Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du mardi 20 juin. Tout d’abord, nous sommes la veille de la Fête de la Musique, retrouvez aujourd’hui sur nos sites toutes les festivités organisées par les communautés françaises dans le monde. Sinon dans l’actualité, aujourd’hui on parle du conseil d’administration de l’AEFE, des droits des Britanniques et de l’ouverture du salon du Bourget en France.
Tensions sociales à l’AEFE
Le 13 juin s’est déroulé le dernier conseil social d’administration de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger ou AEFE. Cette instance qui réunit représentants des ministères de tutelle, élus, professeurs et parents d’élèves, statue sur les principaux sujets liés aux conditions d’encadrement du personnel exerçant dans l’ensemble du réseau. 3 sujets n’ont pas trouvé de solutions laissant supposer que la rentrée sera tendue. En effet, l’augmentation donnée à tous les professeurs en France ne sera toujours pas répercutée sur le personnel détaché, ce qui ne risque pas de faciliter les recrutements alors que les instituts régionaux de formation (IRF) font un bide. Enfin, les syndicats alertent sur la multiplication des déconventionnements. On en reparle en septembre.
Les Britanniques ne peuvent conserver leurs droits de citoyens européens
C’est ce qui s’appelle vouloir le beurre et l’argent du beurre. En effet, des citoyens britanniques ont tenté, avec le soutien des Pays-Bas et du Danemark, de récupérer leurs droits en Europe alors que le Brexit est désormais acté. La Cour de Justice européenne les a déboutés, ils ont donc bien besoin d’un visa pour résider au sein d’un des Etats membres.
Le Bourget de retour après 4 ans d’absence
Le Salon international de l’aéronautique et de l’espace (SIAE) a effectué ce lundi 19 juin son grand retour, 2 ans après avoir dû annoncer difficilement l’annulation de l’édition 2021, en raison de la pandémie de COVID-19. Cette édition est placée sous le signe de l’écologie avec la présentation des programmes d’Airbus et de Boeing pour développer des avions moins voire pas polluants. Pour la compagnie européenne, le salon a très bien commencé avec une première commande de 500 appareils.
Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, prenez soin de vous où que vous soyez ! Et à demain.
Le 13 juin s’est déroulé le dernier conseil social d’administration de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger ou AEFE. Cette instance qui réunit représentants des ministères de tutelle, élus, professeurs et parents d’élèves statue sur les principaux sujets liés aux conditions d’encadrement du personnel exerçant dans l’ensemble du réseau.
Indemnités statutaires du MEN et la prime “Grenelle”
La rémunération des personnels détachés est construite ainsi :
le traitement indiciaire brut ;
l’ISOE ;
une indemnité compensatoire des conditions de vie locale (ICCVL), variable selon les pays voire la ville d’exercice. Pour leur part, les résidents perçoivent l’indemnité spécifique de vie locale (ISVL) qui est d’un montant équivalent ;
le cas échéant, un avantage familial servi au titre de chaque enfant
un billet d’avion A/R pour la France, pour l’agent et ses ayant-droits (conjoint et enfants), dont la fréquence est déterminée par un arrêté (tous les un, deux ou trois ans suivant le pays de résidence), selon l’arrêté du 7 juillet 2022 fixant les temps de séjour ouvrant droit à prise en charge des frais occasionnés par un voyage de congé annuel (dernière colonne). Pour leur part, les personnels résidents ne bénéficient pas de ces prises en charge.
Cependant, un problème majeur reste sur la table, la « prime Grenelle », une revalorisation des salaires historique selon le ministère de l’Education nationale mais qui ne s’applique pas aux personnels du réseau AEFE.Alors que depuis le départ les syndicats demandent à l’AEFE une transposition de la prime Grenelle, celle-ci lui répond que Bercy s’y oppose pour des raisons budgétaires.
Le risque est que dans certaines zones du réseau des personnels en début de carrière détachés à l’AEFE gagnent moins que s’ils restaient en France. Limitant une fois encore le nombre de candidatures alors que le réseau est, lui aussi, en pénurie de professeurs.
Trop peu de candidatures aux Instituts régionaux de formation
Alors que l’année scolaire écoulée fut ponctuée par une riche communication de l’AEFE, des parlementaires concernés et du ministère, sur le succès des 16 Instituts régionaux de formation (IRF) à travers le monde, le conseil social d’administration de l’AEFE a fait émerger un autre bilan.
Bien sûr, comme pour tout lancement, de nombreux problèmes techniques ont marqué ces premières sessions de formation pour ces professeurs recrutés localement afin de pouvoir exercer, en bout de cursus, dans un établissement homologué par le ministère de l’Education nationale français. Plus inquiétant est le nombre de candidats à ladite formation, le chiffre est resté secret, mais il est jugé faible, trop faible.
Finalement, ces IRF ne seraient pas la solution miracle pour pallier la pénurie de professeurs…
Le dernier point abordé lors du conseil social d’administration de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger, le 13 juin dernier, fut la multiplication des déconventionnements. Rappelons qu’un établissement déconventionné ne quitte pas le réseau, il change de statut pour devenir « partenaire ».
Dans certains cas, comme à Dubaï, l’évolution des législations contraint les établissements à changer de statut, d’autres fois, comme en Espagne, où la Mission laïque française (Mlf) veut que les 2 derniers Lycées conventionnés de l’association centenaire rejoignent, pas souci de cohésion de gestion, les 10 autres écoles en Espagne de la Mlf déjà partenaires, les cas et les raisons comme les objectifs sont donc nombreux.
Mais pour les syndicats, cette bascule est inquiétante car les établissements concernés continuent de bénéficier de l’expertise et de l’offre de formation organisée par l’AEFE, ce qui est, pour eux, une affectation de l’argent public vers le secteur privé. Cependant, les établissements partenaires prennent en charge 100% des frais de personnel, des dépenses liées au bâti et aux activités, ce qui permet, in fine, de dégager du budget pour les établissements en gestion directe de l’AEFE tout en garantissant un niveau constant à tous les élèves du réseau.
Le français, cette langue ô combien difficile, et vous le savez si vous êtes en train de l’étudier ! Regarder TV5MONDE peut vous aider, tout comme une plongée dans le livre de notre invitée Aurore Ponsonnet, « Le français pour adultes consentants ».
Regardez l’interview d’Aurore Ponsonnet
Une langue de plus en plus parlée
Selon l’Organisation internationale de la Francophonie, « le nombre de francophones a crû d’au moins 10% et à un rythme plus rapide que l’ensemble de la population, on relève les cas suivants : Bénin, Burundi, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée équatoriale, Mali, Niger, République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad et Togo ».
L’OIF ajoute : « Le Niger et la RDC affichent les meilleurs taux de progression par rapport à ceux de l’ensemble (respectivement +18 % et +15 %). Et pour plusieurs, les progressions sont bien plus fortes qu’entre 2014 et 2018 (entre +7 points et +13 points), alors que, pour d’autres, la progression est significativement moins forte qu’entre 2014 et 2018 (entre -5 et -16 points) ».
Une langue largement enseignée à travers le monde
144 millions d’apprenants du ou en français.
93 millions d’élèves et étudiants sont scolarisés en français.
51 millions de personnes apprennent le français comme langue étrangère (FLE).
Le français est la 2ème langue étrangère la plus enseignée, après l’anglais. Cela représente une augmentation de 6,5% par rapport à 2010.
Au sein de l’Union européenne, le français est également la 2ème langue vivante étrangère des enseignements primaires et secondaires.
Depuis 2015, le poids des importations de biens chinois par les États-Unis recule. Il est passé de 2,7 à 1,6 % du PIB de 2018 à 2023. Pour la zone euro, ce phénomène de recul n’est pas constaté. Les importations en provenance de Chine représenteraient 3,3 % du PIB en 2007 et 3,6 % en 2022. Les importations d’origine indienne continuent à augmenter pour la zone euro (0,3 % du PIB en 2018, 0,45 % en 2022) quand elles déclinent pour les États-Unis (0,4 % du PIB en 2018, 0,32 % en 2022). Alors l’Occident peut-il devenir autonome face à la Chine et à l’Inde ?
La nature des importations de Chine diffère entre les États-Unis et la zone euro. Si les deux zones économiques importent des biens de consommation, la zone euro y ajoute également des biens d’équipement à la différence des États-Unis. Pour l’Inde, les importations sont essentiellement composées de part et d’autre de l’Atlantique de biens de consommation.
Le président chinois Xi Jinping (g) et le Premier ministre indien Narendra Modi lors d’un sommet international le 4 septembre 2017. REUTERS/Kenzaburo Fukuhara
Les importations augmentent surtout pour la zone euro
De 1999 à 2022, les Européens ont multiplié par sept leurs importations de services en provenance de Chine, contre deux pour les Américains. Pour les importations de services en provenance d’Inde, elles ont été multipliées par quatre pour la zone euro et par trois pour les États-Unis. Les importations de biens en provenance de ce pays augmentent surtout pour la zone euro. Les exportations de service sont plus sophistiquées que celles de la Chine. Les services de télécommunication, d’information et de communication représentent 18 % des exportations totales de services pour la Chine et 50 % pour l’Inde.
Cette différence s’explique en partie en raison des embargos décidés par les États-Unis sur les échanges de biens et de services technologiques. Dans le contexte de tensions entre les deux pays, les États-Unis ont fortement réduit leurs investissements directs vers la Chine à la différence de la zone euro. Pour l’Inde, les deux espaces économiques sont plutôt en retrait.
Le stock d’investissement direct des États-Unis en Chine était, en 2021, de 0,5 % du PIB américain. Celui en Inde s’élevait à 0,2 % du PIB. Les ratios respectifs de la zone euro sont de 2,2 et 0,7 % du PIB de la zone.
La dépendance de la zone euro est plus marquée
La dépendance des États-Unis par rapport à la Chine est en baisse depuis cinq ans en lien avec les plans de sanctions infligés par les premiers à la seconde. La dépendance de la zone euro est plus marquée avec un poids plus élevé pour les importations de biens produits en Chine, L’Inde a une moindre influence sur les deux zones avec néanmoins une montée en puissance des exportations de biens de consommation. L’Europe reste dépendante des investissements réalisés en Chine.
Les ressortissants britanniques ne peuvent pas automatiquement conserver leurs droits en tant que citoyens de l’UE après le Brexit, a confirmé jeudi 15 juin la plus haute juridiction de l’UE.
Le recours avait été introduit par des citoyens britanniques vivant au Royaume-Uni et dans une poignée d’États membres de l’UE, contestant l’accord de retrait du Brexit au motif qu’il les avait privés de droits qu’ils avaient exercés et acquis en tant que citoyens de l’UE.
Les requérants avaient demandé au tribunal d’annuler, dans son entièreté ou en partie, la décision prise en janvier 2020 par l’UE d’approuver l’accord de retrait.
Dans un arrêt confirmant une décision antérieure du Tribunal, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a déclaré que « la perte du statut de citoyen de l’Union, et, par voie de conséquence, celle des droits attachés à ce statut, est une conséquence automatique de la seule décision prise souverainement par le Royaume-Uni de se retirer de l’Union […], et non de l’accord de retrait ou de la décision litigieuse ».
Des droits réservés aux citoyens des pays membres
L’arrêt n’est pas une surprise : il confirme effectivement que les personnes originaires de pays tiers ou d’anciens États membres peuvent uniquement acquérir la citoyenneté de l’UE en devenant citoyens d’un pays membre du bloc.
Le statut des Britanniques qui vivent et travaillent encore dans l’UE et de leurs homologues européens au Royaume-Uni a été l’une des questions les plus délicates du processus du Brexit. Alors qu’environ 1,3 million de Britanniques sont actuellement installés dans l’UE et ont acquis le statut de résident dans un des États membres, les députés britanniques ont mis en évidence de graves problèmes liés aux régimes de résidence affectant les citoyens britanniques qui vivaient déjà dans l’UE avant le Brexit.
Dans un arrêt confirmant une décision antérieure du Tribunal, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a déclaré que « la perte du statut de citoyen de l’Union, et, par voie de conséquence, celle des droits attachés à ce statut, est une conséquence automatique de la seule décision prise souverainement par le Royaume-Uni de se retirer de l’Union ». [EPA-EFE/Julien Warnand]
Expulsion de Britanniques
Plus tôt cette année, le gouvernement danois a annoncé qu’il prévoyait de modifier son droit national afin de lever la menace d’expulsion pour les ressortissants britanniques qui avaient tardé à demander le statut de résident, bien que des menaces similaires existent en Suède, qui a par ailleurs expulsé plus de 1 000 ressortissants britanniques, ainsi que dans d’autres États membres.
En mai, la Commission d’examen des affaires européennes du Parlement britannique a fait part à la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, de ses inquiétudes quant à la réduction considérable des ressources destinées à soutenir les citoyens britanniques dans l’UE depuis 2021, sans qu’aucune organisation officielle ne fournisse de conseils aux Britanniques installés dans l’UE. Ils ont ajouté qu’il n’y avait pas d’équivalent de l’Autorité de surveillance indépendante, qui existe pour protéger les droits des citoyens de l’UE au Royaume-Uni.
Lors de la dernière réunion de l’Assemblée parlementaire UE-Royaume-Uni sur les droits des citoyens, les ministres britanniques ont affirmé que les ressortissants du Royaume-Uni qui n’ont pas fait de demande de résidence permanente rencontraient des difficultés pour accéder aux prestations et aux services.
L’Assemblée nationale française a voté une résolution fixant des conditions à un accord de libre-échange avec le Mercosur, alors même qu’Ursula von der Leyen était en Amérique latine pour relancer les discussions. Seule LFI a refusé de voter la résolution, parce qu’elle ne condamnait pas explicitement le libre-échange. Tout le monde est d’accord pour critiquer cette maudite mondialisation, ce libre-échangisme immoral, qui rase les forêts, exploite les enfants, asservit les femmes, appauvrit les classes moyennes, transforme les travailleurs en chômeurs, au bénéfice de quelques milliardaires dont la vulgarité ne le dispute qu’à l’insolence. Voilà le tableau, la doxa, l’antienne diffusée dans tous les partis, dans tous les médias, du paysan au bourgeois, de l’identitaire à l’insoumis.
« Chasse l’opinion et tu seras sauvé » (Marc Aurèle) : la théorie (depuis Ricardo) comme l’expérience montre que le libre-échange profite aux faibles plutôt qu’aux riches.
La liberté des échanges a permis la croissance des pays « riches », et surtout des plus pauvres.
Lula, pas vraiment un ultra libéral, s’est lamenté des réticences françaises. La fermeture des marchés entrave le développement de son pays, comme pour tous les pays. La liberté des échanges a permis la croissance économique des pays « riches », et surtout des plus pauvres. Du temps de Mao, qui fascinait tant d’intellectuels français, la famine faisait des millions de morts. L’ouverture de la Chine a fait des millions de nouveaux riches. A rebours, le protectionnisme a ruiné bien des pays : il revient à payer plus cher ce que l’on pourrait avoir moins cher, provoque une diminution des ressources, une mauvaise allocation de celles-ci, une baisse du pouvoir d’achat, une baisse de l’investissement, engage un cycle de pauvreté.
Comme chacun le sait, on trouve d’autres prétextes pour être protectionniste sans le dire.
L’un est l’écologie, l’autre la souveraineté. Pourquoi le libre-échange a-t-il tant d’ennemis ? Inculture économique ? Amour des idéologies ? Intérêts multiples aussi : le libre-échange nuit aux positions bien installés, qui bénéficient de rentes indues, grâce aux réglementations, autorisations et taxations. Les taxes ne sont pas payées par les producteurs étrangers : elles sont payées par les consommateurs locaux, « protégés ».
Le libéralisme économique, en développant la concurrence, est surtout le parti des « consommateurs », plus que celui des « producteurs ». Toute entreprise aimerait vendre plus cher et rêve d’une position de monopole. Seules les restrictions de l’accès au marché lui garantissent une rente, un « superprofit », alors que la concurrence la gêne et l’oblige à baisser ses prix, à améliorer la qualité. Les producteurs sont naturellement protectionnistes. C’est vrai pour les agriculteurs, pour les industriels, les distributeurs. D’où le développement de ce slogan : la « souveraineté stratégique ». Elle fut brandie pour empêcher la vente à des Canadiens d’une enseigne de distribution. Amusante « souveraineté », au temps des ententes entre grandes centrales en France, au temps d’Amazon et de Google. La France est une économie dirigée, dirigiste, où règne la connivence.
Les politiques aussi sont naturellement protectionnistes : le pouvoir, c’est d’abord l’interdit, et donc la dérogation.
Les politiques aussi sont naturellement protectionnistes : le pouvoir, c’est d’abord l’interdit, et donc la dérogation. Ainsi la France a la législation la plus contraignante d’Europe contre les grandes surfaces, (depuis 1973) et le plus grand nombre de grandes surfaces : chaque dérogation est un bien précieux (souvent monnayé…). Pour les politiques, plastronner sur le « Made in France » est toujours bien vu. Avec efficacité : la France a un déficit commercial record, exceptionnel en Europe (comme quoi ce n’est pas la faute de l’Euro), une position extérieure négative. L’Espagne, l’Italie, le Portugal font mieux.
Le Président de la République a annoncé que la fabrication de 25 à 50 médicaments allait être rapatriée en France. Tous d’applaudir. Même s’il manquera toujours des composants fabriqués à l’étranger. Personne n’a remarqué que l’investisseur est le groupe GSK, britannique. Personne n’a noté que la France était il y a dix ans la première productrice de médicaments en Europe, qu’elle a dégringolé à la septième place. A force d’être la championne des prélèvements obligatoires, des dépenses publiques, de l’endettement public (qui oriente l’épargne pour financer l’Etat et les aides sociales au détriment de l’investissement), les usines sont parties.
En Suisse, le smic est à 4400 euros. Qui défend les travailleurs défend la Suisse !
Pas seulement les usines, bien d’autres talents, bien d’autres travailleurs : la France est pourvoyeuse d’emplois en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, Allemagne, où les salaires sont plus élevés. En Suisse, le smic est à 4400 euros. Qui défend les travailleurs défend la Suisse ! La politique anti industrielle de la France est le résultat de la taxation et de la complexité administrative.
Selon Légifrance, en vingt ans, le Code du commerce est passé de 1917 articles de loi en 2002 à 6991 en 2022. Consommation : de 632 à 1969. Action sociale : de 590 à 3571. Environnement : de 1000 à 6500. Habitat : 2336 à 3818. Impôts : de 1938 à 2412. Travail : de 4981 à 10801. Santé : de 4900 à 12.380. Vous vous sentez mieux ? « Protégé » ? Attention : nul citoyen n’est censé ignorer la loi. Il y a de grandes chances que vous soyez un contrevenant qui s’ignore.
L’autre antienne contre le libre-échange est le prétexte écologique. Curieux, quand le défi écologique est mondial. Les super containers ne sont pas beaux comme des camions, mais ont des performances énergétiques de transports inégalées par rapport aux camions de livraison. C’est le dernier kilomètre qui pollue le plus.
Introduire des clauses sociales et écologiques dans les traités revient à un protectionnisme qui favorise l’agriculture industrielle
En refusant le Mercosur, demande-t-on aux habitants de Manaus (capitale de l’Amazonie, 1.5 millions d’habitants) leur avis sur la forêt ? Le Brésil exige-t-il une action de la France sur la Méditerranée, mer la plus polluée du monde ? Est-on sûr qu’introduire des clauses sociales et écologiques dans les traités internationaux ne revient pas à un protectionnisme qui favorise l’agriculture industrielle subventionnée depuis des lustres au détriment du paysan argentin ou brésilien ? Le bœuf argentin est pourtant traité plus décemment que la vache laitière européenne.
Ah, protéger « nos » agriculteurs ! Tellement que l’agriculture française a été dépassée par celle de l’Allemagne. Malgré les agriculteurs, l’UE a signé en 2017 un accord de libre-échange avec le Canada. Résultat : les exportations françaises ont augmenté de 37%, dont 25% pour le vin, 100% pour le fromage. L’avantage du libre-échange n’est pas que la spécialisation économique, il est aussi juridique : reconnaissance mutuelle des marques et labels. Ainsi, un accord avec le Mercosur supprimerait le « cognac » brésilien, le « champagne » chilien, etc.
L’UE vient de signer un accord de libre-échange avec le Kenya, négocie de nouveaux accords avec le Vietnam, Singapour, l’Inde, l’Australie, le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Maroc, la Tunisie, et bien sûr l’Ukraine. Beaucoup disent que l’Europe a été naïve avec la Chine (elle a toujours le statut de pays en voie de développement, n’applique aucun accord de réciprocité) ou d’autres. Justement, le libre-échange suppose des règles, des accords.
Il n’y a de souveraineté, ou plutôt d’indépendance, que dans les alliances
On peut considérer certains secteurs effectivement stratégiques, notamment en matière de défense. Mais qui peut construire un porte-avions seul ? Sans les catapultes américaines, le Charles-de-Gaulle ne peut faire décoller un Rafale. Quel pays peut se passer de technologies ou de ressources externes ? Il n’y a de souveraineté, ou plutôt d’indépendance, que dans les alliances. Si l’on veut l’indépendance de la France, il faut renforcer ses alliances. Y compris commerciales.
Ce n’est pas si simple. Le gouvernement américain vient d’expliquer que la mondialisation actuelle était « insoutenable pour les États-Unis ». Ils vont amplifier leur politique protectionniste, à coups de taxes, de subventions. Ils sont forts, ils veulent garder leur puissance.
L’interruption du commerce mondial, due à la Covid, a provoqué dans les pays les plus pauvres malnutrition et famine.
L’interruption du commerce mondial, due à la Covid, a provoqué dans les pays les plus pauvres malnutrition et famine. Pour la première fois depuis cinquante ans, la faim a progressé. Le FMI, comme l’ONU, prévoit une diminution du commerce mondial, donc de la croissance, une augmentation des crises alimentaires et des déplacements forcés, des migrations.
Les pays pauvres, s’ils n’accèdent pas aux marchés des pays riches, sont condamnés. Les pays riches, s’ils n’acceptent pas cette concurrence, alloueront leurs ressources à des types de production anciens. Les grands groupes, proches des décideurs politiques, bénéficieront d’effets de rente. Le pouvoir d’achat des classes moyennes stagnera.
Si l’on veut aider l’Humanité, notamment la partie la plus pauvre, alors il faut laisser les travailleurs des pays pauvres travailler, avoir en retour accès aux technologies des pays les plus avancées. Si l’on veut augmenter le pouvoir d’achat dans les pays riches, alors il faut leur laisser acheter des produits moins chers venus d’ailleurs. Si l’on veut développer la recherche, alors il faut allouer les ressources aux innovations, et non subventionner les économies d’hier. Si l’on veut réussir dans la transition écologique, alors il faut investir et investir encore dans de nouvelles filières, ce qui requiert du capital, beaucoup de capitaux. 90.000 milliards dit-on ! Pas de révolution écologique sans création de richesse. L’investissement ne vient pas de taxes fussent-elles carbones, mais de la plus-value dégagée par les entreprises.
Si l’on veut éviter la reconstitution de « blocs » géopolitiques, une guerre économique entre la Chine et les États-Unis, alors il faut passer des accords avec l’Amérique latine, l’Afrique, l’Asie, comme le fait la Chine. L’atout européen, c’est le commerce, et l’échange, y compris culturel.
L’unanimisme contre le libre-échange fragilise la France en Europe, et l’Europe dans le monde. Au nom de la défense de « pauvres agriculteurs », de la protection de l’Amazonie, on s’appauvrit et on appauvrit des peuples amis, qui se tourneront vers d’autres.
Qu’est-ce qui a mené à cet unanimisme ? La démagogie (chacun protégeant une partie de son électorat), l’idéologie, l’inculture économique, la facilité avec laquelle on rend « l’étranger » responsable de nos faiblesses.
La France est devenue frileuse vis-à-vis du monde, alors qu’elle a tous les atouts pour rester forte et influente. C’est dans la tête qu’est le problème français. Il ne se guérira que par la tête. Une culture d’ouverture, une éducation au monde, une humilité intellectuelle, une écoute attentive des besoins des autres, plutôt que l’expression de radicalités anti-capitalistes péremptoires et de coups de menton nationalistes inopérants.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a.Ambassadeur de France
a.Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Bonjour, bienvenu dans votre flash quotidien des expatriés. Ce lundi 19 juin, on revient sur les Jeux internationaux de la Jeunesse de l’AEFE, on s’inquiètera du retour d’un couplet anti-France dans l’hymne national algérien avant de rendre, nous aussi, hommage à Lindsay comme des milliers de Français ce dimanche.
Les JIJ 2023
Se sont déroulés du 12 au 16 juin à Pau. Réunissant 31 lycées du réseau AEFE, les élèves se sont affrontés, avec camaraderie, sur plus d’une dizaine d’épreuves. En plus des traditionnelles compétitions de Tir à l’Arc, le kayak, le Laser quest et bien d’autres activités étaient proposées. Au final, c’est le Lycée de Singapour qui a remporté cette édition 2023 suivi de Munich et de Londres.
Jeux Internationaux de la Jeunesse
L’Algérie réhabilite un couplet anti-France
Dans un décret publié la semaine dernière par les autorités algériennes, on apprend que l’hymne national algérien dans sa version complète de 5 couplets sera désormais la norme lors des cérémonies en présence du chef d’Etat de l’Algérie. Si le texte n’est pas plus violent que la Marseillaise et ses promesses de sang impur coulant dans les sillons, le paragraphe qui avait été supprimé désigne l’ennemi, et ici c’est la France. Un signal que l’Etat français doit lui aussi entendre.
L’adolescente de 13 ans s’est suicidée le 12 mai dernier, alors qu’elle était victime de harcèlement scolaire dans son collège. Une marche blanche était organisée ce dimanche. L’émotion fut grande en France et des annonces pour renforcer la lutte contre le harcèlement scolaire dès l’année prochaine ont été faites. A l’AEFE aussi des dispositifs existent pour protéger les enfants. Vous les découvrirez sur le site de l’établissement scolaire que fréquente votre enfant.
A moins d’un an des élections européennes, nous lançons une série d’interviews de députés européens français. Avec eux, nous ferons un « Etat de l’Union » sous l’angle des Français de l’étranger. Pour ce premier numéro, nous recevons David Cormand, euro-député français pour Europe Ecologie Les Verts au sein du groupe LESVERTS/ALE.
Union européenne et expatriation
Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa, ni de permis de travail pour s’installer et travailler dans les pays de l’Union européenne. En revanche, il est nécessaire de déclarer sa nouvelle résidence.
S’enregistrer auprès des autorités locales permet de régulariser sa situation et d’accéder à certains services ou à certaines prestations (impôts, santé, etc.).
Notez toutefois qu’il est, selon les pays, parfois nécessaire d’obtenir des autorisations de séjour pour une expatriation de plus de trois mois. Il convient donc de se renseigner en fonction de votre pays de destination.
Enfin, précisons que le parlement européen est aussi une mine de parlementaires pour les Français de l’étranger, ainsi parmi les élus des expatriés qui siègent au Sénat ou à l’Assemblée nationale, près de 10% sont issus des arcanes bruxelloises, comme Mélanie Vogel (sénatrice EELV) et Pieyre-Alexandre Anglade (député Renaissance), tous deux anciens assistants parlementaires.
Si de telles dispositions existent, comme nous le rappelle David Cormand dans la vidéo, c’est que « pour la première fois de l’Histoire, des Etats ont consenti librement à créer une entité supranationale« .
En effet, en adhérant à l’Union européenne, les États membres ont accepté de transférer certaines de leurs compétences dans une série de domaines aux institutions de l’Union. Ces dernières peuvent donc prendre des décisions contraignantes de type supranational dans leurs procédures législatives et exécutives, dans les procédures budgétaires, dans les procédures de nomination et dans les procédures quasi constitutionnelles.
Dans tous les cas, la hiérarchie des normes impose le droit européen à toutes les juridictions nationales ou locales. Des dispositions auxquelles certains Etats tentent d’échapper mais s’ils y arrivent quelques mois ou années, la Cour européenne de Justice finit, toujours, par les imposer.
L’écologie au coeur de l’Europe
Si nous commençons cette série par un député européen, EELV, David Cormand, c’est parce que le parlement européen fut le premier à se saisir du lourd dossier du réchauffement climatique et de sa cohorte de conséquences, provoquant petit à petit une prise de conscience au niveau national.
Et aujourd’hui, les principaux bouleversements à venir prennent racine au sein des Institutions européennes. Apte à résister, par sa taille critique, aux pressions des industriels nationaux et autres groupes d’influence, le Parlement européen comme la Commission européenne ont pu lancer le Green Deal, mettre fin à la production d’automobiles thermiques sur notre continent dès 2035, et voter des dispositions pour s’assurer que nos pays respectent leurs engagements respectifs pris lors de l’accord de Paris.