Les médias comme les autorités en en France ont fait l’impasse sur une modification des conditions dans lesquelles l’hymne national algérien, Kassaman (« Nous jurons »), doit être joué en version abrégée à un couplet, ou dans sa version intégrale de cinq couplets. Le décret présidentiel paru au Journal officiel algérien du 21 mai 2023 a par contre été largement commenté en Algérie.
Un couplet anti-français
« Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra. Car nous avons décidé que l’Algérie vivra. Soyez-en témoin ! »
Couplet de l’hymne national qui peut désormais de nouveau être chanté, dans certaines circonstances en Algérie
Datant de 1955 et adopté en 1963 comme hymne national, Kassaman a été écrit par le poète algérien Moufdi Zakaria (1908-1977), militant indépendantiste plusieurs fois incarcéré par les autorités françaises. Le texte n’est pas plus violent que la Marseillaise et ses promesses de sang impur coulant dans les sillons, mais il désigne l’ennemi. D’ordinaire, les hymnes nationaux restent dans le vague.
Après la mort de Houari Boumediene fin 1978, il y a eu des débats en Algérie autour de la suppression de ce couplet ou du choix d’un nouvel hymne. Les détracteurs du troisième couplet de Kassaman ne lui reprochaient pas tant de s’en prendre à l’ex-puissance coloniale que de faire référence à elle, comme si l’acte de naissance de l’Algérie restait finalement français.
Du reste, même chanté en arabe, l’hymne algérien sonne comme une Marseillaise ou peut-être davantage encore comme l’hymne italien, Fratelli d’Italia.
Une version réservée au président de la République algérienne
Un compromis avait été trouvé en 1986. Ainsi il avait été décidé que l’hymne intégral serait réservé aux congrès du FLN et à l’investiture du président de la République. Autant dire que le troisième couplet disparaissait de la vie publique. Le décret de mai 2023 l’inscrit désormais au protocole pour toutes les commémorations et cérémonies officielles en présence du président de la République, actuellement Abdelmadjid Tebboune. En cas de visite officielle de chefs d’État étrangers, français compris, une version abrégée de l’hymne algérien peut être jouée, pas forcément une version complète en cinq couplets.
Ce geste s’inscrit dans un contexte de durcissement très net des relations bilatérales entre les deux pays, qui ne va pas contribuer à les détendre.
Direction Pau, dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Nouvelle Aquitaine. 31 lycées francophones des quatre coins du monde s’y sont retrouvés lors des Jeux Internationaux de la Jeunesse de l’AEFE. Du 12 au 16 juin, 300 jeunes ont joué ensemble une partition allegro, sportive, culturelle et éco-responsable.
Pau, capitale des jeux humains
Pau est une ville accueillante et attrayante, alliant histoire, culture, sport et nature. Un lieu idéal pour accueillir les JIJ 2023.
Un cadre exceptionnel
Nichée au pied des majestueuses Pyrénées, Pau offre un cadre naturel exceptionnel. Alliée à un riche patrimoine culturel et des infrastructures sportives modernes, la ville offre donc aux participants une expérience inoubliable. Ce nouvel environnement est stimulant et inspirant. Les jeunes ont adoré se perdre dans le quartier historique lors du trail urbain. Wilfried, Liam, Théo, élèves alsaciens, n’avaient jamais vu une aussi belle ville. « Ce n’est pas comme ça chez nous, le château est magnifique, le boulevard des Pyrénées, c’est un super panorama ».
Ville à taille humaine
Carla, Célina, Selma, Julien, les Norvégiens du Lycée d’Oslo, eux, ont beaucoup aimé échanger avec la population locale.
« Chez nous la communauté française est petite, et ici, c’est génial car on entend parler français tout le temps et puis il y a des gens qui ont un sacré accent. Ah oui, renchérit Carla, comme celui qui portait un béret ».
Carla, Célina, Selma, Julien
Et les professeurs de sport ne tarissent pas d’éloges sur l’organisation de ces jeux à taille humaine. Comme Marie-France de Tunisie : « Toutes les équipes peuvent se côtoyer et se mélanger car les sites ne sont pas gigantesques, on y circule à pied ».
L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, représentée par Olivier Brochet, son directeur général, et l’Union Nationale du Sport Scolaire, représentée par Olivier Girault, son directeur général, marchent main dans la main.
Un partenariat solide
Leur objectif : réunir la jeunesse francophone à travers le monde, autour du sport, de la culture et du patrimoine. Ce partenariat est « un atout fort pour permettre aux élèves de s’épanouir, d’apprendre et de trouver leur place au sein de la vie du lycée, et ce grâce aux équipes éducatives » selon Olivier Brochet.
Un rendez-vous incontournable
En effet, renchérit Olivier Girault, le sport scolaire à la française est un modèle unique au monde. Pratiquer des sports, mais aussi arbitrer, organiser des rencontres et même réaliser un travail journalistique, permet aux élèves de s’investir dans la vie sportive au sein de leur établissement ». Présents lors de ce rendez-vous incontournable, les deux hommes ont voulu donner un message fort à tous les jeunes et leurs professeurs : » Profitez-en, amusez-vous bien, soyez heureux ! « . Zoé, jeune reporter international du Luxembourg, a bien saisi l’appel.
Des activités inédites et originales
« Je n’ai jamais autant souri que pendant cette semaine »
clame Roxane de Reims.
Des jeunes conquis
« Le rythme est tellement soutenu qu’on n’a pas le temps de regarder notre smartphone. Du coup, je me sens plus zen. », nous raconte Tasmin de Tunisie. « Je n’avais jamais pratiqué le sandball, au début c’était difficile mais après c’était vraiment chouette. Je ne croyais pas que j’étais capable de jouer comme ça, j’ai dépassé mes limites », témoigne Laetitia du Liban. Pour Samuel de Colombie, « En vrai, au départ, j’avais un peu peur de faire du raft, mais au final, j’ai adoré, c’était la première fois, chez nous, ça n’existe pas ».
Un territoire multiple
Franck Dufour, directeur de l’UNSS64 et co-organisateur avec Pau Canoë Événement, peut être fier. Son but est atteint : proposer des activités inédites et ludiques qui donnent le sourire. Durant cinq jours, de l’escape game écologique au beach-volley en passant par le sauvetage sportif en mer, la projection d’un film sur le skate, et les rencontres avec des sportifs professionnels inspirants, le programme était riche et varié.
« On voulait aussi faire connaître notre département, c’est pour cela qu’une journée s’est déroulée à Anglet sur la Côte basque. C’est une sacrée organisation, avec cent vingt bénévoles, mais quand on voit les jeunes avec la banane, on est heureux. »
De bananes, il en est question justement lors d’une activité proposée par le collectif d’artistes locaux, l’Atelier Ambulant.
Une fresque géante
Les jeunes ont réalisé une fresque géante intitulée « Parenthèse banane » sur le thème du développement durable, aidés par le collectif. La banane, explique Ben street-artiste, « c’est le symbole d’un fruit qui a une empreinte carbone énorme. C’est aussi le fruit que mange le sportif.C’est un symbole fort. » Cette fresque laissera une trace du passage des JIJ à Pau.
Les jeunes ont fait preuve de créativité pour partager leurs réflexions sur le changement climatique. Ils ont à peine seize ans et ils ont conscience que le monde va mal. Il n’y a qu’à regarder leurs dessins pour réaliser qu’ils ont bien compris la situation de notre planète. Un ours polaire qui mange une glace, la Terre qui prend sa température car elle a de la fièvre. Une fabrique qui pollue la nature. Des slogans comme « Save the planet, Help me. Less Béton« .
La fête du sport
Quand les jeunes parlent de leur motivation pour les JIJ2023, beaucoup affirment qu’ils souhaitaient pratiquer plusieurs activités sportives.
L’esprit de Coubertin
Pour se mesurer aux autres mais aussi pour éprouver leurs propres ressources. Les rencontres avec des sportifs de renom sont primordiales car les champions leur transmettent les valeurs du sport et de l’olympisme. L’excellence, l’amitié et le respect. Que l’esprit de Coubertin perdure, que les jeunes retiennent que l’important c’est de participer.
Épreuves avec des points à la clef
Les lycéens ont participé à des épreuves toute la semaine avec l’objectif de remporter le classement final. Les 31 équipes de six (trois garçons, trois filles) ont couru, dribblé, sauté, ramé, nagé, tapé la balle. Même s’ils découvraient la plupart des sports, ils ont pu mettre en action leurs capacités d’endurance, de résistance, de force, de vitesse, de souplesse et de coordination.
Garder l’esprit d’équipe
Certains souffraient de courbatures après le trail urbain. D’autres n’aimaient pas trop l’eau. Les jeunes apprennent à gérer leur corps mais aussi leur mental. A continuer malgré les douleurs. Car les épreuves s’enchaînent et ne se ressemblent pas. La pelote à main nue est bien loin du raft. Le laser run du sauvetage en mer. Cependant, il faut garder l’esprit d’équipe, se serrer les coudes, être volontaire. Certains sont médiocres au basket alors que d’autres excellent au beach-volley. L’un court comme un lapin et l’autre vise comme un tireur d’élite. Chaque équipe a ses combinaisons. Les jeunes ont appris à s’adapter. Et que les meilleurs gagnent.
De la suite dans les idées
Pau s’intéresse à la littérature, preuve en est son festival « Les idées mènent le monde », dont la dernière thématique, l’envie de vivre, semble coller parfaitement à ces JIJ2023.
Un monde inter-culturel et éco-responsable
Durant cette semaine, l’envie n’a pas manqué. L’envie de bouger, l’envie d’échanger, l’envie de changer un peu le monde. Car, oui, ces jeux étaient interculturels et écoresponsables. Cela a aussi donné envie à des jeunes bénévoles qui n’ont jamais quitté la France de partir voir ailleurs.
A plusieurs, on va plus loin
C’est Tony Estanguet, le champion olympique palois de canoë kayak qui a annoncé le classement final et et c’est le Lycée français de Singapour qui a gagné cette édition 2023 des JIJ, devant Munich et Londres. Cependant, la plus belle des récompenses, c’est que le monde peut faire confiance à sa jeunesse pour changer de vitesse. Les jeunes ont bien expérimenté durant ces JIJ 2023 que seul on allait plus vite, et qu’à plusieurs, on allait plus loin.
Réseau d’experts de l’expatriation, Expat Pro a pour objectif est de mettre en relation les expatriés et des professionnels sélectionnés pour leur expertise. Créée par deux Françaises de l’étranger, Cécile Gylbert, 21 années d’expatriation et Catherine Martel, 18 années, la plateforme permet de connecter les expats et les professionnels, permettant ainsi aux Français résidant hors de France de trouver les services dont ils ont besoin avant, pendant et après leur expatriation.
Ecoutez le podcast avec les fondatrices
Qu’est-ce qu’Expat Pro ?
Que ce soit pour trouver une orthophoniste spécialisée dans le multilinguisme, un partenaire pour faire les démarches administratives lors du retour en France, un établissement bilingue ou encore un avocat spécialiste du droit international, le site répond aux multiples besoins de la communauté expatriée francophone.
Cécile Gylbert et Catherine Martel – les 2 fondatrices d’Expat Pro
2ème rencontre du réseau à Paris
Pour la deuxième année, les fondatrices du réseau Expat Pro organisent une rencontre entre les différents acteurs du réseau.
Cette année, le rendez-vous est donné pour le 6 juillet 2023 à 18h30 au sein de l’International School of Paris, un des membres du réseau. Au cours d’une soirée, tous ceux qui font la « valeur ajoutée » du réseau Expat Pro pourront échanger leurs expériences.
Des experts sélectionnés
S’ils ne se retrouvent qu’une fois par an en « présentiel », tous ont été sélectionnés par les fondatrices au cours d’une procédure en plusieurs étapes qu’elles nous décrivent dans le podcast.
Fort de cette sélection drastique, le réseau Expat Pro permet aux expatriés qui en font la demande d’obtenir le contact le plus pertinent pour les accompagner dans leur projet quel qu’il soit.
Plus qu’un annuaire, le réseau Expat Pro est un gage de qualité des services et de professionnalisme. Bonus d’Expat Pro, c’est le travail mutualisé, en effet les experts travaillent souvent de concert pour créer la formule d’accompagnement la plus adaptée. Avec plus de 250 spécialistes dans 38 pays, une grande partie des besoins sont couverts, que ce soit pour l’installation, l’éducation, les loisirs, mais aussi bien sûr les démarches administratives ou professionnelles.
» Chacun peut trouver l’accompagnement dont il a besoin ! «
Et ce n’est pas fini, le site continue de recruter des nouveaux experts. Et pour accéder à ces derniers, il n’y a pas d’abonnement à prendre ou de fiches détaillées à transmettre. D’ailleurs, si vous pensez correspondre au profil, vous pouvez postuler auprès d’Expat Pro.
Une large palette de services
On l’a vu, les experts sont nombreux, les spécialités prises en charge le sont aussi. Ainsi, dans 9 rubriques qui se déclinent en de nombreuses sous-catégories, vous pourrez accéder à des professionnels spécialisés dans :
Scolarité et enseignement
Santé & bien-être
Parentalité et famille
Vie professionnelle
Juridique et finances
Logement et logistique
Loisirs et communication
Voyages et tourisme
Etudes
Et on le rappelle, votre demande restera privée, car le site Expat Pro ne demande pas d’informations à ses visiteurs, pas d’adresse email, ni d’identité à laisser. Seul l’expert que vous aurez choisi sera donc informé de votre requête et de votre situation. Pour les fondatrices du réseau Expat Pro, la confidentialité et le respect de leurs internautes est un engagement de tous les jours.
Un an avant les élections européennes, les projections d’Europe Elects montrent que la coalition informelle du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) de centre gauche et du parti libéral Renew Europe devrait conserver la majorité au Parlement européen.
Toutefois, cette majorité est appelée à se réduire : selon les projections actuelles, le PPE de centre droit devrait remporter 161 des 705 sièges, contre les 177 qu’il détient en ce moment. Le groupe S&D devrait obtenir 144 sièges, soit un de plus qu’actuellement. Renew devrait pour sa part passer de 101 à 90 sièges.
À droite de l’échiquier politique, le groupe national-conservateur des Conservateurs et réformistes européens (CRE) devrait passer de 66 à 82 sièges, tandis que le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) devrait passer de 62 à 66 sièges.
Le groupe des Verts/ALE devrait pour sa part obtenir 48 sièges, contre 72 auparavant.
Toutefois, les partis écologistes et régionalistes de ce groupe dépassent généralement les résultats des sondages lors des élections européennes. Par ailleurs, l’inverse est généralement vrai pour le groupe de La Gauche, qui devrait remporter 53 sièges, soit 16 de plus que ce qu’il détient actuellement.
En outre, les sondages indiquent que les non-inscrits obtiendraient 50 sièges, soit trois de plus qu’aujourd’hui.
Un an avant les élections européennes, les projections d’Europe Elects montrent que la coalition informelle du PPE de centre droit, du S&D de centre gauche et du parti libéral Renew Europe continuera à détenir la majorité au Parlement européen. [SHUTTERSTOCK/vchal]
Bonjour à tous, bienvenue dans le dernier flash des expatriés de la semaine, ce 16 juin on s’inquiète de la multiplication des turbulences en avion, on constate que la natalité décline dans le monde entier, enfin on sera soulagé, comme nos compatriotes, d’apprendre que Kylian Mbappé restera finalement au PSG.
3 fois plus de turbulences dans les cieux
C’est la crainte des chercheurs américains qui ont pointé du doigt dans une étude publiée cette semaine l’augmentation considérable des turbulences au cours des 40 dernières années lors des vols commerciaux. La cause ? Le réchauffement climatique. Pour eux ces phénomènes, qui coûtent jusqu’à 500 millions d’euros aux compagnies aériennes, devraient doubler voire tripler dans les 20 ans à venir.
Si la plupart d’entre vous ont appris à l’école que le monde était surpeuplé, qu’on se dirigeait vers une population humaine qui étoufferait la planète, la réalité est bien différente. La transition démographique s’est diffusée beaucoup plus rapidement que prévu. Au point que dans les pays occidentaux, mais aussi en Chine, la population devrait se contracter de près de 30%. La France n’est pas concernée du fait de sa politique nataliste et de sa forte proportion d’immigrés. Dans le reste du monde, petit à petit, les taux de natalité se rapproche des « normes occidentales’. Mais loin d’être une bonne nouvelle, ces chiffres inquiètent économistes et politiques, car ils entraîneront une explosion des coûts liés à la prise en charge des personnes âgées d’ici 30 ans. Les actifs de demain risquent de ne pouvoir assurer la retraite des actifs d’aujourd’hui.
Partira, partira pas ?
C’était le jeu de la semaine en France et ailleurs. Les paris étaient ouverts, est-ce que l’attaquant star du PSG, Kylian Mbappé, sera encore présent la saison prochaine dans la capitale française ? Ce qui est sûr c’est qu’il n’y sera pas pour la saison 2024/2025, le joueur ayant annoncé qu’il ne déclenchera pas la clause qui aurait permis la prolongation de son contrat. Pour autant, malgré les rumeurs, ce 15 juin le joueur de 24 ans a annoncé tenir ses engagements et jouera donc sur la pelouse du Parc des Princes à la rentrée.
L’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) se réunit en session plénière deux fois par an, généralement une semaine en mars et une semaine en octobre. Que font les quatre-vingt-dix élus de l’AFE entre ces deux périodes ? Comment s’organise le travail ? C’est ce que Lesfrancais.press a voulu savoir en interrogeant les Présidents des cinq groupes politiques constitués au sein de cette assemblée.
L’intersession permet de travailler les dossiers
« Tout le travail se fait essentiellement entre les deux sessions », c’est ce que nous confie Nadia Chaaya, la présidente du Groupe « Les Indépendants ». C’est ainsi qu’une réunion a été organisée le 10 mai dernier par son groupe avec le Ministre des Français de l’étranger, Olivier Becht, notamment pour faire le suivi des résolutions adoptées en session plénière et faire émerger des solutions sur les questions de sécurité, ou bien encore sur l’obtention des certificats de nationalité ou la formation des élus. Pour Nadia Chaaya, « même si le cabinet du ministre actuel est très réactif, le quotient entre heures passées sur nos travaux et résultats concrets reste bien trop faible ».
« Un suivi efficace de nos résolutions et des réponses plus rapides aux questions écrites posées par les conseillers », c’est aussi ce à quoi s’attache Laurent Rigaud, le Président du Groupe « Union des Républicains, des Centres et des Indépendants » entre deux sessions. « Nous organisons aussi une réunion de notre groupe en visioconférence trois à quatre semaines avant la session pour préparer l’ordre du jour ». Le lien avec les élus de son groupe s’organise également au quotidien par le biais d’un groupe WhatsApp : « nous échangeons, notamment pour faire remonter les expériences de terrain des uns qui peuvent aider les autres ».
Entraide et remontés de terrain que nous retrouvons dans le groupe de Nadia Chaaya pour « trouver une harmonisation dans les applications de certaines règles dans les ambassades et consulats » et notamment celle visant à garantir une information sur les îlotiers dans les pays à risque.
Une assemblée tournée vers le terrain ?
Baptiste Heintz, Président du Groupe Écologie & Solidarité, sur le ton de l’humour ne souhaite pas « rendre publique toute la recette pour rester le premier groupe de l’Assemblée des Français de l’étranger ». Il insiste sur l’importance des contacts avec le terrain : « notre mandat s’alimente du quotidien vécu par nos compatriotes partout sur la planète », c’est pour cela que « nous organisons des réunions publiques entre deux sessions comme lors de la réforme des retraites », pour exprimer leur désaccord, ou des réunions thématiques via l’association Français du monde (ADFE) qui propose des rencontres tout au long de l’année.
Le Groupe Écologie & Solidarité en réunion lors de la session plénière
Du côté de la majorité présidentielle, Thierry Masson, Président du groupe « Indépendants, démocrates et progressistes » rappelle que « ce sont les conseillers des Français de l’étranger qui nous ont élu », c’est pour cela qu’avant chaque session plénière son groupe « organise des réunions auxquelles les élus de la majorité présidentielle sont invités à participer. Ces réunions sont basées sur le format des commissions de l’AFE et animées par les conseillers de la majorité membres de ces dernières ».
Annie Rea, Présidente du groupe « Solidaires et Indépendants » ne souhaite pas tomber dans la « réunionite » en fixant un calendrier précis. Cependant avant chaque session plénière elle organise « un séminaire pour renforcer la cohésion et définir des lignes ». Son groupe a aussi adopté WhatsApp pour animer les échanges avec les élus : « la fonction sondage est d’ailleurs très utile ». Cela nous permet d’avoir « plus de souplesse dans notre fonctionnement, et de nous organiser en fonction des besoins. » Le groupe d’Annie Rea s’appuie aussi sur l’Alliance solidaire des Français de l’étranger (ASFE) qui rédige notamment un compte-rendu détaillé de toutes les sessions « disponibles en un temps record ».
Manque de moyens ?
Tous les présidents de groupe sont unanimes pour rappeler que le mandat de conseiller AFE est bénévole, et entre deux sessions plénières « nous n’avons pas besoin de grands moyens » souligne Thierry Masson, avis également partagé par Laurent Rigaud. Baptiste Heinz demande cependant une amélioration des moyens de communication et une aide, notamment budgétaire, pour l’organisation des visio-conférences. Quant à Nadia Chaaya, si elle n’insiste pas pour plus de moyens, elle souhaite, en revanche « pouvoir travailler mieux ». Même volonté chez Annie Rea pour qui « l’efficacité est au cœur de nos mandats », encore faudrait-il pouvoir la mesurer.
L’idée d’une troisième session plénière est rejetée en bloc : Laurent Rigaud explique que « la plupart des élus ne pourraient consacrer professionnellement une semaine supplémentaire pour une troisième session ». A la question de pouvoir l’organiser en visio, le rejet est aussi unanime. Thierry Masson rappelle que « les élus ne sontabsolument pas en faveur de lavisioconférence », ajoutant : « c’est en nous retrouvant ensemble pendant une semaine que nous créons des liens et que nous faisons le meilleur travail. » Laurent Rigaud abonde : « l’intérêt des sessions, c’est que les élus de terrain rencontrent en présentiel les ministres (…) pour mieux faire avancer les dossiers ».
Suivre les résolutions
Pour autant la « possibilité des visios serait utile pour la tenue des bureaux élargis de l’AFE ; cela faciliterait l’élaboration de l’ordre du jour », propose Baptiste Heintz. Observation partagée par Nadia Chaaya : « c’est vrai que l’ordre du jour est bouclé de plus en plus tard », des progrès sont donc attendus sur ce point, comme l’est la demande des quatre-vingt-dix élus de l’AFE en faveur d’un meilleur suivi des textes adoptés.
Un groupe de travail sur le suivi des résolutions de l’AFE est en création. « Ce serait bien de mutualiser les bonnes pratiques », réclame Annie Rea. Thierry Masson attend aussi « plus de résultats concrets de tout le travail effectué au sein des commissions de l’AFE ». Nadia Chaiaa milite également pour cette « AFE utile » que tous appellent de leurs vœux, et dans laquelle une résolution aboutirait à un résultat. Ce groupe de travail sera donc suivi avec attention par Lesfrancais.press. Heureusement, l’engagement des membres de l’AFE semble encore rester intact : « si nous n’avions pas foi en la citoyenneté et l’engagement démocratique, beaucoup d’entre nous auraient déjà présenté leur démission », analyse Baptiste Heinz. Mais jusqu’à quand cette motivation tiendra ?
Un écrivain-diplomate, Patrick Lachaussée vient de publier avec bonheur son troisième roman, « Bourama, l’arbre et le sage » alors qu’il occupe les fonctions de Consul général de France à Genève. Qui ne connaît ce grand professionnel de la diplomatie pourrait s’étonner qu’un haut cadre du Quai d’Orsay, une maison habituée à la discrétion et à l’action en coulisse, se livre ainsi sans fard dans un puissant récit de fiction qui dit beaucoup de lui.
« Bourama, l’arbre et le sage », un roman entre sagesse et violence
Car Bourama, pourrait-on dire en forçant le trait, c’est lui, Lachaussée. Lui en qui réside de l’ADN africain – il possède un arrière grand-père malien – lui qui est passionné par ce continent où il a mené des actions humanitaires, lui le musicien qui a écrit son roman avec dans l’oreille les rythmes et sonorités de cette Afrique qu’il chérit, lui, enfin, qui est un expert de l’international, cette matière évolutive, cette marche chaotique du monde dont il fait un récit d’espionnage, de terrorisme, de lutte, mâtiné de la sagesse africaine de son personnage-titre.
Tout commence par un massacre dans un village africain. Bourama est le seul rescapé, l’homme âgé s’est réfugié dans un baobab sacré et multi-centenaire. L’intrigue qui va se nouer met en scène des personnages qu’on sent inspirés du vécu diplomatique du Consul : Sofiane, cet informaticien engagé par le directeur du centre de crise – Patrick Lachaussée a lui même commencé sa carrière par un modeste poste d’informaticien, avant de gravir une à une les marches de la prestigieuse maison diplomatique. Bernard Millet, personnage central du roman, est lui le directeur du centre de crise, un homme d’instinct qui sait lire dans l’âme des hommes d’un seul regard et qui embauche Sofiane après une rapide discussion où il saura détecter tous les indices qui font un collaborateur fiable. L’intrigue va placer Bernard au coeur de l’action face à une bande organisée qui mène trafics et activités criminelles entre Haïti, Miami, New-York et le Mali… On pense à John Le Carré pour les personnages hauts en couleur et l’aspect géopolitique et diplomatique qui puise dans le réel son fil rouge.
Des personnages qui sont les doubles de fiction de Patrick Lachaussée
Qui a travaillé avec Patrick Lachaussée sait reconnaître derrière ces personnages des doubles ou des triples de fiction. Il serait d’ailleurs prétentieux de vouloir restituer en une seule critique littéraire la saveur raffinée d’un récit qui dit beaucoup de l’Afrique d’aujourd’hui, entre tradition et modernité, et qui fait résonance avec la culture africaine de son auteur et avec l’expérience des crises internationales qu’il a eu réellement à gérer au Ministère des Affaires étrangères.
Le roman est surtout d’une extrême sincérité. Qui a approché l’auteur sent en lui ce regard inspiré, inquiet, profond, spirituel de l’artiste qui se perd au loin, cette bonté d’âme de celui qui ne pourrait vivre sans engagement, ce désir de dire et d’écrire pour donner corps dans la fiction à son profond idéal humaniste. Son roman précédent, « Revoir Fatima », témoignait déjà d’un don pour des histoires faites de solidarité et d’amitié humaine. Bourama reprend ce fil d’humanité en le développant.
Un atypique de la diplomatie à la sensibilité d’artiste humaniste
Lachaussée est un atypique au regard de nombre de ses condisciples du Quai. Non que les diplomates manquent d’humanité en général. Mais parce que la plupart d’entre eux ont connu des trajectoires plus linéaires, des destins de bons élèves doués en langues et en dissertation. Il a eu, lui, mille et une vies, des lumineuses et des plus cabossées. Certaines sont très étonnantes pour le désormais haut-fonctionnaire : il a connu l’engagement local comme maire d’une petite commune. Il a sillonné le Congo Kinshasa, aidé un club de boxe local à se moderniser, joué avec des musiciens chevronnés et appris la musique africaine. Il a aussi donné de son temps en France et à l’étranger dans des centres d’aide aux plus démunis. Lachaussée ? Un homme de Lyre, de luttes et de Lettres. Instinctif, travailleur infatigable, dévoué corps et âme à sa tâche, il fut appelé par le nouveau Ministre Bernard Kouchner pour créer le Centre de Crise, cet instrument moderne de secours des Français en danger à l’étranger qui oeuvre pour les évacuations, les rapatriements, les négociations en cas d’enlèvement, avec célérité et efficacité. Le French Doctor connu jusque là pour son engagement à gauche était une des prises de guerre du Président Sarkozy. Le ministre vit dans Lachaussée un homme tenace et pragmatique, un bosseur loyal capable de mettre sur pied ce centre qui, sortant de terre en 2008, venait corriger un manque face à la multiplication des crises internationales et au besoin de coordonner les moyens d’actions. Ce lieu névralgique est un personnage à part entière du récit. Il est vrai que l’ordinaire de ceux qui le servent est fait d’adrénaline, d’actions en continu, comme dans un bon roman. La lecture de Bourama dit beaucoup de ses coulisses et de son fonctionnement réel. Tout aspirant à l’entrée au Quai devrait en faire d’ailleurs sa lecture d’été. Et tout diplomate chevronné retrouvera la fièvre qui bat dans ses murs quand l’histoire s’accélère au gré des péripéties du monde.
L’ancien directeur du Centre de Crise donne à voir les coulisses de la diplomatie
Patrick Lachaussée peut ressentir une légitime fierté d’avoir piloté une telle machine à aider les autres. Les diplomates avec un peu de mémoire se souviennent de lui veillant des nuits durant pour assurer la continuité de missions périlleuses, un homme peu économe de son temps qui a su faire aussi rayonner la langue française en tant que directeur de cabinet de Yamina Benguigui, alors ministre de la Francophonie. Les Lettres toujours. L’engagement encore. L’humain jamais abandonné.
Lire Bourama c’est lire Lachaussée, parcourir les lignes de cette fiction c’est apprendre des coulisses de la diplomatie, aller au bout du suspense proposé par ce livre c’est faire avancer un peu l’humanité car Bourama nous offre une voie de sagesse dans le tumulte d’un temps sans sagesse et parfois violent.
Procurez-vous le livre, vite. Savourez-le, lentement. Rencontrez ainsi un auteur accompli entre ses lignes. Un diplomate, un écrivain. Un homme de bien qui écrit bien.
Boris Faure : De « Revoir Fatima » à « Bourama, l’arbre et le sage », presque trois ans sont passés mais votre plume développe toujours les thèmes qui vous sont chers : la solidarité humaine, la richesse qui naît de la rencontre des cultures étrangère. Dans Bourama il y a aussi une grande part d’autobiographie. Ma première question est simple : Bourama c’est un peu vous, et Bernard Millet, le personnage qui dirige le Centre de Crise, c’est beaucoup de vous, non ?
Patrick Lachaussée :En réalité, j’ai commencé à travailler sur ce roman à la fin de l’année 2013. C’était juste après un dernier déplacement professionnel au Mali. Un Mali, dans lequel j’avais tant voyagé et qui était alors en proie à une violence aveugle contre les populations civiles. Très vite, j’ai été frappé d’incompréhension ; comment un pays, aussi éclairé par ses traditions et ses croyances ancestrales, faites de solidarité et de bienveillance, pouvait ainsi sombrer dans la violence terroriste ?
Boris Faure :Comment un pays de sagesse peut-il sombrer dans la violence terroriste ?
Patrick Lachaussée :Pour tenter de répondre à cette question, je me suis intéressé à la spiritualité et aux rites pratiqués dans certains villages du Cercle de Ségou. Bien que je connaisse assez bien la cosmogonie bambara et les traditions ancestrales des Dozos et des rites liés au Kǫmǫ, j’ai pris le temps de mener des recherches et c’est avec des ethnologues et des anthropologues que j’ai pu ainsi mieux connaître la grandeur spirituelle de ce pays, personnifiée en la personne de Bourama Sanogo. J’avais rencontré de tels personnages, détenteurs d’une connaissance impressionnante des rites religieux et initiatiques et capables de « sonder les âmes », de converser avec la nature et sans doute avec tous les éléments, une connaissance transmise de génération en génération depuis des siècles. Aussi, pour vous répondre, je n’ai pas la prétention de penser que je ressemble à ce sage. Je peux juste dire que telles personnalités, rencontrées au fil de mes voyages au Mali, m’ont beaucoup inspiré et que ce livre est en quelque sorte un hommage rendu à leur sagesse. Quant à Bernard Millet, directeur du Centre de Crise, là encore, il représente sans doute ce que j’aurais aimé être. Un modèle, en quelque sorte. Lui aussi est un assemblage subtil entre différentes personnalités avec lesquelles j’ai eu l’honneur de travailler ou de collaborer au sein de notre réseau diplomatique et qui, elles aussi, sont de réelles sources d’inspiration.
Boris Faure : Vous écrivez, vous êtes musicien, vous aimez l’Afrique sans modération. Est-ce que cela fait de vous un atypique de la diplomatie ou cette maison est-elle au contraire le terrain idéal d’expression de l’atypisme humain?
Patrick Lachaussée :Je ne pense pas être plus atypique qu’un autre. La diplomatie française est composée d’hommes et de femmes passionnés par leur métier, avec cette volonté et cette curiosité d’aller au contact des cultures, des traditions de sociétés parfois méconnues. Etre diplomate, c’est en quelque sorte marcher dans les pas de Nicolas Bouvier et dans l’esprit de Claude Lévi-Strauss. Je pense aussi qu’être diplomate aujourd’hui exige de disposer d’une profonde capacité d’adaptation, d’être à la fois capable d’analyser et de comprendre une situation tout en imaginant ou en concevant des stratégies d’influence ou de coopération en constante évolution. Etre diplomate, c’est avant tout un métier de passion au service de son pays.
Boris Faure : On sent votre plume féconde, travaillez-vous sur un nouveau roman qui puiserait dans le réel ? Allez-vous exploiter la réalité diplomatique suisse pour vous en inspirer ?
Patrick Lachaussée :Pour l’instant, je remplis d’idées des carnets d’écoliers et il est vrai que la Suisse pourrait m’inspirer bien des histoires. Je ne sais jusqu’où cela me mènera. Un nouveau roman, des nouvelles, du théâtre… On verra.
À l’échelle planétaire, une panne des naissances se diffuse à un rythme rapide avec la crainte d’un vieillissement bien plus rapide que prévu de la population mondiale. Le taux de fécondité par femme est passé de 2,7 à 2,3 dans le monde de 2000 à 2022.
Les 15 pays les plus riches en termes de PIB ont tous un taux de fécondité inférieur au taux de remplacement (2,1), les pays d’Europe, les États-Unis bien évidemment mais aussi la Chine et l’Inde. D’ici 2030, plus de la moitié des habitants de l’Asie de l’Est et du Sud-est auront plus de 40 ans. En dehors de l’Afrique, la population mondiale atteindra son apogée en 2050 avant de décliner. Même en Afrique, le taux de fécondité chute au point que la population mondiale pourrait commencer à décliner d’ici la fin du siècle.
L’économie n’est pas prête à faire face à une diminution de la population
Quoi qu’en ait pensé Malthus au XIXe siècle, l’économie n’est pas prête à faire face à une diminution de la population. Le premier problème à résoudre est le transfert de charges des actifs vers les inactifs. Les retraités se financent directement ou indirectement à partir du travail des actifs soit par l’intermédiaire de l’État ou des régimes sociaux, qui prélèvent des impôts ou des cotisations sur les travailleurs pour payer les pensions publiques, soit en encaissant les revenus de l’épargne constituée durant la période d’activité personnellement ou via des fonds de pension.
Les prochaines années risquent de rimer avec hausses d’impôts, report de l’âge de départ à la retraite, pression à la baisse des pensions et moindre rendement de l’épargne. L’Italie est le pays européen le plus touché par la dénatalité le plus fort au point qu’une publicité réalisée par une marque de couches met en scène, de manière ironique, en montrant des salles de classes à l’abandon et des maternités désertes, l’arrivée du dernier bébé italien de l’histoire programmé en 2050. Cette parodie traduit la baisse prévue du nombre des naissances qui devrait passer d’un million en 1964 à 346 000 en 2050.
Des coûts impressionnant de retraite, de santé et de dépendance
Le vieillissement rapide de nombreux pays génère des coûts impressionnants de retraite, de santé et de dépendance au moment même où les revenus, faute de travailleurs, diminueront. Un pays de seniors est, par ailleurs, moins ouvert au progrès technique, diminuant d’autant la croissance potentielle. Si l’Italie est beaucoup moins bien notée que la France en ce qui concerne sa dette souveraine, cela est dû en grande partie à son déclin démographique avancé.
L’Italie et le Japon sont les deux pays qui sont entrés les premiers dans l’ère du vieillissement de masse avec des taux de fécondité qui sont passés en-dessous du niveau du renouvellement des générations (2,1) dès les années 1970. L’âge médian, en Italie est de 47 ans, ce qui signifie que la moitié de la population a plus que cet âge et l’autre moitié moins. L’âge médian au Japon est de 49 ans. Il devrait rapidement dépasser 50 ans.
La Chine connaîtrait une contraction de sa population de près de 30 % tout comme l’Italie
Ces deux pays ont été, depuis, rejoints par de nombreux autres ; la Corée du Sud, les ayant même battus avec un taux de fécondité de 0,8, le plus faible du monde. La population de ce pays sera divisée par deux d’ici la fin du siècle. Sur la même période, la Chine connaîtrait une contraction de sa population de près de 30 % tout comme l’Italie. Ce ratio serait de 40 % pour le Japon.
En 2010, 98 pays et territoires avaient enregistré des taux de fécondité inférieurs à 2,1. En 2021, ce nombre était passé à 124, soit plus de la moitié des pays pour lesquels l’ONU collecte des données. D’ici 2030, ce nombre pourrait atteindre 136. Les 15 plus grandes économies du monde, dont le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique, ont toutes des taux de fécondité inférieurs à 2,1.
Au niveau mondial, la fécondité converge assez rapidement au-dessous de 2,1. Le taux de fécondité est de 1,3 en Thaïlande et de 1,6 au Brésil. Celui de l’Inde est tombé en dessous de 2,1. Quel que soit leur pays, les femmes aspirent à combiner vie professionnelle et vie familiale.
La baisse de la fécondité a concerné dans un premier temps les femmes ayant le niveau d’études le plus élevé. Elle s’étend, dans un second temps, aux femmes avec un faible niveau d’études. Désormais, aux États-Unis, les femmes américaines qui n’ont qu’un diplôme de premier cycle ont, en moyenne, moins enfants que celles qui sont plus scolarisées. Les pays émergents suivent de près ceux de l’OCDE.
Une baisse programmée de la population active
Du fait d’un nombre d’entrants de plus en plus faible, les populations actives vieillissent et se réduisent dans un nombre non négligeable de pays. En 2021, au sein des 124 pays ayant un taux de fécondité inférieur à 2,1, la population de 21 à 30 ans s’élevait, à 782 millions. En 2050, ce groupe qui rassemble le nombre potentiel d’entrants locaux sur le marché du travail, devrait avoir diminué d’un cinquième, à 619 millions. Dans les pays où le taux de fécondité est inférieur à 1,5, qui comprend la quasi-totalité de l’Asie de l’Est et une grande partie de l’Europe, la baisse sera plus extrême, la même cohorte se contractant de 37 %.
Pyramide inversée
De plus en plus de pays ont des pyramides démographiques inversées, la base étant plus étroite que son milieu. En Chine, le nombre des 21 à 30 ans est ainsi passé de 232 millions à son apogée en 2012 à 181 millions en 2021. En 2050, ce nombre devrait être de 100 millions.
La population européenne de la même tranche d’âge passera de son côté d’environ 85 millions à moins de 60 millions au cours de la même période. Au-delà des tensions qu’elle génère, l’immigration est un des seuls moyens pour compenser la baisse de la population active. Néanmoins, au fil des décennies, le nombre de pays disposant d’importants surplus démographiques devrait baisser. La population indienne devrait atteindre son sommet en 2060.
Les pays vieillissants se feront une concurrence féroce pour attirer les immigrés
L’Afrique subsaharienne est la seule région du monde qui semble susceptible de rester une source d’émigration pour les prochaines décennies. Mais même dans les pays de cette région, les taux de natalité chutent plus vite que prévu. Compte tenu des besoins en population, les pays vieillissants se feront une concurrence féroce pour attirer les immigrés, sachant que les États-Unis devraient toujours bénéficier d’un afflux important.
Au sein de l’OCDE, il y a en moyenne trois personnes âgées de 20 à 64 ans pour une personne âgée de plus de 65 ans. D’ici 2050, ce ratio passera à moins de deux pour un. L’Europe, le Japon et la Corée du Sud sont les plus concernés par la dégradation de ce ratio. Une diminution du nombre d’actifs et une augmentation de celui des retraités signifient plus de dépenses publiques et moins de prélèvements obligatoires. Elles sont également synonymes de moins de production et donc de création de richesses.
Le déclin démographique a aussi des effets d’entraînement sur le capital et la productivité qui sont beaucoup moins bien compris par les économistes.
Des effets incertains sur l’inflation et les taux d’intérêt
Des économistes estiment qu’une population active en diminution s’accompagnera d’une baisse des taux d’intérêt en termes réels (c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation), car il y aura moins d’opportunités d’investissement et un stock important d’épargne accumulé par les personnes à la retraite ou proches de la retraite. D’autres économistes pensent que l’effet sera le contraire. Pour maintenir leur pouvoir d’achat, les retraités puiseront dans leur épargne. Il y aura moins de financement pour l’investissement, ce qui fera monter les taux d’intérêt réels.
L’augmentation des dépenses publiques accroît les besoins de financement des pouvoirs publics. Pour le moment, les retraités ont tendance à maintenir un fort taux d’épargne.
Le vieillissement, un facteur de déclin de la productivité
Les faibles ratios actifs/retraités ne sont qu’un des problèmes liés à l’effondrement de la fécondité. La diminution du nombre de jeunes actifs constitue une réelle menace pour l’innovation et la productivité. Les électeurs âgés ont tendance à privilégier la sécurité au détriment de la prise de risque. Ils sont favorables au protectionnisme et sont souvent contre le progrès technique.
Au niveau de l’urbanisme, les populations âgées souhaitent le gel des constructions et plus globalement le statu quo. La croissance économique dépend de la proportion de jeunes actifs qui sont ceux qui jouent le rôle clef dans la diffusion du progrès technique. Selon les psychologues, les jeunes trentenaires disposent d’une intelligence dite « fluide», se traduisant par une forte capacité à résoudre de nouveaux problèmes et à s’engager dans de nouvelles idées. Les personnes âgées ont plus « d’intelligence cristallisée », c’est-à-dire un stock de connaissances sur le fonctionnement des choses qui s’est accumulé au fil du temps. Les deux types d’intelligence sont utiles pour les entreprises, mais les deux ne sont pas de valeur équivalente en matière d’innovation.
Les innovations de rupture sont réalisées par les jeunes actifs, autour de la trentaine
Dans une étude publiée en 2021 reposant sur une base de données de trois millions de brevets déposés sur plus de 40 ans, les économistes Mary Kaltenberg et Adam Jaffe et la psychologie Margie Lachman ont constaté que la proportion de brevets déposés culmine à la fin de la trentaine et au début de la quarantaine. Les innovations de rupture sont réalisées par les jeunes actifs, autour de la trentaine.
Le déclin de la productivité est un problème majeur pour les économies. Entre 1947 et 1973, la croissance de la productivité représentait 60 % de l’augmentation de la production par travailleur au sein de l’OCDE. Les États-Unis ont connu un taux de croissance plus rapide que celui des autres pays de l’OCDE grâce à des gains de productivité plus importants. Comme la baisse de la fécondité est générale, la productivité pourrait s’éroder à l’échelle mondiale. Ce phénomène semble avoir commencé et s’être accéléré avec la crise de covid-19.
L’économiste et démographe chinois, James Liang, a démontré que l’entrepreneuriat est plus faible dans les pays plus âgés. La proportion d’adultes créant leur entreprise diminue de 2,5 points quand l’âge médian augmente de 3,5 ans. Aussi étrange que cela puisse paraître, le taux de création d’entreprises parmi les jeunes de 18 à 35 ans recule dans les pays qui enregistrent un vieillissement accéléré de leur population. Ce phénomène est marqué au Japon. James Liang analyse cette diminution par la perte de dynamisme du tissu économique. Le vide d’entrepreneurs s’autoalimente.
L’inversion difficile de la courbe de la natalité
Les gouvernements sont largement impuissants à inverser la baisse des taux de natalité. La baisse de la fécondité est un phénomène mondial. Elle accompagne l’enrichissement des sociétés. Les politiques familiales ont peu d’effets sur le nombre d’enfants par femme. De nombreux pays d’Europe de l’Est ou du Sud ont, ces dernières années, institué des aides pour les familles sans que cela ne provoque une réelle hausse pérenne de la natalité.
Plusieurs pays d’Europe tout comme les États-Unis compensent la dénatalité par un recours à l’immigration. Mais la baisse mondiale de la fécondité signifie que, d’ici le milieu du siècle, la pénurie de main-d’œuvre se diffusera à l’ensemble de la planète. Les tentatives faites dans divers pays pour inciter les femmes à avoir plus d’enfants ont généralement donné de maigres résultats. L’abandon de l’enfant unique en Chine a été suivi d’un rebond de la natalité mais qui a été éphémère. En Hongrie et en Pologne, les gouvernements ont institué des crédits d’impôts et des prestations sociales en faveur des femmes ayant des enfants. Pour le moment, aucune remontée tangible du taux de fécondité a été constatée. Singapour a créé des allocations aux parents de nouveaux enfants (11 000 dollars singapouriens pour les deux premiers enfants et 13 000 dollars singapouriens pour les autres), auxquels s’ajoutent, en plus des abattements fiscaux et des subventions pour la garde d’enfants. Les parents sont également prioritaires dans les programmes de vente d’appartements subventionnés. Toutes ces mesures ont eu peu d’effet, le taux de fécondité restant bloqué à 1.
Pour relever la productivité, les gouvernements peuvent jouer sur le niveau de formation. Ils peuvent également compter sur la technologie pour faire face aux changements démographiques. De la télémédecine au recours croissant à l’automatisation dans l’agriculture, l’industrie et les services devraient permettre de compenser, du moins en partie, la baisse de la population active. L’intelligence artificielle offre des possibilités importantes pour réduire les besoins en main-d’œuvre. Pour compenser les effets du vieillissement et contrecarrer les pénuries grandissantes de main-d’œuvre, l’élévation du niveau de formation est indispensable.
Compter sur le progrès technique pour gérer d’ici la fin du siècle deux milliards de retraités
Les deux tiers des enfants chinois vivent encore en milieu rural et ne suivent qu’une formation sommaire. En Inde, deux tiers des 25 à 34 ans n’achèvent pas le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. En Afrique, la situation est encore plus délicate. Quoi qu’il arrive, l’économie mondiale devra faire avec moins de jeunes et compter sur le progrès technique pour gérer d’ici la fin du siècle deux milliards de retraités. L’humanité a grâce aux progrès de la productivité réussi à donner tort à Malthus qui prévoyait le maintien de grandes famines en raison de la progression de la population. Aujourd’hui, elle est menacée non pas d’un excès de bébés mais d’un manque de bébés. Le génie humain parviendra-t-il à relever ce nouveau défi ?
Une étude américaine alerte sur le risque d’augmentation des turbulences en avion. Elles avaient déjà augmenté ces dernières années, mais le réchauffement climatique ne va faire que les accentuer.
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Jet-stream
Les chercheurs ont pointé du doigt l’augmentation considérable des turbulences au cours des 40 dernières années. Pour quelle raison ? “L’augmentation globale des températures provoque des modifications du jet-stream, un puissant courant de haute altitude. La trajectoire des courants devient ainsi plus sinueuse et plus chaotique, renforçant ainsi la turbulence aérodynamique”, met en avant l’étude.
Aussi, les chercheurs insistent également dans l’étude sur la nécessité du secteur de l’aviation à adopter ses méthodes pour contrer au mieux tous ces bouleversements. “Les compagnies aériennes devront commencer à réfléchir à la manière de gérer l’augmentation des turbulences, qui coûtent à l’industrie entre 150 et 500 millions de dollars par an, rien qu’aux Etats-Unis”, explique Mark Prosser, de l’Université de Reading au Guardian. “Nous devrions investir dans des systèmes améliorés de prévision et de détection des turbulences, afin d’éviter que l’air plus agité ne se traduise par des vols plus cahoteux dans les décennies à venir” a ajouté Paul Williams, physicien et coauteur de l’étude, avant de poursuivre : “Les fortes turbulences pourraient doubler, voire tripler dans les décennies à venir”.