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  • Paris et Berlin visent un accord sur le marché de l’électricité d’ici fin octobre

    Paris et Berlin visent un accord sur le marché de l’électricité d’ici fin octobre

    Paris et Berlin vont tenter de régler leurs différends concernant la réforme du marché de l’électricité proposée par l’UE d’ici novembre, ont annoncé les dirigeants franco-allemands ce mardi (10 octobre).

    Au fil des ans, la France et l’Allemagne ont développé des systèmes électriques radicalement différents. Alors que Paris privilégie les grandes centrales nucléaires, l’Allemagne opte plutôt pour un modèle de production d’électricité décentralisée à plus petite échelle, qui repose à 100 % sur des énergies renouvelables.

    Ces différences fondamentales ont conduit à une impasse lors des discussions sur la réforme des règles du marché de l’électricité de l’UE.

    Cette réforme avait été présentée par la Commission européenne en mars comme un moyen d’éviter une répétition de la crise énergétique de l’année dernière, déclenchée par la Russie suite à la guerre en Ukraine.

    Dans le cadre des négociations, Paris souhaite que ses actifs nucléaires existants puissent être couverts par les futurs mécanismes de marché en cours de négociation. Or, selon Berlin, cela entraînerait une distorsion de la concurrence sur le marché de l’UE.

    Une réunion au sommet à Hambourg entre le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz a peut-être finalement ouvert la voie à un compromis.

    marché électricité
    La France et l’Allemagne travaillent sur un accord visant à résoudre leurs désaccords sur la forme future de la réforme du marché de l’électricité de l’UE. [EPA-EFE/FILIP SINGER]

    Accord avant la fin du mois ?

    Mardi (10 octobre), M. Macron a en effet déclaré qu’après avoir discuté en profondeur des sujets énergétiques, les deux hommes d’État ont dit vouloir travailler ensemble dans les prochaines semaines avec leurs équipes afin de parvenir à un accord « d’ici la fin du mois ».

    Selon le président, «l’accord franco-allemand est à portée de main».

    « Nous devons trouver un accord commun », a déclaré M. Scholz, qui a affirmé qu’une solution européenne optimale est celle que « l’Allemagne et la France [auront] mise au point ensemble ».

    Les discussions ont été un « signe que nous voulons aller de l’avant ensemble et que nous le ferons. Nous sommes donc très confiants », a déclaré M. Scholz.

    Une première tentative devrait prendre place la semaine prochaine lors du conseil «Énergie » du 17 octobre à Luxembourg réunissant les 27 États membres en charge des sujets énergétiques.

    Si la France et l’Allemagne ne parviennent pas à un accord la semaine prochaine, une nouvelle réunion «Énergie » est prévue le 19 décembre.

    La prochaine étape du processus législatif consistera ensuite à négocier avec le Parlement européen, qui a fait connaître sa position en septembre.

    De nouveaux retards pourraient repousser l’accord final sur la réforme du marché de l’électricité de l’UE au premier trimestre 2024.


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  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 12.10.23

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 12.10.23

    Nous sommes le jeudi 12 octobre, vous écoutez le flash quotidien des expatriés, bonjour à tous ! Dans nos titres : Toujours plus de victimes françaises en Israël – Un recours sur les sénatoriales – Le point sur le budget des Affaires étrangères pour 2024

    10 morts et 18 disparus français en Israël

    La Première ministre Élisabeth Borne s’exprimait ce mercredi 11 octobre au Sénat, et elle est logiquement revenue sur les événements dramatiques au Moyen-Orient, livrant un nouveau bilan concernant les ressortissants français. « Je veux avoir un mot particulier pour nos 10 ressortissants décédés et les 18 dont nous sommes sans nouvelles », a ainsi déclaré, la cheffe du gouvernement, alors que les derniers chiffres communiqués par le Quai d’Orsay faisaient jusqu’alors état de 8 morts et 20 disparus.

    Israël
    Jeune Français de 12 ans enlevé par le Hamas

    Renaissance conteste les résultats des sénatoriales 

    Arrivé en sixième position avec 47 voix, la tête de liste officielle de la majorité présidentielle avait loupé la marche du Palais du Luxembourg pour quelques bulletins. Selon nos informations, la contestation électorale porterait sur deux aspects. L’utilisation abusive du mot « Renaissance » par une autre liste non investie par le parti du président Macron. Et une organisation défectueuse de l’élection dans certains bureaux de vote. C’est désormais aux 9 sages de se prononcer. 

    Thierry Masson
    Thierry Masson

    Plus de moyen pour les Affaires étrangères

    Emmanuel Macron va doter le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères de moyens nouveaux dans le cadre d’une nouvelle stratégie ambitieuse. La hausse est sans précédent, le projet de loi de finances 2024 en témoigne : Le Ministère verra une augmentation de ses moyens globaux de +4,5 pour cent soit +293 Millions d’euros supplémentaires. Il connaît également une hausse de +165 ETP (équivalents temps plein soit le nombre de créations d’emplois autorisés) pour le recrutement des diplomates de demain. Un déploiement de postes conforme à l’engagement présidentiel de réarmer la diplomatie française en la dotant de moyens à la hauteur, 700 emplois nouveaux seront créés à terme et le budget du Ministère devrait augmenter de 20 pour cent au final. 

    Diplomatie culturelle
    Institut français de Cologne

    C’est tout pour ce jeudi, on se retrouve demain vendredi 13 ! Bonne journée où que vous soyez.

    Ecouter le bulletin des Français de l’étranger

  • 11 morts et 18 disparus français en Israël 

    11 morts et 18 disparus français en Israël 

    Après les attaques du Hamas contre l’État hébreu, Les consulats tentent toujours de localiser nos ressortissants et d’avoir de leurs nouvelles.

    Elisabeth Borne

    La Première Ministre Élisabeth Borne s’exprimait ce mercredi 11 octobre au Sénat, et elle est logiquement revenue sur les événements dramatiques au Moyen-Orient, livrant un nouveau bilan concernant les ressortissants français :

    « Je veux avoir un mot particulier pour nos 11 ressortissants décédés et les 18 dont nous sommes sans nouvelles », a ainsi déclaré, la cheffe du gouvernement, alors que les derniers chiffres communiqués par le Quai d’Orsay faisaient jusqu’alors état de 8 morts et 20 disparus.

    « Chaque jour, le bilan s’alourdit et je veux redire solennellement que rien, jamais, ne peut justifier le terrorisme. »

    Elisabeth Borne ce 11 octobre devant le Sénat

    Israël
    La Première Ministre Elisabeth Borne a indiqué qu’un vol spécial d’Air France serait assuré ce jeudi

    Un vol spécial d’Air France ce jeudi

    « Nous sommes en lien constant avec les familles », a-t-elle encore déclaré, en adressant « toutes (ses) pensées à la communauté française en Israël, qui vit dans l’angoisse ».

    « Nous travaillons activement au côté d’Air France à ce que des solutions de rapatriement soient proposées à tous nos ressortissants qui le souhaitent », a poursuivi la Première Ministre, rappelant qu’un « vol spécial a d’ores et déjà été confirmé demain (jeudi) » et assurant travailler « à différentes options jusqu’à la reprise des vols réguliers ».

    Dans la lignée du discours véhiculé par l’Occident depuis l’assaut de samedi, Élisabeth Borne a par ailleurs évoqué le « droit d’Israël à se défendre », et insisté sur le fait que « face à la barbarie, personne ne peut remettre en cause ce droit ». Elle a aussi salué les mesures prises par le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin face aux répercussions possibles des événements d’Israël en France, en particulier en ce qui concerne une éventuelle flambée d’antisémitisme.

    Sans jamais nommer les 2,3 millions d’habitants de la bande de Gaza, désormais coupés du monde et bombardés par l’armée israélienne, la Première Ministre a tout de même parlé de la situation au Moyen-Orient au sens large :

    « Nous devons tout faire pour éviter l’embrasement de la région, permettre la désescalade, la protection des civils et garantir le respect du droit international. »

    Elisabeth Borne ce 11 octobre devant le Sénat

    Prônant une « solution de paix durable », Élisabeth Borne a affirmé qu’il s’agit du « seul chemin pour la sécurité et la stabilité dans la région. C’est aussi un chemin pour l’apaisement dans nos démocraties ».

  • La France augmente ses moyens culturels à l’étranger : vers un renforcement de la puissance douce française ? 

    La France augmente ses moyens culturels à l’étranger : vers un renforcement de la puissance douce française ? 

    Une analyse en deux volets

    Les chiffres sont éloquents : Emmanuel Macron va doter le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères de moyens nouveaux dans le cadre d’une nouvelle stratégie ambitieuse. La hausse est sans précédent, le projet de loi de finances 2024 en témoigne : Le Ministère verra une augmentation de ses moyens globaux de +4,5 pour cent soit +293 Millions d’euros supplémentaires. Il connaît également une hausse de +165 ETP (équivalents temps plein soit le nombre de créations d’emplois autorisés) pour le recrutement des diplomates de demain. Un déploiement de postes conforme à l’engagement présidentiel de réarmer la diplomatie française en la dotant de moyens à la hauteur, 700 emplois nouveaux seront créés à terme et le budget du Ministère devrait augmenter de 20 pour cent au final.

    Les États généraux de la diplomatie débouchent sur une hausse de moyens sans précédent

    Les États généraux de la diplomatie, cet exercice « d’introspection » lancé en septembre 2022 a permis à tous les personnels du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) de s’exprimer largement et d’affirmer leur besoin de soutien politique. Pendant le premier quinquennat Macron, une certaine défiance du Président à l’égard des diplomates avait pu s’exprimer. Il était courant d’entendre dans les couloirs du Quai que le Président n’aimait pas les diplo(s)’ ! Le MEAE n’a plus le droit de se sentir mal aimé au plan budgétaire. Mais est-on réellement entré dans une nouvelle ère diplomatique ?

    Des augmentations de crédits pour la diplomatie culturelle et le soft power français

    S’il est un domaine où l’action diplomatique de la France possède une authentique singularité c’est bien en matière de « soft power », ce pouvoir doux qui permet d’influencer les « cœurs et les esprits » pour en faire la conquête par des moyens pacifiques. Les instruments principaux du soft power sont double : Le réseau éducatif à l’étranger comprend 566 établissements en 2022 et 390000 élèves. C’est le deuxième réseau d’enseignement à l’étranger au monde.  Un réseau qui fait l’objet de toute l’attention présidentielle puisque l’objectif 2030 assigné solennellement par Emmanuel Macron vise le doublement des effectifs d’élèves actuels.

    L’AEFE et l’objectif 2030 : doubler les effectifs d’élèves scolarisés dans les écoles et lycées français

    Les homologations de nouveaux établissements scolaires à programmes français sont menées tambour battant et l’AEFE à Paris s’est dotée voilà trois ans d’une nouvelle direction du « Développement et de l’accompagnement du réseau » pour la conquête de nouveaux publics d’élèves : Concrètement il s’agit d’apporter de l’aide aux porteurs de nouveaux projets d’homologations et d’accélérer leur labellisation. L’AEFE est-elle en train de devenir une simple machine à homologuer ? Les représentants du personnel de l’agence le pensent et regrettent que les nouveaux établissements partenaires fassent parfois concurrence aux lycées déjà dans le réseau. Mais la marche en avant continue. En 5 ans ce sont 75 nouveaux établissements qui ont rejoint le réseau AEFE. Le Maroc est le principal bénéficiaire de cette augmentation de la surface du réseau et compte désormais 42 établissements à programme français, un record pour ce pays phare de la coopération française. La relation bilatérale abîmée par les tensions actuelles sur les visas pourrait néanmoins ralentir le nombre d’homologations au royaume chérifien à l’avenir. L’objectif 2030 paraît à certains irréalistes. En effet, cela indique qu’au rythme actuel il faudrait une dizaine d’années supplémentaires pour atteindre le doublement des effectifs.

    moyens culturels à l'étranger
    La puissance douce française peut aussi compter sur un réseau culturel à l’étranger de premier plan

    L’armada culturelle française : des alliances et instituts culturels sur toute la planète

    La puissance douce française peut aussi compter sur un réseau culturel à l’étranger de premier plan, à dimension universelle puisque composé de 829 Alliances françaises et 98 instituts français sur les cinq continents. Une véritable armada culturelle qui couvre l’ensemble du globe, ce qui la distingue d’autres réseaux européens, espagnols (instituts Cervantes) ou allemands (Goethe institut) aux rayonnements géographiques moins étendus géographiquement. Les Anglais possèdent également un réseau mondial avec les British Council mais ont une puissance de feu moindre en matière culturelle, ces structures étant avant tout des boîtes à langue sans programmation culturelle d’ampleur.

    Un nouveau partenariat culturel

    Effet direct des conclusions des  États généraux de la diplomatie portés par l’Elysée, on assiste à une mise à jour de la stratégie de Soft power : l’influence de la France sera renforcée par des moyens culturels nouveaux au service d’une stratégie plus globale : En langage diplomatique on parle désormais de « nouveau partenariat culturel et solidaire avec le continent africain » et de « consolidation de l’attractivité française à l’égard des pays prioritaires » notamment dans la zone Indo-Pacifique.

    Cette stratégie de soft power boostée est pour le moins limpide pour sa partie africaine : Il s’agit d’un lent travail de reconquête des sociétés civiles par la langue et la culture là où les militaires et les diplomates ont perdu du terrain. En Asie on tente de se renforcer auprès de ces pays mastodontes que sont l’Inde et la Chine là où la France a du mal à développer son réseau d’enseignement à l’image du lycée français de Pékin qui perd des élèves et n’arrive pas à faire décoller ses effectifs.

    moyens culturels à l'étranger
    L’Afrique est identifiée comme la zone du monde la plus porteuse pour le développement de notre langue commune

    Un objectif direct : la reconquête de notre influence abîmée en Afrique

    Les crises et coups d’Etat qui se sont succédé en Afrique de l’Ouest depuis trois ans ont mis à mal la relation avec la France dans une zone traditionnelle d’influence historique. Même si le départ des contingents militaires français qui ont plié bagage au Mali ou au Burkina a pu donner l’impression d’un net recul de notre influence, la France garde une carte majeure dans son jeu. Pour la plupart des pays membres de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), le français reste « cet outil merveilleux trouvé sur les décombres de la décolonisation » selon les mots de Senghor et un marqueur socio-culturel autant qu’une langue passerelle pour étudier en France et y travailler.

    Bien sûr, l’anglais progresse aussi sur le continent africain et le Ghana et le Rwanda en sont depuis longtemps des pays têtes de pont.  Mais on estime à 715 millions le nombre de francophones à l’horizon 2050, une population de locuteurs qui serait composée à 85 pour cent d’africains. Un gisement d’influence pour la France et un réseau politique encore considérable pour une nation qui doute parfois d’elle-même mais reste très attachée à sa langue.

    La qualité du français parlé a pu se dégrader en Afrique et la formation et la rémunération des enseignants reste une préoccupation majeure là-bas comme ici. Mais l’Afrique est identifiée à raison comme la zone du monde la plus porteuse pour le développement de notre langue commune, cet outil majeur de notre puissance douce.

    La France est volontariste pour la francophonie

    La France sera donc volontariste en 2024 en matière linguistique : La dotation de la France à l’organisation internationale de la francophonie connaît une hausse spectaculaire de +29 pour cent, soit 20 millions supplémentaires pour un total de 89,5 millions d’euros. Symbole fort de cette relance de la francophonie, la France accueillera en 2024 le prochain sommet de l’organisation à Villers-Cotterêts. Ce lieu historique vit la première ordonnance de François 1er établir le français comme langue officielle nationale à la place du latin. Le dernier sommet de l’OIF en France datait de près de 30 ans. Le prochain sommet rentrera donc dans les annales quoi qu’il arrive.

    Les esprits avisés remarqueront que la francophonie et la culture restent des boucliers quand l’hostilité gagne vis-à-vis de la France :  aucun Institut Culturel ou aucune Alliance Française n’ont été saccagés là où pourtant, au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la France a été parfois sommée de plier bagage rapidement. Les sociétés civiles africaines ont la maturité nécessaire pour faire la part des choses et distinguer le rejet relatif d’une France institutionnelle et militaire avec l’attachement à la langue et à la culture partagée. La francophonie est celle des peuples comme celle des écrivains, des artistes ou des scientifiques africains. Elle a donc une dimension démocratique et porteuse de valeurs pour plus d’ouverture vers l’autre. La francophonie est cette bouée d’oxygène par temps de populisme et de progression du racisme. En ce sens, le sommet de Villers-Cotterêt sera donc un signal adressé au monde francophone comme à l’opinion publique française à trois ans d’une élection présidentielle où l’extrême droite et son projet xénophobe restent en embuscade.

    moyens culturels à l'étranger
    La France se donne pour objectif d’attirer 15000 boursiers en 2027 avec son programme « Bienvenue en France »

    Attirer les étudiants étrangers malgré les frais de scolarité en hausse

    Après l’annonce trop rapide de la suspension de la coopération culturelle avec les pays du Sahel ayant connu des coups d’Etat, le président français a rectifié le tir lors d’un déplacement en Côte d’Ivoire le 15 septembre en affirmant que « la vocation de la France, c’est d’accueillir les artistes, les intellectuels et de pouvoir justement les faire rayonner en toute liberté ». Le président a affirmé à cette occasion que des visas continueraient à être délivrés pour l’accueil de ces ambassadeurs de la culture.

    La France se donne aussi pour objectif d’attirer 15000 boursiers en 2027 avec son programme « Bienvenue en France » et les moyens pour les bourses des étudiants étrangers sont augmentés en conséquence de 6 millions d’euros pour 71 millions d’euros au global.

    Les bourses pour redresser la barre

    Il n’est que temps de redresser la barre : la Sénatrice Helene Conway-Mouret rappelait naguère que la France était passée de la troisième à la septième place du classement des pays d’accueil des étudiants étrangers, insistant sur la perte d’influence durable de cette rétrogradation dans une audition au Sénat.

    Augmenter le volume des bourses sera-t-il une mesure suffisamment compensatoire après l’application de frais de scolarité désormais différenciés pour les étudiants non européens ? Ces derniers payent en moyenne des frais d’inscription compris entre 2700 et 3700 euros. Un chiffre nettement supérieur à la moyenne payée par les étudiants français et européens.

    Notre stratégie d’influence décodée

    La France cherche à influencer les futures élites dans leurs pays, en les attirant dans ses instituts et alliances sur place, dans ses écoles et lycées à l’étranger ou dans des filières scolaires francophones pour ensuite leur ouvrir les portes des universités hexagonales : c’est du moins l’objectif. La France veut générer de futurs amis, de futurs alliés ou de futurs partenaires commerciaux par cette stratégie de long terme basée sur l’enseignement d’une langue commune et la transmission de valeurs démocratiques laïques et républicaines.

    Un programme de l’AEFE illustre parfaitement cette stratégie. Le programme Alumni a amélioré la structuration du réseau des anciens élèves des lycées français ces dernières années pour faire perdurer les liens crées en scolarité. La création d’Alumni partait du constat que la France sous-exploitait son réseau d’anciens élèves. Une fabrique « d’amis de la France pour la vie » a vu le jour en s’appuyant sur  « Agora monde » un réseau social  dédié.

    On voit que la France ne ménage pas ses efforts au service de ce nouveau partenariat culturel confié à sa diplomatie qui permettra de poursuivre l’effort de modernisation des outils du soft power français. Le deuxième volet de notre analyse de l’action culturelle française à l’étranger reviendra sur la complexité du pilotage de ce réseau malgré des moyens nouveaux.

  • De nouveaux moyens pour la diplomatie culturelle pour une nouvelle gouvernance ?

    De nouveaux moyens pour la diplomatie culturelle pour une nouvelle gouvernance ?

    La France s’est lancée dans une relance diplomatique globale et investit 50 millions d’euros supplémentaires pour abonder le programme 185 « diplomatie culturelle et d’influence » qui se voit porté à 721 millions d’euros dans le projet de loi de finances (PLF) 2024. Ces crédits concerneront l’ensemble des 98 instituts culturels du monde entier qui gagnent plus de 8 millions de moyens nouveaux partagés en crédits de fonctionnement et « d’intervention ». La zone Indo-Pacifique devrait certainement en bénéficier comme d’autres zones du monde. Les Alliances Françaises ne sont pas oubliées avec 1,5 million d’euros de moyens supplémentaires. Mais il faut interroger les chiffres et mettre en lumière les enjeux politiques et stratégiques derrière les budgets en hausse. 

    Quels moyens pour le réseau culturel et quelle gouvernance ?

    Il faut s’arrêter un instant sur ces chiffres dorés. Le réseau culturel a été éprouvé fortement en 2020 et 2021 par l’épidémie de Covid et le soutien budgétaire apporté par l’Etat a été bien moindre que celui versé à l’agence pour l’enseignement français à l’étranger qui avait bénéficié de 150 millions d’euros supplémentaires au titre du plan de soutien pour la seule année 2020. 

    En comparaison, l’action culturelle à l’étranger peut être regardée avec plus de distance par des parlementaires ou des responsables politiques hexagonaux qui discernent mal les enjeux d’influence et pourraient avoir tendance, hâtivement, à voir dans ce réseau  « une danseuse ». Il est vrai que le sujet de l’action culturelle extérieure est complexe. D’abord pour une question de gouvernance. La seule question de « qui pilote ce réseau » donne une idée de la complexité du sujet :

    Diplomatie culturelle
    L’Institut Français du Japon

    Qui pilote le réseau culturel de l’étranger ?

    Le rôle de la DGM

    La Direction Générale de la Mondialisation (DGM) n’est pas la plus prisée des directions de l’administration du Quai d’Orsay et possède parfois une réputation de direction difficilement pilotable tant son rayon d’action est étendue puisqu’il couvre la coopération culturelle, certes, mais aussi la coopération éducative, linguistique, technique et scientifique, la coopération territoriale, l’aide humanitaire et une partie des moyens pour le développement ! La culture n’y est donc qu’un des piliers, important certes, mais placé au milieu d’autres sujets diplomatiques au risque d’une dilution.

    L’institut français (de Paris)

    L’institut français (de Paris) est un autre acteur important du réseau mais qui a perdu d’emblée un arbitrage politique historique à l’époque de Bernard Kouchner ministre des Affaires Etrangères : l’ex French Doctor, influencé par une bonne partie de la haute administration diplomatique, n’avait pas confié à cet établissement le rôle de pilote du réseau des instituts culturels à l’étranger qui pouvait lui paraître promis à sa naissance. L’institut demeure certes une belle machine pour l’appui culturel, l’organisation de tournées d’artistes ou des Saisons françaises. Il est aussi un détecteur de tendances, mais doit composer avec des conseillers culturels et directeurs d’instituts qui sur le terrain et en Ambassade sont libres de bâtir leurs propres programmations culturelles en assumant des choix parfois éloignés de ceux de l’Institut.

    La fondation Alliance Française

    La fondation Alliance Française est un autre acteur qui assume aussi une mission culturelle pour aider et soutenir des centaines d’alliances françaises très autonomes vis-à-vis de l’action diplomatique de par leur statut d’associations locales. C’est un réseau très hétérogène qui comprend par exemple une figure de proue comme l’alliance française de Bruxelles Europe et ses milliers d’étudiants à de plus modestes salles de lectures de petites capitales régionales. Le pilotage de ce réseau est donc par nature distendu et mise davantage sur les personnalités francophiles et francophones locales qui assurent la présidence des Alliances plutôt que sur l’appui de Paris. 

    Cette Fondation se remet en outre à peine de plusieurs années de crise sous fond de sous-financement et de difficultés de fonctionnement. 

    Diplomatie culturelle
    L’Alliance Française

    Le réseau culturel face à sa complexité institutionnelle

    Le réseau culturel a donc une vraie complexité institutionnelle. Il paraît parfois dispersé ou scindé entre les Instituts, bras armés des Ambassades, et les Alliances chevaux légers d’une francophonie indépendante. 

    Les diplomates continuent pourtant d’exiger beaucoup de « leur » réseau culturel :

    Les Instituts ont été invités ainsi à une profonde transformation numérique de leurs activités depuis l’épidémie de Covid. Cela a permis positivement de moderniser l’offre de cours de français en ligne et donc de diversifier les modes d’apprentissage au-delà du seul cours en présentiel. Dans son volet négatif, ce plan a été aussi le prétexte pour réduire la voilure comme à Oslo ou Valence où des instituts « historiques » ont perdu leurs sections linguistiques ces trois dernières années. 

    Des instituts « amaigris » ?

    On voit ainsi apparaître d’ailleurs une nouvelle génération d’instituts « amaigris » là où la France renonce à stopper totalement ses activités, mais maintient des structures qui perdent de leur rayonnement et de leur substance. Le sujet n’est pas nouveau et avait connu un épisode très médiatique quand l’institut français de Vienne avait dû fermer sa section de langue en vendant au passage le palais Clam-Gallas qui abritait ses activités provoquant en 2015 un grand émoi collectif dans le réseau. Il y a un écart parfois important  entre l’attachement du public étranger à ces vitrines de la France que sont les instituts et les priorités budgétaires d’un réseau qui court parfois après l’argent pour se financer : La mise à niveau des rémunérations des personnels locaux qui animent ces instituts est souvent un casse-tête pour éviter un décrochage avec le personnel des ambassades. 

    Un réseau qui s’autofinance largement

    Dès lors une dernière question se pose : comment la France finance-t-elle son réseau culturel ? En réalité ce réseau s’autofinance très largement et c’est ce qui le distingue des autres volets de l’action diplomatique qui connaissent un financement quasi exclusivement public. L’équation est simple : Les cours de langue financent par leurs recettes l’action culturelle qui est donc nettement plus aidée. 

    Les instituts ont réussi la prouesse de passer d’un autofinancement pour moitié de leurs activités (il y a une dizaine d’années) à un chiffre d’autofinancement proche de 60 à 75 pour cent selon les zones du monde. 

    Cet effort d’adaptation est à mettre au crédit d’établissements français qui ont adapté leur stratégie en étant plus visibles sur les réseaux sociaux, en modernisant leurs médiathèques et leurs politiques de prêts, en s’adressant à la jeunesse en priorité et en réduisant souvent de façon importante leur nombre d’agents. 

    Plus de crédits en 2024 pour la culture à l’étranger : un cocorico nuancé

    Ce réseau d’influence verra-t-il ses crédits augmenter en 2024 pour enfin avoir le traitement prioritaire qu’il mérite ? Cocorico alors ! Mais sa gouvernance complexe appellerait des choix politiques audacieux pour rapprocher les stratégies des instituts et des alliances et soutenir les personnels de ces structures qui ont parfois le sentiment d’être du personnel diplomatique de second rang. 

    Un cocorico nuancé donc. Les défis sociaux et de gouvernance demeurent malgré un net coup de pouce budgétaire. 

  • Sénatoriales 2023 : recours électoral déposé par Thierry Masson, Renaissance 

    Sénatoriales 2023 : recours électoral déposé par Thierry Masson, Renaissance 

    2023-6286 SEN, cette désignation pourrait marquer un nouvel épisode dans les sénatoriales 2023 pour les Français établis hors de France. Ces chiffres et lettres constituent le numéro de requête en contentieux électoral déposé sur le bureau du Conseil Constitutionnel par Thierry Masson, candidat Renaissance. Contacté par lesfrancais.press, ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer publiquement.

    Arrivé en sixième position avec 47 voix, la tête de liste officielle de la majorité présidentielle avait loupé la marche du Palais du Luxembourg pour quelques bulletins. En moyenne, obtenir cinquante suffrages lors de ce scrutin vous permet d’obtenir un siège de sénateur.

    Utilisation abusive du mot « Renaissance »

    Selon nos informations, la contestation électorale porterait sur deux aspects. L’utilisation abusive du mot « Renaissance » par une autre liste non investie par le parti du président Macron. Et une organisation défectueuse de l’élection dans certains bureaux de vote.

    Le requérant Thierry Masson devra prouver que l’utilisation du terme « Renaissance » par une autre liste que la sienne aurait pu tromper l’électeur. Rappelons que le corps électoral pour les élections sénatoriales est composé de 532 élus, qui normalement connaissent le monde politique. Ces personnes sont davantage sensibilisées au « jeu des étiquettes » qu’un électeur lambda.

    La liste ciblée est celle menée par Sophie Suberville. Non désignée par « Renaissance », la conseillère des Français de San-Francisco avait constitué une liste dite dissidente. Elle était accompagnée du Modem avec Jean-Hervé Fraslin, conseiller des Français de Madagascar. Appelée par la rédaction, Sophie Suberville, qui est arrivée en septième position avec 40 voix, ne souhaite pas faire de déclaration pour le moment. Attentive à l’évolution qui sera décidée par le Conseil Constitutionnel, la candidate semble cependant sereine, et s’exprimera quand recevra une notification officielle.

    Thierry Masson
    Thierry Masson, Candidat aux Sénatoriales 2023 vient de saisir le Conseil Constitutionnel

    Une dizaine de bulletins de vote semblaient avoir été égarés

    Du côté des autres candidates et candidats aux sénatoriales 2023 pour les Français établis hors de France « on attend de voir ». « Cela fait mauvais perdant, mais l’écart de voix est faible alors ce n’est pas vraiment une surprise » a-t-on cependant entendu.

    Quant au déroulement du scrutin, une dizaine de bulletins de vote semblaient avoir été égarés. Les votes en provenance de deux consulats en Allemagne, d’un en Europe du Nord, d’un autre situé en Amérique du Sud et un provenant d’Afrique auraient connu des difficultés d’acheminement vers Paris, bureau centralisateur de cette élection. Par le biais des procurations, cette défaillance aurait été surmontée. Lors du décompte, deux électeurs sur les 532 n’avaient pas pris part au vote. Ces deux personnes ne résident pas dans les consulats concernés.

    Peut-être n’est-on pas à l’abri de surprises

    Le Conseil Constitutionnel a bien été saisi de cette contestation. Selon quelques bruits de couloir, les locataires de la rue Montpensier s’agaceraient poliment des élections parlementaires concernant les Français de l’étranger. Lors d’une élection sénatoriale précédente, Jean-Pierre Bansard de l’ASFE avait été condamné à un an d’inéligibilité. Rappelons aussi que lors de la dernière élection législative, trois circonscriptions avaient dû revoter. Enfin, ce recours déposé par le candidat Renaissance s’ajoute aux contrôles des comptes de campagne qui vont s’opérer. Peut-être n’est-on pas à l’abri de surprises.

  • Vendredi 13, la faute aux templiers ? 

    Vendredi 13, la faute aux templiers ? 

    Vendredi 13. Ce mois-ci tombe le jour des superstitions. Faut-il le craindre, espérer qu’il nous porte chance ? On fait un zoom sur l’origine des mythes qui entourent cette date.

    Philippe le bel et les templiers

    Nous sommes Le 13 octobre 1307, ce matin-là, le roi de France, Philippe IV le Bel, ordonne l’arrestation de tous les Templiers du royaume. Ils sont des milliers. Le roi de fer a décidé d’en finir avec ces moines-chevaliers, reconnaissables à leurs longs manteaux blancs ornés d’une grande croix rouge. Leur ordre avait été fondé en Palestine, près de deux siècles plus tôt. Il assurait la sécurité sur les chemins des croisades et, peu à peu, était devenu une sorte de banque pour les voyageurs.

    D’où la colossale méfiance de la couronne de France à leur égard ; n’oubliez pas du reste que le roi leur devait beaucoup d’argent.

    Le roi Philippe a formé le projet de se débarrasser d’une puissance qui s’affranchit de lui et constitue presque un État dans l’État. Pour ce faire, on va les accuser de tous les maux, notamment de pratiquer des obscénités pendant leur rite et d’avoir renié le Christ. « Qui veut noyer son chien ».

    Donc, ce vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés presque en même temps, au petit matin. Certains affirment que c’est pour cela que le vendredi 13 serait censé porter malheur. L’opération de police est orchestrée par Nogaret, le principal ministre du roi. Un procès a lieu. On interroge et on torture. 54 chevaliers sont d’abord envoyés au bûcher. Et en 1314, Jacques de Molay, le maître de l’ordre sera brûlé à son tour. Vous connaissez la légende qui veut qu’en mourant, il ait lancé une malédiction à ses bourreaux et donc au roi. « Avant un an, je vous cite tous à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste jugement ! Maudits ! Maudits ! Soyez maudits ». C’est le point de départ de la saga de Maurice Druon, Les rois maudits.

    Vendredi 13
    Le vendredi 13 puise ses origines dans l’histoire et dans les légendes.

    Dans les légendes nordiques aussi

    Dans les croyances nordiques antiques, le vendredi 13 n’est pas non plus synonyme de bon augure.

    Tout d’abord le chiffre 13. Odin, dieu des guerriers, avait naguère fait un repas réunissant onze convives à sa tablée dans le Valhalla. Les douze d’entre eux alors réunis pour le repas, Loki, le dieu de la guerre et de la malice, s’est invité aux festivités, vexé de ne pas avoir été invité. Blader, fils d’Odin et dieu de l’amour et de la lumière, tenta alors de le chasser. Loki lui décocha alors une flèche empoisonnée en plein cœur, ensuite, le vendredi. Dans la mythologie nordique, la reine des dieux, déesse de l’amour et de la fertilité Frigga était célébrée le vendredi.

    Néanmoins, vers les Xe et XIe siècle, les pays du nord se sont convertis au christianisme. Frigga est alors devenue une sorcière bannie au sommet d’une montagne. Pour se venger, elle invite, selon les croyances, le diable et 11 sorcières pour maudire les hommes et leur jeter des sorts… tous les vendredis.

    Chez les grecs aussi

    Chez les Grecs et les Romains, le 13 a également une origine funeste. En effet, ces deux mythologies associent au 12 la perfection. 12 dieux olympiens, 12 heures du jour et de la nuit ; le 13 signifierait donc de devoir ajouter une unité au parfait 12, et donc rompre son cycle régulier. Étant celui qui détruit cette harmonie, il est alors associé au malheur, apprend-on dans les colonnes de L’Internaute. Quant au vendredi, il s’agit du jour des exécutions des condamnés à mort, il est donc associé aux événements malheureux.

    Vendredi 13
    Connaissez-vous la paraskevidékatriaphobie ?

    La paraskevidékatriaphobie

    Encore aujourd’hui, la peur du vendredi 13, appelée la paraskevidékatriaphobie, est encore très répandue. Selon le site Lastminute.com, repris par L’Internaute, 15% des Européens craindraient ce jour. Dans le monde, cette phobie a même conduit à quelques « ajustements ». Aux Etats-Unis, il n’existe pas de 13ème étage, on passe tout de suite du 12 au 14, apprend-on dans les colonnes de France 3. Certaines compagnies aériennes ont même supprimé la treizième rangée.

    Mais malgré ces croyances, certains sont persuadés que le vendredi 13 est, a contrario, synonyme de chance. Pour le LOTO par exemple, six millions de Français ont tenté leur chance un vendredi 13 de l’année 2020, selon France 3, contre les deux à trois millions habituels.

  • Les défis de l’élargissement de l’Union européenne 

    Les défis de l’élargissement de l’Union européenne 

    Dix ans après l’adhésion de la Croatie, l’Union européenne envisage un élargissement à de nouveaux pays se situant dans les Balkans et à proximité de la Russie. En 2022, la guerre en Ukraine a profondément modifié la donne géopolitique sur le continent européen en mettant au cœur de l’actualité la frontière orientale de l’Union. Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et l’éclatement de la Yougoslavie en 1992, aucun évènement n’avait eu autant de conséquences pour l’Europe.

    La chute du Mur de Berlin avait conduit à la réunification de l’Allemagne en 1990, entraînant de facto l’intégration de l’ex-République Démocratique d’Allemagne (DDR) dans la Communauté Européenne. La dissolution du Pacte de Varsovie et la disparition de l’URSS en 1991 amènent une série d’adhésions. En 1995, des États neutres comme l’Autriche, la Finlande et la Suède intègrent l’Union. En 2004, dix nouveaux États, en majorité issus d’Europe centrale, s’ajoutent aux quinze déjà membres : Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et la Tchéquie. Deux États supplémentaires, la Bulgarie et la Roumanie, complètent en 2007 ce cinquième élargissement. En 2013, la Croatie devient le 28e membre de l’Union avant que cette dernière ne perde, en 2020, le Royaume-Uni.

    En parallèle aux élargissements, l’Union européenne s’est dotée en 1999 d’une monnaie commune (pour 20 États membres) et a renforcé son rôle en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense. En 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a créé un choc tant économique que diplomatique. L’arrêt des livraisons de gaz et de pétrole russe a souligné la vulnérabilité énergétique des États européens. Les États d’Europe centrale et du Nord ont pris conscience de l’hégémonisme croissant de leur puissant voisin russe. Face à cette menace, la Finlande a adhéré à l’OTAN et la Suède devrait le faire prochainement.

    Pour assurer une coordination des politiques étrangères, l’Union européenne a favorisé la création de la Communauté politique européenne qui est un forum régulier réunissant plus de 40 États européens – de l’océan Atlantique à la mer Noire.

    Union économique, espace de sécurité

    L’Union européenne a pris des décisions de grande envergure en encourageant les États membres à délivrer des armes à l’Ukraine et à mettre fin aux importations de gaz russe. Par peur de la Russie, de nouveaux États ont demandé leur adhésion à l’OTAN mais également à l’Union européenne. Leur adhésion est censée les protéger d’une attaque russe. L’Union de création avant tout économique devient un espace de sécurité pour les États membres.

    Ces dernières années, l’Union européenne n’attirait guère. Les dissensions internes, le départ du Royaume-Uni, les difficultés économiques limitaient les vocations. Les valeurs démocratiques et libérales de l’Union européenne attirent moins, au point que certains États membres, comme la Pologne ou la Hongrie les contestent de l’intérieur.

    Avant même la guerre en Ukraine, un frémissement s’était fait jour sur le front des adhésions. La crise covid a renforcé l’Union européenne en soudant dans l’adversité les membres. Dans un monde dominé par les grands ensembles que sont les États-Unis, la Chine ou l’Union européenne, les petits États européens souhaitent intégrer cette dernière afin de disposer d’un système de garantie en particulier sur le terrain commercial.

    Elargissement Union Européenne
    Le 6 octobre dernier, les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont réunis à Grenade pour étudier un nouvel élargissement.

    « Next Generation »

    La Commission de Bruxelles a mis en place un plan d’investissement, « Next Generation », financé par emprunt communautaire, afin de faciliter la transition énergétique. Elle facilite l’installation d’usines de batteries, de microprocesseurs, etc. Les autres États européens souhaiteraient également bénéficier de tels appuis.

    Le 6 octobre dernier, les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se sont réunis à Grenade notamment pour étudier un nouvel élargissement. Neuf nouveaux pays pourraient ainsi entrer dans l’Union dont la Serbie, l’Albanie et quatre autres pays des Balkans occidentaux, ainsi que l’Ukraine, la Moldavie et peut-être la Géorgie.

    Ces adhésions, en portant le nombre d’États membres de 27 à 36, nécessitent des changements institutionnels or ceux-ci sont toujours compliqués à réaliser comme en témoigne l’échec en 2005 du Traité Constitutionnel Européen. Bien que le processus d’intégration soit long, les candidats ne devant réellement intégrer l’Union que vers 2030, il marque un changement majeur.

    Depuis l’adhésion de la Croatie, l’idée dominante était que l’Union avait atteint sa taille critique. Certaines voix se faisaient régulièrement entendre pour regretter les précédents élargissements. Le gouvernement français a été parmi les plus inflexibles sur le sujet des adhésions non seulement à l’encontre de la Turquie mais aussi à l’égard des États des Balkans et de l’Ukraine.

    Les candidats à l’entrée dans l’Union européenne sont des pays pauvres

    Leur PIB par habitant est de 50 % inférieur à la moyenne de l’Union. Le plus pauvre et le plus peuplé est l’Ukraine. Le coût de l’adhésion sera élevé, ce qui a été soulevé notamment par la France en 2022. Emmanuel Macron avait alors indiqué que l’adhésion ne pourrait pas avoir lieu avant le milieu du siècle. Face à la pression des autres États membres, notamment de l’Allemagne et les États d’Europe centrale, il a opté pour une position plus ouverte sur le sujet.

    Pour respecter les règles européennes, les candidats à l’adhésion devront réaliser des efforts importants, en particulier en ce qui concerne le respect de l’État de droit. Par ailleurs, certains d’entre eux sont confrontés à une occupation militaire de la part de la Russie : La Moldavie, la Géorgie et l’Ukraine or, jusqu’à maintenant, l’Union était un espace de paix entretenant de bonnes relations avec ses voisins. La Serbie et le Kosovo connaissent des tensions régulières allant jusqu’à des escarmouches militaires. La Serbie demeure proche de la Russie et a refusé d’appliquer jusqu’à maintenant les embargos. La Bosnie est toujours déchirée par les tensions ethniques. Le Monténégro fait face depuis de nombreux mois à une crise politique intérieure.

    Parmi les pays candidats, si les coalitions au pouvoir sont en règle générale pro-européenne, il n’en est pas de même pour leur opposition, souvent nationaliste. Cette absence de consensus n’est pas spécifique aux États candidats, les pays membres étant également traversés par ces mêmes divisions au sein des partis politiques et des opinions.

    Des intégrations par étapes

    L’Union européenne a souvent déçu les États candidats en reportant d’année en année l’examen de leur adhésion. Il en a résulté une incompréhension et une méfiance. Pour prouver la nouvelle volonté d’intégration de l’Union, la Commission de Bruxelles a indiqué que les pays candidats pourraient bénéficier des avantages de l’Union avant même d’en devenir membres à part entière. L’objectif est d’apporter des résultats immédiats aux réformes entreprises et de réaliser une intégration par étape. Les États candidats pourraient ainsi participer aux politiques de l’Union telles que les interconnexions énergétiques ou les échanges d’étudiants et recevoir des dotations au fur et à mesure de l’avancée des réformes.

    En parallèle, les États membres doivent réformer les institutions européennes et préparer l’élargissement. Les enjeux seront notamment budgétaires. Même si le budget européen est faible, 1,2 % du PIB, il fait l’objet d’intenses négociations. L’arrivée de nouveaux membres pauvres signifie que les actuels bénéficiaires des fonds régionaux pourraient être moins bien traités. La politique agricole commune, représentant un tiers du budget, sera profondément modifiée avec l’arrivée de l’Ukraine, un État essentiellement agricole. La Pologne dont l’aptitude à la négociation et au compromis est reconnue a déjà pris les devants en bloquant les importations de céréales en provenance de l’Ukraine.

    À 36, tout État pourra être tenté de négocier son vote ou de bloquer toute décision ne le satisfaisant pas

    En passant à 36, les États membres actuels deviendraient sans nul doute tous contributeurs nets quand, aujourd’hui, 18 sont bénéficiaires nets sur le plan budgétaire.

    Sur le plan institutionnel, une Union à 36 posera le problème de la représentation des petits États au sein de la Commission. Le maintien de la règle de l’unanimité posera également un problème. À 36, tout État pourra être tenté de négocier son vote ou de bloquer toute décision ne le satisfaisant pas. Cette règle pourrait paralyser un peu plus l’Union européenne.

    Paris et Berlin sont favorables à étudier une réduction de la liste des sujets soumis à la règle de l’unanimité mais les États d’Europe centrale y sont opposés. Pour avancer sur le terrain institutionnel, un groupe de réflexion mandaté par les gouvernements français et allemand a suggéré une structure « à plusieurs niveaux », avec davantage de projets (comme l’euro) adoptés par seulement certains États membres. D’autres veulent faciliter la punition des gouvernements qui bafouent les normes démocratiques, comme la Hongrie aujourd’hui, en suspendant leur droit de vote sur les questions européennes. Pour les pays d’Europe centrale, le projet de réforme institutionnelle viserait surtout à ralentir le processus d’adhésion.

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