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  • Qui prend l’avion en France ?

    Qui prend l’avion en France ?

    Le transport aérien a connu une forte évolution ces trente dernières années avec la montée en puissance des compagnies low cost. L’avion s’est largement popularisé à toutes les catégories sociales, invalidant ainsi l’idée d’un mode de transport réservé aux « riches » et aux « hommes d’affaires ». 

    2/3 des Français

    En 2025, deux Français sur trois déclarent voyager en avion et 33 % au moins une fois par an. Le nombre de passagers dans les aéroports français a ainsi augmenté de 20 millions depuis 2016, pour atteindre 203 millions de voyageurs annuels en 2024, dont 62 % de Français, selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). En quarante ans, une féminisation des passagers s’est réalisée. La proportion de femmes est passée de 25 % dans les années 1980 à 55 % aujourd’hui.

    La catégorie sociale la plus représentée dans les avions est désormais celle des employés qui représentaient 28 % des passagers en 2024 (et même 43 % des passagers de la population active), selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), devant les cadres supérieurs, les chefs d’entreprise et les professions libérales (26 %), les cadres moyens et professions intérimaires (15 %), puis les étudiants (14 %).

    Les catégories sociales employés et ouvriers et les « inactifs » (étudiants, retraités et sans emploi) représentent 52 % à 56 % des passagers, contre 44 % à 46 % pour les cadres, professions libérales, chefs d’entreprise, commerçants, artisans et agriculteurs. Sur 100 sièges d’avion, 53 sièges seraient occupés par la classe moyenne, 33 par des catégories sociales plus modestes et seulement 14 % par des catégories CSP+.

    Proportion de personnes par CSP prenant l'avion et poids des CSP dans la population globale en France en %
    Proportion de personnes par CSP prenant l’avion et poids des CSP dans la population globale en France en %

    Les jeunes pas si écolos que ça !

    Depuis le milieu des années 2010, les jeunes prennent de plus en plus l’avion. La part des 15 à 34 ans est ainsi passée de 38 % à 46 % des passagers entre 2016 et 2024, selon l’étude FNAM-UAF, tandis que celle des plus de 65 ans s’est réduite de 8 % à 6 % quand le poids démographique des derniers a progressé. Les jeunes de 15 à 24 ans et de 25 à 34 ans sont de ce fait aujourd’hui largement surreprésentés à bord des avions. Ils représentent respectivement 27 % et 19 % des passagers quand leur poids démographique n’est que de 12 %.

    A l’inverse, les plus de 65 ans, qui représentent 22 % de la population, ne comptent que pour 7 % des passagers à bord des avions au départ des aéroports français. Paradoxalement, les jeunes sont pourtant ceux qui se disent le plus sensible à la problématique environnementale du transport aérien. Les étudiants représentent 9 % de la clientèle des TGV et 15 % de celle de l’avion, tandis que les retraités représentent 17 % des passagers des TGV et 7 % de celle de l’avion. 

    Les jeunes utilisent l’avion pour retourner dans la famille. C’est le cas des étudiants étrangers ou des Corses. Les jeunes partent plus loin en vacances que leurs aînés et sont de ce fait davantage adeptes de l’avion. A contrario, la part des voyages professionnels a baissé, passant de de 25 % à 19 % de 2016 à 2024. 

    Proportion de personnes par classe d'âge en France prenant l'avion et poids au sein de la population globale en %
    Proportion de personnes par classe d’âge en France prenant l’avion et poids au sein de la population globale en %

    Et donc l’écologie n’est pas au cœur des préoccupations, car pour 79 % des passagers interrogés par l’IFOP, le prix du billet d’avion reste le principal frein au voyage. 40 % indique devoir économiser « plusieurs mois » pour se payer son billet.

  • Tensions sur les zones maritimes en Méditerranée !

    Tensions sur les zones maritimes en Méditerranée !

    Le premier ministre grec espère réunir autour de la table Chypre, l’Égypte, la Turquie et la Libye. L’objectif étant d’explorer des solutions aux désaccords de longue date sur les zones maritimes, qui sont cruciales pour l’exploration des réserves de gaz et de pétrole. Mais, compte tenu de l’instabilité de l’une des régions les plus sensibles du monde, l’optimisme reste limité.

    Les États-Unis ont toujours manifesté un grand intérêt pour l’équilibre de la région, car les grandes entreprises énergétiques américaines y ont investi massivement. Pour l’Europe, l’enjeu est encore plus important : les ressources énergétiques potentielles pourraient aider l’UE à évoluer vers une plus grande autonomie stratégique.

    Pourquoi est-ce si complexe ?

    La résolution de ces désaccords ne sera pas aisée. Tous les acteurs régionaux ont ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), à l’exception de la Turquie.

    Le principal point de tension porte sur la question de savoir si les îles — qui sont au nombre de 3 000 à 4 000, dont environ 300 sont habitées — peuvent revendiquer des zones économiques exclusives (ZEE) qui leur donnent le droit d’explorer et d’exploiter les ressources marines.

    La CNUDM affirme qu’elles le peuvent, à condition que les îles soient habitées. Ankara rejette toutefois cette interprétation, car elle promeut ce qu’elle appelle une « délimitation équitable » des zones maritimes, fondée sur des principes géographiques généraux.

    En pratique, la Turquie affirme que les petites îles grecques proches de sa côte, telles que Kastellorizo, ne devraient pas automatiquement générer des ZEE, car cela réduirait « injustement » la zone maritime de la Turquie. Elle propose plutôt de tracer la frontière à peu près au milieu de la mer Égée, en n’accordant des droits de ZEE complets qu’à la partie continentale de la Grèce.

    La Grèce, en revanche, maintient que les îles jouissent des mêmes droits que les territoires continentaux en vertu du droit international et insiste pour que les frontières maritimes soient tracées entre les îles grecques les plus éloignées et la côte turque.

    Pour étayer ses revendications, la Turquie a signé en 2019 un accord maritime avec le gouvernement d’entente nationale (GNA) de Libye, qui était alors l’autorité internationalement reconnue à Tripoli. Cet accord ne tient pas compte de la présence d’îles grecques, dont la Crète, ce qui a suscité la controverse.

    L’UE, les États-Unis et l’Égypte ont tous condamné l’accord maritime turco-libyen et refusent de le reconnaître comme valide au regard du droit international.

    Dans le même temps, le général Khalifa Haftar, commandant de l’armée nationale libyenne basée à Benghazi et allié de longue date de la Grèce, n’a jamais ratifié l’accord. Des rapports suggèrent cependant qu’il pourrait maintenant reconsidérer sa position suite aux pressions exercées par le président turc Recep Tayyip Erdoğan.

    Un tel revirement compliquerait encore la situation, car l’accord maritime obtiendrait le soutien de l’ensemble de la Libye, ce qui accroîtrait la pression sur Athènes.

    En représailles, la Grèce et l’Égypte ont signé leur propre traité de délimitation maritime en août 2020, chevauchant directement les revendications turco-libyennes. Chypre et l’Égypte avaient déjà conclu un accord similaire en 2003. Cependant, la Grèce et Chypre se sont abstenues depuis lors de formaliser pleinement les limites de leur propre ZEE, craignant de provoquer une forte réaction turque.

    Les points d’achoppement

    Ce n’est pas la première fois que la Méditerranée orientale tente de s’organiser. L’UE a lancé une initiative similaire en décembre 2020, qui n’a donné aucun résultat, et les analystes ne sont pas plus optimistes cette fois-ci.

    L’un des principaux obstacles reste le refus de la Turquie de s’engager avec Chypre, qu’Ankara ne reconnaît pas suite à son invasion de 1974 et à l’occupation subséquente d’environ un tiers de l’île. La Turquie estime que le gouvernement chypriote grec ne peut pas représenter l’ensemble de l’île.

    « Si la Turquie accepte la participation de la République de Chypre à un forum multilatéral pour la Méditerranée orientale, elle s’éloignera clairement de sa principale position de négociation », a déclaré George Tzogopoulos, chercheur principal à la Fondation hellénique pour la politique européenne et étrangère (ELIAMEP).

    « Si ce n’est pas le cas, les questions énergétiques autour de Chypre
    ne pourront pas être réglées de manière pratique »

    George Tzogopoulos

    Selon Costas Ifantis, expert en relations internationales, il existe de nombreux facteurs de rupture, bien qu’il qualifie la pression de la Grèce pour des négociations multilatérales comme étant « logique », étant donné que les discussions bilatérales entre les acteurs locaux demeurent dans une impasse.

    « Pour que cette initiative progresse, la Libye ou la Turquie — ou les deux — devraient abandonner leur accord bilatéral surréaliste », a-t-il déclaré à Euractiv. « Et, bien sûr, la Turquie devrait au moins tolérer — voire reconnaître — la présence de Chypre. À l’heure actuelle, il est difficile d’imaginer comment cela pourrait se produire. »

    Le facteur américain

    Washington n’a pas encore soutenu publiquement l’initiative de la Grèce, bien qu’elle ait des intérêts importants dans la région. Les géants américains de l’énergie, dont Chevron et ExxonMobil, sont impliqués dans des projets d’exploration, notamment les récents contrats de Chevron pour l’exploration de gaz et de pétrole dans des eaux politiquement sensibles au sud de la Crète.

    « La présence d’entreprises américaines est très importante et ne doit pas être sous-estimée », a souligné Costas Ifantis, estimant qu’elle envoie à la Turquie et à la Libye le message que les États-Unis partagent largement l’approche de la Grèce en ce qui concerne les zones maritimes.

    Il a toutefois averti qu’Athènes ne devait pas s’attendre à ce que les entreprises américaines — ou Washington — prennent parti dans une escalade potentielle avec la Turquie.

    Si la position des États-Unis sur les zones maritimes est généralement plus proche de l’interprétation de la Grèce, les administrations successives ont évité de prendre parti dans les différends entre la Grèce et la Turquie, toutes deux alliées de l’OTAN.

    Le parallèle du dragon

    Un autre défi potentiel pour Washington est le précédent juridique qu’une solution politique non fondée sur la CNUDM pourrait créer concernant les revendications de la Chine en mer de Chine méridionale. Si les États-Unis soutenaient la position de la Turquie dans la mer Égée, ils affaibliraient leur argument en Asie, où Pékin utilise les « revendications historiques » pour justifier une approche sélective des îles et des ZEE.

    La fameuse «ligne à neuf tirets » est la frontière revendiquée par la Chine pour affirmer sa souveraineté sur de vastes portions de la mer de Chine méridionale. Cette revendication concerne six pays voisins et reflète la position de la Chine selon laquelle seules ses îles peuvent générer des ZEE, tout en refusant des droits similaires aux autres.

    Cependant, l’analyste George Tzogopoulos estime que les Américains sont susceptibles de mener les deux sujets séparément.

    « Même si une conférence sur la Méditerranée orientale était organisée sous les auspices des États-Unis, elle n’aurait guère d’impact sur la mer de Chine méridionale. La Méditerranée est un bassin favorable à l’Occident. »

    George Tzogopoulos

    Malgré des demandes répétées de commentaires, la Commission européenne n’a pas confirmé si Bruxelles avait été informée à l’avance par Athènes de cette initiative. Dans le cas de Chypre, une source gouvernementale a confirmé à Euractiv que Nicosie n’avait pas été informée.

  • 11 Novembre sans frontières : Bleuet de France et Souvenir Français

    11 Novembre sans frontières : Bleuet de France et Souvenir Français

    Chaque 11 novembre, la France se recueille. Et, partout dans le monde, de Paris à Phnom Penh, un même geste relie notre diaspora : le Bleuet de France. Fleur née dans la boue des tranchées, il incarne la mémoire collective des Français et soutient concrètement anciens combattants, victimes de guerre et du terrorisme, ainsi que les veuves et orphelins. Prolongement naturel de ce symbole à l’étranger, l’association Le Souvenir Français œuvre elle aussi au devoir de mémoire hors de nos frontières, notamment en Belgique. Rencontre avec Pierre Laffont, président du comité Bruxelles–Brabant flamand.

    Pourquoi le Bleuet : origines

    Le Bleuet de France est l’une des fleurs mémorielles emblématiques de notre pays, associée au souvenir des soldats morts pour la patrie, en particulier durant la Première Guerre mondiale (1914‑1918). Son histoire est d’ailleurs intimement liée à celle de l’armée française.

    « Le Bleuet de France devient le 11 novembre 1935
    l’emblème national des commémorations de l’Armistice. »

    Sur les champs de bataille dévastés du Nord et de l’Est, les bleuets continuaient de fleurir malgré les obus et les tranchées. Les jeunes recrues, surnommées « Bleuets » en raison de leur uniforme bleu horizon, virent dans cette fleur fragile mais tenace le reflet de leur propre combativité pendant cette période dramatique de la guerre.

    C’est ensuite en 1920, à l’Hôtel des Invalides à Paris, que deux infirmières, Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, eurent l’idée de confectionner des bleuets en tissu afin d’offrir un travail rémunéré aux anciens combattants blessés et mutilés, les « gueules cassées ». Vendues au public, ces fleurs artificielles permirent également de financer des ateliers de rééducation professionnelle et de soutenir la réinsertion des vétérans.

    Bleuet de France
    Bleuet de France

    Reconnu en 1928 comme fleur du souvenir par l’État français, le Bleuet de France devient, le 11 novembre 1935, l’emblème national des commémorations de l’Armistice et de l’hommage aux morts pour la France. Depuis l’étranger, chacun peut porter ce Bleuet de France le 11 novembre, mais aussi le 11 mars, le 8 mai et le 14 juillet, et honorer la mémoire de nos anciens, tout en transmettant ce geste aux jeunes générations. Vous pouvez vous le procurer sur la boutique en ligne gérée par l’Œuvre nationale du Bleuet de France via l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONACVG).  


    Bleuet de France, la boutique en ligne ici

    Le souvenir français et les Français de l’étranger

    Autre manière de rendre hommage à nos anciens combattants depuis l’étranger, celle de participer aux actions portées par Le Souvenir Français. Fondée en 1887 et reconnue d’utilité publique en 1906, cette association anime la vie commémorative, sauvegarde tombes et monuments et transmet l’histoire aux jeunes générations.

    Forte de très nombreux adhérents, ses comités sont aussi présents en dehors de la France, et l’un des plus actifs se trouve en Belgique. Pour Lesfrancais.press, Pierre Laffont, Président du comité Bruxelles-Brabant flamand du Souvenir Français en Belgique a répondu à nos questions.

    Pierre Laffont, Président du comité Bruxelles-Brabant flamand du Souvenir Français en Belgique
    Pierre Laffont, Président du comité Bruxelles-Brabant flamand du Souvenir Français en Belgique

    Lesfrancais.press : « Pourquoi en 2025, cette commémoration du 11 novembre est-elle importante notamment pour les Français vivant en Belgique et à l’étranger ? »

    Pierre Laffont : « À Bruxelles, c’est une cérémonie assez unique en son genre. Elle honore d’abord la mémoire des dizaines de milliers de Français tombés sur le sol belge pendant la Grande Guerre, au service de la liberté et de la paix en Europe. Elle rappelle ensuite la force du lien entre la France et la Belgique, deux nations amies unies par une histoire, des valeurs et un destin commun qui célèbrent ensemble ce lien autour d’un monument dédié.

    « Chaque adhésion au Souvenir Français est
    un acte de fidélité à notre histoire ».

    Pierre Laffont, Président du comité Bruxelles-Brabant flamand
    du Souvenir Français en Belgique

    Enfin, elle fédère chaque année l’ensemble des acteurs de la présence française en Belgique (Ambassade, élus, associations, établissements scolaires) autour d’un même devoir de mémoire. C’est un moment précieux de fraternité franco-belge qu’il est essentiel de faire vivre et de transmettre. »

    Soutenir le Souvenir Français

    Lesfrancais.press : « En dehors des commémorations, comment soutenir l’action du Souvenir Français quand on vit à l’étranger ? »

    Pierre Laffont : « Si vous avez la fibre historique et souhaitez transmettre aux générations futures pour que le sacrifice de nos aïeux ne soit jamais oublié, alors rejoignez-nous. Le Souvenir français en Belgique, présent dans toutes les provinces, agit pour entretenir la mémoire et transmettre l’histoire, en lien avec les autorités françaises, belges et établissements scolaires.

    Cérémonie du 11 novembre organisée à Bruxelles avec les autorités belges et françaises
    Cérémonie du 11 novembre organisée à Bruxelles avec les autorités belges et françaises

    Notre rôle ne se limite pas à la mémoire de la Grande Guerre mais aussi à la guerre de 1870-1871 ou aussi au souvenir des soldats et résistants français morts en Belgique lors de la Seconde Guerre Mondiale. Son action repose sur l’engagement et les adhésions de ses membres, réunis au sein de comités locaux. Chaque adhésion est un acte de fidélité à notre histoire. »

  • La résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968, quel impact ?

    La résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968, quel impact ?

    Jeudi 30 octobre, l’Assemblée nationale a voté une résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968. Un scrutin emporté de justesse, par 185 voix contre 184 sur les députés présents, avec la totalité des troupes d’extrême droite de Marine Le Pen et de son allié UDR Éric Ciotti, mais aussi de la moitié des groupes LR. En commissions sur le budget, les députés du bloc central étaient quasiment tous absents à l’exception de la moitié des députés Horizons qui ont suivi le mouvement initié par Marine Le Pen.

    Mais quel est la portée de cette résolution et que contiennent ces fameux accords qui font régulièrement l’objet de l’attention d’une frange de la classe politique. On fait le point pour les Français de l’étranger.

    L’accord franco-algérien de 1968 ?

    Cet accord bilatéral entre la France et l’Algérie a été signé le 27 décembre 1968 afin de créer un statut unique pour les ressortissants algériens en matière de circulation, de séjour et d’emploi sur le territoire français, qui prime sur le droit commun. Il a fait l’objet de trois révisions depuis (en 1985, 1994 et 2001), sans que les grands principes du texte ne soient supprimés.

    L’accord offre aux Algériens un régime d’immigration plus favorable que celui des autres non-européens. Il leur permet notamment de solliciter un titre de séjour, permettant de résider en France, sans avoir besoin d’être entré dans le pays grâce à un visa de long séjour. Ils peuvent s’établir librement pour exercer une activité de commerçant ou une profession indépendante, et accèdent plus rapidement que les ressortissants d’autres pays à un titre de séjour de 10 ans, ajoute le ministère de l’Intérieur. L’accord de 1968 facilite également le regroupement familial : les membres de la famille reçoivent également un certificat de résidence de 10 ans dès leur arrivée si la personne qu’ils rejoignent possède ce titre.

    Michel Debré, ministre des Affaires étrangères (à droite), et son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika
    Michel Debré, ministre des Affaires étrangères (à droite), et son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, en 1968 à Paris. (AFP)

    En revanche, puisque leur statut est régi par ce seul accord, les Algériens ne peuvent pas prétendre à certains dispositifs avantageux créés plus récemment pour les étrangers souhaitant entrer en France, comme la carte de séjour talent ou la carte de séjour étudiant « programme de mobilité ». Ces visas, délivrés par la France dans ce cadre aux Algériens, ne leur permettent pas, aussi, de s’installer librement dans les autres États de l’Espace Schengen.

    Dix à douze millions de résidents ont un lien avec l’Algérie

    Et au fil des années, cet accord, qui a permis à la France de se reconstruire rapidement dans les années 50 et 60, a eu un impact important sur la démographie française. Aujourd’hui, l’intégration entre les populations de l’hexagone et celle de son ancienne colonie n’a jamais été aussi forte. Près de deux millions de migrants nés en Algérie sont enregistrés en France au début du XXIᵉ siècle) alors qu’au moment de l’indépendance, seuls 400 000 d’entre eux résidaient dans l’hexagone.

    Outre les deux millions de migrants algériens, il faut ajouter les descendants de ces personnes migrantes et celles issues d’unions mixtes, qui le multiplient plusieurs fois. Selon le chercheur Azize Nafa, dans ses publications universitaires, les estimations varient mais concordent sur le fait qu’au moins six millions de personnes constituent cette population transnationale et que dix à douze millions de personnes ont un lien passé et/ou présent avec l’Algérie, en France – soit entre un et deux Français sur dix. Le cas est exceptionnel dans le monde, seuls les États-Unis d’Amérique et le Mexique peuvent être comparés au binôme franco-algérien.

    Ainsi, les deux pays se révèlent être démographiquement et socialement imbriqués. Ils conforment un continuum sociétal bien éloigné d’une représentation, politique et imaginaire, de séparation.

    La résolution du 30 octobre 2025

    Un vote surprise qui embarrasse l’exécutif, alors que la diplomatie française espérait ces derniers temps une discrète reprise du dialogue avec Alger, actuellement au point mort. « Je ne savais pas que la politique étrangère était une compétence du Parlement », grince un conseiller haut placé auprès du Figaro.  Cependant, il est important de noter que le texte voté est sans impact juridique immédiat. Mais il revêt une portée politique forte car c’est la première fois qu’une majorité relative de députés reconnaît le caractère inéquitable d’un dispositif hérité de la décolonisation.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réagi à l’adoption par les députés de la résolution dénonçant l’accord franco-algérien de 1968, sur proposition du RN. Même si le locataire de Matignon a rappelé que « la politique étrangère de la France n’est pas faite par des résolutions au Parlement » et qu’au regard de la constitution, « c’est le président de la République qui est garant des traités« , il a ajouté qu’il « respectait » tout de même le vote de ce jeudi matin. S’exprimant devant la presse, Sébastien Lecornu a appelé à « renégocier » le texte qui, selon lui, « appartient à une autre époque« .

    Après le vote à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen a salué une « journée historique pour le RN. Ce n’est pas un tournant, c’est une marche ! » ©AFP/Anne-Christine Poujoulat

    A gauche, la réaction fut immédiatement

    Le Parti socialiste, comme les autres partis de gauche, ont largement critiqué l’absence d’une grande partie des députés Ensemble pour la République, dont le chef du groupe Gabriel Attal, qui était en déplacement à un forum sur la transformation durable du tourisme.  Au total, seuls 30 députés macronistes étaient présents pour voter contre la résolution du RN, trois autres se sont abstenus.

    « Ils étaient où les macronistes ? Gabriel Attal absent ! »

    Olivier Faure, patron des socialiste sur X.

    Sur le fond, Karim Ben Cheikh, député des Français de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, partage l’analyse de ses collègues et s’indigne d’un tel vote. Le parlementaire des Français de l’étranger s’est aussi engagé à lutter contre une série de mesures qui devront être débattues à l’Assemblée nationale.

    Un calendrier qui heurte Alger

    En Algérie, la première réaction vient de la part du député de la diaspora, Abdelouahab Yagoubi, l’un des quatre parlementaires élus pour représenter la communauté algérienne en France. Selon lui, « l’accord algéro-français de 1968 est né dans un contexte historique particulier, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, afin de donner un cadre à ce que prévoyaient les Accords d’Évian (1962) en matière de libre circulation totale des ressortissants des deux pays ». Précisant que le document « a été vidé de sa substance », le député algérien a dénoncé son instrumentalisation actuelle en France.

    Mais le plus choquant pour Alger, c’est que l’adoption de la motion est intervenue le 30 octobre, à la veille de la commémoration du déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne. Ce calendrier a été perçu comme un élément sensible dans la relation entre Paris et Alger.

    Les médias algériens rappellent, aussi, qu’à ce jour, l’accord franco-algérien de 1968 n’est pas annulé. Toute modification ou renégociation nécessiterait des discussions bilatérales entre la France et l’Algérie, sous la responsabilité des présidents des 2 Républiques, tous deux garants des traités internationaux.

    Jour historique comme le clame le RN ou simple nouvel accident dans les relations entre les deux pays ? Seul l’avenir le dira.

  • JIJ 2026 au Caire : une aventure unique pour la jeunesse du monde entier

    JIJ 2026 au Caire : une aventure unique pour la jeunesse du monde entier

    Les Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ) se dérouleront au Caire du 18 au 24 mai 2026, sous le signe du sport, de la culture et de la solidarité. Rencontre avec Marie-Christine Lefranc, Cheffe de bureau des événements et de la valorisation du réseau au sein de l’AEFE, nous dévoile les coulisses de l’organisation de cette 14ᵉ édition qui s’annonce palpitante. Un rendez-vous incontournable de la jeunesse francophone

    Écouter le podcast avec Marie-Christine Lefranc

    Les JIJ, un événement unique au monde pour les lycéens francophones

    Organisés par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et l’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS), les Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ) sont bien plus qu’une compétition sportive. « Les JIJ proposent une rencontre unique pour la jeunesse du monde entier consacrée au sport, à la culture, à l’éducation et au patrimoine », explique Marie-Christine Lefranc.

    Après le séjour de leur jeune aux JIJ, « les parents nous disent souvent :
    on vous a envoyé un jeune homme, maintenant vous nous avez renvoyé un jeune adulte »

    Marie-Christine Lefranc, Cheffe de bureau des événements et de la valorisation du réseau au sein de l’AEFE

    Cet événement planétaire propose « une rencontre unique pour la jeunesse du monde entier consacrée au sport, à la culture, à l’éducation et au patrimoine ». Il permet « de renforcer l’action pour tous ceux qui œuvrent pour que le sport fasse partie intégrante du processus d’éducation et soit un facteur d’union et d’épanouissement » poursuit-elle à notre micro. Accessibles à tous les établissements français du monde (y compris ceux de métropole et d’Outre-mer), ces JIJ sont la plus grande rencontre internationale organisée par l’AEFE, mêlant performance, partage et citoyenneté.

    La 14e édition des JIJ : destination le Caire

    Après un rendez-vous à Athènes en 2024, cette 14ᵉ édition marquera l’histoire des JIJ. En effet, ces derniers se tiendront pour la première fois au Moyen-Orient, après un appel à candidatures qui opposait deux lycées français finalistes : Le lycée des Mascareignes (Ile Maurice) et celui du Caire (Égypte). « Le Caire a été choisi pour sa position géographique accessible (…) et parce que c’est une région où nous n’avions jamais organisé les Jeux », précise Marie-Christine Lefranc.

    Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ) se dérouleront au Caire du 18 au 24 mai 2026
    Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ) se dérouleront au Caire du 18 au 24 mai 2026

    112 établissements ont ainsi envoyé leurs candidatures pour participer aux JIJ 2026, dont 25 dossiers venus de lycées situés en France métropolitaine et d’Outre-mer. Ce sont 56 pays représentés couvrant les 5 continents et les 16 zones de l’AEFE. « C’est un franc succès » partage Marie-Christine Lefranc. Mais tous ne pourront se rendre en Égypte.

    « Le programme en développement durable va être important (…) on va les faire réfléchir sur ce que vaut aussi ce déplacement au Caire pour les JIJ »

    Marie-Christine Lefranc, Cheffe de bureau des événements et de la valorisation du réseau au sein de l’AEFE

    En effet, une sélection est en cours, 55 établissements seront retenus (réponse dévoilée mi-novembre). Il s’agira notamment de trouver un bon équilibre entre ceux qui participent pour la première fois et les plus expérimentés. D’autres critères sont aussi intégrés, tout en rappelant que les équipes lors des « Jeux internationaux de la jeunesse sont en parité complète, puisque c’est trois garçons et trois filles », généralement des élèves de classes de seconde et de première au lycée.

    Au programme des JIJ 2026 : sport, culture et découvertes égyptiennes

    Les JIJ 2026 promettent notamment un mélange d’épreuves sportives, d’activités culturelles et de découvertes patrimoniales. Au cours de cette interview, Marie-Christine Lefranc dévoile les principales épreuves et les nouveautés. L’objectif est de proposer diverses activités qui permettent à tous de s’exprimer, qu’ils soient sportifs confirmés ou débutants. Les JIJ ne sont pas qu’une compétition : c’est aussi une plongée dans l’histoire et la culture locale, en y intégrant aussi la notion de développement durable, « on va essayer vraiment de les faire réfléchir sur ce que vaut aussi ce déplacement, puisque c’est la planète entière qui va venir sur le Caire ».

    Epreuve - Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ)
    Epreuve – Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ)

    Au cours de ce podcast, Marie-Christine Lefranc nous livre aussi des anecdotes sur les éditions précédentes. Elle évoque aussi le retour des parents, qui, après le séjour de leur jeune aux JIJ disent souvent aux organisateurs : « on vous a envoyé un jeune homme, maintenant vous nous avez renvoyé un jeune adulte ». Cette 14e édition au Caire s’inscrira dans cette même perspective.  Pour conclure, notre invitée nous dit avoir hâte de vivre « l’arrivée des équipes ». En effet, les jeunes ont « des papillons dans les yeux, des étoiles », entre autres lors de la cérémonie d’ouverture, raconte-t-elle.

    Retrouvez l’intégralité de cette interview sur les Jeux Internationaux de la Jeunesse (JIJ) en podcast avec Marie-Christine Lefranc, cheffe de bureau des événements et de la valorisation du réseau au sein de l’AEFE. Rendez-vous pris du 18 au 24 mai 2026 au Caire pour cette 14e édition. Lesfrancais.press couvrira ces épreuves et ce moment unique, entre dépassement de soi, découvertes culturelles et engagements citoyens.

  • Bonne surprise pour la croissance française

    Bonne surprise pour la croissance française

    Selon l’INSEE, la croissance au troisième trimestre a été supérieure aux prévisions. Le PIB a progressé de 0,5 %, après +0,3 % au deuxième trimestre. Cette hausse est principalement due au commerce extérieur et à l’investissement. Malgré une situation politique chaotique, l’économie française devient la locomotive européenne, drainant la moitié de la croissance de l’Union à elle-seule. Et ceci, même si le moteur de la consommation des ménages reste atone.

    Une production en hausse

    La production totale de biens et de services enregistre une hausse de 0,8 % au troisième trimestre, contre +0,3 % au trimestre précédent. Cette progression résulte à la fois du redressement de l’industrie manufacturière (+1,1 % après +0,1 %) et du maintien d’une activité soutenue dans les services (+0,7 % comme au deuxième trimestre). Dans l’industrie, la reprise des raffineries a contribué à la hausse (+10,6 % après 10,2 %). La production de matériels de transport ralentit mais reste dynamique (+2,8 % après +4,8 %). En revanche, la production des industries agroalimentaires recule (- 1,3 % après -2,2 %), tandis que celle d’électricité progresse fortement. Du côté des services marchands, l’activité est soutenue dans l’information-communication (+1,6 % après +0,4 %) et dans les services aux entreprises (+1,2 % après +0,7 %). En revanche, elle recule dans l’hébergement-restauration (-0,5 % après +1,8 %) et dans les transports (-0,6 % après +0,3 %). La production reste quasi stable dans la construction (+0,1 % après -0,1 %).

    Une consommation des ménages toujours atone

    La consommation des ménages progresse légèrement au troisième trimestre (+0,1 % après +0,1 %). Les achats de biens sont stables (0,0 % après +0,1 %). La consommation alimentaire (y compris tabac) recule de 1,0 % après une hausse de 1,5 %, tandis que la consommation d’énergie se redresse (+1,3 % après -2,4 %). La consommation de services ralentit également (+0,2 % après +0,5 %). Les dépenses liées aux loisirs sont en baisse, tout comme celles d’hébergement-restauration (-0,7 % après +2,3 %) et de transports (-0,5 % après +1,5 %). La consommation d’information et de communication, quant à elle, repart à la hausse (+1,1 % après -0,2 %).

    Taux de croissance trimestriel du PIB en France en %
    Taux de croissance trimestriel du PIB en France en %

    L’investissement repart à la hausse

    La formation brute de capital fixe (FBCF) enregistre une progression de +0,4 % après une stagnation au deuxième trimestre. L’investissement en produits manufacturés augmente de 0,5 %, après plusieurs trimestres consécutifs de baisse, porté par les biens d’équipement et les matériels de transport. L’investissement en services hors construction est soutenu par la hausse dans l’information-communication (+1,7 % après +0,4 %). En revanche, l’investissement en construction continue de se replier (-0,1 % après -0,2 %), en particulier dans le bâtiment.

    Le commerce extérieur, moteur de la croissance

    Pour la première fois depuis le début de l’année, le commerce extérieur contribue positivement à la croissance : +0,9 point au troisième trimestre 2025, après -0,4 au deuxième et -0,5 au premier trimestre. Les exportations augmentent de +2,2 % après +0,3 %, portées par les ventes de matériels de transport (+8,9 % après -2,3 %), notamment dans l’aéronautique. Elles progressent aussi dans l’industrie chimique et les produits pharmaceutiques. En revanche, les exportations agroalimentaires reculent de nouveau (-4,9 % après -5,1 %), pénalisées par les tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis. Les importations diminuent de 0,4 % après +1,4 %. Les importations de biens reculent (-0,3 % après +2,3 %) en raison d’un net repli dans l’énergie et, dans une moindre mesure, dans les produits alimentaires. Les importations de services baissent également (-0,6 % après -1,1 %).

    Mais les variations de stocks pèsent sur la croissance. En effet, la contribution des variations de stocks à l’évolution du PIB est négative ce trimestre (0,6 point après +0,5 point). Ce recul s’explique principalement par le secteur aéronautique, après deux trimestres de forte contribution positive, ainsi que par la chimie et la pharmacie.

    Une économie résiliente mais freinée par la prudence des ménages

    Avec une croissance de 0,5 % au troisième trimestre, l’objectif annuel de 0,8 % semble à portée. La France fait preuve d’une résilience économique certaine, malgré un environnement marqué par de multiples incertitudes internationales et politiques. L’aéronautique apparaît comme le principal moteur de la croissance grâce aux exportations d’avions. En revanche, la panne de la consommation, liée au maintien d’un fort taux d’épargne, reste un frein pour le PIB.

    La dégradation des finances publiques et l’instabilité politique incitent les ménages à la prudence, maintenant ainsi la reprise sous tension.

  • Pays-Bas : le parti centriste proeuropéen et l’extrême droite au coude-à-coude

    Pays-Bas : le parti centriste proeuropéen et l’extrême droite au coude-à-coude

    Après l’annonce des résultats de l’alliance de gauche Verts-Travaillistes, inférieurs aux attentes, le chef de la formation et ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, a annoncé sa démission.

    D66 grand vainqueur ?

    Avec 95 % des bulletins dépouillés jeudi matin, D66 et le Parti de la liberté (PVV) devraient chacun remporter 26 des 150 sièges de la chambre basse. Ce résultat signe un net recul pour Geert Wilders après sa victoire record en 2023, tandis que cette fois-ci, D66 a presque triplé sa représentation.

    Les premiers sondages de sortie des urnes publiés mercredi soir par la  NOS peu après la fermeture des bureaux de vote indiquaient que le D66, dirigé par l’ancien ministre du climat et des affaires économiques,  Rob Jetten, obtiendrait 27 sièges sur les 150 que compte le parlement, contre neuf actuellement.

    Le PVV de Geert Wilders, en tête des sondages pendant une grande partie de la campagne, s’apprête à perdre des sièges. Si la rhétorique résolument anti-UE et pro-Trump de la tête de file de l’extrême droite néerlandaise a fait les gros titres des journaux, celle-ci ne s’est pas traduite par un élan soutenu le jour de l’élection.

    En troisième position, le parti conservateur-libéral VVD devrait quant à lui remporter 23 sièges — un de moins qu’auparavant — sous la houlette du ministre de la justice Dilan Yeşilgöz. Le parti a appartenu aux gouvernements successifs depuis 2010 avec l’ancien premier ministre Mark Rutte, aujourd’hui secrétaire général de l’OTAN.

    Rob Jetten (D66) s'exprimant lors du débat en plénière du Parlement néerlandais
    ob Jetten (D66) s’exprimant lors du débat en plénière du Parlement néerlandais concernant les émeutes qui ont suivi la manifestation anti-immigration à La Haye, à la Tweede Kamer, le 25 septembre 2025 à La Haye, aux Pays-Bas. ©John Beckmann/DeFodi Images/DeFodi via Getty Images

    Une coalition centriste ?

    Il est peu probable que ce changement modifie forme de la prochaine coalition gouvernementale. Le VVD devrait chercher à intégrer une coalition centriste pour empêcher la droite populiste d’accéder au pouvoir. Un tel scénario impliquerait logiquement D66, les démocrates-chrétiens et, éventuellement, l’alliance de gauche Verts-Travaillistes (GroenLinks-PvdA).

    Le bloc de gauche Verts-Travaillistes, dirigé par l’ancien vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, a obtenu des résultats inférieurs aux attentes, passant de 25 à 20 sièges. Après ces scores décevants, Frans Timmermans  a annoncé qu’il se retirait de la tête de l’alliance.

    « Je suis extrêmement déçu de notre résultat. J’en assume l’entière responsabilité. C’est pourquoi je souhaite passer les rênes à la prochaine génération ».

    Frans Timmermans

    À Leyde, où se trouve la plus ancienne université des Pays-Bas, les partisans de D66 ont fait la fête avec des drapeaux néerlandais et européens, tandis qu’à Rotterdam, l’ambiance chez les verts et les travaillistes était plus calme.

  • Un sommet très plat

    Un sommet très plat

    Ce devait être le sommet du siècle. Entre King Donald et Xi, le Fils du ciel, la rencontre de Séoul devait entrer dans l’histoire au même titre que le combat de Kinshasa entre Mohamed Ali et Georges Foreman. Trump, le tout-puissant Président de la première puissance mondiale défendait son titre face à Xi Jinping, le génie d’un milliard quatre cents millions de Chinois. Résultat ? Pschitt. Pour rester poli. Chacun a fait un petit pas de côté, l’un sur le soja, l’autre sur les douanes. Sitôt le dos tourné, l’un annonce qu’il reprendra des essais nucléaires, l’autre souffle des ronds dans l’eau de Taïwan, histoire d’épicer un sommet bien fade, à vrai dire très très plat. Et si ces monstres de puissance avaient leurs petits poings liés comme les pieds des Chinoises du siècle passé ? Et si, finalement, le monde se passait d’eux ?

    Le monde peut vivre sans les maîtres du monde

    Impossible ? Le monde peut vivre sans les maîtres du monde. Depuis que Trump a décidé de déclencher sa guerre commerciale, les importations américaines ont augmenté, le dollar a baissé, le commerce international mondial continue de progresser. Malgré le tango de Trump avec Poutine, l’Ukraine résiste, touche les villes russes et les installations pétrolières, les Européens s’engagent à la place des Américains.

    Sans la Chine, la Russie ne pourrait pas continuer la guerre. Les Chinois pourtant diminuent leurs approvisionnements russes, mais continuent à être les meilleurs clients des Iraniens, voire les seuls. L’Iran a beaucoup perdu mais n’a pas renoncé. La Chine glisse petit à petit vers l’enlisement. La surproduction détruit les marges, la déflation guette, l’endettement, même camouflé, enfle. La pouvoir se raidit.

    À force d’observer le jeu des grandes puissances, on oublie les petites. Le bénéfice majeur de la mondialisation, outre le progrès économique, réside en mille liens qui maintiennent petits et grands dans un même écheveau de contraintes. Quand Trump dit que l’Europe et les pays tiers profitent des États-Unis, il a raison. Comme les États-Unis profitent réciproquement de l’Europe et des tiers. L’échange n’est pas un jeu à somme nulle, mais un multiplicateur, il divise les coûts de production.

    Les présidents chinois et russe ont multiplié les rencontres bilatérales lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). ©Sergey Bobylev/Sputnik via REUTERS
    Les présidents chinois et russe ont multiplié les rencontres bilatérales lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). ©Sergey Bobylev/Sputnik via REUTERS

    L’échange n’est pas un jeu à somme nulle, mais un multiplicateur

    Les pays les moins développés ont le plus profité de la mondialisation, en Asie du sud-est, en Amérique latine, en Asie centrale. Les niveaux de vie ont cru de manière exceptionnelle. Relativement, les pays développés, notamment l’Europe, en ont moins profité, d’où le sentiment du déclin, tout relatif. Le protectionnisme américain, s’il se confirme, ce qui n’est pas si simple, leur portera un coup. À moins qu’ils ne s’organisent autrement : après tout, les États-Unis ne représentent que 13% du commerce mondial. Le premier dommage sera aux États-Unis, ce qui explique pourquoi toute rétorsion serait stupide, et que l’Europe a bien fait d’accepter 15% de droits de douane sans répliquer. Quand votre voisin fait une bêtise pourquoi l’imiteriez-vous ? 

    La confrontation entre la Chine et les États-Unis oblige à chercher de nouvelles opportunités. Tant mieux. L’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie, le Brésil montrent comment se glisser entre les grands. Ils n’adhèrent ni à la vision américaine, ni au rêve chinois. Courbant facilement l’échine ou jouant au fier, ils alternent les postures et jouent avec les deux grands, qui ont besoin d’eux. Restent, sur l’échiquier mondial, trois perdants et une inconnue.

    Sur l’échiquier mondial, trois perdants et une inconnue

    Premier perdant, tragique : l’Afrique. Depuis le départ de la France, le Sahel sombre. Bamako est à portée des Djihadistes, s’ils sont djihadistes. La France, débarrassée du Sahel, l’Algérie offre un intérêt moindre, ou autre. C’est parce que la France n’avait plus besoin de la coopération au Sahel qu’elle a pu reconnaître la solution marocaine au Sahara occidental.

    Au sud du Sahara aussi, les guerres s’étendent. Le Soudan n’en finit pas de banaliser les atrocités. Les guerres du Congo se réalimentent. Les deux plus grands pays d’Afrique, Nigeria et Afrique du Sud, dérivent. Comme si le continent, seule progression démographique de la planète, devenait malade de l’humanité. Comme si l’Afrique pouvait ignorer le cours du monde, comme si le monde pouvait l’ignorer.

    Deuxième perdant, pathétique, la Russie. Elle ne se remettra pas de sa guerre en Ukraine, quelle qu’en soit l’issue. Elle a perdu l’Europe (Et l’Ukraine). Elle est devenue vassale, économiquement, de la Chine. Son influence mondiale rétrécit. Son recul démographique, s’accentue par les pertes humaines et l’exil. Rarement le régime poutinien n’est apparu aussi faible. À l’intérieur, la paranoïa frappe, emprisonne, exécute.

    Troisième perdant, cynique, le Moyen-Orient. La paix impossible de Trump n’y fera rien, personne ne fait confiance à personne. Règnent le mensonge et le mépris perpétuels, quand ce n’est la haine. Chacun s’arme. Les peuples au mieux désespèrent, quand ils espèrent c’est pour la guerre. Nulle part il n’y a de vainqueurs, ni d’espoir paisible. Ni en Israël, ni à Gaza bien sûr ; ni au Liban, en Syrie, en Iran. L’Arabie saoudite, les Émirats, la Jordanie, le Qatar, l’Égypte, malgré les richesses apparentes, accentuent les failles. Face à de telles frustrations, l’incertitude américaine allume ses cigares avec du pétrole.

    Benjamin Netanyahu et Donald Trump lors de lors conférence de presse à la Maison-Blanche, le 29 septembre 2025. © Jonathan Ernst, Reuters
    Benjamin Netanyahu et Donald Trump lors de lors conférence de presse à la Maison-Blanche, le 29 septembre 2025. © Jonathan Ernst, Reuters

    L’Europe invente ce miracle : un empire constitué de républiques

    Reste la grande inconnue, l’Europe. Jamais le devoir d’union ne s’est imposé aussi clairement. Ses plus grands adversaires ne sont ni la Chine, ni les États-Unis, mais les Européens. Comme si le salut pouvait naître de la rivalité, la division, la revendication identitaire. Dans une petite planète gigantesquement bouleversée, l’Europe invente ce miracle : un empire constitué de républiques, une République d’états libres. Elle a les atouts des petits, comme l’Irlande, l’Estonie, les Pays-Bas, et ceux des petits grands, comme la France et l’Allemagne, le tout additionné.

    Les institutions des Européens, en y intégrant les institutions de chaque Etat, sont vraisemblablement les meilleures du monde. Leur force est leur souplesse et leur diversité. Leur faiblesse leur fragilité.

    Que la France et l’Allemagne s’écartent et l’Europe se déchire

    Que la France et l’Allemagne s’écartent et l’Europe se déchire.  Bêtement, de forts partis, encouragés par les Russes et les Américains, en forment le vœu. Bêtement, la commission croit qu’elle est la garante de l’unité au risque de jouer la France contre l’Allemagne et vice versa. L’enjeu n’est pas que pour la France, l’Allemagne, l’avion du futur, le Mercosur, les droits de douane ou la voiture électrique. L’indépendance -ou non– de l’Europe  aura des répercussions mondiales. Les tiers pays ont besoin de l’Europe autant que l’Europe ne peut construire son indépendance et sa sécurité sans eux.

    Les grands sommets réunissent de petits esprits étouffés d’egos. D’Europe, des plats pays, des mers, des chaînes de montagnes, s’élancent des millions de Marco Polo. Ce sont les passe-murailles qui font l’histoire. Les clés ne sont ni chez Trump, ni chez Xi. Elles sont ici. Et dans les mille mondes du vaste monde.

    Laurent Dominati 

    a.Ambassadeur de France

    a. Député de Paris 

     

    Laurent Dominati

  • L’impôt sur la fortune improductive : une mesure qui rétablit l’égalité entre résidents et non-résidents ?  

    L’impôt sur la fortune improductive : une mesure qui rétablit l’égalité entre résidents et non-résidents ?  

    Vous connaissiez l’ISF qui fut muté en un impôt sur la fortune immobilière (IFI) avec Emmanuel Macron. Vendredi 31 octobre, les députés de l’Assemblée nationale ont inventé l’« impôt sur la fortune improductive ». Qu’est ce qui se cache derrière ce terme ? Quelles conséquences pour les résidents ? Et pour les expatriés ? On fait le point pour les Français de l’étranger sur cette mesure fiscale qui fait peur.

    Placements et immobilier dans le viseur !

    La réforme de la fiscalité du patrimoine est de plus en plus confuse, entre taxe sur les holdings patrimoniales, l’« hystérie pour Zucman », et désormais un impôt sur la fortune improductive, le citoyen peut être déboussolé voir paniqué par cette inflation fiscale.

    Car l’un des changements majeurs qui se dégage de ce volet « recettes » du budget 2026 c’est la réintégration dans l’assiette fiscalisée d’une partie du capital financier. Jusqu’ici, l’IFI ne taxait que l’immobilier. Désormais, certains capitaux jugés « non productifs » y seraient ajoutés. Ainsi, sont visés les dépôts non investis, les fonds en euros des assurances-vie, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas placés en actions, et, apparemment, même les placements sur livret.

    Concernant l’immobilier, les biens loués, qui dans le projet initial, étaient exclus, sont finalement, suite à un amendement des socialistes, concernés. Enfin, l’exonération lors de la cession de sa résidence principale sera plafonnée. Concrètement, si le bien concerné est vendu pour plus d’un million d’euro, les sommes, au-delà de ce seuil, seront soumises à la taxation sur la plus-value immobilière. L’impact sur les niches concédées aux expatriés n’est pas encore connu. Nous y reviendrons après l’adoption ou non du budget 2026 !

    Liquider le patrimoine artistique

    Autre nouveauté 2026, l’imposition des œuvres d’art, métaux précieux et meubles ! Jusqu’ici, ces valeurs avaient toujours été exclues afin d’éviter d’encourager les ventes à l’étranger. Si la disposition est retenue dans le texte final, il vaudra mieux vendre son œuvre d’art et placer l’argent. Par un « effet d’aubaine », la France pourrait perdre une partie de son patrimoine artistique. D’autant que la valeur de marché des œuvres d’art est, intrinsèquement, très incertaine.

    Comment accepter une taxation à 1% de la valeur du bien si celle-ci peut changer de simple au triple selon les modes ou l’actualité ?

    Les bijoux sont aussi dans traqués par les députés. Selon le texte, il faudra aussi intégrer leur valeur dans le calcul qui déterminera si votre foyer fiscal dépasse le seuil des 2,6 millions d’euros. Cette mesure, alertent les experts comme Olivier Babeau au Figaro, pourrait installer « une transgression massive » avec une absence généralisée de déclaration. Cependant, lors de la valorisation des actifs au moment d’une succession, ce vide entraînerait potentiellement un rappel fiscal très sévère.

    ©Sarah Alcalay/SIPA
    ©Sarah Alcalay/SIPA

    Quel taux pour quoi ?

    Les députés ont également modifié le barème de l’IFI, en remplaçant la progressivité (de 0,5 à 1,5% en fonction des tranches) par un taux unique de 1% « par souci de lisibilité et d’efficacité« . Mais, le texte prévoit qu’un bien par foyer fiscal puisse échapper à l’IFI, dans la limite d’1 million d’euros.

    Et c’est finalement avec cette disposition que les Français de l’étranger pourraient trouver une planche de salut. Puisque sauf précision à venir, cela permettrait de défiscaliser au moins 1 million d’euros de patrimoine détenu en France. Alors qu’aujourd’hui, n’ayant plus de résidence principale en France, les Français de l’étranger étaient taxés sur l’ensemble du patrimoine présent dans l’hexagone. Pour ceux qui détiennent des biens en France pour une valeur proche du seuil de déclenchement (2,6 millions), mécaniquement, ils sortiraient de ce nouvel impôt. Une solution qui n’encourage, donc, pas certains à rétablir leur résidence fiscale en France mais qui permet de rétablir une égalité entre Français. Ce que tentaient de faire, avec un succès mitigé, les sénateurs et députés des Français de l’étranger avec le projet de résidence de repli.

    Dans ce maelstrom, il y a tout de même une bonne nouvelle. Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin (LR), a convaincu le bloc central et le RN de réduire la taxe sur les holdings à sa plus simple expression. Seuls, les biens de luxe inclus dans ces sociétés seront taxés, et à hauteur de 20 % de leur valeur. Au grand dam de la gauche, car il suffira de créer une société fille hors de France pour y loger ledit bien…

    Philippe Juvin (LR) ce 31 octobre 2025 à l'Assemblée nationale
    Philippe Juvin (LR) ce 31 octobre 2025 à l’Assemblée nationale

    RN, PS, MoDEM et Liot ?

    Pour finir, revenons quelques instants, sur le plan politique. En effet, l’alliance, qui a donc permis l’adoption de cet impôt, entre le RN, le PS, le Modem et le groupe centriste Liot a surpris.

    Le gouvernement, lui, était et reste contre, comme le rappelait ce dimanche dans une interview dans la Tribune du dimanche, le ministre de l’Économie et député des Français d’Amérique du nord, Roland Lescure. Tandis que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, estime qu’on ne sait pas combien cette taxe rapporterait. Enfin la gauche radicale, comme les Insoumis, juge le texte trop timide et s’est donc abstenue.

  • Frédéric Petit : « L’AEFE doit enfin faire la réforme qu’on attend depuis dix ans »

    Frédéric Petit : « L’AEFE doit enfin faire la réforme qu’on attend depuis dix ans »

    Le député MoDem Frédéric Petit, représentant la 7e circonscription des Français de l’étranger (Allemagne, Europe centrale et Balkans) est l’invité du podcast « En Toute Confidence » sur Lesfrancais.press. Au micro, il revient sur la nouvelle équipe gouvernementale de Sébastien Lecornu, le budget des Français de l’étranger et l’avenir du réseau de l’AEFE. Pour lui, il est urgent de repenser le modèle de gestion des lycées français à l’étranger afin de préserver un réseau qu’il juge « à la croisée des chemins ».

    Écouter le podcast le député de la 7ème circonscription des Français de l’étranger

    Un parlement « plus représentatif de la société française »

    Interrogé sur la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Sébastien Lecornu, Frédéric Petit rappelle d’abord le rôle du député. « Je ne suis pas chargé de nommer le Premier ministre, je suis chargé d’évaluer ce qu’il fait et de le contrôler », explique-t-il.

    « J’entends certains collègues parler de l’enfer des Français à l’étranger, mais ça ne correspond à rien »

    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger
    Allemagne, Europe centrale et Balkans

    Habitué aux coalitions politiques dans les pays européens où il réside, l’élu estime que la situation française actuelle est une évolution positive : « Je trouve que c’est un progrès pour notre pays », souligne-t-il, voyant dans la diversité parlementaire une meilleure représentation des sensibilités françaises.

    Services consulaires : « Une modernisation en marche »

    Concernant les budgets liés aux Français de l’étranger, Frédéric Petit rejette l’idée d’un désengagement de l’État : « J’entends certains collègues parler de l’enfer des Français à l’étranger, mais ça ne correspond à rien », affirme-t-il.

    France consulaire, plateforme d'informations pour les Français de l'étranger
    France consulaire, plateforme d’informations pour les Français de l’étranger

    Au contraire, il salue la modernisation des services consulaires : « La plateforme France Consulaire, la numérisation, ce sont des choses qui vont pas mal, il y a une grande écoute des élus de terrain ». Il insiste néanmoins sur la nécessité de protéger certaines politiques publiques comme l’aide au développement, souvent mal comprise : « On a un collègue du Rassemblement national qui dit qu’il faut couper 7 milliards, parce qu’il ne comprend pas comment ça marche », déplore le député.

    AEFE : un réseau solide mais une agence à réformer

    Au cœur de l’entretien, Frédéric Petit aborde longuement le futur de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), pilier de la diplomatie éducative française. Il démonte d’abord les discours alarmistes : « Sur les 560 lycées, il y en a 85 % qui vont très bien », déclare-t-il.

    « Il faut réfléchir à comment l’AEFE travaille, à ce qu’elle fait de cet argent, et comment le répartir entre ses deux grandes missions : gérer des lycées et parler à l’ensemble d’un réseau »

    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger
    Allemagne, Europe centrale et Balkans

    Mais pour lui, le problème n’est pas le réseau, mais l’agence elle-même : « L’agence, ce n’est pas le réseau. Elle est chargée de l’animer, de le développer, mais elle ne gère directement que 68 lycées sur 560 ». Une majorité d’établissements, rappelle-t-il, « n’a aucun lien économique avec l’agence ». Il plaide donc pour un rééquilibrage et une meilleure répartition des ressources dans une perspective de réforme : « Il faut réfléchir à comment elle travaille, à ce qu’elle fait de cet argent, et comment le répartir entre ses deux grandes missions : gérer des lycées et parler à l’ensemble d’un réseau ».

    L'enseignement français à l'étranger
    L’enseignement français à l’étranger © AEFE

    Frédéric Petit estime donc que « l’activité de l’agence est trop concentrée sur la seule mission d’administration d’un petit nombre de lycées, soit les 68 établissements gérés intégralement par l’État ». Or, pour lui « la dimension de diplomatie culturelle, qui suppose de dégager des moyens et des compétences pour réellement développer et animer le réseau au service de l’excellence de nos établissements, est à l’inverse trop souvent délaissée ». C’est la raison pour laquelle le député plaide pour une séparation claire de ces deux missions dans l’organisation financière et administrative de l’agence.

    « Un petit moment dur à passer » avant une refondation de l’AEFE

    Conscient des tensions budgétaires, le député estime que l’AEFE doit passer par une phase difficile avant de se réformer : « Il y a un petit moment dur à passer, mais j’espère que ce petit moment permettra enfin derrière à ce que l’agence fasse vraiment la réforme qu’on attend depuis dix ans ».

    « Je ne vois pas pourquoi l’agence gère les bourses. Les bourses devraient être gérées à la direction des Français à l’étranger »

    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger
    Allemagne, Europe centrale et Balkans

    Il alerte sur la dérive de la masse salariale : « Vous avez une croissance absolument pas contrôlée et exponentielle », dit-il, avant de suggérer des économies structurelles, notamment en transférant certaines missions. « Je ne vois pas pourquoi l’agence gère les bourses. Les bourses scolaires devraient être gérées à la direction des Français à l’étranger », plaide-t-il.

    Une réforme concertée avec la diplomatie

    Frédéric Petit confirme avoir été associé à la réforme conduite par la Direction générale de la mondialisation (DGM) au Quai d’Orsay : « J’ai auditionné Mme Grillo, j’ai beaucoup parlé avec elle. Sur la réforme, on est à peu près en phase ». Il explique avoir remis des propositions au gouvernement, destinées à améliorer le fonctionnement du réseau avant même de toucher aux chiffres : « D’abord, il faut retravailler un peu notre moteur », résume-t-il.

    Frédéric Petit, député des Français de l'étranger, Allemagne, Europe centrale et Balkans
    Frédéric Petit, député des Français de l’étranger, Allemagne, Europe centrale et Balkans

    Parmi ses propositions figure un renforcement de la légitimité de la direction de l’AEFE : « Il faudrait que la direction de l’AEFE soit validée par le Parlement. Sa légitimité et sa marge de manœuvre pour réformer en profondeur seraient complètement différentes ». Mais il prévient : « Il faut que l’AEFE ne soit pas en cessation de paiement ».

    Une fois cette étape franchie, l’agence devra mener une réforme profonde, loin des « rustines » du passé : « Dire que l’AEFE est une instance qu’on veut privatiser, c’est absurde », insiste le député Petit. Son souhait : une AEFE modernisée, performante, capable de faire rayonner le savoir-faire éducatif français. « Il faut essayer de penser un peu plus, de penser comme au XXIe siècle », conclut-il.

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