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  • La France à l’arrêt

    La Banque de France et l’INSEE ont confirmé que l’arrêt de l’activité en France a été, l’un des plus violents constaté au sein de l’Europe après la mise en place des confinements.

    Contrairement à certaines allégations, les Français semblent respecter le confinement de manière plus nette que leurs voisins. Selon l’INSEE, le trafic routier a baissé de 62 % en France avec l’instauration du confinement contre 53 % en Italie, 33 % en Espagne et 31 % en Allemagne. Le trafic aérien est en chute de 94 % en France contre une contraction de 78 % en Allemagne et de 20 % en Italie. La consommation d’électricité a diminué de 12,3 % en France, de 24,1 % en Italie et de 7,2 % en Allemagne. Les déplacements dans les commerces non alimentaires sont en réduction de 88 % en France, contre -77 % en Allemagne et -26 % aux États-Unis. La fréquentation des bureaux et lieux de travail a baissé de 56 % en France, de 39 % en Allemagne, de 63 % en Italie et de 9 % aux États-Unis.

    Le recours au télétravail

    Pays tertiarisé et disposant d’un taux élevé de ménages connectés, la France pratique le télétravail de manière plus importante que les pays plus industrialisés. Dans la grande majorité des pays de l’OCDE, la diminution de l’activité est évaluée entre 35 et 55 %. Conséquences des mesures de confinement sur l’activité en % 13 Évolution de la mobilité de la population à partir des données de Googles Maps Selon le site TomTom, le trafic routier dans les principales métropoles des pays avancés a diminué de 30 à 60 %. Les données de Citymapper indiquent une baisse de la mobilité de près de 80 % dans la plupart des métropoles mondiales. Les aéroports fonctionnent également au ralenti, avec des niveaux inférieurs de 30 à 90 % au niveau habituel. Le nombre de vols commerciaux dans le monde a été divisé par 3. La consommation d’électricité a chuté également, avec des baisses de 10 % à 30 %.

    La France en récession

    Selon la Banque de France, après un recul de 0,1 point du PIB français au dernier trimestre 2019, celui-ci se serait contracté, de 6 points au 1er trimestre. Avec deux trimestres de recul du PIB, la France est entrée en récession. Une telle situation ne s’était pas produite depuis 2009. Chaque quinzaine de confinement entraînerait, selon la Banque de France, une perte de PIB annuel proche de -1,5 point. La perte d’activité subie durant la période de confinement de 15 jours au mois de mars est de 32 %. Les montants des paiements effectués par cartes bancaires ont baissé de 50% pendant la semaine du 23 au 29 mars. La consommation des ménages se serait contactée de 30 % durant cette période.

    Cette récession est logique en raison de la fermeture de nombreuses entreprises et du confinement qui freine tant la production que la consommation.

    Le choix du Gouvernement a été de maintenir autant que possible en état les capacités de production afin de permettre un rebond rapide l’économie. Le choix du chômage partiel et du soutien aux entreprises s’inscrit dans cette perspective.

    En sortie de crise, les pouvoirs publics devront veiller à éviter une multiplication de faillites de PME qui pourraient accroître la désertification économique au sein de certains territoires.

    Pour la France, selon la dernière étude de conjoncture de l’INSEE, au 9 avril 2020, l’activité économique française aurait diminué de l’ordre de 36%. Le commerce, les services de transports et l’hébergement-restauration contribueraient à eux seuls au tiers de la perte d’activité. La baisse d’activité atteindrait 44 % dans l’industrie. Elle est provoquée par la diminution de la demande interne et externe, par l’incapacité à disposer de l’ensemble des salariés et par la rupture des chaînes d’approvisionnement. L’industrie  agroalimentaire serait la moins affectée des branches de l’industrie. Le secteur du bâtiment serait presque à l’arrêt.

    Pour un mois complet de confinement, la perte d’activité économique équivaut comptablement à une perte d’environ 3 points de croissance du PIB annuel.

    Par rapport à la crise financière de 2008 qui s’était soldée par un recul du PIB de 2,9 % en 2009, la chute de l’activité est, en 2020, 1,5 fois supérieure pour l’industrie et 4 fois supérieure pour les services L’INSEE estime que les semaines ou les mois qui suivront le déconfinement seront affectés par la crise sanitaire du fait de la persistance d’un risque de deuxième vague de contamination par le virus.

    L’institut statistique considère que la reprise de l’activité sera progressive en raison de l’existence de contraintes en matière de déplacement La baisse des revenus des ménages pèsera sur la demande tout comme le maintien d’un climat d’incertitudes.

  • Virus : le modèle islandais.

    L’Islande, 360.000 habitants 36.000 tests réalisés. Un record mondial par rapport à la population : 10% de celle-ci a été testée. 10 fois plus que la Corée, bien mieux que l’Allemagne. La décision de mettre en place un dépistage massif a été très tôt. Il a été mis en place le 31 janvier. Avant qu’un premier malade ne soit identifié, le 28 février. Presque un mois d’avance !

    Le dépistage engagé avant le premier malade

    En premier lieu sur les personnes qui présentaient des symptômes ou qui revenaient de zones à risque. (Asie, Italie, Autriche). Dans cette première phase, 9000 personnes ont été testées. 13% d’entre elles étaient infectées.

    Une deuxième campagne a commencé le 13 mars pour les Islandais qui ne présentaient que des symptômes légers ou pas de symptômes du tout mais qui avaient pu être mis en contact avec des personnes porteuses du virus. Le nombre de cas positifs tombaient alors à moins de 0.8%.

    Dés qu’une personne était repérée positive, elle devait s’isoler chez elle pendant dix jours après la fin de la fièvre ou jusqu’à un nouveau test négatif. Toutes les personnes qu’elle avait côtoyées devaient se placer 15 jours en quarantaine.

    43% de personnes testées positives ne présentaient aucun symptôme

    Cette méthode a permis de freiner considérablement la propagation du virus, révélant de nombreux cas positifs chez des personnes qui ne pensaient pas être atteintes, les fameux cas asymptomatiques. 43% des personnes qui étaient testées positives, c’est-à-dire porteuses, du virus, ne présentaient aucun symptôme.

    Toutes étaient isolées. D’où l’importance des tests.

    Les écoles n’ont jamais fermé

    L’Islande n’a fermé ni les crèches, ni les écoles primaires. Mais lycées, universités, salles de sports, piscines, cinémas, restaurants et bars ont fermé à partir du 16 mars. Les autorités islandaises envisagent de rouvrir les lycées, universités et  musées le 4 mai, estimant que le pic de l’épidémie est passé.

    Huit personnes sont mortes en Islande du coronavirus, dix fois moins qu’en France, par rapport à la population.

     

     

     

  • Le casse-tête des remboursements des billets d’avion embarrasse l’Europe

    Quatorze gouvernements européens plaident pour que les compagnies aériennes puissent émettre des bons au lieu de rembourser les vols annulés, et ce en dépit de la charte sur les droits des passagers de l’UE, mise à mal par la pandémie.

    Les voyages aériens accusent une baisse de 90 % en Europe en raison des mesures de quarantaine et de confinement, qui entraînent une annulation massive des vols. Au lieu de rembourser leurs clients, les compagnies aériennes tentent de leur offrir des bons d’échange afin de préserver leurs réserves de liquidités.

    Mais la réglementation européenne prévoit que lorsque des services sont annulés, une nouvelle option de vol ou le remboursement du billet doivent être proposés. Les transporteurs peuvent proposer des bons d’échange, mais c’est aux passagers de décider s’ils sont d’accord de les accepter ou s’ils préfèrent se faire rembourser.

    Des failles apparaissent cependant dans la mise en œuvre de cette règle, car un groupe de 14 pays – dont la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas – sont favorables à une application plus souple des droits des passagers.

    Les Pays-Bas ont donné pour instruction à leur autorité de régulation du transport aérien de ne pas appliquer le règlement tant que la demande serait au plancher. Ils ont aussi assorti l’émission de bons d’échange par les compagnies aériennes de plusieurs conditions.

    Les coupons seront valables pendant une période de 12 mois et si les clients choisissent de ne pas les encaisser, un remboursement complet sera tout de même effectué, selon une lettre envoyée au parlement par la ministre néerlandaise des Infrastructures, Cornelia van Nieuwenhuizen.

    « Le gouvernement considère l’utilisation temporaire des bons d’échange comme une alternative acceptable, car un passager conserve le droit au remboursement de son billet, et cela évite de plonger les compagnies aériennes dans une détresse financière encore plus grande », stipule la lettre.

    Combats acharnés

    La Commission européenne est chargée de veiller à ce que les États membres respectent les obligations que leur impose le droit communautaire. Le 18 mars, elle a publié une note explicative sur la manière dont les droits des passagers devraient être appliqués durant la pandémie.

    La Commission reconnaît que la situation actuelle constitue une « circonstance exceptionnelle », ce qui implique que les passagers n’ont pas droit à une indemnisation, mais le secteur de l’aviation a été déçu que les bons d’échanges aient été écartés par l’exécutif.

    La semaine dernière, Adina Vălean, la responsable des transports de l’UE, a déclaré par e-mail à Euractiv que les bons constituaient une option « mais que les passagers devaient l’accepter ».

    « Certains États membres, comme le Danemark, ont rendu les bons d’échange plus attrayants pour les consommateurs et les ont assurés contre l’insolvabilité. La Commission continuera à suivre l’évolution de la situation et les mesures prises au niveau national », a-t-elle ajouté.

    L’option néerlandaise consistant à limiter la durée de validité des coupons pourrait gagner du terrain, car elle préserve les droits des passagers à un remboursement tout en permettant aux compagnies aériennes de gagner du temps pour sortir de la crise, mais la Commission reste pour l’instant sur ses positions.

    Les membres du Parlement européen devraient donner leur aval à une dérogation temporaire aux règles, mais il est difficile de prévoir comment la majorité se positionnerait lors d’un scrutin.

    Selon Karima Delli (Verts), la présidente de la commission des transports, « offrir des bons au lieu d’un remboursement n’est pas acceptable ». Elle enjoint les compagnies aériennes à « se conformer strictement à la législation européenne » pour éviter que les passagers ne soient « doublement victimes de la pandémie de coronavirus ».

    La position intransigeante de Karima Delli est partagée par la plupart des membres de son groupe et est largement soutenue par les parlementaires socialistes et démocrates (S&D).

    La position du groupe libéral Renew Europe et du groupe conservateur PPE – auquel appartient Adina Vălean – sur ce sujet, n’est pas claire. Des sources du parlement déclarent cependant que leurs membres penchent pour une aide aux compagnies aériennes.

    Le Parlement a déjà montré sa volonté d’aider le secteur de l’aviation. Le mois dernier, les législateurs ont décidé de geler jusqu’en octobre les règles concernant les créneaux horaires dans les aéroports, afin de bannir les « vols fantômes », vides de passagers, du ciel européen.

    Mais les dimensions environnementale et économique de cette dérogation ont uni les députés européens, alors que donner le feu vert à une dérogation aux droits des passagers, même temporaire, constitue un facteur de division.

    Gros temps en perspective

    Indépendamment de sa position sur les droits des passagers, la Commission fait en sorte de permettre aux gouvernements d’aider les compagnies aériennes. Le mois dernier, elle a assoupli les règles en matière d’aides d’État afin que les entreprises de tous les secteurs puissent bénéficier d’une aide financière, et d’autres mesures de soutien sont prévues cette semaine.

    Selon une nouvelle proposition de modifications des règles, la recapitalisation sera incluse dans le guide de l’exécutif européen sur les aides d’État, qui devrait être adopté dans le courant de la semaine.

    Les États membres pourront ainsi autoriser la restructuration de la dette sans craindre d’enfreindre la législation européenne, ce qui devrait préparer le terrain pour une intervention plus importante de l’État dans les compagnies aériennes.

    La Fédération européenne des passagers (EPF) a demandé la mise en place d’un système de garantie qui permettrait d’assurer le remboursement des billets en cas de faillite d’une compagnie aérienne, afin que les passagers ne se retrouvent pas avec des bons d’échange inutiles.

    Selon les organisations de défense de l’environnement, l’argent public ne devrait bénéficier aux compagnies aériennes que si celles-ci s’engagent à payer des taxes écologiques et à réduire davantage leurs émissions lorsque la demande reprendra.

    « L’argent public devrait soutenir les technologies du futur au lieu de renforcer les erreurs du passé », affirme Andrew Murphy, de l’ONG T&E pour la mobilité propre.

    D’anciens fonctionnaires de l’UE, dont l’ancien commissaire européen au climat, Miguel Arias Cañete, et l’ex-chef de la direction du climat, Jos Delbeke, ont tous deux déclaré la semaine dernière que les compagnies aériennes devraient faire davantage pour réduire leur empreinte carbone lorsque la pandémie aurait pris fin.

    Les services de la concurrence de l’UE ne pourront pas subordonner les aides d’État au respect de conditions « vertes », mais en vertu du « Green Deal », la politique climatique phare de l’Union, la Commission cherchera à réduire davantage les émissions dans tous les domaines lorsque les affaires retrouveront leur cours normal.

  • Notre Dame de Paris : un an après.. l’enquête !

    Un an après l’incendie de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, une immense grue à l’arrêt surplombe une cathédrale toujours prisonnière de son échafaudage comme dans une toile d’araignée: c’est l’image figée que renvoie le « chantier du siècle », en plein confinement lié au nouveau coronavirus.

    Depuis son incendie qui a ému le monde, Notre-Dame, joyau gothique orpheline de sa flèche, sans charpente, avec une voûte fragilisée, reste en « urgence absolue » selon l’équipe qui veille sur elle, même s’il est très improbable qu’elle s’écroule. Autour du parvis ceinturé de barrières, les touristes japonais, chinois ou américains ont cessé de venir faire des selfies.

    « La vie est toujours là », a assuré l’archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit, au cours d’une cérémonie à l’occasion de Vendredi Saint, dans une cathédrale vide.

    Depuis le spectaculaire incendie, dans la soirée du 15 avril, qui avait saisi d’effroi Paris et le reste de la planète, poussant des mécènes et des quidams du monde entier à promettre plus de 900 millions d’euros pour la reconstruction, le chantier a connu des avanies et l’enquête patine.

    Un chantier semé d’embûches

    Les premiers retards ont d’abord été dus aux mesures contre la contamination au plomb. Puis à l’automne et à l’hiver, les intempéries ont bloqué le chantier, chaque fois notamment que les vents dépassaient 40 km/h.

    Et alors que le printemps se profilait et que le démarrage du démontage des 10.000 tubes de l’échafaudage tordus et soudés par le feu était imminent, la pandémie de Covid-19 et le confinement général en France ont plongé le chantier dans le sommeil.

    Pour les cordistes, ces équilibristes au bout de leur cordes, la distanciation sociale (exigée face au coronavirus) est évidente.

    Général Jean-Louis Georgelin, chef d’orchestre du chantier

    Chef d’orchestre du chantier, le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major des armées françaises, étudie désormais la possibilité de faire reprendre partiellement, progressivement et de manière ciblée ce chantier aux multiples facettes, qui mobilisait avant la mi-mars entre 60 et 70 ouvriers.

    Par exemple « pour les cordistes, ces équilibristes au bout de leur cordes, la distanciation sociale (exigée face au coronavirus) est évidente », souligne-t-il.

    Si des robots ont déblayé la nef, il faut encore retirer les débris au dessus de l’immense voûte. Des opérations qui s’achèveront en principe à l’été, tandis que le démontage et le dépoussiérage du grand orgue sera effectué d’ici 2024.

    Des capteurs sont chargés partout d’identifier le moindre mouvement éventuel. « Ca ne bouge pas », rassure une source proche du dossier.

    Un « geste architectural contemporain » ?

    Quand pourra-t-on entrer dans la phase de restauration? Le général Georgelin assure à l’Agence France-Presse qu’elle « devrait commencer en 2021 ».

    Philippe Villeneuve, architecte en chef

    L’architecte en chef Philippe Villeneuve effectue les études de restauration, qui conditionneront les travaux. Une consolidation des voûtes pourrait être encore nécessaire. « J’espère que tout cela sera terminé à l’automne » 2020, affirme le général.

    Malgré la mise en sommeil, « nous ne dormons pas, je sollicite la réflexion de tout le monde », insiste le général qui estime tenable le délai de cinq ans souhaité par Emmanuel Macron pour restaurer ce joyau du patrimoine français.

    « Supposons que le sommeil dure de l’ordre de deux mois. Sur une durée de 68 mois, on devrait être capable de l’absorber », estime t-il.

    Rien ne permet encore de discerner la forme finale qu’aura le joyau gothique.

    Devra être tranchée l’alternative qui divise les amoureux de ce symbole national et religieux: reconstruire à l’identique la flèche dont l’avait dotée l’architecte Viollet-Le-Duc au XIXe siècle, ou concevoir un « geste architectural contemporain », comme l’a souhaité Emmanuel Macron? Au risque de se mettre en infraction avec l’Unesco…

    Certains ont proposé une flèche en verre, ou de créer sur le toit un parc-jardin bio, voire une terrasse panoramique pour les touristes…
    L’architecte Philippe Villeneuve plaide la fidélité à l’ouvrage génialement retouché dans le style gothique par Viollet-le-Duc, dont sont conservés tous les plans. Il a estimé qu’une reconstruction à l’identique permettrait mieux de tenir les délais. Une option qui semble être celle d’une majorité de Français.

    L’enquête se poursuit

    Dernière inconnue : l’enquête, désormais menée par trois juges d’instruction.

    Au cours de son enquête préliminaire, le procureur de Paris Rémy Heitz avait privilégié la piste accidentielle, évoquant une cigarette mal éteinte ou un dysfonctionnement électrique.

    Depuis, aucun élément nouveau n’est venu accréditer l’hypothèse criminelle, selon lui, mais les recherches doivent se poursuivre, sur la zone de départ de feu notamment, difficilement accessible.

  • Signature électronique pour les actes notariés – le coronavirus fait basculer la France dans le tout numérique

    Voilà un décret qui va apporter un grand soulagement aux Français expatriés qui étaient en train de finaliser une transaction immobilière en France, que cela soit dans l’ancien ou le neuf. Applicable depuis le dimanche 5 avril, ce décret permet la signature électronique pour tous les actes notariés grâce à une dérogation étendue jusqu’à un mois après la fin de l’urgence sanitaire. Cette modification, souhaitée par la Garde des Sceaux et le ministre chargé de la Ville et du Logement, permettra la continuité de l’activité notariale, notamment les achats immobiliers des français, tout en sécurisant le caractère authentique des actes dans le respect des consignes sanitaires de distanciation sociale.

    Jusqu’à 1 mois après l’état d’urgence sanitaire

    Dans le détail, jusqu’à l’expiration d’un délai d’1 mois à compter de la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire, le notaire peut (par dérogation aux dispositions de l’article 20 du décret du 26 novembre 1971 susvisé) établir un acte notarié sur support électronique lorsqu’une ou toutes les parties ou toute autre personne concourant à l’acte ne sont ni présentes ni représentées. Ce décret permet ainsi de déroger de façon temporaire à l’exigence de la présence physique chez le notaire pour la réalisation des actes notariés. Le notaire pourra instrumenter à distance en recueillant le consentement des parties par voie dématérialisée, par un système de communication à distance qui garantit l’identification des parties, l’intégrité et la confidentialité du contenu.

    40% des offices notariaux équipés de visioconférence

    Le Conseil supérieur du notariat (CSN) se félicite du soin avec lequel ce décret a été préparé et examiné, tant par la Chancellerie que par le Conseil d’Etat. Le CSN souligne que ce texte conforte les impératifs de sécurité qui entourent la création de l’acte authentique et précise qu’à l’heure actuelle, plus de 40% des offices nationaux sont équipés d’installations de visioconférence. C’est pourquoi le CSN appelle également à des solutions de mutualisation des équipements existants dans l’ensemble des territoires. Cela permet, sans substitution et sans déplacement physique de quiconque, à un notaire détenteur d’un équipement de visioconférence de mettre ses facilités à disposition d’un confrère instrumentaire.

  • Le déconfinement : la situation en Europe, pays par pays

    Certains États européens commencent à lever des restrictions liées au confinement. L’Italie relance très partiellement ses activités. En Espagne, les salariés des secteurs « non essentiels » ont pu retourner au travail. Un article de notre partenaire, Euractiv.

    L’heure est à la prudence. Aucun des pays européens confinés n’envisage de lever les restrictions du jour au lendemain. La Commission européenne a dit vouloir éviter que cela se fasse « en ordre dispersé ». C’est pourtant déjà ce qui se passe…

    Italie (20 465 décès)

    Pays le plus meurtri d’Europe, l’Italie esquisse un premier pas vers une reprise très partielle des activités. Dès ce mardi pourront rouvrir les librairies, magasins d’habillement pour enfants, industries du bois, usines d’électronique ou de machines agricoles. Mais sous conditions : port du masque, gel désinfectant à disposition, distances d’un mètre entre les personnes, un client à la fois dans les espaces de moins de 40 min 2 s, ménage des commerces deux fois par jour, etc. Pour le reste, rien ne changera avant le 4 mai, au mieux.

    Espagne (17 489 décès)

    Dès ce lundi 13 avril, les salariés des secteurs jugés « non essentiels », où le télétravail n’est pas possible (industrie, construction, etc.), ont pu retourner au travail. Pas question pour autant de parler de déconfinement : « la désescalade commencera au plus tôt dans 15 jours et sera progressive », prévient le Premier ministre, Pedro Sánchez. Dix millions de masques ont commencé à être distribués, hier, dans les transports en commun.

    Autriche (368 décès)

    Seuls les supermarchés et pharmacies étaient restés accessibles. Dès ce mardi, tous les petits commerces relèveront le rideau. Idem pour les hôtels et restaurants mi-mai, quand les élèves reprendront les cours.

    Tchéquie (139 décès)

    Depuis jeudi, il est possible d’aller à la piscine, de jouer au tennis et de randonner à deux. Des commerces non essentiels ont aussi rouvert : quincailleries, ateliers de réparation, magasins de sport… D’autres secteurs suivront ces prochains jours. Le port du masque est désormais obligatoire.

    Danemark (285 décès)

    Les jardins d’enfants et les écoles primaires reprendront vie mercredi. Collèges, lycées, magasins, cafés et restaurants (hors vente à emporter) resteront fermés jusqu’au 10 mai.

    Norvège (131 décès)

    La réouverture des crèches est prévue le 20 avril ; une semaine avant la reprise des cours pour les élèves du primaire. Les autres suivront, progressivement.

    Slovaquie (2 décès)

    Tous les magasins de détail rouvrent ce mardi. Mais l’état d’urgence est maintenu et le port du masque est obligatoire sur la voie publique.

    Lituanie (24 décès)

    Depuis vendredi, il est obligatoire de sortir masqué. Le confinement est prolongé jusqu’au 27 avril, mais un plan de levée des mesures, en quatre phases, sera présenté mercredi. D’abord, les commerces et services. Ensuite, les cafés en terrasse, infrastructures sportives et institutions de santé. Puis, les crèches et écoles. Et enfin, les rassemblements publics, en juillet, au mieux.

    Estonie (27 décès)

    L’état d’urgence est prolongé. Mais la réouverture des écoles est prévue à partir du 15 mai, de façon échelonnée. Les examens sont annulés.

    Suisse (1 129 décès)

    Les autorités évoquent de « premiers assouplissements » d’ici à fin avril, sans détails.

    Pas de relâchement ailleurs

    L’heure n’est pas au déconfinement au Royaume-Uni, en Roumanie ou en Lettonie, mais plutôt à la mise en garde contre tout relâchement. Mercredi, la Belgique devrait annoncer un prolongement jusqu’au 3 mai. Ce sera au moins jusqu’au 5 mai en Irlande… En Pologne, dès jeudi, il sera obligatoire de se couvrir le visage pour sortir (masque, écharpe…).

    D’autres pays, comme la Suède, les Pays-Bas ou la Hongrie, continuent de refuser un confinement total, mais incitent chacun à respecter ses distances et à limiter ses sorties. En Hongrie, toutefois, beaucoup d’entreprises ont stoppé leurs activités.

  • Le débrayage économique du monde occidental

    Selon l’OCDE, la baisse de la consommation pourrait être de l’ordre de 30 % aux États-Unis et en France, jusqu’à 35 % en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Les pays émergents sont également touchés, avec des baisses d’activité qui pourraient aller jusqu’à 5 ou 10 % du PIB en Russie, au Brésil, en Turquie et dans les autres émergents.

    Selon l’institut allemand de prévisions économiques, l’Ifo, un confinement de deux mois, conduirait à une contraction de la croissance annuelle du PIB de 8 à 13 points de pourcentage en Italie et au Royaume-Uni et de 8 à 14 points en Espagne. Pour  l’Allemagne, la perte de valeur ajoutée s’élèverait à 35,8 %.

    En Italie, l’institut national de statistique (Istat) a récemment exploité son répertoire des entreprises pour estimer l’effet des mesures prises sur l’activité. La branche de l’industrie italienne perdrait 59 % de son chiffre d’affaires contre 37 % dans les services et 45 % dans le commerce. Le recul de l’activité économique s’établirait au minimum à 41 % par rapport à une situation normale.

    En Espagne, le think tank Funcas a estimé un impact trimestriel du Covid-19 avec un recul du PIB de 2,2 % au premier trimestre suivi d’une baisse de 7,7 % au second. Hors zone euro, au Royaume-Uni et aux États-Unis, les mesures de confinement ont été prises plus tard, à partir de la dernière semaine de mars et le Japon n’a pris des mesures drastiques que le 7 avril. Dans ce dernier pays, une forte baisse de la fréquentation des cinémas, restaurants et bars a été observée à partir de février.

    Au Royaume-Uni, le CEBR (Centre for Economic and Business Research) estime la perte quotidienne d’activité due au coronavirus à 31 %, proche des estimations de l’OCDE. Aux États-Unis, les estimations de croissance pour le deuxième trimestre varient entre – 9 et -40 % en rythme annualisé, l’OCDE estimant une baisse de 25 %. 701 000 emplois ont été détruits en mars selon le Bureau of Labor Statistics et près de 10 millions d’Américains se sont inscrits à l’assurance-chômage du 15 au 28 mars selon le Département d’État du Travail. Jeudi 9 avril, le département du Travail a annoncé avoir reçu 6,6 millions de demandes d’allocations chômage sur la semaine au 4 avril, portant le total à plus de 16 millions en trois semaines. Le taux de chômage pourrait rapidement atteindre 12 % contre 3,5 % en février.

    Pour certains économistes, 40 % des emplois, surtout dans les services, seraient menacés par la crise du coronavirus. Selon Goldman Sachs et Oxford Economics, les pertes d’emploi aux États-Unis pourraient atteindre ou dépasser 20 millions. La Réserve fédérale de Saint-Louis craint même une hausse jusqu’à 30 % du taux de chômage.

    Au Royaume-Uni, près d’un million de personnes ont sollicité le bénéfice de la prestation sociale universelle, soit une hausse potentielle du chômage à 7 %, pouvant selon Capital Economics atteindre 10 % d’ici mi-avril, un niveau sans précédent depuis 26 ans.

    À l’exception des périodes de guerre, les pays avancés n’ont jamais été confrontés à de telles baisses d’activité. Le caractère simultané de la mise en arrêt des économies renforce et autoalimente la crise. En France, dans un contexte tout différent, en mai 1968, l’économie avait été fortement atteinte en raison des grèves. Le PIB avait reculé au 2e trimestre de 5,3% du PIB, recul qui avait été compensé par une hausse de 8 points au 3e trimestre 1968. Après les accords de Grenelle et la grande manifestation du 30 mai 1968, l’activité avait rapidement repris.

    Avec la crise actuelle, l’ampleur du rebond dépendra de la persistance ou non de la menace épidémiologique.

  • Confinement, écoles, aides, masques… la liste des annonces d’Emmanuel Macron pour la suite de la crise

    Ce lundi soir, Emmanuel Macron a pris la parole pour la quatrième fois, de manière solennelle, pour s’adresser aux Français. Durée du confinement, masque, retour à l’école, aide économique… voici un résumé de ses annonces.

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