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  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 13.01.23

    Bonjour à tous, on est vendredi 13 janvier, bienvenue dans votre édition dédiée aux Français résidant hors de France, aujourd’hui on parle du dernier livre de l’ambassadeur Charles Malinas, de la création d’une unité commune à l’Otan et l’UE et on finit par les origines françaises du vendredi 13. 

    Un intermède centrafricain 

    C’est le titre du dernier livre de Charles Malinas, que vous pouvez commander sur Amazon ou la Fnac où que vous soyez, qui revient sur le mandat d’ambassadeur que l’auteur occupa de 2013 à 2016. Alors que l’armée française fut chassé, sous la pression russe, du pays en 2022, Charles Malinas revient sur les relations entre les deux pays au cours de la dernière décennie. Sans langue de bois, il décrit les dernières heures de la Francafrique. Dans une interview disponible sur le site Lesfrancais.press, il revient aussi sur les conséquences de la réforme du statut de diplomate voulu par le gouvernement et qu’il ne soutient pas. Il avoue d’ailleurs que s’il sortait de l’ENA aujourd’hui, il ne serait pas sûr de choisir le corps diplomatique. 

    Charles Malinas à la résidence de France en 2013 à Bangui – Centrafrique

    Défendre les infrastructures européennes 

    Mercredi 11 janvier, l’Union européenne et l’Organisation du traité de l’Atlantique nord ont annoncé la création d’une «task force conjointe» visant à renforcer la protection des infrastructures critiques face aux potentielles menaces hybrides de la Russie. Cette initiative découle du sabotage des gazoducs sous-marins Nord Stream en septembre 2022, alors que les deux organisations cherchent à renforcer leur coopération en matière de sécurité suite à l’invasion russe en Ukraine.

    L’OTAN et l’UE

    Vendredi 13, une origine française 

    Pour finir cette semaine, en ce vendredi 13, on s’est posé la question de l’origine de cette mauvaise réputation. Et c’est donc l’histoire de France qui a fait de cette date un synonyme de malchance. En effet, le vendredi 13 octobre 1307 le roi de France Philippe IV, aussi connu sous le nom de le Bel, a fait arrêter tous les chevaliers du Temple, le Grand Maître Jacques de Molay et les dignitaires de l’ordre des Templiers dans la première opération de police coordonnée et secrète de notre pays. Alors que les Templiers étaient considérés comme intouchables, car dépendant du Pape, la population fut marquée par l’action royale et la date fut retenue comme celle où tout peut arriver, même le plus improbable. 

    C’est tout pour la semaine, profitez bien de votre week-end. On se retrouve lundi. 

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • « Un intermède centrafricain » – Rencontre avec l’ambassadeur Charles Malinas

    « Un intermède centrafricain » – Rencontre avec l’ambassadeur Charles Malinas

    Nous avons rencontré Charles Malinas, ancien ambassadeur en Centrafrique, pour son livre « Un intermède centrafricain » sorti en septembre 2022.

    La Centrafrique

    La France est le seul pays de l’Union européenne à avoir une ambassade à Bangui (où l’UE dispose aussi d’une délégation). Forte de sa relation ancienne et dense avec la RCA, elle continue de soutenir et d’accompagner la population centrafricaine dans le cadre d’un développement durable du pays. Plus de 700 Français, dont 455 binationaux, sont installés sur place.

    Au sein de l’Union européenne, la France a été à l’origine, en juillet 2014, avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Commission européenne, de la création du premier fonds européen multi-bailleurs pour l’urgence et le développement, le fonds « Bêkou », qui a rapidement permis l’adoption et la mise en œuvre de projets dans les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire, des infrastructures urbaines et de la relance économique et sociale. Il est aujourd’hui alimenté à hauteur de plus de 250 millions EUR. Cependant, l’armée française a été invitée à quitter le territoire.

    Charles Malinas

    Charles Malinas est l’ambassadeur qui plonge dans cette Afrique centrale mosaïque, sans a priori, sans leçons à donner, toujours à l’écoute mais également ferme et déterminé à la tête d’une équipe soudée et engagée, en totale confiance avec le commandement de Sangaris et Paris. Ancien élève de l’ENA, Charles Malinas a effectué sa carrière au Quai d’Orsay où il a notamment occupé plusieurs postes dans différents cabinets ministériels. Il a également été ambassadeur à Prague.

    Un Ambassadeur au cœur du tumulte centrafricain : un récit diplomatique de haut vol.

    C’est un livre qui comptera dans les annales des récits diplomatiques. Parce que l’on parle d’un moment fort de la politique africaine de la France, à savoir l’intervention militaire en Centrafrique de 2013 suivie d’une action politique intense pour soutenir un processus de paix au départ très incertain. 

    Ce livre doit tout à son auteur, Charles Malinas, qui tient la plume avec brio pour raconter ses deux années tumultueuses sur le terrain dans une « mission commando » qui le voit œuvrer aux côtés des militaires de la force Sangaris et animer une petite équipe de diplomates et coopérants au service de la paix et de la démocratie.

    Avec ces hommes et femmes embarqués comme lui dans ce pays au cœur de l’afrique, l’Ambassadeur Malinas imposera son atypisme lié à son franc-parler et sa personnalité forte dans un monde diplomatique où on préfère parfois les profils plus pasteurisés. Il va partout parler à tout le monde et noue des contacts qui seront durables avec les partenaires centrafricains qu’ils soient politiques, religieux, économiques ou associatifs. La force d’entraînement de l’Ambassadeur Malinas ce sont ses convictions, celles du dialogue, du respect de l’autre.

    Son professionnalisme c’est de savoir travailler avec tous les acteurs politiques centrafricains sans exclusive, sans parti pris, et avec un regard à hauteur d’homme qui témoigne du profond humanisme de cet homme attachant qui nous offre un livre remarquable, enlevé et instructif.

    Hélicoptère de l’armée française en Centrafrique © Charles Malinas

    Une mission à haut risque alors qu’un génocide se prépare

    Boris Faure : Charles Malinas, vous êtes nommé en novembre 2013 Ambassadeur de France en Centrafrique au moment où se déploient les 1500 militaires de l’opération Sangaris. La force française, sur mandat du conseil de sécurité des Nations Unies, se voit confier une mission périlleuse :  faire cesser la guerre civile en cours alors que des risques de génocide existent.

    Les défis qui vous attendent sont à haut risque : vous devrez faire le lien avec les militaires alors que la situation sur le terrain est inflammable entre milices chrétiennes et musulmanes. 

    Vous allez devoir mener une action  politique subtile avec les partenaires internationaux tout en développant un lien de confiance fragile avec le président Michel Djotodia et son entourage. 

    Ces derniers ont pris le pouvoir par la force en mars 2013, précipitant la chute du président Bozizé. La capitale, Bangui, est depuis paralysée et la population vit dans la peur. Vous avez jusque là un profil de diplomate europhile, spécialiste de la relation franco-germanique, un homme de Cabinet habitué à conseiller les ministres. Quand Alexandre Ziegler, directeur de cabinet de Laurent Fabius, vous propose ce poste, quelles sont vos premières pensées ?

    Une mission d’exception confiée à un Ambassadeur adepte de l’action

    Charles Malinas : Ma première pensée, ou plus exactement ma première réaction, c’est la surprise. J’avais refusé un très beau poste en Afrique et voilà que l’on m’en propose un autre, beaucoup moins « prestigieux ». D’abord je ne comprends pas. Mais lorsque Alexandre Ziegler me parle de l’envoi de la force, cela change tout. Il s’agit d’une mission d’exception, exception compte tenu de l’enjeu politique ou diplomatique, mais exception également parce qu’il s’agissait d’affirmer le rôle de la politique au sens de la diplomatie face à un dispositif militaire très important qui allait comporter de nombreux officiers, et par conséquent une force de réflexion tout à fait considérable, en comparaison avec une ambassade où nous serons beaucoup moins nombreux.

    Charles Malinas à la résidence de France ©Charles Malinas

    Si on me nomme là-bas c’est parce que l’ambassade doit exister et rester maîtresse de l’action politique de la France, en harmonie avec la force militaire, pas contre elle, mais pas en-dessous d’elle. Ce qui implique un peu de caractère, comme je l’écris dans mon livre, et grâce à cela la capacité de s’entendre avec un général – ce seront successivement trois généraux puis trois colonels – afin d’ avoir au total une mission unique, politico-militaire.

    Dans ces conditions, il était évident pour moi que j’allais accepter : j’aime le risque, l’engagement, les situations inhabituelles, loin de la routine diplomatique.

    Et l’entente avec les généraux puis les colonels sera totale, au profit de la mission ; à titre plus personnel il en restera de belles amitiés.

    Concilier des positions très opposées, un rôle de dialogue avec  tous les Centrafricains. 

    Boris Faure : Dans le livre se dessine le portrait d’un homme d’action. Vous vous donnez une méthode « aller partout, parler à tout le monde ». Il y a d’ailleurs en creux une critique contre l’Ambassadeur précédent, enfermé dans son Ambassade et coupé du terrain. Il y a des moments où la prise de risque physique se fait sentir. Quand vous prenez la parole au coeur du quartier musulman de Bangui, le Km5, face à une population animée par des sentiments antifrançais. 

    Dans tout le livre on sentira d’ailleurs que la présence de la France, ex nation coloniale, est regardée, épiée, parfois instrumentalisée, entre ceux qui voudraient s’attirer les bonnes grâces de l’Ambassadeur et ceux qui utilisent la France comme bouc-émissaire et paravent aux prédations des édiles locaux. Mais vous avez le mérite de rester neutre et de garder un lien constant avec Paris à qui vous rendez compte en permanence. Comment êtes-vous devenu cet homme d’action à la fois humain, touché par l’horreur des massacres ou par la mort d’une jeune photographe française, mais qui reste courageux et ferme sur ses principes ?

    Celui qui est surnommé le « gouverneur de Bangui » mise sur la parole et la création de confiance

    Charles Malinas : Je crois que j’ai toujours été un homme d’action. Donc si j’aime la réflexion et l’analyse, la réflexion et l’analyse pour elles-mêmes ne m’intéressent pas. C’est leur traduction dans les faits qui me paraît importante.

    Est-ce que j’ai été courageux ? Je n’en sais rien. Le courage, c’est je crois le fait de dominer sa peur ; à titre personnel je n’ai jamais vraiment eu peur tant j’étais protégé et tant je me sentais en confiance dans un pays qui avait accueilli la force française comme une force libératrice, une force de paix.

    Il y a eu évidemment des moments tendus, et même très tendus, mais c’est normal. De même, j’ai été amené à entrer en contact avec des gens qui avaient des responsabilités très lourdes dans le désastre qu’avait vécu le pays, mais ça faisait partie de la mission.

    Ce que je retiens au total, c’est que les Centrafricains, c’est-à-dire les autorités mais également toutes les personnes avec qui j’ai été amené à travailler, dans les partis, dans les associations, dans les groupements de toute nature de la société civile, m’ont accepté et de ce fait m’ont fait confiance. Il y a eu certes une ou deux exceptions de dirigeants, soit de groupes armés, soit politiques, qui ont refusé de travailler avec moi, mais c’était vraiment l’exception. Au moment de mon départ j’ai été reçu pour des rencontres d’adieu par des personnes avec qui j’avais été amené à travailler, mais aussi à m’affronter, parfois de manière très dure, mais qui reconnaissaient que l’action de la France que j’avais dirigée en étroite relation avec la force Sangaris avait été conduite dans un esprit de contribution, dans l’idée d’aider le pays et de ne pas se substituer à ses autorités.

    Fleuve à l’entrée de Bangui ©Charles Malinas

    La France aura aidé les autorités de la transition à faire leurs propres choix

    Charles Malinas : Cela peut paraître surprenant car on m’a parfois attribué des sobriquets comme « le gouverneur de Bangui », « Malinas premier empereur », « le proconsul », mais la réalité était que nous avons aidé les autorités centrafricaines de la transition à réaliser leurs choix, leur politique dans un contexte extrêmement difficile. Et les partenaires de la France ont agi, je crois, dans le même esprit, qu’il s’agisse des Nations unies, de l’Union africaine, de la CEEAC, de la Banque Mondiale, du FMI, ou des partenaires bilatéraux comme en particulier les États-Unis, le Cameroun ou le Congo.

    A l’heure des bilans : la conciliation entre les communautés comme acte fort 

    Boris Faure : Il nous faut faire le bilan de votre action politique et diplomatique : le calme va peu à peu revenir à travers le processus de désarmement dit DDR et RRS et la préparation des élections. Vous pratiquez le dialogue interreligieux et vous appuyez sur des réunions de conciliation pour organiser la médiation entre les communautés qui jusque là se déchiraient. Les élections en février 2016 permettent l’élection d’un nouveau président et se déroulent de façon satisfaisante contre toute attente. Quel élément de votre bilan vous procure le plus de fierté ?

    Charles Malinas : Ce qui me rend le plus fier, c’est sans doute ce pour quoi j’ai pris le plus de risques politiques, c’est-à-dire les actions de conciliation entre les communautés. Avant les événements de 2013, les communautés religieuses ne s’opposent pas en Centrafrique, elles cohabitent sans difficulté y compris au sein du gouvernement. C’est le lien entre la Séléka et les commerçants musulmans, lien opportuniste, qui va fausser les données et entraîner ces affrontements intercommunautaires. 

    L’initiative que nous avons prise sur la demande de responsables musulmans et chrétiens pouvait paraître étrange. En tout cas très inhabituelle s’agissant d’une ambassade qui n’était pas là pour intervenir dans une affaire totalement interne au pays. Pour autant, cette intervention m’a paru nécessaire car les tensions étaient telles qu’elles empêchaient le retour d’une paix possible et la tenue des élections. Elle faisait donc bien partie de la mission. Et le gouvernement centrafricain de transition n’était à ce moment là absolument pas en mesure, bien qu’il ait rassemblé des musulmans et des chrétiens, d’engager une telle démarche. Et d’ailleurs, les dirigeants qui sont venus me trouver pour que je le fasse ne l’ont pas demandé à l’autorité politique. L’ambassade s’est donc engagée dans cette voie, en accord avec la Force et bien évidemment avec l’accord de Paris. Et je ne remercierai jamais assez Alexandre Ziegler et Guillaume Lacroix de m’avoir appuyé à un moment où ils auraient pu considérer que l’engagement allait trop loin.

    Une satisfaction personnelle et pour la France : avoir aidé à surmonter les divisions.

    C’est donc une satisfaction personnelle, je ne vais pas m’en cacher puisque j’ai joué un rôle actif dans cette affaire, mais une satisfaction pour la France d’avoir aidé les Centrafricains à trouver le chemin d’un accord leur permettant de surmonter leurs propres divisions, sans pour autant jamais entrer dans le contenu de l’accord passé entre les communautés : ainsi que je l’explique dans le livre, les réunions que j’ai organisées à la résidence après avoir tenu les meetings dans les quartiers, je me suis contenté de les arbitrer sur la forme. En rien sur le fond. Et c’est pour cela d’ailleurs que cela a fonctionné : les points d’accord ont été élaborés par les Centrafricains eux-mêmes. Et je suis persuadé que le succès du Forum de Bangui qui a suivi a bénéficié des résultats concrets de cette initiative. Lors du Forum, même si les partenaires internationaux étaient présents, ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui ont défini les points sur lesquels il se mettaient d’accord, et comment il poursuivaient la tâche.

    En finir avec la Françafrique.

    C’est d’ailleurs je crois la clé de tout cela. En finir avec la Françafrique au sens de l’interventionnisme, agir en appui, en soutien, mais ne pas intervenir sur les choix au fond. Et rester modeste.

    De ce point de vue, après le retrait de Sangaris, c’est un sentiment d’abandon qui a saisi les Centrafricains, sentiment que je comprends totalement – je me suis battu contre cette décision de retirer la Force même s’il fallait la réduire, la force de paix des Nations unies n’était absolument pas en mesure de tenir le terrain, et elle l’a malheureusement montré.

    Aujourd’hui un sentiment d’abandon et l’arrivée de la Russie en Centrafrique

    Charles Malinas : Ce sentiment d’abandon et l’arrivée de la Russie à qui nous avons ouvert la voie entraîne un rejet relatif de la France. Je dis relatif car il ne concerne pas tous les Centrafricains, mais un nombre important. Pour combattre ce sentiment, il faudrait continuer d’agir dans ce pays de manière responsable, au contraire de ce qui a été fait : en coupant les aides budgétaires, en adoptant une attitude de pays offensé, vexé, en refusant comme je le vois encore aujourd’hui dans la presse, d’accorder un visa à des personnalités centrafricaines de premier plan, on ferme le dialogue alors que, loin de là, il faut l’entretenir par tous les canaux dont nous disposons, et ils sont nombreux, et ne pas lâcher nos amis centrafricains qui sont attachés à notre lien séculaire et qui considèrent que la France a un rôle à jouer dans le redressement du pays, indépendamment de la présence de telle ou telle force étrangère. Je ne dis pas que c’est facile à faire, je dis qu’il faut être dans cet état d’esprit.

    Des amitiés nouées qui survivent au départ de l’Ambassadeur du pays

    Boris Faure : On sent que vous avez développé de solides amitiés parmi les personnalités centrafricaines côtoyées sur le terrain. L’athée revendiqué est devenu l’ami du cardinal Dieudonné Nzapalaianga que vous décrivez comme un saint tant il oeuvre pour s’interposer et prêcher le pardon même quand des chrétiens se font massacrer. En Afrique avez-vous trouvé, sinon la foi, au moins un supplément de spiritualité  intérieure face à la mort et l’horreur grâce à l’exemplarité et l’amitié de certaines grandes âmes qui vous ont inspiré ?

    Charles Malinas : J’ai noué des amitiés fortes en Centrafrique. Des amitiés qui perdurent aujourd’hui. Au point que je peux dire que la Centrafrique reste mon second pays.

    Quant à la spiritualité, je ne suis pas certain de pouvoir répondre à cette question…

    J’ai en tout cas beaucoup d’admiration pour toutes les personnes qui ont pris des risques considérables pour ramener la paix, pour redresser le pays. Des risques personnels, sur leur vie.

    Une affaire injuste, le reproche du laxisme supposé sur l’attribution de visas

    Boris Faure : Il est difficile de ne pas évoquer l’affaire des visas, qui semble assez saugrenue aujourd’hui mais qui vous a conduit à être sanctionné pour un supposé laxisme dans l’attribution de ces titres de séjour aux Centrafricains. En tant que lecteur on ressent une grande injustice à découvrir que vous avez été débarqué de votre poste d’Ambassadeur à Prague, qui vous avez été proposé après la réussite de votre mission en Afrique. Vivez-vous cet épisode comme une blessure ? 

    Charles Malinas : J’ai évoqué à la fin du livre la sanction qui a été prononcée contre moi pour avoir « conduit une politique laxiste des visas ». Comme je l’écris, j’avais autre chose à faire qu’à m’occuper des visas et je ressens comme profondément injuste la façon dont j’ai été traité. Mais la page est tournée, et ce que les Centrafricains vivent aujourd’hui est autrement plus grave que ce qui m’est arrivé.

    J’ai été rappelé de Prague le 13 décembre 2016, sans pouvoir faire mes adieux à qui que ce soit, j’ai eu quelques heures pour quitter le pays. Ensuite j’ai vécu cinq années extrêmement difficiles.

    Aujourd’hui, la page est heureusement tournée.

    Le Quai aujourd’hui et la réforme du statut de diplomate

    Boris Faure : Quel conseil pourriez-vous donner aux impétrants qui souhaitent embrasser la carrière diplomatique et qui s’intéressent à l’Afrique où la France est parfois malmenée ?

    Charles Malinas : Je suis préoccupé par la manière dont la politique étrangère est envisagée depuis quelques années. La dernière évolution avec la suppression du corps diplomatique me renforce dans cette inquiétude.

    Je suis un diplomate plutôt atypique, pour autant je ne pense pas que tous les diplomates doivent être atypiques.

    La force du Quai d’Orsay, c’était sa réflexion, sa capacité d’analyse, et parfois (pas assez souvent à mon goût) la traduction dans l’action. Depuis quelques mandats présidentiels, la cellule diplomatique de l’Élysée a tendance à se substituer à cet appareil diplomatique, en l’utilisant à l’occasion mais pas forcément.

    D’autres ministères, d’autres organismes développent une capacité de réflexion sur la politique étrangère, souvent de qualité. Cette dispersion dans l’appareil d’État ne me paraît pas être une bonne chose.

    Le Quai a perdu en qualité de réflexion 

    Charles Malinas : Le Quai d’Orsay a perdu en qualité de réflexion, il néglige également l’indispensable interaction entre les postes et le Département –dans le cas de ma mission en RCA, le fait que j’aie eu au téléphone pratiquement tous les jours un entretien avec le Quai a été un élément essentiel dans la réussite car les décisions ont été prises en prenant en compte à la fois les impératifs globaux et les circonstances de terrain.

    Développer une diplomatie efficace, c’est donc avoir, à mon avis, une réflexion d’ensemble au service d’une vision du monde, et une mise en œuvre concertée entre Paris et le terrain – ce que les moyens actuels de communication permettent sans aucune difficulté.

    Vision du monde : en avons nous une aujourd’hui ? Réflexion : même question. Interaction : même question également.

    Ainsi, comment donner un conseil aux impétrants alors que je ne sais pas si, aujourd’hui, je choisirais encore le Quai à la sortie de l’ENA ?

  • Le port de l’uniforme à l’école dans le monde

    Le port de l’uniforme à l’école dans le monde

    Alors que l’Assemblée nationale va se prononcer sur une proposition du Rassemblement National visant à instaurer le port de l’uniforme dans les établissements scolaires français, nous faisons un tour des usages dans le monde.

    Une tradition née au Moyen-Age

    Les premières apparitions d’un code vestimentaire datent du Moyen-Âge, mais l’uniforme tel que nous le connaissons prend son origine en Angleterre au XVIe siècle, au sein des écoles de charité pour les enfants démunis. Il faut attendre le XIXème siècle pour le voir apparaître dans la majorité des écoles publiques anglaises. Il imite alors peu à peu l’uniforme militaire et ses codes puis rapidement, s’impose comme un signe de haut statut social. Il est alors adopté par les écoles privées. Des éléments distinctifs tels que des blasons viennent orner les chemises ou blazers afin de distinguer les élèves selon leur école.  

    En France

    Abandonné depuis 1968, seuls quelques établissements imposent l’uniforme scolaire en France aujourd’hui : les Maisons d’éducation de la Légion d’honneur, l’institut de la Tour, les Écoles Tunon, Vatel ou encore l’Internat d’Excellence de Sourdun exigent encore le port d’un uniforme auprès de leurs élèves. Sans oublier les 6 lycées de la Défense (dépendant des différentes armées) présents en France. Ils sont également imposés dans certains établissements professionnels comme ceux de l’hôtellerie. La robe universitaire, quant à elle, a récemment refait son apparition dans quelques universités françaises. Dans les Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), ainsi qu’en Guyane française, le port de l’uniforme est courant dans les établissements primaires comme secondaires (le port de l’uniforme au lycée est de nouveau obligatoire depuis la rentrée 2008).

    Dans les Lycées Français du monde, certains établissements ont fait le choix de l’imposer comme ceux dépendant du groupe Odyssey que ce soit à Bruxelles, Casablanca, ou à Rome et ailleurs.

    Ecole française à Casablanca ©Odyssey

    En Allemagne

    Disparus presque totalement dans les années 80/90 car associés aux jeunesses hitlériennes, les uniformes scolaires étaient pourtant très courants avant la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, ils réapparaissent dans certains établissements scolaires afin d’encourager l’égalité sociale.

    Au Royaume-Uni

    Lorsque nous parlons d’uniforme, bon nombre d’entre nous avons en tête l’image de petits écoliers britanniques en uniforme complet. En effet, le Royaume-Uni est par excellence le paradis de l’uniforme. Une tradition quasiment incontestée dans ce pays où la quasi totalité des écoles, privées comme publiques, l’imposent à leurs élèves. Certains établissements prestigieux gardent d’ailleurs le même uniforme depuis plus de 400 ans. Concernant les uniformes à l’université, celui d’Oxford est sans doute le plus célèbre. Obligatoire pendant les périodes d’examens et de remises des diplômes, il se compose d’un veston et d’une cravate pour les hommes, d’une jupe ou pantalon et bas de soie pour les femmes.

    En Australie

    Une particularité : des chapeaux parfois rajoutés pour les uniformes australien.

    Au Canada

    Principalement exigé dans les écoles privées, il se retrouve souvent dans les écoles religieuses, en particulier catholiques.

    Aux États-Unis

    Pour les écoles publiques, on ne peut réellement parler d’uniforme scolaire, mais plutôt de code vestimentaire. En effet, il réglemente en particulier la longueur des jupes, le type de vêtement ou encore les couleurs autorisées. Il est en revanche très courant dans les écoles privées et plus particulièrement dans les écoles catholiques.

    En Irlande

    L’uniforme scolaire est imposé dans la plupart des écoles primaires et établissements secondaires.

    Au Japon

    L’uniforme scolaire est aussi généralement la norme. Au Japon, l’uniforme est imposé dans la plupart des écoles. Comme dans les mangas, les filles arborent souvent de grandes chaussettes blanches, appelées « loose socks », avec leur jupe plissée souvent à motifs écossais. Un sac à dos spécifique, le « randoseru » est parfois exigé.

    En Turquie

    Enfin, en Turquie , dans les écoles privées comme publiques, on porte aussi l’uniforme, une robe ou une jupe avec une chemise pour les filles, et, pour les garçons, un pantalon et une chemise. En fonction des établissements, les tenues obligatoires varient de couleur. Dans certaines écoles publiques et toutes les écoles privées, le logo ou l’écusson propre à l’institution doit être obligatoirement visible sur les chemises, les pulls et les gilets. À défaut de ne pouvoir l’être sur leurs vêtements, les marques et les héros préférés des élèves sont imprimés sur leurs sacs d’école et leurs trousses.

  • Le pessimisme est à l’Ouest et les erreurs sont à l’Est

    Le pessimisme est à l’Ouest et les erreurs sont à l’Est

    A la fin de l’année 2022, les trains sont venus à manquer mais pas l’électricité. La récession, maintes fois annoncée, n’est pas arrivée. L’embellie du marché du travail, jugée impossible en 2020, s’est poursuivie ; en deux ans un million d’emplois ont été créés. L’inflation a certes augmenté en France mais elle est trois points en-dessous de la moyenne de la zone euro. Elle a mis à mal le pouvoir d’achat des ménages mais le manque à gagner a été compensé à 75 % par l’Etat, c’est-à-dire par les contribuables. 

    Les Français, plus largement les Européens, sont partis en vacances durant la période estivale. Air France a réalisé un chiffre d’affaires au troisième trimestre 2022 supérieur à celui de 2019 et la SNCF a enregistré un bénéfice sur l’année de plus de deux milliards d’euros.

    L’euro a permis aux Etats de surmonter l’épidémie et la hausse des cours de l’énergie 

    L’Union européenne a fait face à une crise énergétique sans précédent avec le retrait du principal importateur de gaz et de pétrole. A la fin de l’année 2022, les cuves de gaz étaient pleines. La France en fournit à l’Allemagne pour bénéficier en contrepartie d’électricité. 

    Isolé, le Royaume-Uni a été, en revanche, confronté à une triple crise, politique, sociale et financière. Depuis trois ans, l’euro a gagné en crédibilité permettant aux Etats de surmonter financièrement l’épidémie et la hausse des cours de l’énergie. Lors des chocs pétroliers de 1973 et 1979, les Etats européens avaient été contraints de dévaluer ou de réévaluer leur monnaie, ce qui désorganisa alors en profondeur le Marché commun devenu depuis le Marché unique qui fête, par ailleurs, son trentième anniversaire. Les dévaluations s’accompagnaient de plans de rigueur qui pénalisaient durement les ménages comme les entreprises. En 2022, grâce à l’euro, l’Europe n’a pas connu de batailles des changes. 

    Sa dépréciation par rapport au dollar n’est pas un signe de faiblesse mais la conséquence d’un décalage dans le temps des politiques monétaires menées de part et d’autre de l’Atlantique. En devenant le 20e Etat de la zone euro au 1er janvier 2023, la Croatie a compris les avantages d’adhérer à la monnaie unique.

    Les démocraties l’emportent sur les Etats autoritaires 

    2022 a également prouvé que les démocraties peuvent l’emporter sur les Etats autoritaires. Les premières ont sur la distance bien mieux géré l’épidémie de covid-19 que les seconds. La Chine avec sa politique « zéro covid » s’est enfermée dans une voie sans issue marquée par des confinements répétés. Contrainte de faire machine arrière, sans disposer de vaccins fiables, elle risque de payer un lourd tribut en 2023 tant sur le plan sanitaire que sur le plan économique. 

    Les Etats occidentaux ont combiné principe de précaution et recherche, les restrictions de liberté y étant été temporaires, le temps d’organiser la vaccination en masse des populations.

    Les informations fausses ou sombres ont plus de crédits que les bonnes nouvelles

    Le pessimisme est à l’Ouest et les erreurs sont à l’Est que ce soit pour la covid et la guerre en Ukraine. La succession des crises, le ralentissement de la croissance, le réchauffement climatique sont anxiogènes. Les populations occidentales ne sont pas préparées à vivre dans l’attrition. L’absence de perspectives, d’espoirs à moyen terme alimentent la défiance à l’encontre des pouvoirs publics. La dictature de l’immédiateté, la fragmentation des opinions, aidées en cela par le fonctionnement en silo des réseaux sociaux, rendent difficiles l’émergence de consensus et la gouvernabilité des Etats, la France n’étant pas une exception en la matière. 

    Les informations fausses ou sombres ont plus de crédit et génèrent plus de chiffre d’affaires que les bonnes nouvelles, l’internaute ayant naturellement tendance à préférer les premières aux secondes. 

    2023 sera marquée par un double défi, la lutte contre l’inflation et l’accélération de la transition énergétique. L’une comme l’autre suppose une mobilisation de toutes et de tous. La baisse de la consommation énergétique constatée en France au mois de novembre dernier est le produit des économie réalisée par les ménages comme les entreprises. La sobriété n’est pas en soi une politique mais elle démontre toute la force du collectif au sein de sociétés en proie à un individualisme croissant.

  • Présidentielle tchèque : une ingérence française ?

    Présidentielle tchèque : une ingérence française ?

    Le président français Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée l’ex 1er ministre tchèque Andrej Babis qui est candidat à la présidentielle tchèque. Le vote a lieu vendredi. A Prague, les autres candidats critiquent ce « coup de pouce ».

    Regardez le reportage de TV5MONDE

  • L’OTAN et l’UE coopèrent pour protéger les infrastructures critiques

    L’OTAN et l’UE coopèrent pour protéger les infrastructures critiques

    Mercredi (11 janvier), l’Union européenne et l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ont annoncé la création d’une « task force conjointe » visant à renforcer la protection des infrastructures critiques face aux potentielles menaces hybrides de la Russie.

    Cette initiative découle du sabotage des gazoducs sous-marins Nord Stream en septembre 2022, alors que les deux organisations cherchent à renforcer leur coopération en matière de sécurité suite à l’invasion russe en Ukraine.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confié aux journalistes à Bruxelles que la task force réunirait des experts des deux organisations pour étudier les vulnérabilités des infrastructures critiques et recommander des mesures pour une meilleure protection de celles-ci.

    « Le sabotage du Nord Stream nous a montré que nous devons être prêts et que nous devons faire face à ce nouveau type de menace », a expliqué Mme von der Leyen en marge d’une réunion semestrielle des commissaires européens, à laquelle était invité le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

    M. Stoltenberg a déclaré que les deux organisations « veulent examiner ensemble la manière de rendre nos infrastructures critiques, nos technologies et nos chaînes d’approvisionnement plus résilientes ».

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche) et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg (à droite). [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

    « La résilience et la protection des infrastructures critiques sont un élément essentiel de nos efforts communs, comme nous l’avons vu à la fois avec l’instrumentalisation de l’énergie par le président [Vladimir] Poutine et […] le sabotage des gazoducs Nord Stream », a déclaré M. Stoltenberg.

    « Ce sera une étape importante pour renforcer nos sociétés et les rendre plus sûres », a-t-il ajouté.

    Protéger les infrastructures

    Mme von der Leyen a indiqué que la task force présenterait dans un premier temps des propositions sur les infrastructures dans quatre secteurs : le transport, l’énergie, le numérique et l’espace.

    Quatre importantes fuites de gaz avaient été découvertes sur les deux gazoducs du Nord Stream au large de l’île danoise de Bornholm à la fin du mois de septembre, et les instituts de sismologie avaient enregistré deux explosions sous-marines quelques minutes auparavant.

    Les enquêtes menées par les autorités danoises et suédoises ont confirmé que les fuites étaient dues à un sabotage et les experts ont déclaré que seul un État aurait eu les moyens de mener une telle opération.

    Cependant, les enquêtes n’ont pas permis d’identifier les responsables.

    En outre, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a bouleversé l’ordre sécuritaire européen et suscité des appels à une plus grande coordination au sein de l’alliance militaire dirigée par les États-Unis.

    Les deux organisations ont signé mardi une nouvelle déclaration conjointe de coopération, dans le but de renforcer la coordination et de faire passer leur partenariat au « niveau supérieur » à la suite de l’invasion russe.

    Vingt-et-un États membres de l’UE sont membres de l’OTAN, et les procédures d’adhésion de la Suède et de la Finlande devraient aboutir d’ici la fin de l’année.

    L’OTAN a déjà renforcé le déploiement de ses forces navales dans la région après le sabotage des gazoducs.

  • Flash quotidien des expatriés – Edition du 12.01.23

    Flash quotidien des expatriés – Edition du 12.01.23

    Bonjour à tous, ce jeudi 12 janvier 2023 dans le flash des Français de l’étranger, on revient sur le variant XBB1.5, les voeux de l’AEFE et l’éviction de Noël Le Graët de la FFF. 

    Doit-on avoir peur du nouveau variant de la Covid-19 ?

    C’est la question qu’on a posée au virologue français Eric Crampon installé à Boston. Comme il nous l’indique dans le podcast disponible sur le site de la radio et sur Lesfrancais.press, les premières recherches scientifiques laissent entrevoir que le variant XBB.1.5 serait apte à échapper aux anticorps générés par la vaccination ou à une infection précédente à la COVID-19. Cependant malgré sa haute contagiosité, il ne semble pas causer de symptômes plus graves que ses prédécesseurs.

    XBB.1.5
    XBB.1.5

    A suivre…

    L’AEFE continue sa modernisation 

    C’est le message envoyé en ce début d’année par Bruno Foucher, le président du conseil d’administration et Olivier Brochet le directeur général de l’AEFE. Dans une vidéo disponible sur la chaîne YouTube lesfrancais.press, Ils rappellent quels sont les forces et atouts essentiels qui unissent le réseau autour de valeurs et objectifs communs tout en décrivant les 3 piliers de la digitalisation en cours et qui doit s’achever pour 2024. 

    voeux 2023 de l'AEFE

    Changement de direction à la FFF 

    Hier, mercredi 11 janvier, après plus de deux heures de réunion, le Comex de la Fédération française de football a tranché et a pris une décision forte: la mise en retrait de Noël Le Graët. Le vice-président Phillipe Diallo, un proche du Breton, assurera l’intérim. Critiqué pour sa sortie sur Zinedine Zidane, accusé de harcèlement par Sonia Souid et dans la tourmente en raison de la gestion de la FFF, le président de l’instance a ainsi été invité à prendre du recul jusqu’à la publication des conclusions de l’audit lancé par le ministère des Sports sur le fonctionnement de la Fédération française de football. Le rapport des enquêteurs est attendu pour la fin janvier et les dirigeants de la FFF disposeront ensuite de quelques semaines pour lancer les changements nécessaires.

    Noël Le Graët
    « Noël Le Graët, et Philippe Diallo, vice-président délégué de la FFF, qui assurera ces deux fonctions. »

    C’est tout pour aujourd’hui, on se se retrouve demain pour la dernière édition de la semaine.

    Ecoutez le flash des Français de l’étranger

  • Doit-on avoir peur du variant XBB.1.5 ?

    Doit-on avoir peur du variant XBB.1.5 ?

    Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis, la plus récente forme du virus, soit le variant XBB.1.5, va acquérir rapidement le statut de variant dominant.

    Selon des données publiées vendredi dernier, le XBB.1.5 représentait 41 % des nouvelles infections, contre seulement 4% au début du mois.

    Le nouveau variant est particulièrement virulent dans le nord-est des États-Unis, où il représente environ trois infections sur quatre et est en train de se répandre en Europe et donc en France. Il est aussi à l’origine de la reprise de la pandémie en Chine.

    Les premières recherches scientifiques laissent entrevoir que le variant XBB.1.5 serait apte à échapper aux anticorps générés par la vaccination ou une infection précédente à la COVID-19. Cependant malgré sa haute contagiosité, il ne semble pas causer de symptômes plus graves que ses prédécesseurs.

    Dépistage du nouveau variant aux USA en janvier 2023 ©Reuters

    Gauthier Seys, de la Radio des Français dans le monde, a reçu le virologue français expatrié aux USA Eric Crampon, pour faire le point sur les risques liés au XBB.1.5.

    Nous profitons de ses connaissances et de son expertise pour faire un point sur ce qu’est un vaccin, sur les grandes pandémies que nous avons connu, et, évidemment, sur l’arrivée de la Covid-19 qui n’a pas fini de faire le tour du monde.

    Après un début 2020 qui a brusquement mis a l’arrêt quasi toute la planète, chaque pays s’est organisé entre confinement, masques, gestes barrières et puis surtout, avec l’arrivée très rapide via une technologie prête mais jamais encore utilisé de façon massive : l’ARN.

    Aujourd’hui, avec le changement brutal de stratégie en Chine, un nouveau variant a commencé son tour du monde. Déjà très puissant aux USA, le XBB.1.5, nouveau variant d’Omicron, pourrait – aucune certitude pour le moment – résister un peu mieux à la barrière des vaccins, même si, selon Eric, la population mondiale a développer une certaine résistance à ce virus qui va maintenant s’installer durablement, comme la grippe a déjà pu le faire.

    Ecoutez l’interview avec Eric Crampon

  • 114e jour de la révolution en Iran

    114e jour de la révolution en Iran

    Au 114ᵉ jour du soulèvement national en Iran, le régime des mollahs au pouvoir a désespérément exécuté Mohammad Mehdi Karami et Seyed Mohammad Hosseini tôt le matin, samedi 7 janvier. Le pouvoir judiciaire du régime a confirmé que les deux personnes, arrêtées pour avoir pris part à la révolution en Iran qui se poursuit dans tout le pays, ont été pendues.

    L’agence de presse semi-officielle Mizan, affiliée à l’appareil judiciaire du régime, a indiqué que les deux hommes avaient été exécutés, dont le filleul de la députée française Clémentine Autin, pour avoir tué un membre des bassidji, une force paramilitaire du régime, et bloqué la voie rapide Karadj-Qazvin, située à l’ouest de la capitale Téhéran. Amnesty International a déclaré que ces procès « ne ressemblaient en rien à une véritable procédure judiciaire ». De nombreux rapports indiquent que les deux hommes ont été torturés pour obtenir des aveux sous la contrainte. 

    Le mois dernier, Maryam Radjavi, dirigeante de la résistance iranienne, a appelé les Nations unies, le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne et les États membres à prendre des mesures efficaces et concrètes contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran, afin de mettre un terme aux massacres, à la torture et aux exécutions pratiquées par le régime.

    « Mort à Khamenei ! Maudit soit Khomeini ! »

    Les autorités du régime dans la ville de Bijar, dans la province du Kurdistan, dans l’ouest de l’Iran, ont dépêché et stationné des unités de sécurité devant le domicile des parents de Mohammad Mehdi Karami. Les autorités ont fermé les magasins locaux et menacé les commerçants. Au moins trois personnes ont été enlevées par les unités de sécurité, selon des rapports de militants locaux.

    Dans le quartier de Tehranpars, dans la capitale, les manifestants ont défilé en scandant : « Pour chaque personne tuée, mille autres se lèveront ! », « Mort à Khamenei ! Maudit soit Khomeini ! »

    À Téhéran, des habitants du quartier d’Andisheh, dans la capitale, ont mis le feu à un poster de l’ancien chef de la Force Quds de l’IRGC, Qassem Soleimani, et dans un autre quartier de la ville, en plein jour, ont également incendié un autre poster de lui.

    Manifestations à Téhéran en décembre 2022 ©Mustafa Melih Ahıshalı/AA

    À Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, des jeunes ont écrit des slogans sur les murs de la ville, à l’endroit même où les bassidji paramilitaires avaient effacé les slogans précédents : « Mort au tyran, que ce soit le Shah ou le leader (Khamenei) ».

    À l’occasion de l’anniversaire de la chute de l’avion de ligne ukrainien, les partisans du MEK ont manifesté dans 12 villes européennes et américaines, dont Washington DC, Paris, Göteborg, Vienne, Cologne, Berlin, Munich, Oslo, Sydney, Londres, Heidelberg et La Haye, avec le slogan « Mort à l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du dirigeant (Khamenei) ».

    Les comptes sur le soulèvement en Iran – Jour 114 :

    – Manifestations : 282 villes

    – Nombre de morts : plus de 750 morts estimés, 614 identifiés par le MEK

    – Détentions : 35 000  

  • Les voeux 2023 de l’AEFE

    Les voeux 2023 de l’AEFE

    Comme chaque année, Olivier Brochet, le directeur général de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) a souhaité une bonne année aux élèves et à leurs parents mais aussi à tous les acteurs de la vie scolaire. Cette année il était accompagné de Bruno Foucher, le président du conseil d’administration de l’AEFE.

    ©AEFE

    Un réseau moderne et plus accessible

    Dans ce message en duo, ils citent les principales innovations mises en place en 2022 pour permettre au réseau de se renforcer et se développer. Ils rappellent également quels sont les forces et atouts essentiels qui unissent ce réseau autour de valeurs et objectifs communs.

    En effet, au cours de cette année scolaire 2022/2023, de nombreuses évolutions ont été mises en place comme :

    • Le nouveau statut des personnels détachés, qui n’a pas manqué de provoquer quelques remous parmi le personnel
    • L’accélération de la transformation numérique avec la mise en place des adresses de messagerie sécurisées et le développement de l’intranet Orion qui compte au 31/12/2022 déjà 23 000 usagers;
    • Cette année scolaire voit aussi l’application de la loi du 28 février 2022 qui reconnaît et confirme des missions complémentaires à l’agence, et qui en fait évoluer sa gouvernance pour une meilleure représentativité de tous les membres des communautés scolaires ;
    • La création, enfin, des instituts régionaux de formation, à l’initiative de Samantha Cazebonne, et des outils qui les accompagnent, comme l’application Atena et de nouveaux logiciels simplifiant leur organisation.

    Regardez la vidéo avec Bruno Foucher et Olivier Brochet