1 jeune Français sur deux prêt à s’expatrier 

1 jeune Français sur deux prêt à s’expatrier 

Un sondage d’OpinionWay, réalisé les 20 et 21 décembre est passé inaperçu. Pourtant il est révélateur d’une fracture entre le chemin pris par la France et le destin voulu par les jeunes. En effet, ils sont 54 % des jeunes Français âgés de 18 à 24 ans à déclarer être déterminés à quitter la France. Mais ils ne sont pas les seuls puisque 30% des Français, toutes tranches d’âges confondues, le souhaitent aussi. 

Un clivage politique ?

L’enquête révèle par ailleurs que ce sont les électeurs de LFI, du RN et de Reconquête – c’est-à-dire les partis les moins modérés – qui sont de loin les plus pessimistes : 39 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont tentés de quitter la France, suivis par les électeurs de Marine Le Pen et d’Eric Zemmour, à 36 %. De l’autre côté du spectre politique, seuls 14 % des électeurs d’Emmanuel Macron expriment le souhait de quitter la France en raison du climat politique et économique, ou encore, 20 % des électeurs de Yannick Jadot et 21 % des électeurs de Valérie Pécresse.

Ou générationnel ?

Notons qu’il est aussi possible de faire un lien entre ces opinions politiques et l’âge. En effet, les plus de 60 ans, les fameux « Boomers » sont les principaux électeurs d’Emmanuel Macron. L’effet démographique, lié à la bulle du « Baby boom » devenu « Papy boom », amplifié par l’augmentation du taux de participation aux élections avec l’âge et la captation, par effet d’accumulation, des richesses, permettrait ainsi à cette classe d’âge de faire primer ses intérêts sur ceux de ces générations qui leur succéderont. 

Ce débat qui parcourt le pays, et bien d’autres, avec le fameux « #TGBOOMER », depuis de nombreuses années, ne se solutionne pas, repoussant les déçus et ceux qui ne trouvent pas leur place dans la société française vers les extrêmes ou on le voit désormais vers l’expatriation. 

S'expatrier
©OpinionWay

Ou social ?

L’autre explication possible, c’est que depuis 2019, le « quoi qu’il en coûte » et « l’argent magique » sont passés par là. Toutes les crises politiques et économiques de ces dernières années ont été « résolues », ou plutôt, désamorcées, à coups de milliards d’aides, primes, subventions, revenus de substitution. La crise, gravissime des Gilets Jaunes a initié le mouvement, validé la méthode. Et la période du Covid a démontré par l’absurde qu’il était possible de rester tranquillement chez soi sans rien faire, tout en continuant à recevoir un salaire ou un revenu alternatif !

Logiquement, le désir de quitter le pays est donc moins grand pour ceux qui sont installés, persuadés que le système de redistribution français est encore capable d’amortir cette crise, et peut-être les suivantes.

Point commun à tous, la lassitude

Au final, ce sondage confirme surtout une forme de lassitude et de désenchantement des Français à l’égard de leur pays, que toutes les enquêtes sur la défiance enregistrent. À l’heure où l’on parle tant d’immigration dans le débat, le risque de voir nos jeunes émigrer n’est pas à négliger. Un sujet tabou, la France est-elle en train de voir naître une diaspora ? 

Mais pour émigrer où ?

Quant aux pays dans lesquels les jeunes aimeraient s’expatrier, l’Amérique du Nord arrive en tête (36 %) avec le Canada en numéro 1 (28 %). Il faut souligner que ce pays et en particulier la province francophone du Québec mène depuis plusieurs années de grandes campagnes de « recrutement » à travers l’hexagone. 

Ensuite, c’est, logiquement l’expatriation en Europe qui se classe en deuxième position. La libre circulation dont bénéficient les Européens est devenue naturelle pour les plus jeunes, oubliant parfois que cette liberté n’existe qu’au sein de l’espace Schengen. Parmi nos voisins arrivent avec en tête l’Allemagne (7 %), suivie de l’Italie (6 %), le Royaume-Uni (5 %), dont les conséquences du Brexit ne sont pas encore intégrées par tous, et l’Espagne (4 %). 

Enfin, les autres continents attirent aussi avec l’Afrique (troisième à 9 % dont 6 % en Afrique du Nord) suivie de l’Asie (6 %) et de l’Australie (6 %).

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1 Comment

  1. Cette situation est une évidence sans appel, pour les jeunes qui veulent se réaliser dans leurs cultures, leurs connaissances et leurs dignités pour s’assurer tout simplement un avenir dont ils seront fiers ….
    => Le ciel bleu et le soleil existent ailleurs….
    La France, dans ses renoncements culturels, dans sa politique qui d’une part laisse à ses enfants une France dégondée et qui d’autre part, sur l’échiquier international, n’est ni reconnue, ni écoutée et ni respectée depuis les années 2012 et suivantes de manière constante et progressive, jusqu’à la « gommer » de l’éthiquement mondial ….
    « Que diable peut-on faire et développer dans cette galère » ? Galère, sans avenir et devenir, laissée aux mains et envahie par l’islam, dont l’arabe classique deviendra la première langue dans les années 2050.
    Ainsi :
    Les pays vivent selon leurs apogées et périgées, aussi a France se trouve dans sa phase qui la conduit irrémédiablement à disparaitre en tant que pays des lumière, judéo-chrétien dont la langue française est le fanion de sa culture
    Tout à une fin, monsieur Macron, me parait à l’évidence avoir été le lucide fossoyeur…Au nom de son Ego, qui devrait le conduire en 2027 à la Présidence des Etats Européens pour qu’il achève sa basse besogne, sur terre….
    Après, cela ne dépend plus de mon point de vue.

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