Pour l’heure, le confinement généralisé sur tout le territoire n’est pas encore d’actualité. Le gouvernement estime qu’il est tout à fait possible que les Français ne soient « plus jamais confinés », mais il faut se préserver de tout excès d’optimisme. En attendant de nouvelles mesures sont mis en place au niveau local.
3 fois plus de contamination dans les Alpes-maritimes
Le gouvernement, avec le préfet des Alpes-Maritimes et le maire de Nice, ont décidé d’instaurer un confinement local à Nice et dans toutes les communes du littoral du département (de Menton à Théoule-sur-mer).
Cette nouvelle disposition est applicable dès ce week-end du vendredi 18h au lundi 6h00, pour au moins 15 jours. Les autorités agissent ainsi pour tenter de faire baisser le taux d’incidence, qui s’élève à plus de 700 pour 100 000 habitants. Un chiffre gigantesque, trois fois plus élevé que dans l’ensemble de la France, qui témoigne de la circulation très active du Covid dans la région.
Etre vacciné en entreprise
Les médecins du travail pourront administrer le vaccin AstraZeneca à compter du 25 février aux salariés de 50 à 64 ans atteints de co-morbidités, a précisé aujourd’hui le secrétariat d’Etat chargé des retraites et de la santé au travail.
A l’instar des médecins généralistes, les médecins du travail «doivent se rapprocher de la pharmacie d’officine de leur choix, pour s’identifier et se procurer des doses du vaccin AstraZeneca sous le même régime de contingentement», précise le texte.
L’ANSM a estimé que les effets secondaires du vaccin AstraZeneca, «en cours d’évaluation au niveau européen», ne remettaient pas en cause son «rapport bénéfice/risque».
Cette disposition s’applique donc aussi aux expatriés détachés par leur entreprise à l’étranger. Mais pour cela il faut se rendre en France comme pour tous les expatriés.
Sanofi va produire un vaccin
La décision du laboratoire Sanofi de produire en France le vaccin contre le Covid-19 de son concurrent américain Johnson & Johnson est «une très bonne nouvelle» qui va «élargir l’offre» dans la campagne vaccinale, a salué aujourd’hui l’Elysée.
Nous devons accélérer ensemble la production de vaccins via des partenariats industriels. Tout en poursuivant sa recherche, Sanofi va prendre en charge plusieurs étapes de fabrication du vaccin de Johnson & Johnson pour répondre rapidement à la demande européenne et mondiale. pic.twitter.com/TrlJoj2sBI
L’Elysée a précisé que cet accord allait «permettre de produire chaque mois environ 12 millions de doses de vaccins» à partir de l’été qui seront distribuées en France et dans d’autres pays européens. Ce partenariat répondra ainsi à «l’enjeu majeur» qui est d’«avoir de plus en plus de vaccins avec des technologies différentes», notamment pour répondre aux variants du virus.
Le déclin de la France est une antienne de son histoire contemporaine. La population française a la nostalgie facile, du Grand Siècle de Louis XIV à la fin des Trente Glorieuses en passant par Napoléon ou l’Empire coloniale.
La défiance française, un mal récurrent, aboutit à redorer des périodes passées autrefois honnies. Malgré une croissance soutenue, la présidence du Général de Gaulle ne fut pas une promenade de santé. Elle fut marquée par la guerre d’Algérie de 1958 à 1962, la grève des mineurs en 1963 et évidemment mai 1968 qui faillit mettre à bas les nouvelles institutions.
La thèse du déclin de la France est loin d’être une idée neuve. De nombreux auteurs ont écrit sur le déclin qui peut être culturel, moral ou économique, de Nicolas Baverez à Alain Finkielkraut. Déjà, au XIXe siècle, cette thèse était présente dans les débats. La crise de la Covid-19 lui a une nouvelle fois redonné corps. L’absence de masques et de lits de réanimation lors du premier confinement et, plus récemment, le démarrage difficile de la campagne de vaccination alimentent le débat sur le déclassement de la France. La France a l’impression de revivre en permanence la retraite de Russie de 1812 ou la débâcle de juin 1940.
Depuis une vingtaine d’années, La France, éprouve les pires difficultés à surmonter les différentes crises auxquelles elle doit faire face. Le pays semble s’être enrayé au tournant du siècle. Le PIB par habitant de la France est passé du 6e au 20e rang en une vingtaine d’années. En 2020, il représentait 82 % de celui de l’Allemagne et 60 % de celui des États-Unis, contre respectivement 90 % et 85 % en 2005.
Les points forts du pays s’effilochent
Pour atténuer les chocs économiques, les gouvernements ont essentiellement joué sur le volant des dépenses publiques avec à la clef un accroissement de la dette publique. Au fil des décennies, les points forts du pays s’effilochent : la sidérurgie, l’automobile, l’industrie du médicament et désormais l’aéronautique. Avec les États-Unis et le Royaume-Uni, la France est le pays qui a connu la désindustrialisation la plus rapide et la plus forte au sein de l’OCDE. L’emploi manufacturier est passé de 2000 à 2020 de 14 à 9 % de l’emploi total. La valeur ajoutée de l’industrie représente moins de 10 % du PIB en 2020, contre 12 % il y a vingt ans. Depuis 2003, le solde industriel est constamment négatif et a tendance à s’accroître. Les entreprises industrielles françaises se sont délocalisées en Europe de l’Est, en Afrique du Nord et en Asie. En moins de vingt ans, le poids de la France dans les exportations mondiales a été divisé par deux. Il est passé de 6 à moins de 3% quand l’Allemagne passait sur la même période de 10 à 8%. Les services n’arrivent plus à compenser le déficit industriel.
La faiblesse du secteur productif
La France se caractérise par le poids très faible du secteur technologique. Sa capitalisation boursière s’élève à 5 % de la capitalisation totale, contre près de 30 % aux États-Unis et 15 % en Allemagne. Le déclin de la France est avant tout la conséquence de la faible taille de son système productif. Le taux d’emploi est inférieur de 10 points à celui de l’Allemagne, du Japon ou du Royaume (65 % contre plus de 75 %). La France se caractérise par un départ précoce à la retraite, autour de 62 ans quand, en moyenne, au sein de l’OCDE, ce dernier intervient vers 64 ans. Le nombre d’heures de travail par an figure parmi les plus faibles. Ce volume réduit d’heures travaillées n’est qu’en partie compensé par un niveau élevé de la productivité. Celle-ci ne progresse néanmoins plus depuis plusieurs années.
Les compétences insuffisantes de la population active
Parmi les grands pays, la France se classe dans les derniers pour l’enquête PIAAC (compétences des adultes), aux environs de la moyenne pour l’enquête PISA (compétences des jeunes), et en dernière position pour l’enquête TIMSS (niveau en mathématiques et sciences des enfants). Les compétences de la population active et des jeunes sont insuffisantes au regard du niveau de développement. Elles tendent, en outre, à diminuer au fil des années à la différence de ce qui est constaté en Allemagne et dans les pays d’Europe du Nord.
Cette évolution freine la modernisation des entreprises et alimente la désindustrialisation, aux pertes de parts de marché à l’exportation et à la faiblesse du taux d’emploi. La France compte ainsi deux fois plus d’emplois sous qualifiés que l’Allemagne. Elle se caractérise par un nombre important de décrocheurs à l’école et au sein du monde du travail. Les pays ayant de bons résultats aux enquêtes PIAAC et PISA comme le Japon, la Suède ou l’Allemagne possèdent un stock de robots en valeur relative bien plus important que ceux qui sont mal classés comme la France, l’Espagne ou la Grèce. Il en est de même pour le poids de l’industrie au sein de la valeur ajoutée. Les pays qui ont augmenté leurs exportations ces vingt dernières années sont ceux qui enregistrent de bons résultats pour l’enquête PIAAC et PISA.
La faiblesse de l’effort de recherche
En baisse depuis 2007, les dépenses publiques de recherche et développement en France s’élevaient à 0,8 % du PIB en 2019, quand elles atteignaient 1 % en Allemagne et en Suède. Les dépenses privées en la matière étaient, toujours en 2019, inférieures à 1,5 % du PIB en France. Elles dépassaient 2,1 % du PIB aux États-Unis ainsi qu’en Allemagne et atteignaient 2,5 % au Japon et en Suède. Le nombre de brevets triadiques pour 100 000 habitants était de 0,3, en 2019, en France, contre 0,4 aux États-Unis, 0,6 en Allemagne et 1,4 au Japon.
La faiblesse de la recherche développement est une des causes et une des conséquences de la désindustrialisation. Elle contribue également au recul des parts de marché à l’exportation.
La question lancinante du financement des entreprises
La France souffre également d’une insuffisance du financement des entreprises nouvelles et technologiques comme c’est le cas dans un grand nombre d’États européens. Seuls le Royaume-Uni et les Etats d’Europe du Nord font figures d’exception en la matière, les États-Unis et la Chine étant loin devant. Le renouvellement des entreprises est plus lent en France que dans les autres pays.
Le retour d’une croissance en France suppose une augmentation du taux d’emploi, ce qui nécessite au préalable un effort de formation important associé à un accroissement de dépenses de recherche. La montée en gamme de la production française et l’essor des secteurs technologiques sont nécessaires.
Une réorientation de l’épargne vers des placements longs plus à risque est évidemment souhaitable. La création d’un véritable marché des capitaux européens favoriserait le développement du capital risque. La profondeur du marché européen est actuellement insuffisante pour garantir la croissance des start-ups qui doivent, en outre, surmonter les barrières linguistiques qui existent au sein de l’Union européenne.
Les ministres des affaires étrangères de l’UE se réunissent lundi (22 février) pour convenir de nouvelles mesures restrictives en relation avec la répression de la Russie contre le critique du Kremlin Alexei Navalny et ses partisans. Ils devront choisir entre des sanctions ciblées et « le grand jeu », y compris des restrictions économiques.
Le Kremlin visé
« Je m’attends à ce qu’un accord politique soit conclu. Ensuite, des experts des Etats membres devraient travailler sur les noms », a déclaré un diplomate européen de haut niveau, en faisant référence aux sanctions ciblées qui touchent les fonctionnaires responsables de la répression.
La décision de cibler le Kremlin intervient deux semaines après que le voyage désastreux du diplomate en chef de l’UE Josep Borrell à Moscou, au cours duquel Moscou a annoncé l’expulsion de trois diplomates européens et a repoussé les discussions sur la coopération, a provoqué la colère des États membres.
Par la suite, sous la pression, Josep Borrell avait promis de proposer des « propositions concrètes » de sanctions lors de son discours devant le Parlement européen au début du mois de février.
Lundi, les ministres des affaires étrangères de l’UE devraient recevoir un compte rendu de M. Borrell sur son voyage.
Interrogé sur les remarques de M. Borrell, un haut fonctionnaire de l’UE avait déclaré avant la réunion que M. Borrell n’avait pas encore décidé s’il utiliserait son droit d’initiative pour proposer des sanctions spécifiques contre la Russie s’il n’y avait pas d’accord lundi.
Un groupe d’États membres de l’UE, dont la France et l’Allemagne, a demandé une approche plus ciblée et a exclu les sanctions économiques, tandis qu’un autre groupe d’États membres de l’UE, dirigé par la Pologne et les pays baltes, demande un « le grand jeu » contre la Russie, y compris des sanctions économiques supplémentaires.
Les personnes visées et non l’Etat russe
Les États membres envisagent d’utiliser pour la première fois le nouveau régime de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme pour frapper les personnes responsables de la répression par le gel des avoirs et l’interdiction de visa, ont déclaré les diplomates.
Navalny lui-même et le Parlement européen avaient exigé que l’UE inscrive également les oligarques proches du président Vladimir Poutine sur la liste des sanctions. Toutefois, cela est considéré comme peu probable à Bruxelles.
Questions diverses
Le ministre des affaires étrangères de l’UE tiendra également une session de deux heures avec le nouveau secrétaire d’État américain Antony Blinken pour discuter des relations transatlantiques.
Selon un haut fonctionnaire de l’UE, « littéralement tout » sera à l’ordre du jour, car les diplomates européens devraient tous prendre la parole à tour de rôle pour soulever les questions qui leur tiennent à cœur et auxquelles le nouveau représentant des Etats-Unis sera invité à répondre.
Dans le même temps, l’UE cherche actuellement à organiser une réunion entre Washington, Téhéran et les autres signataires – dont Moscou – pour tenter de trouver un moyen de sauver l’accord après que Donald Trump a abandonné en 2018.
Parmi les autres points à l’ordre du jour figurent la situation au Belarus, au Venezuela, au Myanmar et à Hong Kong.
Lesfrancais.press ont lancé sur une semaine une consultation auprès de ses lecteurs. 10 questions qui ont inauguré un nouveau format hebdomadaire où nous vous demandons votre avis.
Loin de France, difficilement identifiables, les expatriés sont peu sondés. C’est pour mieux vous connaitre et surtout mieux accompagner vos convictions comme vos motivations que nous mettons, désormais, en ligne, chaque semaine, une consultation exclusive.
Chaque dimanche, nous vous présenterons les résultats et notre analyse. Lors de cette première consultation vous avez été plus de 1900 citoyens à répondre.
Des expatriés heureux
Pour cette première série de questions, nous nous sommes intéressés à votre bien-être. Et, nous n’en doutions pas, vous êtes 90% à être heureux d’être partis de France.
Cependant, la crise de la Covid-19 est passée par là. Première conséquence, déjà ressentie en 2020 avec la chute du nombre d’expatriés, 20% des Français de l’étranger ont prévu de renter en France au cours de l’année 2021. C’est donc 10 points de plus que ceux qui ne sont pas satisfaits de leur expatriation. On peut en déduire que la moitié des retours sont contraints…
Le fonds de soutien aux expatriés n’a pas suffit à maintenir la présence française hors de ses frontières, on ne peut que le regretter.
Et satisfaits de la présence consulaire
A quelques mois des élections consulaires, alors que l’opposition au gouvernement d’Emmanuel Macron, dénonce une absence du réseau consulaire en pleine pandémie, vous exprimez un avis, bien, différent. En effet, que ce soit le réseau éducatif ou celui consulaire, vous leur avez attribués une note supérieur à 3 sur 5 ! Les expatriés sont donc plus indépendants et autonomes que leurs compatriotes en France ?
Doute sur la fiscalité
Le mandat d’Emmanuel Macron a été marqué, pour les expatriés, par la tentative avortée d’Anne Genetet (Députée de l’Europe orientale et de l’Asie) de réformer la fiscalité des Français de l’étranger. Même si il n’était pas question d’un impôt au passeport, cette idée a hanté tous les retraités, bailleurs ou détachés dont les revenus pourraient être encore fiscalisés en France. Vous êtes près de 90% à y être opposés.
Des élus peu connus
Si le réseau consulaire a reçu vos suffrages, vous pointez du doigt l’absence sur le terrain des élus consulaires et des parlementaires.Vous êtes près de 60% à ne connaître aucun de vos représentants. A l’heure où la question de la proportionnelle se pose, l’enracinement des élus ne fait pas es preuves.
Mais une envie de représentation
Si vous ne connaissez pas les parlementaires ou les représentants locaux, vous en avez envie de participer au débat public. 70% des personnes, ayant répondues à notre consultation, ont indiqué avoir l’attention d’aller voter lors des élections consulaires du 30 mai. Il ne reste plus qu’à espérer que la mobilisation sera effective le jour J. Le vote à l’urne sera complété du vote électronique, le Bureau des élections au Ministère des Affaires étrangères espère stimuler ainsi la participation.
Des intentions de vote sans surprise
Si les municipales n’ont pas permis de confirmer l’implantation du parti présidentiel, LREM, dans les localités françaises, les élections consulaires devraient, selon les résultats de notre consultation, marquer la réussite des macronistes chez les expatriés.
En effet, vous êtres près d’un 1/4 à choisir le bulletin LREM pour ces élections locales. Dans un scrutin à un tour et à la proportionnelle intégrale, c’est une vraie réussite. Le PS et les LR qui ont dominé pendant des décennies le milieu des expatriés plafonnent autour de 11-12% confirmant leur décrochage.
L’autre grand gagnant annoncé, c’est EELV, les écolos français profitent pleinement des bons résultats des partis « vert » européens. Sur ce continent, ils dominent largement la scène politique, leur permettant d’afficher un 16% d’intention de vote au niveau mondial.
L’incertitude se résume aux positionnements des listes indépendantes qui récoltent plus de 18% des votes à notre consultation...
Il y a une dizaine de jours, Patrick Mignola, le patron des députés Modem, a déposé deux propositions de loi. Il nous répond en exclusivité pour expliquer les conséquences pour les expatriés. Découvrez le podcast en fin d’article
2 lois pour un scrutin à listes
Le Modem, dirigé à l’Assemblée nationale, par Patrick Mignola, rappelle donc au Président de la République, Emmanuel Macron, son engagement à introduire une « dose de proportionnelle » dans le scrutin législative.
La première pour introduire la proportionnelle dans les neuf départements élisant 12 députés et plus. Les principales villes de France – Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux… – seraient concernées.
La seconde pour la mettre en place pour tous les députés, à l’image de ce qu’avait fait François Mitterrand pour les législatives de 1986.
Le député de Savoie propose aussi, dans tous les cas, d’ouvrir le débat sur le mode d’élection des députés des Français hors de France.
11 députés élus au scrutin proportionnel
Jusqu’en juillet 2008, les Français établis hors de France étaient représentés dans une seule chambre du Parlement : le Sénat. Douze sénateurs étaient élus par un collège électoral constitué des membres – élus directement par les Français expatriés – de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE).
Depuis la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 – et en pratique depuis les élections législatives de 2012 -, les Français établis hors de France disposent, comme l’ensemble de nos compatriotes, d’une double représentation parlementaire, au Sénat et à l’Assemblée nationale. L’article 24 de la Constitution de 1958 a en effet été modifié et dispose désormais que « les Français établis hors de France sont représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat ». Les élections de mai 2012 ont consacré cette modification avec l’élection de onze députés représentant les Français de l’étranger qui furent renouvelés en 2017.
Amplifiant la vague macroniste, 10 députés sur 11 furent élus sous la « Maison commune » soit l’étiquette macroniste soit Modem (Frederic Petit pour l’Europe centrale et de l’est). Meyer Habib, pour l’UDI, fût le seul « survivant » sur la 8ème circonscription (Méditerranée de l’Est). Avec sa proposition, Patrick Mignola, veut permettre une meilleure représentation..quitte à abandonner la tradition républicaine du député ancré dans son territoire ?
Un an après le début de la pandémie de Covid-19 et après de très grandes restrictions de mouvement imposées aux citoyens, le gouvernement israélien a lancé, ce samedi 20 février, l’application Ramzor (feu de signalisation en français) qui pourra être téléchargée sur tous les smartphones. Pour les personnes ne possédant pas un tel outil ou ne le maîtrisant pas, un numéro de téléphone fournira le précieux sésame.
Un certificat numérique pour vivre comme avant 2020
Ramzor, c’est le nom de l’application lancée en Israël cette fin de semaine.
Ce passeport sanitaire digitalisé permettra aux utilisateurs un retour à la plupart des activités qui ont été fermées depuis de très nombreux mois : accès aux hôtels, aux restaurants, aux centres commerciaux, aux concerts, musées et salles de sport.
Chaque utilisateur devra s’identifier au moyen de l’application et gare aux personnes qui seraient tentées de produire une fausse application qui les conduira directement en prison.
Cette application est aussi le prélude au passeport sanitaire international prôné par les membres de la Knesset, dont le seul député d’origine française, Yossi Taieb, et ceux de la Commission Corona et experts dont notre équipe du Département Aviation du Cabinet Shibolet & Co.
Un passeport sanitaire ?
En France, l’idée d’un certificat numérique commence à faire son chemin. Principalement, sous la pression des membres de l’Union européenne, l’Etat français, par tradition républicaine, est réticent à créer une disparité entre les citoyens.
Cependant, l’IAT (regroupant les acteurs du tourisme et de l’aérien) travaille à la mise en place d’un tel « Laissez-passer » au niveau international. En fait, derrière cette expression de « passeport sanitaire », il n’y a que l’extension d’un principe bien connu des voyageurs vers l’Afrique ou l’Asie, soit la vaccination obligatoire (fièvre jaune, dengue, etc.).
Pas de vol entre Paris et Tel-Aviv
En attendant, la France, comme de nombreux pays, ne disposent pas de liaisons aériennes avec l’Etat hébreux. Bloquant de fait, les franco-israéliens comme les Français expatriés, soit en France, soit en Israel, avec de lourdes conséquences, que le député français Meyer Habib dénonce.
Sensibilisé par les milliers de messages et appels, qu’il a reçu Meyer Habib, a pris l’initiative de prendre attache avec le gouvernement israélien. Pour l’instant, sans effet, mais la communauté franco-israélienne n’a pas dit son dernier mot.
Regardez le message vidéo de Meyer Habib
MA CONVERSATION AVEC LA MINISTRE DES TRANSPORTS MIRI REGEV : IL FAUT OUVRIR D’URGENCE UNE LIGNE PARIS TEL-AVIV ! – Vidéo publiée sur Facebook le 19 février 2021
Depuis le dépôt par le gouvernement au Sénat, mardi, d’un amendement visant à instaurer le vote par anticipation pour le prochain scrutin présidentiel, les réactions se multiplient. Si certains veulent s’accorder un temps de réflexion, la droite et le Rassemblement national s’opposent fermement à cette disposition.
La proposition vise aussi à « anticiper » le cas où l’élection présidentielle devrait se tenir dans un contexte de crise sanitaire qui perdurerait. Les responsables politiques se souviennent notamment des polémiques qui ont suivi le premier tour des élections municipales en mars 2020, alors que l’épidémie de Covid-19 gagnait du terrain.
« Machine à voter »
Beaucoup d’éléments sont encore à préciser. Pour l’instant, l’amendement prévoit juste un vote par anticipation dans certains bureaux, via une machine à voter, à une « date fixée par décret, durant la semaine précédant le scrutin ». Le vote se déroulerait aux horaires prévus par le Code électoral « sur une machine à voter d’un modèle agréé ». Il ne serait pas possible de voter par procuration lors de ce vote par anticipation.
Machine à votre présentée par le gouvernement
Les électeurs pourraientpar ailleurs « demander à voter dans une autre commune de leur choix parmi une liste de communes arrêtées par le ministre de l’Intérieur ». Pour éviter les fraudes et les cas de double vote, il est prévu d’inscrire une mention sur la liste électorale de la commune d’inscription de l’électeur. « A l’inverse, s’il n’a finalement pas voté par anticipation, il peut voter dans son bureau de vote », précise l’amendement.
Quid des Français de l’étranger ?
Si le vote par anticipation est, déjà, utilisé pour l’élection des sénateurs des Français de l’étranger, mais dans des conditions fort différentes (pas de machine à voter) et avec des garanties juridiques qui rendent ce mode de vote incontestable et sûr (le nombre restreint de Grands électeurs permet un contrôle exhaustif), sa généralisation poserait de nombreux problèmes.
Pour certaines circonscriptions, un étalement de la période de vote pourrait être un vrai atout pour la participation. En effet dans certains pays, le premier bureau de vote peut se situer à des centaines de kilomètre, pas forcément toujours accessible, aisément, le dimanche (jour traditionnel de vote).
Cependant, l’amendement ne précisant les modalités pour déclencher le vote par anticipation ni le mode de financement des machines à vote, les Français de l’étranger risquent tout simplement d’être exclus de cette disposition.
Les sénateurs opposés au projet
Pour les sénateurs de droite issus des Français de l’étranger, le vote par anticipation pour les présidentielles pose des questions de constitutionnalité.
Jacky Deromedi, sénatrice des Français hors de France (LR) met en lumière le « risque de rupture d’égalité des électeurs devant la loi, les citoyens ne disposant pas des mêmes informations au moment de voter. »
La chambre haute appelé à se prononcer sur l’amendement semble partager cette analyse. Dominée par l’opposition de droite, le Sénat a largement rejeté, jeudi 18 février, l’amendement polémique du gouvernement.
Les conseillers consulaires, des parrains pour les candidats à la présidence ?
Si cette disposition a été rejeté, le reste du texte de la loi organique « relatif à l’élection du président de la République » a, lui, été adopté.
Les sénateurs ont cependant apporté une modification importante. Fidèle à son image de « Maison des Français hors de France », si chère au président Gérard Larchet, les sages ont ajouté une disposition permettant l’ouverture des parrainages aux présidentielles aux présidents des conseils consulaires des Français de l’étranger.
Pour rappel, en France, pour se présenter à l’élection présidentielle, il faut avoir plus de 31 ans et récolter 500 parrainages d’élus. Désormais, les Présidents des conseils consulaires pourront donc apporter leur soutien à un candidat (actuellement le consul mais après les élections de mai 2021, il sera choisi parmi les membres élus, sur le modèle des conseils municipaux).
Une raison supplémentaire de voter ce 30 mai 2021 ! D’ailleurs plus que quelques jours pour vous inscrire sur la liste électorale consulaire (date limite 31 mars 2021). N’attendez pas !
La menace planait depuis plusieurs semaines sur l’Australie et Facebook vient de passer à l’action. Depuis ce jeudi 18 février, pour protester contre la nouvelle loi concernant la presse, Facebook bloque les partages d’articles de presse en Australie. Une décision inédite qui vient paralyser la diffusion de l’information. Le gouvernement australien ne compte pas lâcher prise et les négociations ne font que commencer. Explications.
Les médias ne sont plus visibles sur Facebook
Alors que Facebook est habituellement critiqué pour ses dérives, ce matin, c’est la douche froide au réveil pour les médias australiens. « This post can’t be shared », voilà ce que les internautes voient comme message lorsqu’ils souhaitent partager la publication d’un média.
Facebook a décidé de mettre en exécution ses menaces envers le gouvernement. Ainsi, les médias australiens ne peuvent plus partager de contenus depuis leur page Facebook officielle. Quant aux internautes, ils ne verront plus d’articles de presse dans leur feed. Une situation totalement inédite qui fait beaucoup réagir sur le plan international comme les expatriés.
« C’est chiant ! Mais je suis de tout cœur avec le gouvernement australien».
Adrien, expatrié en Australie
Mais ce n’est pas tout, certaines pages ont également été bloquées dans la vague de black-out de Facebook. Ainsi, les services de santé, les pompiers et les secours et les services météorologiques sont également concernés. En revanche, de nombreux sites de fausses informations et de conspiration semblent toujours libres de publier. Facebook assure qu’il va rétablir rapidement les pages bloquées par inadvertance, cependant, l’impact est réel.
Un projet de loi qui ne plaît pas à Facebook
À l’origine de ce blocage, il y a le projet de loi du gouvernement australien pour une meilleure rémunération de la presse et des médias locaux. En effet, d’après les autorités australiennes de la concurrence, Facebook capte 28% des dépenses publicitaires dans le pays (et Google 53%), ce qui laisse une faible part aux autres acteurs du marché. Pour réguler tout cela, le gouvernement australien souhaite que les deux entreprises payent équitablement les médias pour leur contenu, afin de compenser ce manque à gagner et « égaliser les règles du jeu ». Alors que Google a accepté un premier accord, Facebook a choisi de riposter.
Ainsi, avec cette décision, Facebook proteste contre cette loi en cours de discussion. L’enjeu est de taille pour Facebook, car la proposition de loi australienne, si elle est maintenue et acceptée, pourrait donner des idées à d’autres pays. Afin d’éviter cela, Facebook a donc choisi la réponse forte en ne se laissant pas abattre face à la décision du gouvernement australien. Les prochaines semaines seront donc décisives dans la place qu’occupe Facebook par rapport aux médias.
Cette décision inédite est une première mondiale et les répercussions peuvent être importantes. C’est la première fois qu’un gouvernement s’attaque à Facebook et le gouvernement ne semble pas prêt à faire marche arrière. En attendant, la riposte gronde en Australie du côté des médias et des Australiens et tous soutiennent le gouvernement dans sa décision.
Alors qu’on attaque le dernier trimestre de l’année scolaire, nous recevons Adrien Guinemer, Conseiller national « Hors de France » : AEFE, MLF, MEA, Secteur Trésorerie, Numérique, Hors de France à l’UNSA (deuxième syndicat des professeurs fonctionnaires). Ensemble, nous faisons le point sur les conséquences de la pandémie pour le réseau éducatif français à l’étranger.
Ecole à distance, présentiel, quel bilan ?
« Le personnel est épuisé ! »
Adrien Guinemer
L’école à distance, imposée pour toute l’année dans certains pays, continue à « révolutionner » l’éducation française à l’étranger. Quelles conséquences sur le niveau scolaire ? Mais aussi sur l’environnement professionnel des professeurs ? Quel soutien financier ? Peut-on calquer le système français ? Adrien Guinemer fait la synthèse des problématiques identifiées par l’UNSA dans le podcast disponible en fin d’article.
« Des établissements sont ouverts et fonctionnent normalement, certains en hydride et d’autres fermés pour l’année. Tout dépend de la législation locale! »
Adrien Guinemer
Vacciner les professeurs en priorité?
L’UNSA se prononce pour une vaccination prioritaire des professeurs. En absence de campagne de vaccination consulaire, Adrien Guinemer nous dévoile la proposition de son syndicat pour faciliter l’accès au territoire français des professeurs au cours des vacances d’été.
« Des solutions diplomatiques doivent être recherchées (…) afin de faire sortir du pays puis rentrer le personnel, pour les congés d’été »
Adrien Guinemer
Profitant de cette période, ces derniers pourraient se faire vacciner (à condition d’avoir été mis sur la liste des personnes autorisées par l’Etat). Ecoutez le podcast pour connaitre le détail de cette proposition.
Faire confiance au corps enseignant
La pandémie a aussi des conséquences sur les relations entre le corps enseignant et les parents d’élèves. Les tensions liées à la redistribution d’hypothétiques économies du fait de la fermeture des établissements ont rompu, dans certains cas, la confiance entre les parents et les professeurs. Indispensable à la réussite de la mission éducative, Adrien Guinemer plaide pour le retour d’un climat apaisé. Il en profite pour tordre le cou, selon lui, à certaines fausses vérités (à découvrir dans le podcast).
Manifestation des parents d’élèves au Maroc en 2020
2021 sera donc une année lourde pour le réseau, en plus d’un « bac covid », c’est aussi l’année de la mise en place de la réforme du baccalauréat. Confiant dans l’expérience acquise par leurs collègues et par l’organisation transmise par le ministère de l’Education nationale, l’UNSA ne s’inquiète pas des épreuves en contrôle continu. Par contre, le nouvel exercice du Grand Oral, va demander une nouvelle préparation et une organisation inédite. Avec la Covid-19, la charge de travail devient importante pour les professeurs, une compensation doit les accompagner selon Adrien Guinemer.
L’avenir du réseau éducatif à l’étranger ?
Revenant sur les mouvements anti-français ayant suivi les déclarations du Président de la République après l’attentat contre Samuel Paty, l‘UNSA indique faire pleinement confiance aux postes consulaires pour prendre les justes mesures afin d’assurer la sécurité de tous.
La Laïcité, symbole de l’éducation à la française, est bien évidemment au coeur du débat et de ces nouveaux risques. Pour Adrien Guinemer, et son syndicat, il faut mieux communiquer. Au sein des établissements et dans la société civile accueillant le lycée, une mission qui pourrait être confiée à un « référent laïcité ». Toutes les réactions aux conséquences des propos d’Emmanuel Macron à la fin du podcast disponible ci-dessous.
Nous finissons l’interview sur l’objectif de doubler le nombre de l’élèves, donné par le Président de la République, Emmanuel Macron, au début de son mandat pour 2022.
« L’objectif était de tout façon inatteignable »
Adrien Guinemer
Est ce que le doublement aurait pu être réalisé avec la gratuité de la scolarité pour les enfants citoyens français ? L’UNSA a une analyse différente, que son conseiller national « Hors de France » partage avec vous dans le podcast.
« La gratuite, (..), n’est pas forcément la bonne piste »
Trois hauts fonctionnaires de la Commission européenne prétendument verte d’Ursula von der Leyen, Josep Borrell, Stella Kyriakides et Adina Vălean, avaient jusqu’à récemment des liens avec des industriels de l’énergie fossile, selon une nouvelle étude révélée en exclusivité par EURACTIV.
Bien qu’ils aient tous rompu les liens avec leurs emplois précédents avant de rejoindre la Commission européenne, leurs activités passées ou les liens entre leur famille proche et le secteur des énergies fossiles « devraient au moins faire réfléchir à leur nomination à des postes ‘verts’ de la Commission », déclare Global Witness.
Contactée par EURACTIV, la Commission européenne a souligné son code de conduite, qui stipule qu’un « conflit d’intérêts n’existe pas lorsqu’un membre n’est concerné qu’en tant que membre du grand public ou d’une large catégorie de personnes ».
« Cela s’applique également aux membres de la famille« , a déclaré un porte-parole de la Commission, notant qu’à part la commissaire Adina Vălean, qui est en charge des transports, « aucun des trois membres du collège mentionnés n’est directement en charge de la politique énergétique et climatique ».
Josep Borrell est-il apte à diriger la diplomatie verte de l’UE ?
Parmi les trois, le commissaire espagnol Josep Borrell, en charge de la politique étrangère, est probablement le plus directement associé aux intérêts des énergies fossiles. De 2009 à 2016, il a siégé au conseil d’administration d’Abengoa, une entreprise énergétique espagnole impliquée dans la construction de centrales électriques à turbines à gaz à cycle combiné. Pendant cette période, M. Borrell a reçu jusqu’à 300 000 euros par an de la part d’Abengoa.
Josep Borrell
Les relations de Borrell avec Abengoa lui ont déjà valu quelques ennuis. En 2012, il a été contraint de démissionner de son poste de président de l’Institut universitaire européen après avoir omis de déclarer ses intérêts dans la société énergétique espagnole.
L’intérêt de l’Espagnol pour le secteur de l’énergie n’est guère surprenant. Il est titulaire d’une maîtrise en économie du pétrole et a passé près de dix ans en tant qu’ingénieur pour la compagnie pétrolière nationale espagnole, Cepsa.
Cependant, Global Witness affirme que son activité professionnelle passée soulève des questions quant à sa capacité à diriger la diplomatie verte de l’Union européenne lors des négociations des Nations unies sur le climat dans le courant de cette année.
« L’histoire de Josep Borrell avec Abengoa soulève des questions pour un homme politique si étroitement impliqué dans la politique environnementale européenne. En tant que haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Borrell a représenté le bloc à la COP25 en 2019″, a déclaré Global Witness, ajoutant que Borrell se rendra également à Glasgow pour la COP26 en novembre de cette année.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié le Green Deal de « marque distinctive » de son mandat de cinq ans, affirmant qu’il s’agit de la « nouvelle stratégie de croissance » de l’UE pour les décennies à venir. Le changement climatique est « une question existentielle pour l’Europe et pour le monde« , a déclaré l’ancienne ministre allemande de la défense, âgée de 61 ans, lorsqu’elle a pris ses fonctions en 2019.
Pour Global Witness, cela signifie que la Commission doit s’engager à respecter les normes éthiques les plus strictes.
« La Commission européenne a clairement indiqué qu’elle souhaitait prendre l’initiative au niveau mondial dans la lutte contre la crise climatique, mais ses liens avec l’industrie des énergies fossiles qui est à l’origine de cette crise sont profonds. Pour être à la hauteur du défi que représente la lutte contre le changement climatique, la Commission ne doit pas être redevable aux entreprises qui placent le profit au-dessus des personnes et de la planète », a déclaré Barnaby Pace, responsable de la campagne à Global Witness.
« L’industrie des énergies fossiles a pu devenir si puissante précisément en exerçant une influence sur la politique. Le Green Deal européen doit marquer un tournant et couper l’oléoduc entre la politique et les pollueurs », a-t-il souligné à EURACTIV.
Contactés pour commentaires, les porte-parole de la Commission européenne ont souligné que « Josep Borrell a suivi de manière satisfaisante les procédures établies en place à la Commission européenne pour l’examen des conflits d’intérêts potentiels ou perçus » et a passé son audition de confirmation au Parlement européen sans aucun problème majeur.
Stella Kyriakides et ses liens familiaux avec une entreprise de raffinage du pétrole
Stella Kyriakides
Contrairement à Josep Borrell, la commissaire chypriote Stella Kyriakides, en charge de la santé, n’a pas eu de relations professionnelles directes avec les intérêts des énergies fossiles.
Toutefois, sa déclaration d’intérêts, soumise en février de cette année, révèle que son mari était directeur de Motor Oil Holdings Ltd et de Petroventure Holdings Limited, deux sociétés chypriotes qui détiennent ensemble 40 % des parts de Motor Oil Hellas, une grande société grecque de raffinage et de commerce du pétrole.
Motor Oil Hellas exploite la raffinerie de Corinthe, le plus grand complexe industriel privé de Grèce, qui traite 186 000 barils de pétrole brut par jour. La société a également participé à l’exploration gazière au Texas et en Tanzanie.
En réponse aux questions posées par Global Witness, une porte-parole de de la commissaire a déclaré que les mandats d’administrateur de son mari ne constituaient pas un conflit tel que défini par le code de conduite de la Commission.
Adina Vălean et son travail de consultante
Adina Vălean
Les choses risquent de se compliquer pour Adina Vălean, la commissaire roumaine en charge des transports. En examinant sa déclaration d’intérêts, Global Witness a découvert qu’elle avait siégé au conseil consultatif de Finite Assets Ltd, une société apparemment enregistrée dans les îles Vierges britanniques, pour laquelle elle a reçu des honoraires de conseil d’une valeur de 104 325 euros.
Ce travail de consultance a eu lieu alors qu’elle était encore membre du Parlement européen, avant de prendre ses fonctions actuelles, selon une déclaration d’intérêts séparée déposée par son mari, un homme politique roumain.
Lorsque Vălean faisait encore partie du conseil consultatif de Finite Assets, la société semble avoir été entièrement détenue par Rompetrol Holding S.A., une société suisse qui, selon les médias, était à son tour détenue par le milliardaire Dinu Patriciu.
Rompetrol était entièrement détenue par le gouvernement jusqu’à ce que Dinu Patriciu la rachète en 1993. Il est ensuite devenu l’homme le plus riche de Roumanie après avoir vendu la société à KazMunayGas, la compagnie pétrolière et gazière d’État du Kazakhstan, dans le cadre de deux transactions distinctes entre 2007 et 2009.
« Rien ne laisse penser que les liens d’Adina Vălean avec Dinu Patriciu ont influencé son travail au Parlement européen » ou dans d’autres domaines politiques, selon Global Witness. « Mais sa proximité avec l’industrie soulève des questions plus larges sur ses priorités et son aptitude à occuper un poste de la Commission d’une importance capitale pour les émissions de carbone ».
Adina Vălean a été la cheffe de la délégation du Parlement européen au sommet des Nations unies sur le climat en 2018, participant à la diplomatie climatique mondiale au plus haut niveau.
Contactés par EURACTIV, ses porte-parole n’ont pas fait de commentaires sur son travail de consultante pendant son mandat de députée européenne et ont souligné les « protections particulièrement solides » prévues par le code de conduite de la Commission européenne.
Cependant, Daniel Freund, un eurodéputé vert allemand, estime que la Commission devrait être tenue de respecter des normes éthiques plus élevées que celles actuellement en vigueur.
« Les politiques mises en œuvre par la Commission européenne doivent suivre des lignes directrices pour contribuer au bien commun et ne peuvent pas être façonnées par les grands acteurs économiques », a-t-il déclaré. Daniel Freund, a dirigé le bureau européen de l’ONG Transparency International avant de devenir député européen en juillet 2019.
« Les éventuels conflits d’intérêts de certains commissaires doivent être évités », a déclaré l’eurodéputé. « Malheureusement, c’est la Commission elle-même qui vérifie les éventuels conflits d’intérêts de ses commissaires ».
Afin d’éviter les conflits d’intérêts, l’UE doit mettre en place « un organe d’éthique indépendant », a indiqué Daniel Freund. « Sinon, nous risquons de perdre la confiance des citoyens dans cette entreprise », a-t-il ajouté à EURACTIV.
La Commission européenne a déjà été en difficulté dans le passé en raison des liens entre ses membres et les entreprises des énergies fossiles.
Au sein de la précédente Commission dirigée par Jean-Claude Juncker, le commissaire à l’énergie et au climat, Miguel Arias Cañete, a essuyé de vives critiques de la part des députés européens en raison de ses liens passés avec l’industrie pétrolière.
Lors de son audition de confirmation au Parlement européen, l’ancien ministre espagnol de l’agriculture s’est heurté à un barrage de critiques pour avoir modifié à la dernière minute sa déclaration d’intérêts financiers et pour avoir vendu à la hâte ses parts dans deux compagnies pétrolières, Ducar et Petrologis, avant de se présenter devant les députés européens.
Sa nomination a ensuite été approuvée dans le cadre d’un accord de coalition plus large entre les deux plus grands groupes politiques du Parlement : le Parti populaire européen (PPE) et les Socialistes et Démocrates (S&D).