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  • Guerre et paix, destins européens

    Guerre et paix, destins européens

    Qui est capable de résister à la prochaine crise ? D’excellents prophètes annoncent une nouvelle crise financière. D’autres une nouvelle guerre. Certains modérés voient le retour de la « bête », celle décrite dans l’Apocalypse. Il y a de quoi. Alors quels destins européens ?

    Il y a des principes simples que tout groupe humain devrait accepter par intuition : On ne tue pas les enfants, on n’éventre pas les femmes; on n’écartèle pas les prisonniers. On ne se cache pas derrière des boucliers humains pour frapper. On ne soutient pas ceux qui font cela. 

    De même quand un assassin se cache dans la foule, on ne tire pas la foule. On ne bombarde pas les civils. On ne tire ni sur les ambulances, ni sur les hôpitaux. On ne rase pas des villes, même en disant à la population de s’en aller, sans eau, sans pain. Il y a un principe de proportionnalité entre le gain militaire et le dommage civil.

    Des soldats israéliens évacuent la dépouille d’un civil tué dans le kibboutz de Kfar Aza. (Jack Guez/AFP)

    Il y a des principes simples que tout groupe humain devrait accepter par intuition 

    La confusion, les calculs, les passions sont telles que plus de cinquante Etats ont refusé de condamner le Hamas. La BBC et l’AFP déploient des trésors de mauvaise foi pour ne pas le qualifier de « terroriste ». En France, Selon le ministère de l’intérieur, 1762 faits antisémites ont été relevés depuis le début de l’année en France,564 antichrétiens et131 antimusulmans : Tout aussi condamnable, l’islamophobie n’est pas de même nature que l’antisémitisme.

    La Peste noire, qui anéantit un tiers de la population européenne, fut attribuée à un complot judéo-musulman : ils étaient accusés d’empoisonner, de concert, les puits. Revenu des ténèbres, À partir du dix-septième siècle, le monde bascula dans l’hégémonie européenne, construite sur la recherche scientifique, les institutions politiques, la domination économique, la maîtrise des communications, la superbe d’un modèle culturel. 

    Au XXIème siècle, cet ordre, repris par les Américains après le suicide européen des deux guerres mondiales, est contesté par de nouvelles puissances. Même s’il n’y a pas d’autre modèle idéologique, contrairement au rêve communiste de la guerre froide, il y a un affaiblissement du « modèle occidental de la paix », pendant du « modèle occidental de la guerre », qui reposait sur le gendarme américain.

    Ceux qui veulent le bousculer ont retenu qu’il faut détruire avant de reconstruire. Ils ont intérêt à la déstabilisation du monde. Détruire suppose la guerre, et même l’horreur. L’horreur déshumanise, garantit la permanence du conflit, la frontière entre ceux qui violent les principes humains et ceux qui y tiennent ; entre ceux qui y tiennent mais acceptent de les violer, parce qu’ils croient que c’est le prix de la victoire.

    Ceux qui veulent bousculer le « modèle occidental » ont retenu qu’il faut détruire avant de reconstruire. 

    Pendant que Juifs et Musulmans étaient accusés d’empoisonner les puits, en pleine Reconquista, juste avant la prise de Grenade, forgerons chrétiens et musulmans de Ségovie fondèrent ensemble une confrérie consacrée à la Vierge Marie ainsi qu’à « tous les saints de la cour des cieux ». Il y a toujours des possibles. Les saints comme les salauds et les héros ne sont pas dans la cour des cieux, ils sont sur terre ; ici-bas, parfois très bas. 

    Ne jamais croire, ni accepter, que la marche du monde dépend des autres. La prochaine crise ne dépend pas des Américains, des Chinois, des Russes, de l’Iran, de la Serbie ou de l’Algérie. Elle dépend des Européens, de leur capacité d’anticipation, de prévention, de réaction. 

    Les États-Unis, peuvent se désengager –comme Trump le dit – de l’Ukraine, du Moyen Orient, de l’Otan. Ce n’est pas sûr, mais c’est possible. Que décide-t-on ? Suivre les vœux de Trump ou Poutine, ou mener notre propre politique, celle de défendre nos intérêts, ceux de l’Europe, qui oblige à arrêter la violence russe, qui démantèle le terrorisme ? 

    Donald Trump, le 16 janvier 2017.  — © DOMINICK REUTER / AFP

    Ne jamais croire, ni accepter, que la marche du monde dépend des autres.

    Les Européens savent que l’Iran est une menace, non seulement su Israël et l’Arabie, mais aussi sur l’Europe. L’Iran n’a jamais caché son soutien au terrorisme; ni ses violations du traité limitant sa production nucléaire. L’Iran avec les missiles russes et la bombe, cela donne quoi ? Notamment pour une puissance nucléaire comme la France ? Première visée ? Ou bien faut-il s’abandonner à eux ? 

    Les Européens savent que les États-Unis se sont désengagés du Moyen-Orient, qu’ils veulent rester associés à condition Qu’on suive leur politique, notamment en Asie. La Chine, elle, n’hésite pas à développer ses partenariats avec l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, et autres humanistes. Elle vient d’ouvrir un nouveau port au Pérou. Stratégiquement, la destruction de l’ordre mondial « sous emprise occidentale » est le seul point d’accord. Il y a des idiots utiles comme Lula, qui ne le comprennent pas, et des cyniques antipathiques comme Modi, en Inde, qui ont compris et se méfient plus des dictatures anti-impérialistes que des démocraties postcoloniales. 

    L’Europe n’est pas assez forte pour se substituer à la « Pax Americana ». Elle craint avec raison les manipulations russes au sein de l’Europe. Comme Poutine serait heureux d’un conflit en Serbie ! Comme il se réjouit de l’attitude slovaque ou hongroise ! Mais l’Europe peut bâtir, avec d’autres pays, y compris des régimes qu’elle n’approuve pas, des alliances pour maintenir le monde hors de guerre. L’Europe a besoin d’un dialogue permanent avec les pays du sud de la Méditerranée et des pays arabes. Les tournées de Catherine Colonna et de Sébastien Lecornu auprès des pays arabes sont indispensables. La guerre gagne la Méditerranée. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Turquie, le Liban s’éloignent de la France et de l’Europe. Ce n’est pas une chance pour eux. Leurs populations ne partagent pas les obsessions de leurs dirigeants. La guerre civile les menace plus que toute guerre extérieure, mais ils peuvent choisir des conflits extérieurs pour éviter les guerres civiles.  

    Les besoins en eau, en énergie, en éducation sont immenses. Les champs d’action multiples. Les promesses infinies. 

    Le CNRS vient d’annoncer la création d’une nouvelle molécule contre le cancer, développé à partir d’un laboratoire lyonnais. Au Brésil, des scientifiques ont mis au point un vaccin contre la cocaïne, dénommé « calixcoca », pour sortir du cycle de la dépendance. Aux États-Unis, Caltech a envoyé de l’énergie captée par des panneaux solaires dans l’espace jusqu’à la terre. Au-delà de la perspective de centrales solaires spatiales inépuisables, la transmission de l’énergie par ondes, sans fil, épargne réseaux et pertes en ligne. L’exploration spatiale promet des innovations dans des secteurs aussi différents que l’alimentation ou les matériaux nouveaux. L’Intelligence Artificielle, au-delà des aspects basiques, facilite la modélisation des protéines. La biologie synthétique fabrique des biomolécules, utilisables en médecine, alimentation, agriculture, carburants. En médecine encore, les recherches sur le métabolisme, l’Arn, la reproduction et le fonctionnement des cellules, le séquençage génétique, ouvrent des perspectives difficilement imaginables.

    Les besoins sont immenses. Les champs d’action multiples. Les promesses infinies. 

    Ces quelques exemples rappellent que l’alliance des forgerons chrétiens et musulmans au 15ème siècle reste une possibilité. D’un côté les perspectives extraordinaires du génie humain, de l’autre le retour aux pulsions humaines, inhumaines. 

    Bien ou mal, le modèle démocratique, que l’on essaie de pervertir par tous les moyens, y compris les cyber campagnes, les fraudes, les intox, les influenceurs de haine – les tags antisémites téléguidés de l’étranger en sont le signe- reste la référence. Aucun autre modèle ne voit le jour. On vote au Liberia, à Madagascar, en Argentine, bientôt en Côte d’Ivoire, au Sénégal, et même au Venezuela.

    On ne gagne pas la guerre sans viser la paix. On ne gagne pas la paix sans armes.  Qui, mieux que l’Europe, pour les perdre ou les gagner ?

    La politique est un combat de civilisation. Mais pas de civilisations lancées les unes contre les autres : Un combat pour la « civilité » de chaque civilisation. Un combat ? Préparer la guerre et la paix. On ne gagne pas la guerre sans viser la paix. On ne gagne pas la paix sans armes. On évite les guerres en proposant des coopérations, des espoirs communs. La paix n’est pas un processus militaire, c’est une question culturelle. 

    Apporter la paix à la Méditerranée, au Moyen-Orient, à l’est de l’Europe, reviendrait à construire une aire de coprospérité mondiale sans précédent. C’est ce qu’a fait la construction européenne, après la destruction de l’Europe. C’est le rôle mondial, stratégique, de l’Europe d’aujourd’hui, si l’on ne veut pas subir. Impossible ? Indispensable. 

    Pour y parvenir, carotte et bâton. Éliminer, ceux qui vivent de la guerre et en tirent leur légitimité, aider, armer les autres. Y compris culturellement.  Les guerres se gagnent par le moral, on dit aujourd’hui, guerres d’influence. Qui, mieux que l’Europe, pour les perdre ou les gagner ?

    Laurent Dominati

    Laurent Dominati   

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Emmanuel Macron en Suisse, rencontre avec Marc Ferracci : « des liens réaffirmés entre la France et la Suisse »

    Emmanuel Macron en Suisse, rencontre avec Marc Ferracci : « des liens réaffirmés entre la France et la Suisse »

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    « En toute confidence » reçoit Marc Ferracci (Renaissance), député de la 6eme circonscription des Français établis hors de France. Celle-ci regroupe les Français de Suisse et du Liechtenstein.

    « C’est une visite qui a permis de concrétiser un véritable réchauffement »

    Notre invité, proche d’Emmanuel Macron, revient sur la visite d’Etat du Président de la République en Suisse. « C’est une visite qui a permis de concrétiser un véritable réchauffement dans la relation bilatérale entre la France et la Suisse » assure Marc Ferracci. En effet, les contacts entre les deux pays avaient été refroidis ces dernières années. L’achat, en 2021, par la confédération helvétique d’avions américains F-35 au détriment du Rafale français avait entraîné des conséquences négatives sur la liaison entre Paris et Berne. Ce déplacement officiel du chef de l’Etat français vient concrétiser une dynamique positive ressentie depuis quelques mois entre les deux pays. « Les liens sont réaffirmés » affirme le parlementaire. Que ce soit au niveau humain, économique, diplomatique, culturel.

    Marc Ferracci
    Marc Ferracci

    La Suisse et l’UE des relations réchauffées

    L’importance des relations entre la Suisse et l’Union européenne est aussi abordée dans ce podcast. En effet, les accords signés entre Bruxelles et Berne ont des conséquences sur la vie quotidienne de nos compatriotes installés dans la confédération actuellement présidée par Alain Berset. Pour rappel, cette dernière avait quitté la table des discussions en 2021. Flux de capitaux, sécurité alimentaire, accès aux financements dans le cadre de la recherche, pour ne prendre que ces exemples, restent aujourd’hui impactés par cette décision. Si le sujet UE-Suisse a pu être évoqué au cours cette visite d’Etat, Marc Ferracci rappelle que « le Président Macron ne représente pas l’Union européenne ». Pour autant, le parlementaire nous informe que « la Suisse a décidé de remettre l’ouvrage sur le métier et de se donner d’ici à la fin de l’année un nouveau mandat de négociations avec l’Union européenne ». La France, qui reste sur une posture de neutralité sur ce sujet, soutient cependant la reprise de ces négociations.

    « En Suisse il y a un cadre économique attractif »

    Dans cette interview, Marc Ferracci, qui est aussi vice-Président du groupe « Renaissance » (RE) à l’Assemblée nationale, explique pourquoi les expatriés français sont nombreux à venir s’installer de l’autre côté du Lac Leman. « Dans une immense majorité des cas ce n’est pas une expatriation liée à des sujets fiscaux » constate-t-il. « En Suisse il y a un cadre économique attractif avec des salaires et des conditions de travail qui sont favorables » « poursuit le député.

    Arrivée d'Emmanuel Macron en Suisse le 15 novembre 2023 ©AFP/Swissinfo
    Arrivée d’Emmanuel Macron en Suisse le 15 novembre 2023 ©AFP/Swissinfo

    « La Suisse peut être une source d’inspiration pour la France »

    Expliquant la performance de l’écosystème existant dans la confédération helvétique et les liens entre le milieu académique de la recherche et l’industrie, Marc Ferracci pense que « la Suisse peut être une source d’inspiration pour la France ». « La réciproque est sans doute vraie à certains égards » ajoute-t-il. Le système démocratique Suisse et son recours à de nombreux référendums pour interroger la population font l’objet d’un échange dans ce podcast. « On ne doit pas le transposer à l’identique » estime le parlementaire représentant les expatriés Français en Suisse. Pour autant, Marc Ferracci « pense qu’il y a des éléments intéressants, par exemple en donnant plus de poids au référendum locaux ». En France, le débat se poursuit actuellement pour trouver le meilleur moyen d’interroger la population entre deux élections nationales. 

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Le forum des Associations françaises en Grande Bretagne is back ! 

    Le forum des Associations françaises en Grande Bretagne is back ! 

    Depuis octobre 2019 et la pandémie, les associations françaises en Grande-Bretagne n’ont pas organisé leur salon annuel. Mais ça y est, 2023 marquera le retour de leur grand forum ce samedi 25 novembre 2023 au Queen’s Gate House, 65 Queen’s Gate, London SW7 5JS.

    Née sous les bombes pour l’Espoir

    En 1942, les bombes tombaient drues sur l’Angleterre. Les Français de Londres, oeuvrant eux aussi à la victoire, avaient leurs points de chute pour se retrouver entre compatriotes : Carlton Terrace, quartiers généraux de la France Libre, mais aussi chez Gaston, le bistro français de Soho. A quelques pas de là, le restaurant de Madame Rose qui servait des biftecks généreux, se gardait bien de préciser qu’ils étaient chevalins. Et, un peu plus loin, le café des demoiselles Valérie, deux sœurs Belges qui vous laissaient bavarder des heures durant devant les breuvages que les rations permettaient.

    Mais il en fallait plus pour répondre au besoin des Français de se retrouver, de s’organiser par vocations, de se regrouper par intérêts partagés. Il fallait aussi insuffler une vie dans les activités associatives suspendues durant les hostilités.

    C’est donc en prévision du retour à la vie normale que la Fédération des Associations Françaises en Grande Bretagne (FAFGB) fut fondée en 1942. Pour réunir, pour être le porte-parole et le soutien de ces entités dispersées.

    FAFGB 2023
    Le forum des Associations françaises fait son grand retour en Grande-Bretagne !

    50 associations

    Cette fédération regroupe, aujourd’hui, plus de 50 associations membres. Les principales missions de la Fédération sont de coordonner les activités entre les différentes associations françaises présentes au Royaume-Uni, de promouvoir leurs initiatives auprès des Français résidant en Grande Bretagne, de représenter leurs membres auprès des institutions françaises et surtout, de renforcer les liens d’ordre social et culturel entre les Français et les Britanniques.

    Présidée par la jeune Marie Redron, le fonctionnement de la FAFGB repose sur la collaboration étroite d’un bureau et d’un comité de bénévoles dévoués, élus chaque année lors de l’Assemblée Générale.

    forum des Associations françaises
    50 associations seront présentes lors du forum des associations en Grande-Bretagne !

    La France et les Français au MPW Queen’s House

    Le forum des Associations est un événement majeur pour tous les Français de Grande-Bretagne. Au sein du salon, chacun pourra découvrir la richesse et la diversité du tissu associatif français au Royaume-Uni. 

    Ainsi, au fil des allées, les Français mais aussi ceux qui aiment la France, et ils sont nombreux outre-manche, pourront explorer des domaines aussi variés que les arts, mais aussi le théâtre, le chant, la littérature.

    Mais les associations françaises en Grande Bretagne c’est aussi le soutien humanitaire et médical, l’éducation, les échanges culturels franco-britanniques, l’aide à l’intégration au Royaume-Uni, le droit.

    Enfin, pour les plus gourmands, et puis comment faire un salon sur les Français, sans évoquer la gastronomie, car là aussi, les associations répondent présentes avec, au cœur du salon, des stands dédiés à la promotion des cultures régionales françaises avec une dégustation de produits français, gracieusement offerts par les partenaires du salon.

    Ce forum promet, donc, une expérience immersive. En effet, les actions et projets des associations seront mis en lumière à travers des performances live et des vidéos projetées tout au long de l’événement.


    Découvrir les évènements de la FAFGB

  • La Silicon Valley s’invite au cœur des vignobles bordelais

    La Silicon Valley s’invite au cœur des vignobles bordelais

    Dans une démarche à la fois culturelle et innovante, l’Alliance Française Silicon Valley a ouvert les portes d’un monde où tradition et modernité se rencontrent de la plus séduisante des manières. En partenariat avec le Musée du Vin et du Négoce, à Bordeaux, une visite virtuelle a été organisée avec Mary-Chantal Leboucq, fondatrice du musée, son président Grégory Pecastaing ainsi qu’Ophélie et Pilar, coordinatrices du projet, pour faire découvrir aux amoureux du vin et de la culture française, les trésors cachés de cette région emblématique. Notons l’investissement et la grande volonté du musée à ouvrir ses portes pour la toute première fois en vidéo conférence.

    Un voyage à travers le temps et l’espace

    Depuis la Silicon Valley, Californie, les participants ont eu l’opportunité de se plonger dans l’histoire du vignoble bordelais, ce terroir d’exception qui, depuis des siècles, façonne des vins réputés dans le monde entier. La visite guidée virtuelle, ponctuée d’anecdotes croustillantes et de récits historiques, a mené les participants des chais centenaires aux cuves modernes, offrant un panorama complet de la vinification. Les participants ont été captivés par cette exploration immersive du Musée du Vin et du Négoce de Bordeaux, un bond dans le passé et la découverte de l’héritage de Bordeaux, son port florissant et ses vins illustres, le tout dans l’ambiance d’une demeure typique d’un marchand du XVIIIème siècle.

    Une des participantes, Nancy Hardyck, de Mountain View nous confirme avoir beaucoup apprécié la présentation et avoir été heureuse d’y avoir assisté : “ne sachant pas à quoi m’attendre, j’ai été époustouflée par la force de la coopération pour présenter un programme aussi excellent et informatif, en direct via Zoom, de la France à la Californie. « Un Matin au Musée Français » était intéressant et a dépassé toutes mes attentes. Le groupe de l’Alliance a fait un travail magistral et j’attends avec impatience les prochaines sessions. Une matinée très éducative et amusante ! ”

    Jefferson, Lafayette et la connexion franco-américaine

    Le saviez-vous ? Dans les annales de l’histoire, mars 1778 marque l’occasion mémorable où le Congrès des États-Unis a désigné Bordeaux comme le lieu de sa première mission diplomatique outre-mer. Les vins de Bordeaux ont une histoire particulièrement riche avec les États-Unis. Thomas Jefferson, troisième président américain et fervent œnophile, a marqué de son empreinte les vignobles bordelais lors de son ambassade en France. On dit que c’est son amour pour ces vins qui a grandement contribué à leur popularité outre-Atlantique, où aujourd’hui, plus de 30% des vins de Bordeaux sont exportés.

    Le Marquis de Lafayette, quant à lui, illustre parfaitement l’amitié franco-américaine. En aidant les États-Unis lors de leur guerre d’indépendance, il a non seulement tissé un lien indéfectible entre les deux nations mais a aussi ouvert la voie à l’exportation des vins bordelais vers le nouveau monde.

    Silicon Valley
    Les vins de Bordeaux ont une histoire particulièrement riche avec les États-Unis

    L’Hermione, messagère des vins

    Le voyage de l’Hermione, cette frégate de la liberté qui a fait le trajet de Bordeaux jusqu’aux côtes américaines, n’a pas manqué d’être évoqué. C’est à son bord que des bouteilles sélectionnées parmi les plus fins crus ont traversé l’océan, pour le plaisir des palais américains, solidifiant une route commerciale et culturelle toujours prospère aujourd’hui.

    La visite virtuelle du Musée du Vin à Bordeaux avec l’Alliance Française Silicon Valley est plus qu’une simple excursion dans le monde du vin ; c’est un pont entre les cultures, un toast partagé malgré les milliers de kilomètres, célébrant le patrimoine, l’amitié et le goût de l’excellence.

    Une expérience immersive et savoureuse

    À travers leurs écrans, les participants ont pu quasiment sentir les arômes complexes des vins de Bordeaux, comprendre l’impact du terroir sur le goût et se familiariser avec les cépages qui font la renommée de la région. Des anecdotes sur les méthodes de récolte, les particularités des millésimes, jusqu’aux secrets des barriques, tout a été abordé pour enrichir cette expérience éducative.

    Cette initiative de l’Alliance Française Silicon Valley prouve une fois de plus que la passion pour la culture et le savoir-faire français traversent aisément les frontières, et que la technologie actuelle permet des rencontres inédites et fascinantes. Elle pose les fondements d’une appréciation renouvelée du vin, reliant le passé historique des vignobles bordelais à un avenir où chaque amateur, peu importe sa localisation, peut en devenir un intime connaisseur.

    Après la visite, les participants ont été invités à une séance de questions-réponses stimulante, animée par Véronique Vassout, une occasion de chercher à comprendre en profondeur les vins de Bordeaux et leur importance historique.

    Mais ce n’est pas tout ! La visite virtuelle a été suivie d’une agréable expérience de dégustation de vins sponsorisée par nuls autres que Malek Kaci et Marie Pierre Bac, co-propriétaires du restaurant La Bohème à Palo Alto. Les participants ont pu savourer les saveurs exquises des meilleurs vins de Bordeaux tout en se délectant de ce voyage sensoriel.

    Silicon Valley
    La visite virtuelle a été suivie d’une agréable expérience de dégustation de vins

    Vers un avenir connecté

    L’engouement pour cette visite virtuelle n’est qu’un début. La créatrice de ces visites virtuelles, Véronique Vassout et Catherine Plottier, organisatrice événementielle de l’Alliance Française, envisagent déjà de réitérer l’expérience avec d’autres régions viticoles françaises, prouvant que la soif de connaissances et le désir de partage ne connaissent pas de limites. Le Musée du Vin et du Négoce de Bordeaux, de son côté, se dit prêt à accueillir de nouvelles vagues de visiteurs virtuels, désireux de découvrir les subtilités des vins français.

    L’événement a été un franc succès, et l’on peut s’attendre à ce que de telles initiatives se multiplient, réduisant la distance entre les amateurs de vin du monde entier et les trésors œnologiques de la France. L’Alliance Française Silicon Valley a, sans doute, tracé la voie vers une nouvelle ère de l’œnotourisme. Une ère où la technologie est au service du patrimoine et où la curiosité est récompensée par des connaissances et des expériences inoubliables. La bouteille est ouverte, à nous maintenant de la savourer pleinement.

    Le Musée du Vin de Bordeaux, un écrin de savoir

    Au cœur de la capitale mondiale du vin, le Musée du Vin de Bordeaux se dresse comme un temple dédié à l’histoire et à la culture du vin. Véritable joyau architectural, ce musée moderne, situé dans la ville qui a vu naître et grandir le commerce du vin, offre à ses visiteurs une expérience immersive. Là, les amateurs comme les connaisseurs peuvent parcourir des siècles d’histoire viticole, observer les outils ancestraux du vigneron, et découvrir les révolutions techniques qui ont transformé l’art de la vinification.

    Dans ses salles élégamment agencées, le musée expose non seulement des bouteilles prestigieuses et des millésimes rares, mais il révèle également les coulisses des grands châteaux bordelais. Les visiteurs apprennent sur les familles qui ont bâti la renommée de ces vins, sur les terres qui les ont vus naître, et sur le savoir-faire qui s’est transmis de génération en génération. Le parcours du musée conduit finalement à une salle de dégustation où les visiteurs peuvent mettre en pratique leur apprentissage et affiner leur palais avec des vins soigneusement sélectionnés.

    Une fenêtre interactive sur un univers fascinant

    Le Musée du Vin de Bordeaux, plus qu’un simple espace d’exposition, est une plateforme interactive offrant des ateliers, des conférences et des événements autour du vin. Il est devenu un lieu d’échange et de partage, où chaque visiteur, qu’il soit bordelais, français ou international, peut enrichir sa compréhension et sa passion pour le vin. Grâce à ses outils numériques, il est désormais possible de voyager à travers les vignobles sans quitter la ville, et d’interagir avec les experts pour percer les mystères de l’œnologie.

    Silicon Valley
    Le Musée du vin de Bordeaux propose des événements interactifs autour du vin

    Un pont culturel porté par l’Alliance Française Silicon Valley

    L’Alliance Française de la Silicon Valley, en orchestrant cette visite virtuelle, a brillamment su mettre en lumière l’importance de la préservation et de la transmission de la culture viticole française. En rendant le Musée du Vin de Bordeaux accessible depuis des milliers de kilomètres, elle a permis à un public diversifié de tisser un lien particulier avec cette région et ses vins. Cet événement est une illustration parfaite de la mission de l’Alliance : rapprocher les cultures et les peuples par l’éducation et le partage de passions communes.

    Avec un tel succès, l’Alliance Française Silicon Valley confirme son rôle de vecteur culturel essentiel, ouvrant des perspectives nouvelles pour l’apprentissage et la découverte à distance. Ce n’est que le début d’une série d’initiatives qui promettent de continuer à enrichir la relation entre la Silicon Valley et la culture francophone, prouvant une fois de plus que les frontières n’existent plus lorsqu’il s’agit d’élargir nos horizons culturels. Merci à tous nos participants, sponsors et à Emerson Montessori School pour nous avoir accueillis !

    En cadeau, pour nos lecteurs, deux beaux documents à télécharger !


    le vignoble bordelais 1


    LE VIGNOBLE BORDELAIS 2

  • France/Royaume-Uni, la bataille de l’art aura-t-elle lieu ? 

    France/Royaume-Uni, la bataille de l’art aura-t-elle lieu ? 

    France et Royaume-Uni, c’est l’histoire d’une rivalité ancestrale qui s’est transformée en entente, au nom de la raison d’État. De Guillaume le Conquérant à Fachoda en passant par la guerre de 100 ans et Napoléon, le Royaume-Uni et la France se sont au long des siècles disputés, à coups d’épées puis de fusils, la supériorité européenne voire mondiale. Les matchs de rugby France/Angleterre – le fameux crunch – restent des rendez-vous incontournables dont l’enjeu dépasse le simple domaine sportif. L’art est également un terrain de compétition entre les deux nations.

    Christie’s, racheté par le groupe français Kering, a déplacé les ventes de tableaux à Paris l’année dernière en raison du Brexit

    Le 20 octobre, un tableau du peintre espagnol Joan Miró, a été vendu chez Christie’s à Paris pour 20,7 millions d’euros, ce qui en fait l’une des peintures les plus chères vendues en France ces dernières décennies. Cette vente confirme le rôle croissant de Paris dans le domaine de l’art. Auparavant, Londres était la capitale des ventes aux enchères pour les peintres espagnols ou italiens. Christie’s qui a été racheté par le groupe français Kering a décidé de déplacer les ventes de tableaux à Paris l’année dernière en raison du Brexit. « Une partie de l’attractivité de Londres résidait autrefois dans sa position au centre de l’Union européenne », explique Guillaume Cerutti, le président de Christie’s. Il ajoute : « la dynamique est désormais davantage du côté de Paris ».

    Paris progresse, Londres demeure en tête

    Si Paris progresse, Londres ne demeure pas moins en tête pour les ventes aux enchères. En 2002, Sotheby’s a réalisé 70 ventes aux enchères à Paris, contre 131 à Londres. Paris a néanmoins le vent en poupe, le nombre de ventes y a progressé de 140 % en dix ans contre une hausse de 75 % pour Londres.

    De plus en plus de galeries d’art s’installent à Paris, non seulement dans le 6e arrondissement ou le 8e arrondissement mais aussi dans des arrondissements, aujourd’hui tendance, comme le Xe.

    bataille de l'art
    Christie’s à Paris ©AFP photo Jean-Pierre MULLER

    Ventes mondiales : Etats-Unis 45% ; Londres, 18% ; Paris 7%

    Le marché de l’art français est encore modeste comparé à celui du Royaume-Uni qui a réalisé en 2022, 18 % des 67,8 milliards de dollars de ventes d’art dans le monde. Le Royaume-Uni est le premier marché européen et le deuxième au monde après les États-Unis qui assurent 45 % des ventes mondiales. Londres conserve un avantage pour les œuvres d’art européennes dont la valeur dépasse 10 millions de dollars. La France ne détient que 7 % du marché mondial de l’art.

    Au sein de l’Union européenne, La France n’a pas de concurrent. 54 % de toutes les transactions artistiques de l’Union y sont réalisées. Le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne en 2020 a modifié la dynamique des acheteurs et des vendeurs d’art. Avant, les Européens pouvaient acheter une œuvre d’art à Londres sans aucun droit d’importation. Désormais, entre 5 et 20 % de la valeur sont prélevés si un acheteur l’importe dans un pays de l’Union depuis Londres. Ce dernier est également contraint d’effectuer de nombreuses formalités administratives. Pour ces raisons, des artistes européens ont quitté Londres pour d’autres villes d’Europe, selon le dirigeant d’Art Basel.

    L’attractivité de Paris est également liée à l’essor de la Fashion Week. Le monde de l’art dépend de plus en plus de celui du luxe. Des fondations privées, alimentées par des entreprises de produits de luxe comme Kering ou LVMH, participent au rayonnement de l’art en France.

    Paris retrouve quelques lustres depuis le Brexit : + 140%

    Depuis 2021, la Bourse de Commerce, ancienne bourse de matières premières, qui abrite la collection de François Pinault, la Fondation Cartier, présente depuis des décennies à Paris, boulevard Raspail a prévu de déplacer sa collection d’art contemporain dans un immeuble en face du Louvre. La Fondation Louis Vuitton dans le Bois de Boulogne symbolise l’association du luxe et de l’art. Forte de son sponsor, la Fondation Louis Vuitton peut organiser des expositions coûteuses. La rétrospective de Mark Rothko, peintre américain, inaugurée le 18 octobre, présente 115 œuvres, dont la valeur globale se chiffre en milliards de dollars. Paris retrouve quelques lustres au niveau des ventes d’art depuis le Brexit. Elle renoue avec son brillant passé.

    De la fin du XIXe siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, Paris était la capitale mondiale de l’art et notamment de l’art moderne. Elle a perdu ce rôle dans les années 1950 en raison de l’adoption d’une fiscalité dissuasive et d’une baisse de la création artistique en France. Londres et New York ont ainsi supplanté la capitale française.

    Pour constituer un pôle artistique solide, trois facteurs sont déterminants :

    – La richesse du pays et la présence de mécènes ;

    – L’infrastructure culturelle (galeries, musées, écoles, salles de ventes) ;

    – La réglementation qui se doit d’être simple et transparente.

    Londres et Paris sont performants sur les deux premiers critères mais moins sur le troisième pour lequel New York est plus compétitif. Pour préserver la place de Londres, les professionnels britanniques de l’art demandent au gouvernement de prendre des mesures afin de simplifier la réglementation applicable aux ventes d’œuvres. Ils réclament également la suppression des taxes à l’importation afin de pouvoir rivaliser avec Paris.

    Dans un contexte économique et géopolitique complexe, la rivalité entre les différentes places devrait s’exacerber. La crise en Chine devrait réduire les achats des nouveaux milliardaires asiatiques. La guerre au Proche-Orient pourrait également amener les ressortissants des pays pétroliers à déserter les salles de ventes occidentales qui ont déjà perdu les acheteurs russes.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.11.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 17.11.23

    Bonjour à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, ce vendredi 17 novembre dans nos titres : une loi immigration durcie – François Hollande se désolidarise du gouvernement – Le glyphosate autorisé encore 10 ans dans l’UE.

    Le Sénat renforce la loi immigration 

    Dans le texte qui va arriver sur le bureau de l’Assemblée, il n’y a plusieurs points qui hérissent les poils des défenseurs du projet gouvernemental d’origine, vu comme « équilibré ». Les modifications apportées par le Sénat soit le resserrement des critères du regroupement familial, le durcissement du droit du sol, le conditionnement des allocations familiales et de l’aide au logement pour les étrangers à cinq ans de résidence, la politique de « quotas » migratoires annuels, et surtout la suppression de l’aide médicale d’Etat (AME) pour les sans-papiers seront de nouveau débattus à l’Assemblée nationale en décembre. 

    Gérald Darmanin au Sénat le 06 novembre ©AFP
    Gérald Darmanin au Sénat le 06 novembre ©AFP

    À Londres, François Hollande critique la décision du gouvernement 

    Lors d’une conférence devant les Français issus des 15 meilleurs établissements universitaires britanniques l’ancien Président de la République a critiqué à notre micro la décision du gouvernement d’interdire de façon systématique les manifestations pro-Palestiennes. Pour lui ce fut une erreur et il se félicite que le conseil d’Etat y a mis fin. 

    François hollande à Londres
    François hollande à Londres ©LFP

    Le glyphosate toujours autorisé

    La France s’est abstenue ce jeudi sur le vote autour de l’autorisation de commercialisation du glyphosate, un herbicide très controversé au sein de l’Union européenne. Une posture lourde de symboles au sein de l’UE alors que la France en est la première puissance agricole. Une position sans surprise mais très loin des engagements d’Emmanuel Macron en 2017. Les agriculteurs se félicitent, les défenseurs de la biodiversité crient à la trahison. 

    Un agriculteur applique du glyphosate phytosanitaire dans un champ. ©Photo via MaxPPP

    C’est tout pour cette semaine, on se retrouve lundi pour un nouveau bulletin des Français de l’étranger.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Villers-Cotterêts, place forte de la Francophonie

    Villers-Cotterêts, place forte de la Francophonie

    La célèbre ordonnance de Villers-Cotterêts, instituant l’état-civil et le français comme langue de l’administration, a été signée en 1539 dans l’un des châteaux favoris du roi François Ier.

    Depuis l’installation de la Cité internationale de la langue française, une exposition permanente et un parcours pour découvrir l’aventure de la langue française et sa richesse y sont proposés. Avec TV5MONDE, on part à la découverte de ce premier lieu culturel dédié à la Francophonie au château de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, à 80 km de Paris.

    Un petit Chambord

    Ce « petit Chambord » du Valois, à une heure en train de la gare du Nord (Paris), dans le département de l’Aisne, a beaucoup souffert de la Révolution, jusqu’à être livré aux toiles d’araignée et aux rats. Il a été sauvé in extremis en 2018, quand le président de la République Emmanuel Macron a décidé d’y établir une Cité internationale de la langue française. Celle-ci a été inaugurée le 30 octobre 2023.

    Nul ne se plaindra de la restauration de cet édifice, l’un des rares témoins de la Renaissance française au nord de la Loire avec le château d’Écouen.

    L’architecte Jacques Androuet du Cerceau nous en a laissé de belles esquisses. Et rappelons que naquit à quelques rues de là l’un des plus merveilleux virtuoses de notre langue, Alexandre Dumas. Dans le même temps ou à peu près, dans la campagne environnante du Valois, un garçonnet s’énamourait d’une jolie Sylvie blonde. Il allait transcrire ses souvenirs d’enfance dans des poèmes signés Gérard de Nerval. Rappelons aussi que Villers-Cotterêts est à 10km de la Ferté-Milon, où naquit Racine…

    Villers-Cotterets
    Château de Villers-Cotterêts

    Le coup de coeur de François 1er

    La renommée de la forêt de Retz, dans l’Aisne, ne date pas d’hier. En 632, Dagobert Ier y pratique déjà la chasse ! Les rois qui lui succèdent apprécient eux aussi sa richesse en gibier et y font construire une résidence sans prétention.

    La grande histoire du château ne commence réellement qu’avec le futur François Ier, qui reçoit de son cousin le roi Louis XII le duché de Valois et le château alors qu’il n’a que 3 ans !

    En 1528, quelques années après sa lourde défaite à Pavie en Italie, le souverain lance une série de chantiers, du Louvre qu’il agrandit au château à Fontainebleau qu’il construit.

    Pour s’adonner à son activité favorite, la chasse, symbole des élites, il érige un palais royal au milieu de la forêt de Retz, la plus vaste de France à l’époque.

    Villers-Cotterêts, qui n’est alors qu’un village modeste, a aussi l’avantage d’être le cœur géographique du duché de Valois, dynastie dont François Ier est issu.

    Des fastes royaux aux mendiants

    Les turbulences de la Révolution sonnent le glas de la gloire du château, saisi comme bien national en 1790. L’histoire s’accélère alors, et les démolitions avec.

    Une caserne de l’armée républicaine s’y installe brièvement en 1789, puis un dépôt de mendicité en 1808 pour les indigents du département de la Seine, qui recouvre à l’époque une petite partie de l’Île-de-France actuelle (Paris et les communes avoisinantes dans un rayon d’une dizaine de kilomètres).

    Afin d’accueillir jusqu’à 1800 reclus, des travaux sont ordonnés et dégraderont une partie de l’architecture fastueuse d’antan.

    Réfectoire, infirmerie et dortoirs sont aménagés, comme le dortoir des hommes dans l’ancien théâtre de Louis-Philippe, ou celui des femmes infirmes dans l’ancienne chapelle royale. Les murs sont abattus pour obtenir des salles vastes afin de faciliter la surveillance. De même, des barreaux et des grillages sont fixés aux fenêtres pour décourager les fuyards et éviter les accidents.

    Le château deviendra ensuite une maison de retraite de 1889 à 2014.

    Un château miraculé de la Grande Guerre

    Villers-Cotterêts est aux premières loges à la déclaration de la Première Guerre mondiale. Proche du front, la ville est investie par le service de santé des armées qui installe un hôpital militaire dans l’ancien château royal et dans son parc. Le 18 juillet 1918, l’artillerie tonne. Nous sommes au cœur de la seconde bataille de la Marne.

    Tapis dans la forêt de Retz, les Alliés décident d’attaquer la contre-offensive allemande après leur défaite au Chemin des Dames, depuis Villers-Cotterêts avec la 10ème armée du général Mangin.

    Dans cet affrontement féroce, le château sort quasiment indemne si ce n’est son aile occidentale en partie détruite et sa toiture endommagée par les impacts d’obus. Le document des dommages de guerre ne mentionne que quelques vitres cassées, une poignée d’ampoules manquantes, l’arrachement d’une lucarne au deuxième étage et la destruction du plafond du couloir devant la chapelle.

    Villers-Cotterêts
    Château de Villers-Cotterêts

    Un nouvel avenir pour le château

    Selon les souhaits du Président de la République Emmanuel Macron, le monument devient, au terme d’une campagne de restauration de grande ampleur, la Cité internationale de la langue française.

    Affectée au Centre des monuments nationaux qui gère une centaine de monuments partout en France, la Cité dispose d’un parcours de visite permanent qui invite à un voyage à travers la langue française et la francophonie.

    Ouvert à tous, le lieu est animé par une programmation pluridisciplinaire d’expositions et de spectacles.

    Des artistes, chercheurs et entrepreneurs sont accueillis en résidence, à côté d’activités de formation et de sensibilisation au français, d’ateliers pédagogiques et d’un « laboratoire » de recherche et d’innovation sur les enjeux linguistiques.

    Regarder le reportage de TV5MONDE

  • François Hollande à Londres – Un monde bouleversé 

    François Hollande à Londres – Un monde bouleversé 

    Ce mardi 14 novembre 2023, l’ancien président français François Hollande a donné une conférence à la London School of Economics (LSE) intitulée “Quelles perspectives dans un monde bouleversé ?”
    450 participants étudiants des Sociétés françaises de 5 grandes universités britanniques et élèves de lycée étaient présents. L’ambassadrice et le Consul étaient également conviés à cette rencontre. Les Français.Press y étaient.

    François Hollande, un mandat charnière ?

    François Hollande a été Président de la République française de mai 2012 à mai 2017. Au cours de son mandat, il a mené d’importantes réformes qui ont restauré la compétitivité et la croissance de l’économie française. Il a fait face aux attentats terroristes qui ont frappé le pays en 2015 et 2016.

    Le Président Hollande a pris des décisions importantes au nom de la France, notamment l’engagement de l’armée au Mali afin de lutter contre les groupes terroristes localisés au Sahel. C’est sous sa présidence que l’accord mondial sur le climat a été adopté à Paris en décembre 2015.

    Depuis son départ de l’Elysée, François Hollande a écrit plusieurs livres, parmi lesquels « Les leçons du pouvoir » dans lequel il décrit les hauts et les bas de sa présidence, et « La crise démocratique » où il propose des modifications majeures à la Constitution de la Ve République. Nous l’avions, d’ailleurs, reçu à cette occasion lors de son passage à Londres pour un entretien exclusif.

    François Hollande à Londres
    François Hollande lors de sa conférence à Londres (London School of Economics-LSE)

    Du Mali au conflit Israélo-Palestinien à 2027

    Lors de la rencontre du 14 novembre, François Hollande a évoqué plusieurs sujets comme la guerre en Ukraine, la Russie, le conflit entre l’Israël et la Palestine, l’Afrique, le climat et la présidentielle 2027. Il a évoqué pendant plus d’une heure ces sujets avant que les étudiants puissent échanger avec lui. Enfin, il a aussi répondu à nos questions. Ce fut un échange très intéressant.

    Lesfrancais.press : « Dans un entretien pour Lesfrancais.press en janvier dernier, vous évoquiez “une internationale des dictatures”. En 10 mois, comment celle-ci a-t-elle évolué ? »

    François Hollande : « Cette internationale des régimes autoritaires s’est même renforcée depuis 10 mois. Quand on regarde ce qui a pu provoquer la guerre en Ukraine, combien Poutine est allé chercher le soutien de l’Iran, de la Corée du Nord, combien la Chine a été solidaire de la Russie, y compris quand elle commettait des bombardements effroyables ou quand elle enlevait des enfants de leurs familles… Et encore aujourd’hui, avec le conflit au Proche-Orient, on doit bien sûr apporter notre soutien à l’Israël qui a été attaqué par une organisation terroriste mais aussi parce qu’on est conscients des problèmes humanitaires qui sont posés à Gaza. On voit bien le jeu des régimes autoritaires, de leur internationale aussi. L’Iran, combien elle a pu agir pour que le Hamas puisse avoir la force, hélas, de destruction qu’on connaît aujourd’hui et combien la Russie, avec Vladimir Poutine, essaie de liguer un certain nombre de pays contre les démocraties. Voilà pourquoi il faut que les démocraties soient fortes. Donc, nous n’avons pas terminé avec cette internationale des dictatures et faudrait-il encore que l’internationale des démocraties puisse être exemplaire. »

    Lesfrancais.press : « Les Français de l’étranger sont souvent pris à parti comme étant des anti-musulmans, suite à la décision d’Emmanuel Macron de limiter les manifestations de soutien à la Palestine. Si vous étiez à leur place, comment expliqueriez-vous la position française ? »

    François Hollande : « En France, la liberté de manifestation est un principe constitutionnel. Elle ne peut être limitée ou empêchée que s’il y a des menaces à l’ordre public. Je pense qu’au début, les décisions qui ont été prises n’étaient pas conformes à cet esprit-là. On peut interdire une manifestation mais pas toutes les manifestations. Et moi, je préfère qu’il y ait des manifestations encadrées plutôt que des mouvements de colère spontanés. Mais voilà, je pense que maintenant, les choses reviennent dans le bon ordre. Il y aura des manifestations en France. Regardons ces manifestations. Elles ne sont pas très imposantes. Ça n’empêche pas des émotions, les soutiens, les solidarités et les colères, ça ne se traduit pas nécessairement par des manifestations. »

    François Hollande à Londres
    François Hollande lors de sa conférence à Londres (London School of Economics-LSE)

    Lesfrancais.press : « Certains gouvernements non-européens ont passé un message négatif aux élus consulaires qui souhaitaient dimanche dernier organiser un rassemblement contre l’antisémitisme dans leurs pays d’accueil. Cela vous inspire quelle réflexion ? »

    François Hollande : « Je crois que c’était important que des délégués consulaires puissent participer par l’esprit à ce qui se passait à Paris et pas simplement à Paris mais dans d’autres villes, pour montrer que nous n’acceptons pas l’antisémitisme et que nous le combattons résolument comme nous combattons le racisme mais celui-là était encore plus manifeste puisqu’il y a eu des actes et des propos antisémites très nombreux ces dernières semaines. Je crois que là, ici, il faut permettre des expressions qui ne mettent pas en danger, bien sûr, les personnes. En l’occurrence, les délégués consulaires, qu’ils ne créent pas de provocation. »

    Lesfrancais.press : « Notre dernière question. Vous avez parlé du Brexit. Que pensez-vous du retour de David Cameron en politique ? »

    François Hollande : « Que ce n’est plus le Brexit qui aujourd’hui est le sujet principal. Il est pour un temps clos ce sujet-là. Ce qui se prépare au Royaume-Uni, une élection, ça conduit chaque parti à faire en sorte de rassembler les morceaux, quelque fois épars, notamment au parti conservateur, pour se préparer à cette confrontation tout à fait salutaire sur le plan démocratique. Voilà pourquoi David Cameron est rentré dans le gouvernement, j’imagine. Et voilà pourquoi les Travaillistes doivent aussi faire un effort de cohésion et c’est ce qu’ils font aujourd’hui. Les Britanniques choisiront ! »

    Ecouter le podcast avec François Hollande