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  • Le « choc des savoirs » de Gabriel Attal sera limité à l’AEFE 

    Le « choc des savoirs » de Gabriel Attal sera limité à l’AEFE 

    Le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a tenu lundi matin sa conférence de presse de rentrée, au cours de laquelle il a détaillé ses mesures pour les différents niveaux, de la maternelle au lycée. De nombreuses mesures ne seront pas appliquées dans les établissements de l’AEFE du fait des statuts spécifiques de ces établissements. 

    Le port de l’abaya 

    Le port de l’abaya va être interdit à l’école en France, a annoncé le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal. Une décision prise au nom de la laïcité et censée mettre fin aux controverses autour de cette longue robe traditionnelle portée par certaines élèves musulmanes. « J’ai décidé qu’on ne pourrait plus porter d’abaya à l’école« , a déclaré Gabriel Attal dimanche 27 août dans le journal de 20 h de TF1. Cette décision ne devrait pas s’appliquer dans les Lycées Français du monde qui disposent d’une plus grande autonomie sur leur règlement intérieur. 

    En maternelle

    Gabriel Attal a promis un « plan maternelle » pour les enseignants afin que « 100% des 370.000 professeurs des écoles » soient formés « avant la fin du quinquennat ».

    Il souhaite en outre poursuivre et achever le dédoublement des classes dans l’éducation prioritaire (REP, REP+), « notamment en grande section d’ici à la rentrée 2024 ». Gabriel Attal a en outre assuré que, dès cette année, 100% des classes de grande section seront plafonnées à 24 élèves. 100% en France, cette mesure ne s’appliquera pas hors de France, cependant, la maternelle n’étant pas éligible aux bourses scolaires, les classes ont de petits effectifs. 

    En primaire

    Comme pour la grande section de maternelle, 100% des classes de CP et CE1 seront plafonnées à 24 élèves cette année. « Les classes surchargées dans ces niveaux, c’est terminé », a affirmé Gabriel Attal. Mais pas hors de France, car la mesure, comme pour les maternelles, ne sera pas appliquée, tout au moins cette année. 

    Cependant les autres mesures devraient être mises en oeuvre pour conserver l’homologation du ministère de l’Education nationale. 

    Ainsi, en CP, parce que c’est « une année cruciale« , chaque jour « deux heures seront consacrées » à l’apprentissage et la pratique de la lecture, a-t-il promis. 

    Le ministre souhaite donner la priorité à la maîtrise du français en cours moyen (CM1, CM2). Il a en outre précisé que chaque professeur aurait un guide de référence sur l’écriture.

    Gabriel Attal a également mis l’accent sur la mise en place de « nouvelles évaluations nationales en CM1« , en plus de celles existantes au CP, en mi-CP et en CE1. Il s’agit d' »objectiver les difficultés de chaque élève dès le début de l’année scolaire » pour proposer « le meilleur accompagnement possible » à chaque enfant, a-t-il ajouté.

    Enfin, en CM2, « chaque semaine, les élèves devront produire au moins un texte écrit« . En fin de primaire, « tous les élèves doivent maîtriser la lecture et l’écriture« , a insisté le ministre.

    Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal assiste au début d’un cours sur les insectes, le 17 août 2023, dans une salle de classe du collège Guy Moquet à Saint-Benoît, au cours de son séjour de deux jours sur l’île de La Réunion pour la rentrée scolaire.

    Au collège

    Au collège, français et mathématiques seront au « cœur de la nouvelle 6e« , avec « une heure hebdomadaire de soutien ou d’accompagnement » dans l’une de ces deux matières pour chacun. Cette mesure devrait s’appliquer dans le réseau tandis que le dispositif « Devoirs faits » qui sera également étendu « à tous les élèves de 6e » en France, ne sera toujours pas généralisé dans les établissements. 

    Par contre le souhait du ministre de mettre en place de nouvelles évaluations en 4e, sous la forme d’un test numérique, devrait aussi s’appliquer au sein du réseau AEFE. 

    Au lycée

    Au lycée, « tous les élèves de 1ère générale bénéficieront a minima d’une heure et demie de mathématiques par semaine« . La suppression des maths « était une erreur », a reconnu Gabriel Attal. Ils sont « indispensables jusqu’au bout du lycée« . Depuis 2019, les mathématiques avaient disparu des enseignements du tronc commun à partir de la classe de première. Ils feront donc aussi leur grand retour au sein du réseau AEFE. 

    Pour les oraux de français du baccalauréat, il n’y aura plus que 16 textes à préparer au lieu de 20, a par ailleurs précisé le ministre.

    Des changements vont aussi intervenir pour la classe de Terminale. « Plus que jamais, nous devons reconquérir au lycée non pas seulement le mois de juin, mais l’ensemble du troisième trimestre« , a souligné Gabriel Attal, qui avait déjà acté dimanche le report attendu des épreuves de spécialité du bac de mars à juin. Le bac Blanquer, mis en place pour la première fois l’an dernier dans son intégralité, était accusé de nourrir absentéisme et démotivation des élèves au troisième trimestre.

    Par conséquent, les notes des spécialités ne rentreront plus dans la procédure de Parcoursup.

    Le contrôle continu va quant à lui se poursuivre. C’est « un progrès« , selon Gabriel Attal, qui a aussi estimé qu’il devait y avoir une analyse des moyennes dans les établissements. Toujours dans le cadre du baccalauréat, le ministre prévoit enfin la suppression des cinq minutes de grand oral autour du projet professionnel, pour consacrer plus de temps sur le sujet.

    Le bac étant commun à tous, les candidats issus de l’AEFE devront prendre ces changements en compte et les établissements y préparer leurs élèves. 

  • Comptes publics, compte à rebours 

    Comptes publics, compte à rebours 

    En 2023, la France, connaît sa cinquantième année consécutive de déficit public. Sa dette publique qui était inférieure à 25 % du PIB en 1981, dépasse désormais les 112 % du PIB. Le pays bat des records en matière de dépenses publiques (plus de 58 % du PIB) et de prélèvements obligatoires (plus de 45 % du PIB). Avant d’être source à débats, les chiffres des comptes publics sont de plus en plus rangés dans la catégorie des fatalités.

    Une augmentation sans précédent des dépenses 

    Après 2015, l’argent rendu facile par la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne a été perçu comme une aubaine pour l’État qui en a pleinement profité. Avec son fameux slogan du « quoi qu’il en coûte », l’épidémie de covid a conduit à une augmentation sans précédent des dépenses. Les mesures de soutien au pouvoir d’achat instituées après le déclenchement de la guerre en Ukraine ont poursuivi le mouvement. Le retour à la normale est constamment annoncé par le ministre de l’Économie tout en étant reporté à une date ultérieure. 

    La crise financière de 2008, celle des dettes souveraines en 2011, l’épidémie de covid comme la guerre en Ukraine, ont relégitimé l’État en tant que maître des horloges de la vie économique et sociale. Les mesures de compensation sont devenues la norme pour limiter les effets de ces crises. La transition énergétique tout comme le vieillissement démographique constituent des motifs d’augmentation des dépenses publiques. La décarbonation de l’économie impose la réalisation d’importantes infrastructures quand la progression du nombre de seniors amène celle des dépenses de retraite, de santé et de dépendance. Sans action correctrice, le déficit public qui est actuellement d’un peu moins de 5 % du PIB pourrait dépasser 7 % du PIB avant la fin de la décennie et engendrer un emballement de la dette publique. 

    La charge de la dette passera de 41 à 72 milliards d’euros de 2023 à 2027

    L’augmentation des taux d’intérêt qui sont revenus à leur niveau d’avant la crise des subprimes pèse sur les finances publiques. La charge de la dette passera de 41 à 72 milliards d’euros de 2023 à 2027, ce montant pouvant s’accroître en fonction des déficits et de l’évolution des taux. La France qui est le plus mauvais élève de la zone euro en matière de maîtrise de ses comptes publics est de plus en plus sous la pression de ses partenaires. À compter de l’année prochaine, les États membres de la zone euro devront se conformer aux règles du pacte budgétaire qui impose le retour à un déficit public inférieur à 3 % du PIB. Ce pacte n’est pas un diktat européen ; il vise à amener les États à préserver la valeur de la monnaie commune. En l’absence de cette dernière, la situation serait bien plus difficile pour la France qui serait confrontée à des dévaluations, à une forte hausse des taux d’intérêt, ainsi qu’à une crise des changes en raison de son double déficit, public et commercial.

    L’euro joue depuis un quart de siècle un rôle de bouclier particulièrement efficace.

    L’euro joue depuis près d’un quart de siècle un rôle de bouclier particulièrement efficace. Il offre à la France des conditions de financement de sa dette hors du commun au vu de la situation économique du pays. 

    Pour ne pas entamer le crédit du pays vis-à-vis des autres États membres, un changement de cap budgétaire est donc nécessaire. À l’aube de la présentation du projet de loi de finances pour 2024, le gouvernement tend à préparer l’opinion publique à accepter ce changement. Le problème est que “économies”, “rigueur”, “assainissement des comptes publics” sont devenus des mots tabous que nul ose prononcer. La dernière tentative de réduction d’une prestation sociale avec la diminution de 5 euros de l’aide personnalisée au logement (APL), date de 2017 et a laissé un cuisant souvenir, au point que l’actuel Président de la République a considéré qu’il s’agissait d’une erreur.

    La dépense facile et l’économie impossible 

    La France a la dépense facile et l’économie impossible. Il est toujours plus facile de relever une taxe ou d’en créer une nouvelle que de réaliser une diminution de dépenses. L’imagination en matière fiscale n’a pas de limite. La lutte contre le réchauffement climatique offre un nouveau terrain de jeu en permettant la naissance de nouvelles taxes sur les voitures comme sur les billets d’avions. Cette augmentation incessante des impôts exige la mise en place de dispositifs d’allègement, appelés niches fiscales, source de complexités et d’inégalités.

    dépenses publiques
    Dépenses publiques

    Au bonneteau fiscal, le joueur est toujours perdant 

    Afin d’atténuer les hausses d’impôts, les gouvernements ont une prédilection pour le jeu de bonneteau dont le joueur, comme tout le monde sait, est toujours perdant à la fin de la partie. Les annonces de baisse ou de suppression d’impôts s’accompagnent toujours par des augmentations, voire par la création de nouveaux. 

    Les États ayant réussi, ces dernières années, à maîtriser leurs comptes publics (le Canada, la Nouvelle Zélande ou l’Allemagne) l’ont tous fait en gérant avec parcimonie leurs dépenses. Sur le long terme, cette politique est la seule efficace. Les pays qui ont opté pour la méthode fiscale (la France ou l’Italie) sont in fine ceux dont les déficits publics perdurent dans le temps. 

    La réalisation d’économies est un exercice difficile exigeant une rigueur sur plusieurs années qui se concilie difficilement avec les impératifs de la vie politique, cette dernière étant de plus en plus soumise au diktat de l’immédiateté.

    Une baisse des dépenses publiques devrait s’accompagner par une baisse des prélèvements 

    En comparant la France à ses partenaires, plusieurs pans de l’action publique pourraient être plus économes, des deniers publics du logement au soutien aux entreprises en passant par les collectivités locales. Une baisse des dépenses publiques qui constitue un sacrifice pour ceux qui en bénéficiaient devrait s’accompagner par une baisse des prélèvements. Ces derniers pour être plus efficaces et plus justes devraient, en outre, être réformés afin de disposer d’assiettes larges et de taux relativement faibles.

    La France a besoin d’une croissance plus forte 

    Pour réduire les déficits et à terme la dette, la France a besoin d’une croissance plus forte permettant une augmentation naturelle du volume d’impôts et de cotisations sociales collectées sans relèvement des taux. 

    La France peut-elle se défaire de sa diabolique sympathie fiscale, source de nombreuses révoltes, de la Fronde aux Gilets jaunes en passant par la Révolution française et les « Bonnets rouges » ? Dans un contexte de majorité relative au Parlement, peut-elle s’engager sur le chemin d’un assainissement de ses comptes publics avant que le rappel à l’ordre ne provienne des marchés financiers ou de ses partenaires ? L’heure des choix se rapproche ! 

  • Niger: un mois après le coup d’État

    Niger: un mois après le coup d’État

    C’était en principe dimanche soir dernier à minuit que l’ultimatum des putschistes nigériens prend fin. Ce vendredi, ils donnait 48 heures à l’ambassadeur de France pour quitter le pays.

    Niger
    Manifestation contre la France au Niger – Août 2023 ©AFP

    Alors que samedi, 20 000 partisans du coup de force célébraient le premier mois au pouvoir du nouveau régime militaire. Retour sur les évènements de ce dernier mois.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • En Pologne, deux visions antagonistes de l’UE s’affrontent à un mois des élections législatives

    En Pologne, deux visions antagonistes de l’UE s’affrontent à un mois des élections législatives

    Alors que le camp conservateur au pouvoir en Pologne cherche à s’assurer un troisième mandat, le résultat des élections nationales du mois prochain pourrait sérieusement influencer l’équilibre des pouvoirs avant les élections européennes de 2024. 

    À la suite du Brexit, qui a vu les conservateurs britanniques quitter le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), le parti conservateur polonais Droit et justice (PiS) est devenu la nouvelle pierre angulaire du groupe.

    Au cours de ses deux mandats au gouvernement, le PiS a développé une relation glaciale avec Bruxelles, entachée de réformes judiciaires controversées, qui, selon la Commission européenne et la Cour de justice de l’UE, portaient atteinte à l’indépendance judiciaire, apparaissant comme la principale, mais pas la seule, pomme de discorde.

    Bien qu’impopulaire dans l’UE, le gouvernement PiS a réussi à maintenir sa popularité dans son pays et dispose désormais de bonnes chances de remporter un troisième mandat lors des élections nationales prévues le 15 octobre. Les sondages lui accordent un soutien d’environ 35 %.

    Le principal rival du PiS, la Coalition civique (KO) centre libérale, membre du Parti populaire européen dirigé par l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk et composé de la Plateforme civique (PO) conservatrice libérale et de partis de petite taille (comme le mouvement agricole AgroUnia), arriverait en deuxième position avec environ 29 % des voix.

    La campagne électorale d’octobre s’annonce comme un duel entre le PiS et le KO et les deux partis présentent des approches très différentes à l’égard de l’Europe : le PiS accuse Bruxelles d’essayer d’usurper les compétences des États membres et le KO reproche au camp au pouvoir de saper la position de la Pologne en Europe par ses politiques antidémocratiques.

    Au cours de ses deux mandats au gouvernement, le PiS a développé une relation glaciale avec Bruxelles, entachée de réformes judiciaires controversées, qui, selon la Commission européenne et la Cour de justice de l’UE, portaient atteinte à l’indépendance judiciaire, apparaissant comme la principale, mais pas la seule, pomme de discorde. [shutterstock/rarrarorro]

    Le référendum comme outil de campagne

    Un référendum accompagnera les élections sur des questions que le PiS considère comme vitales pour le peuple polonais, mais l’opposition considère le vote comme un autre outil pour renforcer le soutien au gouvernement.

    À l’origine du référendum se trouve le nouveau pacte sur la migration et l’asile de l’UE, qui repose sur la solidarité obligatoire : les pays qui refusent de relocaliser les demandeurs d’asile doivent contribuer financièrement ou opérationnellement à la gestion de l’asile dans l’Union.

    Alors que la Pologne et la Hongrie ont refusé le programme de l’UE, le PiS a choisi de laisser les Polonais s’exprimer sur la participation du pays aux relocalisations en leur posant la question suivante lors du référendum : « Soutenez-vous l’accueil de milliers de migrants irréguliers en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique dans le cadre du programme de relocalisation forcée imposé par les bureaucrates de l’UE  ? ». Et ce, même si la Commission insiste pour dire que la relocalisation n’est pas obligatoire dans le cadre du nouveau système.

    « Le PiS menace une fois de plus la Pologne avec les réfugiés. Si elle ne cible pas les personnes LGBTQ+ ou les femmes, elle cible les demandeurs d’asile », a déclaré l’eurodéputé de gauche Robert Biedroń à EURACTIV Pologne.

    « Les questions de migration relèvent des compétences des États membres et de l’UE, donc aucun référendum ne sera contraignant », a-t-il précisé, ajoutant que le PiS n’utiliserait le référendum que pour mobiliser les électeurs en vue du scrutin.

    Les autres questions qui seront posées concernent la privatisation des biens publics, le relèvement de l’âge de la retraite et la suppression de la barrière à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, destinée à empêcher l’immigration irrégulière en provenance de l’Est.

    Des critiques ont également été formulées au sujet de la formulation des questions, dans lesquelles sont utilisés des termes quelque peu incendiaires, qui sont de nature suggestive, indiquent les « bonnes » réponses et ciblent l’opposition. L’opposition a ainsi reproché au parti au pouvoir de « ridiculiser les Polonais ».

    Si le PiS remporte les élections et que la plupart des Polonais s’opposent au programme de relocalisation de l’UE lors du référendum, le parti pourrait se doter d’une monnaie d’échange influente dans le cadre de son opposition, à l’échelle de l’UE, au programme proposé par la Commission, ce qui ne faciliterait certainement pas la réforme de l’immigration et de l’asile.

    Les tendances à l’« oligarchisation » du PPE

    Dans une vague de concurrence entre deux visions différentes de l’Europe, le PiS attaque non seulement la Coalition civique (KO), le seul parti qui pourrait potentiellement le priver du pouvoir, mais aussi l’ensemble du groupe du Parti populaire européen (PPE). Le PiS reproche fortement au PPE sa vision de l’Europe et accuse les démocrates-chrétiens d’essayer d’influencer le libre choix électoral du peuple polonais.

    Interviewé par le Frankfurter Allgemeine Zeitung en juin, le président du PPE, l’allemand Manfred Weber a parlé de la nécessité de construire un « pare-feu » contre le PiS et a exclu toute forme de coopération du PPE avec le parti au pouvoir en Pologne, qu’il a qualifié d’« ennemi politique » du PiS.

    Ces propos ont suscité l’indignation du parti au pouvoir en Pologne, qui a accusé M. Weber d’essayer de s’immiscer dans les élections polonaises. En réponse, le Parlement polonais a adopté une résolution visant à contrer toute tentative d’influence d’autres pays ou de responsables politiques étrangers sur le processus électoral national.

    Tadeusz Cymański, député du PiS, a récemment déclaré que la rhétorique de M. Weber, en particulier son utilisation du mot « ennemi », ressemblait à de la « propagande hitlérienne ».

    L’attitude de M. Weber à l’égard de la Pologne relève d’une « effronterie » qui montre une brutalisation du discours politique, a affirmé à EURACTIV Pologne Ryszard Legutko, eurodéputé du PiS et co-président du groupe CRE.

    Il a déclaré souhaiter que M. Weber soit confronté aux conséquences de ses paroles afin que de nombreux électeurs polonais se rendent compte que le PPE tente d’utiliser une « politique de la force » et des méthodes agressives.

    Les défenseurs de l’UE croient en une approche pacifique, alors que M. Weber utilise une rhétorique plus antagoniste, a affirmé M. Legutko, précisant que « l’Union européenne est devenue un espace où certains recourent à l’agression contre les autres ».

    Interrogé sur la possibilité pour le PiS de concevoir une forme de coopération renforcée entre le CRE et le PPE avec quelqu’un d’autre que M. Weber à la baguette, il a répondu qu’il s’agissait d’une question d’orientation politique plutôt que de considérations d’ordre personnel.

    Si la tendance à la marginalisation de certains pays et à la brutalisation du langage se poursuit, il est difficile d’imaginer une coopération entre les deux partis, a-t-il affirmé.

    Il a conclu que nous assistons actuellement à une « oligarchisation » de la politique européenne au sein du PPE, une orientation qui n’est absolument pas partagée par le CRE, selon ses dires.

    Une promesse de repositionner la Pologne en Europe

    La Coalition civique a pris la défense de M. Weber et croit en la capacité de la Pologne à jouer un rôle actif au sein de l’Europe démocratique et libérale.

    « Il est inacceptable que le parti national populiste du PiS attaque les responsables politiques démocratiquement élus et utilise une rhétorique anti-européenne, visant le PPE en particulier », a déclaré l’eurodéputé de la Plateforme civique (PO) Michał Szczerba à EURACTIV Pologne.

    Le PPE défend « fermement la démocratie, l’État de droit et l’Ukraine » et M. Weber « est un ami de la Pologne et une personne qui construit une puissante coalition d’institutions de l’UE pour soutenir l’Ukraine », a-t-il déclaré.

    « L’objectif de la Coalition civique est de restaurer la position de la Pologne sur la scène internationale et de forger une coopération avec des partenaires démocratiques en Europe », a indiqué M. Szczerba.

    Le « combat pour la Pologne » pourrait représenter un enjeu majeur pour le Parlement européen dans son ensemble. Comme le CRE a augmenté sa représentation dans d’autres pays, notamment en Italie et en République tchèque, il pourrait devenir un acteur clé des élections européennes de 2024 si le PiS l’emporte à nouveau en Pologne.

    Une victoire de l’opposition serait cruciale pour le potentiel du PPE, le plus grand groupe du Parlement européen.

  • En toute confidence : Ronan Le Gleut – sénateur LR – « Elus à part entière »

    En toute confidence : Ronan Le Gleut – sénateur LR – « Elus à part entière »

    podcast interview politique

    En toute confidence

    « En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Ronan Le Gleut – Sénateur et président de la fédération des Français de l’étranger LR

    Sénateur sortant, membre du groupe majoritaire Les Républicains, Ronan Le Gleut conduit la liste « Elus à part entière » pour les élections sénatoriales du 24 septembre 2023.

    Logiquement pour commencer, nous lui demanderons si les représentants des Français établis à l’étranger ne sont pas des élus à part entière… ?

    Sa liste rassemble des candidats qui résident tous à l’étranger, sur tous les continents. C’était pour le sénateur sortant une condition sine qua non lui même vivant en Allemagne. 

    Durant son mandat il a porté et soutenu différentes propositions de loi relatives à l’éducation, à la fiscalité ou encore à la santé… Contre-pied à l’image des politiques déconnectés de la réalité du quotidien des Français, on lui demandera donc si la distance, l’éloignement, d’autant plus quand on vit à l’étranger, des élus, poussent à plus de pragmatisme ?

    La France et son image à l’étranger

    Le 12 juillet, Ronan Le Gleut a interrogé la secrétaire d’Etat chargée de l’Europe, Laurence Boone sur l’état du pays après les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, tué lors d’un contrôle routier à Nanterre après un refus d’obtempérer… Car pour le candidat, le gouvernement nuit à l’image de la France à l’étranger et cela peut avoir de lourdes conséquences pour les Français de l’étranger.

    Enfin, pour conclure, on demandera à Ronan Le Gleut, en toute confidence, comment il envisage son rôle, et celui des conseillers des Français de l’étranger, de promoteur de la France à l’étranger ?

    Bonne écoute à tous ! 

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.08.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 29.08.23

    Bienvenue à tous dans votre flash quotidien des expatriés, aujourd’hui on reviendra sur la situation au Niger, on commencera notre tour des propositions des têtes de listes aux élections sénatoriales avec Ronan Le Gleut et on finira avec les mesures chocs annoncées par le nouveau ministre de l’Education nationale, Gabriel Attal. 

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

    L’ambassadeur de France reste au Niger 

    Emmanuel Macron salue l’ambassadeur français au Niger, toujours en poste ce mardi 29 août. Un mois après le renversement du président Mohamed Bazoum, la junte militaire au pouvoir avait ordonné vendredi à l’ambassadeur français, Sylvain Itté, de quitter expressément le territoire « sous 48 heures », soit ce dimanche 27 août. L’ultimatum a donc expiré, et Paris ne compte pas revenir sur ses positions.

    Sylvain Itté

    « Des élus à part entière« 

    C’est le nom de la liste que mènera Ronan Le Gleut, sénateur LR sortant et donc candidat à sa succession, ce 24 septembre. Lui et ses colistiers axent donc leur campagne sur la place de l’élu consulaire. Aujourd’hui, entre l’AFE, les Consuls et les services administratifs, force est de constater que le conseiller des Français de l’étranger, pourtant le seul à être élu par scrutin universel direct, a du mal à trouver sa place et à faire respecter ses prorogatives comme les décisions prises en Conseil consulaire. Dans le premier numéro d’un nouveau podcast politique sur Lesfrancais.press, animé par Caroline Ettori, en 5 min, Ronan Le Gleut vous explique les ambitions que sa liste porte pour les Français de l’étranger. A découvrir dès maintenant sur toutes les plateformes de streaming. 

    Gabriel Attal interdit formellement l’abaya à l’école

    Le port de l’abaya va être interdit à l’école en France, a annoncé le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal. Une décision prise au nom de la laïcité et censée mettre fin aux controverses autour de cette longue robe traditionnelle portée par certaines élèves musulmanes. « J’ai décidé qu’on ne pourrait plus porter d’abaya à l’école », a déclaré Gabriel Attal dimanche 27 août dans le journal de 20h de TF1. Cette décision ne devrait pas s’appliquer dans les Lycées Français du monde qui disposent d’une plus grande autonomie sur leur règlement intérieur. Il a d’ailleurs, aussi, annoncé d’autres mesures qui devraient s’appliquer dans les établissements hors de France, nous y reviendrons demain. 

    ©PHOTOPQR/LA PROVENCE/Gilles Bader ; Marseille ; 07/06/2023 ;© MaxPPP

    C’est tout pour ce mardi 29 août, bonne journée à tous ! On se retrouve demain pour un nouveau flash quotidien des expatriés…

  • Rentrée scolaire : Classement de Shanghai 2023

    Rentrée scolaire : Classement de Shanghai 2023

    Pour la 22e année consécutive, Harvard occupe la première position, tandis que les universités américaines maintiennent leur leadership dans le classement de Shanghai dévoilé mardi 15 août 2023. A quelques jours de la reprise scolaire, on fait le point pour les Français de l’étranger.

    Domination américaine

    Le top 10 est identique à celui de l’édition 2022 : anglo-saxon. Seuls deux établissements britanniques, les traditionnels rivaux Cambridge (4e) et Oxford (7e), se font une place entre les mastodontes américains : Berkeley (5), Princeton University (6), Columbia (8), la California Institute of Technology (9e) et l’université de Chicago (10e).

    Depuis 2003, le classement de Shanghai prend en compte six critères, dont le nombre de Nobel et médailles Fields – considéré comme le Nobel des mathématiques – parmi les étudiants diplômés et professeurs, le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline ou le nombre de publications dans les revues Science et Nature. Des critères, essentiellement fondés sur la recherche et pas sur la formation, qui alimentent une partie des critiques sur ce classement. Comme pour les éditions précédentes, plus de 2.500 établissements ont été examinés pour établir un classement des 1.000 premiers.

    La France au 3e rang mondial

    À la 15e place, l’université française de Paris-Saclay est le premier établissement de l’Europe continentale du classement, et gagne une place par rapport à l’édition 2022.

    La France conserve au total quatre établissements parmi les 100 meilleurs mondiaux, avec également l’université Paris Sciences Lettres (41e) – qui regroupe différents établissements du supérieur dont l’École Normale Supérieure (ENS)–, Sorbonne Université (46e) et l’université Paris Cité (68e).

    « Avec 27 universités représentées, le classement de Shanghai met à l’honneur l’excellence française. Acteurs de l’enseignement et de la recherche : merci ! Vous faites de la France une grande nation de formation, de recherche et d’innovation. Nous continuerons à vous soutenir »

    Emmanuel Macron sur X (ex-Twitter)

    Le classement de Paris-Saclay « permet à la France de conserver pour la quatrième année consécutive son 3e rang mondial, sur la base du nombre d’établissements dans le top 20« , a salué la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans un communiqué.

    Sylvie Retailleau s’est aussi félicitée de « l’évolution remarquable de l’université Côte d’Azur (+200 pour atteindre la tranche 301-400) », ainsi que « de l’entrée pour la première fois dans le classement de l’université de Poitiers« . Elle a également souligné que les huit universités françaises classées dans le top 200 ont « bénéficié de financements dans le cadre des différents programmes investissements d’avenir« .

  • La drogue, une activité économique, comme une autre ? 

    La drogue, une activité économique, comme une autre ? 

    Le trafic de drogue imprègne de plus en plus la société française. Pour conforter leur zone de chalandise, les trafiquants n’hésitent plus à assurer certaines missions qualifiables d’intérêt général. Ainsi, peuvent- ils prendre à leur charge l’entretien des ascenseurs dans les cités, et organiser, comme dernièrement à Cavaillon, des animations à destination des jeunes des cités. Ils occupent l’espace abandonné par les pouvoirs publics. 

    Le PIB et le trafic de drogue 

    Le trafic de drogue, activité illégale, est néanmoins comptabilisé dans le PIB. L’INSEE calcule le PIB de la France en tenant compte, depuis 2018, des activités liées à la consommation de la drogue. Elle a suivi, en la matière, d’autres pays européens comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou l’Italie. Cette intégration fait suite à la demande de l’office européen de statistique, Eurostat. Le marché de la drogue représenterait ainsi pour la France environ 3 milliards d’euros, soit 0,1 point de PIB. L’INSEE retient le montant de la consommation minorée des importations. Ce montant de 3 milliards d’euros est une évaluation reposant tout à la fois sur des sondages concernant la consommation de stupéfiants et les saisies de drogues. 

    Un marché de 5 millions de consommateurs et 4000 points de vente 

    Selon le rapport 2022 de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT), la France compte plus de 5 millions d’usagers du cannabis, c’est-à-dire de personnes ayant consommé le produit au moins une fois dans l’année. Parmi eux, environ 1,3 million sont des consommateurs réguliers (plus de dix fois par mois) et 850 000 sont des utilisateurs quotidiens. Environ 600 000 personnes consommeraient de la cocaïne au moins une fois dans l’année. Les drogues de synthèse, comme la MDMA ou l’ecstasy compteraient environ 400 000 usagers dans l’année. La consommation serait en forte augmentation. La résine de cannabis se négocie à la vente à environ 8 euros le gramme et l’herbe à 10 euros le gramme, selon les chiffres de l’OFDT et ceux du ministère de l’intérieur. Des prix qui n’auraient pas connu d’inflation entre 2021 et 2022. 

    La cocaïne est beaucoup plus chère, avec un prix de 65 euros le gramme. Un gramme d’héroïne se négocie autour de 30 euros et un comprimé d’ecstasy 10 euros. Un gramme de méthamphétamine se négocie en moyenne à 28 euros contre 10 euros pour l’amphétamine. 

    Selon le ministère de l’Intérieur, la France compterait 4 000 points de vente. Autrefois limitée aux grandes villes, la commercialisation s’opère désormais sur tout le territoire. Des communes comme Cavaillon (Vaucluse), Mersac (Charente), Valence (Drôme), La Roche-sur-Yon (Vendée) ou Le Creusot (Saône-et-Loire) sont confrontées à des trafics pouvant donner lieu à de violents règlements de compte. 

    Plus de 200 000 personnes travailleraient dans le secteur de la drogue. Le total des heures travaillées est évalué à plus de 30 millions par an.

    La drogue, des revenus pour les familles en difficulté

    Dans des cités, le trafic de drogue peut offrir des compléments de revenus non négligeables. Les enfants, mineurs, servent souvent de guetteurs voire de revendeurs. Les familles monoparentales qui sont, en règle générale, les plus pauvres, sont les plus ciblées par les trafiquants, les enfants étant ainsi appelés à financer les dépenses des ménages. De 10 à 15 % des dealers auraient moins de 18 ans. L’essor du trafic de stupéfiants a accéléré le processus de déscolarisation dans les quartiers dits prioritaires de la ville. La perspective de gagner de 80 à 200 euros par jour pour faire le guet, dissimuler la drogue, approvisionner les points de vente est jugée, de prime abord, plus attrayante que se projeter dans des études (selon une étude menée par Nacer LALAM et David WEINBERGER, chargés de recherches à Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice citée par l’OFDT). Un chef de vente gagnera autour de 500 euros par jour et un responsable de trafic dans un quartier ou une ville pourra atteindre 1 500 euros par jour. Ces gains doivent être évidemment mis en parallèle avec les risques encourus (arrestation, règlement de compte, etc.). 

    Les mineurs sont amenés à occuper de plus en plus tôt des fonctions au sein des réseaux du fait des arrestations et des meurtres. Les forces de sécurité et la justice estiment n’avoir qu’une vision partielle de la revente de la drogue. Une partie de celle-ci serait revendue par des consommateurs qui achèteraient également pour le compte de tiers. Ce commerce améliorerait les revenus d’une partie des usagers des stupéfiants et financerait en partie leur addiction. 

    Quelles réponses face à l’essor des réseaux de stupéfiants ? 

    En 2022, les gendarmes, policiers et douaniers ont saisi 128,6 tonnes, ce qui constitue un record. Les forces de l’ordre ont trouvé deux fois plus de résine de cannabis (plus de 87 tonnes au total) que d’herbe (41 tonnes). En ce qui concerne les autres drogues, les saisies ont également augmenté l’année dernière. 27,7 tonnes de cocaïne ont été saisies en 2022, 1,4 tonne pour l’héroïne. Les prises en matière de drogues de synthèses s’amplifient en lien avec l’augmentation de la consommation. Elles ont atteint 273 kg pour les amphétamines et méthamphétamines et plus de 1,5 million pour les comprimés d’ecstasy et de MDMA. 143 447 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour usage de stupéfiant ont été dressées en 2022 par les forces de l’ordre. Ce chiffre est en augmentation de plus de 30 % par rapport à l’année précédente. 

    ©police nationale d’Annemasse – 2019

    Les départements où les amendes ont été les plus nombreuses en 2022 sont les Bouchesdu-Rhône, Paris, la Seine-Saint-Denis, le Rhône et le Nord. Plus de 7 % de la population française consomment de la drogue, ce qui pourrait relancer le débat sur son éventuelle dépénalisation. Sur le plan de la santé comme de la sécurité publique, cette option pourrait être considérée comme un aveu d’échec. L’exemple néerlandais n’est, en outre, guère probant. La légalisation de l’herbe n’a pas freiné la consommation des drogues dures et les trafics. 

    Face à la montée de la consommation en France, les pouvoirs publics ont été contraints d’opter pour un système d’amendes forfaitaires pour éviter l’engorgement des tribunaux. Il ne s’agit pas d’une légalisation mais une certaine forme de banalisation du délit. 

    Le marché de la drogue est de plus en plus visible. 

    Les trafiquants utilisent de plus en plus les techniques modernes de vente en recourant à Internet et, en particulier, aux réseaux sociaux. L’éradication des trafics ou du moins leur limitation est tout à la fois un problème d’éducation, de sécurité, d’emploi et d’urbanisme. Les pouvoirs publics doivent casser le cercle vicieux dans lequel évoluent certains quartiers : l’insécurité en empêchant la création d’activités économiques et donc d’emplois favorise l’essor des trafics en tout genre. Les premières victimes de cette spirale sont les habitants des cités qui doivent composer avec les dealers.

  • Élargissement du groupe des BRICS ? Pas une menace, répond l’Allemagne

    Élargissement du groupe des BRICS ? Pas une menace, répond l’Allemagne

    Les principaux responsables politiques allemands ont rejeté les craintes suscitées par l’élargissement du groupe des BRICS annoncé pour 2024, pointant plutôt du doigt la Russie et la Chine, les deux géants qu’ils considèrent comme la véritable menace.

    En 2024, six nouveaux pays, dont l’Iran et l’Arabie saoudite, rejoindront le groupe des BRICS, un club d’économies émergentes comprenant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, ont annoncé les membres fondateurs à l’issue de leur récent sommet, jeudi (24 août).

    L’Allemagne, cependant, ne perçoit pas l’élargissement du groupe comme une menace susceptible de rivaliser avec les institutions occidentales.

    « L’élargissement rend les BRICS encore plus hétérogènes. Ainsi, en tant qu’institution, ils ne représentent pas une menace pour l’ordre fondé sur des règles, contrairement aux membres individuels, comme la Chine et la Russie », a déclaré à EURACTIV Nils Schmid, un député allemand, porte-parole du SPD pour les affaires étrangères.

    Un projet anti-Occident ?

    Il a salué le fait que le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud défiaient les pressions de la Chine et de la Russie, qui veulent « faire des BRICS un projet anti-occidental ». De leur côté, de hauts responsables politiques allemands restent résolument détendus en ce qui concerne le statut et le pouvoir géopolitiques réels des BRICS.

    « Je ne suis pas déçue et je ne vois pas de division ou d’affaiblissement du G20 », a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, avant le sommet, dans l’attente d’un élargissement potentiel, ce qu’elle a réaffirmé après l’annonce de jeudi.

    Elle a ajouté que l’Allemagne continuerait à entretenir de bonnes relations avec les nouveaux membres, tous les pays étant libres de rencontrer qui ils veulent.

    L’Allemagne, cependant, ne perçoit pas l’élargissement du groupe comme une menace susceptible de rivaliser avec les institutions occidentales.

    Cette décision intervient alors que la politique étrangère allemande se concentre de plus en plus sur certains membres du groupe des BRICS, à savoir le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. L’Allemagne recherche une coopération économique et géopolitique plus étroite avec les pays tiers afin de diversifier ses partenariats dans le contexte de la crise internationale déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

    La toute première stratégie du gouvernement allemand relative à la Chine, publiée en juillet dernier, fixe explicitement l’objectif d’une coopération plus étroite avec les pays tiers « d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine » pour contrer l’influence de la Chine.

    En conséquence, le chancelier Olaf Scholz ainsi que six autres ministres se sont rendus individuellement en Inde depuis le début de l’année. Mme Baerbock s’est aussi rendue en Afrique du Sud et au Brésil avec le ministre allemand du Travail, Hubertus Heil.

    Si l’élargissement du groupe des BRICS indique que les pays continuent à rechercher un partenariat actif avec la Russie et la Chine, M. Schmid considère l’absence de soutien inconditionnel à ces deux pays comme une réussite de la « diplomatie de la navette vigoureuse » de l’Allemagne.

    La clef d’une offre attrayante pour les pays tiers réside dans le soutien à leur aspiration à des « relations économiques justes », a-t-il déclaré.