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  • Michel Serres, le philosophe de la « Petite Poucette » est mort

    Michel Serres, le philosophe de la « Petite Poucette » est mort

     

    « Il est mort très paisiblement à 19h entouré de sa famille »

    Le philosophe Michel Serres, figure intellectuelle familière du grand public, est décédé samedi à l’âge de 88 ans, a annoncé à l’AFP sa maison d’édition, Le Pommier.

    « Il est mort très paisiblement à 19h entouré de sa famille », a déclaré son éditrice Sophie Bancquart. Passionné notamment par l’écologie et l’éducation, l’académicien s’est intéressé à toutes les formes du savoir, anticipant les bouleversements liés aux nouvelles technologies de la communication.

    L’académicien, par ailleurs professeur à l’université californienne de Stanford, était encore invité sur franceinfo dimanche 26 mai dans l’émission « Questions politiques ». Il a animé une chronique sur franceinfo, baptisée « le sens de l’info » pendant 14 ans.

    Il avait reçu le prix Médicis pour Les Cinq sens en 1985, mais son principal succès populaire est arrivé deux décennies plus tard, en 2012, quand Petite Poucette s’était vendu à 270 000 exemplaires. Rien avoir avec les contes de fées, ce titre était un clin d’oeil à la maestria avec laquelle certains utilisent leurs pouces pour taper sur leurs portables…

    Son dernier livre, « Morales espiègles », était paru en février.

    AFP, publié le samedi 01 juin 2019 à 21h56

  • Boris Johnson poursuivi pour ses mensonges sur le Brexit

    Boris Johnson poursuivi pour ses mensonges sur le Brexit

    Boris Johnson, qui a de grandes chances de devenir le prochain Premier ministre britannique, est appelé à comparaître devant la justice pour ses mensonges liés au Brexit.

    Boris Johnson, qui a mené à bien la campagne « Vote Leave » (pour la sortie de l’UE) lors du référendum de 2016 sur le Brexit, a répété à maintes reprises que la contribution hebdomadaire du Royaume-Uni à l’UE était de 350 millions de livres et que cette somme pouvait être utilisée pour financer le Service de santé national à la place.

    Le message s’est répandu tout au long de la campagne et a même été placardé sur les bus de campagne de « Vote Leave » faisant le tour du pays.

    Cette affirmation des 350 millions a été dénoncée par l’autorité britannique des statistiques, qui la décrit comme « un abus évident des statistiques officielles ». « Les déclarations qui ont été faites sont des accusations non fondées et je ne trouve aucune donnée qui les étayent », a déclaré la juge de district, Margot Coleman, le 29 mai.

    « J’accepte que les fonctions publiques qu’occupe M. Johnson lui concèdent un statut mais celui-ci s’accompagne d’influence et d’autorité », soutient-elle. « Je suis convaincue qu’il y a suffisamment d’éléments de preuve pour établir à première vue qu’il s’agit d’une question qui doit être tranchée devant le tribunal. »

    L’audience préliminaire aura lieu au tribunal correctionnel de Westminster, puis l’affaire sera renvoyée devant le tribunal de la couronne pour être jugée.

    L’affaire a été portée devant les tribunaux par l’homme d’affaires Marcus Ball, qui a levé 200 000 livres pour payer une poursuite privée grâce à du crowd-funding. Selon lui, Boris Johnson a délibérément menti sur le coût de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE.

    Lewis Power QC, qui représente Marcus Ball, a qualifié l’attitude de Boris Johnson durant la campagne du référendum d’à la fois « irresponsable et malhonnête ».

    Délit de « mensonge au public »

    En cas de succès de cette affaire, ce sera la première fois qu’un député en exercice sera poursuivi pour « mensonge au public », ce qui est considéré comme une faute dans l’exercice de fonctions publiques, un délit dans le droit commun britannique.

    Pour sa part, Boris Johnson a recruté une équipe d’avocats pour le défendre, dirigée par Adrian Darbishire QC. Ce dernier a annoncé la semaine dernière que son client réfutait totalement les accusations portées contre lui. Selon lui, la plainte contre Boris Johnson est « une manœuvre politique ». « Cette affaire doit son existence à la volonté d’individus comme M. Ball de saper le résultat du référendum. »

    Boris Johnson, qui a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères de Theresa May avant de démissionner en juillet dernier à cause de ses projets de Brexit, est actuellement le favori pour succéder à la Première ministre dans la course à la direction du parti conservateur qui débutera officiellement le 10 juin et qui devrait durer plusieurs mois.

    L’affaire en cours risque d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs.

    « Étant donné que Johnson veut être le prochain Premier ministre de ce pays, il est normal qu’il soit tenu responsable des mensonges qu’il a proférés en 2016 », a déclaré Ed Davey, ancien ministre du Cabinet qui se présente pour la direction des libéraux démocrates.

    Cependant, peu d’experts s’attendent à ce que les perspectives de leadership de Johnson soient compromises par l’affaire au sein d’un parti conservateur largement eurosceptique.

    « Une place spéciale en enfer »

    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a ouvertement critiqué ceux qui ont menti lors de la campagne pour que le Royaume-Uni quitte l’UE.

    Lors du sommet des dirigeants de l’UE qui s’est tenu mardi, il a déclaré que le Brexit était un « vaccin contre la propagande anti-UE et les fausses informations » et qu’il a permis de réduire les niveaux de désinformation anti-UE diffusée comme moyen de déstabiliser le bloc.

    En février, Donald Tusk a déclaré qu’il y avait une « place spéciale en enfer » pour les défenseurs du Brexit qui n’avaient pas conçu un plan réaliste pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

    Benjamin Fox et Samuel Stolton

    Un article publié sur le site de notre partenaire

  • Quelques gilets jaunes continuent de manifester.. Pause estivale ou fin du mouvement ?

    Quelques gilets jaunes continuent de manifester.. Pause estivale ou fin du mouvement ?

    Quelque milliers de « gilets jaunes » manifestent dans le calme en France samedi pour la 29e journée de mobilisation depuis le début du mouvement, qui semble clairement marquer le pas.

    « Justice sociale, justice fiscale », « anti, anti, anticapitaliste », « Macron démission pour un monde meilleur »

    D’après les chiffres du ministère de l’Intérieur, qui sont toujours contestés par les « gilets jaunes », 2.600 manifestants ont été dénombrés dont 1.300 à Paris, soit un peu moins que la semaine passée.

    « Justice sociale, justice fiscale », « anti, anti, anticapitaliste », « Macron démission pour un monde meilleur » pouvait-on lire et entendre dans les cortèges.

    Mais certains manifestants n’hésitent plus à afficher leur blues. Comme Josiane mobilisée dès la première heure depuis le mois de novembre et présente dans les rues de Toulouse, l’une des places fortes du mouvement, où seules quelques centaines de personnes étaient réunies samedi.

    « C’est la première fois qu’il y a si peu de monde à Toulouse, ça me fait mal au cœur. Le gouvernement, le pouvoir, ils sont trop forts, au final on n’a rien gagné et en plus on s’est fait insulter et taper dessus », déplore cette retraitée.

    Après des mois de mobilisation variable, attirant de plusieurs dizaines de milliers à plus de 280.000, les dernières semaines ont en effet montré un essoufflement de la mobilisation : le 18 mai, ils étaient environ 15.500 à travers la France, et 12.500 le 25.

    Pourtant beaucoup dans les cortèges gardent espoir.

    « On ne lâche rien ! Les médias disent que le mouvement est mort mais c’est faux », affirme Sandrine 53 ans, de Massy-Palaiseau, auxiliaire familiale, présente chaque samedi depuis le 17 novembre. « On est hyper résistants. Il y aura peut-être un petit creux pendant l’été, mais en septembre ça va repartir de plus belle ».

    « Le mouvement va continuer », abonde Luca, 48 ans, également dans le cortège parisien qui imagine « à long terme des organisations de démocratie directe au niveau local » issues du mouvement.

    « Pour continuer à venir, il faut vouloir aller au-delà, penser un peu politiquement, structurer l’élan qu’a été les +gilets jaunes+. Mais pas dans un parti, en tout cas », estime Jean-Marc, 64 ans, enseignant à la retraite, de Créon, dans la grande banlieue de Bordeaux.

    « répression policière ».

    Pour lui les « quelques mesurettes du gouvernement ont pu donner un peu d’oxygène à certains, mais la souffrance est toujours là. Des gens au point de rupture, j’en vois toujours ».

    Même constat à Montpellier pour Eric, 61 ans, qui est balayeur pour la ville: « J’ai grandi en HLM. Depuis tout petit, je constate trop d’inégalités. Je suis +gilet jaune+ depuis que je suis né, et encore pour longtemps. Même si ça dure encore deux ans, je serai là ».

     Des manifestants qui dénoncent tous par ailleurs la « répression policière ». 

    Cette semaine le procureur de Paris a assuré que des policiers seraient jugés pour violences lors des manifestations, suscitant la colère des organisation syndicales de la police.

    « Cela reste de la communication, l’arbre qui cache la forêt et je pense que l’on est loin du compte donc j’appelle tous les blessés à aller porter plainte », a commenté Jérôme Rodrigues, figure du mouvement, qui a lui-même perdu un œil le 26 janvier.

    Selon le procureur de Paris, 171 enquêtes ont été confiées à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et trois à l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Les investigations sont désormais terminées pour 57 d’entre elles et le parquet doit décider d’éventuelles suites judiciaires.

    Depuis le début du mouvement le 17 novembre, 2.448 personnes ont été blessées côté manifestants et 1.797 parmi les forces de l’ordre, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur arrêtés au 13 mai.

    AFP, publié le samedi 01 juin 2019 à 18h59

  • Un français du Brésil replante 2 millions d’arbres

    Un français du Brésil replante 2 millions d’arbres

    On vous démontre dans nos nombreux articles que l’Homme  est celui qui détruit la Nature. Et pourtant, nous vous invitons, cette fois, également à découvrir qu’il peut réaliser des miracles  pour notre belle planète et réparer les horreurs des autres.

    Aujourd’hui, nous vous racontons l’histoire de Sebastião Ribeiro Salgado, un photo-journaliste franco-brésilien qui est à l’origine d’un véritable exploit qui lui a pris plus de 30 ans. À cette époque, le reporter revenait d’une mission en Afrique de l’Est où il documentait les horreurs du génocide au Rwanda.

    À la suite de cette expérience traumatisante, Salgado est rentré au Brésil avec pour projet de reprendre le ranch d’élevage de sa famille à Minas Gerais, une région qui, dans ses souvenirs, était réputée pour abriter une forêt tropicale luxuriante. Malheureusement, une fois sur place, il a découvert une région dévastée par la déforestation. Seul 0,5% de la surface de cette forêt de près de 710 hectarespossédait encore des arbres. Pire encore : toute la faune avait disparu.

    Alors, avec sa femme Lelia, Sebastião s’est lancé dans un projet d’envergure : replanter entièrement la forêt. Et pour soutenir cette cause qui paraissait impossible, le couple a créé en 1998 l’Instituto Terra, une organisation environnementale dédiée au développement durable. Le projet a pris plus de 20 ans mais le couple, aidé par l’association, a métamorphosé ce terrain aride et hostile pour redonner vie à la forêt paradisiaque qui existait autrefois.

    Aujourd’hui, la Nature a repris ses droits ; la faune et la flore ont repeuplé cette forêt de nouveau luxuriante composée aujourd’hui de 2 millions d’arbres. Désormais, le territoire comprend 293 espèces d’arbres, 172 espèces d’oiseaux, 33 de mammifères et 15 d’amphibiens et de reptiles. Et au delà de la faune et de la flore, le projet a eu un impact considérable sur l’écosystème et le climat. En plus de réintroduire des plantes et des animaux dans la région, il a permis de faire émerger des sources d’eau jadis asséchées et il a eu un impact positif sur les températures locales.

    Un magnifique projet qui prouve que, même si l’Homme est connu pour sa capacité à tout détruire, il peut aussi faire preuve de bon sens et d’ambition pour des projets meilleurs… qui méritent d’être largement plus connus. Une belle histoire à partager autour de vous !

     

  • Souplesse démocratique européenne

    L’Europe n’est pas morte, la démocratie non plus, loin de là. Toujours des surprises et des contradictions, comme il se doit dans des systèmes démocratiques. Au final, malgré tout, une certaine sagesse chez les peuples d’Europe.

    1. Les Européens ont voté plus que d’habitude.

    Les Français ont voté comme la moyenne des Européens : Un peu plus de 50%, presque 51%. Le meilleur score, en France, depuis 1994. Un score voisin de celui des législatives, supérieur à celui des élections départementales ou régionales. En Europe, la participation est la plus forte depuis 1989. Le pays où l’on vote le plus, la Belgique : 89%, le vote y est obligatoire. Celui où l’on vote le moins, la Slovaquie. Même si la participation traduit une sorte d’européanisation de la vie politique, les élections européennes restent des scrutins nationaux.

    1. Les élections restent nationales.

    Ici les Sociaux-démocrates l’emportent (Pays-Bas) ; là ils disparaissent (Italie). Les populistes l’emportent (France, Italie, Royaume-Uni), mais la majorité reste franchement pro européenne. Le duopole Conservateurs-Socialistes perd la majorité, mais plutôt au profit des Libéraux et des Verts, eux aussi pro européens. En Grèce la droite revient, en Espagne elle fond. A chaque fois, la configuration politique l’emporte sur un mouvement général continental.

    1. le PPE reste central, libéraux et écolos progressent.

    Un  point reste certain : difficile de construire une majorité sans le PPE. La vague eurosceptique  s’étiole, d’autant plus que certains partis eurosceptiques, comme la Ligue italienne ou le Rassemblement national français ne prône plus l’abandon de l’Euro et encore moins la disparition de l’Union Européenne. L’extrême droite cale au Pays Bas, en Slovaquie ou en Finlande. Au Royaume-Uni, le parti du Brexit l’emporte, mais les partis anti Brexit aussi. Globalement, pas de vague eurosceptique.

    1. L’écologie remplace le socialisme comme critique du système.

    Le phénomène majeur, plus encore que l’affaiblissement du PPE, qui reste le parti le plus important en Europe, est l’affaissement continu de la gauche socialiste. Comme si les conséquences de la Chute du mur de Berlin n’en finissait pas de démonétiser les héritiers du socialisme. La contestation du système capitalisme s’appuie de plus en plus sur la critique écologiste, seule à proposer un défi parfois radical et utopiste.

    1. En France, tout le monde, ou presque, redevient plus ou moins européen.

    Même le Rassemblement national ne réclame plus de Frexit. Le score du parti de Le Pen ne bouge par rapport au dernier scrutin. Pas plus que ne change le score des Ecologistes. La nouveauté, c’est l’effondrement des partis anciens. Les Socialistes survivent à peine. Les Républicains, eux qui ont fait l’Europe, avec De Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy, entrent dans l’histoire, c’est-à-dire le passé, avec 8%, une misère. Mais représentent-ils encore la droite qui fit l’Europe ? L’opposition Macron-Le Pen fonde-t-elle les clivages à venir ? Pas sûr. Une décomposition peut en cacher bien d’autres. Et chaque élection peut apporter sa nouvelle vague.

    1. Les Français de l’étranger amplifient les mouvements.

    LREM est largement en tête (36%), puis les Ecologistes (20%). Enfin Les Républicains 8% et le Rassemblement National 7% à droite,  Place publique (PS) 6% et  LFI 5% à gauche apparaissent presque marginaux. Cela laisse augurer de drôles de rivalités et recompositions pour les élections consulaires à venir en 2020. Les anciens partis, les anciennes structures, paraissent dépassés. Les sortants s’affolent.

    Au final, tout change. Et pourtant, l’axe central reste stable. De la diversité nait l’équilibre. C’est la marque de l’Europe, une chance.

    Finalement, avec ses contradictions, ses errances, ses insuffisances, l’Europe apparait bien plus stable que les empires qui méprisent sa supposée faiblesse. Et plus démocratique. C’est que la démocratie, avec sa souplesse et ses révolutions paisibles, est d’une incroyable souplesse. Et force.

    Laurent Dominati 

    A. Ambassadeur de France
    A. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press

  • Expatriation et mode, portrait d’une entrepreneur française à Bruxelles

    Sophie Thomas est une femme particulièrement dynamique ! Née à Limoges, ayant grandi à Paris, cette ancienne mannequin, qui vécut aussi au Brésil, est depuis 30 ans en Belgique.

    Après s’être occupée des relations presses d’une entreprise de prêt à porter, Sophie Thomas a décidé, suite à sa rencontre avec la designer belge Katrin Lesenborghs, passée par les arts visuels de l’école de la Cambre, de se lancer dans une nouvelle aventure de l’entreprenariat en lançant Pianeta Blu. Leur « bébé » reprend des chemises de bonne facture pour les transformer en robes casual chic.

    Des pièces uniques, à un prix démocratique

    Les pièces, toutes conçues dans un atelier à Bruxelles à partir de chemises qui leur sont offertes, sont chacune unique, tout comme leur prix, 75 €. Le modèle de vente passe par la vente en ligne et les « réunions tupperware » avec aussi comme objectif de vendre dans les « pays de soleil ».

    Les deux associées, aidées par le fils de Katrin passé par l’école de commerce Belge Solvay Business School, aident « les églantiers », association à Braine l’Alleud qui aide les femmes en difficulté et qui bénéficiera des ventes des robes.

    Il s’agit de faire du nouveau avec du vintage, le tout en circuit local. Un modèle très à la mode dans une société qui prend conscience des limites du modèle globaliste.

    De nombreux Français s’installent à Bruxelles et en Belgique en général et se lancent dans l’entrepreunariat. La proximité géographique, de nature de marchés et linguistique facilitent ce processus. Pour autant, il serait éronné de penser que la Belgique fonctionne comme la France. Mme Thomas, présente sur le Royaume depuis des décennies, est cependant une fin connaisseuse du marché local.

    Le concept vous intéresse? Vous pouvez écrire à Sophie à l’adresse suivante: [email protected]

  • Budget européen

    l’Allemagne représente 14,1 % des recettes de l’UE en 2017, la France  11,7 % (soit environ 16 milliards d’euros), puis l’Italie (8,6 %), le Royaume-Uni (7,6 %) et l’Espagne (5,8 %)

    La majorité des recettes de l’UE, 145 milliards d’euros en 2018, provient des pays membres sous la forme d’un pourcentage calculé sur leur RNB (revenu national brut) et d’une taxe sur la valeur ajoutée.  le budget de l’Union européenne est principalement couvert par cinq pays : l’Allemagne qui représentait 14,1 % des recettes de l’UE en 2017, la France avec une part qui s’élevait à 11,7 % (soit environ 16 milliards d’euros), puis l’Italie (8,6 %), le Royaume-Uni (7,6 %) et l’Espagne (5,8 %). La part du Royaume-Uni va disparaitre avec le Brexit, même si l’accord conclu mais pas ratifié entre le R-U et l’UE prévoit une contribution pour l’accès au marché européen te une soulte pour les programmes engages avec le RU.

    Le budget est ensuite réparti entre les États membres. La France récupère ainsi environ 13,5 milliards et fait partie des contributeurs nets (soit 2,73 milliards d’euros). Alors que les États les moins développés de l’Union européenne sont en revanche bénéficiaires.
    En 2018, le budget total de l’UE était d’environ 160 milliards d’euros et le principal poste de dépenses concernait le développement durable et les ressources naturelles (dont l’agriculture), soit 37 % du budget. Suivent ensuite les actions liées à la cohésion économique, sociale et territoriale (34,7 %) ainsi qu’à la compétitivité, la croissance et l’emploi (13,7 %).

  • Président de la République et les directeurs d’administrations : Divorce houleux

    Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne, deux ans après, le passage à l’acte est peut être pour ces prochains jours.

     

    Les administrations consulaires seront elles impactées ? Aucune information n’a pour l’intact filtre du coté du quai d’Orsay. Mais il apparait évident que les volontés du président de la République sont très peu suivies par les consuls et ambassadeurs.

    Aujourd’hui, le Président  affirme sa volonté de remplacer des dirigeants d’administration centrale pour faciliter l’application de certaines réformes. En conseil des ministres, il a demandé à ce que, dès le mois de juin, commencent à être remplacés certains dirigeants d’administration centrale en désaccord avec la politique du gouvernement. Lors du conseil des ministres, « le président de la République a souhaité  que les nominations à la tête des administrations centrales puisse refléter notre volonté » que les réformes soient « accélérées », avec « une traduction perceptible par nos concitoyens », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. « Il y aura probablement des annonces et des mouvements à partir de la semaine prochaine et dans le courant du mois de juin », a-t-elle ajouté.

    Depuis le tout début de son quinquennat le chef de l’Etat avait annoncé  vouloir remplacer les hauts fonctionnaires réticents, à qui, selon son entourage, il reproche régulièrement de freiner ses réformes. Une forme de « spoil system » à la française, traduisez « système des dépouilles », une pratique américaine consistant à remplacer les responsables clés des administrations par des personnalités dont la loyauté est acquise au nouveau pouvoir. Mais il n’a pas jusqu’ici mené de remplacements de grande ampleur, se contentant de mettre les hauts fonctionnaires sous pression, en les faisant convoquer parfois à l’Elysée, ou en sondant les postulants avant leur nomination, selon la même source.

    « Il est évident que le déploiement des politiques publiques nécessite que les responsables des administrations centrales soient parfaitement en accord avec ces déploiements. On imagine pas que le directeur général des Finances publiques soit en désaccord avec le prélèvement à la source qu’il est supposé mettre en oeuvre. C’est une difficulté supplémentaire que l’on peut s’éviter »,  a-t-elle fait valoir.

  • L’ALDE (dont LREM est membre) s’isole du reste du Parlement sur les Spitzenkandidaten

    Le choix du prochain président de la Commission doit se faire selon le système de Spitzenkandidaten, insistent les présidents des groupes parlementaires, malgré l’opposition des libéraux.

    Dans une déclaration, les présidents de groupes du Parlement européen répètent leur « détermination en faveur du processus des candidats têtes de liste, qui permet au/à la prochain(e) Président(e) de la Commission de faire connaître son programme et sa personnalité avant les élections et de s’engager dans une campagne paneuropéenne ».

    Les libéraux de l’ALDE n’étaient cependant pas au point presse qui a suivi la réunion des présidents. Dans un communiqué, Guy Verhofstadt a estimé qu’il n’était « tout simplement pas sérieux d’avoir un Spitzenkandidat pour lequel toute l’Europe ne peut pas voter ». Pour lui, le processus aurait plus de raison d’être si les listes étaient paneuropéennes, et non nationales. Il juge en outre que le PPE, le groupe majoritaire, soutient là un système qu’il a lui-même rendu illégitime en écartant l’option des listes transnationales.

    Malgré son opposition, l’ALDE a pris part au processus de désignation de Spitzenkandidat, et sa tête de liste, la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager C’est finalement l’une des favorites pour le poste.

    « Pour nous, il est important que le prochain président de la Commission représente une large majorité pro-européenne et ait un programme clair pour le renouvellement de l’Europe », ajoute Guy Verhofstadt.

    Les libéraux font leur le discours d’Emmanuel Macron, dont la liste Renaissance a rejoint l’ALDE après les élections du 26 mai. L’ALDE sera donc le troisième groupe politique du prochain Parlement.

    Les dirigeants des États membres se sont réunis à Bruxelles le soir du 28 mai pour commencer leur discussion sur l’attribution des plus hauts postes de l’Union : les présidents de la Commission, du Conseil, du Parlement et de la Banque centrale européenne. Ils devront commencer par décider s’ils se soumettent ou non au système de Spitzenkandidaten inauguré lors des élections de 2014. Le président français s’est exprimé à plusieurs reprises contre le processus.

    Alors que les résultats des élections européennes sont maintenant fixés, les tractations commencent pour les plus hauts postes de l’UE.

    « Le Conseil doit nous montrer qu’il respecte non seulement le résultat des élections, mais aussi le rôle du Parlement », a jugé la candidate des Verts, Ska Keller, après la conférence des présidents de l’assemblée.

    Le président actuel du Parlement, Antonio Tajani, s’est dit certain que Parlement et Conseil trouveraient un accord. « Nous devons respecter le processus, nous devons respecter les traités », a-t-il souligné. Les traités se bornent cependant à dire que le Conseil doit « tenir compte » du résultat des élections.

    Interrogé sur la possibilité de voir Michel Barnier accéder au poste de président de la Commission, Ska Keller répète que seuls les candidats officiels, les Spitzenkandidaten, devraient être considérés, et pas « quiconque fait des discours à gauche, à droite ».

    Un programme pour l’avenir

    Les présidents parlementaires souhaitent aussi avoir leur mot à dire dans le programme du prochain mandat. « En se fondant sur les résultats des élections européennes, les groupes politiques du Parlement européen participeront à un débat stratégique, transparent et démocratique afin de préparer le mandat de la prochaine Commission européenne », indiquent-ils dans leur déclaration. Le résultat de ce débat servira de base pour les négociations avec le Conseil sur la nomination du prochain président de la Commission.

    Le PPE est toujours le groupe qui a remporté le plus de sièges, mais les lourdes pertes qu’il a subies limitent son influence. Son candidat, Manfred Weber, s’est dit « ouvert au compromis ». L’actuel président de l’assemblée, Antonio Tajani, également PPE, a déclaré que même si son groupe avait remporté l’élection, « en tant que président, je soutiendrai le candidat de la majorité du Parlement ».

    Udo Bullmann, qui dirige le groupe socialiste, a assuré que les membres du S&D défendraient leur candidat, Frans Timmermans, déjà membre de la Commission et qui pourrait récolter un large soutien. Il a confirmé que les socialistes étaient prêts à négocier avec « toutes les forces prodémocratiques et pro-européennes », n’excluant pas le PPE.

    Un article publié sur le site de notre partenaire

     

  • Les enfants Daesch de la République Française

    Des dizaines de françaises, anciennes épouses de djihadistes français ou non, et leurs enfants français nés de parents partis faire le djihad sont encore dans des camps en Syrie. Leurs familles, en métropole, se battent pour un rapatriement de tous les enfants, face à un gouvernement peu pressé de les accueillir.

    Au mois de décembre dernier, les paroles d’Aïcha* peinaient à se frayer un chemin à travers sa gorge serrée par l’angoisse. Sa fille, Léna, qui avait rejoint Daech en 2014, se trouvait dans l’est de la Syrie, dans le réduit du califat bombardé jour et nuit par la coalition internationale. Dans un message envoyé par Internet, Léna avait commencé à préparer sa mère au pire : « Il vaut mieux que tu penses que nous ne reviendrons pas, je ne sais pas si on va en réchapper. » Puis plus rien. Un long silence. Terrifiant. Deux mois plus tard, la vie irrigue à nouveau la voix d’Aïcha. Elle vient d’apprendre que Léna et ses enfants, de 4 et 2 ans, étaient sains et saufs. Début février, la jeune femme a fui Baghouz, le dernier village tenu par les djihadistes. Pendant des heures, elle a marché dans le désert avec Sofia et Mehdi, claquettes aux pieds. Après une nuit glaciale dans des couvertures mouillées, l’équipée a été arrêtée par les forces kurdes et transférée dans un camp. « Ils sont sortis de l’enfer, je n’arrive pas à réaliser », résume Aïcha. Sur son téléphone, ses yeux de grand-mère attendrie couvent la photo d’une fillette aux boucles rebelles et d’un garçon à l’air taquin. Ils sont nés en Syrie. Elle ne les a jamais vus. Le soulagement de les savoir à l’abri est venu s’ajouter à l’immense espoir de les accueillir en France. Mais il y a trois semaines, le président de la République a finalement déclaré que « contrairement » à ce qu’il avait « pu lire ou entendre, il n’y [avait] pas de programme de retour des djihadistes ». Et à l’heure actuelle, selon nos informations, il n’y a plus non plus de programme spécifique pour accueillir leurs enfants, même très petits, sur le territoire français. Les proches pourraient tout au plus espérer un traitement au cas par cas. Pourtant, fin janvier, le gouvernement avait annoncé que des combattants de Daech et leurs familles détenus dans les zones syriennes administrées par les Kurdes allaient être rapatriés en France. Officiellement, ce revirement des autorités françaises faisait suite à la décision inattendue du président Donald Trump de retirer ses troupes du terrain irako-syrien au printemps. La fin de la présence américaine faisant craindre une dispersion dans la nature d’individus potentiellement dangereux. En fait, le site d’actualité Mediapart a révélé que les ministères concernés planchaient dans le plus grand secret depuis l’automne sur un scénario de retour. Les administrations en charge de l’enfance étaient mobilisées. Le chiffre de 80 à 90 enfants, dont des orphelins, a été évoqué. Comme l’a précisé la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, les trois quarts « ont moins de 7 ans ».

    Gérard sait bien que son fils, Florent, et son épouse ne sont pas près de retrouver la liberté. Le jeune homme faisait partie de l’équipe de propagande de Daech. Il trouve normal qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. Ce grand-père, qui vit dans un petit village du Sud-Ouest, se concentre sur le sort de ses petits-enfants de 6, 5, 4 et 2 ans : « Eux ne sont responsables de rien, ils sont innocents. » Ils se trouvent actuellement dans le camp kurde d’Al-Hol. Extrêmement affaiblis par des semaines de repas à base d’herbe bouillie dans la dernière poche de l’État islamique (EI), ils ont dû être pris en charge médicalement à leur arrivée, il y a un mois.

    Ces dernières années, la grande majorité des petits « revenants » est entrée en France avec un parent qui a agi par ses propres moyens. À leur arrivée, ces enfants suivent un parcours désormais standardisé. Leur mère ou leur père sont incarcérés dès leur arrivée sur le territoire national. Après un diagnostic de santé complet, les petits sont placés dans un foyer de l’Aide sociale à l’enfance ou dans une famille. Dans un second temps, si les conditions le permettent, leurs grands-parents ou des oncles et tantes peuvent les accueillir. Gérard a déjà tout planifié pour les siens. Balades en forêt, plage, montagne, psychologue… « Ils n’ont jamais vu de décapitation ou de mort, leur mère les en a toujours protégés, mais ils sont traumatisés par les bombardements. La plus grande répète qu’elle veut aller chez son papy et sa mamie », explique-t-il.

    Deux Français sur trois, s’opposent au retour de ces enfants. Ils concentrent, bien malgré eux, les peurs et les colères suscitées par les crimes des djihadistes.

    Chaque soir, après son travail, Julia s’abîme les yeux devant les vidéos de djihadistes et de civils qui sortent du dernier réduit de l’EI. Elle scrute le moindre indice qui lui permettrait de reconnaître sa  sœur Sarah et Melissa, sa nièce de 10 ans. « Évidemment, avec la burqa, ce n’est pas évident », rigole-t-elle. Mais la jeune femme a le cœur lourd : « À l’heure où je vous parle, sont-elles encore en vie ? » Les polémiques en France sur le sort des enfants la mettent en colère. « Arrêtons de jouer avec les peurs, tempête-t-elle. À en croire certains, les mères ont à peine accouché qu’elles mettent une kalachnikov dans les mains de leur bébé. » Deux Français sur trois, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting, s’opposent au retour de ces enfants. Partis de France avec leurs parents ou nés sur place, ils concentrent, bien malgré eux, les peurs et les colères suscitées par les crimes des djihadistes. Les vidéos de propagande d’enfants soldats, les « lionceaux du califat », entraînés au combat ou commettant des exactions pour certains, ont également marqué les esprits.

    En janvier 2015, dix jours après l’attaque contre le journal « Charlie Hebdo », Sofiane, 17 ans, a laissé un mot d’adieu à sa famille. Au lieu de partir au lycée, il a fermé la porte de l’appartement pour rejoindre le « Shaam cette terre bénie par Allah » ainsi qu’il l’expliquait dans une orthographe chaotique : « J’ai rejoins l’État islamique, un état qui ne juge que par la charia, qui suit la voix des salafs […] ne croyer pas qu’on m’a lavé le cerveau, j’ai appris ma religion, j’ai vue les hadith pour le Shaam, je suis grand, j’ai réfléchi longtemps et le mieux pour moi est de faire la hijra. » Il aurait été fait prisonnier il y a un an, par une des parties belligérantes du côté de Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie. C’est là que Carmela Derrou, sa mère, a perdu sa trace. Dans dix jours, elle a rendez-vous à la Croix-Rouge. L’organisation humanitaire tente, dans la zone irako-syrienne, de repérer les personnes portées disparues. Livret de famille, photos… Elle doit apporter tout document qui pourrait aider à son identification. Pour la femme de Sofiane, partie alors qu’elle n’avait que 15 ans, et sa petite-fille née à Mossoul, ce n’est plus la peine. Carmela vient d’apprendre qu’elles avaient trouvé la mort dans un bombardement de la coalition le 5 décembre : « J’avais peur qu’elles souffrent, je me dis qu’elles n’en ont pas eu le temps. » De toute façon, elle ne s’attendait pas à un miracle : « Beaucoup d’enfants risquent de mourir de faim, de froid ou de maladie. Si la France se décide enfin à les rapatrier, il n’en restera plus beaucoup. » Le collectif Familles unies, qui rassemble des proches de djihadistes, remue ciel et terre pour sensibiliser les pouvoirs publics sur les conditions sanitaires catastrophiques dans lesquelles survivent ces tout-petits dans les camps. « Nous sommes les premiers concernés et n’avons aucune information, s’indigne la porte-parole du mouvement, Véronique Roy. Nous sommes traités comme la peste. » Le collectif a sollicité des audiences auprès des ministres et du président de la République. « Nous n’avons essuyé que des refus. Quel est le but ? Qu’ils meurent tous ? » s’insurge cette mère, dont le fils est mort en Irak en 2016 dans une opération kamikaze.

    « Ces enfants sont français, ils n’ont pas demandé à naître dans le califat. Ce sont des victimes. Leur place est en France. »

    Deux grands-mères tentent de « récupérer la chair de leur chair », une petite fille de 4 ans et un garçonnet de 2 ans et demi, orphelins de père et de mère. Le Comité international de la Croix-Rouge les a localisés dans le camp de Roj en zone kurde il y a plus d’un an et a certifié leur identité. Pour Samia Maktouf, l’avocate des familles, la situation de ces petits Français est limpide. « Obligation incombe à un État d’aller chercher ses ressortissants, d’autant plus s’il s’agit de mineurs. En ne le faisant pas, la France porte une atteinte grave à leurs libertés fondamentales. » Selon la Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par la France en 1990, « les États parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être […] et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées ». En février 2018, le Quai d’Orsay avait assuré aux deux familles une exfiltration rapide, assure l’avocate. Mais le permis de libre circulation, indispensable en l’absence d’état civil et qui lance le processus, n’a toujours pas été délivré. Elle a donc déposé un référé, en janvier. Le tribunal administratif de Paris l’a rejeté, au motif que la demande ne présentait pas un caractère d’urgence. « Leur dégradation physique se voit à l’œil nu sur les photos. C’est triste à dire, mais ils sont en moins bonne santé que lorsqu’ils étaient dans l’État islamique, décrit-elle. Ils sont français, ils n’ont pas demandé à naître dans le califat. Ce sont des victimes. Leur place est en France. Ces deux enfants sont récupérables, nous pouvons les imprégner des valeurs de la République. » Un espoir que ne partagent pas tous les experts. Ayant peu de recul, les psychologues eux-mêmes peinent à se prononcer sur l’évolution de ces petits. Une chose est certaine, plus le temps passe, plus les séquelles seront importantes. Sans parler des risques inhérents à la vie des camps. S’il leur arrivait malheur, « l’État serait fautif », estime Me Maktouf. Pour tenter d’obtenir leur exfiltration, elle s’apprête donc à déposer un recours contre l’État devant le tribunal administratif pour « non-assistance ».

    La volte-face de l’État sur le rapatriement généralisé des enfants, tel qu’il avait été annoncé en début d’année, a plongé les familles dans un désarroi immense. « Sur quel terrain débat-on ? Sur celui du droit ou de la politique ? Notre pays passe son temps à faire la leçon au monde entier, mais il n’est pas capable d’appliquer ses propres principes. Non seulement la France perd sa crédibilité mais elle fait le jeu des terroristes », se désespère Amine Elbahi. Cet étudiant en droit vient juste d’apprendre que sa soeur était sortie vivante avec ses deux enfants de Baghouz, pris sous un déluge de feu de la coalition internationale. La jeune femme avait rallié l’État islamique en 2014. En novembre, à Lyon, elle a été condamnée par contumace à trente ans de prison, dans le procès de la filière djihadiste Bekhaled. Depuis des mois, Lydia cherchait à fuir, raconte son frère. « Ça va être un bras de fer mais je me battrai jusqu’au bout pour que les enfants soient rapatriés. » Ce Roubaisien fait partie d’un ensemble de familles au nom desquelles les avocats William Bourdon, Martin Pradel et Marie Dosé ont porté plainte contre la France devant le Comité des droits de l’enfant de l’Onu, fin février. Ils attaquent l’État pour « inaction » concernant les enfants français dans les camps sous contrôle kurde en Syrie. L’assaut final contre Baghouz, dernier lambeau du califat, a provoqué des milliers d’arrivées dans les camps ces derniers jours. Rendant la situation sanitaire de plus en plus précaire.

    Chez Gérard, la vie s’était arrêtée en 2014 avec le départ de son fils. Avec l’espoir d’un rapatriement, elle s’était remise à battre doucement. Comme toutes les grands-mères, son épouse s’est mise à acheter des vêtements pour ses petits-enfants. Ils ont besoin de tout, « n’ont même pas de chaussures ». Des poupées de chiffon et des petites voitures en bois patientent dans des tiroirs. À la retraite, Gérard est prêt à replonger dans les couches, les purées de légumes, les cartables et les devoirs : « Je n’attends que ça. » Ses deux derniers fils s’apprêtent à quitter le nid familial, cela tombe à pic. Deux chambres se libèrent. Il tremble désormais qu’elles ne restent vides.

    * Lorsque le prénom n’est pas suivi du nom de famille, il a été modifié.

    Combien sont-ils ?

    Officiellement, 84 enfants français sont revenus des territoires tenus par l’État islamique depuis 2014. Combien se trouvent encore sur place ? L’évaluation n’est pas aisée. Il y a un an, selon les données de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), 700 adultes étaient présents dans la zone syro-irakienne. De 500 à 600 enfants de djihadistes français étaient recensés. Mais ces estimations doivent être revues à la baisse. Beaucoup sont certainement morts, les bombardements de l’opération Roundup, lancée en mai dernier par la coalition internationale dans l’est de la Syrie pour venir à bout des dernières positions de Daech, ont causé des pertes très élevées parmi les civils. D’autres, pris en charge par des familles syriennes ou d’une autre nationalité, ne sont pas identifiés et ne le seront peut-être jamais. Plusieurs dizaines d’enfants sont actuellement retenus, parfois depuis des mois, dans les camps sous administration kurde dans le nord et l’est de la Syrie.

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