Ils étaient presque 40% de votants, comme pour le premier tour du 30 juin. Ce dimanche 7 juillet, les électeurs de la 6ème circonscription des Français de l’étranger ont préféré Marc Ferracci, député « Ensemble » sortant, à Halima Delimi, candidate du Nouveau Front Populaire.
Voter RN, un vote de colère ?
Si le nombre de votants reste à peu près le même, en une semaine, Marc Ferracci améliore son score de 9 181 suffrages. Halima Delimi, à qui il manquait déjà environ 6 000 voix, n’en récolte que 4 241 de plus. À considérer que les électeurs sont les mêmes qu’au premier tour et que Marc Ferracci aurait récupéré l’intégralité des voix des Républicains et des centristes ; mathématiquement, il a bénéficié d’au moins 40 % des voix RN. Sa concurrente en récupérant donc une majorité. Une volatilité de l’électorat qui pose donc question. Adhésion aux idées du RN, ou d’avantage un vote sanction non assumé jusqu’au second tour ?
Localement, c’est à Zurich que l’écart est le plus grand (63,67% vs 36,33%) en faveur du député macroniste. 58,44% vs 41,56% à Genève.
La gauche moins forte qu’aux Européennes
C’est la « satisfaction » d’une « victoire assez nette » qui domine logiquement chez Marc Ferracci ce lundi puisque « le contexte était plus délicat qu’en 2022. La gauche avait réalisé un score cumulé plus important que la majorité présidentielle au sortir des Européennes. » Marc Ferracci en déduit donc que « les résultats se sont inversés ».
Interrogé sur la victoire surprise du Nouveau Front Populaire, Marc Ferracci réagit : « Le scrutin majoritaire est toujours potentiellement surprenant. On prédisait une majorité relative voire absolue pour l’extrême droite et ils en sont très loin. C’est un très grand soulagement. On prédisait un affaissement du camp présidentiel qui ne s’est pas produit» .
Changer notre culture de gouvernement et notre culture législative
Proche du Président Macron, Marc Ferracci va-t-il murmurer à l’oreille du Président sa vision de cette nouvelle assemblée et du futur gouvernement ? « Finalement, on est face à une équation nouvelle qui va nous obliger à changer la manière dont on légifère et dont on gouverne. » Marc Ferraccide déclarer que la situation conduit « à trouver, comme beaucoup d’autres pays, des compromis. Il faut définir les conditions et les contours d’une coalition de gouvernement. » Le député de la 6ème « prend acte de cette configuration » et « considère qu’il y a des opportunités pour changer notre culture de gouvernement et notre culture législative. »
Consolation nationale pour Delimi
Sur son compte X, Halima Delimi souligne les « 46,55% aux urnes », et les « 208 élues sur 577, soit 36% de l’hémicycle, dégringolade de la parité, une campagne mascu, macho et violente… ». La candidate battue se consolant de la relative victoire surprise du Nouveau Front Populaire à l’échelle nationale.
Dans la quatrième circonscription des Français de l’étranger, les électeurs se sont de nouveau fortement mobilisés ce dimanche 7 juillet. Et comme pour le premier tour, seules quelques voix ont permis de départager les deux candidats encore en lice. Pieyre-Alexandre Anglade est finalement réélu face à Cécilia Gondard.
Dans une élection, on ne le répétera jamais assez : toutes les voix comptent.
En l’occurrence, ce sont 349 voix qui ont fait pencher la balance en faveur du député Renaissance-Ensemble Pieyre-Alexandre Anglade. Avec 50,24% des suffrages, l’élu sortant devance la candidate NFP socialiste Cécilia Gondard qui obtient 49,76% des voix. Un résultat au coude-à-coude et disputé par une mobilisation en légère hausse par rapport au premier tour dépassant les 48% (contre 47,64% le 30 juin dernier).
Au Benelux, la majorité présidentielle semble avoir retrouvé une certaine dynamique durant l’entre-deux-tours sans néanmoins atteindre le score des élections législatives de 2022 où Pieyre-Alexandre Anglade avait battu Cécilia Gondard 55,15% contre 44,85%. Le candidat a toutefois refait son retard du premier tour face à la représentante du Nouveau Front Populaire.
Alors que Cécilia Gondard n’a pas répondu à nos sollicitations, le député élu a lui réagi sur les réseaux sociaux. Dans une publication sur X, anciennement Twitter, il remercie les électeurs et relève la nécessité de « travailler différemment ».
Cécilia Gondard avec Yann Chantrel (Sénateur)
Le discours d’une nouvelle méthode
Thierry Masson, président du groupe IDP (Indépendants, Démocrates, Progressistes) à l’Assemblée des Français de l’Etranger et conseiller FDE pour la Belgique, confirme : « C’est le message clair qui a été envoyé par les Français. Le RN a été rejeté, LFI reste stable, on doit trouver une coalition avec un pivot au centre. C’est la seule solution. Dans cet esprit, Marine Tondelier a ouvert certaines portes, j’espère qu’elles le resteront. J’espère également qu’on puisse travailler avec des socialistes réformateurs et des LR comme Philippe Juvin. » Pour Thierry Masson, la France pourrait s’inspirer du Parlement européen : « Chacun liste a ses priorités et doit comprendre que tout ne pourra pas se faire. Il faut accepter un socle commun qui nous permettra de réformer la France. Après, il faut s’assoir à la table des négociations. On devrait pouvoir y arriver, il n’y a pas de raison !C’est d’ailleurs une question qui va se poser de façon très claire au NFP : apprendre à travailler avec les autres, à faire des compromis. Nous avons nous-mêmes pêché sur ce point mais là, la situation est encore différente.»
Thierry Masson
Enfin, l’élu revient sur le principal enseignement de cette élection : « Les Français n’acceptent plus de réfléchir en noir et blanc, en opposition stricte. Nous sommes face à une assemblée qui aurait pu être élue à la proportionnelle. Alors aux questions complexes, des réponses complexes. »
Les Français du Royaume-Uni et d’Europe du Nord ont élu leur nouveau député. Ce sera Vincent Caure, le candidat de l’ancienne majorité présidentielle. Celui-ci succédera à Alexandre Holroyd qui a décidé de ne pas postuler pour un nouveau mandat à l’Assemblée nationale. Les résultats de dimanche soir furent extrêmement serrés entre les deux protagonistes. En effet, seulement 808 voix séparent le vainqueur de l’autre finaliste, la candidate du Nouveau Front Populaire, Charlotte Minvielle. En pourcentage, le nouveau parlementaire recueille 50,54 % des bulletins. Quant à sa concurrente, 48,71 % des suffrages lui ont été destinés.
La gauche en net progrès dans la 3ème circonscription des Français établis hors de France
En 2022, Charlotte Minvielle s’est présentée aux élections législatives. Étiquetée Nupes, elle n’avait pas dépassé les 45 % au second tour. (44,20%). Aussi, bien que la défaite soit au rendez-vous, elle semblait assez satisfaite du travail accompli. Elle a ainsi déclaré pour Lesfrancais.press « C’était très serré avec une très forte progression par rapport à 2022. » Cela s’explique selon elle « à (notre) campagne qui a été absolument remarquable avec des centaines de personnes mobilisées. ». Au cours de l’échange avec notre média, elle a poursuivi en portant un regard critique sur la campagne électorale menée par son adversaire. En effet, Charlotte Minvielle a souhaité nous rappeler que son concurrent « n’avait aucune implantation sur la circonscription », et, qu’il a mené une campagne assez indigne à (notre) égard ».
Vincent Caure « heureux et fier de pouvoir représenter les Français du Royaume-Uni et d’Europe du Nord à l’Assemblée nationale »
Du côté de Vincent Caure, la perception est différente. Il est « heureux et fier de pouvoir représenter les Français du Royaume-Uni et d’Europe du Nord à l’Assemblée nationale dans ce moment charnière pour notre pays. » Le score étriqué lui a également amené ces propos qu’il nous a confiés : « j’accueille avec humilité et responsabilité les résultats dans la 3ème circonscription », ajoutant « j’aurai à cœur désormais de venir à votre rencontre et d’ancrer mon action dans la circonscription en lien avec les citoyens, les associations et les élus locaux qui œuvrent chaque jour partout dans les dix pays qui composent la circonscription ». Enfin, il a également indiqué pour Lesfrançais.press se réjouir « de la forte participation » des électeurs.
Une participation au vote en augmentation chez les expatriés
Effectivement, la participation entre 2022 et 2024 a nettement progressé. 30,65 % de nos expatriés avaient voté au second tour des précédentes élections législatives. Ils sont 48,71 % à avoir accompli ce geste cette année.
Il est un point sur lequel se rapprochent Vincent Caure et Charlotte Minvielle. Tous les deux sont « soulagés » du score du Rassemblement national dans les résultats nationaux. La candidate du Nouveau Front Populaire met en avant l’impossibilité que « le RN ne soit en mesure de former un gouvernement. ». Le nouveau parlementaire « Ensemble », quant à lui, souligne avec satisfaction « le large refus du choix du Rassemblement national par nos concitoyens ».
Une Assemblée nationale qui s’occupera des Français de l’étranger ?
Cette nouvelle Assemblée nationale permettra-t-elle de faire avancer les dossiers pour nos ressortissants à l’étranger ? Le député de la 3eme circonscription devra trouver des possibilités et des alliances sur les bancs du Palais Bourbon pour défendre la situation des expatriés. Les Français du Royaume-Uni savent l’importance de ce travail pour les soutenir dans leur quotidien dans un pays qui a décidé de quitter l’Union européenne.
En Europe du Nord, le sujet des bourses scolaires, ou bien encore la protection sociale et des actions en faveur de la préservation de l’environnement sont aussi très attendus. Vincent Caure qui a œuvré à l’Elysée et dans les cabinets ministériels pourra aussi activer son réseau pour que ces thèmes figurent à l’ordre du jour des travaux. C’est une condition sine qua non pour que nos expatriés soient, définitivement, des Français comme les autres.
Ce second tour des élections législatives voyait s’affronter la députée sortante, Renaissance, Anne Genetet, et le candidat du Nouveau front Populaire, le socialiste Franck Pajot.
Anne Genetet 57.04% (Renaissance) – Franck Pajot 42.96% (NFP)
Une circonscription où la députée sortante était donnée dès le départ comme favorite mais c’était sans compter sur la détermination de Franck Pajot, élu conseiller des Français de l’étranger dans la circonscription de Pékin. En 2022, Dominique Vidal (NUPES) face à Anne Genetet obtenait 38,27% au 2ème tour.
L’élu du NFP a mené une campagne de terrain, favorisant les déplacements dans des pays plus favorables à la gauche comme le Japon où il arrive en tête tant à Kyoto (66,36%) qu’à Tokyo (55,41%). Les Français du Vietnam ont également porté à la première place l’élu de gauche tout comme l’Inde où son score à Pondichéry (68,87%) et à New Delhi (54%) marque une forte présence d’électeurs acquis à la cause du NFP.
Tout comme sa collègue de la 10ème circonscription, Franck Pajot souhaite s’inscrire dans la durée et mettre en place une dynamique de gauche sur l’ensemble de la circonscription, s’appuyant notamment sur le groupe du NFP, majoritaire à l’Assemblée nationale.
Écoutez la réaction de Franck Pajot
Anne Genetet a, de son côté, souhaité mettre en avant l’humilité face à cette victoire. « Je suis contente de voir que le travail paye et que la politique n’est pas qu’ingratitude », indique-t-elle.
Reconnaissante des nombreux Français qui se sont déplacés pour aller voter, saluant le taux de participation élevé. « J’ai expliqué à l’Assemblée combien le vote des Français de l’étranger est important pour la vie démocratique de notre pays, j’ai d’ailleurs souvent été critiquée par des parlementaires qui ne comprenaient pas que des Français basés à l’étranger s’immiscent dans les questions politiques de notre pays », précise-t-elle, ajoutant défendre depuis toujours ce droit qui, selon elle, est légitime.
Concernant sa position au sein de cette Assemblée où aucune majorité absolue ne se dégage des trois groupes, Anne Genetet souhaiterait voir se dessiner une majorité forte, voire absolue si quelques groupes acceptaient de se rapprocher sur des projets communs, notamment le pouvoir d’achat ou encore la sécurité, laissant de côté leurs désaccords.
« Si nous arrivons à obtenir cela, alors ce sera beaucoup plus facile pour mon action, notamment en termes de budget pour les Français de l’étranger (écoles, Alliances françaises…). Ce serait vraiment une bonne chose. Mais je ne suis pas d’un tempérament à baisser les bras et je trouverai des solutions. », conclut-elle.
Dimanche les Français de l’étranger ont élu leurs 11 députés. Dans la 10ème circonscription qui couvre une partie du Moyen-Orient et de l’Afrique, deux candidates s’affrontaient. La députée sortante (Renaissance) Amélia Lakrafi et la candidate du Nouveau Front Populaire, Elsa Di Méo.
Amélia LAKRAFI 53.23% (Renaissance) – Elsa DI MEO 46.77%(NFP)
Les deux femmes ont tenu à remercier leurs électeurs et leurs soutiens durant cette campagne particulièrement courte. Si Amélia Lakrafi a retrouvé son siège de députée, la candidate du front de gauche reste fière de son score.
En effet, score historique dans cette circonscription où, pour la première fois, la gauche est en tête au 1er tour et effectue un score aussi important au 2ème tour de 46,77% là où il n’était que de 36,42% en 2022. Elsa Di Méo effectue ses meilleurs scores en Afrique et en Égypte, indiquant avoir manqué de temps et de moyens.
« Nous avons eu des difficultés à nous adresser à nos électeurs, déclare la candidate. Quand vous êtes députée sortante, vous avez des outils que les autres candidats n’ont pas également en termes de réseaux au sein de la circonscription, mais malgré tout cela quel score et quelle dynamique ».
Elsa Di Méo
Une gauche qui pense donc bien compter sur cette circonscription avec d’ores et déjà un rendez-vous donné à ses sympathisants le samedi 7 septembre pour des universités de rentrée, ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaitent débattre, partager des idées et surtout fonder les bases d’un mouvement autour du Nouveau Front Populaire. « Je prendrai toute ma part dans la construction du NFP sur la 10ème circonscription », précise-t-elle. Une 10ème circonscription qui semble avoir trouvé un leader pour la gauche.
Écoutez la réaction d’Elsa Di Méo
Pour la députée sortante, Amélia Lakrafi, c’est d’abord un soulagement.
« Nous n’avons pas eu ce raz de marée de l’extrême droite que l’on attendait et que l’on craignait » notamment concernant son parti Renaissance qui selon ses termes « a sauvé les meubles ».
Amélia Lakrafi
Cette dernière indique vouloir suivre de près l’évolution de cette Assemblée insistant sur les deux blocs (extrême gauche et extrême droite) particulièrement opposés aux Français de l’étranger. « Ce qu’ils veulent c’est taxer plus les Français en général et ceux de l’étranger en particulier », tient-elle à préciser.
Déterminée à jouer « un rôle encore plus important », au sein de l’Assemblée et plus particulièrement au sein de la commission des Affaires étrangères, où elle souhaite à nouveau siéger, la députée de la 10ème insiste sur l’importance de cette commission qui vote les textes concernant directement les Français de l’étranger, ajoutant être au cœur des préoccupations des Français de l’étranger au sein de cette commission.
Dans la 5ème circonscription des Français de l’Etranger, Stéphane Vojetta s’est finalement imposé face au NFP Maxime Da Silva. Une large victoire pour le député sortant qui souhaite désormais construire une coalition républicaine à l’Assemblée nationale.
Ce dimanche 7 juillet, les Français établis en Espagne, au Portugal, à Andorre et Monaco ont renouvelé leur confiance à Stéphane Vojetta en lui accordant 61,47% des suffrages. Le député indépendant apparenté Renaissance devance Maxime Da Silva qui obtient 38,53 %. Une victoire nette pour le sortant assurée par un taux de participation en hausse fixé à 39,14% contre 37,83% au premier tour.
Maxime Da Silva qui n’a pas répondu à nos sollicitations a réagi sur les réseaux sociaux. Sur X, anciennement Twitter, il remercie les électeurs et analyse le report de voix ayant joué lors du second tour : « Vojetta qui flirte avec le RN, est élu grâce à ses voix. » Pour rappel, la candidate Rassemblement National Johana Maurel avait obtenu 19,49% des suffrages au premier tour des élections.
La réalité du terrain
Conseiller des Français d’Espagne et membre d’Europe Ecologie Les Verts, François Ralle Andreoli s’est également exprimé sur cette élection : « Je trouve dommage que la réaction en France en faveur du Nouveau Front Populaire n’ait pas eu lieu dans notre circonscription. C’est malgré tout compréhensible dans la mesure où nous n’avons pas eu le temps de proposer une candidature issue de la circonscription, une condition essentielle selon moi et qu’il existe par ailleurs des pôles difficiles à convaincre, comme Monaco par exemple, pour un candidat qui n’est pas conservateur. » François Ralle Andreoli tient néanmoins à féliciter de façon républicaine le député élu tout en rappelant les défis qui l’attendent : « Ce qui compte pour un élu est de changer la vie des gens. Or, la situation est très mauvaise pour les Français de la circonscription : les services consulaires sont en berne, la dématérialisation des documents d’identité en Espagne est au point mort, le réseau scolaire en Espagne est en grande difficulté et le rayonnement culturel est au plus bas depuis 20 ans. Dans la circonscription depuis 2017 rien n’a vraiment changé si ce n’est une dégradation générale. »
Jean-Michel Béranger, représentant le parti d’Edouard Philippe Horizons à Madrid et soutien de Stéphane Vojetta, est moins sévère : « S’agissant des services consulaires, il est vrai que nous avons eu une période difficile après la Covid mais depuis tout est rentré dans l’ordre. Quant à la dématérialisation, elle est en phase de test au Portugal et les choses prennent du temps ». Jean-Michel Béranger voudrait surtout saluer l’action et le bilan du député sortant : « Stéphane Vojetta est un député très présent sur le terrain. Il a créé un groupe WhatsApp pour être plus facilement joignable. Il répond à toutes les questions, toutes les sollicitations. Il a de plus un bon ancrage au Portugal et en Espagne contrairement à d’autres candidats parachutés par les partis. »
A peine les résultats consolidés, Stéphane Vojetta s’est lui déclaré satisfait et a reconnu « une marque de soutien populaire » de la part des électeurs qu’il remercie. Le député indépendant livre sa vision du scrutin, entre barrage étendu et « ni-ni » : « J’y vois une volonté de faire barrage à la France Insoumise et à un candidat envoyé directement par Mélenchon. » Et au-delà, il souligne le refus des extrêmes : « Il n’y aura pas de gouvernement Bardella ni de gouvernement Mélenchon malgré ses exigences. »
Le casse-tête de la majorité
La question est : et maintenant ? Dans cette élection sans vainqueur où le Rassemblement National n’a jamais été aussi haut, où le Nouveau Front Populaire pourrait retomber dans les travers de la NUPES avec une France Insoumise écrasante, comment l’Assemblée nationale peut-elle se « structurer » pour reprendre le mot du président Emmanuel Macron ? Peut-être autour d’un bloc central, c’est en tout cas ce que souhaite Stéphane Vojetta : « Nous devons aller vers la nécessaire construction d’une coalition face à l’immobilisme qui nous menace. Il faut qu’on arrive à travailler entre partis républicains. »
François Ralle Andreoli se montre lui sceptique face à l’éventualité d’un arc républicain : « Je ne pense pas que le rêve d’une grande coalition puisse se réaliser en France. La violence de la politique d’Emmanuel Macron a laissé des traces et il est difficile de prétendre à la création d’un tel arc quand on en a si souvent exclu la gauche. Nous sommes dans une crise institutionnelle. »
Pour Jean-Michel Béranger, c’est pourtant la seule voie possible si on ne veut pas que la France devienne ingouvernable : « Ensemble que l’on annonçait morte est la deuxième force politique de l’Assemblée et la plus à même de réunir une nouvelle majorité. Des Verts au Républicains non ciottistes en passant par le PS, tout le monde doit faire des efforts. »
Dès ce lundi 8 juillet, le député Vojetta fera son retour au Palais Bourbon pour s’atteler à la tâche comme artisan des rapprochement entre les différentes forces en présence : « Je voudrais notamment tendre la main au Parti Socialiste, qu’il renonce à rester enfermé dans des postures mélenchonistes et qu’il nous rejoigne afin de travailler ensemble pour le pays. »
« Jamais 2 sans 3 » ! C’est ce que l’on peut lire sur un message envoyé à ses électeurs via le réseau Instagram par Eléonore Caroit. La candidate Ensemble a, en effet, été réélue pour la troisième fois en deux ans, députée pour les Français d’Amérique Latine et des Caraïbes. L’élection législative de 2022 avait été, rappelons-le, annulée par le Conseil constitutionnel pour un défaut technique du vote par internet. Un autre scrutin avait été alors organisé en 2023. Toutefois, en ce 7 juillet 2024, avec 53,27 % des suffrages, la candidate Renaissance retrouve donc les bancs de l’Assemblée nationale. Son concurrent du Nouveau front populaire, Sergio Coronado, ayant, quant à lui, recueilli 46,73 % des voix.
La gauche progresse dans la 2eme circonscription des Français établis hors de France
Bien que « déçu par le résultatdans la 2eme circonscription des Français établis hors de France », le camp de gauche est « aussi soulagé par les résultats nationaux », comme nous l’ont confiée dès dimanche soir les principaux animateurs du Nouveau front populaire sur ce territoire électoral.
Pour Sergio Coronado, candidat battu dans cette circonscription, à la lecture des résultats nationaux : « c’est un très grand enseignement que de constater que les électeurs ont souhaité donner sa chance à la gauche et aux écologistes pour améliorer leurs conditions de vie, leur retraite, leur avenir et celui de leurs enfants ». Cécile Lavergne, élue des Français de Colombie et pierre angulaire de la campagne de Sergio Coronado, poursuit en déclarant à notre média être « contente de la mobilisation » en Amérique Latine et les Caraïbes. En effet, « (notre) score a beaucoup progressé par rapport à la dernière législative. » Remarque-t-elle. Ce constat, est également celui partagé par le candidat qu’elle soutenait : « nous progressons de manière significative », nous a-t-il déclarés dans les minutes qui ont suivi l’annonce de son propre score.
Éléonore Caroit remercie les Françaises et les Français de la circonscription
Les chiffres vont effectivement en ce sens. En 2022, le candidat de la Nupes avait obtenu 42,58 % des bulletins (physiques et électroniques) au second tour, et 37,65 % en 2023. En 2024, la progression du candidat du Nouveau front populaire est donc de presque dix points. La raison de cette hausse de la gauche est sans doute due « à un contexte (électoral) compliqué. Avec une dynamique nationale qui ne (m)’était pas favorable » nous explique la gagnante de cette élection législative. C’est que nous a dit Eléonore Caroit, partageant avec Lesfrancais.press sa réaction après sa victoire. Vous retrouverez l’intégralité de son message en cliquant ci-dessous
Écouter la réaction de la députée réélue
Au cours de cet échange avec notre média, la députée réélue, Eléonore Caroit, souhaite aussi « remercier les Françaises et les Français qui reconnaissent (mon) travail de ces deux dernières années ». Et elle ajoute, les remercier également pour avoir su « reconnaître (que je suis) comme eux une Française de l’étranger ».
La candidate de l’ex majorité présidentielle a d’ailleurs très souvent mis en avant durant la campagne électorale sa position de « Française de l’étranger ». Aux premiers abords cela pouvait sembler être un argument tout à fait en ligne avec les intérêts de nos compatriotes expatriés. Mais cela « a surpris » Cécile Lavergne. Cette dernière nous a ainsi fait part de son étonnement quant à « l’utilisation répétée » de ce statut par celle qui portait l’étiquette « Ensemble ». Un positionnement qui a aussi interloqué le candidat du Nouveau front populaire, Sergio Coronado : « Nous avons mené une campagne populaire et citoyenne avec beaucoup de déplacements et des réunions publiques, avec Louise Guibrunet, (ma) suppléante. A la différence de la candidate macroniste restée à Paris, d’où elle a mené une campagne d’une grande bassesse », nous a-t-il relaté.
La réélection comme députée d’Eléonore Caroit : « un soulagement »
Pour autant, c’est bien Eléonore Caroit qui siégera au Palais Bourbon. Elle est la députée depuis 2022. Ce score « c’est un soulagement » nous rapporte Gérard Signoret, élu « Horizons » pour les Français du Mexique. Acteur de la campagne de la députée sortante, il indique que « le scrutin fut intense et le résultat, serré dans un premier temps, a finalement été de 53 % pour Eléonore Caroit qui a su mobiliser ses équipes pratiquement sur les 33 pays de la circonscription. ».
Ce travail de terrain orchestré par les Conseillers des Français de l’étranger est aussi souligné par sa collègue, élue consulaire de la gauche. Ainsi Cécile Lavergne observe « que dans les pays où (nous avons) des élus consulaires, leur travail au quotidien se reflète dans les votes (pour Sergio Coronado) et la mobilisation ».
Une élection dans la 2eme circonscription des Français de l’étranger qui sera validée ?
La participation de nos ressortissants résidant dans cette circonscription est effectivement à souligner. Elle a augmenté de presque huit points entre 2022 et 2024. 16,29 % de nos concitoyens vivant en Amérique Latine et dans les Caraïbes ont accompli leur devoir civique en 2022. Ils furent 24,15 % en 2024 pour le second tour. Mais la question se pose. Y a-t-il eu encore cette fois-ci des problèmes techniques pour voter par internet ?
Rappelons que cette raison avait été soulevée par le Conseil constitutionnel. Il avait dès lors annulé le scrutin de 2022. « Il y a eu des problèmes au Mexique » nous ont remonté certains de nos interlocuteurs. Espérons que cela ne sera pas d’une trop grande importance. C’est la démocratie qui serait touchée, et aussi la pérennité du vote électronique, dont les expatriés vantent (à juste titre ?) les mérites de son existence. Mais pour Gérard Signoret, le résultat de ce dimanche ne fait aucun doute « Enfin, justice est faite : Eléonore Caroit depuis deux ans a parfaitement assumé son rôle de députée d’Amérique latine et des Caraïbes et méritait bien d’être réélue ! ».
2 500 bulletins séparaient le candidat du Nouveau front populaire de celui de Renaissance dimanche dernier. Mais il n’y a pas eu de remontada pour la gauche. C’est en effet Roland Lescure qui l’emporte sur son concurrent, Oussama Laraichi, dans la 1ère circonscription des Français établis hors de France. Nos compatriotes d’Amérique du Nord (Etats-Unis – Canada) renouvellent ainsi leur confiance au membre du gouvernement Attal. Ce dernier avait déjà remporté l’élection législative sur ce même territoire électoral en 2017 et en 2022.
Une participation des expatriés en nette hausse
Avec 54,25 % des voix, Roland Lescure est en recul d’un peu plus d’un point par rapport au second tour du scrutin précédent, où il recueillait 55,63 % des suffrages. Mais la participation est bien plus importante cette année. Si 21,42 % des Français du Canada et des Etats-Unis avaient voté au second tour des législatives en 2022, ils sont 36,81 % à l’avoir fait cette fois-ci. (Pour rappel, ils étaient 35,30 % au 1er tour). C’est plus de treize points de plus, une performance à souligner. En y regardant de plus près, c’est le vote par internet qui a été le plus plébiscité. En découpant ces 36,81 % de participation, 31,09 % des électeurs inscrits ont opté pour la voix électronique, et donc, 5,72 % pour le vote à l’urne. Ce chiffre interpelle.
Cette différence entre les urnes physiques et électroniques, nous les retrouvons également dans les résultats. Les personnes se rendant dans les bureaux de vote ont davantage voté pour le candidat de gauche, Oussama Laraichi, plutôt qu’en faveur de Roland Lescure (53,05 % contre 46,95%). Pour autant, il n’y a qu’un seul élu, et c’est le ministre délégué à l’industrie et à l’énergie qui siégera à l’Assemblée nationale.
Oussama Laraichi félicite Roland Lescure
Beau joueur, Oussama Laraichi, dans un message sur le réseau X, a tenu « à adresser (ses) félicitations républicaines à Roland Lescure pour sa réélection ». Dans ce même post, il poursuit en soulignant que cette « circonscription, c’est ma vie, ma famille, mes engagements associatifs et militants et je continuerai à servir sans relâche toutes les Françaises et les Français des États-Unis et du Canada ».
Roland Lescure, « un atout pour l’arc républicain »
Pour les partisans de l’ex majorité présidentielle, la victoire du candidat estampillé « Ensemble » est un « soulagement ». Ainsi Loïc, élu conseiller des Français de San-Francisco et membre de Territoires de Progrès, nous a partagé son opinion : « Roland Lescure sera certainement un atout pour l’arc républicain qu’il défendait dans sa campagne. Celle-ci dépassait déjà les clans partisans. »
Joint également pour connaître sa réaction, Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France, membre du Groupe socialiste et ancien élu consulaire au Canada, souhaite souligner la première place obtenue à l’Assemblée nationale par l’alliance qu’il soutenait. « Le Nouveau Front Populaire arrive en tête. Nous sommes la première force politique dans la nouvelle assemblée. Nous sommes prêts à gouverner sur la base de notre projet pour la justice sociale, fiscale et écologique. » nous a-t-il déclaré. Et pourtant, sans doute faudra-t-il composer avec d’autres formations politiques que celles réunies au sein du Nouveau Front populaire.
Pour Roland Lescure, “le travail continue”
Pour cela, dans ce nouveau Palais Bourbon élu ce 7 juillet, l’expérience parlementaire et ministérielle pourrait être une carte maîtresse non négligeable pour influencer les débats, et trouver des accords au-delà de sa propre famille idéologique. C’est ce que pense également Loïc. Pour lui, il est « heureux que les électeurs d’Amérique du Nord envoient une nouvelle fois un politique qui aura une voix importante en France. » Son passage par Bercy permettra-t-il à Roland Lescure d’être véritablement écouté sur les bancs de l’Assemblée ? Et, jusqu’à quel point pour faire, défaire et refaire des possibles coalitions qui naissent et disparaissent au gré des positions ou des vents de l’opinion ? Ce sont des interrogations qui trouveront des premiers éléments de réponse dans les prochains jours.
La tâche n’est pas des plus aisée, et le ministre du gouvernement Attal sera observé avec intérêt par tous les Français, expatriés ou non. Fort de son bagage politique et devant l’horizon incertain, peut-être en repensant à Nicolas Boileau qui écrivait : « sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage », Roland Lescure, après son succès électoral, a déclaré un laconique : « le travail continue ! »
Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve ce lundi 08 juillet pour un flash quotidien des expatriés spécial résultats élections législatives. Dans nos titres : Le RN termine 3ème – Renaissance s’impose chez les Français de l’étranger – Un été avec Gabriel Attal ?
Une assemblée ingouvernable ?
Les résultats, exceptionnels à bien des titres, de ces élections législatives anticipées, sont bien loin de clarifier le plateau politique comme l’aurait voulu le Chef de l’Etat. Il en ressort, selon les estimations des institutions, une assemblée ingouvernable mais avec un trio de tête loin des sondages de la semaine passée. Ainsi en première force politique, on retrouve le Nouveau Front populaire qui cumule entre 170 et 210 députés, suivi de l’ancienne majorité présidentielle qui résiste bien mieux que prévu avec de 150 et 175 élus. Ensuite, en troisième place, on retrouve le bloc du Rassemblement National et ses alliés qui obtiennent entre 130 et 160 sièges. Derrière, Les Républicains ne parviennent toujours pas à redresser la barre mais se maintiennent avec 50 parlementaires.
assemblée ingouvernable
Mobilisation et stabilité chez les Français de l’étranger
Le taux de participation est la bonne nouvelle, en effet, vous avez été très nombreux à voter que ce soit en ligne ou à l’urne. Face aux défis des extrêmes, les expatriés ont choisi la stabilité, ils se sont mobilisés pour soutenir les élus du bloc Ensemble ! tandis que dans la IXème c’est l’écologiste Karim Ben Cheïkh qui conserve son siège. La surprise c’est la défaite de Meyer Habib face à Caroline Yadan la candidate Renaissance dans la 8ème circonscription. L’analyse de la répartition des votes sera pertinente, à découvrir dans notre article demain. Pour autant, le député sortant invite à la prudence et demande qu’on attende le décompte exact.
Gabriel Attal va démissionner
Sans majorité claire, le Premier ministre n’était pas obligé de démissionner pourtant Gabriel Attal a annoncé hier soir qu’il présenterait sa démission à Emmanuel Macron ce lundi 08 juillet au matin. Ainsi, au cours des prochaines semaines, la France et les Français vont être sans gouvernement et ce alors que notre pays se prépare à recevoir le monde pour les JO. C’est désormais au Président de la République de nommer un nouveau Premier ministre qui pourrait réunir tout le monde à moins que le Chef de l’Etat ne la refuse.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés !