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  • Une Palme d’or 2023 française

    Une Palme d’or 2023 française

    Le jury présidé par le réalisateur suédois Ruben Östlund a distribué, ce samedi soir, les récompenses lors de la cérémonie de clôture de la 76e édition du Festival de Cannes. Il a dû départager les 21 films en compétition et attribuer la prestigieuse Palme d’or. Après une cérémonie réussie, c’est Justine Triet qui fut honorée du plus prestigieux prix du 7ème art remis cette année par Jane Fonda, connue pour ses engagements militants et couronnée par deux Oscars.

    Une année réussie

    Après trois années tourmentées, marquées par la crise sanitaire, la montée en puissance des plateformes de streaming et une brutale chute de la fréquentation des salles, l’optimisme récemment retrouvé ne fut-il que de circonstance ? Répétant les mêmes rituels tout en y intégrant quelques éclats d’ innnovation, l’édition 2023 du Festival de Cannes a présenté un précipité du monde du cinéma et de ses défis.

    Ainsi la 76e édition du festival s’est ouverte dans un climat d’optimisme, en complète distorsion avec le syndrome dépressif qui semblait avoir submergé le petit milieu du Cinéma mondial. Alors que jusqu’à l’hiver 2022 les pronostics alarmistes sur l’avenir des salles de cinéma étaient légion, les premiers mois de l’année 2023 ont été marqués par une nette remontée de la fréquentation dans la plupart des pays du monde. En France, en avril 2023, les entrées dépassent celles d’avril 2019 et de nombreux analystes considèrent que le cap des 200 millions d’entrées pourrait de nouveau être franchi pour l’année 2023. En quelques semaines, c’est un renversement complet de perspective.

    Confirmant cette dynamique, cette année le Marché international du film a réuni plus de 14.000 participants, faisant mieux que l’édition 2019 marquant ainsi le retour de Cannes au centre de l’industrie cinématographique. Rappelons qu’entre 70% et 80% des films produits dans le monde sont « signés » sur la Croisette.

    Le jury de la 76ème édition et Jane Fonda qui a remis la Palme d’or 2023

    Une édition ouverte sur tous les cinémas

    Au Festival de Cannes, rarement le continent africain aura été aussi représenté : les réalisatrices tunisienne et sénégalaise Kaouther Ben Hania et Ramata-Toulaye Sy présenteront leurs films en compétition, tandis qu’à Un certain regard seront montrés les films de cinéastes venus du Soudan, du Maroc ou de la République démocratique du Congo. Ce que ne démentira pas la directrice adjointe des programmes de TV5monde qui co-finance de nombreux projets nés dans l’esprit de la nouvelle génération de réalisateurs et d’acteurs africains. Découvrez son interview ci-dessous.

    Ce gain de diversité s’accompagne d’un progrès vers la parité, puisque jamais autant de films signés par des réalisatrices n’ont été choisis en compétition : six cette année (Jessica Hausner, Catherine Breillat, Justine Triet, Alice Rohrwacher s’ajoutant aux deux cinéastes déjà citées). Le festival ne fut pourtant pas à l’abri de polémiques, liées à la sélection hors compétition de la série The Idol de Sam Levinson (dont une partie de l’équipe s’est désolidarisée en l’accusant de promouvoir la « culture du viol ») ou encore la présence en ouverture de Jeanne du Barry de Maïwenn, occasionnant le retour sur le tapis rouge cannois de Johnny Depp – un an après son controversé acquittement.

    Si la sélection officielle a mis en avant un nombre significatif de cinéastes émergents, on y a aussi retrouvé de nombreux palmés comme Hirokazu Kore-eda, Nuri Bilge Ceylan, Ken Loach, Nanni Moretti, Wim Wenders et Martin Scorsese. 

    Une Palme méritée

    Le film français Anatomie d’une chute de Justine Triet remporte la Palme d’or ! C’est la 10e Palme tricolore, et la troisième remportée par une femme après Jane Campion et Julia Ducournau.

     Sandra Hüller dans Anatomie d’une chute

    Ce drame met en vedette Sandra Hüller et Swann Arlaud et suit l’histoire d’une famille confrontée à une mort suspecte du père, et au procès qui s’ensuit.

    Lui est professeur, elle écrivaine et leur fils, Daniel, est un petit garçon malvoyant de 11 ans. Tous les trois vivent dans un chalet reculé près de Grenoble et leur vie bascule lorsque Samuel, le père de famille fait une chute mortelle, dans des circonstances mystérieuses. Suicide ou homicide ? Impossible de trancher et Sandra, sa femme, est rapidement suspectée du meurtre. Un procès doit alors trancher et faire l’anatomie de cette chute. 

    Pour son quatrième long-métrage, Justine Triet impressionne, une fois de plus. Après La Bataille de SolférinoVictoria et Sybil, la cinéaste fait une véritable déclaration d’amour à son actrice, Sandra Hüller, avec ce magnifique rôle taillé sur mesure pour la comédienne allemande.

  • Le cinéma francophone à Cannes – L’interview de Marjorie Vella – TV5MONDE

    Le cinéma francophone à Cannes – L’interview de Marjorie Vella – TV5MONDE

    Alors que s’achève la 76ème édition du Festival du Film, nous faisons un point sur le cinéma francophone à Cannes mais aussi dans le monde ! On reçoit Marjorie Vella, directrice adjointe aux achats de programmes de TV5MONDE et aussi à la programmation des chaînes comme de la plateforme mondiale et gratuite TV5MONDEPlus.

    Regardez l’interview de Marjorie Vella

    Le Marché international du Film

    Si pour le monde entier, Cannes rime avec montées des marches et glamour, pour les professionnels Cannes c’est avant tout un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui font le Cinéma au quotidien.

    En effet, Le Marché du Film du Festival de Cannes réunit plus de 12 500 producteurs, distributeurs, vendeurs internationaux, représentants de festivals, institutions, acheteurs, financiers. Tous les maillons de l’industrie sont présents. Certains s’y rendent dans l’espoir de trouver des financements, de voir naître une coproduction, de trouver des distributeurs ou de dénicher une perle rare. D’autres viennent sans projet concret, mais avec la volonté de nouer des nouveaux contacts et d’élargir leur réseau professionnel dans le monde.

    Entrée du marché du film à Cannes ce samedi 27 Mai ©LFP

    Chaque année, le Marché du Film organise plus de 1 500 projections. Célébration du cinéma sous toutes ses formes (films d’auteur, films indépendants, films grand public, films de genre mais aussi animation et documentaire), cette manifestation est l’occasion de découvrir des films du monde entier en avant-première.

    Organisation Internationale de la Francophonie

    Depuis trois décennies, le Fonds de l’OIF a apporté son soutien à plus de 1 500 films et séries. Un record absolu a été atteint, cette année, avec la sélection de six films lauréats du Fonds Image de la Francophonie sur la Croisette. Parmi ces films figurent Banel et Adama de Ramata Toulaye-Sy (Sénégal) et Les Filles d’Olfa de Kaouther Ben Hania (Tunisie) en compétition, Augure de Baloji (R.D. Congo) et Les Meutes de Kamel Lazraq (Maroc) au Certain Regard, Déserts  de Faouzi Bensaïdi (Maroc) et Mambar Pierrette de Rosine Mbakam (Cameroun) à la Quinzaine des Cinéastes, ainsi que La mer et ses vagues de Liana et Renaud (Liban) à l’Acid.

    En plus de son soutien au Fonds Image de la Francophonie, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est également un fervent promoteur de la Fabrique Cinéma de l’Institut français depuis ses débuts. Cette année, la Fabrique a célébré son 15e anniversaire, et parmi les 10 projets sélectionnés, six étaient portés par des cinéastes originaires de pays membres de l’OIF tels que l’Égypte, le Liban, le Sénégal et la Tunisie, ainsi que des pays observateurs tels que l’Argentine ou le Costa Rica.

    La chaîne des Francophones : TV5MONDE

    Si TV5MONDE est présente depuis sa création sur le marché du cinéma francophone, son rôle pivot, comme producteur des oeuvres africaines, asiatiques et autres, se renforce d’année en année.

    Ainsi avec l’OIF, TV5Monde, soutenus par le Canada, ont créé en 2020 le nouveau Fonds francophonie TV5MONDEplus. Celui-ci s’adresse aux producteurs de films ou de séries visant une diffusion sur la plateforme mondiale francophone TV5MONDEplus.

    TV5MONDEplus : le rempart francophone à Netflix

    Les chaînes de TV5MONDE sont un outil au service de la francophonie dans le monde. Ainsi, depuis 1984, TV5MONDE diffuse des programmes d’information et de divertissement, en français, à destination du monde entier.

    https://www.tv5mondeplus.com/login
    https://www.tv5mondeplus.com

    Et pour toucher encore davantage de monde, le troisième réseau mondial de télévision après CNN et MTV a lancé en 2020 une plateforme francophone et gratuite, comprenant désormais plus de 7000 heures de programme, désormais accessible gratuitement partout dans le monde (à l’exception des USA et des Pays-Bas où l’accès nécessite un abonnement à un opérateur local). D’ailleurs, chaque mois, dans deux articles, nous vous présentons les programmes à ne pas louper comme ce mois-ci avec la sélection d’exception dénichée par l’équipe de TV5MONDEplus rendant hommage aux films présentés et primés à Cannes.

  • L’action climatique coûtera 66 milliards d’euros par an en France

    L’action climatique coûtera 66 milliards d’euros par an en France

    Un nouveau rapport des services du Premier ministre avance que le coût de l’action climatique s’élèvera à 66 milliards d’euros par an en France à échéance 2030. Le financement passera par une augmentation des dépenses publiques grâce à l’endettement et la taxation des plus riches notamment. 

    L’organisme public France Stratégie, rattaché aux services de la Première ministre, a publié lundi (22 mai) un rapport sur les coûts économiques de l’action climatique en France pour respecter l’accord de Paris.

    À EURACTIV France, le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, a déclaré que « ce rapport fera date dans l’économie du changement climatique. Comme le rapport Meadows«  qui, en 1972, avait théorisé pour la première fois les limites à la croissance économique du fait du changement climatique.

    Selon les auteurs du rapport présenté lundi, le coût de l’action climatique s’élèvera à plus de 66 milliards d’euros en France d’ici à 2030, dont 48 milliards d’euros rien pour la rénovation des bâtiments, qu’ils soient professionnels, résidentiels ou publics.

    7 milliards d’euros par an devront être investit le domaine énergétique, tandis que 3 milliards d’euros par an devront être alloués au transport routier.

    Une grande part de ces investissements seront à fournir par les ménages, note le rapport. Pour passer à la voiture électrique et rénover son logement par exemple, le coût s’élèvera à plus d’une année de revenu pour un foyer de classe moyenne — deux années de revenus pour les familles les plus pauvres.

    Ainsi, « il est certain que si on ne travaille pas sur la question de la justice sociale dans cette transition, on ira d’échecs en renoncements », avance Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, invitée à réagir sur le rapport, lors de la conférence de présentation à Paris, mercredi (24 mai).

    Pour cela, il sera nécessaire de financer la transition grâce aux finances publique, à hauteur de 25 à 34 milliards d’euros sur les 66 milliards nécessaires chaque année. Les auteurs du rapport proposent trois moyens cumulatifs à cette fin.

    Le ministre français des Finances Bruno Le Maire donne une conférence de presse pour présenter le pacte de stabilité pour la dette de la France à Paris, France, 20 avril 2023. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

    Energies vertes

    D’abord, de rediriger les finances publiques des énergies fossiles vers les énergies vertes. En revanche, il n’est pas certain que cela soit suffisant. Pour l’heure, les auteurs du rapport « en doutent et demandent à voir », a déclaré Jean Pisani-Ferry, économique et pilote des travaux, lors de la conférence.

    Si ce moyen n’est pas suffisant, il faudra alors s’endetter à hauteur de 10 % du PIB en 2030 et 25 % en 2040. Ces derniers jours, des voix se sont élevées contre cette solution. Mais selon M. Pisani-Ferry, « il y a eu beaucoup de raisons bêtes de s’endetter, le climat n’en fait pas partie ».

    Enfin, si l’endettement n’est pas mis à contribution ou faiblement, les auteurs du rapport préconisent une taxation temporaire sur le patrimoine financier des ménages les plus aisés. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déjà écarté l’idée, déclarant au micro de RTL qu’ « un nouvel impôt n’est pas la solution », lui préférant le verdissement des investissements publics.

    « Au moins, le débat est sur la table », se félicite M. Pisani-Ferry,

    Outre les aides publiques, les auteurs du rapport expliquent qu’il faudra aussi jouer sur trois autres leviers : le remplacement des technologies par des technologies vertes, la substitution de capital aux énergies fossiles et la sobriété — entendue comme la réduction des consommations d’énergie qui ne découle pas de gains d’efficacité énergétique.

    Les auteurs notent toutefois que la compétitivité de l’Union européenne sera au centre de la réalisation des objectifs climatiques.

    « L’Union européenne ne peut pas être à la fois championne du climat, championne du multilatéralisme et championne de la vertu budgétaire », écrivent-ils. C’est sur ce dernier volet de la gestion des financements nationaux que M. Pisani-Ferry propose que l’UE effectue un virage politique, a-t-il répondu à EURACTIV France lors de la conférence.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 26.05.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 26.05.23

    Bonjour à tous, nous sommes le 26 mais, vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans nos titres, la fin du tarif réglementé pour le gaz en France, la mort de Jean-Louis Murat et l’émotion suite au suicide d’une collégienne. 

    Vous avez une résidence secondaire en France ?

    Si oui et que vous êtes utilisateur du gaz pour vous chauffer ou cuisiner, faites attention car à partir du premier juillet, le tarif réglementé ne sera plus commercialisé dans l’hexagone. Si vous ne faites rien, votre tarif sera automatiquement aligné sur le prix libre de votre fournisseur. Mais vous avez la possibilité de faire jouer la concurrence en changeant d’opérateur et cela sans frais. Tous les détails dans l’article disponible sur nos sites. 

    Jean-Louis Murat est mort à 71 ans 

    Le chanteur né Jean-Louis Bergheaud le 28 janvier 1952, avait fait d’un village de sa région natale, Murat-le-Quaire (Puy-de-Dôme), son nom d’artiste. Le discret chanteur auvergnat avait connu ses premiers succès à la fin des années 1980, avec le single Si je devais manquer de toi, extrait de son troisième album Cheyenne Autumn.

    Le chanteur Jean-Louis Murat en 2014 aux Francofolies de La Rochelle. – XAVIER LEOTY / AFP

    Une collégienne s’est suicidée suite à un harcèlement dans son collège 

    L’émotion est encore forte, à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Une marche blanche en hommage à Lindsay, 13 ans, a eu lieu ce mercredi dans les rues de cette commune de 8000 habitants. Cette collégienne s’est suicidée et a été retrouvée morte au domicile de ses parents le 12 mai. Elle avait été victime de harcèlement scolaire au sein de son collège.

    Bon week-end, on se retrouve mardi, lundi étant un jour férié en France. A très vite !

    Ecoutez le bulletin des Français de l’étranger

  • Où s’installer aux USA ?

    Où s’installer aux USA ?

    Le week-end dernier, Gérald Darmanin a annoncé les nouvelles durées de validité des visas E pour les Français. A côté de ceux réservés aux scientifiques, aux étudiants ou aux détenteurs d’un savoir-faire spécifique, les visas E sont destinés à permettre à des entrepreneurs de créer leur entreprise aux USA.

    Ce type de visas permet de simplifier son arrivée aux USA car pour y être éligible, il « suffit » de créer une entreprise dans un des Etats américains et d’avoir doté celle-ci des moyens propres à assurer son développement. C’est un des visas les plus demandés par nos compatriotes.

    Mais où s’installer quand on a un tel projet ? Ici, nous ne nous attacherons pas à la dimension « business », qui doit être le premier critère pour choisir son lieu de résidence, nous nous appliquerons à faire un zoom sur quelques grandes villes américaines. En 20 ans, les conditions de vie d’une ville à l’autre ont beaucoup évolué.

    Ainsi si San Francisco, Los Angeles, New-York… attirent de nombreux jeunes Français, ce ne sont pas dans ces villes que l’on vit et travaille le mieux au pays de l’Oncle Sam. Pour vous aider, nous avons sélectionné 6 villes moyennes en nous basant sur l’enquête de l’hebdomadaire américain U.S News & World Report qui a classé, en 2023, les villes les plus intéressantes où s’installer parmi les 125 métropoles américaines les plus peuplées. Le journal américain a utilisé une méthodologie basée sur les indices du marché de l’emploi (taux de chômage + salaire moyen), des prix (revenu médian annuel des ménages + coût annuel de la vie), de la qualité de vie (criminalité + qualité de la santé + qualité de l’éducation + bien-être + temps de trajets), d’attractivité, ou encore des migrations.

    Green Bay, Wisconsin

    Green Bay est située au cœur du nord est du Wisconsin et est la plus ancienne colonie de l’État. Le cœur de la ville se trouve à l’embouchure de la rivière Fox et son accès aux Grands Lacs a permis aux premiers colons d’utiliser les voies navigables de la région pour devenir des entrepreneurs prospères.

    Abritant l’une des équipes de football américaines les plus réputées de la NFL, les Green Bay Packers, Green Bay offre le mélange parfait d’équipements de grande ville complétés par une ambiance Midwest et petite ville. Cette ville possède une scène artistique et de divertissement florissante, un centre ville revitalisé et deux campus universitaires, ce qui crée une énergie qui peut plaire aux jeunes familles ainsi qu’aux retraités.

    Bien que la ville continue d’être un important centre de transport maritime, l’été sur la rivière Fox, on peut y pratiquer des activités telles que du ski nautique, des repas sur le bord de la rivière ou des croisières au coucher du soleil. Le sentier Fox River State Trail, un sentier boisé de randonnée et de vélo qui longe la rivière, est une section importante du marathon Cellcom Green Bay.

    Vous trouverez sur place des boutiques et de nombreux musées dans toute la ville et dans les environs. Le centre-ville de Green Bay, le quartier de Broadway, le centre ville de De Pere et Vickery Village, juste au nord de Green Bay, comptent des boutiques d’antiquités, de décoration intérieure et de vêtements à la mode.

    Une industrie de la bière artisanale florissante, une gamme d’options de restaurants et sa proximité avec la destination d’escapade de week-end Door County font de Green Bay un bon endroit pour s’installer et y rester.

    Huntsville, Alabama

    Autrefois une ville agricole endormie, Huntsville a acquis une reconnaissance nationale lors de la course à l’espace des années 1960 et est maintenant régulièrement l’une des zones métropolitaines à la croissance la plus rapide de l’Alabama.

    Par le passé, le gouvernement américain a relocalisé une équipe de scientifiques allemands spécialisés dans les fusées dans la région et a ouvert un centre de la NASA pour concevoir la Saturn V, la fusée qui a envoyé des astronautes d’Apollo sur la Lune. La région métropolitaine compte la population la plus éduquée de l’État, et une grande partie de celle-ci travaille dans l’ingénierie et la défense grâce à la grande présence de la NASA et de l’Arsenal Redstone de l’armée américaine.

    Le centre-ville de Huntsville a connu une renaissance ces dernières années. Avec l’explosion de nouvelles constructions au centre-ville, de nombreux magasins, restaurants et appartements sont disponibles. Juste à l’ouest du centre-ville, une ancienne filature de coton est devenue un centre d’arts complété par des brasseries artisanales, des restaurants et même un lieu de lancer de hache a vu le jour dans un ancien collège rénové.

    Raleigh & Durham, North Carolina

    Raleigh, Durham et Chapel Hill sont connus pour leurs pôle de recherches et de technologies ainsi que pour la rivalité qui existe entre leur université. Cette région des trois villes (connue sous le nom de Triangle) attire chaque jour de nouveaux résidents avec une forte croissance de l’emploi et une qualité de vie élevée.

    La majorité des gens qui habitent dans les régions métropolitaines de Raleigh et Durham sont jeunes, amicaux, diversifiés et instruits. Ils aiment dîner dans des restaurants locaux – dont beaucoup ont reçu des éloges nationaux – et se rassembler autour de bières artisanales dans l’une des nombreuses microbrasseries de la région. Un fort sentiment d’appartenance à ce territoire s’est développé et une camaraderie entre résidents s’est créée.

    Raleigh, Durham et Chapel Hill disposent également de beaux espaces verts, de musées familiaux et bénéficient d’une scène artistique et musicale en pleine croissance grâce à des programmes originaux, chaque mois, dans les galeries mais aussi grâce à une large offre de concerts et des festivals de musique, en particulier l’été, comme Hopscotch.

    Boulder, Colorado

    Nichée contre les contreforts où les Grandes Plaines laissent place aux Rocheuses, Boulder n’a rien d’exceptionnel. Pourtant cette ville dévoile son spectacle au sommet d’une colline sur la route 36 depuis Denver avec ses emblématiques dalles de grès qui s’élèvent des montagnes aux sommets enneigés.

    Pour les résidents en quête de bien-être, Boulder offre de mulitples possibilités allant des bains de forêt et des séances de méditation gratuites aux dispensaires de marijuana, sans oublier les spas et les centre de soins de santé alternatifs. Ainsi les personnes qui cherchent à équilibrer leur vie professionnelle peuvent trouver des initiatives intéressantes.

    Cette ville attire de jeunes professionnels, des familles, des universitaires, des scientifiques, originaires des deux côtes, des amateurs de loisirs de plein air. Sentiers de course, randonneurs, grimpeurs, cyclistes et bien d’autres s’y déplacent pour vivre dans ce terrain de jeu perpétuel, où la réponse à « Que faites-vous ? » est souvent l’activité loisir et non la fonction professionnelle.

    Sarasota, Floride

    Sarasota a une ambiance différente des autres villes côtières de Floride. Avec sa propre scène artistique, son atmosphère de plage et sa culture culinaire en plein essor, elle détonne dans le paysage. Les gens qui choisissent Sarasota comme leur lieu de résidence sont généralement charmés par cet environnement unique. En effet, cette zone métropolitaine d’un peu plus de 800 000 personnes abrite un opéra renommé, de nombreux bars sur le toit et la fameuse plage populaire de Siesta Key.

    Mais ce qui rend la région si spéciale, c’est sa dualité : le centre-ville de Sarasota s’articule autour de stations balnéaires et de restaurants raffinés, mais flâner dans Siesta Key Village ou St. Armands Circle, en bord de mer, offre une ambiance plus intime et proche de la nature.

    Il fut un temps où Sarasota était rejetée, vue comme un terrain de jeu pour les retraités, mais cette réputation change lentement car de plus en plus de jeunes professionnels recommencent à se l’ approprier. Ainsi l’un des quartiers en plein essor de la ville est Rosemary, où des peintures murales éclectiques décorent les devantures de magasins et où des condominiums et des hôtels modernes s’installent près des cafés de petit-déjeuner décontractés.

    Naples, Florida

    Entre les bords des Everglades et les rives du golfe du Mexique se trouve le comté de Collier, qui abrite Naples, Immokalee et l’île Marco en Floride.

    Longtemps connue comme un lieu de retraite privilégié pour les riches, les puissants et les frileux, la grande région de Naples et de l’île Marco offre des plages immaculées, des terrains de golf étendus, des restaurants raffinés ainsi que des boutiques. L’arrière pays est, lui, plus rural, le bétail broute et les travailleurs saisonniers cueillent des tomates dans les champs autour d’Immokalee, une communauté agricole située à une heure de route de Naples.

    Bien qu’elles soient davantage axées sur la population plus âgée, les deux communes en bord de mer sont situées, seulement, à un peu plus de deux heures de route des villes animées, dont Tampa et Miami.

    Une grande partie de la grande région de Naples et de l’île Marco est soumise à des fluctuations saisonnières, car les résidents des États par temps froid – souvent appelés « oiseaux des neiges » – affluent dans la région pendant les mois d’hiver pour profiter de l’offre apparemment sans fin de soleil et de temps chaud de la Floride. Ces résidents saisonniers quittent leur résidence secondaire à Naples et sur l’île Marco à l’approche des mois d’été étouffants.

    Mais la proximité de la plage, un ensoleillement important et l’absence d’impôt sur le revenu viennent avec des inconvénients. La croissance et le développement continus exacerbent le manque de logements abordables, en particulier dans la grande région de Naples et de l’île Marco. Et la circulation, bien que loin des niveaux observés dans les grandes zones métropolitaines de Floride, a tendance à étouffer les routes dans la zone urbaine pendant les mois d’hiver.

  • Résidence en France ? Attention : fin du tarif réglementé du gaz

    Résidence en France ? Attention : fin du tarif réglementé du gaz

    Ce premier juillet actera la fin des tarifs réglementés du gaz en France. Les clients qui bénéficient de ces contrats ont encore un peu plus d’un mois pour basculer sur une autre offre à prix de marché. Mais comment cela va-t-il se dérouler et quelles sont les démarches nécessaires? Un récapitulatif pour y voir plus clair avant le jour J surtout lorsqu’on doit faire ces démarches depuis l’étranger en tant qu’expatrié(e).

    Qu’est-ce que le tarif réglementé du gaz ?

    Issus de l’ancien monopole de GDF, les tarifs réglementés de vente (TRV) du gaz sont fixés par l’État et sont généralement révisés mensuellement en fonction des coûts d’achat sur les marchés de gros, des coûts de stockage et d’acheminement ou encore des taxes. Une offre au tarif réglementé est une offre dont le prix est indexé sur ces tarifs, et qui varie ainsi en fonction des hausses ou des baisses décidées par les pouvoirs publics.

    Quand va-t-il disparaître ?

    Mais ces tarifs réglementés du gaz vivent leurs dernières heures: ils disparaitront totalement le 1er juillet 2023 pour les particuliers et les petites copropriétés, après avoir déjà été supprimés pour les professionnels, les grandes copropriétés et les collectivités. En vertu de la loi énergie-climat adoptée en novembre 2019, il n’était déjà plus possible de souscrire une offre au tarif réglementé, mais les clients titulaires de ces contrats avaient pu les conserver jusqu’aujourd’hui.

    Quels fournisseurs proposent ces offres ?

    Ces offres sont aujourd’hui majoritairement proposées par le fournisseur historique Engie (ex-GDF), mais aussi par des distributeurs locaux comme Gaz de Bordeaux, Gaz de Grenoble ou encore le groupe alsacien Électricité de Strasbourg (ÉS). Au 31 novembre 2022, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) comptait encore 2,4 millions de clients résidentiels titulaires de ce type de contrats, dont 93% auprès d’Engie et 7% auprès d’entreprises locales.

    Que va-t-il se passer pour les clients ?

    Un client ayant souscrit à une offre au tarif réglementé a jusqu’au 30 juin 2023 pour souscrire à une offre à prix de marché, c’est-à-dire une offre dont le prix est librement fixé par le fournisseur. Au-delà de cette date, s’il n’a pas entamé les démarches nécessaires, le client sera automatiquement basculé sur une offre générique de son fournisseur de gaz. Cette offre pourra néanmoins être résiliée à n’importe quel moment si le client ne souhaite pas la conserver.

    Quelles démarches sont nécessaires ?

    Aucune démarche n’est nécessaire, sauf la souscription à une offre de prix de marché auprès d’un fournisseur, et aucun frais ne sera demandé. Cette démarche peut se faire en ligne, il vous suffit d’avoir votre adresse et le numéro du compteur (disponible sour le terme EAN dans vos factures).

    Pas besoin de résilier son contrat à tarif réglementé, ni de demander un changement de compteur. Par ailleurs, pour y voir plus clair dans le choix d’une nouvelle offre à prix de marché, un comparateur a été mis en ligne par le gouvernement via le médiateur national de l’énergie.

  • La Belgique, un pays pollueur ?

    La Belgique, un pays pollueur ?

    Le Premier ministre belge a créé la polémique et des remous en Europe après avoir déclaré à la télévision qu’il fallait faire une pause dans les mesures environnementales européennes.

    La Belgique, un pays qui pollue plus que la France

    Pour l’opinion publique belge, la question se pose : pourquoi la Belgique devrait-elle financer l’Inde ou la Chine alors qu’ils sont, aujourd’hui, parmi les plus gros pollueurs et qu’ils n’ont, en prime, pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin ?

    La réponse est simple : c’est une dette historique. En effet, le réchauffement climatique résulte de l’accumulation de CO2 émis depuis des décennies. Dans une étude publiée en 2021 par Carbon Brief, on apprend ainsi que la Belgique est le 7ème plus gros pollueur de l’histoire humaine soit le septième pollueur mondial depuis 1850 en fonction des émissions de CO2 par habitant. La France se classe 12 ème.

    Dans le Climate Change Performance Index de 2020, le classement qui compare les performances climatiques des 58 pays qui sont responsables de 90% des émissions de CO2, la Belgique se classe 12ème en valeur numéraire pure. La France se classe 17ème… La Belgique qui compte 6 fois moins d’habitants pollue donc plus que la France, 5ème puissance industrielle.

    Vue de Bruxelles dans son nuage de pollution ©AFP

    Un des derniers pays européens accro à la voiture

    la Belgique compte 1,23 voiture par ménage. En comparaison, ses voisins pointent bien plus bas dans le classement avec l’Allemagne dix-septième (1,17/ménage), les Pays-Bas vingtièmes (1,1/ménage) et la France carrément vingt-deuxième (1,08/ménage). Ici encore, c’est la Macédoine du nord qui ferme la marche avec 0,75 voiture/ménage.

    Elections fédérales en vue

    La sortie du Premier ministre belge, Alexander De Croo, est liée à la proximité des élections fédérales qui auront lieu au printemps 2023. Le pays est confronté à une élection majeure qui voit s’opposer les forces écologistes, les forces confédéralistes qui ont le vent en poupe et les partis classiques qui essaient de retrouver leur électorat.

    Regardez l’analyse du correspondant de TV5MONDE Paul Germain

  • La Chine et la malédiction de « Iznogoud » 

    La Chine et la malédiction de « Iznogoud » 

    Au début de l’année, la Chine a mis fin à sa politique du « zéro-covid » permettant un rebond économique, mais celui-ci s’est vite estompé. Sa population active diminue et la crise immobilière continue de peser sur la croissance. Le durcissement du régime avec une surveillance accrue de la population et de ses milliardaires conduit à une dégradation du climat des affaires

    Le Parti communiste privilégie désormais la sécurité à la prospérité, la grandeur à la croissance, une solide autonomie à l’interdépendance. Il renoue avec la tradition du repli sur soi qui a conduit la Chine, à partir du XVe siècle, au déclin. La montée des tensions avec les États-Unis remet en cause un des principaux axes de développement de la Chine ces quarante dernières années, à savoir le commerce avec l’Occident. Les investisseurs internationaux commencent à s’inquiéter de l’évolution de la Chine et privilégient d’autres pays d’Asie du sud-est comme le Vietnam, les Philippines ou la Thaïlande.

    L’économie chinoise pourrait ne jamais dépasser celle des Etats-Unis

    La Chine pourrait ne pas être en capacité de dépasser, comme prévu, les États-Unis, et de se hisser à la première place mondiale d’ici 2029. Deux spécialistes américains en géopolitique, Hal Brands et Michael Beckley, estiment que la Chine serait en train d’atteindre son sommet. La malédiction « Iznogoud » frapperait ce pays après avoir touché dans les années 1990 le Japon. En 2011, Goldman Sachs prévoyait que le PIB de la Chine dépasserait celui des États-Unis en 2026 et le dépasserait de plus de 50 % d’ici le milieu du siècle. À la fin de l’année dernière, la banque a revu ses calculs : l’économie chinoise ne dépasserait pas celle des États-Unis avant 2035 et, à son apogée, elle ne sera que de 14 % plus riche que ces derniers. Capital Economics, un cabinet d’études économiques, prévoit que l’économie chinoise ne sera jamais numéro un. Elle atteindrait un pic à 90 % de la taille des États-Unis en 2035, avant de perdre du terrain. 

    La Chine est confrontée à une diminution de sa population active qui mine sa croissance. La population chinoise compte 4,5 fois plus de personnes âgées de 15 à 64 ans que les Etats-Unis. D’ici le milieu du siècle, il n’en comptera que 3,4 fois plus, selon les prévisions « médianes » de l’ONU. D’ici la fin du siècle, ce ratio tombera à 1,7. Comme en Occident, les autorités chinoises devront inciter les seniors à rester en activité afin de ralentir la décroissance de la population active.

    Vieillissement et ralentissement de la productivité. 

    Le deuxième problème de la Chine provient du ralentissement des gains de productivité. En 2011, Goldman Sachs pensait que la productivité du travail augmenterait d’environ 4,8 % par an en moyenne au cours des 20 prochaines années. La banque a revu à la baisse ses prévisions en retenant un taux de 3 %. Cette baisse des gains de productivité s’explique par la tertiarisation de l’économie chinoise. Plus la population vieillit, plus les services à la personne se développent or, ceux-ci génèrent de faibles gains de productivité. 

    Ces dernières années, la Chine a surinvesti dans des équipements sans se préoccuper de leur rentabilité, ce qui nuit à la productivité. Le contrôle de plus en plus pointilleux du Parti communiste sur les collectivités locales et les entreprises privées nuit à l’innovation. Les embargos des États-Unis sur les produits de haute technologie ralentissent également la productivité en Chine. Les conséquences des mesures américaines seraient de deux points de PIB d’ici 2030. Si les autres pays de l’OCDE suivaient les États-Unis, la perte pourrait atteindre 8 points de PIB. 

    Cette perte de croissance pourrait être atténuée si la Chine arrivait à imposer sa monnaie comme monnaie de réserve, ce qui est loin d’être le cas actuellement. 60 % des réserves de change sont en dollars contre moins de 5 % pour le RMB. Si la Chine n’arrive pas sur la première marche d’ici 2049, pour le centenaire de la prise de pouvoir des communistes, elle sera proche des États-Unis en termes de PIB. Elle affirmera son rôle de grande puissance non seulement économique mais aussi militaire. L’Empire du Milieu sera-t-il tenté, pour compenser son éventuel déclin économique, de se lancer dans un aventurisme militaire qui passerait par la prise de Taïwan ?

  • Décryptage : les dépenses que prévoit la loi de programmation militaire

    Décryptage : les dépenses que prévoit la loi de programmation militaire

    Le budget des Armées françaises pour les années à venir est examiné par l’Assemblée nationale depuis lundi 22 mai. D’un montant inédit de plus de 400 milliards d’euros sur 7 ans, la loi de programmation militaire prévoit les dépenses et investissements des différentes armées françaises.

    L’Assemblée nationale se penche, depuis lundi, sur le projet de loi de programmation militaire présenté par le gouvernement français pour la période 2024-2030, soit une prévision des budgets militaires des sept années à venir. Le gouvernement prévoit ainsi d’augmenter le budget de 3 à 4 milliards par an, passant des 43,9 milliards d’euros de 2023 à 68,9 milliards d’euros en 2030 – pour un total de 400 milliards d’euros.

    Ainsi, le budget de la défense française devrait atteindre 2 % du PIB en 2025, selon les estimations du gouvernement, conformément aux objectifs de l’OTAN.

    Alors que la loi de programmation militaire précédente (2019-2025) s’élevait à 295 milliards d’euros, celle actuellement examinée par le parlement (2024-2030) représente 413 milliards d’euros de dépenses, dont 13 milliards financés par des ressources extrabudgétaires.

    Auditionné par le Sénat en avril dernier, le premier président de la Cour des comptes et président du Haut conseil des finances publiques Pierre Moscovici a émis un doute sur la possibilité de financer de cette dernière enveloppe, dès lors que la somme n’était pas incluse dans la loi de programmation des finances publiques. Face à ses « incertitudes », il a indiqué ne pas avoir de réponse.

    Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, défend le projet de loi de programmation militaire devant les députés à partir du 22 mai. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT]

    Modernisation des équipements

    Près des deux tiers des dépenses, 268 milliards d’euros, sont consacrés à l’équipement : de l’entretien du matériel existant (49 milliards) aux grands programmes d’armement (100 milliards).

    2 300 nouveaux blindés seront livrés à l’armée, un chiffre en baisse d’environ 30 % par rapport aux prévisions précédentes. Lors des auditions devant les commissions parlementaires en avril, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a justifié ce choix : « On a trop souvent eu, dans le passé, des équipements disponibles sur le papier, mais non opérationnels dans la réalité », indiquant préférer « que l’on raisonne en parc, en matériels livrés, plutôt qu’en commandes ».

    Une dizaine de milliards seront alloués à la construction d’un porte-avions de nouvelle génération, tandis que plus de 50 milliards auront pour but de renforcer et moderniser la dissuasion nucléaire, par la rénovation ou la construction de matériels navals, aéronavals et aériens. Pour rappel, la France est, avec le Royaume-Uni, une des deux puissances nucléaires présentes sur le continent européen. La dissuasion nucléaire « reste le cœur de notre défense », peut-on lire dans le projet de loi.

    Bien que la programmation en question « n’inclut pas les moyens dédiés au soutien militaire à l’Ukraine qui seront financés par ailleurs sans effet d’éviction », selon le projet de loi, des dépenses sont prévues pour compenser les efforts consentis au profit de l’Ukraine. Ainsi, la France prévoit de dépenser 16 milliards d’euros en munitions.

    Augmentation des effectifs et des rémunérations

    D’abord, une centaine de milliards servira pour les besoins de ressources humaines. D’une part, le nombre des effectifs du ministère des Armées sera augmenté, entre 700 et 1 200 équivalents temps plein par an (6 300 au total), pour atteindre 275 000 équivalents temps plein en 2030. L’objectif ne varie pas par rapport à la précédente programmation.

    D’autre part, les montants qui progressent (de 87 à 98 milliards d’euros sur la période 2024-2030) visent notamment à revaloriser les rémunérations et à augmenter les effectifs des réservistes, à 105 000 « au plus tard en 2035 », soit « un militaire de réserve pour deux militaires d’active », selon le projet de loi.

    Concrètement, la cible du ministère des Armées pour 2030 est de 290 000 militaires, dont 210 000 militaires d’active et 80 000 réservistes, auxquels s’ajoutent quelque 65 000 civils.

    De nouvelles dépenses visent aussi à une amélioration des conditions de vie des militaires, à une meilleure prise en charge des blessures des soldats et des familles de ceux qui meurent sur le terrain.

    « Nouveaux champs de conflictualité »

    La programmation militaire a aussi pour objectif de préparer « les armées du futur » : 10 milliards seront investis dans l’innovation.

    Face aux « nouveaux champs de la conflictualité », les dépenses progressent également dans le domaine spatial (6 milliards), pour renforcer les moyens de communication, de surveillance ou de sécurité de l’espace en tant que tel. De même, la réponse aux besoins en drones, en robots, en munitions téléopérées, doit être accélérée grâce à 5 milliards d’euros sur la période. L’enveloppe inclut le développement du futur système de lutte antimine marine.

    5 autres milliards auront pour objectif de moderniser la défense surface-air (DSA), pour moderniser les systèmes de missiles antiaériens.

    Le renseignement bénéficiera d’une enveloppe de 5 milliards d’euros, notamment pour faire face à la « concurrence exacerbée avec le secteur privé » en ce qui concerne les compétences qui sont très recherchées.

    Cela concerne la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction du renseignement militaire (DRM) et la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), qui dépendent du ministère des Armées. Ainsi, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ou encore Tracfin, les services de renseignement économique et financier, rentrent dans le cadre d’autres crédits.

    Le cyber connaît une hausse de 300 % des budgets qui lui sont dédiés, atteignant près de 4 milliards d’euros. Les évolutions technologiques et la nécessité d’accompagner les entreprises les plus sensibles justifient cette augmentation, selon le projet de loi, qui compte notamment renforcer la position de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

    Programmes de coopération

    Sans qu’ils fassent forcément l’objet d’une dépense budgétée, les programmes de coopération sont mentionnés par le projet de loi, de manière à mutualiser les financements nécessaires, et afin de « renforcer l’autonomie stratégique européenne ».

    Il en va ainsi du partenariat Capacité motorisée développé avec la Belgique, du programme SCAF, pour préfigurer l’aviation de combat à horizon 2040 en Europe, en partenariat avec l’Espagne et l’Allemagne, ou encore du projet MGCS, mené avec l’Allemagne, qui concerne « l’avenir du combat terrestre ».

    La France ne s’interdit pas, ajoute le projet de loi, d’ouvrir des partenariats « hors d’Europe », « autant qu’il sera nécessaire, pertinent et utile ».

    Après l’examen de l’Assemblée nationale, le texte sera débattu par le Sénat mi-juin.

    Le gouvernement ayant choisi la procédure accélérée, une seule lecture sera effectuée dans chaque chambre. Une commission mixte paritaire (CMP) sera convoquée au cas où les deux chambres ne votent pas le texte dans les mêmes termes. La promulgation est donc à attendre pendant le mois de juillet.