Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • Consulaires partielles en Inde et à Madagascar, une campagne difficile

    Consulaires partielles en Inde et à Madagascar, une campagne difficile

    Le 31 mai dernier, les élus consulaires ont achevé leur mandat avant même les élections. Jusqu’au 7 novembre, jour des élections consulaires partielles en Inde et à Madagascar, nos expatriés sont orphelins et n’ont officiellement plus de relais entre l’administration française et leur situation d’expatriés.

    Reportées deux fois en 2021 du fait de la pandémie, ces élections ont fait couler beaucoup d’encre. Elus comme électeurs ont reproché une organisation précipitée, et ont déploré l’absence de vote par voie électronique, en pleine crise sanitaire. Nous sommes allés à la rencontre des communautés françaises pour y prendre le pouls, à moins de quinze jours du vote. Toutes les conditions ont-elles été retenues pour la bonne tenue des élections ?

    Le vote électronique à la trappe ?

    Les réactions quant à l’abscence de vote électronique divergent sur beaucoup de points, et en fonction des pays. La distance, le nombre de Français dans la circonscription concernée, le taux de participation électoral moyen sont des données à prendre en compte dans ces élections.


    Dans ces circonscriptions géantes, imbriquées dans des pays aux réseaux routiers encore en développement, le vote électronique apparaissait comme une évidence. Alors pourquoi n’est-il pas utilisé ? Car l’administration des Français de l’étranger a omis de prévoir le cas de « partielles » dans le contrat cadre avec le prestataire de service. Un couac qui déplait, bien naturellement, aux défenseurs de la représentativité des Français établis hors de France.

    Des campagnes marquées par la crise sanitaire

    Comme pour les candidats au mois de mai, ceux qui se soumettent au vote dans quelques semaines voient leur campagne entravée par les mesures liées à la crise de la Covid-19.

    Pondichéry, le poids de l’histoire

    La crise sanitaire rend les campagnes très difficiles pour les candidats et élus sortants, comme en témoigne Franck Barthélémy, élu sortant de la seconde circonscription d’Inde, et de la liste « Ensemble en Asie. »

    « Cette campagne est encore plus dure aujourd’hui, car il faut se déplacer durant la crise sanitaire, et respecter toutes les consignes de déplacement. On organise des réunions Zoom pour informer les électeurs, mais tout le monde ne vit pas sur le même fuseau horaire en Inde. On écrit des mails mais on n’arrive pas à toucher tous les Français de ma circonscription. Pour les électeurs loin des urnes, on leur propose la procuration mais il faut se déplacer au consulat où à l’ambassade pour en bénéficier. Il faut également trouver un mandataire pour le 7 novembre, en pleines festivités…Compliqué ! Et on n’a pas forcément les gens de confiance. Je reconnais qu’ils essayent de faire au mieux sur le terrain, mais ce mieux aujourd’hui ne suffit pas pour certains électeurs. J’ai peur pour la participation mais j’espère me tromper ! En tant qu’élu je me demande si on n’aura pas moins de 10% de participation, serons-nous alors toujours représentatifs ? Tout le monde n’est pas sur Facebook, les locaux ont besoin de nous voir en présentiel pour répondre à leurs questions, on est des relais d’informations. »

    Prédibane Siva, élu sortant et candidat

    A Pondichéry, l’élu sortant Prédibane Siva de la liste « L’expérience au cœur des Français », témoigne également des nombreux obstacles qui se dressent devant les candidats pour tenir campagne. Elu de 2014 à 2021, il se présente pour la troisième fois, et a achevé comme les autres élus son mandat le 31 mai. Il tente désormais de faire tampon entre les électeurs et les différentes administrations de la circonscription d’Inde du Sud. Un territoire particulier par la sociologie des Français sur place. En effet, ce sont pour la plupart les héritiers des colons du temps du comptoir royal fondé par Louis XIV. Ils maitrisent peu la langue et nos usages républicains.

    Par conséquent, Prédibane Siva utilise « très peu internet », c’est un vote de proximité dans ce secteur comme il nous le déclare.

     « Il faut dire aux électeurs où voter car les infos du consulat sont en français pour les élections. Beaucoup d’entre eux ne parlent ni ne lisent le français… Personnellement, j’envoie des mails mais beaucoup vont dans les spams, je les envoie en français. En même temps je traduis et je l’envoie une nouvelle fois en taboul, et une seconde fois en anglais. C’est beaucoup de boulot. C’est ma 3ème campagne, la première était en 2020 puis en mai 2021, avant que les élections soient une nouvelle fois repoussées le 31 mai. J’essaye de faire sortir les gens pour ma campagne, j’envoie les mots clés susceptibles de les attirer, je leur fournis des masques, ainsi qu’un courrier postal en tamoul et d’autres courriers en langues locales à chaque électeur. Parfois le courrier revient. J’espère pouvoir faire sortir au minimum 1 500 électeurs sur 4 600, c’est peu. »

    Prédibane Siva, élu sortant et candidat

    Madagascar, une campagne de terrain

    A Madagascar, la tenue de la campagne est rendue difficile par plusieurs éléments. L’élu sortant Jean-Daniel Chaoui, de la liste « Français du Monde – Ecologie et solidarité à Madagascar » explique qu’internet n’est utilisé que par 17% des Malgaches, ce qui est loin d’être la majorité. La « fracture numérique » est trop importante pour ne pas avoir d’incidence sur un vote électronique. Cette fracture numérique s’accompagne d’une fracture sociale, nourrissant la différence entre les électorats et leur mode de vote, ce dont l’administration ne tient pas compte. Sur l’île, seulement 13 bureaux de vote seront ouverts, « ce qui limite la casse. On est dans une situation plus équitable, mais on perd les 5-6% de ceux qui allaient voter par l’électronique. » Il rappelle néanmoins qu’il utilise internet pour faire campagne, mais la majorité des échanges se font sur le terrain.

     « On se déplace. C’est compliqué sur l’ile, la compagnie aérienne locale est en train de déposer le bilan, un avion tous les 15 jours parcourt le pays. De plus, les frais de campagne sont à notre charge. »

    Jean-Daniel Chaoui, élu sortant et candidat

    Une participation qui s’annonce très limitée

    Sur l’absence de vote électronique, les avis sont mitigés. L’usage du vote à l’urne ou du vote électronique diffère en fonction de la ville et du pays, complexifiant d’autant plus la tenue des élections.

    Dans la circonscription de New Delhi, Franck Barthélémy atteste de l’importance du vote électronique, quand les autres options de vote sont limitées à certains électeurs. Tout d’abord, « avec la fête de Diwali (fêtes des lumières, ndlr), les électeurs ne seront pas là le jour du vote, car en congés pour les festivités. La communauté française en Inde profite très souvent de cette période pour voyager dans le pays. » Il y a également l’option de la procuration, un casse-tête pour les électeurs, qui doivent trouver un mandataire disponible durant les fêtes. De plus, un certain nombre d’électeurs « pensent que ces élections ne sont pas importantes (or il faut des élus pour présider les conseils consulaires). » L’élu sortant rappelle « qu’il n’y a pas d’aide de la part de l’administration française. Il n’y aura pas plus d’urnes, seul un bureau de vote supplémentaire dans la « banlieue » de New Delhi (à 2 heures de voiture) a été ouvert. Mais les 150-200 Français de New Delhi ne se déplaceront jamais, c’est 4 heures de trajet en voiture ! On n’a plus d’emprise française à Gurgaon, alors nos autorités consulaires ont installé un des bureaux de vote dans un hôtel Ibis. Il aura fallu l’autorisation des autorités locales et indiennes, ce qui a été très compliqué. »

    « Une négligence coupable« 

    Pour Pascal Chazot, ex-candidat de la liste d’union « Français du Monde – Europe Ecologie les Verts », rejeter la voie électronique est inadmissible.

    « Notre circonscription s’étend sur un immense territoire comparable à la taille de l’Europe entière », la voie électronique est salvatrice. Les électeurs concernés vivent en Inde (sauf Pondichéry), au Népal, au Bhoutan, au Bangladesh, au Sri Lanka et aux Maldives. »

    Pascal Chazot est formel :

     « La suppression du vote par internet » a été faite « à cause d’une négligence coupable de l’administration, et le refus de remettre en place le vote par correspondance. Cela ne laisse à nos compatriotes que la possibilité de voter à l’urne. Et il n’y a au total que 7 bureaux de vote sur toute l’étendue de notre circonscription, alors que l’Inde fait 6 fois la taille de la France. Nous n’avons que 4 bureaux de vote (hors Pondichéry), situés dans les grandes villes où nous avons un consulat ou une ambassade : Delhi, Bombay, Bangalore et Calcutta. Or, ces villes coûtent très cher (à Bombay les loyers sont plus élevés qu’à Paris) et seuls peuvent y vivre nos compatriotes les plus aisés. Nos concitoyens aux moyens plus modestes, ou ceux qui sont intégrés au pays, vivent pour la plupart dans des villes éloignées de plusieurs centaines de kilomètres de ces grands centres urbains. Or ce sont ces compatriotes modestes qui ont un véritable besoin d’élire une représentation démocratique pour défendre leurs intérêts.  Les Français vivant dans le Gujarat n’ont pas de bureau de vote dans cet Etat. Ils doivent voter à Bombay, situé à plus de 700 kilomètres de chez eux. »

    Pascal Chazot , élu sortant et ancien candidat

    Le vote semble impossible pour tous ces électeurs. L’ex-candidat explique que « le vote par procuration est possible, mais il n’est qu’un cataplasme sur une jambe de bois. Tout d’abord, la procuration doit être signée devant le Consul, ou le Consul doit se déplacer et venir collecter la signature. Un Consul qui administre seul un territoire grand comme au moins une ou deux fois la France, peut difficilement se rendre dans chaque petite ville, surtout en si peu de temps et dans le contexte de restrictions budgétaires et de diminution de personnel. » En clair, « l’absence de vote à distance dans notre circonscription prive de facto une grande proportion de nos compatriotes de leur capacité à voter, ce qui est une injustice flagrante et un acte anti démocratique. »

    Un retrait pour protester

    C’est donc un déni d’égalité, trahison du fondement même de notre République. Pour toutes ces raisons, Pascal Chazot a pris la décision de « se retirer officiellement afin de protester formellement contre cette injustice, cette inégalité et ce déni démocratique. La défense de valeurs éthiques et démocratiques fondamentales a primé sur le souhait d’être élu. De nombreux électeurs privés de leurs droits envisagent une action médiatique. » Sa liste d’union était la seule liste de gauche de notre circonscription.

    Toujours en Inde mais dans la circonscription de Pondichéry, Prédibane Siva ne s’indigne pas de l’absence de vote par voie électronique.

    « Ici personne ne vote ainsi. Les originaires de Pondichéry ont des difficultés avec Internet, tandis que les Occidentaux ne s’intéressent pas forcément aux élections. De plus, nous allons entrer dans une période de festivités couplées aux vacances scolaires. Ceux en France peuvent voter électroniquement mais reçoivent un code en indien sur leur téléphone indien, ils n’ouvrent pas le message. Nous n’avons pas beaucoup d’expatriés comparé à d’autres circonscriptions, ils sont assez âgés (anciens combattants, militaires), leurs enfants et petits-enfants sont en France. Ils ne parlent ni ne lisent le français, mais les langues locales (le télougou, le tamoul). » Or à son poste, « il faut nécessairement parler tamoul et anglais pour converser avec le peuple. C’est spécifique à Pondichéry. C’est compliqué même pour les réunions, on y écrit en langues locales. Mais les électeurs sont très intéressés par les élections, car celles-ci les concernent particulièrement, ils se sentent très Français et ont pour tradition de venir voter à l’urne. Comme la plupart des électeurs ne parlent pas français, nous utilisons un symbole pour voter. Par exemple, pour notre équipe, nous utilisons l’arbre. » Il a lui-même favorisé le vote à l’urne, ainsi que la tenue des élections pour le 7 novembre, malgré la période de fêtes. L’année 2022 sera déjà bien remplie avec plusieurs élections, et il ne voulait pas en rajouter d’autres. Le budget nécessaire pour mettre en place le vote électronique a également motivé sa décision, trop chère à ses yeux. De plus, « beaucoup de conseillers attendent nos élections pour organiser l’assemblée de l’AFE et déterminer le budget 2022. Cela inclut les bourses de commissions scolaires, très attendues par nos électeurs. On attend la fin de l’élection pour faire les commissions de bourses et secours, qui sont bloquées cette année. Je dois donc préparer cette élection et celle de l’AFE. »

    Prédibane Siva, élu sortant et candidat

    Élections sous haute tension

    Des élections sous haute tension, aux multiples enjeux et dont les conditions complexifient grandement le travail des candidats et des élus sortants. A désormais 15 jours du vote, tous se tiennent prêts mais ont conscience que nombre d’électeurs ne se déplaceront pas. Le vote par voie électronique reste un sujet de discussion houleux, tant pour les futurs élus que les électeurs.

  • La France débloque 650 millions d’euros dans la santé numérique

    La France débloque 650 millions d’euros dans la santé numérique

    Le ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, a annoncé lundi 18 octobre un plan d’investissement de 650 millions d’euros, répartis en cinq axes, pour accélérer sa stratégie du numérique en santé, dans le cadre du plan innovation santé 2030. 

    Rapprocher les patients du système de santé

    « Les dispositifs médicaux numériques ne sont pas des gadgets ou une simple tendance vaguement futuriste. Ils sont l’avenir de notre système de soins et les moteurs d’une triple ambition : anticiper, prévenir, traiter », a déclaré Olivier Véran lundi soir (18 octobre) à Station F à Paris. 

    Le ministre de la Santé était entouré de la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal, de la ministre déléguée en charge de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, et du secrétaire d’État chargé du Numérique Cédric O. 

    « Le numérique en santé ne se substitue en aucun cas à la médecine humaine et au face-à-face avec un professionnel de santé. Au contraire, le numérique en santé permet de rapprocher les patients de notre système de santé », a précisé M. Véran. 

    Pour développer le digital en santé, la stratégie s’articulera autour de cinq axes. Pour le cabinet du ministre, il s’agit d’un réel « tournant » pour le secteur médical, une véritable « arme » pour diversifier l’offre de soins. 

    La majeure partie du budget de l’État, 202 millions d’euros, sera dédiée à l’émergence d’un leadership français en matière de recherche et d’innovation. Numérique pour la prévention, téléconsultations, robotique chirurgicale, dispositifs médicaux basés sur l’intelligence artificielle… Les ambitions de la stratégie du numérique en santé en termes d’innovation couvrent de nombreux domaines.

    « La France a tous les atouts pour être leader de la santé numérique et à l’heure où l’on entend des discours nostalgiques, voire déclinistes, sur la grandeur supposée perdue de notre pays, je crois qu’il y a dans le numérique en santé une occasion en or de retrouver le goût des conquêtes, pour faire rayonner notre savoir partout dans le monde », a déclaré le ministre à Station F lundi.

    Le deuxième plus gros investissement, 168 millions d’euros, servira au financement de programmes d’expérimentations afin de tester les innovations des services numériques de santé sur le terrain, c’est-à-dire dans des structures médicales. 

    « Une difficulté récurrente et importante des projets en santé numérique est le passage de la conception d’un prototype à un produit éprouvé dans des conditions réelles », constate le gouvernement dans un communiqué de presse.  

    Evaluations cliniques

    À cela s’ajoute la réalisation d’évaluations cliniques, « dans le respect des démarches de qualité et réglementaires indispensables aux dispositifs médicaux », afin d’obtenir des marquages comme le CE qui prouve que le produit répond aux exigences européennes en matière de sécurité, de santé et d’environnement. 

    81 millions d’euros seront ensuite consacrés à la formation des professionnels de la santé afin qu’ils puissent développer les compétences nécessaires pour répondre de façon efficace à la digitalisation de leur secteur. Les patients seront également formés afin de lutter contre la fracture numérique. 

    « Parler numérique en santé, cela peut faire craindre une médecine déshumanisée où chaque patient serait laissé seul avec les nouvelles technologies », a expliqué Olivier Véran.

    Le gouvernement prévoit également le lancement de programmes et équipements prioritaires de recherche exploratoires (PEPR) afin de concentrer les efforts des scientifiques dans le but de « positionner la France comme leader dans ses innovations du futur », peut-on lire dans le communiqué de presse. Au total, 60 millions d’euros supplémentaires seront consacrés à l’innovation scientifique. 

    Enfin, la dernière partie du budget, 35 millions d’euros, servira au déploiement « à grande échelle » du numérique en santé en France puis à l’international. Pour suivre le développement du secteur et son attractivité, un baromètre de la santé numérique sera publié courant 2022. 

    Les fonds restants, une centaine de millions d’euros, seront versés aux projets retenus dans le cadre de « Santé Numérique » début 2022. 

  • Fescapo : l’Afrique en travelling sur TV5MONDEplus

    Fescapo : l’Afrique en travelling sur TV5MONDEplus

    Pour finir le mois, TV5MONDEplus, la plateforme francophone 100% gratuite et accessible du monde entier, vous propose une immersion en Afrique à l’occasion du FESPACO.

    Le Fespaco, kezaco ?

    Initialement prévue du 27 février au 6 mars, l’édition 2021 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a été repoussée pour se tenir du 16 au 23 octobre, en raison de la pandémie de coronavirus dont une deuxième vague frappait le pays. Des films événements, des innovations et des personnalités venues de tous les horizons géographiques et artistiques… Le programme de la 27e édition du Fespaco promet beaucoup !

    Et TV5MONDE, partenaire du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Burkina Faso), propose en octobre sur sa plateforme TV5MONDEplus une sélection de 6 programmes en compétition lors de cette édition 2021. Tour d’horizon de ce palmarès !

    6 programmes pour découvrir l’art cinématographique africain

    Bendskins

    Drame – 89’

    Réalisation : Narcisse Wandji (Cameroun, 2021).

    Avec : Danilo Melande (Sani), Merveille Akamba (Marie), Christian Aliguena (Hawa)…

    À Yaoundé, pour échapper au chômage, beaucoup de jeunes Camerounais gagnent leur vie en tant que conducteurs de mototaxis ou, plus trivialement, de « bendskins ». Ce film propose une immersion dans le quotidien de trois d’entre eux : Sani, Marie et Franck.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Tabaski

    Comédie dramatique 26’

    Réalisation : Laurence Attali (France/Sénégal, 2019).

    Avec : Camara Guèye (le peintre), Éric Torres (le berger), Kya Loum (la chanteuse)…

    Dakar, à quelques jours de la fête de Tabaski, un peintre travaille sur le thème du sacrifice rituel du bélier. La peinture rouge coule des esquisses suspendues à des cordes à linge. Trois personnages et un mouton gravitent autour de lui et le raccrochent à la réalité.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Garderie nocturne

    Documentaire 70’

    Réalisation : Moumouni Sanou (Burkina Faso, 2019).

    Bobo-Dioulasso, dans un quartier populaire. Chaque soir, à l’heure où ferment les garderies classiques, Maman Coda accueille les enfants des prostituées. Elles ne les récupèreront qu’au lever du jour. Mais à plus de 80 ans, Mme Coda commence à fatiguer…

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Valdiodio N’Diaye, un procès pour l’Histoire

    Documentaire 90’

    Réalisation : Amina N’Diaye Leclerc (Sénégal, 2021).

    1962. Valdiodio N’Diaye, héros de l’indépendance du Sénégal, est injustement accusé d’avoir fomenté un coup d’État avec le président du conseil, Mamadou Dia. Des témoins directs reviennent sur une procédure orchestrée par le président Senghor, aidé par la France.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Voyage de rêve

    Série Comédie – 26×26’

    Réalisation : Fidèle Koffi, Marina Niava Imboua, Angela Aquereburu, Roger Simonsz (Côte d’ivoire/France-Guadeloupe 2020).

    À quelques heures du « Voyage de rêve » qu’il organise, Sea Dangah découvre l’état de délabrement du véhicule qui devrait transporter ses clients. Catastrophé, il abandonne ses responsabilités à son apprenti, Bruno Koné. Débute une odyssée rocambolesque !

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Les contes de Raya

    Jeunesse 16×9’

    Raya adore lire. Son livre préféré ? Il est magique : il s’anime lorsqu’elle tourne les pages. Grâce à lui, elle part à la découverte de l’Afrique, de ses cultures et de ses légendes.

    https://www.tv5mondeplus.com/login

    Découvrez le cinéma et la télévision du continent africain gratuitement

    TV5mondeCréer un compte
    TV5mondeplus Créer un compte gratuitement

  • 4 policières accusées de non-assistance sur un Français mort en Belgique

    4 policières accusées de non-assistance sur un Français mort en Belgique

    Le 16 juillet 2016 à 13 h 40, Simon Bachelet, 26 ans, s’est éteint à l’hôpital Jolimont de Warquignies en Belgique, après avoir passé la nuit au poste de police. L’autopsie conclura à une mort par overdose, le jeune Français ayant absorbé des substances illicites durant la soirée dans un festival belge précédant son décès.

    Non-assistance à personne en danger

    Mais un peu plus de cinq ans après les faits, on apprend aujourd’hui que la chambre du conseil du tribunal de première instance du Hainaut, division Tournai, a finalement décidé de renvoyer quatre policières devant le tribunal correctionnel, du chef de non-assistance à personne en danger. Une première victoire pour Maître Mayence, qui représente la famille de la victime, partie civile, alors que le ministère public plaidait le non-lieu à l’égard des policières impliquées dans ce qui se rapproche d’une affaire Chovanec bis. Contacté par nos soins, Maître Mayence n’a pas souhaité commenter le dossier à ce stade.

    Simon Bachelet avait pourtant un avenir bien tracé devant lui. Originaire de Saint-Chamassy, un petit village français au plein cœur de la Dordogne, le jeune homme, guitariste à ses heures perdues, avait migré en 2015 pour le nord de la France, à Lille, pour intégrer l’équipe de Décathlon France en tant qu’ingénieur tests. Avec quelques amis, il avait acheté un pass pour le festival de Dour.

    LSD trop fortement dosé

    Et alors que la fête battait son plein, Simon et deux de ses amis ont été abordés, le vendredi 15 juillet vers 23 h 30, par un dealer qui leur a vendu à chacun un buvard de LSD, une drogue dont ne trouvera pourtant trace dans le sang et les urines de Simon. Une sorte de timbre imprégné de LSD que Simon placera sur sa langue. « On s’est rendu compte immédiatement que la dose était trop forte et qu’on aurait dû la couper, confiera un ami de Simon. J’ai recraché le buvard. Pas Simon. Il fumait occasionnellement des joints mais n’était pas habitué au LSD. » 

    Après quelques minutes, Simon commencera à délirer. « Il deviendra incontrôlable et ingérable, dira un ami. Il a disparu vers 0 h 45. » Vers 2 h 30, Simon sera aperçu, nu avec un simple T-shirt, courant sur le site du festival. C’est à ce moment qu’il sera intercepté par les services de sécurité du festival qui décideront d’appeler les forces de l’ordre. Interpellé administrativement à 2 h 54, Simon sera conduit dans la foulée, menotté, au commissariat où il sera placé, à 3 h 01, en cellule, sous vidéo-surveillance.

    Délire psychotique en cellule

    Dans les minutes qui suivirent sa mise sous écrou, Simon poursuivra son délire psychotique, restera très agité, plongera sa tête dans la cuvette des toilettes dont il ira jusqu’à boire l’eau, frappera à plusieurs reprises contre les murs et la porte de sa cellule avec ses bras et sa tête, hurlant des propos incohérents. Sans que les deux policières chargées de sa surveillance et que nous appellerons Julie et Sarah ne pensent à intervenir. « Il était vêtu uniquement d’un T-shirt qu’il a mis dans les toilettes du cachot. Il était déchaîné , expliquera Julie, auditionnée par le juge d’instruction. […] Il a ensuite mis sa tête dans les toilettes comme s’il essayait de sortir des toilettes. C’est ce que j’ai dit à ma collègue. Et cela nous a fait sourire. » 

    « Il se tapait un peu partout dans le cachot. […] Tant qu’il était comme ça, il n’y avait pas grand-chose à faire. Il fallait attendre qu’il se calme. […] Il hurlait, je ne comprenais pas ce qu’il hurlait. […] Après quelques heures à continuer son délire, il a fini doucement par se calmer. Il a fini par s’allonger sur le lit. J’ai vu sa jambe tendue contre le bord du lit et je voyais sa jambe trembler. » 

    Une des policières mises en accusation devant le juge

    Pas de soutien médical

    Il est alors 5 h et, étonnamment, aucun médecin n’a encore été appelé pour l’ausculter. Julie avise alors sa supérieure hiérarchique, la commissaire X, qui envoie un policier fédéral s’enquérir de l’état de Simon. « Je l’ai vu toucher le pied et la personne et, après, il est reparti. » 

    Au moment de quitter son service à 6 h, Simon était toujours allongé sur le lit. 

    « On voyait qu’il respirait fort. Pour moi, il n’avait pas l’air bien et, en même temps, je ne suis pas médecin. […] À la fin de mon service, on pouvait distinguer des hématomes un peu partout sur son corps mais qui n’étaient pas présents au début de sa détention. D’après moi, ces hématomes proviennent du fait qu’il s’est tapé un peu partout dans la cellule durant plusieurs heures. » 

    Une des policières mises en accusation devant le juge

    Auditionnée à son tour, la policière Sarah expliquera qu’à son arrivée en cellule, Simon était « agité mais cependant pas agressif. […] Il était complètement dans un délire car il prenait l’eau des WC et la buvait. […] On a demandé à la commissaire X d’aller voir s’il était possible de calmer le jeu. […] Il a commencé à dormir vers 4 h-4 h 30 (NdlR : 4 h 55 selon les images des caméras de surveillance). Et comme je ne sais pas utiliser le système de caméra, j’ai utilisé mon propre GSM pour filmer son attitude pour la montrer à X. Comme elle était fort occupée et qu’elle n’a pas eu l’occasion de le voir, j’ai filmé l’écran pour lui montrer plus tard. » 

    Vers 5 h 50, les commissaires X et Y, responsables hiérarchiques cette nuit-là, se rendent sur les lieux pour vérifier l’état de Simon. 

    « Il avait les deux yeux ouverts, il était calme, il respirait normalementJe lui ai demandé s’il allait bien. Il n’a pas prononcé un mot mais plutôt un acquiescement muet. Comme il semblait se reposer, nous sommes sorties et nous avons vaqué à nos occupations. […] Son état ne nous a pas semblé anormal et nous n’avons décelé aucun signe de danger lors de notre entrevue. » 

    Une des commissaires mise en accusation devant le jufe

    Une déclaration qui ne corrobore pas avec les images des caméras de surveillance qui montrent que Simon respirait anormalement rapidement dès 5 h 38. Or, ce n’est finalement que vers 6 h 24, alors que le jeune homme avait chuté de son lit, « avait les yeux ouverts et émettait des sons inquiétants » , que les commissaires X et Y consentiront enfin à faire appel au service médical. Qui, après avoir stabilisé le jeune homme, l’évacuera, intubé, vers l’hôpital de Warquignies sur les coups de 7 h. Il y décédera à 13 h 40.

    Dans ses conclusions, la chambre du conseil estime qu’il « ressort clairement du dossier répressif et de l’ensemble des témoins que monsieur Bachelet était en danger. […] Son attitude et sa détresse durant sa détention ont consisté en un péril grave pour son intégrité physique. Le péril était réel et actuel, sa mise en danger était plus que sérieuse et le péril était grave. Son comportement fautif n’exclut pas qu’une aide lui soit prodiguée. Monsieur Bachelet a été jeté en cellule sans le moindre soin alors qu’il était visiblement sous l’influence de produits stupéfiants et qu’il se portait des coups sans pouvoir se maîtriser. » 

    En résumé, estime la chambre du conseil, les quatre policières aujourd’hui renvoyées en correctionnelle auraient dû demander l’intervention d’un médecin et qu’elles ont failli à leur tâche d’assurer la sécurité de Simon« Les images des caméras, le comportement de monsieur Bachelet, ses appels, sa détresse sont tels que les inculpées n’ont pu que se rendre compte du danger [qu’il encourait]. » 

    Le dealer qui a fourni le LSD à Simon devra quant à lui répondre de détention et vente de produits illicites ayant entraîné la mort du jeune Français.

    Simon Bachelet

    Le récit des dernières heures de Simon Bachelet (rapporté par le journal La Libre)

    Il aura fallu 3 h 23 pour qu’un médecin soit enfin appelé pour ausculter Simon.

    Depuis son arrivée au commissariat et jusqu’à son départ en ambulance, Simon Bachelet n’a jamais disparu des caméras de surveillance. L’analyse des vidéos ne laisse planer aucun doute sur l’état délirant du jeune Français. Nous sommes parvenus à nous en procurer le procès-verbal. Voici le compte-rendu des faits, minute par minute.

    3 h 01 : Simon est placé en cellule, en présence de 3 puis 5 policiers qui, en le traînant, cognent sa tête contre le lit du cachot. Il ne porte sur lui qu’un t-shirt. Pas de pantalon ni sous-vêtement. Les policiers lui retirent ses menottes. Simon se débat. Un policier lui apporte un caleçon qu’il ne met pas.

    3 h 03 : Les policiers quittent la cellule. L’un d’eux marche sur Simon. Le jeune homme se relève puis frappe la porte de la cellule avec ses mains. Il le fera de nombreuses fois par la suite. Il enlève son t-shirt et l’on constate des rougeurs sur son épaule et son genou. Il se couche, s’assied, se lève, tombe.

    3 h 05 : Il plonge sa tête dans les toilettes du cachot et s’asperge le visage. Il est agité, glisse et tombe.

    3 h 15 : Il tape à plusieurs reprises la porte avec ses poings et crie à nouveau.

    3 h 19 : Il chute puis frappe à nouveau violemment la porte avec son poing.

    3 h 30 : Il frappe la caméra.

    3 h 32 : Il frappe très violemment contre la porte de la cellule, d’abord avec son poing, ensuite avec ses deux mains. Deux marques sont visibles sur le bras droit.

    3 h 34 : Il chute au sol en arrière puis se cogne la tête contre le W.-C. Il continue à être agité mais ses mouvements sont plus lents.

    4 h 23 : Des traces rougeâtres apparaissent sur son visage.

    4 h 39 : Debout, il vacille, s’appuie sur le W.-C. puis sur se redresse. Il semble perdre l’équilibre et est plus ralenti dans ses mouvements.

    4 h 47 : Il se recroqueville et a visiblement du mal à tenir la position debout. Il parvient à se redresser mais présente des troubles de l’équilibre.

    4 h 53 : Assis sur son lit, il tombe vers l’arrière. Il se couche et respire fort. Il continue à bouger ses jambes et ses pieds. Par moments, les mouvements de poitrine semblent s’arrêter (apnée).

    5 h 03 : Sa jambe gauche tremble. Sa respiration s’accélère puis se calme.

    5 h 04 : Une personne rentre dans la cellule. Cette personne lui touche la jambe en la tapotant. Pas de réaction de la part de Simon.

    5 h 25 : Il bouge plus fort ses bras et ses jambes pendant un bref instant puis reprend sa position.

    5 h 26 : Sa respiration commence à être saccadée. Les mouvements de respiration sont plus secs et irréguliers.

    5 h 38 : Les mouvements du corps sont plus saccadés. Il a des petites secousses et sa respiration s’accélère.

    6 h 04 : Il présente des mouvements du corps qui font penser à des secousses.

    6 h 09 : Des spasmes violents provoquent un déplacement de la victime vers le bord du lit.

    6 h 21 : Suite à de multiples convulsions, la victime tombe du lit. Les convulsions se poursuivent.

    6 h 24 : Les commissaires X et Y entrent dans la cellule. Un médecin est appelé.

  • Un Niçois accusé de meurtre en prison aux Seychelles

    Un Niçois accusé de meurtre en prison aux Seychelles

    C’est une lettre adressée à ses amis, écrite dans la cellule d’une prison des Seychelles, un cri d’innocence. Incarcéré depuis le 5 mai, Thomas Debatisse, un Français âgé de 34 ans, est soupçonné du meurtre d’Emmanuelle, la jeune femme de 32 ans qui partageait sa vie. « On m’a volé mon deuil, sali mon nom et empêché de rendre un dernier hommage, entouré de mes proches, à ma compagne, c’est une douleur insupportable et permanente », écrit-il dans ce courrier daté du 12 septembre, où il s’affirme « détenu sans aucune preuve » et « impuissant ».

    Pendue dans la salle de bain

    Que s’est-il passé le 27 avril dernier au Club Med de l’île Saint-Anne, sur l’archipel des Seychelles? Ce jour-là, en vacances avec sa compagne Emmanuelle Badibanga, Thomas Debatisse, street artiste connu sous le pseudonyme d’Otom, la retrouve pendue dans la salle de bains de leur chambre d’hôtel. Malgré les tentatives de réanimation, rien n’y fait, la trentenaire succombe à ses blessures.

    La situation va vite s’obscurcir pour ce Niçois de 34 ans. Selon l’enquête des autorités locales et après autopsie du corps, la victime ne serait pas morte d’une pendaison mais d’une strangulation et Thomas Debatisse est placé en prison le 5 mai, où il se trouve depuis maintenant six mois pour ce qui serait en réalité un meurtre déguisé en suicide. Selon la justice seychelloise et l’article 194 de son Code pénal, il risque la prison à vie.

    Contre-autopsie

    En parallèle de l’enquête locale, une autopsie menée en France après le rapatriement du corps vient contredire les conclusions des Seychelles. « Selon les examens effectués lors de l’autopsie en France, les éléments sont en faveur d’une pendaison et pas d’une strangulation », souligne ainsi Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice. Le rapport ne fait pas non plus état de coups et écarte des violences.

    A cela, il faut rajouter d’autres éléments qui pourraient innocenter Thomas Debatisse, listés auprès de BFMTV par Richard Sédillot, l’avocat de l’artiste.

    « En retrouvant les témoins, en examinant les films et les caméras de surveillance, il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’il ne pouvait pas se trouver dans la chambre où le drame est intervenu à l’heure du décès », explique-t-il.

    Thomas Debatisse dans un courrier à sa famille

    De son côté, l’avocat de la famille de la jeune femme rappelle uniquement qu’une enquête est en cours.

    « Une douleur insupportable »

    Depuis sa cellule, Thomas Debatisse a écrit une lettre à sa famille et ses amis dans laquelle il clame son innocence et décrit la situation et l’état d’esprit dans lesquels il se trouve.

    « On m’a volé mon deuil, sali mon nom et empêché de rendre un dernier hommage, entouré de mes proches, à ma compagne. C’est une douleur insupportable et permanente »

    Thomas Debatisse dans un courrier à sa famille
    Thomas Debatisse

    Même sentiment pour l’artiste Brian Caddy, qui a raconté à 20 Minutes sa relation avec le prévenu. Il assure ne pas croire à un coup de folie.

    « Ça fait 15 ans que je peins avec lui, que je le côtoie, il a toujours tout fait pour partager dans l’art, pour rassembler, pour transmettre énormément d’amour. Et là, il aurait tué la femme qui partageait sa vie depuis plus d’un an et avec qui il avait énormément de projets ? »

    Brian Caddy

    En juin dernier, 20 Minutes expliquait que la police seychelloise pourrait également être sur la piste d’un second suspect, une information qui n’avait pas été confirmée par le procureur de la République de Nice. Comme souligné par Le Parisien, Thomas Debatisse, récemment transféré dans le centre de détention principal du pays, attend désormais la fin de l’enquête seychelloise et un renvoi devant le tribunal.

    S’il est condamné, il pourra demander une mesure de transfèrement afin de faire la peine selon le code pénal français.

  • La Chine ou la malédiction « is no good »

    La Chine ou la malédiction « is no good »

    La Chine s’est donnée pour objectif d’occuper la place de première puissance mondiale dans les prochaines années, en détrônant sans coup férir les États-Unis. Dans les années 1980, le Japon a pu, un temps, espérer occuper cette place avant de connaître trente ans de stagnation qui ont ruiné ses espoirs. La Chine pourrait imiter son rival asiatique en étant frappée par les mêmes maux.

    Dans les prochaines années, le vieillissement de la population chinoise ralentira sa croissance. Le secteur public risque d’être appelé à l’aide de plus en plus fréquemment pour éponger les pertes du secteur privé. L’interventionnisme public conduira à une politique monétaire expansionniste favorisant la constitution de bulles spéculatives sur les actifs. L’épargne abondante sera orientée vers les collectivités publiques en lieu et place du privé.

    Déclin démographique, perte de croissance

    Depuis 2012, la croissance chinoise s’érode, passant de 10 à 5 %, en parallèle à la baisse des gains de productivité. La progression de l’investissement des entreprises a disparu. Les exportations qui ont joué un rôle clef dans l’expansion du pays sont de moins en moins dynamiques. En 2007, les exportations représentaient 45 % du PIB. En 2019, ce ratio était de 19 %. L’économie chinoise se normalise à une vitesse aussi rapide que celle qu’elle a connue pour sortir du sous-développement.

    Comme le Japon, elle doit faire face à un vieillissement démographique important. La population active est en déclin depuis 2016, la baisse atteignant plus de 0,5 % par an. Le Japon connait ce phénomène depuis 1998, le recul de la population active atteignant, en 2020, plus de 1 % par an. Une population de plus en plus âgée s’accompagne traditionnellement d’un recul de la productivité. En retenant ces deux critères, Patrick Artus, chef directeur de la recherche et des études de Natixis, estime que la croissance potentielle de la Chine devrait rapidement se situer entre 2 et 2,5 %.

    La hausse de la dette publique assèche l’épargne

    La ville de Pékin.

    Comme le Japon dans les années 1980, la demande chinoise a été soutenue depuis 20 ans par la hausse de l’endettement du secteur privé qui est passé de 75 à 230 % du PIB. Au Japon, cette dette a culminé à 220 % du PIB en 1992, avant de revenir à 150 % du PIB en 2016. Depuis, elle est repassée au-dessus de 180 %. Quand l’endettement privé augmente, la consommation s’étiole obligeant à un soutien public qui aboutit inévitablement à une hausse de l’endettement public. Celui-ci capte alors une part croissante de l’épargne intérieure.

    Si pendant des années, la dette publique chinoise fut faible, elle progresse depuis 2015 pour dépasser désormais 80 % du PIB. Les collectivités locales et les structures parapubliques sont responsables de son doublement en moins de dix ans. Au Japon, la dette publique est passée de 90 à 240 % du PIB de 1995 à 2020. Trois cycles de forte progression ont été constatés, entre 1995 et 1997, entre 2007 et 2009, enfin depuis 2020.

    En Chine, les dépenses publiques prennent une part plus importante dans la croissance. Elles augmentent désormais de plus de 6 % par an contre 2,5 % à la fin des années 1990. Si jusqu’à maintenant, les autorités chinoises ont utilisé les politiques monétaires expansionnistes avec parcimonie, il pourrait en être tout différemment dans le futur. La forte hausse de l’endettement public et les difficultés que rencontrent certains secteurs d’activité, dont l’immobilier, risquent de contraindre la Banque centrale à maintenir des taux bas comme le fait celle du Japon depuis des décennies.

    Le prix de l’immobilier multiplié par sept

    Les taux d’intérêt en Chine sont orientés à la baisse comme ceux des pays occidentaux, les autorités monétaires rencontrant les mêmes problèmes pour les remonter même en période d’expansion. La Chine doit également faire face à des hausses anormales des prix des actifs. Depuis 1995, le prix de l’immobilier y a été multiplié par sept. Certes, cette hausse est la conséquence de l’enrichissement du pays mais ce dernier n’échappe pas à un processus spéculatif facilité par l’augmentation des liquidités disponibles.

    Dans une moindre mesure, il en est de même pour les marchés «actions». La Chine pourrait être confrontée à un effet d’éviction, l’épargne étant de plus en plus destinée à financer des déficits publics en lieu et place des investissements privés. Cette situation prévaut déjà au Japon, pays dans lequel les profits des entreprises sont supérieurs à leurs investissements (le taux d’autofinancement est nettement supérieur à 100 %). Les entreprises comme les ménages contribuent par leur épargne au financement des structures publiques. L’investissement hors construction est passé de 20 à 14 % du PIB de 2005 à 2020. Celui dans la construction a atteint l’année dernière 35 % du PIB contre 23 % en 1995. Les dépenses en bâtiments et en infrastructures publiques prennent le pas sur les investissements privés.

    Cette allocation de l’épargne est porteuse de gaspillages à travers la réalisation d’équipements peu utiles. Pour contrecarrer l’affaiblissement de la croissance, le gouvernement chinois tend à devenir de plus en plus interventionniste en régulant notamment le secteur du numérique.

  • La contribution de la France à l’UE votée

    A l’approche de la présidence française de l’Union européenne, l’Assemblée nationale a adopté lundi dernier la contribution du pays au budget de l’UE pour 2022. Avec une participation de 26,4 milliards d’euros, elle apparait comme très élevée depuis la crise sanitaire et le Brexit.

    Si la député LR Marie-Christine Dalloz, a noté le bond de 25% de la contribution par rapport à l’an dernier, elle a aussi reconnu le soutien « utile » de l’Union Européenne pendant la crise sanitaire et depuis la relance.

    Pour sa part, Clémeant Beaune, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, s’est félicité que « depuis un an, le choix d’une réponse budgétaire commune et ambitieuse porté par la France a été validé et mis en oeuvre ». Il fait ici référence au plan de relance européen post-Covid de 750 milliards d’euros, pour lequel la France est la troisième bénéficiaire avec 40 milliards d’euros, dont 5,1 déjà décaissés. Nous précèdent l’Italie et l’Espagne.

    Deputies during the weekly session of questions to the government at the national Assembly. Paris-FRANCE-26/05/2020//01JACQUESWITT_choix006/2005261618/Credit:Jacques Witt/SIPA/2005261623

    Mais des inquiétudes persistent en France

    Le rapporteur général Laurent Saint-Martin (LREM) s’est, pour sa part, inquiété pour l’avenir des règles budgétaires communes. « Le pacte de stabilité a montré ses limites » dès avant la crise, a-t-il souligné. Il plaide donc pour des règles permettant d’ « encourager l’investissement ».

    Les députés socialistes, par la voix de Lamia El Aaraje, ont aussi soutenu un assouplissement « durable » des règles européennes. Ce sera l’un des enjeux de la présidence française de l’UE, au premier semestre 2022, alors que le débat est ouvert en Allemagne dans le cadre de la formation du futur gouvernement.

    Pour éviter un effondrement économique dans le contexte de pandémie, l’Union européenne avait mis de côté temporairement le « pacte de stabilité ». Ce dernier limite les déficits publics à 3% et la dette à 60% du produit intérieur brut (PIB). Avec le retour de la croissance, se pose la question de sa remise en place.

    Seuls les élus communistes et LFI n’ont pas voté en faveur du prélèvement au profit de l’UE, dénonçant « une Europe libérale » synonyme de « rigueur ». « Dire qu’on est aujourd’hui encore dans l’Europe de l’austérité, ce n’est pas sérieux », leur a rétorqué M. Beaune.

  • La nouvelle carte nationale d’identité

    La nouvelle Carte nationale d’identité (CNI) est distribuée depuis le lundi 2 août en France et dans les postes diplomatiques. Plus petite, elle contient aussi plus d’informations que la précédente. Son déploiement avait commencé au mois de mars dans les départements de l’Oise et de La Réunion avant de s’étendre progressivement dans de nombreuses régions de la métropole, ainsi qu’en Outre-Mer.

    Mais qu’est-ce qui change concrètement, du document au format peu commun qu’il était parfois si difficile de glisser dans un portefeuille ? La taille justement… Mais pas uniquement. La carte sera également dotée d’une puce électronique et d’un QR code en mesure de fournir des éléments plus complets de votre identité, notamment des données biométriques.

    Format carte de crédit

    Celles et ceux qui ont passé leur permis de conduire après septembre 2013 ne devraient pas être trop chamboulés. La carte d’identité est réduite, et prend désormais la forme des permis de conduire lancés il y a presque huit ans : celle de n’importe quelle carte bancaire. A priori, la glisser dans son portefeuille ne devrait plus poser de problème. Attention néanmoins à ne pas la confondre avec les cartes de crédit ou de fidélité…

    Le format de la carte d’identité n’avait plus changé depuis 1995, lorsque le document plastifié que nombre d’entre nous ont encore sans doute en leur possession, aux dimensions 105 × 74 mm, et aux teintes bleues et vertes, avait été généralisé. Avant 1995, il s’agissait d’un papier cartonné encore plus encombrant : 149 mm × 119 mm.

    Biométrie

    Autre nouveauté de la carte d’identité, la présence au dos d’une puce électronique. La puce contiendra toutes les informations déjà présentes sur la carte – à savoir prénoms / noms / sexe / nationalité / date et lieu de naissance / taille / adresse / dates de délivrance et d’expiration du document / numéro du document – mais également les données biométriques du titulaire. En effet, la photo et les empreintes digitales seront intégrées.

    Le QR code, également nouvel arrivé sur le document, permettra à ceux qui y auront accès de trouver, en plus des informations de la carte, une signature, le CEV (cachet électronique visible). Un gage d’authenticité du document qui doit faciliter les relations avec les autorirés des autres pays.

    Internationalisation

    La nouvelle carte d’identité est aussi marquée par l’arrivée de la langue anglaise. Rassurez-vous, les renseignements seront bien écrits en français, mais juste à côté, les termes seront également traduits en anglais. Par exemple : NOM / Surname. Une mesure prise pour faciliter les contrôles d’identité lors de voyages à l’étranger, la carte permettant notamment de se déplacer au sein de l’Union européenne.

    Un affichage « bilingue » qui n’est cependant pas du goût de tout le monde. Lors de l’annonce du changement de modèle de carte d’identité, en mars dernier, le sujet avait fait débat sur internet et parmi les élus politiques.

    Faire renouveler sa carte ?

    Comme les cartes précédentes, la nouvelle carte d’identité n’est pas obligatoire. Elle reste cependant demandée la plupart du temps pour effectuer diverses démarches administratives. Si votre carte actuelle n’est pas expirée, alors elle reste valide. Nul besoin de demander la nouvelle carte.

    Si vous avez besoin de la renouveler, c’est gratuit ! Excepté si vous avez égaré ou que vous vous êtes fait voler votre carte précédente… Il vous en coûtera 25 €. Les nouvelles cartes seront valables dix ans, contre quinze pour les cartes actuelles.

    Comme pour les anciennes cartes d’identité, il faudra vous rendre au consulat dont vous dépendez pour faire la demande. Dans certains cas, si vous êtes inscrit au registre national, que vous avez déjà fourni vos données biométriques et que l’établissement de votre dernière carte n’est pas trop ancien, vous pourrez solliciter le service à distance. Solution miracle, les consulats n’ayant pas encore pu partout assimiler le retard pris lors des pics de la pandémie.

    Pour tout savoir sur la carte nationale d’identité, vous pouvez retrouver l’article du gouvernement français ici.

  • « Alors la Covid, plus jamais ça ? »

    Des terrasses vides, des équipes au chômage technique, un secteur soutenu par l’Etat mais des responsables souvent au bord de la crise de nerf, la réouverture des bars et restaurants en juin 2021 aura rappelé à tous la fonction sociale et économique vitale de ce secteur. Sans bars moins de convivialité, sans restaurants plus de bonne chère, et une vie citadine qui perd de sa saveur. Le blues du restaurateur pendant la crise épidémique aura fait écho à la déprime du client.

    « Rendez-nous nos terrasses, rendez-nous la vie sociale qui va avec ! »

    Ce cri du cœur nous l’avons tous formulé secrètement ou plus bruyamment jusqu’à la libération du printemps dernier. Au Luxembourg le secteur Horeca emploie 20 000 personnes sans compter les nombreux emplois induits et aura connu une seconde période de fermeture sèche, à l’image de ses voisins du Benelux, dès l’automne 2020, le 26 novembre marquant le début de six nouveaux mois de gel d’activité. Une épreuve de plus pour un secteur déjà éprouvé !


    Une année asphyxiante pour les restaurateurs


    Au final, l’année 2020 aura été impactée fortement par les confinements avec des chiffres d’affaires qui se seront rétractés d’environ 60 pour cent avec un manque à gagner important au printemps 2020 et lors des fêtes de fin d’année. L’aide de l’Etat luxembourgeois qui est arrivée rapidement aura évité bien des faillites dont le nombre sera au final resté limité. Mais que de stress et de fébrilité chez les professionnels ! Gabriel Boisante est un compatriote français qui possède, avec ses associés, sept établissements dans le secteur Horeca luxembourgeois. Restaurateur expérimenté, l’homme est aussi un acteur engagé dans la cité, à la fois élu local et homme de théâtre, il nous raconte avec ses mots la crise Covid en acteur économique de premier plan et observateur politique avisé.


    Nous sommes allés à sa rencontre au Bazaar, cet établissement de l’hypercentre de Luxembourg que d’aucuns comparent à un café de Flore local en raison de sa clientèle de décideurs, de jeunes branchés et d’hommes et femmes politiques puisque la brasserie se trouve à deux pas du palais ducal et de la chambre des députés. Maintenant que l’horizon épidémique est un peu moins chargé, nous lui avons posé cette question volontairement provocatrice : « Alors la Covid, plus jamais ça ? »

  • L’Algérie et la France pourront-elles se réconcilier ?

    L’Algérie et la France pourront-elles se réconcilier ?

    Le 17 octobre, les Algériens se sont arrêtés une minute en devoir de mémoire.

    Le souvenir du massacre du 17 octobre 1961 perpétré contre les Algériens français par la police française, est encore cuisant aujourd’hui. Longtemps resté caché en France mais aussi en Algérie, il sort peu à peu de l’ombre. Pour la première fois, les deux présidents concernés ont évoqué ce massacre. Chacun pour des raisons différentes. Accentuant, ainsi, un peu plus la crise entre les deux gouvernements.

    Si en Algérie, la population s’arrête le temps d’une minute pour chaque fête officielle, la mobilisation n’a pas été particulièrement retentissante. C’est surtout en Ile-de-France que la mobilisation a été importante.

    Des manifestants défilent dans les rues de Paris pour commémorer le massacre du 17 octobre 1961, perpétré contre les Algériens. AFP

    Regarder le reportage de TV5MONDE

    Slimane Zeghidour, journaliste et écrivain franco-algérien, spécialiste du monde arabe, revient pour TV5 Monde sur ce jour de deuil et sur l’amitié entre l’Algérie et la France.

    Podcast vidéo, TV5 Monde