris Johnson, le Premier ministre britannique, lui avait dit durant leur déjeuner du 16 septembre que Londres souhaitait toujours un accord de transition, mais qu’elle quitterait le giron européen avec ou sans un tel accord le 31 octobre.

    Jean-Claude Juncker a déclaré le 17 septembre à son collège de commissaires que c’est à l’occasion de ce déjeuner que Boris Johnson a pour la première fois « compris l’importance du marché unique».

    « Il reste très peu de temps… Le risque d’une sortie sans accord est tout à fait réelle », a souligné Jean-Claude Juncker, ajoutant qu’il croit toujours en la possibilité de l’éviter.

    « Notre unité est notre plus grand atout, elle nous permettra de mener à bien les débats de la semaine prochaine et continuera de définir cet hémicycle à l’avenir », a-t-il déclaré aux eurodéputés.

    « Je ne suis pas émotionnellement attaché au backstop irlandais », a ajouté le président de la Commision. « J’ai demandé au Premier ministre de proposer des alternatives par écrit », a-t-il dit, décrivant le dispositif comme un « filet de sécurité » pour éviter la division de l’Irlande après le Brexit.

    Jean-Claude Juncker a répété ses précédentes déclarations, soulignant que Londres devait présenter des propositions réalistes pour remplacer la solution du filet de sécurité figurant dans l’accord de divorce entre le Royaume-Uni et l’UE. Tant que cela n’a pas lieu, « il n’y aura pas de véritable progrès ».

    Faisant écho à ces propos pessimistes, Tytti Tuppurainen, le ministre finlandais des Affaires européennes dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE, a déclaré pour sa part qu’un Brexit sans accord constituait « une issue très probable ».

    Leurs propos ont été appuyés par ceux de Michel Barnier. Le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit a souligné qu’une sortie sans accord laisserait de nombreuses questions en suspens concernant les droits des citoyens européens, la frontière irlandaise et les obligations britanniques dans le cadre du budget européen à long-terme.

    « Nous ne devrions pas perdre de temps à faire semblant de négocier », a-t-il déclaré, expliquant aux eurodéputés que la semaine dernière encore, le gouvernement britannique n’avait fait qu’exprimer ses griefs à l’encontre du backstop irlandais, plutôt que de proposer des alternatives pratiques.

    « Nous ne voulons pas revenir à une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, nous voulons protéger la totalité des dispositions de l’accord du Vendredi saint et nous voulons protéger l’intégrité de notre marché unique. »

    « Si le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord, ces questions ne vont pas disparaître, elles seront toujours là et devront être réglées avant qu’une nouvelle relation avec le Royaume-Uni puisse être établie », a poursuivi Michel Barnier devant les parlementaires européens.

    Dans le débat qui a suivi, les eurodéputés semblaient accueillir avec lassitude la perspective d’une sortie britannique sans accord.

    En dépit des nombreux sièges vides dans l’hémicycle, les eurodéputés favorables au Brexit étaient venus en force et applaudissaient chaque évocation de la sortie britannique.

    Le négociateur du Parlement européen sur le Brexit, Guy Verhofstadt, a déclaré que le backstop ou toute autre forme de « filet de sécurité » serait exigée par les eurodéputés afin d’éviter une résurgence de la violence à la frontière irlandaise.

    « Il n’y a pas eu une seule alternative juridiquement réalisable proposée par le gouvernement britannique », a-t-il déclaré aux eurodéputés.

    Guy Verhofstadt et d’autres parlementaires européens ont également évoqué les risques concernant le statut légal des citoyens de l’UE après le Brexit, appelant des autorités britanniques à enregistrer automatiquement les citoyens européens. Près de trois millions de citoyens de l’UE sont encore en attente de savoir s’ils obtiendront un statut confirmé au Royaume-Uni.

    « Pour l’heure, il n’est pas question du Royaume-Uni qui quitte l’UE, mais des emplois et des entreprises qui quittent le Royaume-Uni, a déclaré Manfred Weber, le chef du PPE en guise de raillerie à l’égard des pro-Brexit.

    Les leaders européens se réuniront à nouveau à Bruxelles les 16 et 17 octobre pour le prochain Conseil européen, qui constituera la dernière opportunité pour Londres d’obtenir un accord avant une sortie de l’UE le 31 octobre.

    Le Parlement européen doit approuver tout accord sur le Brexit conclu entre l’UE et le Royaume-Uni pour qu’il entre en vigueur.

  • Le chaos démocratique est plus solide qu’on ne le croit

    Au Royaume-Uni gouverne un Premier ministre sans majorité, qui n’a pas été désigné par les électeurs. L’Espagne, sans gouvernement, retourne aux élections, pour la quatrième fois en quatre ans. Celles qui ont eu lieu en Israël ne donnent toujours pas de majorité. L’Allemagne ne vit que de grandes coalitions, ce qui favorise les partis populistes. L’Italie invente la coalition d’un parti antiparti avec le parti ennemi pour empêcher l’autre parti antiparti de provoquer des élections. En France, les gilets jaunes, qui ont monopolisé le débat l’an dernier, ont présenté trois listes aux élections européennes : aucune n’a dépassé 1%.

    Les élections ne serviraient-elles donc à rien ?

    Ce n’est pas ce que pensent les Tunisiens. Des deux candidats arrivés en tête, l’un est sans parti, l’autre est en prison : les électeurs ont condamné les juges et le pouvoir sortant. Ni les Algériens : l’armée veut un vote, les manifestants de vraies élections. A Taïwan, à Hong Kong, la question « nationale », celle de l’obédience chinoise, doit se résoudre par le vote. En Russie, le pouvoir de Poutine a reçu une gifle électorale aux élections locales, alors qu’il met ses opposants en prison. Au Venezuela, au Honduras, en Argentine, l’espérance du vote contient la violence, même si chacun sait qu’il ne résoudra pas tous les problèmes.

    La marque des pays forts

    Le Belgique avait montré l’exemple : elle qui resta sans gouvernement pendant plus d’un an, fut, durant ce temps, bien géré. Le fait de changer les dirigeants, de les soumettre à la question démocratique, de les obliger à composer, à s’organiser de telle sorte que les institutions fonctionnent montre que le pays n’est pas à la merci d’un gouvernement, d’un Président, d’une majorité. C’est la marque  des pays forts.

    La Russie sans Poutine est un abime d’incertitude. Le Maroc sans M6 aussi. La France sans Macron resterait le même pays. « Moi ou le Chaos », disait De Gaulle. Depuis, grâce à l’enracinement de la République, il n’y a ni De Gaulle ni chaos. Même si parfois, on est gagné par un brin de nostalgie, regrettant la hauteur de vue des politiques d’avant le Twitt.

    Pourtant, la France n’apporte pas encore la stabilité requise. Son pouvoir est fort et faible à la fois, parce que trop concentré, rigide. Tout remonte au sommet. Un sommet vite débordé, impuissant, qui n’en finit pas de se concerter en concertations tant son pouvoir le dépasse. Ici comme ailleurs, les intermédiaires, dans une société de l’immédiat, partis et syndicats, sont dévitalisés.

    La révolution en cours

    Il faut apprendre à vivre ainsi, retenant ce qui est positif dans cette instabilité, en corrigeant ses impuissances. Comment ? En s’appuyant sur la révolution en cours. Celle d’un désordre créatif, qui, tel le chaos, quand on le modélise, cache un ordre réel.

    Dans le baromètre annuel de « fractures françaises », de l’Ipsos, la défiance des Français vis-à-vis des dirigeants atteint des sommets. 73% des Français pensent que le pays est en déclin. Heureusement, la moitié pense que ce déclin n’est pas irréversible. 54%, contre 46%, pensent que l’humanité évolue vers plus de progrès. Il y aurait régression sur la protection de la nature (55%), les libertés (68%), la justice sociale (73%), la tolérance (81%).

    Une société de défiance

    La France est devenue une société de défiance. 21% seulement des Français pensent que l’on peut faire confiance à la plupart des gens. Et cette crise confiance touche toutes les institutions politiques, mais aussi les syndicats, les banques, les grandes entreprises.

    46% des Français pensent que le « système » ne fonctionne plus. 84% en Pologne. 78% au Brésil. Bref, le monde est devenu incompréhensible, illisible.

    Hélas, 77% des Français pensent que la prise de pouvoir d’un leader fort serait « une solution pour améliorer la situation du pays ». Comme si la force permettait de simplifier un monde en révolutions. C’est l’inverse : une société est forte parce qu’elle est capable de changer et de s’adapter aux soubresauts du monde. Le recours à l’homme fort est le signe des pays faibles, qui s’abandonnent à l’illusion du pouvoir.

    La solution n’est pas dans le mythe du « pouvoir fort »

    La solution n’est pas dans le « pouvoir », qui n’en peut mais, il est dans la vitalité de la société, dans son autonomie par rapport aux pouvoirs. C’est que disent les Algériens, les Tunisiens, les Européens aussi, quand ils veulent plus de règles, plus de justice en somme, et moins de pouvoir, moins d’idéologie.

    Le monde est en ébullition, il n’y a pas une solution, qui se sublimerait en un homme providentiel, mais des solutions qui obéissent partout à un ordre démocratique. La bataille idéologique reste celle là, y compris en France, entre ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. En quoi ? En la démocratie et l’état de droit, qui ont plus d’ennemis qu’on ne le croit. Y compris en Europe, y compris en France, et dans tous les partis.

    Laurent Dominati, Président de la Société éditrice « Lesfrancais.press », a été Ambassadeur de France, Député et Conseiller de Paris.

     

  • Un diplomate français, affilié à l’ultra-droite, sous les verrous en France pour Terrorisme

    Au terminal 3 de l’aéroport de Roissy, trois hommes scrutent l’arrivée du vol Iberia 3740 en provenance de Madrid. Il est 20h12, ce dimanche 2 juin 2019, lorsque ces policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), munis d’une photographie de leur cible, repèrent Marc-Antoine G. dans le flot des passagers au poste de contrôle. Le suspect de 51 ans est aussitôt interpellé puis placé en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Soupçonné d’être membre de l’AFO, cette cellule d’ultra-droite qui voulait lutter contre un prétendu « péril islamique », il présente un profil pour le moins inattendu…

    Voilà plusieurs mois que les enquêteurs attendaient le retour de ce haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères : ancien consul adjoint au Gabon, Marc-Antoine G. occupe les fonctions d’adjoint à l’ambassadeur de France au Salvador. Mis en examen le 6 juin pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », le diplomate a été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de quitter la France. Il a par ailleurs été suspendu de ses fonctions par le Quai d’Orsay, qui n’a pas souhaité « commenter une procédure judiciaire en cours ».

    Un groupuscule islamophobe

    Il s’agit là du 14e suspect mis en examen dans ce dossier nébuleux. Depuis la première vague d’interpellations en juin 2018, les policiers tentent de faire la lumière sur le réseau « Action des forces opérationnelles », composé d’hommes et de femmes âgés de 33 à 70 ans. Un groupuscule islamophobe implanté sur l’ensemble de la France dans lequel on trouve des retraités adeptes du survivalisme, convaincus que l’Etat est incapable de les protéger, et des radicalisés prêts à commettre des attentats contre la communauté musulmane.

    Si plus aucun suspect n’est en détention provisoire, les policiers ont découvert l’existence de projets qui ont clairement dépassé le stade du fantasme : empoisonnement de nourriture halal en supermarchés, meurtre d’imams, attaques de mosquées, lancer d’explosifs dans des voitures conduites par « des Nord-Africains »…

    « Le projet initial de l’AFO consistait, lors d’une attaque terroriste de type 13 Novembre, à être en mesure dans les heures qui suivaient de frapper à travers toute la France des cibles reconnues comme étant radicales », a avoué Marc-Antoine G. en garde à vue, citant « l’exemple de l’imam de Brest ». Selon l’ex-numéro 2, il s’agissait avant tout de « mesures de représailles » mais certains membres considéraient que « l’attaque était aussi une option ». Aucune date précise de passage à l’acte n’avait toutefois été fixée.

    Nommé chef de la région Île-de-France de l’AFO

    Les enquêteurs sont remontés jusqu’à Marc-Antoine G. après avoir exploité les nombreux échanges entre les 13 autres suspects. Dans un document saisi en perquisition, il est ainsi mentionné qu’un certain « Cortes » – le pseudonyme du diplomate – a été nommé chef de la région Île-de-France de l’AFO à l’été 2017 par Guy Sibra, ancien policier et fondateur de l’organisation clandestine. Dans le même temps, Marc-Antoine G. a été muté à l’ambassade du Salvador. Mais les policiers ont découvert qu’il donnait des consignes à distance et se tenait au courant de l’avancée des projets violents de ses camarades, recevant des comptes rendus de réunions par mail. « Les entraînements militaires comportaient du tir, de la course, de la marche et de la fabrication d’explosif à faible teneur », a détaillé le diplomate devant les enquêteurs.

    Marc-Antoine G. est par ailleurs soupçonné d’avoir recruté plusieurs membres AFO pour la cellule francilienne. Dont Daniel R., un ancien militaire des Yvelines qui confectionnait chez lui « des petits plats » : autrement dit du TATP… Des messages révèlent que le fonctionnaire a envisagé de ramener des armes du Salvador par « valise diplomatique ». Ce qui lui aurait permis d’échapper à tout contrôle. Une liste mentionnant des armes à feu (« Fusil, Uzis, Kalachnikovs… ») a été découverte dans un grenier à son domicile en région parisienne.

    «Je doutais de mes capacités à passer à l’acte»

    « Admirateur de de Gaulle », « patriote », Marc-Antoine G. a admis qu’il avait effectué un court séjour en mai 2018 en France pour assister à une réunion de l’AFO à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Réunion au cours de laquelle « l’opération halal » – consistant à injecter de la digitaline ou de la mort-aux-rats dans des produits destinés aux musulmans – a été validée par les instances d’AFO. « Cela m’a écœuré, ça ne correspondait pas à mes idées », s’est défendu le quinquagénaire. On ne peut pas faire plus lâche et traître que ce projet. »

  • Mélenchon : Le show politique dans le tribunal / Video résumé de la perquisition

    Si les rares échanges ont été vifs et ponctués d’incidents techniques, le leader de la France insoumise a obtenu une première victoire : son procès n’a pas été renvoyé. Tout sauf un détail

    « Parquet aux ordres ». « La colère n’est pas un délit »… Comme attendu les militants insoumis n’ont pas manqué de se mobiliser pancartes en main, ce jeudi matin, devant le tribunal de grande instance de Bobigny, où Jean-Luc Mélenchon est arrivé peu avant 9 heures pour répondre de son comportement lors de la perquisition du 16 octobre dernier au siège de la France insoumise. Une affaire pour laquelle cinq autres personnalités de son mouvement ont également été citées à comparaître à ses côtés. Soit, les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud, l’eurodéputé Manuel Bompard, l’attachée de presse de la FI, Murielle Rozenfeld et Bernard Pignerol, le président de l’association l’Ere du peuple.

    Accueillis par leurs soutiens, ils ont ensuite pris place au premier rang de la salle d’audience, face au président du tribunal et à ses assesseurs. Avec une surprise dans leur manche : l’arrivée de l’ancien ministre de l’Intérieur de François Mitterrand, Pierre Joxe, venu les soutenir. Une figure de la gauche que Jean-Luc Mélenchon s’est empressé d’aller saluer.

    « C’est une mascarade »

    Toutefois, ce n’était pas la seule surprise de cette matinée. Avant que ne débutent les débats, une rumeur insistante a parcouru le tribunal : la possibilité d’un renvoi de l’affaire. Or, celle-ci était tout sauf infondée. En effet, à l’ouverture de l’audience, le parquet a bien demandé à ce que le dossier soit plaidé à une date ultérieure ; et ce au motif que l’enquête de l’IGPN n’a pas été transmise à toutes les parties. Une perspective qui a provoqué la première passe d’armes entre la partie civile et les avocats de la défense. Tandis que la première approuvait le choix du ministère public, les seconds sont vivement montés au créneau : « C’est vous, le parquet, qui avez fixé la date de ce procès ». Et d’appuyer : « C’est une mascarade ». Le ton était donné.

    Problème de… lecture

    Après une courte suspension d’audience, le tribunal a finalement décidé de ne pas renvoyer l’affaire. Et d’attaquer ce procès par le visionnage des vidéos de la perquisition filmée par l’émission Quotidien. Cependant, ce qui ne devait être qu’une formalité technique a néanmoins offert un nouveau moment de flottement. Impossible en effet de diffuser les images sur les deux écrans de la salle.

    « Nous n’arrivons pas à ouvrir le CD », se désolait alors le président. Rires dans la salle. C’est finalement l’assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon qui prêtera son ordinateur portable au tribunal… Il fallait un Mac pour lire ces vidéos… Lesquelles, au passage, ont d’abord été diffusées dans le désordre, avant de retrouver une chronologie des faits plus cohérente…

    « La République, c’est moi »

    Une fois ces différents écueils surmontés, Jean-Luc Mélenchon et les cinq autres prévenus ont donc pu revivre, dans la peau du prévenu cette fois, les événements du 16 octobre dernier. Et bien entendu la fameuse colère du leader de la France insoumise, furieux de ne pouvoir entrer dans les locaux de son mouvement. Ses propos, qui ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux, sont désormais connus : « Enfoncez-moi cette porte », « Frappez-moi pour voir », « Vous savez qui je suis » et son désormais célèbre « La République, c’est moi ».

    Dans la salle, Jean-Luc Mélenchon observe, un crayon à la main, esquissant parfois un sourire, mais le plus souvent commentant à voix basse ces images avec Bernard  Pignerol à sa droite et Alexis Corbière, à sa gauche.

    « C’est normal que l’on fasse des montages dans un procès politique » – Dupond-Moretti

    Contre toute attente, ces images provoqueront un nouvel échange vif entre leurs avocats et ceux de la partie civile en particulier Maître Dupond-Moretti, qui conseille trois policiers présents lors de cette perquisition. Alors que certaines vidéos ont été diffusées sans le son, les avocats de la France insoumise ont indiqué qu’il s’agissait d’un « montage ». Réponse cinglante du ténor du barreau Dupond-Moretti : « C’est normal que l’on fasse des montages dans un procès politique ».

    A 12h15, le président suspendait l’audience. Mais à ce stade, Jean-Luc Mélenchon et les insoumis ont marqué un premier point : le procès n’a pas été renvoyé. Tout sauf un détail. Dans le cas contraire, ils risquaient de devoir se représenter devant la justice dans six mois. Soit au plus près des municipales. Ce que ne souhaitait en aucun cas l’ex-candidat à la présidentielle. L’audience va reprendre dans l’après-midi.

    L’aprés-midi c’est dans un face-à-face tantôt tendu, tantôt comique, le leader de La France insoumise s’est trouvé sous le feu des questions de l’avocat des parties civiles. « C’est une technique classique, de couper petit morceau par petit morceau les questions. Allez droit au but, soyez offensif ! » lui a conseillé Jean-Luc Mélenchon, déclenchant le rire dans la salle. Alors que le ton s’élève, Eric Dupond-Moretti rétorque à Jean-Luc Mélenchon : « Ne parlez pas si fort, ne criez pas ! » Ce dernier s’empresse de le corriger, en désignant le président : « Ce n’est pas vous qui donnez des ordres, c’est lui. » Le président a finalement clos l’échange : « Vous réglerez vos comptes dehors… »

    La tension a même été encore plus vive avec un autre représentant de La France insoumise. Cette fois, Eric Dupond-Moretti s’est carrément mis en colère. « Moi aussi je peux me mettre à hurler, ils ont dit d’un avocat ce qu’il y a de pire, qu’il est complice d’un complot. Ferme-là, toi ! » a-t-il lancé à l’intention du député européen LFI, et prévenu dans le procès, Manuel Bompard. « Prenez un petit peu de camomille », a ensuite lancé Jean-Luc Mélenchon à l’avocat pour continuer l’affrontement qui oppose les deux hommes depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

    « On est en train de faire éclater la vérité », affirme le député LFI Eric Coquerel

    Alors que le procès continuait tard avec l’audition des partis civiles, sur les plateaux de télévision, le combat pour l’adhésion de l’opinion publique était intense. Ainsi le député LFI Eric Coquerel a affirmé sur l’antenne de BFM que les Insoumis sont « en train de faire éclater la vérité » et que « si la justice se passe normalement [il] sera serein ».  Sans oublier un détail qui en a amusé plus d’un,  alors le député des Bouches-du-Rhône saluait dans la salle le fait que le procès ne serait pas renvoyé et se fendait d’un « Merci, monsieur le président », Jean-Luc Mélenchon continuait à… tweeter. En tout cas, son compte Twitter continuait à être actif pendant l’audience, sans que le leader des Insoumis soit aux manettes. Le procédé, assez commun en communication politique, s’inscrit ici dans une stratégie plus globale déployée par les insoumis pour ce jeudi.  Les tweets de Jean-Luc Mélenchon comportent notamment le hashtag #StopLawfare, en référence à la récente campagne du mouvement, qui dénonce les « procès politiques », en France et dans le monde.

    La suite demain sur tous vos écrans….

    LA VIDEO DE LA PERQUISITION

  • Journées européennes du patrimoine: le programme des 21 – 22 septembre et des jours suivants

    Créées en 1984 par le ministère de la culture à l’initiative de Jack Lang, les journées du patrimoine sont désormais présentes dans toute l’Europe et assistées par le Conseil de l’Europe.

    Les Journées du patrimoine sont donc, désormais, européennes et permettent chaque année à plus de 20 millions de personnes de visiter des milliers de sites rarement accessibles et de participer à des événements uniques.

    Cette façon de découvrir des lieux habituellement fermés au public ou de découvrir des expositions spéciales fait l’objet d’un bel engouement. Citons notamment une exposition de Michele Desubleo à Venise  et une visite guidée exceptionnelle au musée de l’automobile de Turin toujours en Italie

    Cette initiative, dont la France, est à l’origine vise à:

    • faire mieux connaître la richesse et la diversité culturelles de l’Europe;
    • susciter l’intérêt pour le patrimoine culturel de l’Europe;
    • lutter contre le racisme et la xénophobie et encourager l’ouverture aux autres cultures dans toute l’Europe;
    • informer les citoyens et les pouvoirs publics (ou les décideurs politiques) sur la nécessité de protéger le patrimoine culturel;
    • inviter l’Europe à relever les défis politiques, économiques et sociaux auxquels le secteur de la culture est confronté.

    La France à l’étranger se mobilise

    Notons surtout que la France met son tentaculaire réseau diplomatique en ordre de marche pour les journées du patrimoine.

    La Villa Médicis à Rome

    En Italie, encore, le splendide Palais Farnèse, chef d’œuvre de la renaissance et ambassade de l’Hexagone, ouvre ses portes gratuitement de 9h à 21h dimanche 22 septembre. L’occasion de découvrir le salon d’Hercule, la salle des Fastes Farnésiens, la salle des possessions, les Camerini et la Galerie des Carrache. Le 21 septembre, toujours à Rome, il sera aussi possible, pour 1 euro symbolique, de visiter la villa Médicis phare de la culture française au cœur de la capitale italienne.

    L’église Saint-Louis des Français de Lisbonne

    Au Portugal, ce seront les 27 et 28 septembre prochains qu’auront lieu les visites du Palais de Santos, qui abrite l’ambassade, et l’Eglise Saint-Louis des Français, symbole depuis des siècles des liens entre les deux pays.

    Au Japon, l’ambassade n’a pas prévu d’ouvrir ses portes mais est organisée une exposition sur Go Nagai , célèbre mangaka qui fut récemment décoré par la France.

    Sur le même continent, au Cambodge, le parc de l’Ambassade de France sera ouvert au public le samedi 21 septembre de 8h à 16h à l’occasion de la journée du Patrimoine. Nouveauté : nous serons ouverts en continu de 8h à 16h pour vous permettre de mieux profiter de cette journée portes ouvertes. Et Comme chaque année,  le Consulat général de France à Ho Chi Minh  ouvrira ses portes pour accueillir des visiteurs le 21 septembre.

    A noter, le consulat général de France à San Francisco, en collaboration avec Malakoff Diggins State Historic Park, invite tous les amateurs de patrimoine à découvrir nos ancêtres les pionniers venus de France, pour une journée un peu particulière. Ce lieu n’est pas bien loin, puisqu’il est situé à 26 miles au nord de Nevada City et à l’est de Sacramento. Chaque année pendant les Journées du Patrimoine, ce parc organise un festival en plein air afin de célébrer son patrimoine français. Ce lieu a vu naître dans les années 1850, une mine d’or et un village français à qui un groupe d’archéologues a redonné vie grâce à des fouilles et la parution d’un mémoire historique. Ce fut le plus grand site minier hydraulique des Etats-Unis, administré alors par des Français venus du vieux continent.

    Tandis qu’aux Pays-bas, les Journées européennes du patrimoine se tiendront autour du thème « Arts et divertissements » fixé par le Conseil de l’Europe et la Commission européenne et repris par la plupart des 50 États signataires de la Convention culturelle européenne, le consulat participera lui aussi.

    De nombreuses ambassades et consulats sont ouverts n’hésitez pas à consulter la page de votre ambassade pour découvrir les festivités. 

    Le Quai d’Orsay ouvert aux visiteurs

    L’hôtel du Quai d’Orsay , qui abrite le siège de la diplomatie française, ouvre également ses portes les 21 et 22 septembre aux visiteurs.

    Au programme : visite des salons, démonstration de travaux de restauration d’art, rencontre avec l’apiculteur du ministère, expositions et concerts de la Garde républicaine!

    Aussi à notre que le parc et le potager du château de St Cloud, qui dépend du ministère des affaires étrangères seront ouverts à la visite libre le samedi et le dimanche de 10h à 18h.

    L’histoire du château de La Celle Saint-Cloud a été construite par ses nombreux propriétaires au fil des années. Venez parcourir les 25 hectares de parc paysager, cheminer dans le potager en permaculture, rencontrer l’apiculteur du Domaine, profiter d’un instant lecture avec la Bibliothèque municipale dans le potager ou encore assister à la représentation proposée par les élèves du Carré des Arts à partir d’Antigone, de Jean Anouilh.

    Aussi, le centre d’archives du ministère basé à Nante, unique concentration de la mémoire internationale du pays, sera ouvert au public. Ce batiment conservant 45 km d’archives rapatriées des ambassades et consulats français dans le monde entier, du XVIe au XXIe siècles. Un patrimoine vivant et en prise avec les grands enjeux internationaux.

     

  • Fiscalité: entretien avec Cécilia Gondard, Présidente de la Commission Fiscalité pour les Français de l’étranger

    Rencontre avec Cécila Gondard, présidente de la fédération PS des Français de l’étranger pour parler notamment de fiscalité.

    Bonjour Cécilia Gondard, vous êtes élue à Bruxelles, également présidente de la fédération PS des Français de l’étranger, vous présidez également la commission de la fiscalité de l’Assemblée des Français de l’étranger, vous travaillez pour l’Union européenne et vous êtes une spécialiste des questions de fiscalité, c’est pour cela que nous vous appelons aujourd’hui pour aborder le cas de la fiscalité des non-résidents. Dans le cadre de la Loi de Finances 2020 les non-résidents qui jusque-là bénéficiaient d’un barème souvent avantageux, pourraient donc être imposés comme ceux qui vivent en France, certains craignent une flambée de leurs impôts. Cela pourrait être le cas des jeunes travailleurs sans enfants, ceux qui vivent de revenus locatifs et les retraités par exemple. Que pensez-vous de cette réforme du gouvernement qui dit vouloir simplifier les choses, quel est l’impact réel sur les impôts des Français qui vivent à l’étranger, ces derniers seront ils gagnants ou perdants dans ce nouveau système d’imposition ?

    Cette réforme nous a été vendue comme un système de convergence entre l’imposition des Français en France et des non-résidents. C’est exactement l’inverse.  Actuellement il y a un double système, d’un côté une imposition sur un régime forfaitaire pour les salariés non -résidents, que l’on appelle la retenue à la source, avec des tranches progressives qui sont moins progressives que ce qui existe en France, mais qui sont de 0, 12 et 20% et qui sont libératoires ce qui veut dire qu’une fois que l’on a payé cela l’on est quitte, les libératoires jusque 42500 euros.

    Ces personnes n’ont pas d’obligations de justifications des revenus mondiaux, ils n’ont pas les mêmes droits comme les déductions familiales, mais il existe un deuxième système en parallèle, avec un minimum de 20%.

    Cécilia Gondard

    S’applique alors le quotient familial mais presque aucune déduction, cela  a un petit peu changé et il y aurait désormais des déductions de pensions alimentaires appliquées de manière très restrictives. Ceux-là avaient jusque présent un taux de 20% et si ils voulaient basculer sur le taux progressif comme les Français de France, devaient justifier tous les revenus mondiaux, ce qui est parfois compliqué dans les pays en développement.

    Ce système du taux minimal s’applique dès le premier euro. Toutes les personnes qui étaient jusque présent au taux forfaitaire,  n’avaient pas besoin de payer ces 20% dès le 1er euro, mais maintenant et je pense que les députés Anglade et Genetet n’ont pas compris, tout le monde sera imposé dès le premier euro.

    Pour les petits revenus ce sera un nouvel impôt. Il y a une nouvelle taxation sur le travail qui vient compenser les revenus du patrimoine dont l’exit tax. Pour les travailleurs frontaliers, notamment les universitaires, les chercheurs et les fonctionnaires, ils pourront avoir un effet de fuite des cerveaux vers la Belgique.

    Il y a-t-il un risque que les gros contribuables quittent la France ?

    Il y a eu une baisse de l’imposition du patrimoine, cette réforme touche surtout ceux qui vivent de leur travail plus que du patrimoine.  Le risque est plus d’une fuite des cerveaux.

    Autre risque : l’inégalité devant les impôts, nous pensons notamment à la loi Pinel avec ses réductions d’impôts ?

    Sur l’UE il existe un régime pour les frontaliers, et si la plupart de vos revenus sont de source française, vous pouvez demander les mêmes déductions fiscales et crédits d’impôts qu’en France. Cela implique de justifier de vos revenus mondiaux. Ce n’est pas connu et il faut en faire la demande.

    Du côté de l’emploi, les sociétés n’auront-elles pas plutôt à favoriser l’emploi local que celui français très fiscalisé ?

    Dans l’Union européenne il  a de toute façon de moins en moins de contrats d’expatriation. Hors de l’UE, cela va cependant créer en effet une vrai expatriation mais ce sont les conventions fiscales bilatérales qui déterminent à chaque fois quels sont les revenus fiscalisés. C’est le cas en Amérique et Amérique latine en effet.

    Une bataille d’amendements va être proposé, le député au Benelux, M. Anglade propose un moratoire sur 1 an, si vous étiez députée, que proposeriez-vous ?

    Je serais lui je n’aurais jamais voté les amendements de l’année dernière, c’est de l’enfumage mais les députés sont censés savoir ce qu’ils votent. Mme Genetet et M. Anglade reviennent sur leurs amendements, mais le moratoire n’est pas une solution, c’est juste une suspension. Le moratoire est fermer une usine à gaz et chercher une solution derrière.

    Le barème devrait être plus progressif, et les déclarations de revenus mondiaux doivent prendre compte des réalités locales. Il faut un accès facilité à un vrai barème progressif. Imposer à 20% dès le premier euro est scandaleux.

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  • Emmanuel Macron en visite en Italie – Vers la fin des tensions? – Avec le conseiller consulaire Alexandre Bezardin

    Le Président de la République est en visite officielle en Italie ce mercredi 18 septembre. Ce voyage intervient après des mois de tensions entre les deux pays, et particulièrement entre la France et l’ancien ministre italien de l’intérieur Matteo Salvini. Plusieurs sujets ont conduit la France et l’Italie à s’opposer au cours des derniers mois, notamment sur la problématique relevant des flux migratoires massifs sur les cotes sud de l’Italie.

    La présence française en Italie est forte d’environ 45 000 personnes, la 10ème présence française dans le monde.

    Alexandre Bezardin, conseiller AFE des Français d’Italie « les Italiens sont un peuple fier qui attend de la France un traitement d’égal à égal »

    Pour Alexandre Bezardin, conseiller AFE des Français d’Italie et suppléant du député Meyer Habib que nous avons contacté, « les Italiens sont un peuple fier qui attend de la France un traitement d’égal à égal« . Il estime qu’ils ont  « mal compris les propos sévères et durs contre leurs dirigeants politiques » et que « la société italienne s’est considérablement radicalisé face au phénomène migratoire car c’est un sujet qui bouleverse les habitudes culturelles de ce pays« .

    Une relation bilatérale particulièrement intense

    La relation France-Italie, du point vue économique, est une relation particulièrement intense. Les deux pays ont un fort partenariat industriel avec 79,2 Mrds € d’échanges commerciaux, la France est présente en Italie avec  1200 filiales pour environ 80 000 emplois en Italie. Quant à l’Italie, sa présence en France est également consistante avec  1600 filiales pour 85 000 emplois. La question du tunnel Lyon-Turin devrait aussi être d’ailleurs à l’ordre du jour lors de cette visite de quelques heures avant un retour à Paris.

    La France est le 2ème client et 2ème fournisseur de l’Italie. Cette relation bilatérale est importante pour notre économie européenne.

    Une communauté dense, avec des préoccupations précises

    La présence française en Italie est forte d’environ 45 000 personnes, la 10ème présence française dans le monde. Largement répartis dans le riche nord de la péninsule, ils sont notamment très présents dans les filiales italiennes d’entreprises françaises.

    La question, et l’avenir, du tunnel Lyon-Turin, la dégradation des relations pendant la période Salvini, lui même originaire de Lombardie, figurent parmi leurs préoccupations principales. Comme dans d’autres territoires, l’avenir des Lycées français et le coût de la scolarité figurent aussi parmi les sujets d’inquiétude.

    La France en Italie compte 10 conseillers consulaires répartis entre les consulats de Rome et de Milan issus quasi paritairement des rangs de l’UFE et de l’ADFE. Emmanuel Macron a obtenu 84% des scrutins au second tour de l’élection présidentielle chez les Français d’Italie qui ont été 40% à se prononcer. Le renouvellement aux prochaines élections consulaires en mai 2020, comme partout ailleurs dans le monde, va être l’occasion de confirmer ou infirmer le virage macroniste des Français d’Italie. 

    Rencontre avec le Président italien et le Président du Conseil Conte

    Emmanuel Macron, à l’occasion de cette rencontre, s’entretiendra avec le Président italien Sergio Mattarella et le Président du Conseil Giuseppe Conte. « Le président français et Giuseppe Conte souhaitaient se voir rapidement après la formation du nouveau gouvernement italien. Cette rencontre est importante sur le fond mais aussi sur le plan symbolique […] après de longs moments de doutes ou de difficultés ces derniers mois » a annoncé l’Elysée dans un communiqué.

    La France est particulièrement présente en Italie, à travers son ambassade dans le magnifique Palais Farnese, l’ambassade près le Saint-Siège, l’Institut français, l’Alliance française, des Lycées français à Turin, Milan, Florence, Naples, et deux établissements à Rome le Lycée Chateaubriand et l’institut Saint-Dominique, sans compter bien sûr la Villa Medicis et l’école française de Rome.

    3ème économie de la zone euro, partenaire historique avec des liens économiques et culturels majeurs, l’Italie est un pays ami. Il est à souhaiter que la relation se répare notamment à l’occasion de ce déplacement.

     

     

     

     

     

     

  • 2 élections et toujours l’impasse pour les israéliens

    Le deuxième scrutin en cinq mois en Israël ne parviennent pas à départager Benjamin Netanyahu et son rival de centre-gauche Benny Gantz, même si l’actuel Premier ministre semble fragilisé. Le blocage électoral est plus profond encore en Espagne, où le Roi convoque les 4èmes législatives en 4 ans.

    A l’heure où nous parlons aucun vainqueur ne se dégage clairement des élections législatives en Israël. 

    « Pas de vainqueur clair« , c’est le titre de Une du quotidien gratuit plutôt pro-Netanyahu Israel Hayom ce matin, avec comme photo d’illustratrion deux clichés côte-à-côte des rivaux, Benjamin Netanyahu le Premier ministre sortant et son adversaire centriste le général Benny Ganz, tous deux dans la même position en train de regarder leur montre.

    Le deuxième scrutin en cinq mois en Israël ne parviennent pas à départager Benjamin Netanyahu et son rival de centre-gauche Benny Gantz, même si l’actuel Premier ministre semble fragilisé. Le blocage électoral est plus profond encore en Espagne, où le Roi convoque les 4èmes législatives en 4 ans.

    A l’heure où nous parlons aucun vainqueur ne se dégage clairement des élections législatives en Israël. 

    « Pas de vainqueur clair« , c’est le titre de Une du quotidien gratuit plutôt pro-Netanyahu Israel Hayom ce matin, avec comme photo d’illustratrion deux clichés côte-à-côte des rivaux, Benjamin Netanyahu le Premier ministre sortant et son adversaire centriste le général Benny Ganz, tous deux dans la même position en train de regarder leur montre.

    Et c’est vrai qu’elle est longue, cette attente, cette incertitude, pour les journaux israéliens. Le Jerusalem Post confirme cette « impasse« , cette impossibilité, malgré 90% des bulletins dépouillés selon des résultats non-officiels, de départager la droite et la gauche.  En gros, à moins que cela ne se précise dans les heures qui viennent, on est bien forcés de se rendre compte que cette deuxième élection en cinq mois ne va  permettre ni à Netanyahu ni à Gantz d’obtenir une majorité assez solide pour former un gouvernement. Encore raté, nous dit le Times of Israel :  Likoud et alliance centriste « bleu et blanc » sont au coude-à-coude, ça semble devoir se jouer à un ou deux députés élus en plus pour l’un ou l’autre, soit entre 31 et 33 sièges  à la future Knesset.

    Mais au moins, ce flou persistant a ceci de pratique qu’il permet à chacun de tirer les conclusions qui l’arrangent : c’est particulièrement vrai pour Haaretz, le journal de référence de la gauche israélienne, très critique envers l’actuel Premier ministre. Sans attendre des résultats plus fiables, le quotidien sort déjà toute sa panoplie de titres-choc et d’analyses définitives avec une bonne dose d’auto-persuasion. Il y a l’embarras du choix, du prudent, « Peut-être, mais juste peut-être, l’ère Netanyahu est en train de prendre fin« , au plus péremptoire « Le sort qu’avait jetté Netanyahu à Israël est rompu« , en passant par le très imagé « Bibi le magicien est arrivé à court de lapins » à sortir de son chapeau.

    Je passe sur le portrait de Benny Gantz dépeint comme « ce général à la retraite qui vient de renverser Netanyahou« : l’effet de réalité est bien là, mais rappelons-le, Haaretz va un peu vite en besogne, même s’il semble de plus en plus crédible que le bloc Netanyahu n’a pas récolté assez de voix pour obtenir la majorité absolue à la Knesset.

    Donc on se retouve bien plus ou mois dans la même situation de blocage qu’il y a 5 mois… et en attendant les résultats définitifs, chacun, Gantz comme Netanyahu, s’s’empresse ce matin encore de faire comme s’il avait gagné, appelant ses alliés potentiels à entamer les négociations. Cité par Arutz Sheva(le groupe de médias afffiliés au mouvement sioniste religieux) Benjamin Netanyahu assure qu’il va « former un gouvernement large, fort et surtout sioniste« , en opposition aux partis arabes qui eux pourraient s’allier à Gantz et qui sont présentés comme anti-sionistes.

    Mais l’enjeu véritable, c’est la position qu’adoptera l’ancien ministre et allié de Netanyahu, Avigdor Liberman, devenu l’un de ses plus féroces adversaires. En fin de soirée hier, celui est clairement en position de « faiseur de roi » appelait à la mise en place d’un « gouvernement d’union nationale« , qui rassemblerait le Likoud, les « Bleu et Blanc » et Israël Beytenou, le parti de Liberman. « C’est la seule solution« , dit-il à Arutz Sheva. Mais Avigdor Liberman le laïc acharné exclut d’emblée toute participation des partis religieux plus ou moins ultra-conservateurs alliés avec Netanyahu : le « faiseur de roi » semble donc pour le moment refuser de choisir le vainqueur, mais vu la détestation qu’il cultive pour l’actuel Premier ministre, il paraît inconcevable que ce dernier puisse rester à la tête d’un éventuel gouvernement d’union nationale. Au final, ça pourrait bien donner raison à Haaretz et à ses rêves de voir prendre fin, une bonne fois pour toute, « l’ère Netanyahu » en Israël.

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