À une très large majorité, le Parlement européen a levé jeudi (2 février) l’immunité parlementaire du député européen Nicolas Bay, membre du parti d’Eric Zemmour, Reconquête!, soupçonné de provocation à la haine.
Le 5 mai 2021, Nicolas Bay avait publié sur les réseaux sociaux une vidéo du chantier de la construction de la mosquée de Guichainville (Normandie) dans laquelle « il aurait affirmé l’existence d’un lien entre la construction des mosquées, la propagation de l’islam politique sur le territoire français et la perpétration d’actes terroristes », déclare la proposition de décision du Parlement européen.
« Il faut mettre fin à l’Islam politique […] il faut arrêter le communautarisme », affirme le député dans la vidéo.
À Guichainville dans l’#Eure, je suis devant une immense mosquée en construction qui accueillera également une école coranique. Le minaret de cette mosquée est le symbole d’une volonté d’affirmation qui n’a pas sa place sur notre sol ! #Normandie2021pic.twitter.com/qBbPdRN5Sp
La procureure générale de la Cour d’appel de Rouen avait alors demandé la levée de l’immunité de M. Bay, dans l’optique de pouvoir mener à bien « une enquête préliminaire du chef de provocation présumée à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ».
La proposition de décision précise par ailleurs que M. Bay avait été convoqué par la police en septembre 2021 : une convocation à laquelle il ne s’était pas présenté.
À ce jour, il n’a par ailleurs émis aucune excuse publique.
« La majorité docile, la majorité servile […] a voté pour la levée de mon immunité parlementaire […]. On ne lâche rien, j’irai me battre devant la justice française » a-t-il même lancé dans une vidéo au sortir du vote jeudi.
La Commission des affaires juridiques du Parlement européen avait déjà voté en faveur de la proposition mardi (31 janvier), à 18 voix pour et cinq contre, mais un vote en plénière était obligatoire pour entériner la décision.
Dans le même temps, les députés européens Marc Tarabella et Andrea Cozzolino, au cœur de l’affaire de corruption « Qatargate », ont aussi vu leur immunité levée.
Bonjour, bienvenue dans le dernier flash de la semaine, ce vendredi 03 février on revient sur la proposition de loi sur l’immigration en France et sur les grèves au Royaume-Uni, alors qu’en France le pays est en état de choc après l’assassinat d’une jeune lycéenne.
Gérald Darmanin veut moderniser le droit encadrant l’immigration en France
Aujourd’hui, près d’un habitant de l’Hexagone sur huit (12,9 %) est donc né hors de France dont 1,7 million de Français de l’étranger. Désormais, la population immigrée représente aujourd’hui 10,4 % de la population, contre 7,4 % en 1975 et 4,4 % après la guerre en 1946. En 2020, le solde migratoire, différence entre les entrées et les sorties, était de 215 000. Le texte du Ministre de l’intérieur se décline en vingt-cinq articles avec la création d’un un titre de séjour « métiers en tension » accessible aux travailleurs sans papiers mais aussi le conditionnement de l’octroi de titres de séjour pluriannuels à la maîtrise d’un certain niveau de français, la réforme de la procédure de demande d’asile pour raccourcir les délais d’instruction, le renforcement de la « double peine » en levant certaines protections à l’éloignement à l’encontre d’étrangers délinquants ou encore la possibilité de retirer un titre de séjour à un étranger « en cas de rejet des principes de la République ». Pour faire adopter la loi, le gouvernement devrait s’allier, comme pour les retraites, avec les LR.
Grève historique au Royaume-Uni
Mercredi 01 février, la mobilisation des professeurs, des cheminots et des agents publics a été importante dans les rues de Londres. Cette journée de grèves fut la plus importante depuis une décennie au Royaume-Uni. Le pays est plongé dans la crise par l’envolée des prix et les conséquences du Brexit. Les Français sur place subissent de plein fouet cette nouvelle situation économique, les conduisant, de plus en plus, sur le chemin du retour en France.
Royaume-Uni
Assassinat d’une lycéenne en France
Sihem Belouahmia a été retrouvée morte dans une forêt du Gard dans la nuit de mercredi à jeudi, a appris BFMTV ce jeudi matin, confirmant des informations du Parisien. La jeune femme de 18 ans était portée disparue depuis le 25 janvier dernier. Le soir de sa disparition, elle avait confié à des amies devoir rencontrer un homme de 39 ans avec qui elle avait une relation cachée. Ce dernier, ami de la famille mais braqueur violent, devait être d’ailleurs jugé par une cour d’assises mercredi alors qu’il était en garde à vue. Jeudi il a avoué le meurtre et indiqué où se trouvait le corps.
C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour une nouvelle semaine dédiée aux Français de l’étranger.
Après la présentation du projet de loi sur l’immigration en Conseil des ministres, mercredi 1er février, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est dit « certain » que le gouvernement arriverait à « un compromis sans dénaturer le texte ». L’occasion pour nous, Français de l’étranger, immigrés dans un autre pays, de faire le point sur l’immigration en France.
7,7 millions de personnes d’immigrés en France
La population immigrée représente 7,7 millions de personnes. Elle se répartit entre, d’une part, les étrangers immigrés (5,2 millions, soit 7,7 % de la population française) et, d’autre part, les immigrés naturalisés français (2,5 millions, soit 3,7 % ). Parmi la première catégorie, 800 000 sont nés en France. La population d’étrangers nés à l’étranger est donc de 4,5 millions, soit 6,6 % du total.
La population immigrée est donc en augmentation. Elle représente aujourd’hui 10,4 % de la population, contre 7,4 % en 1975 et 4,4 % après la guerre en 1946. En 2020, le solde migratoire, différence entre les entrées et les sorties, était de 215 000 (estimation Insee). En moyenne, selon l’Insee, « quatre immigrés entrent sur le territoire national lorsqu’un en sort ».
Les Français de plus en plus multiculturels
Autre composante du métissage culturel, les Français nés à l’étranger. Ils sont 1,7 million soit 2,5 % de la population. En les ajoutant aux 7 millions d’immigrés nés à l’étranger, on obtient 8,7 millions. Près d’un habitant de l’Hexagone sur huit (12,9 %) est donc né hors de France.
Parmi eux, 41 % des immigrés sont nés en Afrique, 32 % en Europe, 16,1 % en Asie et 10,9 % en Amérique et Océanie. À partir du milieu des années 2010, les femmes sont plus nombreuses à immigrer que les hommes (52 % en 2021).
Un avantage économique ?
Le projet de loi immigration examiné ce mercredi 1er février 2023 prévoit, parmi les mesures phares présentées par Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, la création d’un titre de séjour pour les « métiers en tension », qui permettrait de régulariser les travailleurs immigrés en situation irrégulière, autrement dit, les travailleurs sans papiers, ainsi que plus généralement de valoriser « l’intégration par le travail ».
Car si les immigrés sont, par les partis d’extrême-droite et même quelques personnalités de droite, la cause de tous les malheurs de la France, la réalité économique raconte une toute autre histoire. Comme au Royaume-Uni, qui est désormais privé des expatriés d’Europe de l’Est depuis leur sortie de l’Union européenne, les immigrés sont indispensables au bon fonctionnement de l’économie française.
Pourtant leur intégration à notre environnement économique reste une difficulté majeure. Ainsi en 2019, selon l’Insee, les immigrés ont un taux de chômage très supérieur aux personnes nées en France : 13,6 % contre 7,8 %. L’inégalité se creuse quand on ne considère que les immigrés non européens, pour lesquels le taux atteint 15,7 %. Cette situation s’explique par le différentiel de qualification.
Selon l’Observatoire des inégalités, « 40 % des immigrés de 15 à 64 ans disposent au maximum du brevet des collèges ou du certificat d’études primaires, contre 26 % pour l’ensemble de la population de cette tranche d’âge vivant en France ». Par ces données, le ministère de l’Intérieur justifie la création d’un titre de séjour spécifique. Une politique qui est courante dans de nombreux pays comme le Royaume-uni, le Canada, les USA, l’Australie, etc.
Moderniser l’accueil des réfugiés et des immigrés économiques
Mais Gérald Darmanin propose une loi aux implications beaucoup plus larges. Le texte se décline en vingt-cinq articles avec donc la création d’un un titre de séjour « métiers en tension » accessible aux travailleurs sans papiers mais aussi le conditionnement de l’octroi de titres de séjour pluriannuels à la maîtrise d’un certain niveau de français, la réforme de la procédure de demande d’asile pour raccourcir les délais d’instruction, le renforcement de la « double peine » en levant certaines protections à l’éloignement à l’encontre d’étrangers délinquants ou encore la possibilité de retirer un titre de séjour à un étranger « en cas de rejet des principes de la République« .
Ainsi la finalité de tout cela selon l’opposition, serait de gonfler les chiffres de l’application des OQTF (obligation de quitter le territoire français), pour l’instant en dessous des 10%.
Autre point du projet de loi qui fait débat, faire qu’un juge unique ait la possibilité de prendre les décisions, plutôt que de fonctionner de manière collégiale. Sur le principe, cela doit permettre d’accélérer les procédures d’asile et d’expulser plus rapidement. Dans le même temps, seraient mises en place des chambres territoriales pour faciliter l’accessibilité des demandeurs sur le territoire. Il est aussi prévu de regrouper les agents de l’Office français de l’immigration et l’intégration (Ofii), de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et des préfectures sous la bannière « France Asile » afin de traiter plus rapidement les dossiers.
Le vote à l’Assemblée nationale
Alors que tous les yeux sont tournés sur le projet de loi retraite qui commence à être discuté en commission à l’Assemblée Nationale, l’adoption de cette loi par le parlement s’annonce aussi très délicate.
Comme pour le projet de réforme des retraites, pour que la loi soit adoptée, ses deux auteurs, les ministres Olivier Dussopt et Gérald Darmanin, comptent passer un accord avec la majorité de droite du Palais du Luxembourg. Assiste-t-on à l’esquisse d’une alliance durable entre Renaissance et Les Républicains ?
La Commission européenne s’est engagée à continuer à apporter son soutien aux exportations agricoles ukrainiennes tout en abordant les préoccupations croissantes concernant les perturbations du marché aux frontières de l’UE avec le pays en guerre. Elle entend le faire au moyen de mesures de soutien de la Politique agricole commune (PAC).
Grâce au succès de l’initiative européenne des couloirs de solidarité, ainsi qu’aux mesures visant à faciliter l’exportation des produits agricoles ukrainiens par toutes les voies possibles et au programme de libéralisation des échanges, un important volume de céréales ukrainiennes a déferlé le marché européen.
Le programme de libéralisation des échanges a été mis en place pendant un an et a permis de suspendre les droits de douane et les quotas sur les importations de produits agroalimentaires en provenance d’Ukraine.
Si toutes ces mesures ont apporté un soutien indispensable au pays déchiré par la guerre, l’augmentation significative des produits agricoles sur les marchés a également plongé les États membres voisins, à savoir la Hongrie, la Roumanie et la Pologne, dans un profond désarroi.
À ce titre, la Commission a déjà indiqué qu’elle allait bientôt entamer le processus de réexamen de ce programme de libéralisation des échanges, suite à « la pression croissante des États membres ».
En outre, des sources ont confié à EURACTIV que la Pologne a déposé, lundi (30 janvier), une déclaration commune lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, soulignant les problèmes liés à l’augmentation des importations agricoles en provenance d’Ukraine et la nécessité de soutenir les agriculteurs de l’UE face à cette situation. La déclaration était signée par la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie.
Lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des ministres de l’Agriculture, le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski a démenti des rumeurs selon lesquelles certains États membres feraient pression en faveur d’une restriction ou d’une interdiction des exportations de céréales ukrainiennes.
« Pas un seul État membre n’a dit que des restrictions ou une interdiction du commerce avec l’Ukraine seraient une option. » Il a souligné que, au contraire, les États membres de l’UE étaient unis dans leur soutien à l’Ukraine.
En outre, une ébauche du communiqué du sommet UE-Ukraine de ce vendredi (3 février), consultée par EURACTIV, indique que l’UE « examinera la demande de l’Ukraine de prolonger les mesures au-delà de la validité actuelle », soulignant les « effets de renforcement du commerce » de la suspension temporaire de tous les droits de douane.
Si toutes ces mesures ont apporté un soutien indispensable au pays déchiré par la guerre, l’augmentation significative des produits agricoles sur les marchés a également plongé les États membres voisins, à savoir la Hongrie, la Roumanie et la Pologne, dans un profond désarroi. [SHUTTERSTOCK]
Tensions dans le secteur agricole européen
Le commissaire a toutefois reconnu le lourd fardeau que les États membres de l’UE limitrophes de l’Ukraine doivent supporter, en donnant l’exemple du secteur de la volaille, qui a été lourdement touché, notamment en Pologne.
Cela est dû à « une énorme entreprise en Ukraine qui contrôle plus de 70 % du marché », a expliqué le commissaire, insistant sur la détresse des producteurs de la région et soulignant que des mesures doivent être prises pour y remédier.
Le commissaire européen a déclaré que la discussion avait plutôt porté sur les moyens de soutenir les États membres les plus touchés, un point corroboré par de multiples sources présentes dans la salle.
« Comment aider les agriculteurs qui ont été touchés ? C’est ce sur quoi nous nous sommes concentrés : la question est de fournir une aide à la communauté agricole et non de restreindre ou d’interdire les importations en provenance d’Ukraine », a-t-il souligné, ajoutant que la Commission « ne laissera pas les agriculteurs seuls » dans cette lutte.
De même, des sources présentes à la réunion ont indiqué à EURACTIV que les États membres ont demandé à la Commission de « proposer des instruments pour soutenir les producteurs de l’UE des pays voisins de l’Ukraine qui sont confrontés à des difficultés ». Ces difficultés sont principalement causées par une « très sérieuse augmentation » des importations de produits agricoles ukrainiens sur le marché de l’UE.
Cependant, selon le commissaire, le « jury n’a pas encore décidé » de la forme que pourraient prendre ces programmes de soutien.
M. Wojciechowski a suggéré l’idée de recourir à l’aide au stockage privé, une forme traditionnelle d’intervention publique de l’UE qui vise à rééquilibrer un marché perturbé en réduisant une offre excédentaire à court terme.
L’aide au stockage privé est autorisée par la législation européenne pour certains secteurs tels que le sucre blanc et les produits laitiers, mais elle doit être évaluée et approuvée par la Commission au-delà d’une certaine limite.
Le stockage temporaire est l’une des mesures de soutien prévues par le règlement relatif à l’organisation commune des marchés agricoles (OCM), la partie du programme de subventions agricoles de l’UE qui constitue le filet de sécurité pour les agriculteurs en cas de crise du marché, permettant de contrer, par exemple, un effondrement des prix.
M. Wojciechowski a également réitéré son intention d’activer un autre outil inclus dans la PAC, la réserve de crise agricole, dotée de 450 millions d’euros et qui peut être utilisée pour financer des mesures exceptionnelles visant à contrer les perturbations du marché affectant la production ou la distribution.
Ce fonds a été déclenché pour la première fois en avril dernier, à la suite de l’attaque de la Russie contre l’Ukraine. Pour l’activer de nouveau l’année prochaine, il faudrait l’accord des 27 ministres de l’Agriculture de l’UE.
Bien que le commissaire ait déclaré qu’il n’existe pas encore de soutien unanime parmi les États membres pour une telle mesure, il a promis de présenter au Collège des commissaires une initiative visant à activer la réserve de crise.
« En tant que commissaire à l’Agriculture, je vais faire tout mon possible pour m’assurer que les agriculteurs de ces pays […] reçoivent un soutien et une compensation pour le stockage de volumes excessifs », a déclaré M. Wojciechowski, soulignant que le problème doit être abordé « dès maintenant ».
Depuis septembre 2022 et le soulèvement initié par la colère populaire née du meurtre de Mahsa Amini, les autorités iraniennes usent de tous les moyens possibles pour dissiper la révolte et éconduire les résistants. Des moyens visibles et radicaux : répression violente, tortures, exécutions publiques. Mais également des moyens plus “discrets“. Comme un paradoxe, le pouvoir aux lois moyenâgeuses promeut la cyberguerre comme l’un de ses leviers les plus sérieux. Le fait est qu’après la Chine, l’Iran dispose de la deuxième cyber-armée au monde en nombre…
L’état-major général des forces armées a récemment informé l’ensemble des forces militaires que les bataillons cybernétiques allaient devoir effectuer des exercices. Exercices actuellement en cours, et jusqu’à la fin de l’année iranienne au moins, dans toutes les provinces du pays. En outre, l’organisation de l’espace virtuel du régime est tenue de vérifier chaque semaine les performances de ces bataillons et d’en rendre compte au commandant de l’armée de Téhéran dans toutes les régions.
Une guerre d’image
Ainsi, les méthodes du régime en matière de propagande ont évolué. Désormais, la cyber-armée se focalise sur la production de contenus sur la toile ; textes, photos, clips vidéos, instructions, punchlines… Tout est fait pour donner l’impression de posts ou de commentaires spontanés louant le régime et destinés à créer le doute dans les esprits rebelles. Seulement, dans l’urgence, le pouvoir iranien a dû brûler des étapes et les internautes ne restent pas dupes longtemps de ces messages à la gloire du guide suprême… Il semble d’ailleurs que l’un des messages les plus fréquents à l’heure actuelle sur les réseaux soit : « Est-ce que votre post est payé ? » Il apparaît même que, dans un souci de discrétion et d’anonymat complet, les fameux paiements s’effectuent aujourd’hui en cartes cadeaux !
La cyber-intimidation !
Un autre phénomène courant ces derniers mois, surtout dans les réseaux sociaux utilisés par le régime, est un phénomène appelé » cyber-intimidation. » Il est défini de telle sorte que divers types de technologies de l’information et de la communication sont utilisés de manière planifiée, répétée et hostile par un individu ou un groupe (plus ou moins anonymes) à des fins de harcèlement. Messages à caractère sexuel, menaces physiques et psychologiques, obscénités gratuites, diffamation, moqueries, publication de mensonges nuisant à la réputation… Tous les moyens sont bons. Régulièrement soulevée depuis 1999 comme un problème social dans le réseau virtuel, la cyber-intimidation est aujourd’hui devenue une arme destinée à briser les liens unissant les gens du peuple, à casser leur confiance et à détruire leur psyché.
Senator Mike Lee, R-Utah., takes a photo of a poster featuring tweets from Nikki Haley and Ali Khamenei during the Senate Judiciary Committee hearing on « Breaking the News: Censorship, Suppression, and the 2020 Election », in Washington, U.S., November 17, 2020. Bill Clark/Pool via REUTERS – RC235K9NJQL0
Les cybers-tactiques du régime
Le fait est que depuis le début du soulèvement, les anciennes méthodes utilisées par le gouvernement (comptes publics sur les réseaux sociaux) ne sont plus efficaces, la population déjouant la propagande avancée par l’Etat. Ce dernier a dû évoluer et use dorénavant de “déguisements“ pour poursuivre son travail de sape. Il n’est pas rare de trouver un compte prétendant renverser le régime parmi les défenseurs du pouvoir en place. De manière générale, les comptes sur les réseaux sociaux peuvent être divisés en cinq catégories.
Première catégorie : comptes à fort volume et travail robotique
Il s’agit ici d’une ancienne méthode remise au goût du jour, nommée “opération like“. Ces comptes opèrent en grand volume avec un travail robotique classique, à savoir encombrer, submerger voire saturer l’espace virtuel de messages pro-régime afin de minimiser l’impact des posts et hashtags pro-révolution.
Deuxième catégorie : des comptes variables en fonction des besoins quotidiens du régime
De nombreux comptes créés par la cyber-armée du régime changent quotidiennement de nature, de nom, voire de couleur politique. Un jour monarchiste, le lendemain fondamentaliste ou réformateur pour finir révolutionnaire une semaine plus tard, selon les besoins de communication du régime. Ces comptes conservent une exposition totalement libre sans aucune crainte. De plus, l’historique de ces comptes trahit leurs fonctions puisque de nombreux posts sont en contradiction les uns avec les autres. L’objectif recherché par l’alimentation de ces bots est la division, la méfiance au sein de la société iranienne et le désespoir assorti de la peur de manifester. Des milliers de comptes répètent ainsi les mêmes formulations aux mêmes instants, donnant l’impression d’une vague d’expression spontanée destinée à maintenir le peuple sous la coupe du régime.
Troisième catégorie : les comptes au nom de « insurgés » ou « royalistes » ou…
Il existe également toute une série de comptes prétendument attribués aux insurgés émanant de divers groupes ou groupuscules désireux de renverser le régime. Or, ces comptes sont rattachés au ministère de l’information et destinés à collecter des informations sur les insurgés et résistants s’y connectant. L’autre intérêt de ces comptes pour le régime est de semer le doute dans les esprits des exilés, leur laissant penser, par exemple, que les royalistes disposent d’une large base dans la population, créant ainsi une peur, une déception voire des divisions artificielles au sein des opposants.
Quatrième catégorie : les comptes connus sous le nom de comptes Twitter et Instagram et…
Ces comptes, aux comportements délibérément voyous, opèrent sous le couvert de l’anti-régime. Leurs noms sont souvent étranges. D’abord, ils essaient d’attirer des adeptes en écrivant continuellement du contenu quotidien afin d’avoir une base. Ensuite, ils peuvent largement publier de fausses nouvelles et spécifiquement contre la résistance. Leur objectif est de créer des ondes déviantes et de diffuser des fake news en attaquant les forces de la résistance.
Cinquième catégorie : entrer dans les comptes influents
La cinquième catégorie n’est pas un phénomène nouveau, mais son expansion dans le récent soulèvement est très impressionnante. Cette catégorie regroupe les comptes influents qui ont des identités et des visages connus. La plupart de ces personnes sont les idéologues d’hier (par exemples partisans de Khatami ou de Rohani) ou ceux qui ont des intérêts dans ce régime, et certains sont en fait des salariés du régime dont les revenus proviennent du réseau social utilisé. Ils vivent pour la plupart en dehors de l’Iran. Leur contenu sur les réseaux sociaux est apolitique, mais lorsque le régime en a besoin, ils agissent mieux que n’importe quelle publicité payée pour le régime en publiant un post, en remplissant un clip et en le diffusant à grande échelle. Leur premier objectif est la diabolisation de la résistance, en intimidant et en créant une vague de pression et de menaces contre ceux qui soutiennent la résistance en Iran et qui ont pris position contre le régime. Les propriétaires de ces sites sont à l’étranger, mais ils ont officiellement tweeté et posté qu’ils avaient voté pour Rohani lors des précédentes élections ! Bien entendu, certains d’entre eux ont effacé leurs précédents contenus en raison de l’atmosphère liée au soulèvement, mais dans tous les cas, ils sont ouvertement engagés dans l’aide au régime à différents moments.
Le cyber régime et le soulèvement démocratique du peuple iranien
La propagation du soulèvement démocratique du peuple iranien a conduit le régime, en plus de tous les cas mentionnés plus haut, à se tourner vers des actions complémentaires telles que l’achat des gens, l’utilisation de cellules dormantes et les hirondelles. On voit des lobbyistes, des journalistes, des analystes et des professeurs qui travaillent au service du régime. Certains d’entre eux sont d’anciens représentants ou ambassadeurs du régime et œuvrent désormais en tant que professeurs d’université par exemple. On trouve également des enfants célèbres du régime et des hommes d’affaires à l’étranger, apparaissant dans le mouvement, et travaillent en accord avec les intérêts du régime. Parmi eux, il y a aussi des non-Iraniens servant les intérêts du régime, actifs contre le soulèvement en plus de leurs prises de position régulières contre la résistance de l’Iran, leur cause principale.
Ces personnes travaillent dans différents secteurs d’activité, de l’enseignement des langues à la vente de sexe pour la santé en passant par le culturisme, la rédaction de journaux ou la mode. L’objectif de ces lobbyistes est toujours le même, tenter de discréditer le CNRI, faire croire à la remontée des royalistes pour affirmer que la seule solution politique pérenne est incarnée par le guide suprême et la théocratie. A n’en pas douter, nombre de ces “bon penseurs“ sauront retourner leur veste à l’heure de l’effondrement. Mais ils feront alors tout ce qu’ils peuvent pour promouvoir une alternative autoritaire aux mollahs, la maquillant, une fois de plus, sous le fard de la démocratie…
Depuis plusieurs années, la Chine est annoncée comme future première puissance économique mondiale relayant les États-Unis à la place de deuxième. Le passage de témoin était prévu avant la fin de la décennie. Au tournant du siècle dernier, cette place de premier de la classe avait été promise au Japon qui finalement ne l’occupa pas en raison de son entrée dans une longue dépression. La Chine pourrait connaître le même sort que le Japon sur fond de décroissance démographique et d’éclatement de la bulle immobilière.
Les signes d’une déflation
Après avoir été un des rares pays à connaître une croissance de son PIB en 2020, en pleine crise sanitaire, la Chine se dérobe depuis dans un contexte de politique de zérocovid et est en proie à une déflation larvée. L’inflation hors énergie et produits agricoles est faible, inférieure à 1 %. La demande intérieure qui progressait de 6 % par an dans les années 2010 augmente de moins de 3 % depuis 2021. Le taux d’épargne, en revanche, demeure élevé, 32 % en 2022 du revenu disponible des ménages quand il n’était que de 17 % en 2002. La demande est entravée par la hausse du taux de chômage qui est passé de 4 à 6 % de la population activé de 2020 à 2022. Celui des jeunes de 15 à 24 ans atteint plus de 11 % ; contre 10 % dans les années 2010. L’investissement des entreprises qui enregistrait des hausses de plus de 10 % par an entre 2010 et 2015 est désormais étale. Tous ces indicateurs sont les signes d’une déflation.
Parmi les facteurs qui contribuent à cette évolution de l’économie, figure le vieillissement de la population et tout particulièrement de la population active qui baisse depuis 2018. Face à la crainte d’une perte de revenus importante à la retraite, les Chinois augmentent leur effort d’épargne. Les dépenses publiques en faveur de la retraite sont faibles dans l’Empire du Milieu : moins de 6 % du PIB, contre plus de 12 % au sein des pays de la zone euro. Comme le système financier est peu développé et inspire faiblement confiance, les Chinois investissent dans l’immobilier.
Bulle immobilière et menaces protectionnistes.
Cette orientation de l’épargne a généré une bulle immobilière avec la construction d’un grand nombre de logements dont une part non négligeable est inoccupée. Les prix de ces derniers sont en baisse en raison de l’absence de rentabilité et par les ventes réalisées par les retraités pour maintenir leur pouvoir d’achat. La Chine est également menacée par la montée du protectionnisme.
La croissance du commerce international s’est fortement ralentie. Le gouvernement chinois avait longtemps espéré compter sur le moteur de la demande interne pour suppléer le commerce extérieur or cet espoir ne s’est pas réalisé.
Les États-Unis attirent toujours les meilleurs chercheurs de la planète
Pour contrer la menace déflationniste, les autorités chinoises augmentent les dépenses publiques. En 2022, le déficit public a atteint 4 % du PIB. Elles diminuent les taux d’intérêt pour essayer de relancer l’économie. Les taux interbancaires à un an sont ainsi passés de 5 à moins de 3 % de 2012 à 2022. Elles recourent aux mêmes armes que celles utilisées par les pays de l’OCDE dans les années 2010.
Les États-Unis conserveront leur rôle de numéro 1 quelques années de plus grâce au maintien de forts gains de productivité et à une population active en augmentation. Ce pays continue à attirer les meilleurs chercheurs et ingénieurs de la planète ainsi que de nombreux jeunes actifs à faible qualification.
Des milliers d’enseignants ont manifesté à Londres ce mercredi. Mobilisation des cheminots et des agents publics également pour la journée de grèves la plus importante depuis une décennie au Royaume-Uni. Le pays est plongé dans la crise par l’envolée des prix.
Journée historique de grèves
Au lendemain d’une journée de mobilisation sociale en France contre la réforme des retraites et à la veille des 100 premiers jours au pouvoir du Premier ministre conservateur Rishi Sunak, jusqu’à un demi-million de Britanniques sont appelés à débrayer pour réclamer des meilleurs salaires. La fédération syndicale TUC a prévenu que ce serait « la plus grosse journée de grèves depuis 2011 » avec pour la première fois en plusieurs mois de mouvements sociaux au Royaume-uni la participation des enseignants.
Plusieurs milliers d’écoles sont notamment fermées à l’appel du syndicat d’enseignants NEU, contraignant des parents, parfois informés au dernier moment, de rester chez eux pour garder leurs enfants. A l’image de mouvements sociaux relativement soutenus par l’opinion, plusieurs organisations de parents d’élèves ont publié une déclaration commune dans laquelle elles disent « soutenir » le mouvement, pointant « les conséquences d’années de sous-financement » dans les écoles.
Les dernières négociations n’ont rien changé pour la profession. La ministre de l’Education, Gillian Keegan, affirme que les syndicats en demandent toujours plus : « C’est vraiment décevant. Ça crée tellement de perturbations, regrette-t-elle. Ils choisissent aujourd’hui de se mettre en grève, évidemment pour rejoindre d’autres secteurs, mais ils n’étaient pas obligés d’en arriver là. Nous avons encore des discussions et j’y participe toujours avec un bon état d’esprit. »
Bienvenue dans le flash du 02 février, aujourd’hui on découvre les Instituts régionaux de formation de l’AEFE, on revient sur la mort de notre compatriote en Suisse, et on revient sur le mouvement contre la réforme des retraites.
Lancement des IRF
Les Instituts régionaux de formation pour les professeurs du réseau scolaire hors de France continuent de se déployer. Déjà 8 centres sont ouverts dans le monde. Ils ont vocation à accueillir les professeurs en poste pour assurer la formation continue mais aussi ils devront assurer la mise à niveau de professeurs non issus de l’Education nationale et engagés directement sous contrat local par les Lycées. Une disposition que soutient la majorité, vous pouvez écouter le podcast avec la sénatrice Samantha Cazebonne à l’origine de la loi sur Lesfrancais.press.
Formation des professeurs à l’étranger
En Suisse, une Française décède avec son compagnon belge
En Suisse, les accidents mortels de randonnée ont tendance à augmenter année après année. 67 ont été recensés en 2021, soit le chiffre le plus élevé depuis 2012. Notre compatriote âgée de 42 ans en a été victime, disparue depuis le 24 janvier à la suite d’une randonnée, son corps a été retrouvé dans les éboulis liés à une avalanche ce lundi.
2 Français sur 3 opposés à la réforme des retraites
Le soutien au mouvement social contre la réforme des retraites se confirme. Ainsi, selon le sondage « L’Opinion en direct » conduit par l’institut Elabe et publié ce mercredi, les deux tiers – 64% exactement – des Français souhaitent une poursuite de la mobilisation. Les appels à la grève du 7 et 11 février seront donc normalement forcément suivis.
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve demain pour le dernier bulletin de la semaine !
Samantha Cazebonne est sénatrice des Français de l’étranger (Renaissance), par sa carrière comme proviseure dans le réseau des Lycées Français de l’étranger, elle est la cheville ouvrière au parlement de l’AEFE. Parmi ses nombreuses propositions pour maintenir la qualité de l’enseignement hors de France, les Instituts régionaux de formation (IRF) est la mesure phare de cette année 2023. Dans ce podcast, elle revient pour nos auditeurs sur les enjeux de la formation des professeurs à l’étranger.
En remplacement des anciens « établissements mutualisateurs », les Instituts régionaux de formation (IRF) doivent répondre aux besoins accrus en formation. Ces nouveaux centres, qui sont basés dans l’un des établissements de la zone, sont conçus comme un « renfort quantitatif et qualitatif à la formation au bénéfice de tous les personnels« .
Cependant, les syndicats en ont une autre vision. Pour eux, c’est surtout un outil pour recruter des professeurs, hors Education nationale, qui seront embauchés sous contrat local. Une démarche qu’ils dénoncent, eux voudraient voir le contingent de professeurs détachés de France renforcé. Deux problèmes empêchent leur voeux de se réaliser. Dans l’hexagone, la pénurie de professeurs est importante et le budget de l’AEFE, pour ce poste, n’a pas été revalorisé. La directrice communication de l’AEFE, Anne Boulakia, nous révélait, il y a quelques jours, que le nombre de professeurs mis à disposition par le ministère de l’Education nationale reste constant et ce malgré le développement du réseau.
Samantha Cazebonne, qui est à l’origine de la loi créant ces IRF, en appelle donc au pragmatisme et à la recherche de l’efficacité.
« Nous avons besoin de personnel détaché de l’Education Nationale, c’est indispensable, c’est un socle qui doit rester inchangé. Je comprends que certains veulent voir la logique du service public se déployer à l’étranger. Mais le développement est pris en charge par le privé, ce qui amène à devoir gérer des professeurs issus du droit local. Nous devons donc répondre aux besoins de formation »
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’Etranger
Dans le podcast, Samantha Cazebonne explique que ces décisions permettent aussi de maintenir les frais de scolarité au niveau actuel. Pour la sénatrice, si l’ensemble des professeurs étaient détachés, les coûts d’écolage seraient triplés.
Un zonage historique
16 zones ont été créées, en reprenant simplement celles existantes précédemment, c’est une décision de l’AEFE. Samantha Cazebonne fait confiance à l’AEFE pour compléter le réseau avec des annexes qui devraient se déployer dans les prochains mois.
Elle souhaite que les zonages soient pensés pour répondre aux besoins locaux, la création d’annexes va dans le bon sens.
Une formation continue
Si les IRF vont former les nouveaux professeurs, ils sont aussi ouverts à tous les professeurs qui veulent compléter leur formation.
Les Instituts régionaux de formation seront donc aussi ouverts aux professeurs en poste, détachés inclus. Cette « mise à niveau » sera évidemment prise en charge par l’AEFE et les établissements tant sur la formation en elle-même mais aussi les coûts annexes.
Pour les arrivants, les critères de recrutement pour participer à cette formation, et donc devenir professeur homologué pour le réseau, sont similaires à ceux existants en France. Tous les postulants auront un parcours universitaire sanctionné par un diplôme reconnu internationalement.
Un lancement par étapes
Actuellement, 7 à 8 IRF sont déjà actifs. Les autres centres sont bloqués par des dispositions juridiques. Selon les pays, les normes et critères pour ouvrir un centre de formation dédié à l’enseignement ne sont pas identiques.
« Ce n’est pas tout à fait égal en matière de déploiement, certains sont déjà en situation, tandis que d’autres sont freinés par des contraintes juridiques locales. N’étant pas sur le territoire français, nous devons obtenir des autorisations qui prennent parfois du temps »
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’Etranger
L’objectif reste, cependant, que tous les IRF soient opérationnels au cours de cette année. Pour le réaliser toutes les parties prenantes devront prendre leurs responsabilités. La gouvernance des IRF qui a été repensée devrait favoriser la création d’une dynamique positive. Parents d’élèves, syndicats et administration seront réunis autour de la table au cours du mois de mai pour faire un point d’étape du déploiement et chacun pourra s’exprimer et faire remonter les écueils rencontrés s’il y en a.
Une mission confiée par Pap Ndiaye
Samantha Cazebonne va suivre de près le déploiement mais aussi, à travers une mission confiée par le ministre de l’Education Nationale, va travailler à une meilleure valorisation du corps professoral.
Pour cela, comme en France, avec le ministère, elle imagine une politique de certification des savoirs acquis au fil des formations continues dispensées par les IRF.
« J’ai hâte de m’engager, dans les prochains mois, sur cette nouvelle dimension que nous allons donner aux IRF, c’est à dire les certifications. »
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’Etranger
Mais elle invite, aussi, les acteurs de l’Education hors de France à faire émerger d’autres solutions qui correspondent à leurs besoins spécifiques comme l’enseignement des langues étrangères et le développement de parcours bilingues.
« Si on a besoin d’autres services, on doit convaincre la France »
Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’Etranger
Ainsi l’année 2023 sera charnière, les dispositions prises devraient solutionner la pénurie de professeurs dans le réseau. Samantha Cazebonne le souhaite et prend rendez-vous dans 6 mois avec tous pour établir un premier bilan.
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