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  • Un voyage en 4 étapes pour Emmanuel Macron au Proche-Orient 

    Un voyage en 4 étapes pour Emmanuel Macron au Proche-Orient 

    Emmanuel Macron s’est finalement décidé à se rendre en Israël, plus de deux semaines après les attaques terroristes lancées par le Hamas, et alors que les bombardements meurtriers menés en représailles contre la bande de Gaza se poursuivent. L’avion du chef de l’Etat s’est posé, mardi 24 octobre au matin, à Tel-Aviv. En 36h, il sera allé aussi, en Cisjordanie pour échanger avec Mahmoud Tahhan Abbas, puis à Amman, rencontrer le roi de Jordanie avant d’échanger avec le président égyptien au Caire. On fait le point pour les Français de l’étranger 

    Les Français d’Israël 

    Le président français a commencé sa visite par une rencontre, dans un salon de l’aéroport Ben-Gourion, avec les familles des victimes françaises de l’assaut du 7 octobre, dont celles des neuf disparus.

    « Nous sommes liés à Israël par le deuil », a tweeté le chef de l’Etat. 

    L’État hébreu

    L’Elysée l’a clamé haut et fort à la veille du déplacement : l’objectif premier du président de la République est d’exprimer la « solidarité » de la France avec Israël, après les attaques commises par le Hamas le 7 octobre, qui ont fait plus de 1 400 morts. « Soyez sûrs que nous ne vous laisserons pas seuls dans cette guerre contre le terrorisme », a dit le chef de l’Etat à Isaac Herzog, au début de leur entretien. 

    Il a ensuite rencontré le premier ministre de l’Etat hébreu, Benyamin Nétanyahou, le ministre sans portefeuille Benny Gantz, ainsi que Yaïr Lapid, le chef de l’opposition. 

    La visite d’Emmanuel Macron survient après celles du président américain, Joe Biden, du chancelier allemand, Olaf Scholz, du premier ministre britannique, Rishi Sunak, et de la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, venus déjà faire part de leur « solidarité » envers Israël. La veille de son arrivée, c’est le chef du gouvernement néerlandais, Mark Rutte, qui est passé par Tel-Aviv, ainsi qu’à Ramallah.

    Au contraire de ses homologues occidentaux, le chef de l’Etat a d’abord temporisé, indiquant vouloir que son déplacement soit « utile », alors qu’Israël intensifie ses frappes sur la bande de Gaza. Destinés officiellement à « détruire » le Hamas, ces raids ont fait près de 6 000 morts, selon le ministère de la santé de l’enclave palestinienne, gouvernée par l’organisation. « Emmanuel Macron aurait dû y aller beaucoup plus tôt, observe Yves Aubin de La Messuzière, ancien ambassadeur et ancien directeur Afrique du Nord-Moyen-Orient au Quai d’Orsay.

    L’étape de Ramallah 

    Ses entretiens à peine terminés à Jérusalem, Emmanuel Macron est parti sous bonne escorte pour Ramallah, mardi 24 octobre, afin d’y soutenir Mahmoud Abbas, fragilisé comme jamais par la guerre qui oppose Israël au Hamas. Ce voyage très sécurisé – un militaire en arme montait la garde tous les 50 mètres – marquait une rupture avec la politique d’isolement du président de l’Autorité palestinienne (AP) qu’appliquent de fait les Européens depuis la reprise du conflit.

    Pourtant à  Ramallah, des manifestants ont brûlé un portrait d’Emmanuel Macron, qu’ils accusent de soutenir sans mesure l’Etat hébreu dans sa guerre. 

    French President Emmanuel Macron meets with the Palestinian President Mahmoud Abbas, in Ramallah, West Bank, October 24, 2023. French President Emmanuel Macron visited Israel on Tuesday, where he reaffirmed calls to prevent the war from expanding into Lebanon and the wider Arab world, and called for a « decisive » political process with the Palestinians for a viable peace. Christophe Ena/Pool via REUTERS

    Emmanuel Macron leur a répondu indirectement en déclarant  sur place « Rien ne saurait justifier » les « souffrances » des civils à Gaza, à l’issue d’un tête-à-tête de plus d’une heure avec Mahmoud Abbas. « La vie d’un civil vaut celle d’un autre civil, quelle que soit sa nationalité. Une vie palestinienne vaut une vie française, qui vaut une vie israélienne », a-t-il ajouté. « J’adresse mes pensées aux blessés, aux familles qui ont perdu un proche, aux civils qui, aujourd’hui à Gaza, vivent dans une situation de très grande détresse », a souligné M. Macron. 

    À Amman, cap vers la paix ? 

    Emmanuel Macron, rattrapé lui-même par des attentats islamistes en France, a donc pris soin d’afficher une politique équilibrée dans la région, avec l’ambition d’y jouer un rôle pour tenter de surmonter le séisme provoqué par l’attaque du Hamas. Avec le roi de Jordanie, il a ainsi souhaité réactiver la « solution à deux Etats », palestinien et israélien, qui semblait devenue caduque ces dernières années sur fond de normalisation progressive des relations entre Israël et pays arabes voisins.

    « Il est difficile en ce moment de parler de la reprise d’un processus de paix », a-t-il concédé alors qu’Israël panse encore ses plaies après des massacres sans précédent de civils sur le sol israélien. « Mais elle est plus que jamais nécessaire » pour éviter que les « groupes terroristes les plus radicaux » ne continuent à prospérer, a-t-il déclaré à Ramallah. « Il ne peut y avoir de paix durable s’il n’y a pas la reconnaissance du droit légitime du peuple palestinien de disposer d’un Etat », a-t-il insisté.

    Au Caire, la France fait de l’humanitaire 

    En Egypte, alors que de nombreux dirigeants arabes ont accusé l’Occident de penser que « les vies palestiniennes valent moins que les vies israéliennes », le président français a affirmé que « toutes les vies se valent, toutes les victimes méritent notre compassion, notre engagement durable pour une paix juste et durable au Proche-Orient ». 

    Enfin, en conclusion de ce périple de 36 heures, Emmanuel Macron a annoncé depuis la capitale de l’Egypte l’envoi d’un « navire de la marine nationale pour soutenir les hôpitaux de Gaza » qui partira de Toulon « dans les prochaines 48 heures ».

    Concernant l’aide humanitaire un « avion français se posera dès demain » sur le sol égyptien » et « d’autres suivront », a-t-il ajouté.

  • Propriétaire en France ? De nouvelles règles fiscales en 2024 

    Propriétaire en France ? De nouvelles règles fiscales en 2024 

    Les Français de l’étranger ont, pour certains, conservé un bien en France. Dans la plupart des cas, il s’agit soit de l’ancienne résidence principale, soit d’un investissement locatif ou d’un héritage. Comme vous le savez, les revenus issus d’un bien immobilier sont toujours imposés dans le pays où il se situe. Ainsi, même si on est installé à l’étranger, les règles fiscales françaises s’appliquent de plein droit sur les revenus issus des locations ou des cessions. Pour l’année 2024, les députés français, sous l’impulsion du gouvernement d’Élisabeth Borne, ont procédé à des modifications. On fait le point pour les expatriés.

    La location de meublés de tourisme

    Première mesure, une modification de l’imposition de la location de meublés de tourisme. En effet, le texte prévoit un rabotage de l’avantage fiscal dont bénéficient les personnes qui louent des locaux meublés de tourisme classés.

    Jusqu’à présent, si leurs revenus annuels sont inférieurs à 188.700 euros, l’activité relève du régime fiscal du micro-BIC et donne droit à un abattement forfaitaire de 71 % au titre des frais et charges supportés.

    Mais l’amendement retenu, émanant du gouvernement, supprime cet abattement singulier et l’aligne sur celui applicable à la location de locaux meublés classiques. Il est actuellement de 50 % et est applicable aux bailleurs dégageant moins de 77.700 euros de revenus annuels.

    Cette mesure d’équité permettra de mettre fin à une différence de traitement en fonction du classement des locaux qui ne correspond plus à la réalité économique de ces activités

    Ministère de l’économie à l’AFP 

    Néanmoins, le gouvernement intègre une exception. Les locations classées meublés proposées dans des territoires en déficit d’offre touristique et où l’offre de résidences principales est suffisante pourront continuer à bénéficier de l’abattement de 71 %. Mais le seuil du chiffre d’affaires annuel pour prétendre à cet abattement est fortement abaissé, à 50.000 euros.

    Le calcul de la taxe sur les plus-values immobilières modifié

    L’un des points clés de cette réforme est donc le changement de la méthode de calcul de la taxe sur les plus-values immobilière. Explication : lorsque les propriétaires achètent un bien immobilier, ils peuvent en tirer un bénéfice via la location, mais également en réalisant une plus-value, s’ils ont l’opportunité de le revendre plus cher que le prix initial.

    Cette plus-value reste cependant sujette à imposition, et le niveau de cette taxe est alors calculé selon plusieurs facteurs, comme le montant du bénéfice concrétisé, la période de détention de ce bien, ou la réalisation de certains travaux d’aménagement. Les députés souhaitent alors modifier ce calcul en incluant ce qu’on appelle “l’amortissement comptable du logement”.

    L’amortissement reflète la dépréciation de la valeur du bien au fil du temps. En conséquence, le changement proposé pourrait alors significativement impacter les propriétaires de logements meublés sous le statut LMNP.

    Par exemple, dans le cas d’un logement acheté à 200 000 euros, amorti à hauteur de 5 000 euros annuels pendant 5 ans, puis vendu ultérieurement pour 300 000 euros, la plus-value imposable serait de 125 000 euros après l’application de ces nouvelles règles, contre 100 000 auparavant.

    règles fiscales propriétaires 2024
    Les propriétaires en France devront s’attendre à de nouvelles règles fiscales en 2024

    Déliaison de la taxe foncière et de la taxe d’habitation

    Enfin, un autre amendement concernant la fiscalité des propriétaires est finalement intégré : la déliaison entre les taux de taxe foncière et de taxe d’habitation. C’est peu connu du grand public mais les municipalités (et intercommunalités dotées d’une fiscalité propre) ne sont pas totalement libres de voter les taux d’imposition souhaités.

    Soit, d’une année à l’autre, elles font varier dans une même proportion les taux de la taxe foncière, de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale, et de la cotisation foncière des entreprises. Soit elles peuvent dissocier les variations mais en respectant certaines contraintes.

    Par exemple, il existe actuellement une règle qui impose que le taux de la taxe d’habitation ne puisse pas augmenter plus que le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties.

    L’amendement retenu par l’exécutif supprime ce lien entre taxe foncière et taxe d’habitation si la collectivité n’opte pas pour la variation proportionnelle. Il « vise à assouplir les règles de lien entre les taux des différentes impositions locales pour redonner des marges de manœuvre aux élus locaux dans leur politique fiscale », justifient les députés du groupe Horizons et apparenté à l’initiative de cette proposition.

    Cette disposition s’ajoute à la taxe sur les résidences secondaires qui frappent tous les Français de l’étranger. Une proposition de loi a été adopté par les sénateurs instaurant la création d’une résidence de repli. Ce dispositif permettait aux expatriés de voir un de leur bien en France considéré comme une résidence principale d’un résident. Ainsi, la sur imposition ne leur serait plus applicable. Malheureusement, le texte, près de 10 mois après, n’est toujours par planifié à l’Assemblée nationale. Ce lundi 23 octobre, lors de l’ouverture de la 39ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger, Olivier Becht, le ministre en charge des expatriés, a indiqué qu’il voulait voir cette mesure inscrite à l’ordre du jour des députés dans les meilleurs délais. Espérons que cela se fasse rapidement, mais il y a peu de chance que cette disposition soit applicable en 2024.

  • Économie, il ne faut pas toujours imiter les Américains 

    Économie, il ne faut pas toujours imiter les Américains 

    De part et d’autre de l’Atlantique, une course de vitesse s’est engagée pour réussir la transition énergétique à coups de subventions et de mesures plus ou moins protectionnistes. Tout en critiquant les États-Unis, les Européens adoptent des mesures identiques à celles que ces derniers ont prises ces derniers mois. 

    Première puissance économique et industrielle de la zone euro, l’Allemagne craint que son industrie automobile perde des parts de marché au profit des constructeurs de voitures électriques chinois ou américains subventionnés par leurs États respectifs. Au-delà de l’Allemagne, ce sont tous les pays européens qui ont peur d’un décrochage économique par rapport à leur allié américain.

    La croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,7 %, trois fois moins que celle des États-Unis

    Les économies du vieux continent sont, depuis une dizaine d’années, en difficulté avec une croissance faible et un vieillissement rapide de leur population. Selon le FMI, la croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,7 % en 2023, soit trois fois moins que celle des États-Unis. 

    En une décennie, l’écart de croissance devient conséquent avec une divergence des niveaux de vie. Longtemps, les Européens ont masqué leur déficit relatif de croissance par rapport aux États-Unis en pointant les inégalités réelles qui caractérisent ce pays. 

    Aujourd’hui, les salaires moyens aux États-Unis sont supérieurs de plus de 30 % à ceux de la zone euro (80 000 euros aux États-Unis et 50 000 euros en France). Pour rattraper leur retard, les Européens considèrent qu’ils doivent aligner leur politique industrielle sur celle de l’administration de Joe Biden. L’Union européenne (UE) a assoupli les règles en matière d’aides d’États. Les investissements visant à favoriser la transition énergétique peuvent être dorénavant subventionnés. L’électricité verte peut également faire l’objet d’aides. Cela concerne également le nucléaire, les Allemands ayant accepté, après une longue négociation, de classer cette énergie parmi celles considérées comme propres. 

    Au Royaume-Uni, le parti travailliste qui pourrait emporter les élections législatives de 2024 prévoit un grand programme d’aides en faveur de l’industrie, programme qui tournerait le dos à la politique initiée par Margaret Thatcher en 1979.

    Les entreprises chassent les subventions en lieu et place des clients

    Dans les années 1980, les gouvernements occidentaux avaient cessé de subventionner leurs entreprises considérant que cette politique générait des effets d’aubaine et aboutissait à un gaspillage des deniers publics. Les entreprises chassent les subventions en lieu et place des clients. Elles ont tendance à négliger leur rentabilité et prendre des risques. Les subventions accordées aux entreprises disposant des meilleurs relais dans les pouvoirs publics ne favorisent pas l’émergence de concurrents et donc l’innovation. Elles génèrent une bureaucratisation de la vie des affaires. La France qui a toujours eu une politique plus dirigiste que ses partenaires est réputée pour la lourdeur de ses procédures administratives. 

    L’économie de marché a prouvé sa capacité d’adaptation. En 2022, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, les Européens ont craint de manquer de gaz et d’électricité en trouvant des solutions pour palier à l’arrêt des importations russes d’énergie. La Russie fournissait, en 2021, 58% du gaz, 45% du charbon et 27% du pétrole à l’Union européenne. Certains étaient dans une situation de dépendance totale. La substitution s’est opérée essentiellement par le recours de système de marché même si une supervision a été assurée par la Commission de Bruxelles.

    Américains
    La multiplication des subventions nationales risque de fragiliser l’Union européenne

    L’Europe est en avance avec la création d’un marché unique du carbone

    Au niveau de la lutte pour la transition énergétique, l’Europe est en avance avec la création d’un marché unique du carbone, marché qui n’existe pas aux États-Unis. Après des débuts difficiles dans les années 2000, le système d’échange de droits d’émission (ETS) est devenu ces dernières années la référence en matière de tarification du carbone, incitant le secteur privé à trouver les moyens les plus efficaces de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. 

    La multiplication des subventions nationales risque de fragiliser l’Union européenne, chaque État essayant d’attirer sur son territoire des usines. Les grands pays comme la France ou l’Allemagne sont avantagés en raison de leur plus grande surface financière. Il n’y a pas de création de valeurs mais des distorsions de concurrence coûteuses. L’argent ainsi gaspillé pourrait être utilisé pour financer des recherches sur la décarbonation. La multiplication des sites de batteries ou de microprocesseurs risque d’aboutir à un excès de production non rentable. Il serait plus utile de moderniser les réseaux. L’Allemagne devrait mettre à niveau son système ferroviaire. La France devrait cesser de bloquer les interconnexions en matière de réseaux électriques afin de favoriser son énergie nucléaire.

    Le protectionnisme est une tentation facile et populaire

    Les gouvernements français successifs, pour des motifs écologiques, empêchent l’Espagne d’exporter son énergie solaire vers l’Allemagne. Le protectionnisme est une tentation facile et populaire. Il reçoit l’assentiment d’une grande partie des populations européennes au nom d’un nationalisme grégaire et au nom de la défense de l’emploi. Comme les États-Unis et la Chine le pratiquent, l’Europe doit faire de même. Si les États-Unis demeurent la première puissance économique mondiale, ils le doivent avant tout à la prééminence du marché. La résurgence du protectionnisme depuis quelques années dans ce pays n’est pas un signe de bonne santé. L’Europe aurait tout à gagner, pour une fois, à ne pas imiter l’Amérique.

  • Pourquoi nous devons soutenir l’accord de commerce entre l’UE et la Nouvelle-Zélande

    Pourquoi nous devons soutenir l’accord de commerce entre l’UE et la Nouvelle-Zélande

    Alors que le Parlement européen va se prononcer sur l’accord commercial entre l’UE et la Nouvelle-Zélande, l’eurodéputée Marie-Pierre Vedrenne exprime sa position en faveur d’un accord qui doit devenir le socle d’un nouveau modèle vertueux de commerce international, écrit-elle. 

    Marie-Pierre Vedrenne est eurodéputée française, co-présidente de la délégation des députés européens de la majorité présidentielle française au sein du groupe Renew (L’Europe ensemble) et vice-présidente de la commission parlementaire du commerce international (INTA). 

    L’accord de libre-échange UE-Nouvelle-Zélande a été signé entre les exécutifs le 9 juillet dernier, puis sera voté le 24 octobre en commission INTA, avant d’être porté devant l’ensemble des parlementaires européens pour un vote lors de la prochaine séance plénière du Parlement européen prévue entre 21 et le 23 novembre. 

    Pas d’ouverture délétère, pas de fermeture mortifère, mais des règles claires et respectées qui permettent à l’Union européenne de défendre ses principes et intérêts.

    Concrétiser la fin de la naïveté et utiliser la puissance commerciale pour façonner une mondialisation régulée, juste et durable est mon engagement en tant que vice-présidente de la commission du commerce international et co- présidente de la délégation l’Europe ensemble (Renew).

    Se doter d’instruments complémentaires de la puissance et de l’unité

    Dans un contexte où les allants protectionnistes sont de plus en plus forts et où le commerce est utilisé comme une arme pour limiter la liberté et la souveraineté, la crédibilité et l’efficacité de l’Union européenne sont mises à rudes épreuves.

    Réciprocité sur les marchés publics, règlement sur les subventions étrangères, mécanisme carbone aux frontières, lutte contre la coercition économique, création d’un procureur commercial européen … la réaction est enfin là !

    L’arsenal juridique s’est considérablement renforcé depuis 2019 changeant le logiciel de pensées et d’actions. Le travail se poursuit face à toutes les formes de prédations de pays tiers.

    Établir une doctrine commune sur la stratégie sur la sécurité économique européenne demeure un cap important, toute comme la nécessité impérieuse de multiplier la création de nouvelles « mesures miroirs ».

    Ces outils d’affirmation jouent un rôle déterminant et complémentaire à côté des accords bilatéraux qui fixent eux aussi les règles du jeu.

    À gauche, Jacinda Ardern, Première ministre de la Nouvelle-Zélande, à droite, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse le 30 avril 2022, à Bruxelles. [Union européenne]
    À gauche, Jacinda Ardern, Première ministre de la Nouvelle-Zélande, à droite, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors d’une conférence de presse le 30 avril 2022, à Bruxelles. [Union européenne]

    Façonner des accords nouveaux passe par un soutien à l’accord avec la Nouvelle-Zélande

    Oui, ces accords doivent évoluer pour qu’ils répondent au besoin de prévisibilité et de stabilité de nos entreprises et pour qu’ils jouent leur rôle dans la protection des droits humains et de la planète.

    Oui, ces accords doivent être pourvoyeurs de concurrence loyale et de réciprocité.

    Oui, ces accords doivent être d’ambitieux leviers de convergence.

    Cela devrait être nos exigences communes. Force est de constater que toutes nos oppositions françaises se contenteront de voter contre cet accord en se murant dans une approche du commercial mondial dépassée.

    Nous sommes la seule force politique au Parlement européen à peser de tout notre poids pour établir une nouvelle génération d’accords.

    Après avoir validé la position du Parlement européen « pas de Mercosur en l’état » en octobre 2020, le message envoyé à la Commission était clair : nous ne voulons pas d’accord d’un autre temps et qui n’intègre pas l’accord de Paris.

    La mise en œuvre, la mère des batailles

    Intégrer les clauses de l’accord de Paris dans le commerce mondial, c’est l’ambition affichée par l’accord de libre-échange entre l’UE et la Nouvelle-Zélande.

    Ce combat n’a pu être mené sans celui de réformer les chapitres sur le développement durable ni celui de promouvoir et protéger nos savoir-faire à travers les indications géographiques. Il n’a pu non plus être mené sans obtenir un traitement équitable des investisseurs européens dans les marchés publics ni établir des clauses de sauvegarde.

    Enfin, il n’a pu être mené sans intégrer des sanctions en cas de non-respect des engagements.

    Avec un partenaire néo-zélandais enclin à créer ces nouveaux standards, nous avons obtenu ces avancées impensables !

    Conclure ou ratifier un accord de commerce ne constitue pas une fin en soi. Le plein respect des engagements réciproques est l’enjeu majeur.

    Sur ces fondements, cet accord crée une base solide pour la France et pour l’UE pour défendre ses principes et ses intérêts avec, pour la première fois, l’intégration de sanctions.

    Tous ces gains doivent être un standard minimum, c’est pourquoi ils doivent voir le jour.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.10.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.10.23

    Bonjour à tous, nous sommes le mercredi 25 octobre et vous écoutez le flash quotidien des expatriés, dans nos titres : Dernière semaine pour participer à l’orchestre des Lycées français du monde ou pour candidater pour le STAFE, au niveau national, on revient évidemment sur la visite d’Emmanuel Macron au Proche Orient. 

    Jeune et musicien ? 

    Si oui tentez votre chance pour rejoindre les musiciens de l’Orchestre des Français du Monde. Pour cela c’est simple, une vidéo du lycéen ou collégien en train de jouer un instrument de musique, une autorisation des parents et de l’établissement scolaire ! Les répétitions se feront en distanciel, miracle de la technologie, avant une semaine en présentiel à Bruxelles où les jeunes artistes se produiront dans l’écrin du BoZart au mois de mars. 

    Orchestre des Lycées français du monde 
    Orchestre des Lycées français du monde 

    STAFE : l’heure de remise des dossiers

    Vos associations se mobilisent souvent pour créer du lien entre Français où qu’ils soient dans le monde. Souvent les moyens manquent ! Pour pallier à ce problème financier, elles peuvent candidater avec un projet qui sera financé par l’Etat français à hauteur maximum de 80%. Pour cela, elles doivent impérativement remettre le dossier complet avant ce vendredi minuit, heure de Paris. 

    STAFE
    STAFE

    Emmanuel Macron au Proche-Orient 

    Le président de la République voulait un voyage utile. Pourtant ce fut une visite express ! Son objectif : afficher le soutien de la France aux Israéliens tout en appelant tous les belligérants à ne pas élargir le conflit. Évidemment, depuis Jérusalem, Emmanuel Macron a demandé la libération des otages retenus à Gaza, il a aussi appelé à bâtir une coalition contre le Hamas. Il a rencontré aussi le président de l’autorité palestinienne qui ne contrôle pas la bande gazaouite et fit aussi une étape en Jordanie. 

    C’est tout pour ce mercredi ! Passez une belle journée ! Toute la rédaction vous dit à demain pour une nouvelle édition. 

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Jusqu’à 1 chance sur deux de décoller en retard depuis ces aéroports ! 

    Jusqu’à 1 chance sur deux de décoller en retard depuis ces aéroports ! 

    Prendre l’avion peut être synonyme de stress pour certaines personnes. Les Français de l’étranger qui utilisent régulièrement l’avion pour rentrer en France peuvent en témoigner. FlightFinder a publié une nouvelle étude sur les aéroports européens ! Alors lesquels sont à éviter pour partir à l’heure ? 

    Des retards qui peuvent avoir de lourdes conséquences

    A la peur de perdre sa valise, de rater son vol ou d’oublier quelque chose, s’ajoute le risque de voir son avion retardé. Dans certains cas, en plus de mettre nos nerfs à rude épreuve, un retard de quelques heures peut avoir de fâcheuses conséquences sur la suite du voyage. Correspondance manquée, bus de voyagiste loupé ou rendez-vous annulé…

    En effet, tout retard peut avoir des conséquences significatives sur la poursuite de son voyage (correspondances ratées, annulation d’un séjour touristique, attente interminable dans un hall de départ, vacances gâchées, etc.) et peut aussi se traduire, dans le cas d’un voyage d’affaires, par la perte d’un client et donc une baisse de votre chiffre d’affaires. Si au moment où ce type d’évènement survient, il est malheureusement déjà trop tard, il demeure néanmoins important d’obtenir la juste indemnisation des désagréments et préjudices que l’on a subis. Mais l’idéal c’est d’éviter de décoller en retard. 

    aéroports
    Dans certaines villes d’Europe, Il y aurait une chance sur deux de voir son vol retardé

    Frankfort, Londres, Paris

    Si vous souhaitez minimiser les risques, il semblerait qu’il existe certains aéroports à éviter. De fait, le site FlightFinder vient de dresser une liste des endroits cumulant le plus d’heures de retard en Europe. Dans certaines villes, il y aurait même une chance sur deux d’avoir un vol retardé. Curieux de découvrir ce classement ? Nous vous le dévoilons juste en dessous. Notons que la France comme l’Angleterre font figure de mauvaises élèves puisqu’elles sont présentes chacune 2 fois parmi les 5 villes les plus concernées par les retards à l’aéroport. 

    • Frankfurt International Airport, avec 49 % de vols en retard
    • London Gatwick, avec 41 % de vols en retard
    • Paris-Charles de Gaulle (ou Roissy-Charles de Gaulle), avec 39 % de vols en retard
    • Paris Orly, avec 38 % de vols en retard
    • Istanbul Airport, avec 33 % de vols en retard
    • London Heathrow, avec 28 % de vols en retard
  • STAFE : l’heure du dépôt de dossier 

    STAFE : l’heure du dépôt de dossier 

    Les responsables d’associations de Français de l’étranger, qu’elles soient de droit français (sous condition de ne pas avoir d’activité en France) ou locaux, avaient jusqu’au vendredi 20 octobre pour récupérer un dossier de candidature au dispositif de soutien au tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE) pour l’année 2024. Désormais c’est l’heure de préparer, voire de finaliser le dossier afin d’obtenir les fonds nécessaires à la réalisation du projet porté par l’association candidate.

    Une subvention républicaine

    Tout d’abord, rappelons, que les associations porteuses de projets devront s’engager, d’une part, à respecter les principes de la République, et d’autre part, à ne pas solliciter un autre programme de financement du MEAE pour la réalisation de leurs projets STAFE.

    Toutes les associations locales enregistrées localement portant des projets de nature caritative, culturelle, éducative ou socio-économique contribuant au soutien concret des Français à l’étranger peuvent donc tenter de convaincre le conseil consulaire puis la commission nationale de financer leur projet.

    A titre dérogatoire, lorsque le droit d’association n’est pas reconnu localement ou est très contraint, les associations de droit français (loi 1901) peuvent présenter des projets, si celles-ci ou leur représentation locale n’exercent aucune activité en France et que le consulat peut en attester.

    Dans tous les cas, l’association-candidate doit avoir plus d’une année d’existence pour pouvoir présenter un projet, et son budget annuel global (recettes totales sur la dernière année consolidée) doit être inférieur à 1 M€.

    STAFE
    Le dossier est à retourner au plus tard le 27 octobre prochain

    Un dossier important à constituer

    Le dossier de subvention obtenu auprès du consulat doit être retourné au plus tard le 27 octobre 2023 et comprendre les éléments suivants :

    1- La demande de subvention mentionnant le montant sollicité par l’association au titre du projet sous la forme d’une lettre signée par le président de l’association ou son représentant ;

    2- Les statuts de l’association et leur traduction en français le cas échéant, et la preuve d’enregistrement auprès des autorités locales (ou françaises le cas échéant) ;

    3- Le formulaire de demande dûment rempli (5 onglets).

    4- Le cas échéant, un compte-rendu d’utilisation si l’association a déjà obtenu une subvention au titre du STAFE pour un précédent projet.

    5- Éventuellement, tout document produit par l’association permettant d’étayer et de justifier la pertinence de la demande.

    Les associations qui souhaitent proposer des projets se verront remettre, en même temps que le formulaire de demande, un document d’orientation précisant les critères d’éligibilité et les consignes pour la constitution de leur dossier.

    Les associations sont invitées au besoin à contacter le consulat en amont de la date limite de dépôt des dossiers afin de permettre des échanges sur le(s) projet(s) et d’orienter, le cas échéant, les associations dans la constitution de leur(s) dossier(s).

    Par ailleurs, une association peut présenter jusqu’à 3 projets pour une même campagne STAFE.

    5000 € de plus par projet

    Grace à un relèvement du plafond du montant de la subvention chaque projet peut être désormais financé à hauteur de 25 000 € maximum (contre 20 000 € auparavant).

    Cependant, d’autres critères rentrent en ligne de compte comme le seuil maximal de financement qui demeure à 50% du coût du projet,

    Pour les petites associations, dont le budget global n’excède pas 10 000 €, le seuil a lui aussi été relevé à 3 000 € maximum (au lieu de 2 000 € auparavant) et cette somme peut représenter jusqu’à 80% du budget global de l’évènement lauréat.

    Enfin, autre nouveauté, chaque conseil consulaire pourra désormais proposer jusqu’à 8 projets (contre 6 auparavant), et jusqu’à 12 projets pour les postes dénombrant plus de 30 000 Français inscrits au Registre (contre 10 auparavant). Cependant, le dernier mot restera à la commission nationale où l’administration est largement prépondérante face aux élus.

  • Session plénière AFE : budget, les élus ont décidé de mieux coordonner leur action

    Session plénière AFE : budget, les élus ont décidé de mieux coordonner leur action

    C’est au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) que s’est ouverte la 39ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Programmée chaque année mi-octobre, cette réunion intervient quelques semaines après les élections sénatoriales. Des élus ayant soutenu des listes différentes, des règlements de compte auraient pu s’opérer. La Présidente de l’AFE, Hélène Degryse, a d’ailleurs évoqué dans son discours le « masque lâche de l’anonymat » de certains comptes sur X (ex Twitter) qui ont colporté certaines rumeurs durant la campagne. Et si quelques tentatives de chaises musicales ont été tentées en coulisses, le règlement de l’AFE est un frein à d’éventuels mouvements forcés. Il stipule en effet que les présidents des commissions et celui de l’AFE sont élus pour 6 ans, à compter du début du mandat. Or, c’est en 2021 que s’est constituée cette assemblée. Autant tenter de faire bouger un bateau prisonnier des glaces.

    Olivier Becht : « L’honneur de la France » de rapatrier tous ses ressortissants

    Ces velléités politiques de changement de présidents au sein de l’AFE ne pouvant aboutir pour le moment, le ministre délégué aux Français de l’étranger, Olivier Becht, pouvait monter à la tribune. L’exercice habituel est de présenter aux élus les avancées de sa feuille de route en faveur des expatriés. Au regard des événements dans le monde, le membre du gouvernement a souhaité tout d’abord mettre en avant « l’honneur de la France de rapatrier tous ses ressortissants quand la situation l’exige »  et  « de le faire gratuitement »

    Session plénière AFE
    Olivier Becht ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger

    Bourses scolaires : « nous ne pourrons pas suivre le rythme de l’inflation mondiale

    Parmi les mesures annoncées en faveur de nos compatriotes à l’étranger, le Ministre a confirmé que le « Pass Culture » serait opérationnel d’ici fin 2024. Il a également déclaré que le « Pass éducation langue française » serait déployé en 2024 avec un budget de 1 million d’euros. « France Consulaire » couvre dorénavant 31 pays et 50% des Français de l’étranger. L’objectif de fin 2025 est affirmé pour que ce service soit disponible pour tous en dehors de nos frontières. 

    Olivier Becht a également indiqué souhaiter que les textes votés au Sénat sur la résidence de repli et celui sur les « Entrepreneurs Français à l’étranger » soient inscrits à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Lors de cet exercice oral devant les élus, le ministre a aussi annoncé la revalorisation des indemnités des conseillers des Français de l’étranger. Elles seront indexées sur le point fonction publique. Les frais engagés par les élus de l’AFE seront également mieux pris en charge. En revanche, une douche froide concerne les bourses scolaires. Si le budget qui leur est consacré dans le projet de loi de Finances semble augmenter, Olivier Becht a cependant été clair : « Nous ne pourrons pas suivre le rythme de l’inflation mondiale ».  

    Session plénière AFE
    Les six Présidents de commission

    Concernant le budget, les élus de l’AFE ont décidé de mieux coordonner leur action

    Concernant plus largement ce budget, les élus de l’AFE ont décidé de mieux coordonner leur action. Ainsi les six présidents de commission ont décidé de travailler ensemble. Ils vont rendre un avis collectif. Celui-ci va étudier en détail le projet du gouvernement. Il devrait aussi faire des propositions d’amendements à adresser aux parlementaires. C’est en fin de semaine qu’il sera présenté. Cécilia Gondard, élue pour la circonscription du Bénélux, devrait être au stylo pour rédiger ce texte. Lesfrançais.press y reviendra dans les prochains jours. 

    Session plénière AFE
    Les élus AFE

    Consulter l’AFE sur le projet de loi sur l’immigration

    Pour répondre au Ministre Oliver Becht, les présidents des différents groupes ont souhaité faire part de leurs positons. Baptiste Heintz, Président du Groupe Ecologie et Solidarité (PS, EELV, LFI) a interpelé le membre du gouvernement pour que l’AFE soit consulté sur le projet de loi sur l’immigration. « Monsieur le Ministre, réalisez que chez nous, c’est là-bas. Et chez nous, nous sommes des immigrés. Ne pensez pas que ce débat et ses propos ne seront pas vus ni entendus au-delà de nos frontières ». 

    « Le système des bourses scolaires montre ses limites »

    Thierry Masson, qui préside le groupe Indépendants, Démocrates et Progressistes (majorité présidentielle) a souligné l’importance de la confiance entre l’administration et les élus. « C’est la clé de voute » pour réussir sur le terrain. Reprenant le thème des bourses scolaires, il a également précisé que ce système « montre ses limites » et qu’il devrait évoluer.

    Laurent Rigaud, Président du groupe Union des républicains, des centres et des indépendants (tendance LR) s’est aussi exprimé. A la tribune, il a notamment relayé la crainte chez les Français de l’étranger, que le gouvernement crée une taxation supplémentaire des résidences secondaires situées en France détenues par les expatriés. 

    Session plénière AFE
    Session d’ouverture de l’AFE

    « Si on nous écoute sans nous entendre, cela ne servirait à rien »

    Nadia Chaaya, la Présidente du groupe Les Indépendants, a demandé au Ministre si une évaluation de la situation des personnes rapatriées en France en raison d’événements survenus dans leur pays d’accueil était disponible. Plus précisément, comment se passe la réintégration sur notre territoire de ces Français (re)venus du Soudan, du Mali, du Niger, et demain d’Israël ? 

    Ces demandes, avis, rapports et autres suggestions portés par les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger trouveront-ils écho auprès du gouvernement ou d’autres parlementaires présents ce jour ?

    C’est Annie Rea, présidente du groupe Solidaire et Indépendants (lié à l’Asfe) qui résume au final la pensée de nombreux représentants des Français de l’étranger qui se sont succédé à la tribune. En s’adressant directement au Ministre Oliveir Becht, elle rappelle : « Si on nous écoute sans nous entendre, cela ne servirait à rien ».

  • CAC 40, la passe de cinq

    CAC 40, la passe de cinq

    Le CAC40 a signé sa cinquième semaine consécutive de baisse, une première en trois ans. Depuis son record du mois d’avril dernier, l’indice parisien a perdu 10 %. 

    Les investisseurs fuient les actions dans un contexte marqué par les menaces de guerre au Proche-Orient et la persistance de l’inflation. La crainte d’une extension du conflit entre Israël et le Hamas à d’autres pays, dont l’Iran et le Liban, est de plus en plus présente sur les marchés. La forte implication des Etats-Unis ne rassure qu’à moitié. A ce titre, le Pentagone a annoncé qu’un destroyer américain avait abattu, jeudi 19 octobre, trois missiles et plusieurs drones des rebelles houthis au Yémen soutenus par l’Iran qui « se dirigeaient potentiellement vers des cibles en Israël ». Dans une allocution aux Américains sur la politique étrangère, Joe Biden a annoncé qu’il demanderait au Congrès de voter en faveur d’un financement d’urgence pour soutenir à la fois Israël et l’Ukraine.

    La crainte d’une extension du conflit au Moyen-Orient

    Le CAC 40 est ainsi redescendu en-dessous de 7000 points et a abandonné plus de 2,5 % sur la semaine comme la plupart des grands indices. En France, la baisse a été accentuée par le recul des valeurs du luxe qui sont confrontées à la moindre croissance de la demande, en particulier celle en provenance de Chine. Dans ce contexte difficile, les cours pétroliers et l’or sont en hausse. Le baril de Brent est repassé au-dessus de 90 dollars et le métal précieux se rapproche des 2000 dollars l’once à 1 985,7 dollars. La hausse du cours du pétrole est liée aux présomptions d’une prochaine offensive israélienne dans la bande de Gaza. Vendredi 20 octobre au soir, le baril de Brent s’échangeait à plus de 93 dollars. 

    De leur côté, les taux d’intérêt des obligations continuent à augmenter. Dans la semaine, le taux de l’obligation d’Etat américaine à 10 ans a franchi la barre des 5 % pour la première fois depuis 2007 avant de légèrement diminuer. La faible sensibilité de l’économie américaine au durcissement de la politique monétaire et les besoins importants de financement de l’Etat fédéral contribuent à la hausse des taux. La première économie mondiale a emprunté pour le seul mois de septembre 600 milliards de dollars en net conduisant les prêteurs à réclamer une prime de risque en hausse, d’autant que le risque d’un shutdown n’a pas été totalement réglé, mais seulement repoussé d’un peu plus d’un mois. 

    CAC 40
    Le CAC 40 est redescendu en-dessous de 7000 points

    Les taux d’intérêt restent élevés aux États-Unis

    Sur le front de l’inflation, si les investisseurs parient sur un statu quo des taux directeurs américains en novembre, ils ont également bien intégré le message du Président de la FED qui lors de son intervention à l’Economic Club de New York, que la banque centrale américaine a indiqué son intention de ramener l’inflation, « encore trop élevée », vers la cible de 2%. Il a averti qu’une croissance économique et un marché du travail plus faibles étaient probablement nécessaires. Il a précisé «a-t-on l’impression que la politique est trop restrictive en ce moment ? Je dirais que non». 

    En Allemagne, les prix à la production ont enregistré en septembre leur plus forte baisse en glissement annuel, -14,7%, signe positif pour la poursuite de la baisse de l’inflation. De plus en plus d’investisseurs estiment que la Banque centrale européenne a procédé en septembre à sa dernière hausse de taux dans le cadre du cycle actuel de lutte contre l’inflation.

    Moody’s maintient la note de la France

    L’agence de notation Moody’s, la première des trois grandes agences à fixer la note d’automne de la dette de la France a décidé de la maintenir, vendredi 20 octobre 2023, à « Aa2 » avec perspective stable. Le 28 avril dernier, Fitch Ratings avait abaissé la note à long terme de l’Etat français de « AA » à « AA- », et révisé sa perspective de négative à stable doutant de la capacité de la France de respecter ses engagements en matière budgétaire compte tenu de la difficulté à faire adopter des réformes. En revanche, l’agence S&P Global avait maintenu la note de la France le vendredi 2 juin. Elle restait ainsi fixée à « AA ». Cette décision était motivée par la révision de la stratégie de consolidation budgétaire du gouvernement », en citant comme faits positifs, outre la réforme des retraites, la fin programmée des aides énergétiques à la faveur de la baisse des prix des hydrocarbures. Moody’s n’avait pas également changé la note de la France au mois d’avril dernier.

    Sur 140 pays dont la dette est évaluée, seuls neuf dont sept européens bénéficient d’un triple A

    Sur les 140 pays dont la dette est évaluée, seuls neuf dont sept européens bénéficient d’un triple A par les trois grandes agences de notation : l’Australie, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Luxembourg, la Suisse et Singapour. 

    Le gouvernement peine à réaliser des économies budgétaires, moins de 16 milliards d’euros en 2024. Cela est essentiellement dû à la fin des mesures exceptionnelles prises en 2023 pour atténuer la hausse des prix de l’énergie. Le déficit public de la France est l’un des plus élevés d’Europe et la dette publique de 3000 milliards d’euros n’a pas commencé sa décrue. 

    La France prévoit d’emprunter un montant record de 285 milliards d’euros sur les marchés en 2024. Les hypothèses de croissance retenues par le Gouvernement sont jugées par certains observateurs comme optimistes. Le ministère compte sur une croissance économique de 1 % cette année, puis de 1,4 % en 2024. Il prévoit de ramener le déficit public de 4,9 % du PIB en 2023 à 4,4 % en 2024, puis à 2,7 % en 2027. L’endettement resterait stable à 109,7 % du PIB en 2024, pour atteindre 108,1 % en fin de quinquennat. Moody’s a jugé que la trajectoire des finances publiques pouvait être respectée. 

    La France bénéficie de quelques atouts à mettre en avant dont un taux d’épargne élevé, une dette liquide appréciée par les investisseurs et un système financier performant.