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  • Les expatriés excluent de Loueur en Meublé Non Professionnel

    Les expatriés excluent de Loueur en Meublé Non Professionnel

    Une doctrine fiscale concernant les locations meublées en France se déploie progressivement depuis cette année, les conséquences étaient réservées aux nouveaux investisseurs tandis que les autres bénéficient d’une phase d’adaptation. Et en 2026, la période de transition se poursuit pour les résidents mais pour les non-résidents le projet de Loi de Finances pour 2026 s’annonce difficile. De quoi parle-t-on ? De la modification du seuil, de revenus générés avec ces locations meublées, qui détermine votre régime d’imposition en France. Celui-ci exclurait, désormais, les revenus non imposés en France. Ainsi de nombreux expatriés se retrouveront à relever du statut de LMP, alors qu’en France, ils seraient LMNP. Quelle différence ? Quelles conséquences pour les Français de l’étranger louant un bien meublé en France ?

    Le statut Loueur en Meublé Non Professionnel

    Le statut LMNP permettait aux propriétaires de louer leur bien meublé avec une fiscalité ultra-allégée. Grâce à l’amortissement comptable, les revenus locatifs étaient en grande partie défiscalisés, permettant une rentabilité nette souvent supérieure à la location nue classique.

    Les charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunt, frais de gestion, etc.) rendaient ce statut particulièrement intéressant pour les investisseurs moyens, ceux qui détiennent un ou deux biens locatifs, notamment dans les villes étudiantes ou les zones touristiques.

    Mais déjà depuis cette année, la Loi de Finances 2025 entérinait la suppression progressive du régime LMNP pour les nouveaux investisseurs. Les propriétaires existants bénéficient d’un droit transitoire, mais la fiscalité va se durcir dès 2026 :

    • Fin progressive des amortissements.
    • Passage automatique vers le régime des revenus fonciers classiques (beaucoup moins avantageux).
    • Fiscalité sur les plus-values nettement alourdie.

    L’objectif est que tous les bailleurs soient à terme des loueurs meublés professionnels.

    L’abaissement du seuil et l’exclusion des revenus non fiscalisés en France

    En plus de la mesure mise en place en 2025, portée par la députée Annaïg Le Meur, la loi anti-Airbnb vise à limiter l’attrait de la location touristique. Comment ? En réduisant drastiquement les avantages du régime micro-BIC.

    Le plafond de chiffre d’affaires chute de 77 700 € à 15 000 €, en 2026 (sur les loyers perçus en 2025). Dans le même temps, l’abattement forfaitaire passe de 50 % à 30 %.

    Conséquence ? Si vos revenus locatifs excèdent 15 000 euros sur l’année, vous passerez automatiquement au régime du réel. Il est en de même si vos revenus non immobiliers sont supérieurs à 1500€.

    Cette proposition en modifiant l’article 155 du code général des impôts, selon lequel est LMP quiconque génère un montant de recettes annuelles de location meublée qui est à la fois supérieur au seuil et au total de ses autres revenus d’activité. Il serait ajouté « imposables en France ». Cette loi anti- Airbnb fera de facto près de 100% des non-résidents des LMP.

    L’impôt sur la plus-value va grimper

    Cerise sur le gâteau en plus d’impacter la fiscalité de vos revenus immobiliers, le passage au statut va faire exploser la taxe sur la plus-value.

    Plus value immobilière
    Plus value immobilière

    Jusqu’ici, un propriétaire en LMNP souhaitant vendre son bien n’avait pas à comptabiliser l’amortissement dans le calcul de la plus-value. Ainsi, imaginez que vous achetiez un appartement en LMNP 200 000 €. Pendant des années, vous profitez de l’amortissement (disons 50 000 euros au total) pour réduire vos impôts. Imaginez maintenant que vous le vendiez 300 000 €. L’avantage fiscal accordé jusqu’à lors aux bénéficiaires du régime permettait de ne pas tenir compte de ces 50 000 euros dans le calcul, résultat : 300 000 – 200 000 = la plus-value s’élève dans ce cas à seulement 100 000 euros.

    L’avantage fiscal désormais raboté, tous les amortissements réduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Par conséquent : 200 000 € (prix d’achat) – 50 000 € (amortissement) = 150 000 €. En cas de revente du bien, la plus-value passe à : 300 000 (prix de revente) – 150 000 € (prix d’achat – amortissement) = 150 000 €. Et c’est sur ce montant que vous serez imposé, augmentant mécaniquement l’impôt à payer.

    Et l’impact est majeur, sans réintégration des amortissements dans le cas d’une revente générant une plus-value de 100 000 €, l’imposition totale est 36 200 € (19 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) alors qu’en réintégrant les amortissements, la plus-value sera alors de 150 000 € donc un impôt total de 54 300 €. L’effet augmente avec la valeur du bien. En plus, il ne serait donc pas possible de faire valoir le droit aux exorations prévues par la loi pour les non-résidents du fait d’être désormais un professionnel de la location.

  • Aux États-Unis, la liberté d’expression de plus en plus sous pression

    Aux États-Unis, la liberté d’expression de plus en plus sous pression

    Aux États-Unis, la liberté d’expression, bien que garantie par le Premier Amendement, semble chaque semaine un peu plus mise à l’épreuve. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, des mesures administratives et politiques remettent en question son exercice effectif. Révocation de visas pour opinions politiques, pressions sur les journalistes couvrant la Défense ou encore mise en scène de déjections jetées sur des manifestants anti-Trump : une nouvelle série de décisions et d’événements dessine un climat où la critique semble risquée.

    Des visas révoqués pour motifs politiques

    Le 14 octobre 2025, l’administration Trump a pris la décision controversée de révoquer les visas de six ressortissants étrangers ayant exprimé publiquement des opinions critiques à l’égard de Charlie Kirk, militant conservateur assassiné lors d’un événement à l’Université de l’Utah, le 10 septembre 2025. Les personnes visées sont originaires d’Argentine, du Brésil, d’Allemagne, du Mexique, du Paraguay et d’Afrique du Sud. Le Département d’État a justifié ces mesures en affirmant que les États-Unis n’étaient pas tenus daccueillir des étrangers manifestant de lhostilité envers les Américains, évoquant la nécessité de protéger le respect et la sécurité sur le sol national.

    « Cette affaire relance le débat sur l’équilibre
    entre souveraineté nationale et protection des libertés fondamentales
    dans la diplomatie et l’immigration américaine »

    Washington Post

    Cette mesure a suscité des réactions de la part de défenseurs de la liberté d’expression. Des organisations telles que le Knight First Amendment Institute ont exprimé des préoccupations concernant la constitutionnalité de ces révocations de visas, les qualifiant de censure fondée sur les opinions exprimées. Pour les observateurs, cette mesure sinscrit dans un contexte plus large de durcissement du contrôle idéologique sur limmigration légale depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, où le filtrage des entrants semble de plus en plus guidé par des critères politiques plutôt que purement administratifs. Selon The Washington Post, cette affaire relance le débat sur l’équilibre entre souveraineté nationale et protection des libertés fondamentales dans la diplomatie et l’immigration américaine.

    Pressions sur les médias : restrictions des journalistes du Pentagone

    Le durcissement ne se limite pas à la sphère migratoire. Les restrictions imposées à la presse illustrent une même logique : celle d’un pouvoir exécutif qui contrôle de plus en plus étroitement la parole publique. Des journalistes ont perdu leur accréditation au Pentagone en octobre 2025 en raison de leur refus de signer une nouvelle politique d’accès imposée par le Département de la Défense des États-Unis. Cette politique stipule que les journalistes pourraient être considérés comme des risques pour la sécurité nationale et voir leurs accréditations révoquées s’ils cherchent à obtenir des informations classifiées ou certaines informations non classifiées jugées sensibles.

    Manifestation pour la liberté d'expression aux USA
    Manifestation pour la liberté d’expression aux USA – © Unsplash

    En réponse, au moins 30 organisations médiatiques majeures, dont Reuters, The New York Times, The Washington Post, CNN, Fox News, et d’autres, ont refusé de se conformer à ces nouvelles règles, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse et à la transparence gouvernementale. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a défendu cette politique en affirmant qu’elle visait à protéger la sécurité nationale, tandis que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a qualifié les règles de « bon sens ».

    « Protéger la sécurité nationale »

    Sean Parnell, porte-parole du Pentagone

    Le rapport entre le Pentagone, récemment rebaptisé « ministère de la guerre » par décret présidentiel, et ces restrictions est indirect : si le changement de nom symbolise un retour à un langage plus martial, les mesures d’accès à la presse viseraient avant tout à contrôler la diffusion d’informations sensibles sur la défense et la sécurité nationale, et non à restreindre spécifiquement les informations liées à un conflit militaire.

    Un climat d’intimidation alimenté par le pouvoir exécutif

    Dans la rue comme en ligne, la contestation s’exprime encore, mais sous tension. Le mouvement No Kings a émergé en juin 2025 en réaction à ce qui était perçu comme une dérive autoritaire de l’administration Trump et une concentration excessive du pouvoir exécutif. Fondé par des activistes progressistes et des défenseurs des libertés civiles, il s’est rapidement diffusé à travers les réseaux sociaux et a organisé ses premières manifestations dans plusieurs grandes villes américaines. Le 18 octobre 2025, la plus récente mobilisation a rassemblé 7 millions de personnes à travers 2600 villes dont New York, Washington D.C., Los Angeles et Chicago. Ces manifestations, largement pacifiques, ont attiré l’attention nationale en raison de la couverture médiatique et de la réponse provocatrice de l’exécutif sur le réseau Truth Social.

    Manifestation pour la liberté d’expression aux USA – © Unsplash

    Donald Trump a en effet publié une vidéo générée par intelligence artificielle, le montrant dans un jet portant la mention “King Trump”, larguant des déjections sur des manifestants. Cette vidéo a été largement critiquée pour son contenu provocateur et son utilisation de la technologie pour ridiculiser les opposants. Une autre vidéo, là encore produite grâce à l’IA, publiée par le Vice-President américain montrait des personnalités démocrates s’inclinant devant un Donald Trump affublé en roi, amplifiant le message incendiaire.

    La vitalité démocratique résiste à la pression

    Dans ce climat tendu, chaque manifestation prend une dimension politique. Ce mardi 21 octobre 2025, quelques heures après la descente spectaculaire des agents d’ICE sur Canal Street, au sud de Manhattan, Chinatown s’est transformé en scène de colère et de solidarité. Dès la fin d’après-midi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant les échoppes encore à moitié fermées, criant No raids in our city”, Stop targeting immigrants”, We belong here”.

    L’opération fédérale, officiellement destinée à démanteler un réseau de vente de produits contrefaits, a rapidement pris une tournure politique. Dans une ville qui se revendique sanctuary city, la présence d’agents lourdement armés, masqués, accompagnés de véhicules blindés, illustre les descentes migratoires sous la présidence Trump.

    Cette descente symbolise un tournant dans la ville démocrate : la réactivation d’une politique de terrain musclée, où immigration et criminalité se confondent dans le discours fédéral. Chinatown, bastion historique de l’immigration, en devient malgré lui le théâtre et le symbole. En descendant dans la rue, les New-Yorkais ont exercé un droit fondamental, garanti par le Premier Amendement, qui protège la parole publique et la réunion pacifique. Face à un pouvoir fédéral qui revendique le retour à une politique de contrôle et de dissuasion, ces voix dans les rues de la ville qui ne dort jamais réaffirment une autre vision de l’Amérique : celle d’une société pluraliste, où contester une décision du gouvernement n’est pas un crime, mais une preuve de vitalité démocratique.

  • Un livre antidote contre le poison puissant de la désinformation

    Un livre antidote contre le poison puissant de la désinformation

    La désinformation est un fléau massif sur les réseaux sociaux. Manipulant les esprits. Organisant des phénomènes de meutes numériques. Nourrissant les complots les plus fantasmatiques. Dégradant l’idée même de circulation d’information. Le livre d’Olivier Favry, « la désinformation entre fake news, propagande et autres : comment se repérer et lutter contre elle » (Ellipses, 2025, collection 100 Questions/réponses) nous offre une immersion dans cette galaxie sombre. L’ouvrage donne surtout des clés de compréhension utiles et nécessaires pour décrypter comment agissent ceux qui nous manipulent, que ce soit des États, des plateformes ou des réseaux cybercriminels. Ce livre est donc l’antidote tout trouvé contre le poison puissant de la désinformation.

    Un diplomate engagé dans la lutte contre les manipulations et au service des valeurs démocratiques

    L’ambition de l’auteur est claire, pédagogique et civique d’abord « je me suis dit qu’en écrivant un livre sur la désinformation, je pourrais aider mes lecteurs, en particulier les jeunes, à mieux se repérer dans un monde où la radicalité et l’immédiateté occupent une place trop grande dans notre vie quotidienne ».

    « Les plateformes numériques sont un formidable tremplin
    pour faire passer des messages mensongers »

    Olivier Favry, diplomate, auteur de « la désinformation » (Ed. Ellipses)

    Le diplomate, directeur de l’institut culturel français de Bratislava, est aussi docteur en histoire et citoyen engagé : Il a souhaité défendre un idéal démocratique attaqué de toute part dans des temps populistes où certains politiques laissent prospérer, quand ils n’encouragent pas, les fausses informations. Leurs cibles favorites, la démocratie, la connaissance et le journalisme. Il évoque ainsi « Les phénomènes Trump et Musk, qui n’hésitent pas à faire de l’ingérence en appelant à voter pour des partis populistes. Les plateformes numériques sont un formidable tremplin pour faire passer des messages mensongers qui font douter les électeurs ».

    Institut culturel français de Bratislava
    Institut culturel français de Bratislava

    Son approche est historique comme philosophique et sociologique. Car la source des fake news et de la désinformation est ancienne. Des pamphlets visant les rois aux poètes financés par Auguste pour abîmer la réputation de Marc Antoine. Mais ce sont les totalitarismes au 20ème siècle qui ont rendu ces manipulations massives à travers « la fabrique du consentement » inventée par un Goebbels, ministre de la propagande du Reich, ou grâce aux mises en scène soviétiques autour du massacre des officiers polonais de Katyn ou lors des grands procès d’après-guerre.

    « Les États, à commencer par la Russie et la Chine, dont l’objectif est de nous déstabiliser et de détruire nos démocraties, sont les plus puissants ».

    Olivier Favry, diplomate, auteur de « la désinformation » (Ed. Ellipses)

    En rentrant dans l’ère numérique la capacité à manipuler autrui s’est trouvée dopée. L’élection américaine de 2016 et les « fermes à clics » de Macédoine attaquant Hillary Clinton, ou les rumeurs orchestrées contre les opposants de Jair Bolsonaro dans la campagne présidentielle brésilienne de 2018 auront produit de la désinformation à un niveau jamais relevé. Aujourd’hui la principale menace vient des États qui ont une puissance de manipulation gigantesque.

    Résister face aux armées de Trolls et aux pièges de l’IA

    La guerre en Ukraine fournit à Vladimir Poutine l’occasion de déployer des armées de Trolls sur les réseaux sociaux pour mener une guerre hybride qui ne se résume pas à l’envoi de missiles mais qui expérimente sur les réseaux sociaux des techniques de désinformation importantes.

    « L’IA menace d’atrophier les capacités humaines »

    Olivier Favry, diplomate, auteur de « la désinformation » (Ed. Ellipses)

    L’exemple récent des attaques de drones sur la Pologne ou pour paralyser le trafic aérien de l’aéroport de Munich ont montré la capacité russe à manipuler l’opinion tout en renversant les responsabilités :  la désinformation laissant croire que l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) ou les Occidentaux seraient à l’origine de ces attaques.

    L’intelligence artificielle est interrogée par l’auteur dans ses potentialités, positives comme inquiétantes. « L’IA menace d’atrophier certaines capacités humaines comme la mémoire (puisqu’on n’a plus besoin de se remémorer par nous-mêmes les savoirs), le raisonnement, l’autonomie de la décision ».

    Fake news
    Fake news

    Si la résistance à la désinformation passe par différents canaux, un des plus importants est la capacité des médias traditionnels à fournir de l’information fiable, vérifiée, et à opérer du « fact-checking ». Mais c’est les jeunes générations qui ont le plus d’aptitude à s’opposer à ces manipulations numériques. De par leur familiarité aux réseaux sociaux notamment. Le diplomate rappelle combien l’éducation aux médias et à l’information (EMI) et l’enseignement moral et civique (EMC) sont des matières importantes pour la formation des esprits de demain. Et pour former les nouvelles forces de sociétés civiles capables de faire face aux manipulateurs du futur.  En 100 questions et 100 réponses, le livre d’Olivier Favry parvient à faire le tour d’un sujet politique majeur et de nous offrir des outils pour mieux résister.

    Olivier Favry
    Olivier Favry

    Questions Lesfrancais.press à Olivier Favry (octobre 2025)

    Docteur en Histoire de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), diplomate et romancier (sous le pseudonyme Samuel Corvair), Olivier Favry est l’auteur de plusieurs ouvrages :  L’Ami public américain. Les nouvelles relations industrie automobile-État aux États-Unis  de 1979 à  1991  (L’Harmattan, 2002),  Tout savoir sur l’Europe.

    Lesfrancais.press : « Pouvez-vous me dire comment vous est venue l’idée de rédiger ce livre ? »

    Olivier Favry : « L’idée d’écrire ce livre m’est venue en découvrant tout un tas d’informations fausses qui circulent sur les réseaux sociaux. Ces fake news obligent d’ailleurs les médias traditionnels – quand ils fonctionnent correctement – à vérifier les faits énoncés (fact-checking) et à rétablir la vérité. Je crois que le déclic a été le jour où j’ai lu que des abrutis prétendaient que la Terre est plate.

    « L’espace qu’occupent les intox dans la sphère médiatique est immense »

    Olivier Favry, diplomate, auteur de « la désinformation » (Ed. Ellipses)

    Là, je me suis dit qu’en écrivant un livre sur la désinformation, je pourrais aider mes lecteurs, en particulier les jeunes, à mieux se repérer dans un monde où la radicalité et l’immédiateté occupent une place trop grande dans notre vie quotidienne. La formule des 100 questions/réponses, qu’ont adopté les éditions Ellipses pour l’une de leurs collections, m’est apparue idéale pour traiter ce sujet de plus en plus préoccupant pour nos démocraties. »

    Lesfrancais.press : « Vous parlez d’une « galaxie de la désinformation ». Quelles sont aujourd’hui, selon vous, les formes les plus insidieuses de fake news ? »

    Désinformation, Olivier Favry
    « Désinformation » Olivier Favry

    Olivier Favry : « J’évoque en effet une « galaxie de la désinformation » car l’espace qu’occupent les intox dans la sphère médiatique est immense. Au sein de cette nébuleuse, de cet univers où le mensonge prospère, les formes les plus insidieuses de fake news abîment la démocratie.

    Qu’il s’agisse d’une information fausse ou périmée, d’une rumeur infondée, d’une tromperie à visée commerciale, d’un acte de propagande ou de théories du complot, tous ces messages, qui circulent sur les réseaux sociaux ou qui sont publiés sur des forums, sans compter ceux qui sont transmis sur nos adresses électroniques, font des ravages. »

    Lesfrancais.press : « Entre propagande d’État, manipulation politique et désinformation commerciale, quels sont les acteurs les plus puissants dans ce domaine ? »

    Olivier Favry : Selon moi, les États, à commencer par la Russie et la Chine, dont l’objectif est de nous déstabiliser et de détruire nos démocraties, sont les plus puissants. Les manipulations politiques, en particulier lors des élections avec des campagnes de désinformation devenues presque systématiques, sont emblématiques de cette dynamique. Il y a aussi les phénomènes Trump et Musk, qui n’hésitent pas à faire de l’ingérence en appelant à voter pour des partis populistes.

    Fact Fake
    Fact Fake

    Les plateformes numériques sont un formidable tremplin pour faire passer des messages mensongers qui font douter les électeurs. S’agissant du dérèglement climatique par exemple, qui est une réalité, les désinformateurs sont habiles et abusent de la naïveté de certains électeurs. Et sur ce sujet, la France a malheureusement subi la mauvaise influence de Claude Allègre ! »

    Lesfrancais.press : « L’intelligence artificielle bouleverse le rapport à la vérité. Est-elle devenue une arme de désinformation massive ? »

    Olivier Favry : « L’IA doit être utilisée à bon escient pour ne pas apparaître comme une arme de désinformation massive. Dans quasiment tous les secteurs, parmi lesquels la médecine et l’éducation, l’IA a un impact important sur notre manière de penser. Comme l’explique la philosophe Anne Alombert (Le Monde, 4/10/2025), son usage implique une délégation de nos capacités intellectuelles, psychiques et mentales. Les algorithmes de recommandations peuvent influencer notre capacité de jugement et de décision, voire d’expression avec les IA génératives.

    « Les IA génératives peuvent nous aider à apprendre,
    mais elles entraînent aussi des addictions »

    Olivier Favry, diplomate, auteur de « la désinformation » (Ed. Ellipses)

    L’IA menace donc d’atrophier certaines capacités humaines comme la mémoire (puisqu’on n’a plus besoin de se remémorer par nous-mêmes les savoirs), le raisonnement, l’autonomie de la décision. Enfin, sachant que les machines sont entraînées par des personnes selon certains critères et certaines valeurs, la question des biais idéologiques est problématique. Certes les IA génératives peuvent nous aider à apprendre, mais elles entraînent aussi des addictions. »

    Lesfrancais.press : « Vous évoquez l’apprentissage de l’esprit critique à l’école. Que faudrait-il changer concrètement dans l’éducation pour y parvenir ? »

    Olivier Favry : « L’éducation aux médias et à l’information (EMI) et l’enseignement moral et civique (EMC) sont d’excellentes initiatives qu’il faut encourager et généraliser. Pour que cet apprentissage donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire des citoyens avisés, il faut aider les jeunes à comprendre comment agissent ceux qui nous manipulent : États, plateformes, cybercriminels, etc. Dans ces conditions, les systèmes d’éducation doivent être capables d’enseigner le discernement, plus encore que l’accumulation des savoirs. Je ne vois qu’une méthode qui peut sauver les jeunes générations : celle de Raymond Aron, fondée sur la connaissance, l’analyse des faits et le rejet de l’émotionnel. »

    Lesfrancais.press : « Enfin, pour le citoyen ordinaire, quels réflexes simples recommandez-vous pour se protéger au mieux de la désinformation au quotidien ? »

    Olivier Favry : Chercher la source de l’information, comparer le traitement de cette information reçue avec celui d’un autre média, utiliser la technique du debunking, c’est-à-dire démystifier, identifier et démanteler une fausse information, reconstruire l’information dans un cadre objectif grâce au fact-checking. Veiller à toujours vérifier les faits et profiter pleinement de nos droits avant que des esprits malintentionnés nous les enlèvent. Lire ou relire des livres fondamentaux comme 1984 de George Orwell. Utiliser l’expertise d’ONG comme Reporters sans frontières pour dénouer le vrai du faux. Se méfier de ses propres émotions du type peur, colère, peine. En bref, raisonner, se documenter, et ne jamais cesser d’apprendre

    La désinformation

    Entre fake news, propagande et autres :
    Comment se repérer et lutter contre elle ?
    (Olivier Favry, Ellipses, 2025, collection 100 Questions/réponses)


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  • Kim Younes : « Moderniser TV5MONDE tout en préservant son héritage culturel et éducatif »

    Kim Younes : « Moderniser TV5MONDE tout en préservant son héritage culturel et éducatif »

    Présidente directrice générale depuis un an de TV5MONDE, média emblématique de la francophonie, Kim Younes souhaite moderniser cette chaîne située au carrefour de la culture, de l’éducation et de la diversité. Pour comprendre cette évolution souhaitée, elle a accepté de répondre à nos questions. Au cours de ce podcast, nous allons notamment parler des défis de la modernisation de TV5MONDE, de son ancrage en Afrique, de son attractivité en Asie et des pistes d’innovation inspirées par les usages numériques, tout en en préservant son héritage culturel et éducatif. Alors quel futur pour TV5MONDE ?

    Écouter le podcast avec Kim Younes

    TV5MONDE : une chaîne au carrefour de la tradition et de l’innovation

    Lors de cet entretien, Kim Younes, à la tête de TV5MONDE depuis un an, n’élude pas les défis de modernisation auxquels fait face cette chaîne emblématique de la francophonie. Pour réussir ce pari et répondre à ces attentes, les évolutions en cours s’appuient, entre autres, sur l’héritage culturel et éducatif de ce media.  

    « TV5MONDE, c’est une chaîne qui existe depuis 41 ans et
    qui a trois forces : la puissance de sa marque, son réseau,
    et des programmes de grande qualité »

    Kim Younes PDG de TV5MONDE

    En effet, au cours de cette interview, l’ancienne directrice générale de BFM Business souligne notamment que TV5MONDE repose sur trois forces majeures : la puissance de sa marque, son réseau mondial, avec une présence dans plus de 200 pays et touchant 437 millions de foyers, et la qualité de ses programmes, nourris par les radiodiffuseurs publics de six pays partenaires.

    Un modèle de coopération internationale unique

    Aujourd’hui, TV5MONDE fonctionne grâce à une coopération internationale qui repose sur un alignement fort autour de valeurs communes : la promotion de la langue française, la diversité culturelle, le développement durable et la démocratie. Kim Younes explique que cette collaboration, bien que complexe, est rendue possible par une charte claire et une répartition équitable des contributions. « Nous offrons une résonance internationale à nos partenaires en fonction de leurs contributions » nous dit-elle.

    Kim Younes
    Kim Younes – PDG de TV5MONDE

    Notre invitée évoque aussi le développement d’un nouveau plan stratégique pour la chaîne qui repose sur trois axes : D’abord, moderniser l’image du réseau. Ensuite, renforcer la stratégie de programmation, notamment avec des propositions pour la jeunesse. Et enfin, élargir ce réseau de partenaires en intégrant un certain nombre de pays issus du continent africain.

    L’Asie, un territoire stratégique et inspirant

    Bien que la francophonie soit moins visible en Asie qu’en Afrique, TV5MONDE y voit un potentiel énorme. La chaîne y est implantée depuis longtemps, avec un bureau important à Hong Kong et une audience unique en Chine continentale. « Nous avons une audience unique, car nous sommes le seul réseau francophone autorisé en Chine continentale », nous informe Kim Younès.

    « TikTok est un réseau totalement prioritaire pour nous.
    Nous nous inspirons aussi de la K-pop pour refondre notre identité sonore »

    Kim Younes PDG de TV5MONDE

    Pour séduire les jeunes publics asiatiques, TV5MONDE mise aussi sur les nouvelles technologies, comme TikTok, et s’inspire des tendances culturelles locales, comme la K-pop. « TikTok est un réseau totalement prioritaire pour nous. Nous nous inspirons aussi de la K-pop pour refondre notre identité sonore », partage notre invitée. D’autres aspects de l’Asie inspirent aussi la chaîne, et vous les découvrirez en écoutant ce podcast.

    TV5MONDE : une chaîne en pleine réinvention

    Kim Younes conclut en insistant sur la volonté de sa chaîne de se réinventer, avec une nouvelle identité de marque et des contenus innovants, tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices. « C’est une chaîne qui existe depuis longtemps, qui est ancienne, mais nous abordons cette rentrée avec une énergie totalement nouvelle et plein de nouveautés à découvrir », déclare ainsi notre interlocutrice du jour.

    Conférence de presse 2025 - TV5 Monde
    Conférence de presse 2025 – TV5 Monde

    TV5MONDE allie donc tradition et modernité, s’appuie sur une coopération internationale solide, et mise sur l’innovation pour conquérir de nouveaux publics, notamment en Asie. Une chaîne en mouvement, déterminée à rester un acteur clé de la francophonie. Pour Kim Younes, « TV5MONDE, vous n’en avez jamais fait le tour. Nous nous réinventons avec une énergie totalement nouvelle. »

  • La Bulgarie propose d’offrir un couloir aérien à Poutine

    La Bulgarie propose d’offrir un couloir aérien à Poutine

    La Bulgarie autorisera l’avion de Vladimir Poutine à traverser son espace aérien afin de faciliter la rencontre prévue entre le dirigeant russe et Donald Trump à Budapest à la fin du mois, a déclaré lundi 20 octobre le ministre bulgare des Affaires étrangères.

    Depuis 2022, l’UE a fermé son espace aérien à tous les aéronefs russes. Cela complique la tenue du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, annoncé par le président américain à la suite d’un appel téléphonique avec son homologue russe la semaine dernière et dont la date exacte n’a pas encore été fixée.

    « Lorsque des efforts sont faits pour parvenir à la paix, si la condition pour y parvenir est d’organiser une telle rencontre, il est tout à fait logique que cette rencontre fasse l’objet d’une médiation par tous les moyens possibles», a déclaré Georg Georgiev aux journalistes lundi, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg.

    « Comment peut-on proposer de tenir la réunion
    si l’un des participants ne peut pas s’y rendre ? »

    Georg Georgiev, ministre des Affaires étrangères de Bulgarie

    Un fonctionnaire bulgare a confirmé qu’aucune demande n’avait encore été formulée par Moscou pour que l’avion présidentiel russe puisse survoler le pays.

    La Bulgarie n’a pas de frontière commune avec la Hongrie. Toutefois, la Hongrie et la Bulgarie sont toutes deux limitrophes de la Serbie, qui entretient des liens étroits avec Moscou. Le passage par la Bulgarie en direction de Budapest réduirait considérablement la durée du vol de Vladimir Poutine. Ce dernier passerait par la mer Noire, puis la Bulgarie, avant de traverser la Serbie pour rejoindre la Hongrie.

    Le seul autre itinéraire qui n’implique pas le survol de l’espace aérien de l’UE ou de l’Ukraine consiste à survoler la Méditerranée, puis à passer par le Monténégro ou l’Albanie avant d’atteindre Budapest via la Serbie.

    Mandat d’arrêt de la CPI

    Autre point noir : le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre Vladimir Poutine. La Bulgarie et la Hongrie sont toutes deux membres de la CPI, qui a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du président russe pour son implication dans la déportation d’enfants ukrainiens pendant la guerre.

    Bien que la Hongrie a annoncé son retrait de la CPI en avril dernier, celui-ci ne sera juridiquement effectif qu’à partir de juin 2026. Le pays aurait donc l’obligation d’arrêter le président russe s’il se trouvait sur son sol.

    Vladimir Poutine et Donald Trump
    Vladimir Poutine et Donald Trump

    Un sommet qui ne fait pas l’unanimité

    L’annonce du sommet a par ailleurs suscité des réactions mitigées de la part des dirigeants de l’UE.

    La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, et de nombreuses capitales de l’Est ont critiqué le fait que le président ukrainien Volodymyr Zelensky soit exclu de la réunion prévue.

    En revanche, les ministres de nombreux États membres occidentaux de l’UE, dont les Pays-Bas, l’Allemagne et la France, ont exprimé un soutien prudent à la réunion, qui serait le premier sommet en personne entre les présidents américain et russe depuis leur rencontre en Alaska au mois d’août.

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a critiqué à plusieurs reprises le soutien de l’UE à l’Ukraine et a noué des liens étroits avec Vladimir Poutine et Donald Trump depuis qu’il est redevenu Premier ministre de son pays en 2010.

  • L’hôtellerie : planche de salut du luxe ?

    L’hôtellerie : planche de salut du luxe ?

    Devant le Brown’s Hotel, à Londres, un portier en livrée et haut-de-forme accompagne les clients jusqu’à leur taxi. À l’intérieur, la suite la plus prestigieuse se loue plus de 8 000 dollars la nuit. Au bar, les cocktails raffinés se facturent plus de 25 euros. À en juger par le hall bondé, de nombreuses personnes sont prêtes à dépenser sans compter.

    Le luxe tire le secteur touristique

    Aujourd’hui, le secteur du luxe se trouve scindé en deux. Les incertitudes économiques incitent les consommateurs à restreindre leurs dépenses en biens de luxe : escarpins, sacs à main, parfums ou montres de prestige. Le cabinet Bain estime que les ventes de produits de luxe personnels devraient reculer de 2 à 5 % cette année. En revanche, les dépenses consacrées aux loisirs continuent de progresser. Hôtels cinq étoiles, vols en première classe, croisières et expériences « uniques dans une vie » affichent une forte croissance. Selon McKinsey, les dépenses mondiales en hôtellerie de luxe atteindront 390 milliards de dollars en 2028, contre 239 milliards en 2023. Les grands groupes du luxe ne s’y sont pas trompés en investissant massivement dans ce domaine. Chez Accor, qui possède à la fois la chaîne haut de gamme Sofitel et la chaîne économique Ibis, le PDG Sébastien Bazin vise à porter la part du flux de trésorerie issue du segment luxe de 35 % aujourd’hui à 50 % d’ici 2030.

    Malgré le durcissement des règles migratoires aux États-Unis, les guerres commerciales et les tensions géopolitiques, les voyageurs haut de gamme soutiennent le marché du tourisme. D’après CoStar, société d’analyse immobilière, le revenu par chambre disponible dans les hôtels de luxe est resté supérieur chaque mois à celui de 2024, tandis qu’il reculait pour les catégories inférieures. Chez Chase Travel, filiale de JPMorgan Chase, les réservations de vols en première classe ont progressé de plus de 20 % entre juin et août. Air France a décidé de monter en gamme sa première classe afin de répondre à la demande internationale. IBA, cabinet spécialisé dans l’aviation, prévoit la livraison de 820 jets privés en 2025, soit une hausse de 7,3 %.

    Face à cette réorientation des dépenses, Bulgari et Armani ont ouvert des hôtels. Le groupe LVMH développe sa chaîne « Cheval Blanc » et a acquis l’hôtel « Belmond » à Londres. Il possède également un yacht, l’Orient Express, de 230 mètres et 54 suites, construit en partenariat avec Accor, qui sera accessible à une clientèle huppée depuis la France l’an prochain. Dolce & Gabbana et Burberry, de leur côté, collaborent avec des groupes hôteliers pour ouvrir des boutiques éphémères et des beach clubs exclusifs.

    Hôtel Cheval Blanc, Courchevel
    Hôtel Cheval Blanc, Courchevel

    Selon Richard Clarke, analyste chez Bernstein, la présence de plus en plus marquée du secteur du luxe dans l’univers des loisirs illustre un déplacement des dépenses, des biens matériels vers les expériences. Les vêtements et accessoires de créateurs sont désormais accessibles partout et arborés aussi bien par les classes aisées que par les très riches. En revanche, les voyages exceptionnels – qui peuvent coûter plusieurs milliers de livres par personne et par jour – conservent une dimension véritablement exclusive.

    Le risque est que les acteurs du tourisme de luxe reproduisent les erreurs des maisons de mode. Au tournant des années 2000, celles-ci ont cherché à séduire les consommateurs « aspirationnels » – riches, certes, mais pas fortunés à l’extrême – ce qui les a rendues vulnérables au moindre retournement conjoncturel. Selon McKinsey, la part des dépenses d’hôtellerie de luxe provenant des ultra-riches (patrimoines supérieurs à 30 millions de dollars) tend à diminuer. Ces derniers ne veulent pas cohabiter avec les simples riches. Ils entendent conserver une part d’exclusivité et se rabattent sur des villas à plusieurs dizaines de millions d’euros ou sur les jets privés

    Montée en gamme chez lez Low-coast

    Signe que la clientèle « ordinaire » souhaite, elle aussi, se sentir privilégiée : EasyJet Holidays, filiale du transporteur à bas coût, a lancé ce mois-ci une offre « premium » comprenant hôtels haut de gamme, embarquement prioritaire et « extras raffinés » tels que des dîners étoilés. La banalisation du luxe se traduit par la multiplication des chambres haut de gamme : leur nombre passera de 1,8 million actuellement à près de 2,2 millions d’ici 2030, une expansion plus rapide que dans les autres segments. À Londres, Rosewood, Six Senses et Auberge – trois enseignes parmi les plus réputées – ouvriront chacune un nouvel établissement cette année. Selon Savills, la capitale britannique compte déjà 18 750 chambres de luxe et 1 618 autres sont en projet. À Paris, près de 500 nouvelles chambres de luxe ont ouvert en 2025.

    Compte tenu de l’importance des investissements, les hôtels de luxe ont tendance à augmenter leurs tarifs. Les touristes commencent à juger ces prix de plus en plus prohibitifs. Selon CoStar, dans plusieurs mois récents, les taux d’occupation des cinq étoiles ont été légèrement inférieurs à ceux de 2024, mais la hausse des prix a permis de maintenir la progression des revenus.

    EasyJet Holidays
    EasyJet Holidays

    L’hôtellerie de luxe est confrontée à une série de défis. Elle doit éviter la banalisation, faute de quoi elle risquerait une érosion de sa clientèle. Elle doit également maîtriser ses coûts, tout en surmontant les difficultés de recrutement de la main-d’œuvre qualifiée.

    Le dynamisme du tourisme haut de gamme illustre la résilience du luxe face aux cycles économiques, mais aussi ses fragilités structurelles. Le secteur repose de plus en plus sur des investissements lourds, des coûts fixes élevés et une clientèle mondiale dont la concentration du pouvoir d’achat rend la demande sensible aux aléas géopolitiques, et à l’évolution des patrimoines financiers.

    L’expansion rapide du parc hôtelier de luxe, notamment à Londres, Paris ou Dubaï, fait peser un risque de surcapacité à moyen terme. Si la demande ralentit, le modèle d’exploitation — fondé sur des prix élevés et des taux d’occupation soutenus — pourrait être remis en cause. Les marges seraient alors sous pression, dans un contexte où les coûts de financement et les exigences environnementales renchérissent les projets.

    Le luxe hôtelier reste aujourd’hui un marqueur de puissance et de rentabilité pour les grands groupes, mais sa soutenabilité dépendra de sa capacité à maintenir la rareté dans l’abondance et à segmenter plus finement sa clientèle. Dans les années à venir, le véritable enjeu ne sera pas tant d’ouvrir de nouveaux palaces que de préserver, dans un monde saturé d’offres haut de gamme, la promesse d’une différence économique — et symbolique.

  • Nicolas Sarkozy, la prison et vous ?

    Nicolas Sarkozy, la prison et vous ?

    A l’étranger comme en France, l’incarcération d’un ancien Président de la République, est évènement inédit. Dans l’hexagone, c’est même historique et cela se traduit par un tremblement de terre pour la vie politique du pays. C’est aussi un test pour les institutions de la Ve République, à la santé chancelante. Mais qu’en pensent réellement les Français et les expatriés ont-t-ils une vision différente ? Après avoir fait le tour des réactions de nos élus, parlementaires comme conseiller consulaires, hier, aujourd’hui, en s’appuyant sur les sondages réalisés sur le pays et sur une consultation. Menée du 19 au 22 octobre 2025, vous avez été 2396 à y répondre. Une fois de plus merci d’avoir été si nombreux à y participer surtout en si peu de temps. Preuve que ce sujet, quelle que soit l’opinion personnelle, retient l’attention du citoyen.

    Un justiciable comme les autres

    Condamné à cinq ans de prison dans l’affaire du « financement libyen » de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a été incarcéré ce mardi 21 octobre à la prison de la Santé, à Paris. Une première dans l’histoire de la Ve République pour un ancien chef de l’État. Mais pour les trois quarts des Français (75%), l’ancien président doit être considéré comme un justiciable comme les autres, selon un sondage Toluna-Harris Interactive pour RTL. C’est d’ailleurs aussi l’avis de 66,67% des consultés. Expatriés comme résidents, le temps de l’impunité est fini.

    A titre personnel, quel est votre sentiment sur l'incarcération d'un ancien président de la république
    Sarkozy, la prison et vous ? – A titre personnel, quel est votre sentiment sur l’incarcération d’un ancien président de la république ?

    Cependant, cette incarcération a été un caractère un peu particulier car l’appel n’a pas eu lieu et donc techniquement « Nicolas Sarkozy » est considéré comme « présumé innocent ».  D’ailleurs, ce débat sur l’exécution provisoire des peines est « légitime », a jugé ce mardi 21 octobre Emmanuel Macron en marge d’un déplacement en Slovénie.

    « C’est un débat légitime dans une démocratie, parce que tout le monde souhaite qu’il puisse y avoir des voies d’appel et de recours.
    Mais c’est un débat qui doit être mené dans le calme et indépendamment des cas spécifiques pour que notre justice puisse se faire et puisse évoluer dans la sérénité qui convient »

    Emmanuel Macron le 21 octobre 2025

    Actuellement, selon les chiffres 2024 du ministère de la Justice, « le taux de mise à exécution immédiate s’établit à 87 % en comparution immédiate ». En parallèle, le rapport montre que « le taux de mise à exécution immédiate augmente avec le quantum de peines ». Estimé à 47 % pour les peines de 6 mois ou moins, il grimpe à 89 % pour celles de plus de 24 mois parmi lesquels 4,3 % concernent les peines de prison ferme. Le cas de Nicolas Sarkozy n’est donc « exceptionnel », un avis que partage 66% des Français qui se sont donc habitués à cette nouvelle disposition appliquée depuis le 1er janvier 2020. Les expatriés, eux, sont un plutôt circonspects ! En effet, pour 64,46% des consultés, l’incarcération, avant l’appel, n’était pas justifié. Et cela s’explique facilement, la France est le seul pays au monde à faire exécuter une peine avant que l’appel d’une décision ait été statué (bien sûr pour les crimes de sang, il est possible de maintenir le suspect en détention sous le statut dit de la « préventive »).

    Pensez-vous que l'application de la peine avant le procès en appel soit justifiée ?
    Sarkozy, la prison et vous ? – Pensez-vous que l’application de la peine avant le procès en appel soit justifiée ?

    Vue de l’étranger

    Deux jours après l’émotion mondiale qu’a provoqué le spectaculaire vol de bijoux au musée du Louvre, la France a de nouveau fait les gros titres des médias internationaux après l’emprisonnement de Nicolas Sarkozy. L’incarcération de l’ancien président français ouvrait le site de la BBC mardi. Le média britannique relève qu’il est le premier ancien chef d’État français à être incarcéré depuis le maréchal Pétain, emprisonné en 1945 pour haute trahison et collaboration avec l’Allemagne nazie. L’hebdomadaire The Economist y voit « un véritable tournant par rapport à l‘époque où les responsables politiques français étaient perçus comme bénéficiant d’une culture d’impunité ». Et ce n’est qu’un petit échantillon ! Dans notre consultation, on découvre que 82% des Français de l’étranger ont été informés par les médias de leurs pays de résidence.

    L'incarcération de Nicolas Sarkozy a-t-elle été évoquée dans votre pays de résidence
    Sarkozy, la prison et vous ? – L’incarcération de Nicolas Sarkozy a-t-elle été évoquée dans votre pays de résidence ?

    En Europe, les Britanniques, les Allemands, les Italiens applaudissent, aux États-Unis, le New York Times fait un parallèle entre Nicolas Sarkozy, qui dénonce un complot de la justice, et les violentes attaques de Donald Trump contre les juges. Le quotidien américain s’inquiète de « la pression politique sur le pouvoir judiciaire mondial qui s’accroît »

    Et ce même média souligne l’image désastreuse pour un ancien président « qui avait construit sa carrière politique sur la loi et l’ordre » mais qu’en est-il pour celle de notre pays ? Sans surprise, dans la majorité des pays l’incarcération d’un homme qui incarné la Nation française est un choc. Que ce soit parce que les Français aient élu un « criminel » ou que ce soit parce qu’un « grand homme » a été sali. Pour près de la moitié des consultés, l’image de la France a été dégradée dans leur pays de résidence.

    Quel fut l'impact sur l'image de la France de cette décision dans votre pays de résidence ?
    Sarkozy, la prison et vous ? – Quel fut l’impact sur l’image de la France de cette décision dans votre pays de résidence ?

    Qu’en sera-t-il s’il est libéré dans quelques semaines ou pire si l’appel le blanchit ? Si la justice doit être la même pour tous, l’intérêt supérieur de la Nation, pourrait conduire à un aménagement de celle-ci ? Vaste débat qui reviendra rapidement sur le devant de la scène, car, à ne pas en douter, Nicolas Sarkozy ne laissera pas la France l’oublier. Et les Français, eux-même, ne semblent pas vraiment vouloir tourner la page. Même emprisonné dans quartier d’isolement, l’ancien président de la République bénéficie, toujours, d’une image globalement positive. Près de 7 Français sur 10 le jugent dynamique (67%), courageux (58%) et compétent (50%) selon un sondage réalisé en ligne le 21 octobre 2025 après l’incarcération de Nicolas Sarkozy, auprès d’un échantillon de 1.025 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus pour l’AFP.

  • Les familles préoccupées par la réforme de l’AEFE

    Les familles préoccupées par la réforme de l’AEFE

    La DGM (Direction générale de la mondialisation du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères) n’a pas reçu que les représentants syndicaux pour parler du futur de nos écoles françaises à l’étranger. Les associations de parents d’élèves ont aussi été conviées à un échange sur la présentation de la prochaine réforme de l’AEFE. Après cet entretien, les familles semblent préoccupées : qui va payer ?

    FAPEE : la crainte de faire payer les parents

    Ainsi, la FAPEE (Fédération des associations de parents d’élèves des établissements d’enseignement français à l’étranger) représentée par Brice Bultot son président n’a pas été surprise par les constats réalisés par la DGM qui datent déjà d’une dizaine d’années. 

    « Il n’y aura pas d’argent magique »

    Brice Bultot, président de la FAPEE

    « Ce qui est plus récent, en revanche, c’est que la baisse de la subvention de l’AEFE semble s’inscrire dans la durée. Bien que les actions évoquées pour la maîtrise des coûts soient à louer, malheureusement, les parents vont peut-être être  appelés à contribuer en 2026 ». « Il est impossible de garantir que les familles continueront à jouer le jeu sans, a minima, être significativement regardant ».  La FAPEE, qui revendique représenter quasiment la moitié des établissements conventionnés dans le monde, refuse que les frais de scolarité soient « l’élément d’équilibrage budgétaire » unique et indique qu’il n’y aura « pas d’argent magique » mais plutôt une demande de « transparence renforcée sur les coûts de fonctionnement des établissements » et une implication de tous les acteurs sur le fond. »

    UNAPE : maintenir les enseignants en poste

    Autre association représentant les parents d’élèves, L’UNAPE (Union des Associations de Parents d’Élèves de l’Étranger) s’est exprimée par la voix de Christine Torello, sa responsable Europe. Elle a participé à la réunion organisée par la DGM et a partagé ses préoccupations face à des augmentations de frais de scolarité à la rentrée de 2026 annoncées à hauteur de 3 à 4 % ainsi qu’une PCF pouvant atteindre 10 %.

    « Le maintien absolu des effectifs enseignants comme priorité »

    Christine Torello, responsable Europe pour l’UNAPE

    Elle souhaiterait des contreparties face à ces hausses comme « l’amélioration des infrastructures et le maintien absolu des effectifs enseignants pour éviter la surcharge des classes ».  L’UNAPE s’est interrogée également sur les économies internes à l’agence et sur la problématique du Label France éducation qui fragilise le réseau en organisant la fuite des familles vers des établissements rivaux.

    En autres pistes elle réclame le « rattachement opérationnel au Ministère de l’Éducation Nationale pour renforcer la cohérence pédagogique et l’alignement avec les standards d’excellence de l’enseignement français », l’évaluation de la gouvernance et de la gestion et une accessibilité et valorisation des aides aux familles pour garantir au réseau l’inclusivité et la diversité sociale.

    De son côté, la troisième association représentant les parents d’élèves, la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Élèves) préfère attendre la présentation officielle des réformes lors du prochain conseil d’administration de l’AEFE. Elle communiquera alors sa position.

    La réforme annoncée de l’AEFE suscite donc une inquiétude palpable parmi les associations de parents d’élèves, révélant des tensions croissantes entre différents objectifs. L’équilibre financier du réseau ne peut reposer essentiellement sur une hausse des frais de scolarité dès la rentrée 2026, ni sur une baisse des effectifs du corps enseignants. La discussion s’ouvre avec la communauté éducative, mais quelle est la marge de manœuvre de chacun des acteurs ?

  • Autoentrepreneur non-résident ? Attention aux nouveaux seuils

    Autoentrepreneur non-résident ? Attention aux nouveaux seuils

    Vous le savez, vous êtes d’ailleurs plus de 100 000 à bénéficier de ce statut, il est bien possible de concilier le statut d’auto-entrepreneur en France et vie à l’étranger. Ce régime bénéfice de nombreux avantages alliant flexibilité, une fiscalité progressive et la possibilité de ne pas facturer, jusqu’à un certain seuil, la TVA. Mais le gouvernement veut changer les règles comme ses prédécesseurs l’avaient tenté dans la Loi de Finances 2025. Quel est le projet ? Quelles conséquences pour vous ? On fait le point pour les Français de l’étranger.

    Créer ou maintenir son autoentreprise ?

    Afin de poursuivre ou créer votre activité en France, il est impératif de renseigner une adresse de domiciliation en France. Il peut s’agir de l’adresse d’un proche (membre de votre famille, un ami), ou de l’adresse fournie par un service de domiciliation d’entreprise.

    Que vous créiez votre entreprise ou la poursuivez, il faudra transmettre des documents via la plateforme du guichet unique (site de l’INPI).:

    • Pour une création, comme pour les personnes résidant en France, il faut se connecter au guichet unique et commencer la démarche en y joignant les pièces justificatives demandées tout
    • Pour maintenir votre activité tout en partant de France, il faudra alors réaliser un transfert de siège social. Ceci s’applique dans le cas où vous ne pouvez pas maintenir l’adresse utilisée lors de la création. N’oubliez pas il est impératif d’avoir une adresse en France (une société de domiciliation peut vous fournir la prestation). Vous devrez alors remplir le formulaire de modification d’activité, à la rubrique dédiée au changement d’adresse toujours sur la plateforme du guichet unique.

    Et n’oubliez pas, votre auto-entreprise étant domiciliée en France, vous restez résident fiscal français – ce même si vous n’y séjournez pas principalement ou n’y avez pas votre foyer – car le centre de vos intérêts économiques demeure sur le territoire national. Le cas échéant (en particulier si ces revenus ne représentent pas la majorité de vos ressources), il faudra vérifier si la convention fiscale applicable permet d’éviter cette qualification de résident fiscal français.

    En conséquence chaque année, vous êtes tenu de faire votre déclaration d’impôt à laquelle vous devez joindre une déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées, le formulaire n°2042 C PRO.

    Les nouveaux seuils de TVA pour les micro-entreprises

    La réforme que prépare le gouvernement frappe principalement les seuils de TVA. Actuellement exonérés de TVA jusqu’à un chiffre d’affaires de 36 800 € pour les services et 91 900 € pour les activités commerciales, ces seuils vont drastiquement baisser dès 2026.

    Régimes TVA Freelance
    Régimes TVA Freelance ©Indy

    Initialement prévu dans le PLF 2025, le texte avait été repoussé face à une levée de boucliers des représentants de micro-entrepreneurs. En 2026, le gouvernement a décidé de maintenir cette réforme controversée, tout en introduisant une modulation sectorielle pour les professions du bâtiment, souvent accusées de concurrence déloyale avec des structures plus lourdes.
    Si la Loi de Finances 2026 est adoptée en l’état, le nouveau plafond d’exonération de TVA sera fixé à 37 500 € pour tous, à une exception près : les professionnels du BTP et des travaux immobiliers qui verront leur seuil de déclenchement de la facturation avec la TVA à 25 000 €. Cette mesure vise à corriger ce qui est perçu comme un avantage fiscal démesuré et à aligner le système français sur les recommandations européennes.

    Pour les prestataires de services ou commerçants, le seuil de 37 500 € représentera une restriction notable, notamment pour ceux dont l’activité flirte avec les anciens plafonds de franchise. Cela les obligera à facturer la TVA à leurs clients, alourdissant le coût final de leurs prestations ou réduisant leurs marges s’ils choisissent d’absorber l’écart.

    Ces nouvelles obligations de collecte de TVA risquent de bouleverser la structure des tarifs pratiqués, en particulier vis-à-vis des clients particuliers, souvent peu enclins à accepter une hausse soudaine des prix.

    Un numéro de TVA intracommunautaire actif

    Mais il y aura aussi un avantage, en effet, les autoentrepreneurs vont désormais d’un numéro de TVA intracommunautaire. Pour les Français de l’étranger qui résident dans l’Union européenne, cela peut être un avantage pour compenser la baisse de marge s’il est impossible de répercuter complètement ou partiellement le taux de 20% de la TVA française sur vos clients en France ou particuliers (quel que soit le pays).

    En effet, avec un numéro actif sur VIES, il sera possible d’acheter le matériel nécessaire à la production de vos travaux qu’ils soient intellectuels ou manuels sans payer la TVA dans votre pays de résidence. Et pour ceux qui ont des clients professionnels disposant d’un numéro de TVA au sein de l’UE (hors France ou Monaco), il sera possible d’auto-liquider la TVA et donc de ne pas la facturer.

    Synthèse de l’application de la TVA en e-commerce  (hors cas particuliers)
    Synthèse de l’application de la TVA en e-commerce  (hors cas particuliers) ©D. JACOB – Cours e-commerce

    Rester autoentrepreneur ou basculer en société

    Avec ces nouveaux seuils, selon votre situation, il est peut-être pertinent de réfléchir à une potentielle évolution de votre statut.

    Ainsi, ceux, dont le chiffre d’affaires approche les nouveaux seuils et/ou qui ont majoritairement leurs clients en France, doivent envisager plusieurs options :

    • Changer de statut vers une entreprise individuelle au réel ou une société
    • Opter pour la TVA dès maintenant, afin de se préparer progressivement aux nouvelles obligations
    • Adapter leur tarification, en tenant compte de la récupération possible de TVA sur leurs achats professionnels
    • Se former à la gestion TVA ou se faire accompagner par des experts-comptables

    Cependant, rien n’est acté. Tout va dépendre de la confirmation de la réforme lors du vote parlementaire, prévu en fin d’année. Des amendements sont encore possibles, même si le gouvernement affiche sa volonté de maintenir cette disposition.

    La prudence s’impose donc mais le régime d’autoentreprise autrefois symbole de simplicité, devient plus complexe et moins avantageux, forçant des milliers d’indépendants en France comme à l’étranger à revoir leur stratégie professionnelle.

  • Compétition pour accueillir la future autorité douanière européenne

    Compétition pour accueillir la future autorité douanière européenne

    La Commission a annoncé vendredi 17 octobre l’ouverture de la procédure de candidature pour accueillir la future autorité douanière de l’UE — un organisme encore en cours de création, chargé de coordonner les services nationaux des douanes dans le cadre d’une réforme visant à lutter contre l’afflux de marchandises à bas prix en provenance des plateformes de commerce en ligne chinoises.

    Face à l’explosion des importations issues de géants comme Temu et Shein, les autorités douanières nationales peinent à suivre le rythme. Selon un rapport récent de la Commission, certains États membres ne contrôlent qu’un nombre à un chiffre de colis sur un million entrant sur le territoire de l’UE.

    Centraliser les données

    Pour renforcer ces contrôles, Bruxelles prévoit la mise en place d’un centre de données européen qui centraliserait les informations et faciliterait la coopération entre les États membres. Ce centre serait hébergé par la nouvelle autorité douanière, appelée à devenir le cœur du futur système européen de surveillance des importations.

    Reste désormais à déterminer où sera basée cette autorité. L’exemple récent de la création de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent, remportée par Francfort après une bataille politique intense entre Paris, Rome et Madrid, laisse présager une compétition tout aussi vive entre les capitales.

    Colis
    Image d’illustration ©Gettyimage

    Lille, Porto ou Malaga ?

    Plusieurs pays se sont déjà positionnés : la France propose Lille, le Portugal défend Porto, tandis que l’Espagne pousserait la candidature de Málaga.

    Parmi les critères fixés par la Commission figurent l’accessibilité du site, la rapidité de mise en service, la qualité des infrastructures et la présence d’établissements scolaires européens pour les familles des employés.

    L’autorité devrait employer environ 250 personnes et disposer de télécommunications « souveraines » au niveau européen, ainsi que d’infrastructures sécurisées pour héberger le futur centre de données, selon l’appel à candidatures publié par la Commission.

    Toutefois, la concrétisation du projet dépend encore de l’adoption formelle de la réforme douanière européenne, actuellement en négociation entre le Parlement, le Conseil et la Commission dans le cadre des trilogues.

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