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  • 4 écoles françaises dans le top 10 des écoles de commerce

    4 écoles françaises dans le top 10 des écoles de commerce

    Dans la foulée de celui de Shanghai, le Financial Times a publié comme chaque année son classement mondial des Masters in Management. Et cette année encore les écoles françaises ont brillé par leur excellence. En effet, 25 formations françaises figurent dans le palmarès, soit une de plus qu’en 2024, et quatre établissements français se hissent, même, dans le Top 10 (HEC Paris, Insead, ESCP, Essec). La France est ainsi le pays le mieux représenté, avant l’Inde, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Cocorico !

    La méthodologie du classement du Financial Times ?

    Pour définir ce palmarès, le Financial Times analyse plusieurs critères qui évoluent au fil du temps. Cette année, le média anglosaxon a pondéré son classement en valorisant les politiques écologiques mises en place par les écoles de commerce.

    Concrètement, son analyse se divise en 4 catégories :

    • Salaire : 30% :
      • Salaire pondéré : 15%
      • Hausse de salaire : 9%
      • Retour sur investissement : 6%
    • Carrière et emploi : 25%
      • Progression dans sa carrière : 6%
      • Capacité du programme à aider les jeunes à atteindre leurs objectifs : 6%
      • Accompagnement du service carrière : 5%
      • Puissance du réseau alumni : 3%
      • Taux d’emploi à 6 mois : 5%
    • Diversité : 26%
      • Présence de femmes au sein du corps professoral : 5%
      • Présence de femmes au sein du corps étudiant : 5%
      • Présence de femmes au sein du comité de direction : 1%
      • Présence d’étrangers au sein du corps professoral : 5%
      • Présence d’étrangers au sein du corps étudiant : 5%
      • Présence d’étrangers au sein du comité de direction : 1%
      • Taux de professeurs possédant un doctorat : 4%
    • Expérience internationale : 12%
      • Opportunités de travail à l’international après l’obtention du diplôme : 6%
      • Opportunités internationales durant la formation : 6%
    • Développement durable et écologie : 7%
      • Pourcentage de cours dédiés aux enjeux sociétaux, éthiques, environnementaux et climatiques : 3%
      • Empreinte carbone : 4%

    Aussi, le Financial Times évalue également d’autres critères, qui ne sont pas pris en compte pour établir le classement, à commencer par le taux de satisfaction des diplômés.

    Le top 25 des meilleures écoles de commerce du monde

    Tableau classement des écoles de commerces 2025
    Tableau classement des écoles de commerces 2025

    Au global, sur le top 25 monde, 9 écoles sont françaises, un exploit qui est dû à la progression de plusieurs établissements de l’Hexagone.

    L’excellence européenne

    Comme le constate le Financial Times, « la plupart des programmes évalués dans le classement se situent toujours en Europe, avec en tête 25 écoles de commerce françaises, neuf écoles britanniques, huit écoles allemandes et cinq écoles portugaises », même si « onze écoles de commerce indiennes sont désormais incluses ». Avec 25 établissements classés (sur 100), la France rafle même le quart des écoles distinguées.

    Les masters classés dans ce ranking sont des programmes généralistes en management s’adressant à des « étudiants ayant peu ou pas d’expérience professionnelle » qui s’inscrivent dans ces formations pour obtenir un diplôme. Les formations « peuvent être enseignées en plusieurs langues » mais doivent être « entièrement disponibles en anglais ».

    « Parmi les huit meilleures écoles de commerce, trois sont basées en France » souligne encore le Financial Times. Et, si l’on ramène cette observation au Top 10, ce sont même quatre établissements français qui y figurent

    Viennent ensuite quatre autres écoles, formant le Top 20 :

    Diversité et développement durable : la nouvelle bataille des écoles de commerce

    Que ce soit pour attirer les étudiants, par principe ou pour mieux rayonner dans les classements, les business schools s’attachent désormais à former leurs élèves aux enjeux liés au dérèglement climatique, à la géopolitique et aux transitions sociétales. Une dynamique qui se traduit également dans le recrutement d’étudiants et professeurs internationaux.

    Sur ce sujet, les écoles françaises sont pionnières ! SKEMA est numéro 1 monde en matière d’enseignements dédiés au dérèglement climatique. Toutes les business schools françaises se situent dans le top 50 des meilleurs établissements en matière d’accueil des étudiants internationaux.

    Si ce classement donne un aperçu de la diversité au sein d’une école de commerce, c’est aussi un formidable indicateur pour les étudiants qui souhaitent se former en France, comme à l’étranger.

  • La France : un nombre d’immigrés plus faible que dans les autres grands pays européens 

    La France : un nombre d’immigrés plus faible que dans les autres grands pays européens 

    La question de l’immigration agite le débat en France depuis une quarantaine d’années. Longtemps, ce thème a été celui de l’extrême droite, avant que, depuis quelques années, d’autres partis s’en emparent. L’idée, d’une invasion ou d’un grand remplacement, est avancée par certains responsables.

    8,8 % de la population

    Pour autant, les statistiques ne confirment pas cette perception, comme en témoignent les dernières données publiées par l’INSEE. La France est l’un des pays européens où la proportion d’étrangers est la plus faible, et celle-ci n’a que faiblement augmenté ces dernières années.

    Depuis 1851, la statistique publique recueille la nationalité des personnes vivant en France. D’un point de vue sémantique, est considérée comme immigrée toute personne née étrangère à l’étranger. Il peut donc y avoir des étrangers nés en France qui ne sont pas immigrés, et des Français nés à l’étranger qui peuvent revenir dans leur pays. À la différence de la notion d’« étranger », la qualité d’« immigré » est permanente : il est possible d’acquérir la nationalité française, mais il n’est pas possible de changer sa nationalité à la naissance ni son pays de naissance. L’INSEE rappelle que le terme immigré est utilisé dans le langage courant depuis la fin du XIXᵉ siècle et que ce n’est qu’en 1991 que ce terme devient une catégorie statistique dont la définition est entérinée par le Haut Conseil à l’intégration.

    Les personnes vivant en France, nées de nationalité étrangère à l’étranger et n’ayant pas acquis la nationalité française, sont à la fois étrangères et immigrées. Elles représentent 5,1 millions de personnes en 2024, soit 7,5 % de la population. Par ailleurs, 2,6 millions d’immigrés ayant acquis la nationalité française vivent en France en 2024 : un tiers des immigrés vivant en France sont donc Français.

     À l’inverse, un étranger n’est pas immigré s’il est né en France.  Parmi les personnes résidant en France en 2024, 0,9 million sont de nationalité étrangère et nées en France ; elles ne sont donc pas considérées comme immigrées. Elles sont, dans leur grande majorité, soit 0,7 million de personnes, âgées de moins de 13 ans. Sous conditions de résidence, les personnes étrangères nées en France obtiennent la nationalité française de plein droit à leur majorité et peuvent la demander par déclaration anticipée dès l’âge de 13 ans.

    Population immigrée en France
    Population immigrée en France

    La France compte donc 6,0 millions d’étrangers qui représentent 8,8 % de la population vivant en France en 2024. La population d’immigrés rassemble 7 millions de personnes, soit 11,3 % de la population. Les personnes étrangères représentent 10,0 % de la population âgée de moins de 13 ans, contre 5,6 % de l’ensemble des personnes âgées de 13 à 17 ans. Cette diminution de la part des étrangers dans la population après 13 ans reflète les acquisitions de nationalité par déclaration anticipée. Enfin, 8,8 % des personnes majeures vivant en France en 2024 ne possèdent pas la nationalité française.  Depuis les années 2000, la proportion d’étrangers ou d’immigrés augmente en France, mais de manière plus lente que chez ses partenaires européens.

    Proportion d'immigrés et d'étrangers en France
    Proportion d’immigrés et d’étrangers en France

    9,6% dans l’UE

    Selon les données d’Eurostat, sur les 449,3 millions de personnes habitant dans les 27 pays de l’Union européenne (UE) en 2024, 43,0 millions ne possèdent pas la nationalité du pays dans lequel elles résident. Les personnes de nationalité étrangère représentent donc 9,6 % de la population de l’UE. La part de personnes étrangères parmi l’ensemble de la population en France (8,8 %) est donc inférieure à la moyenne européenne, ainsi qu’à celle de l’ensemble des pays frontaliers, comme l’Italie (8,9 %), l’Espagne (13,4 %), la Belgique (13,8 %), l’Allemagne (14,5 %), ou encore la Suisse (27,0 %) et le Luxembourg (47,2 %). La France se situe ainsi-en dessous de la moyenne européenne en matière d’immigration.

    Parts des étrangers dans l'ensemble de la population en %
    Parts des étrangers dans l’ensemble de la population en %

    Les pays de l’UE diffèrent également selon la nationalité des personnes étrangères résidant sur leur territoire. Ainsi, parmi les 43,0 millions d’étrangers vivant dans l’UE, 14,0 millions possèdent la nationalité d’un autre pays de l’Union. Les étrangers ayant une autre nationalité de l’UE représentent donc un peu moins d’un tiers de l’ensemble des personnes étrangères vivant dans les pays de l’Union. Cette part est particulièrement faible pour les pays de l’Europe de l’Est (inférieure à 10 % dans les pays baltes et en Pologne), et à l’inverse particulièrement élevée pour la Belgique (61,0 %), la Slovaquie (62,6 %) ou le Luxembourg (77,3 %). La part d’étrangers possédant une autre nationalité de l’UE parmi l’ensemble des étrangers est très proche entre la France, l’Italie et l’Espagne, aux alentours de 26 %. Au total, les personnes étrangères possédant la nationalité d’un autre pays de l’Union représentent 2,3 % de la population totale en France en 2024, contre 3,1 % en moyenne pour les pays de l’Union. Les personnes étrangères possédant la nationalité d’un pays n’appartenant pas à l’UE représentent 6,5 % de la population totale en France en 2024, contre 6,4 % en moyenne pour les pays de l’Union.

    Parmi les personnes de nationalité étrangère vivant en France en 2024, 46 % possèdent la nationalité d’un pays d’Afrique, 35 % la nationalité d’un pays européen (dont 26 % celle d’un autre pays de l’Union) et 13 % la nationalité d’un pays d’Asie. Pour les étrangers qui ne sont pas nés en France, la propension à entamer des démarches pour acquérir la nationalité française, et l’issue de ces démarches, dépendent de nombreux facteurs, notamment de l’ancienneté de présence sur le territoire. En outre, les droits supplémentaires résultant de l’acquisition de la nationalité diffèrent selon la nationalité d’origine : les personnes possédant déjà la nationalité d’un pays de l’espace Schengen bénéficient d’une liberté de résidence et de travail en France et ont donc moins intérêt à acquérir la nationalité française.

    Par ailleurs, certaines nationalités antérieures ne permettent pas la double nationalité avec la France : pour les personnes concernées, acquérir la nationalité française n’est possible qu’en renonçant à celle d’origine. C’est le cas, par exemple, de la Chine. 34 % des immigrés vivant en France en 2024 ont acquis la nationalité française : ces personnes immigrées ne sont donc plus comptabilisées comme étrangères.

    Cette part d’immigrés naturalisés est plus élevée pour les personnes immigrées originaires d’Afrique (37 %), en particulier du Maghreb (41 %) ou d’Asie (35 %), que pour les immigrés nés en Europe (28 %). Ces contrastes dans l’accès à la nationalité française selon l’origine expliquent que la répartition par nationalité des étrangers vivant en France diffère légèrement de celle des immigrés par lieu de naissance. Ainsi, la part des personnes d’origine européenne parmi les étrangers (35 %) est plus élevée que parmi les immigrés (31 %), à l’inverse des personnes originaires du Maghreb qui représentent 29 % des immigrés et 25 % des étrangers.

    Les nombres d’étrangers et d’immigrés évoluent de manière proche, à l’exception des années 1980 et 1990. En 1921, un peu plus de 1,5 million d’étrangers vivaient en France. Comme celui des immigrés, leur nombre augmente jusqu’au début des années 1930 (2,7 millions en 1931), décroît ensuite jusqu’au milieu des années 1940 (1,7 million en 1946) avant de croître à nouveau. Très proches jusqu’au recensement de 1946, les nombres d’étrangers et d’immigrés vivant en France divergent ensuite. L’écart entre ces deux effectifs — d’un peu plus de 240 000 en faveur des immigrés au sortir de la Seconde Guerre mondiale — atteint 580 000 au recensement de 1990 et dépasse le million au recensement de 1999.

    Volatilité des flux migratoires

    Du recensement de 1982 jusqu’à celui de 1999, les séries connaissent même des évolutions inverses : le nombre d’étrangers diminue entre 1982 et 1990, puis plus fortement encore entre 1990 et 1999, alors que le nombre d’immigrés poursuit sa tendance à la hausse. Ces évolutions divergentes ont pu, à l’époque, nourrir des critiques à l’égard de la capacité de la statistique publique à fournir des chiffres reflétant la réalité du fait migratoire à partir de la seule catégorie des étrangers. Elles s’expliquent notamment par une part croissante d’immigrés acquérant la nationalité française entre 1982 et 1999.

    Depuis la fin des années 1990, les nombres d’étrangers comme d’immigrés résidant en France augmentent, à un rythme moins rapide pour les étrangers jusqu’à la fin des années 2000 (+1,3 % en moyenne annuelle entre 1999 et 2009, contre +2,2 % pour les immigrés), plus rapide depuis (+3,2 % contre +2,4 % pour les immigrés en moyenne annuelle entre 2009 et 2024). Le nombre d’acquisitions de la nationalité française a en effet diminué depuis la fin des années 2000.

    Les nationalités des personnes étrangères résidant en France se sont diversifiées, comme les pays d’origine des immigrés. Les nationalités des personnes étrangères résidant en France, comme les pays de naissance des immigrés, se sont diversifiées au fil du temps, reflétant l’évolution de la composition par origine des flux migratoires. En 1968, près de trois étrangers vivant en France sur quatre (72 %) possédaient la nationalité d’un pays européen, et un sur quatre (25 %) avait une nationalité africaine.

    Plus particulièrement, 80 % des étrangers possédaient la nationalité d’un pays du Maghreb ou d’Europe du Sud. En 2024, 46 % des étrangers vivant en France ont la nationalité d’un pays africain et 35 % celle d’un pays européen. Le Maghreb et l’Europe du Sud ne représentent plus que 41 % des nationalités des personnes étrangères résidant sur le territoire. Les immigrés peuvent devenir Français par décret (c’est-à-dire par naturalisation ou réintégration) — ce mode d’acquisition représentant la majorité des cas — ou par déclaration, principalement à la suite d’un mariage avec un conjoint de nationalité française.

     Entre 1968 et 1982, la part d’immigrés ayant acquis la nationalité française diminue légèrement, passant de 32 % à 29 %. Puis, entre 1982 et 2009, elle augmente continûment pour atteindre 41 % en 2009. Au cours de cette période, le nombre d’immigrés ayant acquis la nationalité française est multiplié par deux, alors que le nombre d’immigrés étrangers augmente moins rapidement. Depuis la fin des années 2000, le nombre annuel d’acquisitions de la nationalité française baisse significativement.

    En particulier, le nombre d’acquisitions de la nationalité par décret a fortement reculé en 2011 et 2012, et n’a jamais retrouvé son niveau des années 2000 par la suite. En conséquence, la part d’immigrés de nationalité française diminue progressivement depuis 2009. L’acquisition de la nationalité peut être vue comme le résultat d’un processus de rencontre entre une demande engagée par certains immigrés et une décision rendue par l’administration qui encadre les conditions d’accès à la citoyenneté française. L’évolution dans le temps de la part des immigrés ayant acquis la nationalité française peut donc refléter des changements, d’une part dans la propension des immigrés à demander la nationalité française, d’autre part dans les pratiques de l’administration, qui décide des critères d’éligibilité et procède à la sélection des candidats.

    Ces deux mouvements ne sont pas indépendants l’un de l’autre : une modification des conditions d’accès à la nationalité peut encourager ou décourager d’effectuer les démarches nécessaires pour être naturalisé. À titre d’exemple, les conditions de naturalisation par décret ont beaucoup évolué au cours des dernières décennies, en particulier concernant les exigences minimales en matière de maîtrise de la langue française, mais aussi les conditions de durée de résidence pour certaines catégories d’étrangers, ou encore le passage au dépôt dématérialisé de la demande de naturalisation depuis 2022.

    Moins de naturalisation

    Depuis le milieu des années 1990, les immigrés européens deviennent moins souvent Français. Ces évolutions de la part d’immigrés naturalisés varient selon leur pays de naissance. Ainsi, la part d’immigrés nés en Europe ayant acquis la nationalité française diminue de façon continue depuis le milieu des années 1990. Cette évolution peut refléter une plus faible tendance des immigrés européens à demander la nationalité, en raison notamment des facilités de circulation accordées aux ressortissants des pays appartenant à l’espace Schengen, mis en place en 1995.

    En revanche, la part d’immigrés nés en Asie ou en Afrique ayant acquis la nationalité française augmente très fortement entre les années 1980 et la fin des années 2000 (de 22 % à 44 % pour ceux originaires d’Asie, de 15 % à 44 % pour ceux originaires d’Afrique), avant de diminuer à partir de 2009 (respectivement jusqu’à 35 % et 37 % en 2024). L’évolution des origines géographiques des immigrés et la part croissante des immigrés venus d’Afrique ou d’Asie expliquent aussi, en partie, les fluctuations à long terme de la part des immigrés devenus Français.

    En effet, la probabilité d’acquisition de la nationalité française dépend fortement du pays d’origine. Le taux de naturalisation des immigrés chinois, par exemple, est relativement faible (autour de 20 %), en raison notamment d’une plus faible maîtrise du français et de l’impossibilité de cumuler les deux nationalités. Cependant, les immigrés chinois représentent une part croissante des immigrés nés en Asie (4 % en 1968, contre 11 % en 2024).

  • Pour la Chine, « l’OTAN ne devrait pas exister »

    Pour la Chine, « l’OTAN ne devrait pas exister »

    Cette rencontre de trois heures, la première depuis sept ans entre la délégation pour les relations avec la Chine et l’Assemblée populaire nationale chinoise, intervenait après la levée par Pékin des sanctions visant certains anciens et actuels eurodéputés.

    Plutôt qu’un dégel diplomatique, la réunion s’est révélée houleuse. « La partie chinoise a remis en question le droit d’existence de l’OTAN. Je n’avais jamais entendu cela exprimé publiquement de cette manière auparavant », s’est étonné Engin Eroglu, eurodéputé libéral allemand qui préside la délégation.

    « Du point de vue chinois, l’OTAN n’a plus aucune raison d’exister depuis la
    fin de l’URSS. Je trouve cela absurde au vu des agressions russes contre l’Ukraine et les pays d’Europe de l’Est » 

    Engin Eroglu, eurodéputé libéral allemand qui préside la délégation.

    « Ce n’était pas un dialogue », a affirmé Miriam Lexmann, députée européenne de centre-droit membre de la délégation. « Il n’y a eu aucune tentative de répondre à nos questions.»

    Miriam Lexmann a déclaré avoir soulevé des questions relatives aux droits de l’Homme, notamment au Tibet, au Xinjiang, où vit la minorité musulmane ouïghoure, et à Hong Kong, où la Chine a été critiquée pour avoir réprimé les libertés culturelles, religieuses et politiques. Elle n’a cependant obtenu aucune réponse de la partie chinoise.

    Elle a ajouté que les Chinois avaient souligné être alignés sur Bruxelles dans la lutte contre le changement climatique, mais avaient reproché à l’UE de prendre le parti des États-Unis dans la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza.

    Engin Eroglu
    Engin Eroglu ©Parlement européen

    Chinois et Russes sur la même voie

    L’eurodéputée slovaque s’est également dite « surprise» de voir à quel point les Chinois reprenaient le discours de la Russie sur le rôle de l’OTAN dans la guerre en Ukraine.

    La vice-présidente de la D-CN, l’écologiste Markétka Gregorová, a quant à elle écrit sur X qu’elle n’avait « plus aucun espoir qu’un dialogue soit possible ».

    « Il est incroyable que le président chinois déclare officiellement qu’il est neutre dans le conflit et que l’intégrité territoriale des États doit être respectée, mais que les représentants de son Parlement viennent ici pour répéter la propagande russe »

    L’écologiste Markétka Gregorová

    Les députés européens ont aussi critiqué la décision de Pékin d’imposer des contrôles à l’exportation sur les terres rares, essentielles à de nombreuses technologies contemporaines.

    Par ailleurs, ce mois-ci, le Parlement européen a condamné la détention depuis dix ans par la Chine de l’éditeur suédois Gui Minhai, qui a publié à Hong Kong des ouvrages critiquant Pékin.

    La réunion de jeudi faisait suite aux tentatives de la Chine de renouer des liens avec l’hémicycle européen, au moins depuis novembre dernier. « La visite de la délégation chinoise montre qu’elle commence à respecter et à comprendre l’importance du Parlement européen », note tout de même Engin Eroglu.

    Les deux parties prévoient d’organiser une réunion similaire l’année prochaine.

  • Peste soit les économistes

    Peste soit les économistes

    On appelle économistes des professeurs qui n’ont jamais fait d’économie, comme on appelle politiste des journalistes qui n’ont jamais fait de politique. Hélas, leur influence fut et reste démoniaque : Peste soit les économistes ! À l’exception provisoire de Philippe Aghion, notre cinquième prix Nobel d’économie : Bravo, cocorico. Avec Esther Duflot et Jean Tirole, la France produit des économistes et cumule les déficits. Inconnu en France, Gerard Debreu, premier Nobel français en économie, élabora une théorie mathématique qui, selon le second prix Nobel, Maurice Allais, « n’avait aucune valeur scientifique, tant elle était totalement étrangère au monde de l’expérience. » Allais, qui se disait « socialiste concurrentiel », s’y connaissait en théorie : il avait écrit un « Traité d’économie pure » et sa fameuse « Théorie héréditaire, relativiste et logistique de la demande de monnaie et du taux d’intérêt » est sur toutes les lèvres. Allais proposa de supprimer l’impôt sur le Revenu, l’impôt sur les sociétés pour les remplacer par un impôt sur le capital de 2%. Voilà l’origine de la taxe Zucman. Ce dernier a été rabroué par le nouveau Nobel: « Tu veux faire de la France une prison fiscale ! », a lancé Aghion.

    Keynes, référence du vingtième siècle, fut un des rares économistes à pratiquer l’économie : il fut un spéculateur avisé. Pour le reste, heureusement, il ne fut pas toujours suivi : haut fonctionnaire, il prônait le désarmement unilatéral de l’Empire britannique avant-guerre. Un idiot utile pour les nazis.

    Plus les institutions sont « inclusives », plus le pays est prospère.

    Adam Smith, lui, ne se prétendait pas économiste, mais philosophe. Titre dont s’honorait Marx. Le Nobel Paul Samuelson, dans son manuel d’Économie, prédisait la future domination économique de l’Union soviétique. Bientôt les études marxistes creuseront ce mystère : comment tant d’intelligences idolâtrèrent une pensée aussi pauvre en économie qu’en histoire. Étrange fascination dont le ressort gît peut-être dans le droit au massacre que la pensée génère. « Il n’est pas une idée née d’un esprit humain qui n’ait fait couler du sang sur la terre. », dixit Maurras, dont les siennes furent un exemple. Mieux vaut donc des économistes sans idée. Social-démocrate et spécialiste de la destruction créatrice, Philippe Aghion est aussi brillant qu’humble, ce qui est à son honneur.

    Dans son cours au Collège de France, à la suite de ses amis Nobel Acemoglu, Robison et Johnson, Aghion insiste sur « le rôle des institutions dans le décollage de la croissance ».  Ils tentent d’expliquer les causes de l’inégalité entre les nations.

    Leur thèse : la pauvreté, comme la richesse, dépend des institutions politiques. Politique d’abord ! Plus les institutions sont « inclusives », plus le pays est prospère. Comment avoir des institutions inclusives ? Là revient l’économie : quand le pouvoir trop appauvrit, parfois le pouvoir s’appauvrit et tombe. Quand la population trop s’enrichit, le pouvoir se partage, ou tombe. Quand il tombe, que devient-il ?

    ©PNUD
    ©PNUD

    Ni l’or, le pétrole, le climat, la géographie, les maladies, religions, cultures, n’expliquent richesse et pauvreté.

    La décapitation de Jacques II d’Angleterre a plus favorisé la Révolution industrielle que la machine à vapeur. Déjà connue en Chine et à Byzance, elle amusait l’empereur. La France de Louis XIV dut battre en retraite face aux marchands des  Pays-Bas « républicains ». Les colons américains s’émancipèrent de leurs Lords, ce que ne firent les colons hispaniques.  L’Amérique latine conserva un système féodal, mélange d’esclavage, de pauvreté, et de guerre civile permanente. Le miracle grec, fut aussi un miracle économique, facilité par la diversité des cités, des échanges, des monnaies.

    Ni l’or, le pétrole, le climat, la géographie, les maladies, religions, cultures, n’expliquent richesse et pauvreté. Les institutions seules, quelle que soit la latitude, forgent la matrice.

    Plus les institutions sont « inclusives », font participer la population, plus le degré de liberté des acteurs est large, plus la capacité d’innovation a de chances. L’innovation est  inversement proportionnelle à la part de captation des douaniers (l’État) ou des contrebandiers (pirates, oligarques, cartels légaux et illégaux).

    Quels sont les pays les plus riches aujourd’hui ? Les mêmes qu’il y a cinquante ou cent cinquante ans : Europe, Amérique du Nord, Australie, Japon. Derniers venus : Corée du Sud, Taïwan et Chine.

    Les pays qui osèrent la révolution industrielle, suite de la révolution des Lumières, accumulèrent plus que du capital : un capital de processus, dans la politique, l’économie, l’éducation, qui les maintient parmi les plus riches.

    Plus le pouvoir est diffus, partagé, éclaté, plus l’ordre souple vit.

    Aujourd’hui un autre classement se profile, celui des cent prochaines années. Cette Révolution obéit-elle aux mêmes principes ? Les gagnantes seront-elles les sociétés les plus « inclusives » ? Ou, au contraire, les moteurs de l’innovation obéiront-ils à l’émergence de nouvelles règles, de nouvelles institutions qui n’auront rien à voir avec le modèle « libéral » ?

    Certains pensent seule la puissance garantit le développement. D’autres que les oligopoles, ayant le pouvoir d’informer se moquent des institutions, tout autant que les cartels se moquent des gouvernements.

    Toute société nouvelle produit ses formes de pouvoir. Peut-on croire que « l’inclusivité » sera le facteur déterminant des institutions ? Le Rêve chinois prétend l’inverse.

    C’est la grande bataille entre l’ordre et la liberté. Plus le pouvoir est diffus, partagé, éclaté, plus l’ordre souple vit. Sinon, l’ordre ne s’impose qu’avec le gendarme. Et il faut toujours plus de gendarmes. C’est-à-dire de corruption.

    La planète devient-elle un collier de monarchies plus ou moins électives ?

    La Chine arrête un chef d’entreprise par semaine, en dehors de tout cadre légal, des dirigeants disparaissent. Le Parti décide des investissements. Aux États-Unis, la capacité de l’État à favoriser arbitrairement telle ou telle entreprise ouvre la possibilité d’un régime oligarchique. « No Kings », crient les manifestants anti Trump. La planète devient-elle un collier de monarchies plus ou moins électives ?

    Des milliers de manifestants se sont rassemblés au Independence Mall de Philadelphie pour soutenir la manifestation nationale « No Kings Day » contre l'administration du président Trump, le 18 octobre 2025. © Ricky Fitchett/ZUMA/SIPA
    Des milliers de manifestants se sont rassemblés au Independence Mall de Philadelphie pour soutenir la manifestation nationale « No Kings Day » contre l’administration du président Trump, le 18 octobre 2025. © Ricky Fitchett/ZUMA/SIPA

    Comment maintenir la liberté dans un monde où tout pouvoir peut tout savoir, tout manipuler ? En multipliant les contrôles du pouvoir ? Le contrôle du contrôle justifie aussi l’abus des contrôles. Multiplier les centres de pouvoir pourrait ne revenir qu’à construire des féodalités. Ce qui compte, c’est la dépendance du pouvoir au plus grand nombre. La plus grande « inclusivité » suppose la plus grande répartition du pouvoir, politique et économique.

    La révolution en cours doit déboucher sur la plus grande répartition du capital possible.

    Alors la révolution en cours doit déboucher sur la plus grande répartition du capital possible. L’hypercapitalisme ne suppose-t-il pas des citoyens actionnaires ? L’économiste qui expliquera comment répartir le capital -rétribution substitutive au salariat- mériterait un prix Nobel. Il obéira cette règle : avant de prendre une part de la prospérité, prendre une part du pouvoir. Il rendra alors hommage à Liu Xiao Bo, prix Nobel de la paix, mort en prison, membre du cercle de poètes « Cœurs innocents », moins innocent que les autres prix Nobel : « La fortune se nourrit de décomposition » osait-il. Destruction créatrice, dirait Aghion.

    Laurent Dominati

    a.Ambassadeur de France

    a.Député de Paris

    a.Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et de l’app de paiements des expatriés France Pay

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati
  • Éléonore Caroit : « Changer l’image des Français de l’étranger et moderniser leurs services publics »

    Éléonore Caroit : « Changer l’image des Français de l’étranger et moderniser leurs services publics »

    Nouvellement nommée ministre déléguée à la Francophonie, aux Partenariats stratégiques et aux Français de l’étranger, Éléonore Caroit veut mettre son expérience d’expatriée au service de ses compatriotes à travers le monde. Invitée Lesfrancais.press, elle confie : « Je suis née à Paris, mais j’ai grandi en République dominicaine. J’ai vécu à New York, à Genève… Je m’identifie vraiment aux Françaises et aux Français qui vivent un peu partout dans le monde ». Une proximité assumée, qui guide désormais son action au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu.

    Écouter le podcast avec Éléonore Caroit

    Donner une nouvelle impulsion à la politique pour les expatriés

    L’ex-députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes compte faire évoluer la politique publique en faveur des expatriés. En collaboration avec son collègue de l’Assemblée nationale  Karim Ben Cheikh, elle souhaite transformer leur proposition de loi en un projet gouvernemental. « L’idée, c’est de trouver une synthèse pour garantir les droits des Françaises et des Français de l’étranger, les rendre plus pérennes, moderniser les services publics et garantir la sécurité et la protection sociale », précise-t-elle.

    « La réalité des Françaises et des Français de l’étranger est méconnue »

    Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie, aux Partenariats stratégiques et aux Français de l’étranger

    Cette réforme devra notamment intégrer les grands chantiers déjà engagés, de l’éducation à la protection sociale, tout en tenant compte des consultations menées auprès des élus et des associations. Notre invitée insiste : « L’important, c’est que ces arbitrages reflètent les besoins de chacun ».

    Changer le regard sur les Français de l’étranger

    Au cours de ce podcast, la ministre a réagi au reportage moqueur sur les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), diffusé dans l’émission C à Vous. Éléonore Caroit a rappelé que « la réalité des Françaises et des Français de l’étranger est méconnue ». Elle déplore que certains les voient encore comme « des exilés fiscaux » ou « des personnes qui auraient abandonné leur pays ». Pour elle, c’est tout le contraire : « Lorsqu’on est un Français ou une Française de l’étranger, c’est un parcours de vie, une aventure, une contribution au rayonnement de la France ».

    Éléonore Caroit ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger - AFE octobre 2025 ©LFP
    Éléonore Caroit ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger – AFE octobre 2025 ©LFP

    La ministre Caroit veut ainsi faire entendre la voix des expatriés dans le débat public, en donnant davantage la parole aux premiers concernés. Elle promet de poursuivre le travail initié par son prédécesseur avec une newsletter dédiée et de renforcer la visibilité de ces témoignages.

    AEFE : remettre à plat le modèle

    Le dossier de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) est au cœur de ses priorités. Ancienne élève et parent d’élève d’un lycée français à l’étranger, la ministre connaît bien le sujet. « Ce réseau est d’une richesse inégalable, mais il est en souffrance financière », reconnait-t-elle.

    « Ce réseau (AEFE) est d’une richesse inégalable, mais il est en souffrance financière »

    Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie, aux Partenariats stratégiques et aux Français de l’étranger

    Des consultations sont en cours pour « remettre à plat le modèle économique de l’agence, sans tabou », associant syndicats, parents d’élèves et élus de terrain. L’objectif : dégager des orientations solides dans le futur projet de loi.

    CFE : protéger les plus vulnérables

    Autre chantier majeur : la Caisse des Français de l’étranger (CFE), aujourd’hui en difficulté. Éléonore Caroit reconnaît une situation économique tendue, tout en rappelant l’importance de cet outil de solidarité : « La CFE accomplit une mission de service public unique, celle de protéger les plus vulnérables ».

    Elle promet notamment d’agir rapidement avec le ministre Jean-Noël Barrot pour garantir la viabilité de la Caisse tout en maintenant un accès équitable à la santé pour tous les expatriés. « Non, les Français de l’étranger ne sont pas tous des exilés fiscaux, et oui, ils ont besoin d’une protection sociale adaptée », insiste-t-elle.

    S’appuyer sur les élus de terrain

    La ministre souhaite développer les dispositifs d’apprentissage du français, notamment en ligne, et renforcer les Alliances françaises. Concernant les difficultés de TV5Monde (suppression des journaux du matin et fin du financement suisse en 2029), elle se montre prudente mais déterminée : « Je me battrai pour que la diffusion de la langue française continue à avoir une présence importante ».

    « La francophonie, c’est aussi une question d’influence, mais c’est surtout un lien avec nos compatriotes à l’étranger »

    Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie, aux Partenariats stratégiques et aux Français de l’étranger

    Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger ©LFP
    Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger ©LFP

    Au cours de cet entretien, Éléonore Caroit lie étroitement ses deux portefeuilles, la Francophonie et les Français de l’étranger : « La francophonie, c’est aussi une question d’influence, mais c’est surtout un lien avec nos compatriotes à l’étranger ».

    « Un portefeuille vaste, mais passionnant »

    Enfin, Éléonore Caroit confie avoir ressenti une émotion particulière en prenant ses fonctions : « Je me sentais un peu à la maison », raconte-t-elle, évoquant le site de Convention où siège l’AFE. Elle conclut avec enthousiasme : « C’est un portefeuille très vaste, mais je suis très heureuse de l’avoir, surtout pour ce qui concerne les Françaises et les Français de l’étranger ».

  • Les Français de l’étranger à la croisée des défis : protection sociale, éducation, climat et sécurité

    Les Français de l’étranger à la croisée des défis : protection sociale, éducation, climat et sécurité

    À l’heure où la mondialisation redessine les contours de la vie des expatriés, les Français établis hors de France font face à une série de défis majeurs, comme en témoigne la 43ème session de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE) qui a eu lieu du 13 au 17 octobre. Entre réforme de la protection sociale, crise éducative, urgence climatique et enjeux sécuritaires, les élus présents ont dressé un état des lieux sans concession des réalités vécues par les plus de 2 millions de Français résidant à l’étranger.

    Une 43ème session de l’AFE marquée par l’arrivée d’Éléonore Caroit

    Pour la première fois, cette session s’est ouverte en l’absence de la nouvelle ministre déléguée aux Français de l’étranger, Éléonore Caroit, retenue par les formalités de passation de pouvoir avec son prédécesseur, Laurent Saint Martin. Ancienne élue des Français de l’étranger, députée de la 2ème circonscription (Amérique latine et Caraïbes) depuis 2022, Éléonore Caroit est la première franco-dominicaine à entrer dans un gouvernement français. Son parcours international et son engagement de longue date pour les expatriés lui confèrent une légitimité face aux 90 élus de cette assemblée.

    « La CFE ne peut plus assurer ses missions sans une réforme en profondeur »

    un membre de la commission des Affaires sociales de l’AFE

    La ministre a rappelé, lors de son premier échange avec l’Assemblée, son attachement aux Français de l’étranger, qu’elle qualifie de « force vive de la France ». Elle a assuré qu’elle serait présente pour défendre leurs intérêts et a souligné l’importance de la réforme de la protection sociale, de la pérennisation de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE), et de la modernisation des services publics à destination des expatriés.

    Protection sociale des Français de l’étranger : un système à bout de souffle ?

    Depuis mars 2025, les Assises de la protection sociale, lancées par l’ancien ministre Laurent Saint-Martin, et porté par la commission des Affaires sociales, du monde combattant, de l’emploi et de la formation, ont mobilisé des centaines de contributeurs. Le résultat ? 355 propositions, dont 36 jugées prioritaires, pour repenser les aides sociales, les bourses scolaires et le rôle de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE).

    Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger à l'AFE
    Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger à l’AFE

    La CFE est un organisme de Sécurité sociale, de droit privé chargé d’une mission de service public, placé sous tutelle des ministères en charge de la Sécurité sociale et du Budget. Rappelons que l’adhésion à la CFE se fait sans questionnaire médical préalable. Aucune exclusion (catastrophes naturelles, faits de guerre, attentats…) n’est opposée pour la prise en charge des frais de santé. Cette dernière en déficit structurel de 18 millions d’euros en 2024, est au cœur des préoccupations. « La CFE ne peut plus assurer ses missions sans une réforme en profondeur », alerte un membre de la commission présidée par Florian Bohême. Plusieurs propositions ont été faites pour la pérenniser, comme son raccrochement à la Caisse d’assurance maladie ou l’ouverture de nouvelles antennes.

    Éléonore Caroit s’est félicitée de cet exercice de démocratie inédit et a confirmé sa volonté de suivre les propositions faites dans le cadre de ces assises.

    Les violences faites aux enfants et la transmission de la mémoire sont aussi au centre des débats. L’association « Les Papillons », créé par Laurent Boyet, qui déploie des boîtes aux lettres dans les écoles pour libérer la parole des jeunes victimes, a traité 955 dossiers en 2024, un chiffre qui interroge sur l’efficacité des dispositifs de protection. Parallèlement, le Général Renaud Ancelin insiste sur l’importance de la mémoire collective et des valeurs républicaines, notamment à travers des outils numériques innovants.

    Éducation et francophonie : entre excellence et précarité

    Thèmes évoqués par la commission de l’enseignement, des Affaires culturelles, de la francophonie et de l’audiovisuel extérieur. Avec un taux de réussite au baccalauréat de 98,3 %, le réseau de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE), affiche des résultats enviables. Pourtant, derrière ces chiffres se cache une crise financière aiguë : 80 % des dépenses sont consacrées à la masse salariale, et une solution de financement de 25 millions d’euros est nécessaire d’ici 2026 pour éviter une impasse de trésorerie. Éléonore Caroit devra trouver des solutions pour maintenir l’excellence du réseau des écoles françaises hors de France.

    « Au sein de l’AEFE, il est possible de faire mieux pour moins cher »

    Jean-Hervé Fraslin, Président de la commission de l’enseignement AFE

    La francophonie, quant à elle, reste un levier stratégique. L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF), créée en 1967, et les 829 Alliances Françaises réparties dans 135 pays jouent un rôle clé dans la promotion de la langue et de la culture françaises. L’ouverture du Collège International de Villers-Cotterêts en septembre 2025 marque une étape symbolique pour former les enseignants et cadres éducatifs de demain.

    Climat et commerce : la France entre ambition et réalité

    Alors que le réchauffement climatique atteint +1,24°C, la France se prépare pour la COP 30 en novembre 2025, avec des objectifs ambitieux : évaluation des pays sur la sortie des énergies fossiles, éducation environnementale, et participation accrue à la TeachersCOP. Pourtant, les exportations françaises ont chuté de 2,3 % au T2 2025, et les tensions commerciales avec les États-Unis (droits de douane) et les GAFAM (déséquilibre fiscal) pèsent sur l’économie.

    43eme session plénière de l'AFE
    43eme session plénière de l’AFE

    Le secteur de la défense, deuxième exportateur mondial d’armement, reste un atout majeur. Dassault Aviation, Naval Group ou encore Thales incarnent cette autonomie stratégique, mais la transition écologique et l’innovation verte, portées par des économistes comme Philippe Aghion (Prix Nobel 2025), auditionné par la Commission Développement Durable et du Commerce Extérieur, deviennent des impératifs.

    Sécurité et droits humains : protéger les expatriés dans un monde instable

    La sécurité des Français à l’étranger est plus que jamais une priorité. La commission de la sécurité et des risques sanitaires a auditionné plusieurs élus de pays en crise ainsi que le directeur du centre de crise et soutien. En Ukraine, l’absence de plan d’évacuation a mis en lumière les lacunes des dispositifs consulaires. En Russie, la réduction des structures diplomatiques et en Israël, les dysfonctionnements dans la communication de crise ont révélé des failles préoccupantes.

    Face à ces défis, le Centre de Crise et de Soutien (CdCS) travaille 24h/24 pour gérer les urgences, mais des outils comme le système d’alerte Fil d’Ariane restent sous-utilisés. Parallèlement, la lutte contre les violences intrafamiliales et les violences faites aux enfants mobilise associations et institutions. L’association « Save You », auditionnée par la commission des lois, règlements et Affaires consulaires, a accompagné 600 familles depuis 2022, tandis que les cliniques juridiques gratuites se multiplient, comme à Singapour.

    Fiscalité et finances : un équilibre précaire

    La Caisse des Français de l’Étranger n’est pas la seule institution en difficulté. La commission de l’enseignement, a mis en lumière le programme 151, dédié aux services consulaires et aux bourses scolaires, qui a vu son budget réduit de 5,5 millions d’euros entre 2024 et 2025. La Mission Laïque Française (MLF), malgré un taux de réussite de 100 % au baccalauréat, affiche un déficit de 1,5 million d’euros pour 2024-2025.

    Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes à l'AFE, entouré de Pauline Carmona, Directrice de la DFAE et Hélène Degryse, Présidente de l'AFE
    Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes à l’AFE, entouré de Pauline Carmona, Directrice de la DFAE et Hélène Degryse, Présidente de l’AFE

    Le Premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, invité par la commission des finances, de la Fiscalité et du Budget, est intervenu devant la 43e session de l’Assemblée des Français à l’étranger. Il s’est notamment exprimé sur la situation des finances publiques, les enjeux, et sur le rôle essentiel de l’AFE auprès des plus de 2,5 millions de citoyens vivant à l’étranger.

    La commission des Finances a également auditionné la Direction des Impôts des Non-Résidents (DINR) qui innove avec, en projet, un simulateur d’impôt pour aider les expatriés à y voir plus clair. Mais les conventions fiscales, suspendues avec la Russie et la Biélorussie, et en négociation avec la Pologne ou l’Inde, restent un casse-tête pour éviter la double imposition.

    Vers un avenir plus sûr et solidaire ?

    Les commissions appellent ainsi à des réformes structurelles, notamment :

    • Rééquilibrer les finances de la CFE et de l’AEFE,
    • Renforcer la sécurité et l’accès au droit pour les expatriés,
    • Accélérer la transition écologique et l’innovation,
    • Lutter contre les violences et améliorer la protection des plus vulnérables.

    Alors que le rapport final des Assises de la protection sociale est attendu pour décembre 2025, une question persiste : la France saura-t-elle relever ces défis pour ses citoyens à l’étranger ? Prochain rendez-vous de l’AFE du 2 au 6 mars 2026 pour la dernière session de cette mandature.


    Plus d’information sur le site de l’AFE

  • Prix du développement durable AFE pour les « Enfants du Dragon »

    Prix du développement durable AFE pour les « Enfants du Dragon »

    Le Prix du développement durable AFE des Français de l’étranger a dévoilé son palmarès. Parmi les lauréats figure l’association Les Enfants du Dragon. Lesfrancais.press s’est entretenu avec Daniel Verschaere, directeur des partenariats de cette ONG basée au Vietnam. Dans ce podcast, vous découvrirez les actions menées par l’association, notamment le projet d’éco‑ferme pédagogique primé, ainsi que la fierté de son représentant d’avoir reçu cette distinction au Quai d’Orsay.

    Écouter le podcast avec Daniel Verschaere

    « Les Enfants du Dragon » récompensées par un Prix du développement durable AFE

    Décernés tous les deux ans, depuis sa création en 2019, les Prix AFE du développement durable visent à mettre en lumière des projets portés par des Français de l’étranger dans les domaines tels que la transition écologique, l’économie circulaire, l’innovation responsable et la solidarité. Lors de la cérémonie de remise des prix, organisée le 15 octobre au Quai d’Orsay en présence de Jean‑Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, cinq initiatives ont été distinguées. Parmi elles, l’association « Les Enfants du Dragon ».

    « Nos actions visent à améliorer les conditions de vie des familles défavorisées et à aider les enfants à se construire un avenir meilleur
    grâce à l’éducation »

    Les Enfants du Dragon

    C’est depuis au Vietnam qu’œuvrent « les Enfants du Dragon ». Cet orphelinat aide, entre autres, « les enfants à se construire un meilleur avenir grâce à l’éducation ». Depuis le Quai d’Orsay où se déroulait la cérémonie, nous avons pu interroger Daniel Verschaere, le directeur des partenariats et du développement de cette ONG, qui a donc reçu le troisième prix du jury cette année. À cette occasion, l’application bancaire France Pay, partenaire de cette troisième édition des Prix du développement durable AFE, a remis le trophée au lauréat.

    Les Enfants du Dragon : vers la création d’une éco-ferme pédagogique

    Fondée en 2009 par Marc De Muynck, l’association « Les Enfants du Dragon » a depuis mené de nombreux projets au Vietnam, notamment la construction et l’ouverture de l’orphelinat Phoenix, ou bien encore la construction de près de 200 maisons de solidarité dans le Mekong :« Nos actions visent à améliorer les conditions de vie des familles défavorisées et à aider les enfants à se construire un avenir meilleur grâce à l’éducation », souligne l’ONG. L’une de ces initiatives a donc été récompensée.

    Les "Enfants du Dragon" reçoivent le troisième prix du Développement durable AFE
    Les « Enfants du Dragon » reçoivent le troisième prix du Développement durable AFE

    C’est Daniel Verschaere, le directeur des partenariats et du développement « Les Enfants du Dragon » qui était au Quai d’Orsay pour recevoir ce trophée. Vous retrouverez son interview en podcast. Au cours de celle-ci, il nous parle notamment des « métiers » de cette ONG, et de l’action primée lors de cette édition du prix du développement durable AFE : « On a travaillé sur un projet d’éco-ferme pédagogique. Ce projet a beaucoup de facettes (…) et va peut-être nous permettre de tendre vers une autonomie alimentaire » nous explique-t-il. Une initiative qui verra le jour début 2026.

    Le Prix du développement durable AFE : une récompense collective

    Ce trophée est une récompense pour l’ensemble des équipes de l’ONG : « On est très heureux d’avoir été primé » exprime Daniel Verschaere au nom de l’association. Il ajoute également que cette distinction « c’est une reconnaissance pour l’ensemble des bénévoles et des volontaires qui travaillent au quotidien dans des ONG, dans des associations et qui font avancer les choses et qui font de l’impact ». C’est cet effort collectif qui a sans doute aussi séduit le jury.

    Partenaire de la remise de ce prix du développement durable AFE à l’association « Les Enfants du Dragon », l’application bancaire France Pay, s’inscrit dans cette démarche de soutien aux Français de l’étranger. Pour Fabien Ferasson, le fondateur de France Pay et le rédacteur en chef de notre site Lesfrancais.press, « à travers les articles presse comme à travers la mise à disposition d’un compte français à nos compatriotes expatriés, nous cherchons à accompagner au mieux les Français de l’étranger afin de faciliter la réussite de leur projet personnel comme de leurs actions bénévoles

    Remise des Prix du développement durable AFE en présence de Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
    Remise des Prix du développement durable AFE en présence de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

    Présent lors de cette cérémonie de remises des prix, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a, de son côté, mis également en avant « l’engagement de nos compatriotes à l’étranger en faveur des générations futures », tout en félicitant celles et ceux qui font ainsi « rayonner la France ».

    En distinguant « Les Enfants du Dragon » lors de la cérémonie du 15 octobre au Quai d’Orsay, le Prix du développement durable AFE a donc souhaité soutenir une action concrète et collective pour améliorer durablement le quotidien des plus vulnérables par l’éducation et l’innovation sociale. Ce troisième prix du jury consacre aussi le travail des équipes et bénévoles de l’ONG.

    Si vous souhaitez accompagner le développement de l’association « Les Enfants du Dragon » vous retrouverez les informations nécessaires sur son site internet : https://lesenfantsdudragon.com/

  • Des propositions concrètes pour une protection sociale plus juste et plus humaine

    Des propositions concrètes pour une protection sociale plus juste et plus humaine

    En marge de la restitution des Assises de la protection sociale, organisée le 15 octobre lors de la séance plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), les sénatrices représentant les Français établis hors de France, Mathilde Ollivier et Mélanie Vogel, membres du parti Les Écologistes, ont adressé à notre média, Lesfrancais.press, une tribune que nous publions dans son intégralité.

    « Les Assises de la protection sociale des Français·es de l’étranger ont permis de faire entendre la voix de toutes et tous et de transformer les combats des écologistes en propositions transpartisanes largement soutenues par les citoyennes et citoyens. De la suppression du délai de carence pour la Sécurité sociale à l’indexation des aides sur l’inflation, en passant par la création d’un pôle handicap dédié, l’alignement des critères de l’AAH et la défense de la CFE : nos propositions portées au Sénat ont trouvé un large écho.

    Cahier d'acteurs des sénatrices Mathilde Ollivier et Mélanie Vogel
    Cahier d’acteurs des sénatrices Mathilde Ollivier et Mélanie Vogel, pour les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger

    Notre travail parlementaire prouve notre capacité à transformer ces recommandations en mesures concrètes. Nous resterons pleinement mobilisées pour que les propositions citoyennes se traduisent en actions réelles.

    Les Assises de la protection sociale : une démarche démocratique inédite

    Les Assises de la protection sociale des Français·es de l’étranger, organisées par l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), se sont déroulées de mars à octobre 2025.

    La Conférence de consensus du 10 octobre 2025 a ouvert la phase d’aboutissement de ce processus. Un dispositif de démocratie participative inédit, qui réunit un panel représentatif de citoyen·nes, a permis de hiérarchiser et de prioriser les propositions.

    Plusieurs propositions portées par le groupe écologiste au Sénat figurent parmi les mesures prioritaires soutenues par le panel citoyen. Cette convergence entre nos propositions législatives et budgétaires et les attentes exprimées lors de la consultation citoyenne n’est pas le fruit du hasard. Elle témoigne d’une écoute attentive du terrain, des élu·es et de nos compatriotes, et d’un engagement sans faille pour une protection sociale universelle et solidaire.

    Des avancées pour les Françaises et Français de l’étranger

    La création d’un pôle dédié aux Françaises et Français de l’étranger au sein d’une Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), notre proposition de loi, a recueilli un large soutien. Actuellement, nos compatriotes en situation de handicap sont confronté·es à un parcours du combattant administratif : multiplication des interlocuteurs, méconnaissance des spécificités de l’expatriation, délais parfois interminables. Un pôle dédié pourra centraliser les demandes, simplifier les démarches et garantir un accompagnement adapté aux réalités de la vie de nos concitoyen·nes à l’étranger.

    L’indexation des aides sur l’inflation et leur réévaluation continue répond là aussi à une urgence sociale. Le mode de calcul actuel, trop lent, n’est pas adapté à la réactivité nécessaire en cas de crises, notamment économiques, ou à l’inflation galopante dans certaines zones.

    Mathilde Ollivier sénatrice des Français établis hors de France, Les écologistes, lors d’une audition sur les Assises de la protection sociale

    Notre proposition de loi répondant à cette attente citoyenne prévoit une revalorisation automatique en cas de crise, une meilleure prise en compte des situations économiques locales et un droit à l’information garantissant la transparence des conditions d’attribution.

    La suppression du délai de carence pour accéder à la Sécurité sociale au retour en France a obtenu le score le plus élevé parmi les propositions relatives aux aides sociales. Aujourd’hui, les Français·es qui reviennent de l’étranger n’ont pas accès à la couverture maladie et doivent attendre plusieurs mois avant d’y avoir à nouveau droit. Il est donc essentiel de garantir une prise en charge immédiate de leurs frais de santé dès leur retour en France. Nos amendements adoptés aux projets de loi de financement de la Sécurité sociale 2024 et 2025 avaient déjà permis d’introduire cette proposition. Il est temps de concrétiser ce soutien transpartisan à notre proposition en action concrète.

    L’inclusion au cœur de nos propositions

    La suppression de la condition exigeant un taux de handicap supérieur à 50 % pour bénéficier de la prise en charge de l’AESH, identifiée par les participant·es comme une priorité, pourrait mettre fin à une autre discrimination que nous avions identifiée impactant les familles à l’étranger.

    De même, l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) est accordée en France dès 50 % d’incapacité (sous conditions de restrictions d’accès à l’emploi). À l’étranger, le seuil minimal est fixé à 80 % pour l’AAH dite « consulaire ». Pourquoi une telle différence de traitement ? Tout comme le panel citoyen, nous proposons l’alignement des critères d’éligibilité sur ceux applicables sur le territoire national, pour une véritable égalité républicaine.

    Sur les bourses scolaires, nous proposons le rétablissement et l’augmentation des crédits, une réforme axée sur le reste à charge avec un bouclier tarifaire, et des exonérations pluriannuelles pour assurer la stabilité financière des familles. Les coupes budgétaires actuelles excluent les familles françaises, particulièrement monoparentales et de classes moyennes. C’est inacceptable.

    Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France, Les écologistes, lors de la conférence de consensus des Assises de la protection sociale
    Mélanie Vogel, sénatrice des Français établis hors de France, Les écologistes, lors de la conférence de consensus des Assises de la protection sociale

    Si la question de l’enveloppe allouée aux bourses scolaires devra être débattue lors de l’examen du PLF 2026, les Assises ont néanmoins retenu plusieurs propositions d’amélioration du système existant : transparence accrue, harmonisation des pratiques consulaires et meilleure prise en compte des observations des conseils consulaires des bourses.

    Sauver la Caisse des Français de l’étranger : un impératif de solidarité

    L’affectation d’une part de la CSG des Français·es de l’étranger à la CFE portée au sein d’une proposition de loi de notre collègue Karim Ben Cheïkh à l’Assemblée Nationale a, là aussi, reçu un fort soutien lors de ces Assises. Il est de notoriété publique que la CFE connaît un déséquilibre financier structurel alarmant : déficit de plusieurs millions d’euros en 2022, dépassant 10 millions d’euros par an en 2023-2024. Cette situation résulte avant tout d’un désengagement constant de l’État.

    Contrairement aux récentes orientations gouvernementales, nous défendons le rôle d’intérêt général de la CFE et proposons plusieurs mesures de sauvetage : inscription légale d’une obligation de financement à 50 % par l’État de la « catégorie aidée », affectation d’une fraction de la CSG/CRDS des Français·es de l’étranger (environ 200 millions d’euros annuels disponibles), voire la création ou la majoration d’une écotaxe sur les billets d’avion pour financer la solidarité. Sans nouvelles ressources, un drame est à prévoir pour la Caisse et, de facto, pour ses adhérent·es. Citoyen·nes, élu·es et associations sont unanimes sur ce constat collectif.

    Le maintien des tutelles de la CFE, en y ajoutant celle du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, garantirait une gouvernance équilibrée associant expertise budgétaire, sociale et diplomatique. Cette proposition, que nous avions soulevée lors de nos consultations avec le précédent ministre délégué aux Français de l’étranger, assurerait une meilleure prise en compte des spécificités de notre communauté.

    La possibilité pour les travailleurs indépendants de cotiser à la retraite française via la CFE a obtenu le soutien le plus important lors de ces Assises. Cette proposition des Écologistes Hors de France répond à une attente majeure de notre communauté. Actuellement, les travailleurs non-salariés établis hors de France ne peuvent cotiser pour leur retraite française, créant une rupture de droits préjudiciable. Notre mesure rétablirait l’équité et renforcerait la CFE.

    Nous regrettons que le cadre des Assises n’ait, à ce stade, pas permis l’inclusion de la question des retraites et des carrières internationales, un débat pourtant essentiel pour notre communauté établie à l’étranger. Les inégalités en matière de retraites sont constamment mises de côté malgré nos nombreuses interventions et alertes. C’est un combat que nous continuerons à mener avec détermination, notamment dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale cet automne.

    Nos engagements

    La convergence entre nos propositions législatives, nos amendements, nos travaux et les attentes exprimées par les citoyen·nes et les élu·es lors de cette consultation démontre une chose essentielle : nos compatriotes hors de France attendent une protection sociale digne de ce nom, non pas des rustines budgétaires.

    Ces premiers résultats des Assises ne sont qu’une étape. Un autre chantier s’ouvre maintenant : transformer ces propositions fortement soutenues en mesures applicables et mises en œuvre. Les prochaines semaines seront décisives, avec l’examen du projet de loi de finances pour 2026, le projet de loi spécifique aux Français·es de l’étranger et la remise du rapport des Assises de la protection sociale des Français·es de l’étranger. Nous resterons mobilisées pour que ces propositions citoyennes se traduisent dans les faits et ne restent pas lettre morte.

    Nous porterons ces combats au Sénat avec nos propositions de loi, nos amendements budgétaires, nos questions au gouvernement, car l’éloignement ne doit jamais signifier l’abandon !
    La protection sociale des Françaises et Français de l’étranger est un investissement dans la cohésion de notre communauté nationale. Nos compatriotes hors de France en font pleinement partie. »

    Mathilde OLLIVIER et Mélanie VOGEL

    Sénatrices écologistes des Françaises et Français établis hors de France

  • Vers un transfèrement pour les derniers prisonniers français en Iran ?

    Vers un transfèrement pour les derniers prisonniers français en Iran ?

    Le Quai d’Orsay a dénoncé ce jeudi 16 octobre la condamnation à de lourdes peines de prison de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans. Ils ont été inculpés pour espionnage et la France les considère comme des « otages d’État ». 

    20 ans et 17 ans de réclusion

    Lors d’une conférence de presse, les proches ont confirmé l’annonce de la condamnation à 17 ans de prison pour Jacques Paris et à 20 ans pour Cécile Kohler (fonctionnaire de l’AEFE), prononcée ce mardi.

    Les Français, détenus depuis mai 2022 en Iran où ils ont été inculpés notamment pour espionnage au profit des services de renseignement français et israélien, « ont été arbitrairement condamnés » par la justice iranienne, a dénoncé ce jeudi 16 octobre le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. « Les motifs d’inculpation, quels qu’ils soient, sont totalement infondés », a-t-il ajouté, en demandant « leur libération immédiate« .

    La survie de nos compatriotes en jeu ?

    Les familles de Cécile Kohler et Jacques Paris ont alerté, plus tôt ce jeudi lors d’une conférence de presse sur la situation de leurs proches, dont « la survie » est désormais en jeu selon elles, et exhorté l’État français à les faire libérer immédiatement.

    « Chaque jour de détention qui passe engage la responsabilité de l’Etat français sur la survie de Cécile et Jacques »

    Noémie Kohler, soeur de Cécile

    La jeune femme a confié avoir échangé brièvement mardi avec eux, « pendant huit minutes en visio » sous haute surveillance. « C’était un appel de détresse« , a-t-elle confié. « Ils m’ont dit qu’ils étaient épuisés« .

    Noemie Kohler, la sœur de Cecile Kohler
    Noemie Kohler, la sœur de Cecile Kohler s’exprimant lors d’une conférence de presse ce 16/10/2025 ©AFP

    Ils sont « à bout de forces« , a-t-elle poursuivi, ajoutant que sa soeur lui a clairement dit qu’elle ne pourrait endurer encore « trois mois ou même quelques semaines de détention ». De son côté, Anne-Laure Paris, fille de Jacques Paris, a souhaité se faire « la porte-parole de son épuisement, de son désespoir, de sa détresse et de sa colère« . « Mon père m’a dit: Je regarde la mort en face », a-t-elle dit.

    Enjeux internationaux

    L’avocate de la famille Kohler, Me Chirinne Ardakani, a souligné que leur détention était l’une des plus longues infligées à des Français dans le monde, après celle d’Ingrid Betancourt en Colombie entre 2002 et 2008. Les proches des deux détenus ont par ailleurs estimé qu’il y avait « une rupture de confiance avec les autorités françaises qui ont retiré leur plainte auprès de la Cour internationale de justice« .

    En effet, la CIJ a annoncé le 25 septembre avoir abandonné, à la demande de la France, une requête contre l’Iran au sujet de la détention de Cécile Kohler et Jacques Paris qui sont, selon Paris, « retenus comme otages d’État« . « Nous ne savons toujours pas où ils sont détenus depuis leur transfert forcé en juin » pendant la guerre des 12 jours avec Israël, s’est également indignée Noémie Kohler.

    Mais si la France a retiré sa plainte c’est qu’en arrière-plan, les diplomates s’activent. Le 12 septembre, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait déclaré qu’un accord visant à échanger des prisonniers français en Iran contre une femme iranienne détenue en France approchait de sa « phase finale« .

    L’échange proposé concerne Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France en février pour avoir fait l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. Téhéran estime qu’elle est injustement détenue. Mahdieh Esfandiari, traductrice et diplômée de l’Université de Lyon, vivait en France depuis 2018. Si cette démarche aboutit, cela ouvrira la voie à un transfèrement de nos compatriotes vers la France.

  • Assises de la protection sociale : restitution des conclusions à la Ministre Caroit

    Assises de la protection sociale : restitution des conclusions à la Ministre Caroit

    Première étape importante franchie pour les Assises de la protection sociale. Ce mercredi 15 octobre, les recommandations ont ainsi été remises à la nouvelle ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Éléonore Caroit. Lancées en mars 2025, ces Assises ont fait l’objet d’une restitution officielle de leurs conclusions au gouvernement lors de la 43e session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), marquant un moment clé. C’est la première fois qu’un tel exercice est mené sur ce sujet. Reste une question centrale : que deviendront ces propositions ? Resteront-elles enfermées dans un document ou connaîtront-elles une mise en œuvre concrète dans les prochains mois au bénéfice des expatriés ?

    Assises : 355 propositions formulées

    Lancées en mars dernier, les Assises de la protection sociale des Français de l’étranger entendaient faire de ce débat « une caisse de résonance des citoyens français partout dans le monde », selon Florian Bohême, conseiller des Français du Cambodge et Président de la commission des Affaires sociales, du monde combattant, de l’emploi et de la formation à l’AFE, qui a été l’un des premiers à en souhaiter l’organisation.  Pour Hélène Degryse, la présidente de l’Assemblée des Français de l’étranger, il était « grand temps d’adapter les mécanismes existants » de la protection sociale qui sont restés figés depuis des années malgré les évolutions démographiques, l’épisode Covid et la diversification des profils d’expatriés.

    « Assises de la protection sociale des Français de l’étranger :
    355 propositions reçues »

    Chiffre communiqué par les organisateurs AFE

    Six mois après son lancement, la démarche a mobilisé nos compatriotes sur les cinq continents. Trois thèmes avaient été retenus : les aides sociales directes et indirectes, les bourses scolaires de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) et l’accompagnement par les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), ainsi que l’avenir de la Caisse des Français de l’étranger (CFE).

    Séance de restitution des Assises de la protection sociale des Français de l'étranger à l'AFE
    Séance de restitution des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger à l’AFE

    Au total, plus de 12 000 personnes ont répondu au questionnaire, 355 propositions ont été formulées lors des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger (AFE) dans le cadre d’une procédure de participation collective. 70 d’entre elles et par thème ont d’abord été présélectionnées, puis 12, sur chacun des trois sujets, ont finalement été retenues par un panel de citoyens réuni lors de la conférence de consensus organisée le 10 octobre 2025 à l’Assemblée nationale. Lesfrancais.press avait publié l’ensemble des recommandations émises lors de cette réunion dans cet article précedent.

    Protection sociale : des conclusions remises et après ?

    Lors de la séance de restitution et de clôture des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger, ce mercredi 15 octobre à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), les élus ont pris la parole. Florian Bohème, qualifié de « brillant et vaillant chef d’orchestre » des Assises par la présidente de l’AFE, Hélène Degryse, a rappelé que « la protection sociale est l’un des piliers du pacte républicain » et qu’à travers les travaux, l’idée de « Faire France ensemble » a émergé.

    Florian Bohême, Président de la commission des Affaires sociales de l'AFE
    Florian Bohême, Président de la commission des Affaires sociales de l’AFE

    L’initiateur de ces Assises s’est également adressé directement à Éléonore Caroit, nouvelle ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, présente lors de cette restitution. Florian Bohème a notamment indiqué attendre sa part « des résultats » pour améliorer la protection sociale des expatriés, tout en lui souhaitant « d’avoir un temps long pour le faire ». Il a également ajouté : « Nous avons un panier de 355 propositions dans lequel vous pourrez faire vos courses. », soulignant l’importance des conclusions transmises ce jour, de la contribution et avis venus de nos compatriotes établis hors de France et de la mise en œuvre concrètes des recommandations.

    « Rien n’est pire que de formuler des propositions
    qui ne se traduisent pas en actions »

    Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

    Pour l’une de ses premières prises de parole publique depuis sa nomination dans le gouvernement de Sébastien Lecornu, Éléonore Caroit, nouvelle ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, a d’emblée souligné l’importance de la mention « Français de l’étranger » dans l’intitulé de son portefeuille.

    Éléonore Caroit
    Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger

    Élue en 2022 députée des Français d’Amérique latine et des Caraïbes, elle a tenu à rassurer sur le suivi des conclusions des Assises de la protection sociale remises ce mercredi 15 octobre : « Rien n’est pire que de formuler des propositions qui ne se traduisent pas en actions. » Tout en soulignant que cette restitution n’est « pas un point final à ces assises. »

    Les élus AFE entre contrainte budgétaire et mise en action

    Toutefois, la mise en œuvre des propositions pourrait également dépendre du débat budgétaire à venir. Au nom du groupe des Indépendants de l’AFE, Claude Levy a cependant précisé que les « recommandations qui n’engagent pas de dépenses pourraient être priorisées. » Du côté de la gauche et du groupe Écologie & Solidarité, Denis Glock a rappelé que « derrière les chiffres, il y a des vies » et qu’il revient à « l’État de garantir la continuité des droits », y compris dans un contexte financier contraint.

    « Derrière les chiffres, il y a des vies »

    Denis Glock, élu du Groupe Écologie & Solidarité AFE

    Souhaitant dépasser certains clivages politiques, Alexandre Col, pour le groupe Indépendants, démocrates et progressistes, qui rassemble les élus de l’ex-bloc central a affirmé que « la plupart des propositions sur la table sont massivement pragmatiques et non idéologiques ». Dans le même esprit, Catya Martin, pour le groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants, a cité un exemple concret : « faciliter le parcours des aides AESH pour les Français de l’étranger (…) aujourd’hui c’est un véritable labyrinthe ». Annie Réa, du groupe Solidaires et Indépendants, proche de l’ASFE, a également demandé qu’« aucun Français ne soit mis à l’écart de la solidarité nationale ». Enfin, selon Élise Léger, non inscrite, il importe que « ces travaux s’inscrivent dans la durée ».

    Pour la ministre, cette séance de restitution « n’est pas un point final ». Éléonore Caroit assure qu’elle analysera l’ensemble des propositions, en espérant que le travail se poursuive de manière transpartisane, comme elle a pu le faire avec son collègue Karim Ben Cheikh, du groupe écologiste à l’Assemblée nationale. À eux deux, ils avaient déposé une proposition de loi en faveur des expatriés, qui pourrait, peutêtre, se transformer en projet de loi gouvernemental intégrant certaines recommandations des Assises de la protection sociale ? À suivre.