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  • Consulaires 2020 : le statut de l’élu évolue. Inscrivez-vous pour pouvoir voter!

    Consulaires 2020 : le statut de l’élu évolue. Inscrivez-vous pour pouvoir voter!

    Les élections consulaires auront lieu les 16 (zone Amérique et Caraïbes) et 17 mai prochains. Ce scrutin, au suffrage universel et divisé entre circonscriptions, à un tour, vise à renouveler les 442 conseillers et délégués consulaires.

    Les conseillers consulaires, qui seront alors rebaptisés conseiller des Français de l’étranger, sont élus pour 6 ans. Ils ont trois missions : représenter les Français établis hors de France auprès des Ambassades et Consulats, être consultés sur toutes questions concernant les Français de l’étranger et participer à l’élection des Sénateurs des Français de l’étranger. Ils votent les bourses, participent à la vie des lycées français, animent des permanences consulaires…. Les délégués consulaires sont également grands électeurs pour les sénatoriales.

    Des élus de terrains

    S’il fallait comparer les élus consulaires avec des élus en France, ce serait sans doute une comparaison avec les conseillers municipaux. Elus de terrains, résidant dans le territoire qu’ils représentent, ils connaissent en particulier les problématiques de ces territoires comme nous l’ont montré récemment lors de rencontres les élus de Belgique , d’Allemagne , du Royaume-Uni.

    La participation à ce scrutin est faible, moins de 20% dans la plupart des circonscriptions lors de la précédente élection de 2014. L’introduction du vote électronique changera-t-elle les choses ?

    Un profond renouvellement en perspective ?

    Depuis les dernières élections consulaires, la vie politique française a été complètement bouleversée. Par ailleurs, les élections consulaires partielles, comme à Shanghai, ont montrées l’émergence de listes associatives purement locales. De quoi chambouler l’AFE et par ricochet la représentation des Sénateurs établis hors de France ?

    Une évolution du statut de l’élu

    Le 26 novembre l’Assemblée Nationale a adopté le projet de loi « relatif à l’engagement dans la vie locale et la proximité des élus ». Celui-ci concerne aussi les élus des Français hors de France. Comme indiqué, les Conseillers consulaires deviennent des « conseillers des Français de l’étranger ». Comme l’indique la député Anne Genetet, « ce changement de nom évitera toute ambiguïté. Nous parlons bien ici d’élus locaux et non de personnes employées par le consulat« . Ils devront aussi respecter la Charte de l’élu local. Celle-ci, qui donne des obligations de probité, offre aussi certaines garanties aux élus concernant des crédits d’heures, un droit à la formation …Ce droit à la formation pourra, pour les élus consulaires, être fait à distance. Par ailleurs, et c’était une demande récurrente, ils pourront présider le conseil consulaire.Ce rôle est actuellement réalisé par le Consul. Concernant les moyens pour exercer leur mission, plusieurs députés des Français de l’étranger ont demandé à ce qu’ils aient accès aux salles des Consulats pour recevoir les citoyens Français et organiser des réunions. Ils demandent une action de l’exécutif en ce sens. Le texte modifié ainsi par l’Assemblée Nationale a été transmis au Sénat le 28 novembre pour examen.

    Les Français de l’étranger doivent s’inscrire pour pouvoir voter !

    Le droit de participer à ce scrutin n’est pas automatique. Il faut être enregistré à son consulat local pour pouvoir voter ! Et ce au maximum 6 semaines avant le scrutin. Il est dès lors impossible de participer par ailleurs à un scrutin en France ! Si vous atteignez l’âge de 18 ans avant le jour du scrutin vous serez inscrit d’office sur la liste électorale de votre lieu de résidence sous réserve que vous soyez déjà inscrit au Registre des Français établis hors de France.

    Dans le cadre d’une élection à deux tours et si vous atteignez votre majorité après le 1er tour, vous pourrez voter au second tour.

    Les Français de l’étranger sont trop souvent considérés comme des citoyens de seconde zone. Une forte participation prouverait leur attachement à la France.

  • Hommage national aux 13 militaires tués au Mali

    Hommage national aux 13 militaires tués au Mali

    Sa voix calme et grave résonne dans le combiné. « J’ai tout de suite pensé aux familles et à ce qui les attend. Le plus dur est à venir. Au début, on est porté. Cette communion monte très haut, mais quand elle disparaît, ça peut descendre très bas. » Dominique Jacq a perdu son fils Fabien, dans la guerre au Mali. Touché par l’explosion d’une mine, ce maréchal des logis-chef de 28 ans a succombé à ses blessures, le 4 novembre 2016. Il est alors le 16e soldat français à tomber depuis le début de l’intervention française, en 2013. Ce macabre décompte a été considérablement alourdi, lundi 25 novembre : 13 militaires ont été tués dans une collision d’hélicoptères, pendant une opération de combat contre des jihadistes.

    A ce jour, quarante-et-un soldats français sont morts au Mali. « Lorsqu’un soldat est tué, cela vous rappelle votre propre situation, c’est parfois difficile », poursuit Dominique Jacq, depuis Pont-Péan, en Ille-et-Vilaine. « A chaque fois, cela rouvre la plaie, on se dit que ça ne va pas s’arrêter », renchérit Céline Noblet, la sœur de Damien Noblet, un maréchal des logis de 32 ans, mort en avril 2016. Ce père d’un petit garçon de 5 ans au moment du drame, a lui aussi été tué par une mine. « Mes premières pensées vont aux familles, j’imagine leur état d’esprit, je me retrouve trois ans en arrière… », soupire Céline.

    « Tout s’écroule »

    Tout commence par un coup de fil de sa mère, tôt dans la matinée du 12 avril 2016. « Il y a eu un accident, Fabien est blessé. » Pas plus d’informations. Céline « s’accroche à ça, toute la journée : il n’est que blessé ».Le soir, les médias laissent présager le pire : le pronostic vital de son frère est engagé. Il est plus de minuit quand la nouvelle tombe.

    Ma mère m’a appelée, juste appelée, elle ne pouvait pas parler, mais j’ai compris tout de suite. C’est un véritable tsunami, la vie s’arrête.Céline Nobletà franceinfo

    Dominique Jacq traverse les mêmes étapes, quelques mois plus tard. Un premier appel, d’abord pour lui dire que son fils est blessé, puis un second, à une heure du matin, pour lui signifier son décès. « Evidemment, on ne dort pas de la nuit et puis à 8 heures du matin, ça sonne à la porte, raconte ce policier à la retraite. Deux militaires encadraient le maire, on ne voit ça qu’au cinéma, c’était surréaliste. » « On ne peut pas l’imaginer, ajoute-t-il, car dans nos sociétés actuelles, la guerre n’existe plus. »

    Chez les Barbé, la vie s’arrête le jeudi 6 avril 2017. Le caporal-chef Julien Barbé, est mort la veille au Mali. Ce père de deux filles, âgé de 27 ans, est tué dans une embuscade, à 200 kilomètres au sud-ouest de Gao. « Le magasin était fermé, ils sont arrivés à six, cinq militaires et une assistante sociale, j’ai compris tout de suite qu’il était mort au combat », confie son père, Pascal Barbé, charcutier-traiteur dans l’Orne, d’une voix très émue.

    Un soldat français de la force Barkane devant le mont Hombori, au Mali, le 27 mars 2019.
    Un soldat français de la force Barkane devant le mont Hombori, au Mali, le 27 mars 2019. (DAPHNE BENOIT / AFP)

    « Il n’y a pas de bonne manière d’apprendre la mort de son fils », souffle Marie-Christine Jaillet. Cette universitaire, directrice de recherches au CNRS, a perdu son fils unique, Thomas Dupuy, membre du commando parachutiste de l’air d’Orléans, le 29 octobre 2014, à Gao. « J’étais dans le Lot à la campagne et le téléphone a sonné à 19h45. Mon mari a décroché et j’ai vu à son expression qu’il se passait quelque chose, il m’a dit : c’est l’armée »,raconte celle qui vit à l’année à Toulouse.

    L’armée avait essayé de me joindre toute la journée, il fallait qu’ils me contactent avant les JT du soir. A 20 heures, il y avait le portrait de mon fils à la télévision, souriant.Marie-Christine Jailletà franceinfo

    « C’était une photo choisie par ses compagnons, une très belle photo », se souvient-elle. En une fraction de seconde, son monde bascule. Ce fils unique, sans enfant, la laisse « doublement orpheline » (il n’y a pas de mot, en français, pour désigner un parent qui perd son enfant). « Tout s’écroule, vous n’y croyez pas », murmure-t-elle.

    Pour ces familles, la vie d’après débute. Toutes reconnaissent avoir bénéficié d’un accompagnement exceptionnel de l’armée. « On ne les lâche pas, on les accompagne autant que de besoin », assure le colonel Antoine Brulé, chef de la cellule d’aide aux blessés de l’armée de terre (Cabat). Au sein de chaque unité militaire, c’est le bureau « environnement humain » qui s’occupe des familles endeuillées, tandis que les cellules d’aide aux blessés coordonnent l’action au niveau national. « Quand un militaire tombe, c’est tout le régiment qui tombe », souligne Dominique Jacq. « Ils ont été fantastiques, les armées et le 6e régiment d’Angers, c’est ma deuxième famille », ajoute Pascal Barbé.

    « La haine, c’est fatigant »

    Malgré les moyens mis en place par l’armée (financiers, juridiques, administratifs ou psychologiques), la douleur est déchirante. Si aucun ne dit avoir ressenti de colère – « la haine, c’est fatigant », dit Dominique Jacq –, la culpabilité surgit très vite. « Pourquoi je l’ai laissé s’engager ? Ça a été ma première réaction. Puis : je n’ai pas su protéger mon enfant », se rappelle le père de Fabien Jacq, avant d’ajouter : « J’ai perdu ma femme il y a 20 ans. Je me disais que le destin n’allait pas nous abattre deux fois. » Sa famille et ses proches le « secouent », le prient d’« arrêter ce raisonnement ».

    Céline Noblet s’est trouvée dans « un état second », jusqu’à ce qu’un événement la rattache très vite au réel : des contractions. Céline est enceinte de six mois. Sa sage-femme l’avertit : « Soit vous vous laissez aller et vous la perdez, soit vous tenez et vous la gardez ». Céline s’accroche. « Je ne pensais qu’à elle et elle m’a énormément aidée. Pour elle, il fallait que je sois forte. » De son côté, Marie-Christine Jaillet n’a qu’une obsession, voir son fils, pour que « la mort devienne une réalité ». L’attente est longue. « Votre fils est mort et vous voyez une photo de lui, souriant, au JT. Je n’aurais pas pu accepter de ne pas le voir. »

    Le président de la République, François Hollande, rend hommage aux trois militaires tués au Mali, Mickaël Poo-Sing, Damien Noblet et Mickaël Chauvin, aux Invalides, le 20 avril 2016.
    Le président de la République, François Hollande, rend hommage aux trois militaires tués au Mali, Mickaël Poo-Sing, Damien Noblet et Mickaël Chauvin, aux Invalides, le 20 avril 2016. (MAXPPP)

    Pendant les premiers jours du deuil, les familles sont prises dans le tourbillon protocolaire et son apogée, l’hommage de la nation aux Invalides. « C’est quelque chose qu’on leur doit, la reconnaissance de la Nation », estime Céline Noblet. « Les Invalides, c’est un haut lieu de mémoire, cet hommage fait entrer les soldats dans l’histoire de France », souligne Dominique Jacq. Ces quelques jours sont aussi épuisants, pour les familles.

    Le plus dur, c’était de voir le cercueil revenir trop souvent : aux Invalides, à Angers avec ses frères d’armes, puis dans notre patelin. Trois fois de suite.Pascal Barbéà franceinfo

    « Ce qui est perturbant, c’est que la mort du soldat ne vous appartient pas, relève Dominique Jacq, c’est un fait d’actualité. Une fois que les obsèques privées se sont déroulées, le soufflé retombe et alors sa mort vous appartient ». Il ajoute : « C’est là qu’il faut être fort. »

    Entretenir la mémoire du disparu

    Chacun se réfugie où il le peut. Céline pratique l’EMDR, une méthode de psychothérapie, de plus en plus fréquente pour traiter le stress post-traumatique. « Pendant les six premiers mois, je tournais en boucle, avec des images dans la tête, puisqu’on n’a pas vu le lieu où il est mort, je ne pouvais pas non plus voir un uniforme, raconte la jeune femme. J’ai pratiqué cette technique pendant deux ou trois mois, cela a été violent, mais ça m’a permis d’arrêter de ressasser. » Marie-Christine Jaillet a trouvé, elle, un appui certain dans son travail et auprès de sa famille.

    Pour toutes et tous, l’aide du régiment auquel appartenait leur proche a aussi été fondamentale. « Je me suis beaucoup rapprochée de ses camarades et de son chef de corps », raconte Dominique Jacq. « Je suis de la génération post-soixante-huitarde, de gauche, confie Marie-Christine Jaillet. Je me suis rendu compte de mes préjugés et j’ai révisé mon jugement, j’ai découvert la force d’une fraternité, ça m’a bouleversée. » Cette dernière trouve aussi, comme les autres parents, un réconfort certain, en voyant le nom de son fils fleurir dans des lieux symboliques : « Son nom est inscrit dans une rue de Toulouse où il a vécu, sur le monument aux morts de notre petit village du Lot, sur la base d’Orléans… »

    Chaque année, les familles sont invitées aux commémorations du 11-Novembre et du 14-Juillet, mais aussi à un séminaire qui leur est réservé par l’armée. En entretenant la mémoire de leur enfant, frère ou époux mort au combat, ces familles trouvent un sens à la perte de leur proche. « Il faut témoigner, il faut parler », insiste Dominique Jacq.

    C’est un devoir de mémoire, ne rien dire, c’est oublier. C’est un mort pour la France, il faut que la jeune génération sache ce que c’est.Dominique Jacqà franceinfo

    Puiser dans le souvenir du disparu, aussi, pour continuer à avancer. Damien Noblet avait laissé des lettres à ses proches, dans l’hypothèse où il viendrait à mourir en mission. « Je me suis accrochée à une phrase qu’il disait dans sa lettre : ‘La vie continue’, dévoile Céline Noblet. Il voulait aussi cette formule comme épitaphe : ‘Liberté, égalité, fraternité, je suis mort pour ces mots, adieu les amis’. » Dominique Jacq a, lui, souhaité rester « debout, digne ». « Je reste fidèle à son engagement, cela m’aide à prolonger ce que mon fils a entamé », livre-t-il. « Son histoire ne s’est pas arrêtée le jour de son décès. »

  • La France en troisième position pour les dépenses de retraite en Europe

    La France en troisième position pour les dépenses de retraite en Europe

    Selon le classement d’Eurostat, la France se classe juste derrière l’Italie et la Grèce pour les dépenses de retraite rapportées au PIB.

    Sans les réformes engagées depuis 1993, notre pays se situerait au premier rang. Ces réformes permettront d’économiser près de 6 points de PIB d’ici 2040. L’ensemble des pays européens ont mis en œuvre des réformes visant à stabiliser voire diminuer le poids des dépenses de retraite. Trois pays ont mené des réformes systémiques, la Suède, l’Allemagne et l’Italie. Toutes ont joué sur l’âge de départ à la retraite.

    La France est, avec la Grèce, le pays ayant le pays le plus faible âge légal de départ à la retraite. La moyenne se situe à 65 ans. Plusieurs pays ont prévu de le porter à 67 ans dans les prochaines années (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Espagne). Le Danemark a décidé de porter progressivement l’âge de départ à la retraite à 68 ans d’ici 2030. En revanche, deux pays européens ont préféré abandonner leur programme de report de l’âge de départ, la République Tchèque qui a décidé de maintenir la retraite à 65 ans et la Pologne qui a opté pour un retour de la retraite à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes. L’âge de départ était prévu pour atteindre dans les prochaines années 67 ans.

    Plusieurs pays ont lié l’âge de départ à la retraite à l’espérance de vie. C’est le cas du Danemark, de la Finlande, de l’Italie, des Pays-Bas, du Portugal et de la République Slovaque.

  • Inondations dans le Sud-Est : 11 morts en 2 semaines

    Inondations dans le Sud-Est : 11 morts en 2 semaines

    La Côte d’Azur à nouveau endeuillée. Une semaine après le précédent épisode méditerranéen qui avait fait six morts fin novembre, de nouvelles inondations ont fait des victimes ce week-end dans le Var et les Alpes-Maritimes.

    Deux morts ont ainsi été emportés par les eaux et trois secouristes sont décédés alors qu’ils partaient en hélicoptère à l’aide des sinistrés ce dimanche dans le Var. En un peu plus d’une semaine, onze personnes sont mortes dans le Sud-Est de la France lors des épisodes méditerranéens successifs qui ont engendré une alerte rouge de Météo France.

    Une enquête sur les circonstances exactes du drame

    Les trois occupants d’un hélicoptère de la Sécurité civile partis porter secours à des habitants touchés par les intempéries dans le département du Var ont été retrouvés morts près de Marseille, dans une zone qui n’était pas placée en alerte rouge météo, dans la nuit de dimanche à lundi, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

    « Alors que leur hélicoptère EC145 de la Sécurité civile se dirigeait vers Le Luc-Le Cannet (Var) afin d’assurer une mission de reconnaissance et de sauvetage, les liaisons radios et radar ont été rompues », indique le ministère

    Un hélicoptère de la sécurité civile a disparu cette nuit et emporté avec lui 3 de nos héros du quotidien, engagés dans le sud du pays.
    Avec une infinie tristesse, j’adresse le soutien de la Nation tout entière à leurs familles et leurs camarades.
    Ce drame nous bouleverse tous. (Twitter officiel)

    « Malgré l’engagement d’importants moyens de recherche […], les trois occupants de l’hélicoptère ont été retrouvés décédés à 1h30 du matin » près de la commune du Rove, dans la région de Marseille, ont expliqué dans un communiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez en rendant hommage aux secouristes. Une enquête devra établir les circonstances exactes du drame.

    Quelques heures plus tôt, les fortes pluies qui se sont abattues dimanche soir ont donc aussi fait deux morts dans le Var, selon la préfecture de ce département.

    A Fréjus, le propriétaire d’une pension de chevaux sorti pour veiller sur ses animaux a été emporté par les eaux. Dans la commune de Saint-Paul-en-Forêt, un berger apparemment parti dans la nuit pour faire rentrer ses bêtes, a lui été emporté dans son 4×4, alors qu’il tentait de franchir un gué. Son corps a été retrouvé dans son véhicule, encastrée contre un arbre, 300 m en aval de là où il avait été vu pour la dernière fois.

  • La guerre d’Iran commence en Israël

    La guerre d’Iran commence en Israël

    Il y a quelques temps, Trump effrayait son monde en annonçant que l’Iran pouvait être détruit. Depuis, les dirigeants iraniens ont attaqué des navires dans le golfe, puis, testant toujours plus loin les lignes rouges, abattu un drone américain, attaqué les installations pétrolières saoudiennes, bloquant un quart de la production. Parallèlement, les Iraniens ont accru l’enrichissement de l’uranium, la faisabilité de la production d’une bombe devant une question de temps. La passivité américaine -et européenne, la France ayant voulu faire croire un moment qu’elle pouvait être médiatrice, elle a vite été rabrouée- s’est illustrée plus intensément encore avec le retrait des troupes américaines de Syrie.

     

    Curieusement, ce désengagement survient alors que les peuples contestent le pouvoir religieux, notamment dans l’arc chiite. En Iran, les répressions ont fait plus de 300 morts. Comme en Irak. On imagine la violence des arrestations et des pressions. Au Liban, la rue dénonce les accords politico-religieux. Les Chiites refusent d’être enfermés dans  une représentation religieuse, ce qui menace ces régimes plus encore que la crise économique : le système politique fondé sur la religion est délégitimé.

     

    En Israël, les partis religieux, qui ont participé à tous les gouvernements depuis des décennies, sont eux aussi contestés. C’est ce qui rend le pays ingouvernable. Or Israël est en guerre. Vu d’Israël, la menace s’accentue sur trois fronts : au nord, le Hezbollah, et ses 140.000 roquettes. Au sud, à Gaza, le Hamas et les milices islamiques, avec leurs 20.000 roquettes. En Syrie, les Syriens et surtout les Iraniens. Ces derniers ont prouvé, avec leurs attaques contre les Saoudiens (25 drones et missiles de croisière en simultanée, ce dont on croyait les Iraniens incapables) qu’ils peuvent lancer une attaque sur Israël. Les Israéliens sont maintenant persuadés que les Américains ne réagiront pas, ou trop tard. Et que les Européens seront, au mieux, absents, car s’ils devaient être présents, ce serait pour céder aux Iraniens.

     

    Attaques et menaces sur trois fronts

     

    Les Israéliens considèrent qu’ils ne peuvent pas attendre les attaques iraniennes, encore moins que l’Iran ait la Bombe. Quoique disent les Iraniens, qui ont annoncé pouvoir détruire Israël en trois jours, les Israéliens gardent l’avantage militaire. Pour l’emporter vraiment, ils préconisent un engagement fort et radical, sur les trois fronts en même temps. C’est le plan qu’a soumis le chef d’Etat major de Tsahal aux deux personnalités issues des élections, Benyamin Netanyahou, et Benny Gantz. Les deux l’ont accepté. Les opérations militaires ont donc monté en puissance, à Gaza, en Syrie, et même au Liban. Les Russes sont avertis.

     

    Ce que chacun attend, c’est un raid qui tourne mal. Aussi bien les Iraniens que les Israéliens. Pour les Iraniens, le Hezbollah, le Hamas, les Syriens, ce serait le moyen de refaire l’Union sacrée contre les Israéliens, prendre de court l’alliance de fait entre l’Arabie saoudite et Israël, entériner la défaite américaine. Car le calcul iranien est plus fondamental que tactique : une défaite militaire (la destruction des sites d’enrichissement ou de missiles) ne changera pas leur position stratégique. Ils resteront les défenseurs du monde musulman, plus et mieux que les Saoudiens. Or c’est cette bataille là qui les intéresse. Et un conflit les renforcerait, au Liban, à Gaza, et en Syrie.

     

    Les gouvernements fragiles attendent la guerre

     

    Sauf si Israël réussit la totalité du plan élaboré par Tsahal : 1. Détruire les capacités iraniennes. 2. Reprendre le contrôle de Gaza, éradiquer les milices djihadistes et le Hamas. 3. Neutraliser le Hezbollah en s’appuyant sur un accord avec le Liban. Les Israéliens et les Libanais n’ont aucune raison de fond pour maintenir une frontière fermée et un conflit sans enjeu. Mais la frontière est tenue par le Hezbollah. Seule l’élimination du Hezbollah libérerait le Liban.

     

    Une guerre rapide sur les trois fronts permettrait aux Sunnites de reprendre le contrôle de Beyrouth, – et de Gaza. Alors un accord avec les Jordaniens, l’Arabie saoudite et l’Egypte reprendrait sens. Voire avec la Syrie et les Russes.

     

    Mais il faut pour cela plus qu’une victoire militaire. Il faut une politique, et un gouvernement. Et Israël n’en a pas.

     

    Normalement cela rend la guerre impossible. Aujourd’hui, cela peut être une raison de déclencher les hostilités. Netanyahou, mis en accusation, est encore Premier ministre. S’il n’a pas le temps de suivre les opérations, empêtrés qu’il est dans la politicaillerie électorale et judiciaire, il peut jouer le tout pour le tout en risquant une guerre ouverte. Ce serait le moyen pour lui d’éviter la défaite. Comme toujours, les décisions stratégiques dépendent des situations locales : les gouvernements fragiles, en Iran, en Iran, en Syrie, en Israël, ont besoin d’une guerre.

     

    Tout est prêt.

     

    Le chef d’Etat major israélien devient donc l’homme le plus important du Moyen-Orient. Il s’appelle Aviv Kokhavi. Travailliste dans sa jeunesse, nommé par Netanyahou, successeur de Beny Gantz, et vegan. Son plan s’appelle Momentum, il a été approuvé, la Knesset a voté en urgence des crédits supplémentaires. Aviv Kokhavi a rencontré cette semaine le Chef d’Etat major des Armées Américaines, Mark Milley. C’est seulement la deuxième fois que le plus haut gradé américain se rend en Israël. La dernière fois, c’était le prédécesseur de Mac Kenzie, le général Votel, il y a sept mois. Il y a un mois, Kokhavi a reçu le chef de l’US Air Force. La Défense Intelligence Agencyvient de publier il y a quelques jours un rapport sur la force militaire iranienne et ses dangers, qui présente l’Iran comme la première puissance en termes de missiles balistiques du Moyen–Orient. Comme si les militaires américains voulaient légitimer un inévitable conflit. Tout est donc prêt.

     

    Que peut-il se passer ? Le plan prévoit des frappes contre les sites iraniens, en Iran comme en Syrie, et des interventions contre le Hamas et le Hezbollah. Le but est de détruire définitivement les menaces qu’ils représentent, ce qui suppose d’entrer dans Gaza et au Liban pour détruire les réserves de roquette. Le but de Momentumest de frapper très fort pour éviter une prolongation du conflit : Plus le conflit sera long, plus les victimes seront nombreuses, plus le coût sera élevé.

     

    Ce n’est pas la première fois qu’Israël laisse entendre qu’il va attaquer l’Iran. Ni la première fois qu’Israël lance des opérations militaires contre le Hezbollah, le Hamas et l’Iran. C’est la première fois que les Américains ont trop perdu de crédit pour empêcher les Israéliens d’agir. C’est aussi la première fois que le gouvernement israélien est si faible, le gouvernement iranien si contesté. Et la menace de construction d’une bombe si avancée.

     

    Ceux qui sont pour la paix ? Les Européens sont hors jeu. Les Russes aussi : ils ont bombardé des milices pro-turques qui attaquaient leurs alliés syriens. Ils veulent surtout éviter de s’impliquer dans un tel conflit, car ils savent qu’ils ne pourraient qu’y perdre.

     

    Provocations iraniennes et initiative israélienne, toutes les conditions sont réunies pour que la guerre d’Iran ait lieu.

     

    Sauf que : Les Israéliens sont des légalistes. Il n’est pas sûr que Tsahal enclenche une opération sans gouvernement légitimé par les urnes. Et puis, l’effet de surprise est déjà inopérant. Enfin, comme le disait Chirac, « la guerre, c’est toujours un ultime recours, un constat d’échec, la pire des solutions ».  

     

    Mais la guerre a déjà lieu tous les jours, en « basse intensité ». La question est de savoir si le déclenchement d’une guerre directe sur trois fronts simultanés serait une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour Israël, le Moyen Orient, et accessoirement pour nous, Européens.

     

    Or la réponse est, tristement : vraisemblablement. Les guerres qui durent sont les pires. Peut-être Israël pourrait-il vaincre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Peut-être cela provoquerait-il une nouvelle donne au Moyen-Orient, au Liban, en Syrie, en Irak, en Jordanie, au Yémen, en Iran. Bien sûr, tout le monde dénoncera Israël et dira que la guerre est horrible. Mais Israël fera ce que les Américains, Européens, Egyptiens et Saoudiens ont été incapables de faire : détruire des organisations terroristes, empêcher l’Iran de nuire, notamment avec la « Bombe ».

     

    Avec un programme atomique, une capacité balistique, des relais en Syrie, Yémen, Liban, Irak et Syrie, Gaza, Palestine, personne ne peut ignorer la menace des Ayatollahs.

     

    Cela mérite qu’on s’interroge sur nos intérêts, nos responsabilités et notre propre engagement. Et si Israël était, dans la région, le meilleur allié possible ? On ne peut pas le dire. Pour une raison simple : il n’est pas sûr qu’Israël gagne. Il avait échoué face au Hezbollah, le renforçant par cet échec. Les dirigeants iraniens, comme ceux du Hamas ou du Hezbollah, ont prouvé qu’ils étaient prêts à sacrifier des milliers de vies pour rester au pouvoir et incarner la « Résistance  à l’Occident ». C’est ce piège que dénoncent les manifestants de Téhéran, de Bagdad et de Beyrouth.

     

    De Ron Dermer, Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis: « Si l’Iran ne quitte pas la Syrie, les chances d’une confrontation militaire augmenteront. Je ne parle pas d’année ou de mois, je vous parle de semaines. » L’Iran estime que rien ne lui fera quitter la Syrie. L’Iran encourage le Djihad islamique à tirer des roquettes. L’Iran est persuadé qu’une attaque d’Israël échouerait sinon militairement, en tout cas politiquement. Faut-il une guerre pour mettre fin à la guerre ? Ou ne serait-elle qu’un épisode dans les longs conflits du Moyen–Orient ?

     

    Momentum, « c’est le moment », semble indiquer le nom du plan de l’Etat-major israélien. Message qui signifie qu’après il sera trop tard. Si c’est vrai, c’est grave. Si c’est vrai et qu’une attaque échoue, ce serait encore plus grave. Si c’est faux, une attaque réussie ou non n’aurait pas d’importance. Sauf pour ceux qui seront sous les bombes.

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  • Brexit: les Français du Royaume-Uni entre inquiétude et attente

    David Lusseau élu des Français d’Ecosse

    Le Brexit aurait dû avoir lieu ce 31 octobre. Ce ne sera pas le cas. Le feuilleton, sans fin, déconcerte et ils sont peu encore à pouvoir prétendre y comprendre quelque chose.

    L’opposition « officielle », le parti travailliste et comme les désignent les règles de Westminster concernant le principal parti d’opposition, a accepté ce que Boris Johnson demandait depuis des jours: une nouvelle élection. Elle aura lieu le 12 décembre prochain.

    Comme nous l’a indiqué David Lusseau, élu consulaire sur la liste « Français d’Ecosse, « les conservateurs sont très unis, et en face les autres partis vont s’opposer les uns aux autres ». Le système électoral britannique, par circonscription et à un seul tour, devrait favoriser les grandes formations, conservateurs en tête en Angleterre et au Pays de Galles et alors que les indépendantistes du Scottish National Party pourraient à nouveau raffler la mise en Ecosse. C’est en tout cas ce que les sondages, à 42 jours du scrutin, prédisent?

     » les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien » – Marie-Claire Sparrow, élue consulaire

    Les Français du Royaume-Uni inquiets mais dans l’attente

    La très importante communauté française du Royaume-Uni, 150 000 inscrits aux consulats de Londres et Edimbourg et sans doute au moins le double en réalité, est inquiète. Les conseillers consulaires Lusseau, Fournier, et Sparrow que nous avons consulté sont d’accords sur ce point.

    Marie-Claire Sparrow, élue au Royaume-Uni

    Pour Marie-Claire Sparrow, élue consulaire,  » les gens en ont marre du Brexit, ils ne comprennent plus rien ». Beaucoup de Français du Royaume-Uni semblent paniqués par ce qui se passe. Beaucoup, cependant, ne prennent pas la mesure de ce qui peut se passer.

    Les consulats et l’Ambassade invitent très fortement les citoyens français à s’enregistrer. 70 000 auraient fait la démarche pour un visa permanent. Combien attendent encore?

    Si les demandes de résidence sont en baisse, la panique n’est pas générale. Beaucoup attendent.

    Frédéric Fournier, élu consulaire, nous a confié: « il y a une angoisse générale, certains sont partis, d’autres pensent le faire ».

    Il témoigne: « une de mes amies a vécu 30 ans au Royaume-Uni et a demandé sa naturalisation, d’autres ne voient pas cela envisageable ». M. Fournier aurait aimé que la période de transition envisagée par l’UE et son représentant Michel Barnier soit plus longue.

    Les consulats impliqués

    Frédéric Fournier élu consulaire

    Les différents interlocuteurs que nous avons contacté, de droite, de gauche et indépendants, sont tous formels: les consulats de Londres et d’Edimbourgh sont pleinement mobilisés en vue de l’échéance. Mais le pays est très divisé. Comme cela nous a été témoigné, l’Ecosse, qui bénéficie en la matière de prérogatives, a annoncé des droits en matière de santé bien plus généreux pour les non-résidents que le reste du pays. Une Manière de mettre en avant l’attachement à l’Europe de l’Ecosse et laisser flotter un parfum d’indépendance.

    Pour Mme Sparrow, les choses sont claires: ‘ personne ne comprend plus rien mais c’est parce que tout est vague ».

    La présence française au Royaume-Uni est toujours en croissance mais les conditions de résidence sont de plus en plus complexes. Quelles seront les règles demain?  Comment appliquer les critères de résidence? Tant de questions que se posent les Français de Grande Bretagne

  • La transition écologique, l’Histoire du XXIe siècle ?

    Le risque de collapse écologique est aujourd’hui une des rares histoires racontées aux peuples. Mobiliser et fédérer au nom de la défense de la planète et de notre civilisation constituent les objectifs des dirigeants politiques de nombreux Etats. Depuis quelques années, la menace de destruction de la planète du fait de nos comportements, de nos choix économiques, soude un nombre de plus en plus important de citoyens. Les mouvements de jeunes et le rôle de Greta Thunberg semblent prouver l’existence d’une prise de conscience internationale sur la question environnementale.

    Au cours du premier semestre 2019, plus de 2000 manifestations de jeunes se sont déroulées dans 128 pays. Elles ont réuni plus d’un million de personnes. Aux États-Unis, pays qui a dénoncé les accords de Paris de 2015, les mouvements de défense de l’environnement sont de plus en plus puissants et démonstratifs. Ainsi, au mois de novembre 2018, des jeunes se réclamant du mouvement « Sunrise » ont envahi le Congrès et ont effectué un sit-in dans le bureau de Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des Représentants afin qu’un calendrier d’actions précises soit adopté pour réorienter le cours de l’économie. Des élus démocrates, élus en 2018, ont pris fait et cause pour l’instauration d’un « New Deal Vert » reprenant les solutions mises en œuvre par le Président Roosevelt à la fin des années 30.

    La difficile fabrication d’un consensus

    La transition énergétique et la protection de l’environnement sont considérées par une large partie de la population comme indispensables pour la survie de l’espèce. Ce consensus n’en demeure pas moins fragile et relatif. La répartition des charges liées à la transition n’est pas sans poser des problèmes. Les positions des Présidents américain et brésilien ont prouvé dernièrement que la communauté internationale était loin d’être unie sur ce sujet. Les tergiversations des gouvernements face à des populations traversés par des sentiments contradictoires rendent délicates l’affichage et surtout l’atteinte d’objectifs ambitieux.

    Le défi environnemental est une source de crispations et de divisions. Les jeunes reprochent aux anciennes générations d’avoir contribué à cette situation. Il en est de même pour les habitants des pays sous-développés ou émergents à l’encontre de ceux des pays avancés. Les anticapitalistes rejettent la responsabilité de dégradation de l’environnement sur les capitalistes, les multinationales, les gouvernements. Les ruraux et les urbains s’opposent de plus en plus vertement sur l’usage de la voiture. Les agriculteurs sont montrés du doigt pour l’usage des produits phytosanitaires, etc. La transition énergétique ne fédère pas comme la crise des « gilets jaunes » l’a prouvé. Les utilisateurs de voiture en milieu rural ou en grande banlieue se sont révoltés face à l’augmentation des taxes sur les carburants.

    L’histoire de la transition énergétique est perçue pour le moment non pas comme une belle aventure mais comme une somme de contraintes pour une partie de la population. L’instauration de la taxe carbone sur les carburants rencontre une forte hostilité en France comme dans de nombreux pays. Si les comportements changent, la tentation est de reporter la responsabilité sur les États et les entreprises. Les thèses relatives à la décroissance, à la culpabilisation des activités polluantes des derniers siècles ont le vent en poupe.

    Le défi environnemental

    Le réchauffement climatique et ses conséquences constituent un défi sans précédent. Pour assurer la pérennité de l’espèce humaine ou du moins d’une grande partie de la civilisation qui s’est construite au cours de ces derniers siècles, à l’échelle mondiale, une décarbonisation de l’économie doit être réalisée et cela dans des délais extrêmement courts afin de limiter la montée des températures et des eaux.

    Les taux faibles devraient également favoriser l’investissement et donc, potentiellement, contribuer à faciliter la transition énergétique à travers le renouvellement des équipements et des infrastructures. Depuis 2015, une remontée de l’investissement est constatée mais elle reste modeste au regard du retard accumulé depuis la crise de 2008. Les entreprises renouvellent leurs équipements mais restructurent leurs dettes et se lancent dans des rachats d’actions grâce à des emprunts à bon marché. L’absence de visibilité économique, le manque de certitudes sur les gains potentiels de la décarbonisation de la production économique ne concourent pas à l’engagement d’un cycle d’investissement en la matière. En outre, les infrastructures utilisant les énergies carbones ne sont pas amorties ce qui n’incite à leur mise au rebus.

    La transition énergétique est une véritable révolution.

    La décarbonisation de l’économie suppose la mise à plat des modes de production, de transports et certainement de consommation. Cette révolution est plurielle. Elle concernera en premier lieu le secteur énergétique. En 2018, plus de 80 % de la production mondiale d’énergie consommée est d’origine fossile. En lieu et place des centrales thermiques, une multitude de centres de production sera nécessaire. Tant que des progrès substantiels n’auront pas été réalisés au niveau des batteries, la réalisation de surcapacités de production électriques sera indispensable. Les redondances sont justifiées par le caractère aléatoire de la production de certaines énergies renouvelables. Les réseaux d’acheminement de l’électricité devront s’adapter.

    Au niveau des transports, la révolution touchera les véhicules terrestres, les bateaux et plus tardivement les avions. Cette transformation du parc des moyens de transports aura tout à la fois des conséquences sur les constructeurs mais sur l’ensemble des chaines amont et avales (métallurgie, motoristes, constructeurs, garagistes, station essence). La lutte contre les émissions des gaz à effet de serre suppose également une modification des infrastructures en matière de chauffage et de climatisation. L’adaptation des bâtiments pour être moins énergivores est longue et coûteuse.

    Le coût de la transition énergétique donne lieu à des évaluations très disparates selon les études. Son coût se chiffre quoi qu’il en soit en dizaines de milliers de milliards de dollars sachant que le PIB mondial annuel est de 85 000 milliards de dollars. Tel qu’il est, le montant des investissements à réaliser est une source d’attentisme pour nombre d’acteurs.

    Entre la nécessité de stabiliser les émissions des gaz à effet de serre puis de les retreindre pour les ramener à un niveau comparable à celui du début du décollage industriel avec une population qui aura été multipliée par onze (de 1800 à 2100), ce défi apparaît, ainsi présenté, inatteignable pour nombre de commentateurs.

    Les États en voie de développement et les pays émergents à l’exception de la Chine sont réticents à s’engager dans un processus de transition énergétique qui pourrait freiner leur croissance. Le problème du réchauffement climatique est imputable aux pays avancés qui ont été à l’origine depuis le XVIIIe siècle de la grande partie des émissions. Pour certains pays dont la Russie, le réchauffement peut être même une aubaine en rendant exploitable des parties de leur territoire qui étaient jusqu’à maintenant hostiles. La révolution énergétique pour être un succès suppose qu’elle soit menée au niveau mondial. Dans le passé, les révolutions économiques ont été menées à des vitesses différentes selon les États. Elles se sont étalées sur deux siècles. Certains pays d’Afrique entament seulement leur transition économique. Le succès de la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre passe par une convergence forte des politiques économiques des différents États.

    Les États peuvent-ils les moteurs du changement énergétique ou doivent-ils laisser la place à l’initiative privée ?

    Depuis 1750, trois révolutions économiques peuvent être distinguées. Elles reposent toutes sur une ou des énergies, un mode de transformation de l’énergie et un moyen de communication. La première révolution est celle du charbon, du moteur à la vapeur, des chemins de fer et de la diffusion dans le grand public de la presse papier ; la deuxième est celle de l’électricité, du pétrole, des voitures propulsées par des moteurs à explosion, avec comme moyen de communication la radio et la télévision. La troisième est celle des énergies renouvelables, du moteur électrique ou hydrogène et d’Internet.

    Les deux premières révolutions reposaient sur la verticalité et la concentration, la troisième est plus horizontale, plus décentralisée tout en donnant lieu à d’impressionnantes concentrations (GAFAM). A la différence des deux premières, la troisième révolution, se déroule sous la pression de la contrainte environnementale. Les deux premières révolutions industrielles ont reposé, même dans des États à dominante libérale, sur des partenariats publics/privés. Les grandes infrastructures ont souvent été réalisées à la demande des États en ayant recours à des concessions avec le soutien normatif et financier de la puissance publique. Il en a été ainsi pour les chemins de fer, les réseaux électriques, d’assainissement ou de gaz ainsi que pour les autoroutes. La construction des aéroports et des ports s’est bien souvent effectuée avec l’appui des pouvoirs publics. Lors des crises, les États ont souvent été contraints de venir en aide en entreprises chargées de ces infrastructures.

    Le succès des deux précédentes révolutions industrielles repose sur l’augmentation du niveau d’éducation et de formation des actifs. Cela a été rendu possible par la généralisation de l’école obligatoire et par l’augmentation rapide du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur. La répartition plus égalitaire au fil du temps des gains de productivité a permis également une autoalimentation de la croissance. Le partage plus équitable de la valeur ajoutée est également passé par le développement de l’État providence à travers la montée en puissance des prestations sociales.

    Les États, bénéficiant de l’avantage d’être considérés comme perpétuels, doivent-ils s’endetter pour financer les dépenses d’investissement nécessaires à la mutation énergétique ? Une des motivations des taux maintenus bas sur longue période pourrait être justement cette nécessité d’endettement. Pour le moment, les administrations publiques doivent faire face à l’augmentation des dépenses de fonctionnement, en particulier en relation avec le vieillissement de la population (dépenses de santé, retraite, dépendance). L’entretien des infrastructures existantes que ce soit aux États-Unis et en Europe pose des problèmes.

    Le nationalisme ambiant freine la mise en place d’initiatives multilatérales.

    La création de fonds d’intervention publics au niveau de l’ONU, du FMI ou de l’Union européenne reste pour le moment embryonnaire. Le recours aux États est estimé pour certains experts comme une mauvaise solution. Il pourrait conduire à un gaspillage des ressources et cela d’autant plus que les taux d’intérêt sont faibles. En perdant de vue la rentabilité, entre clientélisme et effet de communication, les politiques pourraient avoir des effets contreproductifs voire générer des bulles spéculatives. Les réalisations d’infrastructures comme le Canal de Suez, la construction des lignes ferrées ou les travaux d’Haussmann ont débouché dans le passé sur des scandales financiers et à des crises financières.

    L’association public/privé n’est pas un gage total d’efficience. Certains considèrent que les États devraient avant tout instituer des cadres, des normes stables dans le temps pour favoriser la réalisation des investissements. L’idée serait alors de mobiliser l’épargne et de l’orienter vers des placements compatibles avec le développement durable. Pour de nombreuses ONG, cela passe par des actions contre les secteurs responsables des émissions des gaz à effet de serre. Plusieurs campagnes ont ainsi abouti à ce que plus de 1 000 investisseurs institutionnels issus de 37 pays se désengagent à hauteur de 7200 milliards d’euros des entreprises liées aux combustibles fossiles. La ville de New York a décidé en 2018 que les fonds de pension gérant les retraites de ses agents sortiront de toutes les entreprises reposant sur les énergies fossiles d’ici 2023. Le maire de Londres a fait de même. De son côté, le Gouverneur de Californie a annoncé que la politique d’investissement des fonds de pension de ses fonctionnaires devrait intégrer les risques climatiques. Cette prise en compte a été fixée par la loi avec en cas de non-respect l’application d’éventuelles sanctions.

    Ces campagnes peuvent avoir des effets contreproductifs. Les entreprises par exemple pétrolières par leur savoir-faire, leur rôle en matière de recherche et par le poids de leurs réseaux de distribution sont bien placées pour faciliter la transition énergétique. En France, à partir de 2020, tous les contrats devront offrir la possibilité de souscrire au moins un fonds labellisé Investissement Socialement Responsable (ISR), obligation qui sera étendue en 2022 aux fonds labellisés « transition énergétique et écologique pour le climat » (TEEC) et aux fonds solidaires visés par Finansol. Les placements ISR détenus par les ménages représenteraient 3 % de leur patrimoine financier (51 milliards d’euros). 197 fonds labellisés sont labellisés ISR.

    Selon la Fédération Française de l’Assurance, le poids des fonds gérés en tenant compte des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise) atteindrait 1.325 milliards d’euros.

    La mobilisation financière en faveur de la transition énergétique n’en est qu’à ses débuts. Les questions de l’appui aux pays en développement, de l’interdiction de l’importation des biens de pays ne respectant pas la limitation des émissions de CO2, de la reconversion des secteurs d’activité qui seront touchés par cette transition, etc. soulignent bien l’importance de la tâche. Même si avec l’essor de l’intelligence artificielle, la tentation est à la centralisation, la sagesse dans cette affaire de mutation économique ne serait-elle pas d’en revenir au principe de subsidiarité ?

  • Brexit ou non : la coopération militaire avec les Britanniques continue et continuera

    Quel que soit le sort du Brexit, la coopération militaire entre la France et le Royaume-Uni continue. Des exercices conjoints ont eu lieu récemment au large de l’Ecosse, comme l’a fait savoir le Ministère.

    Du 1er au 18 octobre 2019, l’exercice franco-britannique Griffin Strike 2019,  a réuni quatorze bâtiments de surface, trois sous-marins, une quinzaine d’aéronefs ainsi qu’une centaine de troupes terrestres de la Marine nationale, de l’armée de Terre, de la Royal Navy et de la Royal Air Force.

    Près de dix ans après la signature des accords de Lancaster House qui unissaient la France et le Royaume-Uni dans le domaine de la coopération militaire, cet exercice, dans la lignée de Flandres (2011), Corsican Lion (2012), Joint Warrior 13.2/Capable Eagle (2013), Rochambeau (2014), cet exercice nommé Griffin Strike (2016) marque une étape décisive dans le processus interarmées.

    Il a commencé le 1er octobre dernier, avec une soixantaine de marins britanniques embarquant à bord du porte-hélicoptère amphibie Tonnerre, aux côtés de quarante français.

    Pendant plus de quinze jours, 2000 marins français et britanniques ont ont participé aux exercices selon des scénarios réalistes. Une Task Force disposant de capacités françaises et britanniques s’est mise en ordre de bataille, opérant sur de nombreux exercices tels que des luttes antisurface, anti-sous-marine ou anti-aérienne.

    L’enjeu de Griffin Strike 2019 résidait dans la capacité à travailler en interopérabilité. La totale complémentarité des moyens et des hommes a permis d’atteindre dans l’exercice un niveau inédit. Cette capacité à conduire des actions décisives depuis la mer, grâce à la combinaison de moyens français et britanniques, permettra de disposer d’un outil adapté aux menaces, dans le contexte stratégique actuel.

    Politiquement, il s’agit de maintenir une coopération tactique avec les Britanniques qui se veut tactique et stratégique à la fois.

    Alain Stéphane avec le service de communication du Ministère de La Défense

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