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  • Quand la voiture est plus qu’un véhicule

    Quand la voiture est plus qu’un véhicule

    Longtemps, les constructeurs automobiles mettaient en avant les performances des moteurs pour vendre leurs voitures. La vitesse ou l’accélération figuraient fréquemment dans les publicités. Ces dernières années, le confort et la sécurité sont devenus de nouveaux arguments. Avec le développement des véhicules électriques et demain l’espoir de véhicules sans conducteur, les constructeurs changent de messages en insistant sur la connectivité, sur les possibilités de communiquer voire de se distraire dans sa voiture. Cette dernière tend ainsi à devenir une annexe de son habitation.

    Nio, une entreprise chinoise de véhicules électriques, a communiqué, lors du lancement de sa dernière voiture à Berlin au mois d’octobre, non pas sur ses qualités techniques intrinsèques mais sur ses dispositifs vidéo et audio permettant d’avoir une expérience visuelle en trois dimensions dans le cadre du métavers. La société a affirmé que ses véhicules avaient vocation à être un « deuxième salon ». Nio souligne que ses voitures sont dotées de deux douzaines de caméras et d’une puissance de calcul importante grâce à un grand nombre de microprocesseurs.

    Digitalisation de l’automobile

    L’industrie de l’automobile devient avant tout une question de logiciels. La digitalisation de l’automobile s’effectue à pleine vitesse. Les constructeurs réalisent désormais des mises à jour de leurs voitures à distance. Certains proposent le déverrouillage d’options à distance moyennant une contribution en fonction des besoins de l’utilisateur.

    Les voitures deviennent des centres de services qui évoluent dans le temps. Elles sont également des vecteurs de données (déplacements, usage de la voiture notamment) que les constructeurs peuvent exploiter à leur profit ou à celui d’autres entreprises. Jusqu’à une date récente, l’univers de l’automobile et celui du digital avaient peu de points communs. Pour les tenants des nouvelles technologies, les constructeurs automobiles étaient des organisations hiérarchiques, axées sur des processus stricts, peu ouverts à la créativité extérieure. Les constructeurs automobiles ont cantonné les innovations digitales au rang des options en les considérant comme des gadgets. Elles ont été souvent portées par les sous-traitants spécialisés dans l’automobile comme Bosch ou Valéo.

    Le mariage des contraires

    Jusque dans les années 2010, les délais de conception des voitures étaient longs et les modèles étaient censés se vendre durant de nombreuses années, c’est à dire tout le contraire des produits et services digitaux. Pour un constructeur, tout le talent était de vendre des nouveaux modèles comportant dans les faits peu d’innovations à des prix plus élevés quand pour les entreprises de l’univers numérique, l’objectif est de vendre le plus rapidement possible des produits innovants ayant vocation à devenir rapidement obsolètes.

    Si Toyota a révolutionné les méthodes de fabrication des voitures en plaçant le zéro défaut au cœur du processus, Tesla a modifié le concept de la voiture. Celle-ci est construite autour d’un logiciel évolutif. Le nombre des options est réduit pour limiter les surcoûts. Tesla vend autant des services qu’un produit physique. La société d’Elon Musk a réussi en quelques année à se hisser à la première place en matière de capitalisation boursière en ce qui concerne les entreprises automobiles. Tesla pèse trois fois plus que le deuxième constructeur, Toyota. Sa capitalisation est supérieure à celle cumulée des cinq constructeurs qui la suivent dans le classement.

    En ce qui concerne la capitalisation boursière par voiture vendue, le premier constructeur classique est Porsche qui arrive à la quatrième place mondiale, loin derrière ceux qui ont opté pour des modèles exclusivement électriques intégrant des systèmes informatiques embarqués évolués (Lucid, Rivian, Tesla).

    Indépendants ou partenaires des GAFAM

    Les constructeurs classiques éprouvent des difficultés à intégrer les codes digitaux. Leurs informaticiens ont eu la tentation de maintenir des arborescences verticales rendant les systèmes d’exploitation des applications maison peu intuitives pour les clients. Ils ont eu aussi tendance à multiplier les options au point de submerger les unités logicielles. La simplicité, la réactivité ont souvent fait défaut lors des premières expériences digitales de la part des grands constructeurs.

    Craignant d’être dépendants des GAFAM, ils ont tenté dans un premier temps de développer des systèmes informatiques internes. L’autre crainte était que les grandes entreprises numériques comme Google ou Apple créent leur propre firme automobile et viennent les concurrencer, d’où une forte méfiance. La gestion des données a été aussi une source de tensions entre les deux mondes. Malgré tout, les échecs tant des projets automobiles des GAFAM que celui des premiers systèmes maison des constructeurs traditionnels ont débouché sur des rapprochements, même si ces derniers entendent conserver la maîtrise de l’informatique embarquée.

    L’appui des entreprises du digital incontournable

    De nombreux constructeurs ont également décidé de développer des centres de créations pour les logiciels indépendants placés au plus près de leur centre de production. Stellantis a ainsi récemment lancé une « Data and Software Academy » destinée à recycler plus de 1 000 salariés existants de l’entreprise par an, ainsi qu’à embaucher des experts dans le monde entier, avec l’objectif d’avoir 4 500 ingénieurs d’ici 2024. Mercedes-Benz vient d’investir 200 millions d’euros dans un « Electric Software Hube » réunissant 1 000 programmeurs au milieu de son campus de recherche et développement à Sindelfingen, à proximité de son siège à Stuttgart.

    L’appui des entreprises du digital demeure incontournable. Même avec des milliers de programmeurs de premier ordre, les constructeurs automobiles ne peuvent plus développer seuls tous leurs logiciels. Les apports extérieurs varient d’un constructeur à un autre. Les plus intégrés arrivent à produire 60 % de leurs logiciels quand ce taux est de 20 % pour ceux qui privilégient l’apport extérieur. De plus en plus, les équipes logicielles des constructeurs sont amenées à coordonner des équipes qui comprennent des consultants et des représentants des entreprises spécialisées dans l’informatique et les techniques de l’information.

    Renault EZ-Ultimo, limousine de luxe électrique et connectée présentée au Geneva International Motor Show en 2019.

    Renault avec Google

    De nombreux partenariats ou la création de sociétés dédiées aux logiciels avec la participation d’entreprises du digital sont réalisés. Stellantis s’est associé à Amazon pour créer un logiciel « SmartCockpit » qu’il peut ensuite personnaliser pour ses marques. BMW travaille avec Qualcomm, une société de microprocesseurs, pour codévelopper un système d’exploitation automobile, que Qualcomm pourra vendre à d’autres constructeurs. Mercedes-Benz a pris une participation dans NVIDIA en échange de l’accès des processeurs et des programmes de cette entreprise. Renault a annoncé, le 8 novembre dernier, un approfondissement de sa relation avec Google pour accélérer sa transformation numérique en développant une plateforme centralisée.

    Les constructeurs sont confrontés à un dilemme. Ils doivent choisir entre développer un produit différencié sur lequel les constructeurs automobiles ont le contrôle, ou renoncer au contrôle et adopter une plateforme que les consommateurs semblent accepter facilement. La majorité souhaite conserver en interne des éléments tels que «l’interface utilisateur» (données visibles par le conducteur et les passagers) et les systèmes de sécurité.

    Un système open source

    Face aux GAFAM, les coopérations entre groupes automobiles sont rares pour la création de plateformes informatiques. Jusqu’à présent, la concurrence et les instincts de compétition de l’industrie ont prévalu. Néanmoins, l’idée d’un système « open source » a été avancée afin de réduire les coûts et éviter une cannibalisation par le monde du digital. Elle est portée par la branche logicielle de Bosch et Microsoft. L’objectif est d’élaborer un système commun à l’industrie automobile à l’image d’Android pour les smartphones, une plateforme partagée par de nombreux constructeurs chacun pouvant l’amender en fonction de ses besoins. Les firmes européennes confrontées à la concurrence de leurs homologues chinoises et américaines sont tentées par cette logique.

    Le passage de l’industrie aux services, une révolution

    Les constructeurs sont conscients que, désormais, les activités de services seront une source importante de revenus. Ils sont disposés à proposer des services de communication, de divertissement, des options en ligne. La voiture électrique ayant des temps de chargement longs, elle doit permettre à ses utilisateurs soit de se distraire, soit de travailler. La voiture autonome donnera lieu à une amplification des activités de services étant donné qu’il n’y aura plus que des passagers.

    Dans les prochaines années, le concept de voiture partagée, de voiture louée pour la réalisation de trajets précis se développera, la location prenant ainsi le pas sur l’achat. Stellantis s’attend à ce que ses revenus de logiciels et de services atteignent 4 milliards d’euros par an d’ici 2026 et 20 milliards d’euros d’ici 2030, avec des marges de 20 %, soit le double de celles qu’enregistrent des constructeurs automobiles haut de gamme.

    La difficulté pour les constructeurs est de faire passer le principe du service payant. La concurrence pourrait amener à une généralisation de la gratuité relative. L’option de la conduite automatique pourra certainement donner lieu à une facturation mais il sera plus difficile de faire de même avec le chauffage des sièges. La digitalisation s’impose aux constructeurs mais les anciens principes d’organisation demeurent. La numérisation n’a pas ainsi pénétré les conseils d’administration ; plus d’un tiers des membres du conseil d’administration des quatre grands constructeurs automobiles allemands sont des ingénieurs en mécanique, et aucun ne vient de l’industrie technologique.

  • Vaccins et paludisme : on en est où ?

    Vaccins et paludisme : on en est où ?

    Le vaccin du paludisme est une quête lancée il y a plus de 35 ans ! Désormais on dispose d’un vaccin contre ce parasite ! On fait le point pour les Français de l’étranger !

    Mais au fait, le paludisme c’est quoi ?

    Le paludisme est une maladie provoquée par des parasites du genre Plasmodium. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette maladie a touché plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde en 2020, et causé plus d’un million de décès. La situation est d’autant plus préoccupante que depuis plusieurs années les parasites développent des résistances aux molécules antipaludiques et les moustiques craignent de moins en moins les insecticides. Un vaccin existe désormais et est recommandé par l’OMS.

    L’OMS a en effet acté cette recommandation dans un communiqué de presse du 6 octobre 2021, appelant à « l’utilisation généralisée du vaccin antipaludique RTS,S/AS01 (RTS,S) chez les enfants en Afrique subsaharienne et dans d’autres régions où la transmission du paludisme à P. falciparum est modérée ou forte ». Cette recommandation est fondée sur les résultats d’un programme pilote en cours au Ghana, au Kenya et au Malawi qui a permis d’atteindre plus de 800 000 enfants depuis 2019.

    Le paludisme en chiffres

    Selon le dernier rapport de l’OMS sur le paludisme dans le monde, les estimations font état de 14 millions de cas de paludisme en plus en 2020 par rapport à 2019 (241 millions contre 227 millions), la majeure partie de cette hausse trouvant son origine dans les pays de la région Afrique de l’OMS. Au niveau des décès, 69 000 personnes en plus sont mortes du paludisme en 2020 par rapport à 2019 (627 000 contre 558 000). Une augmentation qui est a imputé à la pandémie de COVID-19, selon l’organisation internationale. Près des deux tiers (47 000) des décès supplémentaires dus au paludisme ont résulté des perturbations des services de prévention, diagnostic et traitement du paludisme durant la pandémie.

    Cette augmentation du nombre de morts est toutefois à relativiser. Au début de la pandémie de COVID 19, l’OMS avait prévu une possible multiplication par deux du nombre de décès en 2020 en Afrique subsaharienne. Les efforts acharnés des pays d’endémie palustre et de leurs partenaires en vue de maintenir les services de lutte contre le paludisme durant la pandémie ont permis d’éviter ce scénario catastrophe.

    « Nous attendons depuis longtemps un vaccin antipaludique efficace et, pour la première fois, un tel vaccin est recommandé pour une utilisation à grande échelle. La recommandation formulée aujourd’hui offre une lueur d’espoir pour le continent qui est le plus lourdement touché par la maladie. Nous espérons que beaucoup plus d’enfants du continent africain seront protégés contre le paludisme et pourront devenir des adultes en bonne santé. »

    Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.
    paludisme : dépistage
    Nurse does a quick malaria test from blood on the South Africa and Mozambique border Lebombo Border Control, South Africa

    Les conséquences économiques et sociales d’un tel vaccin

    Le paludisme reste l’une des principales causes de maladies infantiles et de décès en Afrique subsaharienne. Plus de 260 000 enfants africains âgés de moins de cinq ans meurent du paludisme chaque année. On ne connait pas encore les conséquences sociales et économiques de ce vaccin, mais ce qui est sûr c’est qu’un nombre significatif d’enfants pourront désormais être sauvés grâce à ce vaccin.

    Du côté économique, GSK a dépensé environ 350 millions de dollars pour développer le vaccin Mosquirix. Le laboratoire s’est engagé à produire ce vaccin à prix coûtant, de sorte qu’en cas d’autorisation son prix couvre le coût de fabrication. Une initiative qui a été saluée par les professionnels de santé. On se souvient encore des difficultés qu’ont connu les pays africains à pouvoir disposer de vaccin contre la COVID-19 au plus fort de la pandémie.

    Pour en savoir plus sur ce nouveau vaccin contre le paludisme

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 29.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 29.11.22

    Bonjour à tous, 

    Bienvenue dans le bulletin d’informations dédié aux expatriés, aujourd’hui 29 novembre on parle de l’élection d’une sénatrice des Français de l’étranger à la tête de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, mais aussi 2 ans après le Brexit où en sont les Français, et on conclura avec Caroline Cayeux qui quitte le gouvernement. 

    Joëlle Garriaud-Maylam élue Présidente de l’Assemblée de l’Otan 

    Composée de parlementaires des 30 Etats membre de l’Alliance, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN est le relais de celle-ci auprès des parlements nationaux. Elle émet aussi avis et recommandations sur la sécurité de chaque pays et du bloc face aux autres puissances. Et pour la première fois en 50 ans, c’est un parlementaire français qui fut élu par acclamation à ce poste, ce n’est aussi que la deuxième fois qu’une femme l’occupera. Son mandat est de 2 ans, pour le conserver la sénatrice devra être réélue en 2023 par les conseillers consulaires au Sénat. 

    2 ans après le Brexit, les Français galèrent toujours 

    Environ 50% des près de 7 millions de ressortissants de l’UE à postuler dans le cadre du programme ont obtenu le “settled status”, ce qui leur donne le statut de résident permanent au Royaume-Uni. Cependant, plus de 40 % ont obtenu un “pre-settled status”, qui ne leur donne des droits de résidence que pendant cinq ans, mais avec un accès égal à l’aide sociale et aux autres avantages de l’État, à la fin desquels ils doivent présenter une nouvelle demande. Pour les nouveaux arrivants, les délais sont très longs et le résultats aléatoires comme pour Guilhem qui après 3 mois sur place, attend toujours, mais depuis la France, le droit de s’installer à Londres. 

    Brexit

    Caroline Cayeux quitte le gouvernement 

    Caroline Cayeux

    Elle fut longtemps maire de Beauvais et sénatrice de l’Oise, mais elle n’est restée au gouvernement qu’à peine six mois. Après une première séquence négative lors de sa nomination au gouvernement, les associations avaient ressorti ses propos contre le Mariage pour tous. C’est la Haute autorité pour la transparence de la vie publique qui la pousse à la démission. Dans un communiqué de presse, la désormais ex-ministre explique que la commission lui a « indiqué » qu’elle « estimait » sa « déclaration de patrimoine « sous-évaluée », ce que nie Caroline Cayeux. Préférant ne pas gêner le gouvernement elle a donc démissionné ce lundi 28 novembre. 

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition !

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Deux ans après le Brexit, où en sont les Français ?

    Deux ans après le Brexit, où en sont les Français ?

    Après le Brexit, afin de continuer à vivre, travailler, étudier et accéder aux soins après le 1er janvier 2021 au Royaume-Uni, les expats ont dû effectuer leur demande de pre-settled status avant le 30 juin 2021.

    Pour ceux qui n’ont pas effectué la demande avant cette date, ils avaient la possibilité d’effectuer une demande tardive.

    Presque deux ans après ces démarches administratives, nous avons voulu demander aux Français s’ils étaient en situation irrégulière ou s’ils vivaient au Royaume-Uni en règle. 

    Léo, qui habite à Londres, a obtenu son visa grâce à son entreprise (pour laquelle il travaillait déjà). “Je peux quand même dire que c’est un process un peu abusif et cher pour un Européen (test d’anglais, preuves de cohabitation avec ma compagne qui doivent être traduites, etc.) ! Donc non arrivé de façon illégale ! Il reste beaucoup de Français dans le pays , mais j’ai l’impression que c’est devenu élitiste puisque les jobs non qualifiés sont beaucoup plus durs à obtenir du au fait que la sélection et les barrières à l’entrée sont plus compliquées ! Donc plusieurs sont repartis et je pense que moins arrivent.” 

    © StockAdobe

    Plusieurs mois d’attente pour le visa 

    Les procédures administratives pour obtenir sa résidence permanente ou le visa prennent beaucoup de temps depuis le Brexit. C’est le cas d’Arthur qui vient d’arriver à Londres.

    “Mon visa a mis 3 mois à être émis, j’ai donc rejoint mon nouvel emploi à Londres depuis une semaine. Je n’ai pas souhaité venir sur le territoire dans l’illégalité donc j’ai attendu en France en restant au chômage.”

    Arthur qui vient d’arriver à Londres

    “Je suis toujours dans l’attente de mon visa”

    Guilhem est toujours dans l’attente de son visa de travail.

    “Dernièrement j’ai passé deux mois et demi au Royaume-Uni dont un mois en cours d’anglais intensif à Portsmouth pour obtenir un diplôme d’anglais (IELTS) nécessaire à la demande de visa, et un autre mois en tant que free worker en Écosse. Là je suis retourné en France et j’attends que l’administration du service de l’immigration se bouge. Peut-être que la démarche est plus rapide quand on est dans une grande entreprise. Ma future entreprise est une entreprise de menuiserie- ébénisterie et est toute petite.”

    Guilhem, Français en Ecosse

    Le « programme d’établissement » du Royaume-Uni pour les ressortissants de l’UE vivant et travaillant en Grande-Bretagne, depuis le Brexit, risque d’exposer 2,6 millions de personnes à un risque illégal d’expulsion, ont déclaré les avocats à la Haute Cour de Londres.

    Perdre son droit de séjour

    Lors des audiences du tribunal mardi (1er novembre) dans le cadre du contrôle judiciaire du plan de règlement, Robert Palmer, l’avocat de l’Autorité de surveillance indépendante, a déclaré au tribunal que ceux qui ne présentent pas une autre demande dans les cinq ans suivant l’octroi du pre-settled status pourraient automatiquement perdre leur droit de séjour au Royaume-Uni, ce qui en ferait un dépassement de séjour illégal passible de détention et d’expulsion.

    Environ 50% des près de 7 millions de ressortissants de l’UE à postuler dans le cadre du programme ont obtenu le “settled status”, ce qui leur donne le statut de résident permanent au Royaume-Uni. Cependant, plus de 40 % ont obtenu un “pre-settled status”, qui ne leur donne des droits de résidence que pendant cinq ans, mais avec un accès égal à l’aide sociale et aux autres avantages de l’État, à la fin desquels ils doivent présenter une nouvelle demande.

    Le fait de ne pas postuler à temps entraînerait la perte automatique du droit au travail, à l’accès au logement, à l’éducation et aux allocations, les exposant au risque d’être expulsés.

  • Joëlle Garriaud-Maylam, élue Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

    Joëlle Garriaud-Maylam, élue Présidente de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

    La sénatrice des Français de l’Etranger, Joëlle Garriaud-Maylam a été élue le 22 novembre 2022 lors de la 68ème session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui se déroulait à Madrid. C’est la première fois qu’un membre du Sénat français présidera l’AP-OTAN, et la deuxième fois seulement que cette fonction revient à une femme. Une nouvelle accueillie avec enthousiasme au Palais du Luxembourg.

    « L’élection de notre collègue Joëlle Garriaud-Maylam vient récompenser des années d’investissement sans faille au service de l’AP-OTAN. Le choix de nos collègues de tous les pays membres de l’Alliance, obtenu par acclamation, est une reconnaissance du travail de Joëlle Garriaud-Maylam, et c’est aussi une fierté pour notre commission et pour l’ensemble du Sénat ».

    Christian Cambon, président de la commission des Affaires étrangères et de la défense du Sénat dont Joëlle Garriaud-Maylam est membre

    Une assemblée pour quoi faire ?

    L’assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) a été créée en 1955 en tant qu’organisation interparlementaire consultative de l’OTAN.

    Au sein de cette assemblée, des parlementaires des 30 pays membres de l’Alliance (ainsi que des parlementaires d’un certain nombre de pays associés, des délégations spéciales et des observateurs) débattent régulièrement des problèmes politiques, militaires, économiques, techniques et humains auxquels celle-ci est confrontée dans son ensemble ou entre ses Etats membres.

    Bien qu’elle ne soit pas prévue institutionnellement dans le Traité de l’Atlantique Nord et qu’elle soit issue d’une initiative de parlementaires des différents Etats membres, l’AP-OTAN est actuellement considérée comme un organe représentatif tant par le Conseil de l’OTAN que par la majorité des Etats membres.

    Un lien avec les parlements nationaux

    L’AP-OTAN constitue un lien essentiel entre l’Alliance et les parlements des pays membres – et de ce fait, entre l’Alliance et les citoyens de la zone euro-atlantique.

    En effet, obtenir l’appui parlementaire et le soutien de l’opinion publique en faveur des décisions de l’Alliance est essentiel. Les parlements contribuent de façon déterminante à assurer un processus transparent et responsable de prise de décisions dans tous les domaines d’action, y compris la sécurité et la défense. Si les dispositions constitutionnelles varient d’un pays à l’autre, les parlements assurent habituellement le contrôle des budgets de défense et des forces armées et autorisent les dépenses, de même que les déploiements à l’étranger. En tant que représentants du peuple, les parlementaires jouent également un rôle de premier plan dans l’instauration d’un consensus, ainsi que dans la mobilisation de l’opinion publique et son adhésion aux décisions touchant à la défense nationale.

    Une fine connaissance de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN

    A l’issue du mandat du député américain, Gerry Connolly, c’est donc la sénatrice des Français de l’étranger Joëlle Garriaud-Maylam qui a été élue par acclamation à la présidence de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

    La sénatrice LR était vice-présidente sortante de l’AP-OTAN et membre de l’assemblée depuis 14 ans. Son mandat aura une durée de deux ans à la tête de l’AP-OTAN.

    Joëlle Garriaud-Maylam, entre les deux co-présidents du groupe de coordination interparlementaire OTAN-Ukraine, le député polonais Michal Szczerba et le député Yehor Cherniev, chef de la délégation ukrainienne ©Joëlle Garriaud-Maylam

    Joëlle Garriaud-Maylam a, dans le discours suivant son élection, condamné la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et félicité le peuple ukrainien de se tenir à l’avant-poste de la défense des valeurs occidentales. Une réponse à ceux qui l’avaient, à un moment, accusé de proximité avec la Russie.

    « Les dirigeants russes se comportent comme de véritables terroristes, faisant montre d’une barbarie sans précédent en s’attaquant à des civils et à des infrastructures civiles. Nous devons agir, et ces mêmes dirigeants doivent être jugés comme des terroristes devant les tribunaux internationaux ».

    Joëlle Garriaud-Maylam, Sénatrice des Français de l’étranger et Président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN
  • État de la France, le FMI s’inquiète

    État de la France, le FMI s’inquiète

    Comme chaque année, le Fonds monétaire international (FMI), avec l’appui des autorités françaises, a publié un rapport sur la situation de la France comportant des recommandations pour notre économie. 

    Le FMI souligne que la France a connu un rebond économique important après la crise sanitaire, rebond plus rapide que dans la plupart des autres pays européens. Même si la France est moins directement exposée à la crise énergétique que ses partenaires européens, elle subit un choc de pouvoir d’achat et une crise de défiance, celle-ci étant persistante depuis des années. Les services du FMI prévoient une croissance du PIB d’environ 2,5 % pour 2022 et avoisinant 0,75 % pour 2023 sachant que le Gouvernement a retenu un taux de 1 % pour établir ses projets de loi de finances. 

    Le taux de croissance potentiel serait désormais de 1,3 % en France. Les séquelles de la pandémie et du choc énergétique provoquant une perte nette d’environ 2 points de pourcentage par rapport à la tendance prépandémie. 

    Une lente décrue de l’inflation 

    Pour le FMI, après avoir atteint 7,1 % en octobre, l’inflation devrait rester élevée dans les mois à venir. En raison essentiellement des contrôles des prix de l’énergie et des subventions, qui ont limité les hausses de prix à des niveaux inférieurs d’environ 2 à 3 points de pourcentage, la France resterait en-dessous de la moyenne européenne. 

    Les hausses de salaires sont pour le moment inférieures à l’inflation totale. L’indexation automatique du salaire minimum et dans une moindre mesure des retraites et des prestations sociales pourrait générer des effets de second tour. L’inflation devrait atteindre un pic dans les mois à venir, mais restera proche de 5 % en 2023 en moyenne avec l’assouplissement des contrôles des prix. Elle resterait persistante en 2024 et ne diminuerait que lentement après pour se rapprocher de l’objectif des 2 %. 

    Le FMI indique que les incertitudes sur ses prévisions sont élevées : prolongation de la guerre en Ukraine, escalade des sanctions, réparation des centrales nucléaires, etc.. Les prix du gaz et de l’électricité pourraient continuer à augmenter et provoquer un nouveau rebond de l’inflation. Plus la vague inflationniste perdurera, plus le risque d’une boucle prix-salaires augmentera. 

    La banque centrale pourrait être amenée à durcir plus fortement sa politique monétaire conduisant à un ralentissement plus marqué de la croissance. 

    Le FMI demande une décrue des aides budgétaires 

    Les mesures mises en œuvre en 2021-22 pour contrecarrer les effets de la crise énergétique ont représenté au total plus de 2 % du PIB. Ces mesures comprennent les gels des prix du gaz et de l’électricité (bouclier tarifaire), les transferts monétaires aux ménages (chèque énergie, indemnité inflation), la remise sur le prix des carburants et le soutien aux entreprises. Les deux tiers d’entre elles n’ont pas été ciblées en fonction des revenus. Pour 2023, la suppression de la remise sur le prix du carburant et le relèvement des plafonds au titre du bouclier tarifaire constituent des mesures salutaires pour le FMI qui néanmoins mentionne que les ajustements des prix du gaz et de l’électricité restent modestes par rapport aux tarifs de l’énergie qui ont plus que doublé hors contrôle des prix. 

    La France pratique des prix administrés, système dont il sera difficile de sortir, tant la pression de l’opinion sera forte pour les maintenir. 

    Les services du FMI préconisent de recentrer l’aide en matière énergétique en accélérant l’élimination progressive des contrôles des prix tout en augmentant l’aide ciblée aux personnes les plus impactées. Le FMI demande au gouvernement de privilégier le chèque énergie prévu d’ici à la fin de cette année pour les ménages à revenus modestes. Il propose un mécanisme de tarification différenciée, avec un bouclier tarifaire ne couvrant que les besoins énergétiques de base. 

    Le FMI s’alarme du fait que la France est certainement le pays européen qui a réalisé l’effort public le plus important pour faire face aux deux crises successives. Il s’inquiète du fait que la France n’a pas encore réussi à stabiliser son endettement et que l’écart avec ses partenaires s’accroît dangereusement en matière de gestion des finances publiques. La succession des élections en 2022 n’a pas facilité l’atterrissage budgétaire. 

    Dans son rapport, le FMI s’inquiète que le projet de loi de finances pour 2023 ne prévoit pas de réduction du déficit, reportant l’ajustement budgétaire à 2024. En plus du ciblage des mesures de soutien au pouvoir d’achat, l’organisation internationale demande la réduction des subventions aux producteurs d’énergie renouvelables et le report des réductions d’impôts sur la production.

    La France ne pourra pas échapper à des réformes structurelles 

    La priorité devrait être donnée aux économies de dépenses et non à l’augmentation des prélèvements. Pour inverser l’écart d’endettement avec les partenaires et assurer la viabilité budgétaire à long terme, les services du FMI préconisent un ajustement soutenu pour ramener le déficit à 0,4 % du PIB d’ici à la fin de la décennie, conformément à l’objectif à moyen terme (OMT) de la France avant la crise. 

    La trajectoire d’ajustement sous-entend un effort cumulé d’environ 5 points de pourcentage du PIB sur 7 à 8 ans, moyennant un effort annuel moyen de 0,7 % du PIB. Selon le FMI, la France ne pourra pas échapper à des réformes structurelles importantes. Une réforme globale des retraites est jugée indispensable. Elle devrait accroître le taux d’activité des travailleurs les plus âgés en relevant progressivement l’âge effectif de départ à la retraite tout en prenant en compte les situations particulières (carrières morcelées, pénibilité, etc.). 

    Le FMI souligne la nécessité d’achever la réforme de l’assurance-chômage. L’introduction d’un caractère contracyclique dans les allocations de chômage est considérée comme une mesure pouvant contribuer au taux d’emploi en faisant varier les conditions d’admissibilité et/ou de durée des prestations en fonction de la situation du marché du travail. 

    Le FMI demande la rationalisation des dépenses fiscales, notamment celles en faveur des combustibles fossiles et du logement dont l’efficacité est plus limitée ou qui entrent en contradiction avec la transition énergétique. Le crédit d’impôt recherche qui constitue une des plus importantes dépenses fiscales en France devrait être repensé. Il est accusé d’être peu performant et de générer des effets d’aubaine. 

    Le FMI attend une rationalisation des effectifs de la fonction publique avec la réduction des doublons entre les différents niveaux des administrations publiques. Il souhaite la simplification des régimes des minima sociaux. 

    Un secteur financier à surveiller 

    Le FMI s’inquiète de la solidité du secteur financier. Si les banques françaises ont affiché une hausse des bénéfices au début de l’année 2022, elles sont confrontées à des perspectives plus délicates en raison de la détérioration de la croissance et de l’accentuation des risques de crédit dans les secteurs touchés par l’inflation et la crise énergétique. Ces effets pourraient être en partie compensés par une hausse des marges d’intérêt nettes générée par le relèvement des taux d’intérêt. Le FMI appelle l’autorité de régulation, l’APCR, à suivre de près l’évolution de chaque établissement. 

    Les services du FMI soutiennent l’intention des autorités européennes d’accroître progressivement le coussin de fonds propres contracyclique. En France, l’écart du ratio de crédit sur le PIB reste supérieur à son niveau d’avant la crise, ce qui constitue un risque pour la stabilité financière de la place. Les économistes du FMI souhaitent un assagissement de la demande de prêts en France et soutiennent la décision du Haut Conseil de la Sécurité Financière de relever le taux du coussin de fonds propres contracyclique (actuellement de 0,5 %) de 0,5 % vers la fin de l’année. Compte tenu de la concentration des facteurs de vulnérabilité de la dette dans le secteur des entreprises, les autorités pourraient également envisager de mettre en place un coussin pour le risque systémique sectoriel pour les expositions aux entreprises. 

    Le problème récurrent de la formation 

    Le FMI note que la France est confrontée à un problème persistant en matière de formation initiale et continue. Les faibles résultats scolaires sont pointés du doigt d’autant plus que les dépenses sont relativement élevées, laissant entrevoir des possibilités de réaliser des gains d’efficience. Des économies pourraient être réalisées sur le deuxième cycle du secondaire au profit de l’enseignement primaire. 

    Une rationalisation des dépenses relatives au personnel non enseignant pourrait être menée. Le FMI préconise que les professeurs soient en partie rémunérés en fonction des résultats. Les disparités liées au statut socio-économique pourraient être réduites en incitant les enseignants à travailler dans des zones défavorisées, notamment à travers la rémunération. 

    Le FMI recommande également d’accroître les responsabilités et l’autonomie des administrations scolaires afin de favoriser les innovations pédagogiques. 

    Une accélération du programme de transition énergétique 

    Le FMI souligne que des progrès conséquents pourraient être obtenus en matière d’économies d’énergie. La France pourrait aussi augmenter le poids des énergies renouvelables afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le FMI se prononce en faveur de l’augmentation de la tarification carbone qui devra s’accompagner de mesures de soutien aux ménages modestes. 

    Le FMI a dressé un état des lieux sombre de l’économie française et appelle de ses vœux à des réformes structurelles. L’organisation internationale est dans son rôle d’aiguillon des pouvoirs publics qui ont été, par ailleurs, associés à la rédaction du rapport annuel. Il n’en demeure pas moins que la trajectoire des finances publiques ainsi que l’inefficience des dépenses d’éducation constituent des faiblesses inquiétantes qui pourraient handicaper le pays dans les prochaines années.

  • Europol : 44 arrestations dans « l’un des réseaux les plus dangereux » de l’UE

    Europol : 44 arrestations dans « l’un des réseaux les plus dangereux » de l’UE

    Une opération internationale sans précédent, impliquant les autorités de 11 pays, a abouti à l’arrestation de 44 membres présumés d’un réseau criminel considéré comme l’un des plus dangereux de l’Union européenne, ont déclaré Europol et Eurojust vendredi 25 novembre. Il s’agit notamment de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, ont-elles précisé.

    « Plusieurs organisations criminelles travaillaient ensemble pour mener des activités polycriminelles à grande échelle à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE »

    Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.
    Siège d’Europol à la Haye

    Cocaïne, haschich, cannabis et méthamphétamine

    Au cours de l’opération, qui s’est déroulée mardi 22 novembre, coordonnée par Europol et Eurojust, une centaine de perquisitions ont été effectuées à travers l’Europe, ciblant à la fois les chefs de ces organisations criminelles et leurs associés.

    Le réseau, qui serait également lié à de grandes organisations de trafic de drogue en dehors de l’UE, opérait en Lituanie, en Lettonie, en République tchèque, en Pologne, en France, en Allemagne et en Slovaquie.

    « L’ampleur du trafic de drogue attribué au réseau est immense, avec des activités signalées sur trois continents »

    Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.

    De grandes quantités de cocaïne, de haschich, de cannabis et de méthamphétamine ont été saisies.

    « Très flexibles, ces criminels s’adaptaient rapidement aux nouvelles méthodes de trafic de drogue pour tenter d’échapper aux forces de l’ordre »

    Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.

    Des cargaisons de drogue ont notamment été trouvées dans des navires et des camions, bien cachées dans des compartiments.

    « Le réseau criminel était structuré comme une entreprise, avec différents groupes criminels et personnes intermédiaires travaillant ensemble au-delà des frontières pour contrôler l’ensemble de la chaîne du trafic de drogue – de l’organisation d’énormes expéditions de drogue à la distribution dans toute l’Europe et au-delà »

    Communiqué commun des agences européennes, Europol et Eurojust, basées à La Haye.

    La coopération entre les pays et les agences européennes a permis d’adopter une stratégie commune pour préparer la phase finale des enquêtes et « faire tomber l’ensemble du réseau », se sont-elles félicitées.

  • La Chine malade de Xi

    La Chine malade de Xi

    Xi contrôle tout : la Chine, l’avenir, le virus. Dut-il enfermer le monde comme il enferme les Chinois pour les protéger du virus. Rien n’échappe à son sourire. Joe Biden et Emmanuel Macron l’ont vu au G7 de Bali ; Olaf Scholz qui lui a rendu visite, sous un flot de critiques, s’étonne :  « Je suis donc surpris de voir à quel point certaines entreprises se sont rendues dépendantes de marchés individuels et ont complètement ignoré les risques« . Comment se passer de la Chine quand elle réalise 50% des ventes de BASF, 25% de celles d’Airbus ou d’Apple ? Peut-on se libérer de ses dépendances, pétrole, gaz, puces, dollar ? L’enfer, c’est les autres. Peut-on isoler la Chine ? Elle s’isole toute seule, hélas. 

    Armée d’argile, les 2296 délégués du Parti, un seul corps et une seule âme, écoutaient les 30.000 caractères du « Rapport préliminaire » du Secrétaire général, le Grand Xi. Le PCC, 96 millions de membres. 1.5 millions, accusés de corruption, ont été purgés, y compris à la veille du Congrès. Il reste des corrompus, soit, mais des pro Xi.

    L’alternative à l’Occident 

    Xi a présenté l’œuvre future, l’alternative à l’Occident : « La modernisation à la chinoise offre à l’humanité une nouvelle option pour se moderniser ». 

    Moderniser, le mot est faible. Grâce au Web 3.0, 4.0, 5.0… jamais les Chinois n’auront été aussi bien observés, scrutés, fichés. Si tout sourire est décrypté, l’absence de sourire aussi. Les plus analysés sont les plus élevés dans la hiérarchie. Hu Jintao, dix ans aux commandes de la Chine, a été évincé de la tribune, comme un petit vieux qu’on raccompagne à sa chambre. Il ne souriait pas. Xi n’a pas tourné la tête. Li Qekiang, ancien rival, avait avoué que “600 millions de personnes disposent d’un revenu mensuel moyen de 1 000 yuans (125 euros).” Il quittera son poste de Premier ministre. 

    L’Empereur Hongwu serait-il le modèle de Xi ? Moinillon chasseur de rats devenu seigneur de guerre, il fonda la dynastie Ming, inventa le premier système totalitaire : chaque villageois devait être un délateur. Chaque juge avait derrière lui son prédécesseur, empaillé, image de son avenir. Aujourd’hui, Xi, qui s’identifie à la stratégie géniale du « zéro covid », enferme le quart de la population chinoise, empaillée.

    Les ouvriers se révoltent, désertent, font le mur, affrontent la police

    Dazibao vieux style, une banderole criait : « Nous ne voulons pas de tests covid, nous voulons manger ; nous ne voulons pas de confinement, mais être libres ; pas de mensonge, mais la dignité. Ne plus être des esclaves, mais des citoyens. ». Parqués dans leurs usines, les ouvriers se révoltent, désertent, font le mur, affrontent la police. Les émeutes se multiplient. Du jamais vu. Aucune chance, évidemment.

    Xi Jinping concentre plus de pouvoir que n’en eût aucun autre homme sur la terre. « Le pouvoir politique, disait Lin Biao, c’est le pouvoir d’opprimer les autres ». Il en savait quelque chose avec Mao.  Xi croit en l’irrésistible ascension de la Chine, comme beaucoup dans le monde. Il croit aussi que cette fascination le sert.

    Acheter les dirigeants, installer une dépendance 

    En Asie centrale, les anciens affidés de la Russie passent à la Chine : Kazakstan, Tadjikistan, Ouzbékistan. En pleine Coupe du monde, le Qatar signe le plus important contrat de fourniture de gaz à la Chine : plus de 25 ans. L’Iran s’est mise dans l’orbite chinoise, comme désormais, la Russie. Laos, Sri Lanka, Bengladesh, Birmanie, Malaisie, Indonésie, Cambodge se noient dans les prêts chinois. En Afrique, 62% de la dette bilatérale, celle que signent les gouvernements, l’est avec la Chine. Acheter les dirigeants, installer une dépendance. Dans cinq pays, la dette chinoise dépasse 30% : Ethiopie et Cameroun, Congo, Angola, Djibouti (57% !). 

    QatarEnergy CEO and Qatar’s Minister of Energy Saad al-Kaabi attends a signing ceremony with Sinopec, in Doha, Qatar, November 21, 2022. REUTERS/Imad Creidi

    Mais la Chine cale. L’économie chinoise n’est plus aussi florissante, la crise immobilière alimente une crise de la dette, la croissance plonge, la démographie annonce une baisse de la croissance à venir. L’avenir radieux est derrière Xi. 

    Accroitre le contrôle, stimuler l’esprit de revanche, promouvoir, à l’échelle planétaire, l’anti-occidentalisme, tel serait le « rêve chinois ».  Mais plus Xi s’affirme, plus les oppositions à la Chine se fédèrent, plus le leadership américain ressuscite. « La Chine ne renoncera jamais à l’usage de la force » s’aventure Xi en pleine guerre russe.

    La Chine n’a aucune chance de l’emporter dans une confrontation

    Toute action engendre une réaction. « La crise ukrainienne n’est qu’un échauffement. Le grand conflit arrive ; il ne faudra pas longtemps avant que nous soyons testés » s’alarme l’amiral Richard, patron du commandement stratégique au Pentagone. Le budget militaire américain est trois fois celui de la Chine. 

    Dans aucun domaine, la Chine ne peut devenir dominante : ni la monnaie, ni la recherche, ni les forces militaires. La Chine n’a aucune chance de l’emporter dans une confrontation. Les pays de l’OCDE représentent cinq fois le PIB chinois. 

    Le Renminbi ne remplacera pas le dollar, tous les essais en ce sens ont échoué : personne n’a confiance en une monnaie contrôlée par le PCC. Le durcissement du régime freine investissement et créativité. 

    Bien sûr, la Chine investit : dans la marine, le cyber, l’intelligence artificielle, les supercalculateurs, l’espace, mêlant toujours le civil et le militaire, comme les Etats-Unis, toujours moins que les Etats-Unis et l’Occident (surtout en y intégrant Corée, Japon et Taïwan). Biden a encore restreint l’exportation de de technologie servant à la fabrication de puces. La Chine proteste, et puis ? Huaweï chute.

    Ne céder ni à la fascination, ni à la peur

    La Chine vieillit, elle est soumise à des tensions internes.  Elle est plus dépendante de l’Occident que l’inverse, dépendante de ses clients, des routes qui ne sont pas de soie et restent contrôlées par d’autres. 

    Mais considérer la Chine comme un adversaire seulement, n’est qu’une posture en réponse à une autre posture, double imposture. Ce qui évite le conflit, c’est la multiplication des dépendances, pas l’isolement.

    Il faut faire vivre les routes de la soie, dans les deux sens. Les Chinois sont comme … les Taïwanais : ils préfèrent une société ouverte à une société fermée. Ce n’est pas à l’Occident de fermer les frontières, de se renfermer, de se replier. Scholz n’est pas Daladier, Biden ne sera pas Churchill. On n’en a pas besoin, heureusement.

    Le danger serait de limiter les échanges avec la Chine 

    Il serait idiot de penser l’avenir du monde sans la Chine. Ne céder ni à la fascination, ni à la peur. Xi a raison, comme Poutine, comme Khomeini : l’Occident est très fort. L’avenir de la Chine pourrait être radieux, une fois que Xi aura abandonné son « rêve chinois », qui est tout sauf le paradis. Le système totalitaire, celui de Hong Wu comme celui de Xi, disparaitra. « Vaincre l’ennemi sans combattre », n’est-ce pas le summum de la stratégie ? 

    Une société ouverte est plus forte qu’une société fermée. Il y a peu de chances que Xi soit aussi stupide que Poutine. Il y a donc peu de chances qu’il choisisse une confrontation militaire ; peu de chances que les États-Unis perdent leur première place mondiale, en termes de monnaie, de défense, d’alliances, d’influence, de recherche. Il n’y a donc aucune raison pour l’Europe de limiter les échanges avec la Chine. Les rééquilibrer est une autre affaire.

    La vraie menace chinoise, ce sera quand la Chine éclatera

    La vraie menace chinoise, ce sera quand la Chine éclatera. Alors viendrait le temps des troubles. Mais peut-être, au lieu d’éclater, se transformera-t-elle en une société plus libre… Alors elle aurait toutes les chances d’être la première puissance mondiale, mais elle ne le fera pas, tant qu’il y aura des Xi et des soldats d’argile. Aux pieds d’argile, justement.

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 28.11.22

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 28.11.22

    Bonjour à tous, on est le lundi 28 novembre, dans votre flash dédié aux Français de l’étranger, la condamnation du Lycée français d’Alicante à rembourser les frais scolaires du confinement, cap sur le Téléthon et les Français derrière les Bleus.

    A Alicante, la Mission Laïque français va devoir rembourser 35% des frais de scolarité 

    C’est la décision de la justice régionale espagnole, le juge a considéré que les choix pédagogiques, pris par l’établissement qui a peu misé sur les cours en distanciel, privilégiant des travaux personnalisés et un accompagnement téléphonique, étaient une rupture contractuelle du service. La famille à l’origine du conflit, cette dernière refusant de payer l’année scolaire, va voir sa dette réduite de 35% sur les mois où le confinement a été appliqué dans la région. Comme le reconnait le président de LMF, Jean-Marc Merriaux, cela crée une jurisprudence locale et ils rembourseront tous les parents qui en feront la demande. Cette décision risque de donner des idées à des associations de parents d’élèves ! Une judiciarisation des relations que le député des Français de la péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, appelle à éviter, pour lui il est temps de tourner la page. 

    Alicante

    Le Téléthon pour les Français de l’étranger 

    Le week-end prochain, les 3 et 4 décembre, c’est le Téléthon en France. Un gigantesque marathon caritatif auquel sont appelés à participer les Français de l’étranger. De Bruxelles à New-York, en Indonésie ou au Maghreb, les initiatives sont nombreuses. Autre solution, participer à la course à pied en ligne que propose l’Union des Français de l’étranger (UFE). Vous retrouverez toutes les actions prévues dans le dossier disponible sur le site Lesfrancais.press.

    Téléthon 2022

    En France le boycott du Qatar oui mais à la télévision 

    Si les appels à ne pas participer à la Coupe du monde sont suivis, dans les bars, les Fan Zones et autres, les Français soutiennent tout de même leur équipe comme le révèlent les audiences des matchs. Samedi, à un horaire (17h) moins favorable que lors de leur entrée en lice, les Bleus ont mobilisé 11,59 millions de téléspectateurs sur TF1 lors de la victoire face au Danemark (2-1). Si ce résultat est en léger retrait par rapport à la première rencontre face à l’Australie, mardi en prime time (12,53 millions), la part d’audience est nettement supérieure avec 62,8% des téléspectateurs devant les Bleus, contre 48,1% mardi.

    C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour une nouvelle édition ! 

    Ecoutez le flash des expatriés

  • A Alicante, le Lycée français condamné à rembourser une partie des frais scolaires perçus pendant la pandémie

    A Alicante, le Lycée français condamné à rembourser une partie des frais scolaires perçus pendant la pandémie

    Le Lycée français d’Alicante, géré par la Mission laïque française, a été poursuivi en justice au tribunal régional par les parents d’un de ses élèves alors que ces derniers avaient refusé de payer les frais pour l’année scolaire 2019/20, alléguant que la continuité pédagogique n’avait pas été assurée. Pour ces parents, la mise en place du distanciel était une rupture du service. Le tribunal d’Alicante, après plusieurs retournements, a décidé de suivre ces derniers.

    Une seule famille

    Le 21 mars 2021, le lycée français international Pierre Deschamps d’Alicante a déposé une demande de paiement solidaire de la somme de 1335 euros, plus intérêts, plus frais, à l’encontre d’un parent qui a refusé de payer les frais de scolarité et qui du coup a déscolarisé son enfant de l’établissement.

    Le 7 novembre 2022, le lycée français international Pierre Deschamps d’Alicante a ratifié sa demande auprès du tribunal et le parent a aussi ratifié son refus de payer.

    Le juge a alors procédé à demander aux parties intéressées de régler leur différent à l’amiable, estimant que 30% de réduction serait la juste mesure à l’encontre du parent. L’établissement a refusé cette proposition et a demandé le paiement du montant total.

    Le 23 novembre 2022, le juge a procédé au jugement de ce litige, condamnant ainsi le LFIA à appliquer 35% de réduction sur la somme demandée, estimant que l’entreprise n’avait pas rempli ses obligations de prestations de service.

    La cour a souligné que le confinement fut une situation surprenante pour toutes les parties concernées, mais il n’en est pas moins vrai que de nombreuses écoles ont pu s’adapter à cette nouvelle situation en maintenant les cours en ligne dans leur intégralité, ce qui ne s’est pas produit dans cet établissement, donc compte tenu de cette réduction du service contracté, le juge a convenu de modérer le pourcentage des droits fixés à 35% au cours des mois où le confinement était en vigueur.

    35% de remboursement pour tous ?

    La décision du tribunal imposerait donc au Lycée français de réduire les frais de scolarité des élèves pour le trimestre concerné. Cela crée donc une jurisprudence qui va contraindre la Mission Laïque française à rembourser les parents visés par la procédure comme le reconnaît le président de l’association dédiée à l’éducation hors de France depuis 1902, Jean-Marc Merriaux.

    « Nous sommes au bout du processus juridique. Cela crée une jurisprudence mais à la portée, exclusivement, locale. Nous allons donc rembourser les parents de cet élève.« 

    Jean-Marc Merriaux, président de la Mission Laïque française

    Si le Lycée français d’Alicante va, évidemment, se plier à la décision de justice, la Mission Laïque française regrette cette décision qui est prise sur la base d’heures de cours dispensés par vidéo et ce sans prendre en compte l’effort pédagogique qui a été porté par toute l’équipe de l’établissement scolaire.

    En effet, l’équipe de la Mission Laïque française a choisi pendant la pandémie de privilégier l’accompagnement personnalisé au maintien d’heures de cours en téléconférence.

    « Les professeurs appelaient personnellement chaque élève, pour les accompagner sur leurs propres difficultés rencontrées lors de la réalisation des exercices donnés, une solution que nous avons trouvé plus pertinente que d’imposer 8 heures d’écran aux élèves. Les études ont démontré l’inefficacité d’une telle méthodologie ».

    Jean-Marc Merriaux, président de la Mission Laïque française

    Sur la plan financier, la limitation du remboursement à 35% des frais sur quelques mois ne devrait pas mettre en danger le bilan de l’établissement et si cela s’avérerait, Jean-Marc Merriaux nous rappelle que les établissements de la Mission laïque française sont dans un réseau mutualiste, et ce dernier jouera son rôle si nécessaire.

    Une jurisprudence qui pourrait être dupliquée ailleurs ?

    Suite à cette décision, d’autres parents dans le monde pourrait être tentés de lancer d’autres procédures auprès de leur juridiction locale. La fédération des associations de parents d’élèves, l’UNAPE, se félicite, elle, de cette décision.

    « Durant le confinement, nombre de nos associations membres se sont manifestées dans ce sens envers les directions de leurs établissements respectifs et ce sans avoir eu gain de cause.« 

    Sabri KHELIF – Président de l’UNAPE 

    Pour Sabri Khelif, cette décision de justice avalise leurs revendications et les conforte dans leurs convictions. Un état d’esprit qui démontre une volonté de remettre le coût de la scolarité hors de France au coeur du débat. En effet, les frais d’écolage sont en nette augmentation, du fait de l’inflation, de rattrapage post Covid, etc., l’UNAPE espère donc que cette décision favorisera la prise en compte de leur demande de gel des barèmes.

    D’autres associations de parents d’élèves, elles, n’ont pas envie d’attendre un geste des établissements scolaires et portées par cette décision, réfléchissent à solliciter la justice dans leurs pays.

    Un risque que le corps politique comme l’AEFE perçoivent. L’Agence qui chapeaute tous les réseaux scolaires homologués rappelle que pendant cette période exceptionnelle tous les acteurs étaient mobilisés pour assurer l’avenir des enfants.

    « L’Agence rappelle que durant cette période, tous les établissements homologués, avec le soutien de l’opérateur public AEFE, ont été entièrement mobilisés et ont travaillé pour assurer la continuité pédagogique au bénéfice de tous les élèves« 

    L’AEFE au site Lesfrancais.press
    Stéphane Vojetta
    Stéphane Vojetta

    Pour le député des Français de la Péninsule ibérique, Stéphane Vojetta, s’il faut tirer leçon de cette décision de justice, il ne faut surtout pas rentrer dans une judiciarisation des rapports entre les établissements scolaires et les parents d’élèves. Pour lui, comme pour l’AEFE, il faut remettre dans le contexte et garder confiance dans le réseau qui a su se mobiliser.