En France, la pratique de la téléconsultation chez les médecins généralistes s’est développée à partir de l’épidémie de covid en 2020. Selon l’INSEE, les médecins généralistes libéraux ont effectué 13,5 millions de téléconsultations en 2020, dont 3,6 millions en avril 2020 et 2,0 millions en mai 2020. Depuis, les téléconsultations se sont installées en complément des consultations en cabinet et des visites à domicile. Leur part dans l’activité des médecins généralistes reste néanmoins faible. En 2023, les médecins généralistes libéraux ont effectué 5,4 millions de téléconsultations, après 7,6 millions en 2022 et 9,4 millions en 2021.
Une goutte d’eau dans l’univers médical
La pratique de la téléconsultation est plus fréquente chez les jeunes médecins, mais les écarts sont moins marqués en 2023 qu’en 2020. Ainsi, les praticiens de moins de 50 ans ont réalisé 2,9 % de leur activité en téléconsultation en 2023, contre 1,8 % pour leurs confrères de 50 ans ou plus.
À la différence des téléconsultations effectuées par des médecins libéraux, le nombre de téléconsultations réalisées dans des centres de santé augmente fortement et de manière continue depuis 2020, passant de 600 000 à 3,8 millions en 2023. Leur part dans l’ensemble des téléconsultations de médecins généralistes atteint 41 % en 2023, contre 23 % en 2022 et 4 % en 2020. Cette progression s’explique par la montée en puissance des plateformes de téléconsultation spécialisées dans ce type de prise en charge, qui n’effectuent pas ou très peu de consultations en cabinet ou de visites à domicile. En moyenne, ces centres réalisent plus de 80 % de leur activité en téléconsultation. 92 % des téléconsultations sont en France désormais réalisées par des centres de santé en 2023.
Les consultations à distance s’adressent davantage à des jeunes patients adultes. En 2023, 59 % des téléconsultations ont été effectuées avec des patients âgés de 15 à 44 ans (contre 29,2 % des consultations en cabinet). La surreprésentation de cette tranche d’âge est plus forte parmi les téléconsultations de médecins salariés en centres de santé que parmi celles de médecins libéraux (73 % contre 50 %).
En 2022, parmi les médecins libéraux généralistes ayant réalisé des téléconsultations, 50 % déclarent avoir utilisé un outil de vidéotransmission proposé par une plateforme du marché comme Doctolib ou Qare, 31 % avoir eu recours à des outils de communication grand public comme WhatsApp ou Zoom et 18 % à l’outil proposé par leur agence régionale de santé. Par ailleurs, les médecins généralistes libéraux sont de plus en plus nombreux à se doter d’un outil de prise de rendez‑vous en ligne : 36 % d’entre eux disposent d’un outil de prise de rendez‑vous en ligne comme Doctolib, KelDoc ou Maiia en 2022, contre 23 % en 2019.
Télémédecine
Expatrié(e) et télémédecine en France
Le saviez-vous ? Désormais la CFE prend en charge la téléconsultation dès lors que les expatriés auront recours à des médecins basés en France et que ces derniers seront dûment habilités par les pouvoirs publics (ARS…).
Ainsi avec ce service, les expatriés qui le souhaitent, pourront conserver un lien avec les médecins français. La téléconsultation vers un professionnel de santé français est assimilée à un soin en France.
La présidente de la Commission et des dirigeants européens ont réitéré mardi 28 octobre leur soutien à un plan de prêt de 140 milliards d’euros pour l’Ukraine basé sur les actifs russes immobilisés, alors que la Belgique refuse catégoriquement de soutenir la proposition et évoque le recours à la dette commune de l’UE à la place.
S’adressant aux journalistes à Stockholm à l’issue d’une réunion avec des dirigeants européens, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré que le prêt de réparation pour l’Ukraine, qui s’appuierait sur les actifs souverains russes détenus par la chambre de compensation Euroclear basée à Bruxelles restait « juridiquement valable ».
Elle a toutefois reconnu que certaines « questions techniques » devaient encore être résolues afin d’apaiser les craintes de la Belgique concernant les risques juridiques et financiers potentiels pour Euroclear et pour la stabilité de la zone euro.
La présidente de la Commission a également refusé de commenter l’option alternative proposée par la Belgique consistant à utiliser la dette commune de l’UE pour financer un tel prêt. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a évoqué cette idée après le sommet houleux des dirigeants de l’UE la semaine dernière, où la question a occupé une grande place.
« Je pense que c’est une avancée importante que nous nous penchions sur les actifs russes immobilisés »
Ursula von der Leyen
Pas d’alternative ?
Aux côtés de la cheffe de l’exécutif européen mardi, les dirigeants suédois, finlandais et danois ont fait écho aux propos de la présidente de la Commission.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas d’alternative au prêt de réparation » pour Kiev. « J’aime beaucoup l’idée que la Russie paie pour les dommages qu’elle a causés et commis en Ukraine », a ajouté celle dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.
Elle a aussi estimé qu’il était « nécessaire » que les dirigeants de l’UE s’accordent sur ce prêt lors du prochain sommet européen, qui aura lieu les 18 et 19 décembre.
De son côté, le Premier ministre finlandais Petteri Orpo a souligné que ce prêt était « la seule solution raisonnable » pour combler les besoins de financement de l’Ukraine, que le Fonds monétaire international (FMI) estime à environ 55 milliards d’euros pour 2026 et 2027.
Petteri Orpo s’est dit « optimiste » quant à la prise en compte par la Commission des préoccupations belges.
Les commentaires des dirigeants de pays nordiques font suite à la décision de la Belgique d’édulcorer les conclusions du sommet du Conseil européen de la semaine dernière, au cours duquel les dirigeants européens auraient dû donner le feu vert à l’exécutif pour transformer son projet en une proposition législative.
La plupart des actifs qui ont été immobilisés dans l’UE peu après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022 sont détenus en Belgique. Le pays se méfie particulièrement des risques que cela représente pour la réputation d’Euroclear si les États membres ne fournissent pas de garanties de remboursement à Moscou en cas de levée soudaine des sanctions de l’Union contre la Russie — une crainte est également partagée par la Banque centrale européenne (BCE).
Selon la proposition actuelle de l’exécutif, le prêt ne devra être remboursé que si la Russie verse des réparations à l’Ukraine après la guerre.
La Belgique exige également que les autres États de l’UE s’engagent à utiliser les actifs russes détenus sur leur propre territoire pour financer le projet. La France, le Luxembourg et Chypre font partie des autres pays de l’UE qui détiendraient des actifs souverains russes dans diverses banques privées.
Lors d’une conférence de presse qui a suivi le sommet de jeudi dernier (23 octobre), Bart De Wever a suggéré le recours à la dette commune contractée pendant la pandémie de Covid-19 pour financer ce prêt. Il s’agirait selon lui d’une alternative préférable au financement basé sur les avoirs immobilisés. Cette option nécessiterait également le soutien unanime de tous les États membres.
« Le grand avantage de la dette, c’est que vous la connaissez. Vous savez combien elle s’élève. Vous savez combien de temps vous devrez la supporter. Vous savez exactement qui en est responsable. L’inconvénient de l’argent russe, c’est que vous n’avez aucune idée de l’issue du litige, de sa durée et des problèmes que vous rencontrerez »
Bart De Wever
Il a toutefois admis que cela serait « très problématique » sur le plan politique, compte tenu de la forte opposition de nombreux pays « frugaux » peu friands de dette, qui sont relativement influents au sein de l’UE, tels que l’Allemagne et les Pays-Bas.
Selon des personnes proches du dossier, la Commission devrait présenter différentes options pour aider financièrement l’Ukraine dans les semaines à venir.
Parmi ces options, on retrouve le maintien de la proposition initiale tout en apaisant les préoccupations juridiques et financières soulevées par la Belgique, l’élargissement du programme afin d’encourager d’autres États de l’UE à exploiter les actifs souverains russes détenus dans leurs propres juridictions, et l’émission de dettes communes ou même de subventions pour financer Kiev.
Les ambassadeurs de l’UE doivent se réunir, aujourd’hui, mercredi 29 octobre dans la matinée à Bruxelles et devraient discuter plus en détail de cette question.
Le ministère des Affaires Étrangères nous dit qu’au 31 décembre 2024 le nombre d’inscrits au Registre des Français établis en dehors de leur pays s’élevait à 1 741 942 personnes, soit +2,8% sur un an. Mais, comme cette inscription n’est en rien obligatoire, on estime plutôt que le nombre total de Français vivant hors frontières, inscrits ou pas, tournerait plutôt autour des 2,5 millions. Ce qui finalement n’est pas si mal vu de la réputation « casanière » qu’ont les Français. Même s’il est vrai aussi que presque un tiers de ces expatriés sont des binationaux, il est intéressant de noter que la France est devenue en 2 décennies une terre d’émigration, car les expatriés deviennent petit à petit des émigrés ! Et oui, les Français prennent racine ailleurs et rentrent de moins en moins. Mais pourquoi ?
70% des expatriés le sont toujours après 5 ans
En effet, la durée hors de France, contrairement à ce que l’on pourrait croire depuis l’hexagone, a tendance à augmenter. Beaucoup semblent apprécier leur nouvelle vie au point que l’on peut même dire que la communauté française vivant à l’étranger est installée de façon plutôt durable. Sur les 1 741 942 personnes inscrites au Registre, 1 232 097 l’étaient depuis plus de 5 ans au dernier recensement pour celui-ci.
Enfin, on notera qu’il y a autant de femmes (et même légèrement plus avec 50,18%) que d’hommes d’inscrites comme résidentes à l’étranger. Ou encore que la pyramide des âges indique que 23% des inscrits ont moins de 18 ans, 10% sont dans la tranche 18-25 ans, 22% ont entre 26 et 40 ans, 29% entre 41 et 60 ans et 16% ont plus de 60 ans ; ces derniers étant pour l’immense majorité ces retraités ayant décidé de passer leur retraite sous d’autres cieux comme au Portugal ou au Maroc.
Pour les chambres de commerce et d’industrie, le déclencheur de ce phénomène c’est le choc fiscal de 2012/2013 avec l’arrivée de François Hollande.
Cependant, les CCI font un premier constat ainsi si la tendance à l’expatriation des Français s’accentue, le phénomène est moins marqué que dans les pays voisins. Ainsi, la population des Français à l’étranger est estimée de 2,5 à 3 millions avec une croissance annuelle de 3 à 4 % depuis 10 ans (hors Covid). Mais l’idée d’un mouvement massif de fuite des talents, spécifique à la France, ne semble donc pas correspondre à la réalité.
Par contre, second constat, il y a bien un changement majeur de comportements chez les jeunes générations, avec une nette accélération de leur mobilité, ce qui est une caractéristique marquante de ce début de XXIe siècle. On ne peut, pour l’instant, parler de développement de l’émigration permanente mais simplement une augmentation de la mobilité globale.
Dernier point mis en avant par les CCI : la crise économique qui a transformé structurellement la population des expatriés français, qui sont devenus plus indépendants avec un moindre recours aux contrats d’expatriation et de détachement et un accroissement de l’entrepreneuriat. Ainsi, 2 sur 10 expatriés sont des créateurs d’entreprises contre 1 sur 10 il y a 10 ans.
L’intégration à l’espace européen
Enfin, il faut aussi prendre en compte que l’Union européenne, chez les moins de 50 ans, est désormais totalement intégré comme faisant parti de l’horizon normal de la vie. Ainsi, c’est logiquement l’Europe qui attire le plus avec presque un expat français sur deux (48,3%) qui a choisi de rester sur le continent. Normal, entre proximité de la « mère patrie » et surtout facilités administratives offertes par l’Union Européenne à tous ses ressortissants désireux de bouger.
Après cinquante ans de construction européenne, de mise en place d’une monnaie commune, d’appel à un approfondissement du marché intérieur, de politiques publiques encourageants les échanges universitaires, peut-on assimiler cette mobilité accrue au sein de l’espace européen à de l’« expatriation » ? Ne faudrait-il pas plutôt s’en réjouir et y voir une forme d’émergence de citoyenneté européenne ?
A Dakar, capitale du Sénégal et avant de l’Afrique Occidentale Française (AOF), le monument aux morts pour la France de 14-18 offre la particularité d’être en même temps un édifice religieux, baptisé « cathédrale du Souvenir africain ». Une déclinaison que l’indépendance à imposer ou un financement dissimulé d’un édifice religieux.
Une cathédrale travestie
Dès le lancement du projet de construction durant la Première Guerre mondiale par l’Église d’une cathédrale à Dakar, le gouverneur William Ponty avoue son impossibilité de lui attribuer une subvention (laïcité oblige). Il suggéra, donc, à l’évêque, Mgr Jalabert, « de faire de sa future cathédrale un monument patriotique où serait conservée la mémoire des Coloniaux morts pour la conquête et le développement de nos possessions africaines ». Sous cette appellation, l’édification du monument peut être financée par l’administration coloniale.
Pour faire bonne mesure, comme sur un monument aux morts, la liste des « héros de l’épopée africaine, explorateurs, soldats, marins, administrateurs morts au service de la France devrait figurer dans une chapelle » fut ajouter sur le fronton.
Colons et croisés
Autre temps autres mœurs, en plein période coloniale, l’intention est clairement affirmée sur le fronton de la « cathédrale du Souvenir Africain » : « A ses morts d’Afrique la France reconnaissante », soit une dédicace aux coloniaux, y compris militaires morts pour l’expansion de la France outre-mer.
De part et d’autre de l’inscription, deux anges à visages peuls, sculptés par Anna Quinquaud, les accueillent au « Paradis ». En 1936, lors de l’inauguration, Mgr Raymond, évêque de Nice et grand aumônier des armées de France, précise une fois encore la nature de ce « Panthéon [religieux] d’Afrique ». Le monument célèbre les centaines de « colons tués par le climat ou par les hommes » [c’est-à-dire par les Africains eux-mêmes], « héros coloniaux » panthéonisés et comparés aux chevaliers des croisades.
Effacer les cicatrices de la colonisation
A partir de l’indépendance, ce message initial appartient, évidemment, à un passé rejeté par les nouvelles instances politiques et religieuses au pouvoir.
Le simulacre de monument aux morts disparait en partie par l’effacement de la dédicace originelle. Elle est remplacée par une nouvelle inscription qui dévoile des visées plus spirituelles et consensuelles, sans connotation politique : « A la Vierge Marie, Mère de Jésus Le Sauveur », en conformité avec la consécration de l’édifice à Notre-Dame-des-Victoires. Cependant l’appellation de « Souvenir Africain » persiste encore de nos jours, et le style de la nouvelle décoration intérieure ne peut effacer l’éclectisme des écritures architecturales néo-soudano-sahélienne et byzantine. Celles-ci gardent le témoignage de l’alliance originelle entre les pouvoirs civils, militaires et religieux, particulièrement vivace en Afrique, au cœur même du concept de la colonisation mise en œuvre dans la capitale de l’AOF.
Il fut aussi décidé de transférer dans un cimetière européen plus ou moins proche du lieu d’érection, les autres monuments aux morts existant dans le pays. Citons à titre d’exemple, à Dakar, le majestueux monument aux morts de l’AOF transporté au cimetière de Bel-Air.
Ce phénomène fut également relativement fréquent en Algérie. Comme le cas du « Poilu » de Sidi Ben Adda (anciennement Les Trois Marabouts), monument inauguré en 1921 puis entreposé successivement, en 1962 dans le cimetière chrétien de la ville, et en 1989, sans son piédestal, à l’entrée de la nécropole nationale du Petit-Lac à Oran
La campagne 2026 des aides sociales destinées aux associations accompagnant les Français de l’étranger en difficulté est ouverte. Appelés OLES (Organismes locaux d’entraide et de solidarité), ces acteurs soutiennent directement nos compatriotes expatriés les plus démunis. Pour financer leurs actions, la plupart doivent notamment déposer un dossier de subvention. Voici les critères et les démarches à suivre.
Français de l’étranger et aides sociales
En 2025, près de 100 Organismes locaux d’entraide et de solidarité à travers le monde ont sollicité une subvention de l’État français. Au total, plus de 1,1 million d’euros a alors été accordés. Comme tous nos compatriotes, les Français établis hors de France peuvent être confrontés aux aléas de la vie. En cas de difficultés, ils peuvent s’appuyer sur ces associations d’entraide françaises à l’étranger.
« Les OLES recherchent régulièrement des bénévoles : n’hésitez pas à offrir un peu de votre temps »
Ces OLES s’engagent ainsi dans un certain nombre d’actions en faveur de nos compatriotes les plus démunis et interviennent, le plus souvent, en complément des initiatives menées par nos consulats et ambassades. Ils jouent un rôle déterminant lorsque l’urgence ou la nature de l’événement touchant l’un de nos ressortissants hors de France ne permet pas d’apporter une solution immédiate dans le cadre de l’action consulaire.
Les critères de demande de subvention pour les OLES
Comme l’indique le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), « toute association venant en aide d’une manière ou d’une autre à nos compatriotes à l’étranger peut présenter une demande de subvention dans le cadre de son action en faveur des Français de la circonscription ».
Toutefois, des critères spécifiques doivent être respectés, à savoir :
La complémentarité avec les actions du Consulat (CCPAS) et/ou relais géographique du poste ;
Le dynamisme de l’organisme dans sa recherche d’autres financements ; En effet, ces associations ne peuvent compter uniquement sur une aide de l’État. Il leur revient aussi de chercher d’autres partenaires
Transparence et qualité du dialogue avec le Consulat.
La date limite pour déposer les demandes des OLES dépend de votre consulat. Cependant ce délai couvre jusqu’à la mi-janvier pour la plupart des postes. Une fois déposés, les dossiers des Organismes locaux d’entraide et de solidarité sont examinés par les consulats/ambassades, ainsi que par les élus membres du conseil consulaire. Pour rappel, ces élus seront renouvelés lors des élections consulaires prévues en mai 2026.
Quel budget pour les aides sociales ?
Pour le prochain exercice budgétaire, une diminution des crédits alloués aux aides sociales n’est pas à exclure. Le débat budgétaire du projet de loi de Finances en cours apportera des réponses. Au-delà des montants, c’est également le dispositif même des aides sociales destinées à nos compatriotes établis hors de France qui fait l’objet de discussion.
Assises de la protection sociales des Français de l’étranger – Conférence de consensus du 10 octobre 2025
Ce thème figurait parmi les trois sujets retenus lors des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger. Plusieurs recommandations ont été proposées dernièrement, notamment « la simplification et l’uniformisation des critères d’accès aux aides », mais aussi « l’indexation des aides sur l’inflation », et également le développement d’une « allocation grand âge pour les personnes âgées résidant à l’étranger ».
Si ces évolutions voient le jour, le champ d’action des OLES pourrait s’élargir. Pour répondre aux besoins des Français de l’étranger, certaines mesures seront neutres budgétairement, quand d’autres auront un coût, financier comme humain. Rappelons que, sans l’engagement quotidien des bénévoles au sein de ces associations, aucune aide ne serait possible. Alors, si vous le pouvez, rapprochez-vous des Organismes locaux d’entraide et de solidarité présents dans votre pays de résidence pour offrir un peu de votre temps. Il sera le bienvenu.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le dollar règne en maître. Il est tout à la fois la monnaie de la première puissance économique et militaire mondiale, la première monnaie de réserve, la première monnaie pour les transactions commerciales, ainsi qu’une valeur refuge. Ce pouvoir monétaire et financier repose sur la confiance. Aujourd’hui, aucune devise n’offre les mêmes avantages que le dollar. Demain, cette confiance pourrait se lézarder.
L’hégémonie du dollar
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la domination du dollar repose sur trois piliers :
la stabilité politique et institutionnelle des États-Unis ;
la profondeur et la liquidité de leurs marchés financiers ;
le statut du dollar comme monnaie de réserve mondiale.
Les États-Unis, première puissance économique financière et monétaire jouissent d’un statut de valeur refuge. La crédibilité du dollar s’appuie sur une banque centrale indépendante et un système démocratique. Le marché financier américain est de loin le premier au monde. La capitalisation des entreprises américaines représente 70 % de la capitalisation mondiale. L’importance de la dette publique américaine, près de 38 000 milliards de dollars, conforte la place financière de New-York. Les investisseurs internationaux privilégient les titres américains en raison de la garantie dont ils sont assortis et de leur rendement attractif. Les États-Unis attirent les capitaux du monde entier surtout en période de crise. Le dollar constitue la monnaie de réserve mondiale. En 2024, 59 % des réserves de change mondiales étaient, selon le FMI encore libellées en dollars, contre 19 % en euros, 6 % en yens et 3 % en yuans.
Jusqu’à présent, le dollar a résisté à de nombreuses guerres du Vietnam à l’Irak, à l’inflation des années 1970, à la crise financière de 2008, au premier mandat de Donald Trump, etc. La devise américaine peut compter sur la résilience de l’économie américaine qui représente toujours le quart du PIB mondial quand celle de l’Europe a vu son poids fondre de plus de 30 % en un quart de siècle. Le dollar est la monnaie utilisée dans plus de 50 % des transactions commerciales.
Pour autant, de nombreux dirigeants d’États rêvent de faire chuter le dollar de son trône. La dédollarisation est souvent évoquée, que ce soit de la part de la Chine ou de la Russie. Or, aujourd’hui, aucune devise n’offre les mêmes avantages que le dollar. Nul n’entend placer ses capitaux en monnaie chinoise ou russe. Même sous sanctions en lien avec la Guerre en Ukraine, de nombreux oligarques russes recourent à des sociétés écrans pour continuer à investir en dollars.
Les Chinois comptent sur leur future monnaie digitale de banque centrale pour inverser le rapport de force. Pour convaincre les États et les investisseurs à se ranger derrière leur ambitieux projets, ils peuvent compter de manière indirecte sur les foucades de Donald Trump. Les menaces répétées à l’encontre des responsables de la Réserve fédérale afin qu’ils diminuent les taux directeurs fait craindre une perte d’indépendance et donc de crédibilité de cette dernière.
La Fed a été contrainte de baisser ses taux directeurs au mois de septembre malgré une inflation sous-jacente élevée… L’ingérence du politique dans le système monétaire américain serait perçue comme un risque majeur pour les investisseurs internationaux. Ces derniers ont été déjà échaudés par la pratique de plus en plus répétée des sanctions et de l’application de la règle d’extraterritorialité permettant de poursuivre des entreprises ou des personnes étrangères qui ne respectent pas le droit américain. L’évolution des finances publiques constitue également un sujet de préoccupation. Le déficit fédéral dépasse 7 % du PIB en 2025, et la dette publique atteint 129 % du PIB (contre 98 % en 2019). Il en est de même avec l’évolution du déficit commercial américain, qui a atteint un niveau record en 2024 avec plus de 1 000 milliards de dollars. Ces déficits alimentent le monde entier en dollars et l’expose à un mouvement général de défiance. L’économie américaine vit ainsi au crédit du monde. Le dollar, en circulant partout, exporte la dette américaine comme jadis Rome le faisait avec ses sesterces. Comme pour Rome, la foi pourrait un jour s’affaiblir en raison de l’excès de dollars en circulation.
Les BRICS, la baisse du dollar et la hausse de l’euro
Depuis le début de 2024, les banques centrales émergentes — Chine, Inde, Brésil, Russie — réduisent leur exposition au dollar. La part des réserves détenues en dollars par les pays du BRICS est passée de 70 % en 2010 à 45 % en 2025, témoignage d’un changement d’état d’esprit. Ces banques centrales achètent, en contrepartie, de grande quantité d’or soutenant le cours de cette dernière. À ce titre, la banque centrale chinoise (PBoC) a augmenté ses réserves en or de 2 000 tonnes en cinq ans, tandis que les échanges intra-BRICS en yuans ont été multipliés par trois depuis 2020. La part du dollar dans les transactions internationales SWIFT est passée de 44 % à 38 % entre 2021 et 2025, tandis que celle du yuan est passé à 7 %. Le Sud entreprend de réduire son exposition au Sud.
La baisse du dollar provoque par ricochet l’appréciation de l’euroqui est la deuxième monnaie de réserve à l’échelle mondiale. Cette appréciation est logique car la zone euro dégage un excédent courant de plus de 2 % du PIB, tandis que les États-Unis affichent un déficit de 3,5 %. Ces dernières années, la faible valeur de l’euro était imputable à la guerre en Ukraine et la faible croissance de la zone euro. Avec le retour de Donald Trump au pouvoir, la parité euro/dollar, qui était tombée à 0,95 en 2022, a déjà rebondi à 1,18 à l’automne 2025. Certains analystes, comme Goldman Sachs, évoquent un retour à 1,25 en 2026.
Le dollar a fortement baissé cette année
Pour certains, l’augmentation de l’euro est une aubaine quand, pour d’autres, elle constitue un handicap sur le plan économique. L’appréciation de l’euro réduit la facture des importations, en particulier celle du pétrole. Cela avantage des pays comme la France dont la balance commerciale est fortement déficitaire ; de même pour l’Allemagne dont la compétitivité a été mise à mal par la hausse du prix du gaz et du pétrole après le déclenchement de la guerre en Ukraine. En revanche, la hausse de l’euro peut pénaliser les exportations.
Le véritable moteur du dollar reste le rendement de ses actifs. En 2025, le taux réel américain à dix ans (taux nominal moins inflation) reste positif, autour de +1,5 % et supérieur aux rendements des titres européens équivalent. Ce différentiel attire les capitaux et maintient artificiellement la valeur du dollar. En revanche, il a un coût : un service de la dette publique de plus en plus important. Les intérêts versés par le Trésor américain atteignent 1 100 milliards de dollars par an, soit plus que le budget combiné du Pentagone et de la NASA. Pour cette raison, Donald Trump entend faire baisser les taux d’intérêt en faisant pression sur la Réserve fédérale, voire en imaginant des dispositifs imposant des taux plus faibles aux non-résidents. Le risque est de remettre en cause le rôle du dollar comme valeur refuge et de réduire le flux de capitaux dont l’économie américaine a besoin.
Monnaie de réserve
L’histoire montre que les monnaies de réserve ne meurent pas de déficits, mais de ruptures politiques. La livre sterling a perdu son statut de monnaie mondiale après 1945, non à cause de sa dette, mais parce que l’Empire britannique avait perdu la maîtrise de ses flux commerciaux et énergétiques. La puissance économique et financière avait basculé du côté des États-Unis. A son tour, le dollar, dépend de la stabilité de son empire économique. Les guerres tarifaires engagées par Donald Trump, la sortie des États-Unis de plusieurs institutions multilatérales, la méfiance des alliés européens et les volte-face de Donald Trump sont autant de fissures dans la confiance mondiale dans le dollar. La grande chance de ce dernier est qu’aucune alternative crédible n’existe pour le moment. La meilleure preuve est que la « vieille relique », l’or, joue le rôle de valeur refuge, l’once ayant dépassé, au mois d’octobre 2025, les 4 000 dollars. Cependant, l’or ne peut pas servir d’unité de compte dans une économie numérique.
Désormais convertible pour les transactions commerciales dans 134 pays, le yuan souffre encore du contrôle des capitaux en Chine. Sa part dans les réserves mondiales ne dépasse pas les 5 %, ce qui est faible pour un pays devenu la première puissance commerciale du monde. L’euro demeure une monnaie régionale qui peine à franchir les frontières de l’Union européenne. L’absence d’un marché unifié des capitaux et d’émission d’obligations européennes pénalise la monnaie unique. Les cryptoactifs, comme le Bitcoin, bénéficient d’un attrait mais restent trop volatils pour servir de référence monétaire.
La mort du dollar n’est pas pour demain mais la fin de son monopole s’avance. L’économie mondiale s’oriente vers une multipolarité monétaire où plusieurs devises coexistent sans hégémonie. Selon les projections du FMI, en 2035, la part du dollar dans les réserves de change mondiales tomberait à 45 %, celle de l’euro atteindrait 25 % et celle du yuan 15 %. Les actifs numériques stables pourraient représenter 5 % des réserves. Cette transition ne signifierait pas un effondrement du dollar, mais une dilution de sa puissance — un retour au monde d’avant 1914, où la livre, le franc et le mark coexistaient avec des risques financiers accrus.
Face à cette recomposition, l’Europe a des atouts. Pour la première fois depuis vingt ans, l’euro inspire davantage de confiance que le dollar dans les marchés obligataires, la dette publique de la zone euro se négocie à un rendement moyen inférieur de 70 points de base à celui des Treasuries américains. Ce capital de confiance ne se développera que si l’Union renforce sa cohésion financière et budgétaire. Sans politique commune, l’euro ne deviendra jamais une vraie monnaie mondiale, il restera un grand marché sans souveraineté. Au moment où une réelle opportunité de reconquête d’un pouvoir financier se fait jour, les responsables européens semblent vouloir tourner le dos à la construction européenne. Près du but, ils rechignent à avancer vers un fédéralisme budgétaire.
L’histoire est libre. L’euro peut devenir la monnaie du XXIe siècle mais cela suppose que les dirigeants européens y croient. Il peut s’appuyer sur une banque centrale reconnue et indépendante, sur des États démocratiques et sur le plus puissant marché commercial du monde, l’Union européenne.
La présidente de la Commission européenne a déclaré samedi 25 octobre que Bruxelles était prête à utiliser « tous les instruments à sa disposition » pour contrer les restrictions d’exportation imposées par Pékin sur les terres rares.
Lors d’une conférence à Berlin, Ursula von der Leyen a averti que les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis frappaient durement les industries de l’UE.
« La Chine a considérablement renforcé les contrôles à l’exportation des terres rares et des matériaux pour batteries », a-t-elle déclaré, soulignant que 90 % de la consommation européenne d’aimants à base de terres rares provenait de Chine.
La présidente de la Commission a également comparé le contrôle chinois sur les terres rares à la dépendance dont avait fait preuve l’Europe vis-à-vis des combustibles fossiles russes — une dépendance mise en évidence lorsque Moscou a envahi l’Ukraine en 2022.
« L’Europe ne peut plus fonctionner de la même manière. Nous avons appris cette leçon à nos dépens avec l’énergie ; nous ne la répéterons pas avec les matériaux critiques »
Ursula von der Leyen
Elle a aussi menacé de prendre des mesures, en coordination avec les partenaires du G7.
« Nous nous concentrons sur la recherche de solutions avec nos homologues chinois. Mais nous sommes prêts à utiliser tous les instruments à notre disposition pour réagir si nécessaire »
Cela inclut le « bazooka commercial » de l’UE, officiellement connu sous le nom d’« instrument anti-coercition », considéré comme l’arme commerciale la plus puissante de l’UE.
Cet instrument peut causer des dommages considérables à l’économie visée. Il permet notamment d’imposer des restrictions en matière d’investissement, de retirer la protection de la propriété intellectuelle, de suspendre les licences de certaines entreprises, d’interdire l’accès aux marchés publics de l’UE et d’imposer des sanctions à des personnes spécifiques. Il peut être utilisé à la fois pour les biens et les services.
Au début de la semaine, après un appel vidéo de deux heures avec le ministre chinois au Commerce Wang Wentao, le commissaire européen au Commerce Maroš Šefčovič a toutefois déclaré qu’il n’y avait « aucun intérêt à une escalade ».
Wang Wentao a accepté de se rendre à Bruxelles pour des discussions la semaine prochaine.
Paris et Berlin veulent durcir le ton
Lors du sommet des dirigeants de l’UE jeudi, le président français Emmanuel Macron a affirmé que la Commission devrait envisager d’utiliser son « bazooka commercial » contre la Chine.
Deux diplomates ont également confié à Euractiv que l’Allemagne avait laissé entendre qu’elle pourrait être ouverte à des mesures plus sévères.
« L’Allemagne n’a jamais soutenu de mesures coercitives contre la Chine auparavant », a indiqué l’un d’eux, soulignant que le chancelier Fredrich Merz subissait la pression des constructeurs automobiles — une industrie importante dans la première économie de l’UE.
Plan RESourceEU
« Que ce soit dans le domaine de l’énergie ou des matières premières, de la défense ou du numérique, l’Europe doit lutter pour son indépendance », a insisté la cheffe de l’exécutif européen lors de son allocution samedi, dévoilant le plan « RESourceEU », qui fait écho à REPowerEU, le plan visant à supprimer progressivement les importations de combustibles fossiles russes.
Ursula von der Leyen a déclaré que ce plan stimulerait les investissements dans la production et la transformation des matières premières et accélérerait la mise en place de partenariats avec des pays tiers.
Elle a cité l’Ukraine, l’Australie, le Canada, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Chili et le Groenland.
Dans le cadre de lu règlement sur les matières premières critiques, Bruxelles a déjà fixé des objectifs pour 2030 en matière de capacités de production de l’UE, dans le but d’empêcher tout pays tiers de fournir plus de 65 % de la demande de matières premières de l’UE.
Dans les pays anglosaxons et quelques nations latines, c’est la semaine où se préparent les décorations hantées. Elles envahissent les rues et les soirées d’Halloween s’organisent avec engouement. Mais comment s’habiller cette année ? On vous donne un coup de main grâce à Google qui a dévoilé les tendances des costumes les plus populaires de 2025. Mais avant de vous dévoiler le classement des costumes, penchons-nous sur la préparation de la fameuse citrouille !
La citrouille le symbole populaire d’Halloween
C’est le symbole d’Halloween, une activité à faire en famille ou entre amis, mais creuser sa citrouille est le passage obligatoire pour toute fête réussie.
Il n’existe pas de science pour connaître la date exacte à laquelle il vaut mieux creuser sa citrouille pour Halloween. Cependant, le célèbre site de recette Marmiton, indique que la date du 27 octobre serait idéale, soit le jour de publication de cet article. En effet, votre citrouille restera belle et en forme durant 5 à 7 jours, avant de commencer à se ramollir, se flétrir ou moisir, surtout en cas d’intempéries ou de chauffage à l’intérieur.
Toutefois, il existe des méthodes afin d’allonger la durée de vie de votre citrouille. Commencez par bien la nettoyer, avant et après la découpe. Veillez à retirer toutes les graines, les fibres, et à en sécher l’intérieur. Il est aussi possible d’appliquer à l’intérieur un mélange antifongique (quelques gouttes de vinaigre blanc et de liquide vaisselle).
Par ailleurs, même si conserver la citrouille à l’intérieur est tentant, cette dernière se portera mieux à l’extérieur. N’oubliez pas, le chauffage est l’ennemi de cette petite tête orangée effrayante. Enfin, n’hésitez pas à allumer une bougie à l’intérieur, en plus de la rendre jolie, la chaleur de la flamme protégera la citrouille de l’humidité.
Mais avec ou sans citrouille, impossible de faire l’impasse sur le costume. On met fin au suspense en vous dévoilant le classement mondial des costumes selon Google.
Le Japon est un pays où l’immigration ne représente que 2,8% de la population et pourtant là aussi, les étrangers sont coupables de tout et l’archipel s’apprête à un peu plus serré la vis. Lors de son premier discours de politique générale devant le Parlement, la dirigeante conservatrice de 64 ans, Sanae Takaichi, première femme à accéder au pouvoir au pays du soleil levant, a dénoncé l’importance de l’immigration face à la pénurie de main-d’œuvre dans le pays, tout en soulignant les « inquiétudes » des Japonais.
Le Japon d’abord
Alors que le Japon est confronté à la diminution et au vieillissement de sa population, la deuxième plus âgée au monde après Monaco, Mme Takaichi a reconnu que « certains secteurs ont besoin de main-d’œuvre étrangère ». Elle avait adopté pendant sa campagne des positions fermes sur l’immigration et les touristes étrangers, dont le comportement irrite parfois certains habitants.
Les dernières élections en juillet ont ainsi signé l’essor d’un petit parti d’extrême droite sous le slogan « Le Japon d’abord », qui blâme les étrangers pour une multitude de problèmes, de la hausse des prix de l’immobilier à l’insécurité routière. « Si nous nous opposons clairement à la xénophobie, le gouvernement réagira avec détermination » en cas de manquements aux règles, a promis la première ministre. La ministre de la sécurité économique qu’elle a nommée cette semaine a ainsi vu ajouter à ses attributions la mission de veiller à une « société de coexistence ordonnée et harmonieuse avec les ressortissants étrangers ».
Sur le plan diplomatique, « l’alliance nippo-américaine reste la pierre angulaire de notre politique étrangère et de sécurité », a lancé Sanae Takaichi dans son adresse, régulièrement ponctuée de cris et d’applaudissements de ses soutiens. « Je rencontrerai moi-même le président Trump lors de sa visite au Japon » attendue à partir de lundi, « afin d’établir une relation de confiance et d’élever les relations nippo-américaines à de nouveaux sommets ». La nouvelle dirigeante était une proche de l’ancien premier ministre Shinzo Abe, assassiné en 2022, qui avait multiplié les efforts pour entretenir des relations cordiales avec Donald Trump lors du premier mandat de celui-ci.
Mais en même temps, Sanae Takaichi affirme que les « activités militaires » de la Chine, de la Corée du Nord et de la Russie constituaient à ses yeux « une grave préoccupation », elle a plaidé en faveur d’un dialogue avec Pékin, « un voisin essentiel » de l’Archipel, via un « dialogue franc », notamment sur les « préoccupations sécuritaires ».
Le gouvernement Takaichi recueille 71 % d’opinions favorables selon un sondage publié jeudi 23 octobre 2025 par le quotidien Yomiuri, contre 34 % en septembre pour celui de son prédécesseur, Shigeru Ishiba. Il s’agit du cinquième meilleur score pour un nouveau gouvernement depuis la mise en place de statistiques comparables en 1978.
Levieillissement démographique dicte de plus en plus sa loi sur les comptes publics. Avec l’arrivée à l’âge de la retraite des larges générations du baby-boom, les dépenses sociales ne peuvent qu’augmenter. La question n’est pas de les restreindre mais de trouver les moyens pour les financer sans porter atteinte à la cohésion nationale. Ce problème concerne non seulement la France mais aussi tous les États membres de l’Union européenne.
« L’État-providence tel qu’il existe aujourd’hui n’est plus finançable », a déclaré cet été le chancelier allemand Friedrich Merz. Ce propos iconoclaste traduit l’impuissance des gouvernements à faire face à une augmentation des dépenses au moment où la croissance se dérobe sous leurs pieds.
1/3 du PIB dédié aux prestations sociales
Depuis 2000, le poids des prestations sociales dans le PIB a augmenté dans tous les grands pays européens. En France, il atteint plus de 33 % du PIB, contre 29 % en Allemagne, 28 % en Italie et 26 % en Espagne. Cette progression est imputable à l’augmentation du nombre de personnes de plus de 60 ans. En France, le nombre de retraités est passé de 5 à 17 millions de 1980 à 2024. La multiplication des pathologies chroniques entraîne une forte hausse des dépenses de santé. Avec l’arrivée des premières générations du baby-boom au-delà des 80 ans, celle-ci pourrait s’accélérer.
Répartition de la population de plus de 65 ans en France
Le renouvellement des générations n’est plus assuré depuis de nombreuses années au sein de l’Union européenne. Le taux de fécondité s’élevait à 1,4 loin des 2,1 nécessaires. La France enregistre depuis plusieurs années une baisse de son taux de fécondité. Il est ainsi passé de 1,9 à 1,6 enfant par femme de 2017 à 2024. En Allemagne, le taux de fécondité était de 1,35 en 2024. Ce taux est de 1,18 en Italie et de 1,12 en Espagne (2023). L’augmentation de la population repose de plus en plus sur l’immigration. Si celle-ci venait à être réduite, le nombre d’habitants dans un grand nombre de pays, diminuerait. Actuellement, la population est déjà en recul en Bulgarie, en Lituanie, en Lettonie, en Roumanie et en Grèce.
La proportion des plus de 65 ans est en hausse constante. Elle devrait se situer autour de 30 % au sein des pays de l’Union européenne d’ici le milieu du siècle. En 2050, l’Europe comptera 75 millions de plus de 80 ans contre 33 millions aujourd’hui. En France, la proportion des plus de 65 ans passera de 22 % en 2025 à 30 % en 2050. Partout, en Europe, le rapport cotisants sur retraité se dégrade. Dans les années 1960, il y avait quatre cotisants pour un retraité en France. En 2025, il n’y en a plus que 1,7. Ce ratio devrait être de 1,4 d’ici 2070. En un demi-siècle, le nombre de cotisants a été divisé par deux.
Mécaniquement, les dépenses de santé sont amenées à progresser. Elles s’élèvent à 14 % du PIB en France, contre 11 % en Allemagne. Elles pourraient, sans ajustement, atteindre 16,5 % du PIB en France en 2040. La Cour des comptes prévoit 15 milliards d’euros de déficit en 2035, puis 30 milliards en 2045 pour le système de retraites seul sans prendre en compte les régimes de la fonction publique.
Le vieillissement n’affecte pas que les retraites. Le déficit de la branche maladie en France est déjà de 16 milliards d’euros en 2025, et devrait s’aggraver de 3 milliards d’ici 2029, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale.
Une personne de 80 ans coûte près de cinq fois plus qu’un adulte d’âge actif en dépenses de santé. Avec une augmentation de la population des plus de 75 ans de 30 % d’ici 2040, l’effet sur les dépenses sera mécanique.
Dépense moyenne annuelle de santé en France par par âge en euros (2023)
Pour compenser les effets du vieillissement démographique, les États peuvent jouer sur le taux d’emploi et sur la productivité. En matière de taux d’emploi, sur le papier, la France dispose de marges de manœuvre. En Effet, son taux d’emploi est faible chez les 15/24 ans, autour de 35 % en 2024, contre 52 % en Allemagne. Les difficultés d’insertion des jeunes, en particulier les jeunes garçons, demeurent. Le taux d’emploi en France est également faible chez les 55/64 ans. Il est de 56 % en 2024 en France, contre 72 % outre-Rhin. Au niveau global, le taux d’emploi est près de 10 points inférieurs en France à celui de l’Allemagne (67 % contre 77 % en Allemagne). Cette différence de dix points d’emploi représente l’équivalent de 3 millions d’actifs supplémentaires potentiels. Si la France atteignait le taux d’emploi allemand, le déficit des retraites serait presque comblé.
Le comblement de ce déficit d’emplois suppose une amélioration du système éducatif, afin de réduire le chômage des jeunes peu qualifiés et une augmentation du nombre de seniors au travail.
Pour contraindre les dépenses sociales, certains économistes préconisent une privatisation partielle de celles-ci. Or, les exemples étrangers ne sont pas concluants sur ce sujet. Aux États-Unis, les dépenses de santé, en grande partie d’ordre privé (75 %), augmentent plus vite qu’ailleurs. Elles représentent 17 % du PIB, contre 11 % en France et 10 % en Allemagne (2023). Les États-Unis consacrent ainsi 4 points de PIB de plus à la santé pour un résultat sanitaire inférieur à celui de la France (espérance de vie à 77 ans, contre 82 ans).
Dans ces conditions, quels sont les moyens pour équilibrer les comptes sociaux ?
Face à cette croissance inévitable des dépenses de santé, les gouvernements seront tentés d’augmenter les prélèvements obligatoires. Le relèvement des cotisations sociales de 1 à 1,5 point du PIB rapporterait une trentaine de milliards d’euros. En revanche, cette solution facile à mettre en œuvre aurait des effets économiques en aggravant le coût du travail. Sur le plan social, elle aboutit à un transfert de charges sur les actifs. Elle peut potentiellement peser sur la demande et donc sur la croissance.
L’augmentation du taux d’emploi a été mise en avant ces dernières années. Elle permet une progression des recettes publiques (cotisations et impôts) et une diminution des charges (moindre progression du nombre de retraités). En France, le report de 2 à 3 ans de l’âge de départ à la retraite augmenterait le taux d’emploi des plus de 60 ans de 10 points et rapporterait 20 milliards d’euros par an. Sur ce dernier point, l’absence de consensus rend conflictuelle cette solution. La suspension de la réforme des retraites de 2023 semble tirer la conséquence de l’hostilité de la population.
Une autre voie pour atténuer les effets du vieillissement repose sur les gains de productivité ; or ceux-ci sont faibles voire ont disparu depuis près de 10 ans. L’insuffisance des investissements dans les hautes technologies, les problèmes de formation des actifs et la spécialisation des économies européennes dans les services domestiques expliquent cette évolution.
À défaut de pouvoir jouer sur ces leviers, les pouvoirs publics favoriseront l’érosion des dépenses de prestations sociales en ne les indexant plus à l’inflation comme cela a déjà été le cas par le passé. Le niveau de vie relatif des retraités en France par rapport à la moyenne de la population diminue depuis 2017. Selon le Conseil d’Orientation des retraites, ce dernier devrait n’être plus que de 87 % d’ici 2070 contre 102 % en 2023.
Depuis 1945, la France a construit un État-providence à la fois généreux et universel. L’universel a un coût surtout quand la croissance se fait rare. Les dépenses publiques représentent plus de 58 % du PIB dont près des deux tiers financent la protection sociale. Ce modèle a permis une forte réduction des inégalités et de la pauvreté en particulier chez les retraités. Cependant, entre 2025 et 2050, le ratio cotisants/retraités chutera encore de 15 %. Sans réforme, la dette sociale pourrait dépasser 50 % du PIB. L’État providence ne peut survivre qu’à la condition que la croissance se redresse et que des arbitrages soient réalisés.