Devant la boulangerie de nos compatriotes Gautier et Ashley Coiffard, “L’Appartement 4F”, à New York, dans le quartier de Brooklyn Heights, ils sont quotidiennement plusieurs dizaines à faire la queue dans l’espoir de mettre la main sur des “mini-croissants céréales”. Une déclinaison de notre « croissant national » à consommer dans son bol de lait le matin. Une douceur à 50$ la boite…
Des céréales « fait main » !
C’est en mai dernier que Gautier et Ashley ont ouvert « L’appartement 4F ». Gauthier est un ancien ingénieur grenoblois parti conquérir la « Grosse Pomme » ! S’ils vendent du pain et des viennoiseries traditionnelles, c’est donc surtout pour leurs « croissants céréales » que l’établissement est devenu si rapidement populaire. Ces derniers prennent tant de temps à préparer que seules quatre ou cinq boîtes sont disponibles à la vente chaque jour.
« En gros, c’est la même pâte qu’on a pour nos croissants. Donc, déjà ça, c’est deux ou trois jours à faire la pâte à croissant, explique Gautier Coiffard. C’est laminé, c’est comme un croissant classique. Ensuite on l’aplatit très finement, on roule les mini croissants un par un. Ça prend des heures. Ensuite on les cuit, on ajoute du sucre, et on les déshydrate. Ça fait environ deux jours en plus d’un croissant classique. »
Gautier Coiffard
Réaliser un mini-croissant prend ainsi deux jours de plus que la réalisation d’un croissant classique. Et comme il y en a 250 dans chaque boîte… Celle-ci est vendue à prix d’or, à savoir 50 dollars, soit près de 47 euros la boîte.
Inauguration de la boulangerie par Gautier et Ashley Coiffard
Les Français partagés, les Américains conquis
Comme on pouvait si attendre, cette déclinaison de notre viennoiserie nationale n’a pas manqué de déchaîner les passions parmi les Français d’Amérique du Nord.
« Il y a eu beaucoup de haine et de passion pour ces mini-croissants céréales, sachant que la plupart des commentaires un peu désobligeants, ce sont les Français »
Gautier Coiffard
Pourtant sur TikTok, le hashtag #cerealcroissant cumule plus de 15 millions de vues et regroupe des New-Yorkais essayant ces céréales ou des personnes les reproduisant à la maison.
Prochaine étape : conquérir la France ? Un nouveau produit aux fortes marges qui pourrait soutenir les boulangers français pris dans la crise énergétique. En tout cas, on risque de voir ces mini-croissants se multiplier dans les boulangeries hors de l’Hexagone !
Un cabinet d’avocats belge, une ONG basée en Belgique et une association de juges européens ont annoncé mercredi (1er mars) avoir envoyé une communication à la Cour pénale internationale (CPI) dans laquelle ils apportent des preuves de crimes contre l’humanité qui seraient commis par le régime du président turc Recep Tayyip Erdoğan depuis un coup d’État manqué en 2016.
Mercredi, le cabinet d’avocats belge Van Steenbrugge Advocaten (VSA), l’ONG Turkey Tribunal basée en Belgique et l’association Magistrats Européens pour la Démocratie et les Libertés (MEDEL) ont annoncé lors d’une conférence de presse à La Haye qu’ils avaient demandé à la CPI d’ouvrir une enquête sur la Turquie pour « crimes contre l’humanité », rapporte le média Turkish Minutes.
Selon les avocats, 200 000 personnes auraient disparu, été torturées ou incarcérées et condamnées sans procès équitable en Turquie. En outre, d’autres crimes répréhensibles auraient eu lieu en dehors de la Turquie.
Plus tôt, le Turkey Tribunal a mis en place un tribunal d’opinion pour juger les violations des droits de l’homme perpétrées par Ankara et, en 2021, le panel de juges a annoncé que les tortures et les enlèvements commis par des agents de l’État turc depuis juillet 2016 pouvaient constituer des crimes contre l’humanité dans le cadre d’une requête portée devant une juridiction internationale compétente en la matière.
Suite à cela, VSA, MEDEL et Turkey Tribunal ont envoyé une communication au Bureau du Procureur de la CPI, l’un des quatre organes de la Cour. Dans cette communication, ils exposent les crimes contre l’humanité qui auraient été et seraient toujours commis par le régime turc. Ils dévoilent notamment les témoignages de 1 300 victimes pour lesquelles la cour internationale pourrait engager des poursuites.
Les avocats affirment que le régime de M. Erdoğan a perpétré des attaques systématiques contre la population civile dans le but de promouvoir les politiques du gouvernement dirigé par son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP). Ils affirment également que les preuves rassemblées témoignent d’un mépris délibéré des principes fondamentaux du droit international.
Les avocats affirment que le régime de M. Erdoğan a perpétré des attaques systématiques contre la population civile dans le but de promouvoir les politiques du gouvernement dirigé par son parti [Sasa Dzambic Photography / Shutterstock]
La demande d’ouverture d’enquête a été effectuée en vertu de l’article 15 du Statut de Rome. Le procureur, Karim A. A. Khan QC, doit maintenant décider si une enquête peut être ouverte sur base des preuves fournies.
Toutefois, comme le rappelle le Washington Post, le bureau du procureur reçoit chaque année des centaines de communications similaires venant des quatre coins du monde, et celles-ci aboutissent rarement à une enquête.
Johan Vande Lanotte, ancien ministre belge qui travaille actuellement pour le cabinet VSA, a confié à la VRT que la plainte ne précise pas qui est responsable des crimes. « En droit, c’est une question qui relève du procureur », a-t-il ajouté. Cela signifie que, techniquement, le président turc pourrait être tenu responsable des crimes dont est accusé le régime.
Ankara ne reconnaît pas la CPI
La Turquie n’est pas partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, elle ne reconnaît donc pas son autorité.
Le Statut est un traité international qui établit les crimes internationaux sur lesquels la Cour a un pouvoir juridictionnel. Il s’agit notamment des génocides, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des crimes d’agression s’ils sont commis sur le territoire d’un État partie ou par l’un de ses ressortissants.
Néanmoins, dans leur communication, VSA, Turkey Tribunal et MEDEL soulignent une décision de 2019 de la Chambre préliminaire III de la CPI autorisant une enquête sur le génocide présumé des Rohingyas — une minorité musulmane vivant au Myanmar — malgré le fait que le Myanmar ne soit pas partie au traité, et ce au motif que les Rohingyas déplacés se retrouvaient ensuite au Bangladesh, qui est quant à lui un État partie au statut.
La communication concernant la Turquie, qui aurait été envoyée il y a un mois, présente des preuves de crimes présumés commis par le régime turc dans 45 États parties au Statut de Rome. Il s’agit par exemple d’enlèvements en Albanie, en Bulgarie, en Moldavie et en Suisse et du retrait discriminatoire de passeports et de la non-délivrance de cartes d’identité dans 29 États dont l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.
Bonjour à tous, bienvenue dans le flash quotidien des expatriés du vendredi 03 mars. En ce dernier jour de la semaine, on parle de la bonne santé de la francophonie, de la 6ème place de notre passeport au classement mondial tandis qu’en France le gouvernement met la pression sur les syndicats à quelques jours de la grève générale du 07 mars.
29 pays francophones
C’est le dernier recensement de l’Organisation Internationale de la Francophonie qui liste les Etats dont le français est une langue officielle ou courant. En tout 300 millions de personnes parlent français au quotidien, si la France est encore le pays avec le plus de locuteurs, à la fin de cette décennie c’est la République démocratique du Congo qui deviendra le premier pays. Du côté des langues étrangères, le français capte toujours autant d’étudiants, le Royaume-Uni est d’ailleurs le 8ème pays au monde où on compte le plus de francophones. En 2050 nous devrions être 500 millions et près d’un milliard à la fin du siècle. Il est donc encore temps de parier sur le français.
187 pays accessibles sans visa
Preuve de la bonne image de notre culture dans le monde, le nombre de pays qui ouvrent leurs frontières aux Français sans avoir besoin de visa progresse toujours avec 187 Etats. Dans le classement annuel, le passeport français est donc 6ème, le Japon et Singapour trustent toujours les premières places avec respectivement 199 et 197 pays.
Le gouvernement joue la peur contre les syndicats
Pour Olivier Véran, l’apocalypse semble guetter l’Hexagone. À l’issue du Conseil des ministres ce mercredi, le porte-parole du gouvernement a redoublé de gravité au moment d’évoquer les éventuelles conséquences du mouvement de grève contre la réforme des retraites prévu le 7 mars prochain à l’initiative des syndicats. Évoquant tour à tour la sécheresse, la vaccination contre le papillomavirus et le réseau ferroviaire, il a jugé que « mettre la France à l’arrêt » reviendrait à « prendre le risque d’une catastrophe écologique, agricole, sanitaire », à négliger « la santé de nos enfants » ou encore à « rater le train du futur ».
C’est tout pour aujourd’hui, je vous souhaite un bon week-end et on se retrouve lundi pour une nouvelle semaine
Publié en Janvier 2023 sur le site Statista.com, le dernier classement de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) révèle la liste des pays qui dénombrent le plus de francophones dans le monde. Ainsi, on apprend que nous sommes 300 millions à parler la langue de Molière, mais beaucoup moins que les 500 millions annoncés pour 2050 soit dans à peine plus d’un quart de siècle.
29 pays ont le français comme langue courante ou officielle
Selon le dernier classement de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) au titre de l’année 2022, ce sont au total 29 pays qui ont pour langue courante et officielle le français dans le monde. Dans ces 29 pays, on dénombre plus de 300 millions de francophones.
Sur la liste, la France est, évidemment, en tête du classement avec la première place. Elle dénombre 66,4 millions de personnes qui parlent couramment le français soit 97 % de la population française. En République Démocratique du Congo (RDC), ce sont 48,9 millions de personnes qui sont francophones soit plus de la moitié de la population avec 51 %. Elle arrive à la deuxième place du classement. Bientôt la RDC sera le premier pays francophone devant la France.
Le Maroc, 4e de la liste, dénombre 13, 5 millions de personnes qui sont francophones dont 36% de la population. Au Canada, ils sont au nombre de 11,1 millions, soit 29% de la population canadienne sous la 9e place. En Belgique, ce sont 8,8 millions de personnes qui parlent le français. Et ces francophones en Belgique constituent 76 % de la population générale d’où la 11e place. En Tunisie 6,3 millions de personnes sont francophones et constituent 52% de la population avec la 13e place. La Suisse, elle détient 5,9 millions de francophones avec 67% de la population. Ce qui l’emmène à la 14e place.
Mais au-delà des pays où le français est une langue commune, l’apprentissage de notre langue et donc l’attrait pour notre culture ne se dément pas sur tous les continents.
Ainsi l’Allemagne est 5e du classement où l’on retrouve 12,3 millions de francophones qui représentent 15% de la population allemande. C’est loin d’être le cas de l’autre côté du Rhin. En Italie, nous avons 11,8 millions de personnes qui parlent couramment le français, soit 20% de sa population, le pays se retrouve à la sixième (6e) position. Au Royaume-Uni, ce sont 11, 3 millions de personnes qui maîtrisent la langue parlée et écrite, soit 16% de la population globale, ce qui classe ainsi le pays à la 8e place.
Le passeport, la pièce d’identité par excellence des Français de l’étranger, est aussi et surtout, avant tout, un outil pour voyager. Comme chaque année, un classement international compare les pays accessibles sans visa selon la nationalité, ce qu’on appelle communément la « puissance du passeport ». Alors quel puissance pour le passeport français ? On en profite pour faire un point sur l’origine de ce sésame.
Le passeport, une invention du XVème siècle !
L’usage du passeport se développe à partir du XVe siècle en France, mais également dans le Saint-Empire ou en Suisse, en remplacement des sauf-conduits qui, au Moyen Âge, étaient délivrés à des groupes de voyageurs (émissaires royaux, marchands, etc.) par leurs autorités pour garantir leurs droits lors de leurs déplacements.
En témoigne d’ailleurs l’apparition en 1420 du mot passeport dans la langue française. Le document, auparavant délivré à des groupes, se transforme petit à petit. Dans le courant du XIXe siècle, il est remis à des individus, ou du moins à des membres d’une même famille circulant ensemble.
Il s’agit pour les États non seulement de faciliter, mais aussi de limiter les mobilités de certains. Si l’arrivée trop importante d’indigents dans une région ou une ville fait toujours peur aux autorités de celle-ci, les départs de soldats et de marins, ou encore d’artisans et d’ouvriers, inquiètent tout autant – par crainte des désertions dans le premier cas, de la perte d’une main-d’œuvre éventuellement spécialisée dans le second.
Etreindre la population
Pour les États du XIXe siècle, il est essentiel, au moyen des passeports, d’« étreindre » leur population, pour reprendre les termes de l’historien américain John Torpey dans son ouvrage publié en français en 2000 sous le titre L’Invention du passeport. États, citoyenneté et surveillance. Cette « étreinte » vise à affirmer la souveraineté de l’État sur le territoire national ; à en permettre la défense par la conscription ; à percevoir les impôts ; à identifier et recenser les citoyens ; à leur accorder aide et protection pendant leurs voyages ; et enfin à contrôler les mobilités à une époque où elles connaissent une forte croissance.
Au fur et à mesure que chaque État se définit comme national, l’étreinte implique de surcroît l’établissement d’une distinction claire entre ses ressortissants et les étrangers, et donc des papiers pour la mettre en œuvre.
Le passeport et les autres documents d’identification (livrets militaires et ouvriers par exemple) deviennent, pour chacun, obligatoires pour se déplacer et, le cas échéant, décliner son identité. Tout au long du XIXe siècle, en France, mais aussi au Royaume-Uni, en Prusse, en Grèce ou dans l’Empire ottoman, des lois et règlements sont édictés pour préciser leur forme et leur usage.
Ainsi tout au long de ce siècle, les pays européens, mais également les Empires comme le russe ou l’ottoman, tâtonnent pour normaliser le format de leurs passeports. Imprimés sur un registre à souche et sur du papier spécial pour lutter contre les falsifications, ils comportent le nom et le sceau de l’autorité émettrice (consulat à l’étranger, gouverneur de province, ministère des Affaires étrangères, préfet de région, etc.), ainsi que la date et le lieu de délivrance.
Les informations sur le porteur du passeport s’affinent tout au long du siècle : à ses nom, prénom, date et lieu de naissance, profession, lieu de résidence, s’ajoutent des caractéristiques physiques précises. Sont ainsi mentionnés sa taille, la couleur de ses cheveux et de ses yeux, ses éventuels signes particuliers, et dans certains passeports, la forme de son visage, de sa bouche ou de son nez, la couleur de son éventuelle barbe ou moustache, de ses sourcils ou encore de son teint.
À l’extrême fin du XIXe siècle, sont créées de nouvelles méthodes d’identification par le corps (empreintes digitales, anthropométrie) pour améliorer la reconnaissance des individus. Inspirées des techniques de l’identité judiciaire et d’abord, à partir de l’extrême fin du XIXe siècle, appliquées à des personnes recherchées par la police et à des catégories sociales particulièrement surveillées (tels que les Tsiganes), elles s’étendent très vite. Le signalement de l’individu devient plus précis. Les passeports du début du XXe siècle comprennent souvent une photographie, de même que les empreintes digitales de leur détenteur.
Où voyager avec son titre français sans visa ?
On le voit c’est donc avant tout pour contrôler les flux migratoires que les passeports ont été mis en place. Mais au XXème siècle avec l’avènement du tourisme de masse, les Etats ont commencé à développer des politiques spécifiques pour ces voyageurs pour un court séjour mais aux revenus importants pour les pays qui les accueillent. Avec leurs voisins, puis peu à peu avec les pays, quel que soit l’éloignement, avec qui il aura été possible de créer des conditions de confiance, en particulier quant à l’acceptation de leurs ressortissants qui auraient dépassé les termes du voyage touristique.
La puissance du passeport est donc plus un indicateur des relations internationales de l’Etat émetteur qu’un avis sur la population qui peut en être bénéficiaire.
C’est ainsi que pour la septième année consécutive, le passeport japonais figure en tête du classement. Les ressortissants nippons peuvent voyager dans 193 pays sans visa. En 2022, le pays du Soleil levant avait gagné un pays de plus par rapport à l’index précédent. Le passeport singapourien occupe quant à lui le 2e rang, les ressortissants de la cité-État asiatique pouvant accéder à 192 pays sans visa, tout comme les Sud-Coréens.
Parmi les 199 pays évalués, ceux de l’Europe sont surreprésentés en tête de classement. Les passeports allemands et espagnols sont ainsi les plus puissants du Vieux Continent et ouvrent les portes de 190 pays sans visa. Quant au passeport français, il est placé au 6e rang, à égalité avec les passeports irlandais, portugais et britannique (187 pays). La République Tchèque (au 8e rang en 2022) et la Pologne (10e rang l’année dernière) gagnent toutes les deux une place.
Le Royaume-Uni et les États-Unis, qui occupaient la première place en 2014, sont distancés depuis par les pays d’Asie pacifique et de l’Europe de l’Ouest. Ils occupent respectivement les 6e et 7e rangs. En queue de classement, on trouve l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie. Les ressortissants de ces pays peuvent se rendre respectivement dans 27, 29 et 30 pays sans visa.
« On sort de l’aide et on entre dans le partenariat ! », explique Chrysoula Zacharopoulou, secrétaire d’état française chargée du développement à l’occasion du voyage du chef de l’Etat de la France en Afrique.
Première étape : Libreville
Le président français Emmanuel Macron est arrivé mercredi soir à Libreville, première étape d’une tournée africaine destinée selon Paris à ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre la France et le continent.
Emmanuel Macron, qui a atterri à 19h30 (18h30, heure de Paris) dans la capitale gabonaise, a pris immédiatement la direction de la présidence pour un dîner avec son homologue Ali Bongo Ondimba, a constaté une journaliste de l’AFP.
Lutter contre le ressentiment anti-français
Le dirigeant français participera jeudi à un sommet sur la préservation des forêts du bassin du Congo, co-organisé par la France et le Gabon, en présence d’une dizaine de chefs d’Etat et de gouvernement de la région.
Emmanuel Macron effectue son dix-huitième déplacement en Afrique depuis le début de son premier quinquennat en 2017. Il s’agit de la première visite d’un président français au Gabon depuis celle de Nicolas Sarkozy (2007-2012) en 2010. Le chef de l’Etat français se rendra ensuite en Angola, au Congo et en République démocratique du Congo jusqu’à samedi soir, avant un retour dimanche matin à Paris.
Il entame cette tournée en Afrique centrale deux jours après avoir exposé depuis Paris sa stratégie africaine pour les quatre ans à venir, sur fond de montée du ressentiment contre la France dans son ancien «pré carré» africain.
Emmanuel Macron a prôné lundi «l’humilité», fait état d’une réduction prochaine de la présence militaire française en Afrique et appelé de ses vœux un nouveau partenariat «équilibré» et «responsable» avec les pays du continent. A la présidence gabonaise, il remettra mercredi soir à Ali Bongo une copie d’un fonds ethnomusicologique de 900 séquences sonores, enregistrées au Gabon entre 1954 – soit avant l’indépendance – et 1970.
Cette collection – dont les originaux sont conservés au musée des Arts et Traditions du Gabon – illustre tous les pans de la tradition orale et musicale gabonaise, des chants et contes aux cérémonies cultuelles. Elle est issue des travaux de l’auteur-compositeur français Herbert Pepper, qui a composé l’hymne du Sénégal, et de l’ethnomusicologue Pierre Sallée.
Les règles budgétaires européennes doivent impérativement être réformées en affirmant haut et fort que la dette publique n’est pas nécessairement mauvaise pour les générations futures. Bien au contraire, elle peut être essentielle pour financer des investissements publics de grande ampleur.
Ludovic Suttor-Sorel est responsable de la recherche et du plaidoyer chez Finance Watch.
Les ministres des Finances de l’UE ont prévu de se retrouver à Bruxelles lors d’un sommet ECOFIN le 14 mars pour tenter de trouver un accord sur une réforme des règles budgétaires européennes. Le sujet est politiquement explosif, tant les enjeux relatifs à la dette publique sont façonnés par l’histoire économique de chaque pays membre.
Dès avril 2020, la Commission avait fait le choix de suspendre l’application du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), au pire de la pandémie de Covid-19, donnant aux Etats membres les coudées franches pour soutenir leurs économies. Il devrait être réactivé avant la fin de l’année.
Le PSC donne comme principales règles d’or aux Etats membres de ne pas dépasser 60 % de dette publique, relatif au PIB. Le déficit, quant à lui, ne doit pas passer sous la barre des 3 % du PIB. Si un pays dépasse un de ces seuils, alors des mesures sont prises en concertation avec la Commission européenne pour redresser les dépenses publiques.
Depuis la proposition de la Commission de novembre 2022, des négociations sont entamées pour revoir ces règles, largement perçues comme inadaptées et empêchant les Etats membres de s’engager sur la voie d’une croissance durable.
La meilleure option – soutenue par des économistes de renom, dont Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international – consiste à élaborer ces trajectoires spécifiques à partir d’analyses de soutenabilité de la dette propres à chaque pays. [Jens Koehler / EPA-EFE]
Analyses de soutenabilité de la dette publique
Tous les Etats Membres semblent s’être déjà mis d’accord pour changer d’approche dans les efforts de réduction de dette publique. Contrairement à une approche de réduction de dette uniformisée adoptée en 2011, les Etats Membres semblent prêts à réfléchir à des approches plus spécifiques à chaque pays, en fonction de leurs besoins et réalités économiques.
Mettre cela en pratique, en revanche, est d’un autre ordre et les pays membres n’arrivent pas à se mettre d’accord.
Une analyse de soutenabilité de la dette est une forme de “stress test” pour les finances publiques. Elle envisage des scénarios économiques futurs et simule l’impact de chocs de nature différente sur les principales variables de la dette.
Cela permet de mieux appréhender les options, notamment de larges projets d’investissements, dont un pays dispose pour renforcer son économie et ses finances publiques, sans se borner à une coupe sèche dans les dépenses publiques.
La dette publique, un fardeau pour les générations futures ? Pas forcément
La dette publique est encore trop souvent perçue comme un fardeau pour les générations futures. Or, ce n’est pas nécessairement le cas.
Les investissements dans certaines infrastructures publiques stratégiques et dans la recherche et le développement (R&D) ont un effet multiplicateur important, stimulant la croissance économique et l’emploi. D’autres dépenses publiques, liées par exemple à la politique industrielle verte ou à l’efficacité énergétique, peuvent également nous aider à atteindre nos objectifs de durabilité.
Le financement par la dette de ces projets innovants et verts est un moyen légitime de répartir les coûts entre ceux qui en supervisent la création et ceux qui, plus tard, en bénéficieront.
Réaction des marchés financiers : une peur irrationnelle ?
L’argument des pays membres les plus récalcitrants face à une réforme est simple : ils craignent une réaction négative des marchés financiers face à des montants de dette publique qui risqueraient d’exploser.
Dans les faits, les marchés financiers font peu attention aux seuils budgétaires arbitrairement établis dans le PSC. Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les agences de notation de crédit comme Moody’s se soucient moins du ratio dette/PIB d’un pays que de la taille, complexité et puissance de son économie.
Par exemple, les États-Unis et la France, dont les taux de dette public dépassaient les 120% de PIB en 2020, affichaient respectivement la meilleure et la troisième meilleure cote de crédit possible (AAA et Aa2). En revanche, l’Ukraine, pourtant sous la barre des 60 % en 2020, affichait l’une des cotes de crédit les plus basses (B3).
Le ratio dette/PIB n’est pas un bon indicateur pour évaluer la viabilité de la dette d’un pays et les marchés financiers le savent – c’est un argument politique facilement compréhensible, mais trompeur. D’autres variables doivent être prises en compte et c’est pourquoi l’UE doit s’orienter vers des trajectoires de désendettement spécifiques à chaque pays, fondées sur des analyses précises de soutenabilité de la dette.
Si nos ministres des Finances ne se montrent pas à la hauteur de la situation, ce sont les futures générations européennes qui en pâtiront.