Ce week-end, on découvre une série-documentaire canadienne diffusée au printemps sur TV5MONDE et qui est désormais disponible sur TV5MONDEplus. Un programme, qui reprend un documentaire qui avait marqué les Francophones d’outre-atlantique. Découpée en 6 épisodes, la série trouve un écho particulier en cet automne 2023 alors qu’Israël a été victime d’une attaque terroriste massive au début du mois et dont les conséquences se font ressentir chaque jour en Europe.
ECOUTER LE PODCAST AVEC JEAN-MARTIN GAGNON
En 2015, un établissement scolaire de Maisonneuve est sous le choc quand 11 de ses effectifs sont arrêtés pour avoir tenté de rejoindre l’Etat Islamique en Syrie
Un collège québécois, 11 élèves, le Djihad
En 2015, onze élèves du collège de Maisonneuve, à Montréal, sont arrêtés pour avoir tenté de rejoindre l’État Islamique en Syrie, événement que personne n’avait vu venir. Une onde de choc traverse l’établissement et exacerbe les tensions existantes entre les élèves, dont plus de la moitié est d’origine arabe et musulmane.
En 2017, Nicolas Wadimoff et Emmanuelle Walter décident de réaliser une série-documentaire visant à raconter le vécu des élèves et des enseignants : « Maisonneuve. A l’école du vivre ensemble ».
Dans la série-documentaire, on découvre des étudiants et des enseignants qui partagent avec nous leurs souvenirs, leurs ressentis, qui ont marqué ces années de crise identitaire au sein de ce Cegep. Car si on change de format, tous les épisodes, comme le film, se passent dans ce collège d’enseignement général et professionnel du Québec. Un établissement d’enseignement public où est dispensé le premier niveau de l’enseignement supérieur.
Dans cette série documentaire, les élèves et les enseignants nous confient leurs souvenirs
Jean-Martin Gagnon
Pour en parler, nous recevons Jea-Martin Gagnon. Il avait également participé au documentaire d’origine comme assistant à la réalisation, depuis il a décidé de le retravailler et de retourner à la rencontre des protagonistes de l’époque, pour en faire 6 épisodes, diffusés sur TV5 Monde au printemps et désormais disponibles.
Étudiants et enseignants reviennent aujourd’hui sur ces années de crise identitaire.
La France a bénéficié d’un bel été indien économique grâce aux touristes venus en nombre, notamment dans le cadre de la Fashion Week et la coupe du monde de rugby a attiré de nombreux supporters en provenance des quatre coins de la planète.
Les dépenses des touristes étrangers (hébergement restauration, loisirs, produits de luxe) ainsi que les ventes de navires de croisières et d’avions contribuent à limiter le déficit de la balance des paiements courants de la France.
Les principales agglomérations françaises vivent au rythme du tourisme et des loisirs. La présence d’un musée est un gage d’attractivité comme l’ont prouvé, ces dernières années, Lens et Metz qui disposent d’antennes du Louvre et de Beaubourg. Que ce soit à Lille, Bordeaux, Nantes, Nancy ou Dijon, les commerces de centre-ville dépendent d’une clientèle de passage.
La croissance de la France est deux fois supérieure à celle de l’Allemagne grâce au tourisme
Le tourisme d’affaires est une activité essentielle pour des villes comme Paris, Lyon ou Nice. Les vieilles pierres, la gastronomie, les grands crus, les grands peintres attirent un nombre croissant de personnes.
Si depuis la fin de l’épidémie de covid, la croissance de la France est deux fois supérieure à celle de l’Allemagne, c’est en grande partie grâce au tourisme.
La spécialisation touristique n’est pourtant pas totalement assumée ; elle est subie plus que louée. Cette activité est perçue parfois comme une nuisance. Certains rêvent de s’en passer quand d’autres veulent la limiter. La réalisation en cours du CDG Express devant relier l’aéroport Roissy Charles de Gaulle au centre de Paris en est l’une des manifestations. Elle a été contestée car elle est accusée d’améliorer les trajets des voyageurs au long cours et non ceux des banlieusards. Les opposants à ce projet semblent ignorer que, par leurs dépenses, les touristes contribuent à la création d’emplois qui profitent à tous les habitants de la région parisienne.
La France est le premier pays d’accueil au monde pour le nombre de touristes étrangers
La France, le premier pays pour le nombre de touristes étrangers, est devancée par l’Espagne et les États-Unis au niveau des recettes
Si la France est le premier pays d’accueil au monde pour le nombre de touristes étrangers, plus de 90 millions, elle est devancée par l’Espagne et les États-Unis au niveau des recettes. La quantité semble l’emporter sur la qualité. Le secteur souffre d’un déficit de main-d’œuvre, en particulier de personnel qualifié. Les jeunes dédaignent cette activité jugée peu valorisante, aux horaires décalés et offrant de faibles rémunérations.
Le surtourisme est une réalité : des villes comme Venise, Barcelone, Saint-Jean-de-Luz ou des lieux typiques comme l’Île de Ré, les calanques de Marseille ou les aiguilles de Bavella en Corse, en font l’expérience. La concentration sur certains territoires d’un grand nombre de touristes crée d’évidentes nuisances environnementales et génère des effets pervers, en particulier, au niveau de l’immobilier. La flore et la biodiversité sont mises à rude épreuve, nuisant à terme à l’attractivité même de ces sites touristiques sur-fréquentés.
Dans les villes, les commerces traditionnels sont remplacés par des échoppes de souvenirs kitsch, ainsi que par des bars, des restaurants et des hôtels.
700 000 logements en France sur des sites comme Airbnb
Les populations locales sont ainsi privées de l’accès aux services du quotidien. Elles éprouvent de plus en plus de difficultés à résider sur place. Un nombre croissant de logements sont disponibles sur les plateformes de location saisonnière. Plus de 700 000 logements en France sont sur des sites comme Airbnb. En Corse, 20 % des logements feraient l’objet de locations saisonnières. En quelques semaines, les propriétaires peuvent gagner bien plus et avec moins de contraintes réglementaires ou fiscales qu’en louant leur logement sur l’année à des résidents.
Un effet d’éviction s’est ainsi instauré obligeant les locaux à habiter de plus en plus loin du cœur des agglomérations. Les pouvoirs publics rechignent à légiférer pour restreindre ces locations saisonnières, par peur de la réaction des nombreux ménages se constituant ainsi d’avantageux suppléments de revenus.
Une réflexion doit être menée sur la gestion des flux de touristes et de leur meilleure valorisation
Une meilleure valorisation
Une régulation de l’activité touristique sera pourtant nécessaire afin de garantir sa soutenabilité et sa pérennité. Mais au-delà de l’étalement de la saison qui est une antienne, une réflexion doit être menée sur la gestion des flux de touristes et leur meilleure valorisation.
Avec le vieillissement de la population, avec une demande de loisirs plus large que dans le passé, l’offre se doit d’être élargie et améliorée dans de nombreuses cités sur le plan culturel. La montée en gamme de l’activité touristique, maintes fois réclamée par les professionnels, suppose une adaptation de l’offre et des infrastructures.
Un effort de formation est indispensable pour consolider le rang de la France en matière touristique. Les infrastructures, si elles sont nombreuses, doivent être néanmoins modernisées. L’amélioration des conditions de transport profitera à tous, touristes et résidents. Le tourisme est un atout pour l’économie française susceptible de contribuer à sa croissance dans les prochaines années sous réserve de ne pas le mépriser.
C’est un déplacement tout autant symbolique que politique. Emmanuel Macron s’est rendu ce lundi dans l’Aisne et plus exactement à Villers-Cotterêts. Un lieu où plusieurs siècles auparavant, en 1539 exactement, François Ier a signé une ordonnance faisant du français la langue officielle de notre pays.
Cela tombe bien pour le clin d’œil : le Président de la République compte inaugurer la Cité internationale de la langue française dans le château de cette ville, restauré à son initiative. Sa venue est aussi l’occasion d’envoyer un message à l’extrême droite, qui dirige la municipalité depuis 2014.
Ce lundi 30 octobre, le Président Emmanuel Macron a inauguré la Cité internationale de la langue française
Attaque sur l’écriture inclusive
Emmanuel Macron s’est attaqué lundi à l’écriture inclusive, l’accusant sans la nommer, de rendre la langue française « illisible », lors d’un discours prononcé au château de Villers-Cotterêts, à l’occasion de l’inauguration de la Cité internationale de la langue française, le grand projet culturel de sa présidence.
« Dans cette langue, le masculin fait neutre, on n’a pas besoin de rajouter des points au milieu des mots ou des tirets ou des choses pour la rendre illisible », a-t-il déclaré dans un discours sur la langue française.
Les défenseurs de la langue inclusive affirment qu’elle permet d’apporter plus d’égalité dans le genre dans la langue française avec notamment l’emploi d’un point médian dans certains mots.
« Il faut permettre à cette vie de vivre, de s’inspirer des autres, de voler des mots, y compris à l’autre bout du monde (…) mais d’en garder aussi les fondements, les socles de sa grammaire, la force de sa syntaxe et de ne pas céder aux airs du temps », a ajouté Emmanuel Macron.
Ces déclarations interviennent alors que le Sénat examine lundi une proposition de loi visant à « protéger la langue française des dérives de l’écriture dite inclusive ».
Ce texte, à l’initiative de la droite et critiqué par une partie de la gauche, prévoit de bannir l’écriture inclusive dans les contrats ou modes d’emploi mais aussi dans les actes juridiques.
Lors de son allocution, le Président Emmanuel Macron a fustigé l’écriture inclusive
En politique, la tentation du manichéisme est légion et l’art de cette dernière est d’accommoder les contraires et les contraintes. À travers les siècles, le débat s’est construit autour de couples basiques et réducteurs : révolutionnaires/conservateurs, républicains/ monarchistes, libéraux/marxistes. Depuis peu, le débat se focalise autour de la question environnementale. Les populations se divisent sur le thème de la lutte contre le réchauffement climatique.
Aux États-Unis, la présidente du Parti républicain du Michigan, Kristina Karamo, a récemment déclaré que « les démocrates tentent de nous convaincre que si le gouvernement fédéral ne prend pas des mesures environnementales appropriées, la planète va mourir. Cela semble être l’une des plus grandes arnaques depuis l’évolution darwinienne ». Donald Trump a, sur ce sujet déclaré : « vous pouvez être loyal envers les travailleurs américains ou envers les fous de l’environnement, mais vous ne pouvez pas vraiment être fidèle aux deux ».
Le « en même temps » pour concilier les contraires
La population américaine est réceptive aux arguments anti-écologistes des élus républicains. Au Royaume-Uni, Rishi Sunak, le Premier ministre, a annoncé un assouplissement des objectifs de zéro émission nette, avec notamment un report de cinq ans de l’interdiction de la vente de voitures neuves à essence.
L’Allemagne, pays en pointe dans les énergies renouvelables a obtenu de l’Union européenne la possibilité de commercialiser des véhicules à moteur thermique au-delà de 2035 sous condition qu’elles fonctionnent avec des carburants de synthèse. En France, Emmanuel Macron est contraint de pratiquer le « en même temps » pour concilier les contraires. Il a demandé au mois de mai 2023 une pause réglementaire environnementale en Europe. Fin septembre, il a lancé son projet de planification écologique pour accélérer la transition énergétique.
La France est le pays d’Europe qui a connu les manifestations les plus violentes sur le sujet de l’environnement avec, en point d’orgue, la crise des gilets jaunes.
Dans le même temps, les mouvements extrémistes condamnant l’inaction des pouvoirs publics sur le terrain environnemental se multiplient en France comme dans les autres pays occidentaux et n’hésitent plus à recourir à des actions violentes.
Le processus de décarbonation est en marche malgré les antagonismes croissants
La décarbonation en marche malgré tout
Les antagonismes croissants sur fond de réduction des émissions des gaz à effet de serre ne freinent pas, pour le moment, le processus de décarbonation. La Chine, le premier émetteur mondial, investit de plus en plus dans l’énergie solaire et l’éolien. Le deuxième plus grand émetteur, les États-Unis, a, depuis l’arrivée de Joe Biden à la Présidence, engagé des programmes visant à faire de ce pays un exemple en matière décarbonation. Le retour au pouvoir, au Brésil, de Luna da Silva, est perçu comme un signe positif pour la préservation de la forêt tropicale. L’Australie, longtemps favorable à l’exploitation du charbon, adopte également des mesures en faveur des énergies renouvelables.
Près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre sont, au niveau mondial soumises à la tarification du carbone. De nombreuses équipes de chercheurs travaillent sur les moyens d’atteindre le plus rapidement possible la zéro émission de gaz à effet de serre. L’Agence internationale de l’énergie estime, en 2023, que pour atteindre cet objectif, une réduction de 35 % des gaz à effet de serre à l’horizon 2050 sera nécessaire. Ce ratio était de 50 % en 2021. La baisse de 15 points s’explique par le développement des techniques de récupération du carbone.
Des populations de plus en plus conscientes des effets des gaz à effet de serre
La prise de conscience des dangers du changement climatique semble s’être accrue au cours de la dernière décennie. Selon le centre de recherche Pew Research Centre, une part croissante de la population des différents pays est consciente des dangers du réchauffement climatique. En Italie, en 2022, 80% de la population estime que le réchauffement climatique constitue un problème majeur, contre 60% en 2013. En France, les chiffres respectifs sont de 80% et 55%, en Allemagne, 75% et 50% et aux États-Unis 55% et 45%. Israël est le pays où la majorité de la population considère que le problème climatique n’est pas une priorité.
Quels que soient les pays, en revanche, la proportion de ménages prêts à réaliser des sacrifices afin de préserver l’environnement est relativement faible. 30% en moyenne selon une étude Ipsos.
Dans chaque pays, des minorités contestent l’existence d’un changement climatique ou s’opposent à certaines politiques déployées pour y faire face. Ils jugent ces politiques coûteuses et liberticides.
La question du climat est de plus en plus perçue comme une question idéologique qui renouvelle l’éternel débat droite/gauche. Dans les 14 pays riches étudiés par Pew en 2022, les sympathisants se classant à droite sont moins susceptibles de considérer le changement climatique comme une menace majeure que ceux de gauche. En Australie, au Canada, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède, l’écart varie de 22 à 44 points de pourcentage. Aux États-Unis, il atteint même 63 points entre Républicains et Démocrates.
Un sondage réalisé par YouGov pour The Economist, en octobre 2023, indique que seulement 21 % des électeurs de Donald Trump admettent que le changement climatique est la conséquence des activités humaines, contre 87 % des électeurs de Joe Biden. En Allemagne, 35 % de la population est disposée à payer plus d’impôts ou de taxes pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette proportion est de 25 % aux États-Unis ou en France, de 20 % en Italie et de 15 % au Japon (source Ipsos).
L’écologie, un facteur de clivage au sein des populations
Les démocraties supposent un minimum de consensus. Elles sont démunies face à la segmentation de leur population et à la montée aux extrêmes des opinions. La lutte contre le réchauffement climatique tend à renforcer le repli sur soi et les positions xénophobes. Elle alimente le protectionnisme. Les anti-décarbonation estiment que l’électrification du parc automobile est un cadeau donné aux Chinois. De leur côté, les pro-décarbonation sont favorables au malus frappant les voitures thermiques de forte cylindrée surtout quand elles sont fabriquées à l’étranger. Ils sont également favorables à l’instauration de taxe carbone pour limiter les importations.
En raison du caractère mondial du réchauffement et de la libre circulation des gaz à effet de serre, la politique climatique est autant une question de relations étrangères que de politique économique. La lutte contre les émissions des gaz à effet de serre est devenue un terrain de chasse privilégié pour les complotistes. Ces derniers font croire à un accord secret pour appauvrir les populations occidentales et pour accroître leur surveillance.
Sur les réseaux, les informations fausses sur le climat, les batteries, les voitures électriques, etc. pullulent.
Les prochaines échéances électorales pourraient provoquer des revirements sur le terrain environnemental
Les prochaines échéances électorales donneront-elles lieu à des revirements sur le terrain environnemental ?
Le retour en force de la géopolitique avec la guerre en Ukraine et les attentats du Hamas en Israël ainsi que l’inflation et ses effets sur le pouvoir d’achat pourraient occulter la question de la transition énergétique.
Néanmoins, la réélection de Donald Trump ou d’un Républicain issu de l’aile droite du parti pourrait conduire, une fois de plus, les États-Unis à sortir des Accords de Paris de 2015 sur le changement climatique. La nouvelle administration pourrait annuler les décrets concernant les émissions de méthane. En revanche, elle conserverait la grande loi climatique de Joe Biden, l’Inflation Reduction Act qui prévoit d’importantes subventions aux entreprises implantées aux États-Unis. Le signal adressé à la planète serait négatif. Les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Chine ou l’Inde, pourraient être tentés de relâcher leurs efforts.
En Europe, de nombreux partis politiques prônent une atténuation des politiques en faveur de la décarbonation des activités. En Suède, le gouvernement de centre droit, afin de soutenir le pouvoir d’achat des Suédois, a décidé de réduire la taxe carbone sur les énergies fossiles. Toujours en Suède, un groupe Facebook, « Fuel Rebellion », comptant 600 000 membres, défend l’usage de la voiture et du chauffage au fuel.
En Allemagne, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (Afd) a progressé dans les sondages et a obtenu de bons résultats lors des élections régionales du 8 octobre en s’opposant à la politique énergétique de la coalition au pouvoir. La CDU a rejoint sur ce terrain l’Afd. Les électeurs ont sanctionné le projet des Verts de rendre le chauffage domestique écologique presque obligatoire avant qu’il n’y ait suffisamment d’installateurs qualifiés pour installer des pompes à chaleur. Le gouvernement a fait marche arrière en septembre et a prolongé le délai. Toujours en Allemagne, la CSU, allié de la CDU fustige les lois d’interdiction environnementale de la coalition.
La question de la mise aux normes énergétiques est également au cœur des débats en France tout comme l’interdiction progressive d’artificialiser les sols.
L’opposition de la population face aux contraintes réglementaires
Ces derniers mois, le Premier Ministre britannique, Rishi Sunak tout en soulignant qu’il était favorable à la réduction des émissions, a estimé que les objectifs climatiques de la Grande-Bretagne avaient été fixés « sans aucun débat démocratique significatif » et a déploré que les politiques écologistes imposeront des coûts inacceptables au pays. Il a précisé que les Britanniques, responsables de moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre, n’avaient pas à sacrifier leur mode de vie.
La multiplication de ces discours contribue à désorienter les acteurs économiques qui ont besoin de stabilité pour déterminer leur politique d’investissement. L’opposition de la population face aux contraintes réglementaires se manifeste surtout à l’occasion de la publication de projets remettant en cause leur identité. Ainsi, aux Pays-Bas, le projet du gouvernement de taxer les exploitations agricoles émettant de l’azote a provoqué la naissance d’un nouveau parti populiste, le « Boer Burger Beweging » (le mouvement paysan-citoyen) exigeant que les agriculteurs puissent continuer à travailler en toute liberté. Le projet du gouvernement prévoyait une réduction de 20 à 50 % des cheptels.
Au sein des pays en développement, les gouvernements estiment que la lutte contre le réchauffement climatique est avant tout de la responsabilité des pays riches qui en sont en grande partie responsables.
Les pays émergents et en développement, moins concernés par la transition énergétique ?
Au sein des pays en développement, le changement climatique est un sujet moins controversé dans la politique intérieure que dans les pays riches, le débat se focalisant sur le pouvoir d’achat et la sécurité. Les gouvernements de ces pays estiment que la lutte contre le réchauffement climatique est avant tout de la responsabilité des pays riches qui en sont, en grande partie, responsables. Ils entendent obtenir des compensations pour les émissions passées du monde industrialisé et attirer des investissements internationaux pour réaliser la transition énergétique de leur pays.
Les électeurs de ces pays sont sensibles aux évolutions des prix de l’énergie, ce qui pousse les pouvoirs publics à maintenir des subventions importantes en faveur des énergies carbonées. Au niveau mondial, les subventions aux combustibles fossiles, s’élevaient, selon le FMI, en 2022, à 1 300 milliards de dollars (1,3 % du PIB mondial). Ces subventions ont tendance à augmenter. Quand des pays suppriment ces subventions, l’objectif est rarement d’ordre environnemental.
Le nouveau président du Nigeria, Bola Tinubu, a supprimé, en 2023, les subventions aux carburants, non pas pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mais pour éviter la banqueroute de son pays. En 2022, ces subventions avaient réduit à néant les bénéfices de la compagnie pétrolière d’État. La population nigérienne réclame depuis des mois le rétablissement des aides au point que le gouvernement pourrait y consentir. Plusieurs pays à revenus intermédiaires, comme l’Indonésie et l’Inde, consomment de plus en plus de combustibles fossiles même s’ils tentent de développer un important secteur d’énergies vertes. Le gouvernement indien prévoit de tripler sa capacité de production d’électricité renouvelable d’ici la fin de la décennie. Il a également déclaré un moratoire sur les nouvelles centrales à charbon et vise à devenir un grand producteur d’hydrogène vert.
Au-delà des objectifs affichés, la production indienne de charbon a augmenté de 14,8 % en 2022 et la neutralité carbone ne sera certainement pas atteinte avant 2070.
Rendre la transition énergétique financièrement acceptable
Les populations des pays émergents sont de plus en plus conscientes des conséquences du réchauffement climatique. Sur le plan géographique, elles sont bien souvent plus exposées que celles des pays riches. Les pays d’Afrique, ceux d’Asie ou ceux d’Amérique latine ou centrale sont concernés par le manque d’eau, par l’élévation du niveau des mers et océans ainsi que par la réduction de la biodiversité. En 2022, 74 % des Indiens déclarent être des victimes climatiques, contre 50 % en 2011, selon une enquête de l’Université de Yale. 55 % des Indiens estiment que l’Inde devrait réduire ses émissions immédiatement sans attendre que d’autres pays agissent, contre 36 % en 2011.
Dans les prochaines années, la question du coût du financement sera cruciale pour réussir la transition énergétique. Si les taux d’intérêt pratiqués à l’encontre des projets d’investissement dans les énergies renouvelables dans les pays africains ou d’Amérique latine dépassent 12 voire 15 %, ils rendront ces opérations irréalisables.
La création d’un Fonds mondial pour l’environnement ou pour la transition énergétique doté de moyens de financement spécifiques serait une solution. Ce fonds pourrait être doté comme le FMI de Droits de Tirage Spéciaux assis sur des transferts financiers opérés par les banques centrales.
Autarcie et transition énergétique
Sous couvert de transition énergétique, les États multiplient les investissements afin de réduire leur dépendance extérieure en matière d’énergie, de batteries, etc. Ils imposent des droits de douane, des taxes carbone ou des malus sur des produits ayant un mauvais bilan carbone, visant, en règle générale, les produits d’origine étrangère. Ces barrières à l’entrée peuvent aboutir à ralentir la transition énergétique en privant les pays émergents et en développement de recettes pour financer leur décarbonation.
Plusieurs dirigeants européens ont exprimé jeudi (26 octobre) à Bruxelles leur inquiétude quant aux possibles conséquences migratoires de la guerre entre Israël et le Hamas, redoutant de vivre une situation similaire à la crise des réfugiés de 2015.
Cette question est particulièrement surveillée par les Vingt-Sept, alors que l’UE accueille quelque 4 millions de réfugiés ukrainiens et que la hausse des demandes d’asile met les capacités d’accueil de nombreux pays sous pression.
« Ce conflit va certainement s’accompagner d’une autre grosse vague d’immigration illégale », s’est alarmé le Premier ministre polonais sortant, Mateusz Morawiecki. Le dirigeant nationaliste a, comme son homologue hongrois Viktor Orban, lié cette question au « risque de terrorisme ».
« La stabilité (de la région) est dans l’intérêt des Européens », a déclaré Viktor Orban. « Si Israël et l’Egypte deviennent instables, les flux migratoires en provenance (de cette région) viendront immédiatement en Europe », a-t-il affirmé.
Le président chypriote Nikos Christodoulides s’est inquiété en particulier d’une extension du conflit au Liban. « C’est quelque chose dont nous allons parler », a-t-il dit, espérant que l’UE se tienne « prête à répondre à ce problème » et à aider les « pays en première ligne » comme le sien.
La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a aussi évoqué ce risque. « S’il y a une extension (du conflit), nous devons penser aux réfugiés, comme les réfugiés syriens au Liban », a indiqué la responsable maltaise.
« C’est une réalité qui pourrait nous ramener à une situation déjà vécue (…) 2015 nous a montré ce qui pouvait arriver dans tel ou tel scénario », a-t-elle poursuivi.
Depuis l’attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre, des affrontements quotidiens opposent le Hezbollah libanais et ses alliés aux forces israéliennes à la frontière sud du Liban.
En 2015, l’Europe avait été prise de court par un afflux de réfugiés, essentiellement des Syriens, provoqué par un enlisement du conflit dans ce pays mais aussi par une détérioration des conditions de vie dans les camps de réfugiés syriens en Turquie, au Liban et en Jordanie. [ymphotos / Shutterstock]
« Soutenir » l’Egypte
En 2015, l’Europe avait été prise de court par un afflux de réfugiés, essentiellement des Syriens, provoqué par un enlisement du conflit dans ce pays mais aussi par une détérioration des conditions de vie dans les camps de réfugiés syriens en Turquie, au Liban et en Jordanie.
Le Liban, actuellement plongé dans une profonde crise politique et économique, a le plus haut ratio de réfugiés par habitant au monde, selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Près de 800 000 réfugiés syriens au Liban sont enregistrés auprès du HCR, selon des données publiées en août.
Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a aussi alerté la semaine dernière sur les conséquences d’une escalade du conflit, rappelant notamment que l’Egypte accueillait des centaines de milliers de réfugiés du Soudan.
Dans une lettre adressée aux dirigeants des 27 pays membres avant le sommet, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souligné la nécessité d’établir un « partenariat stratégique » avec l’Egypte destiné notamment à lutter contre l’immigration irrégulière dans l’UE.
« Le rôle de l’Egypte est essentiel pour la sécurité et la stabilité du Moyen-Orient, elle héberge un nombre croissant de réfugiés et nous avons la responsabilité de la soutenir », a-t-elle fait valoir.
L’UE a signé en juillet un partenariat de ce type avec la Tunisie, visant notamment à faire baisser les départs de migrants depuis les côtes tunisiennes et prévoyant une aide européenne de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Les Vikings, hommes du nord, blonds, blancs, hétérosexuels dominants, voyageurs et massacreurs consciencieux, inventèrent la boussole. Les Chinois la revendiquent aussi. Normande ou chinoise, la boussole pointe vers le nord, ce qui revient aussi à pointer aussi le sud. Analystes, politologues, géographes, s’interrogent : l’Occident est-il en train de perdre le « sud global » , tendance lourde depuis l’émergence de la Chine, accentuée par la guerre d’Ukraine, chauffée à l’incandescence par la guerre du Hamas ?
Israël va donc suivre le plan du Hamas : la guerre. Frapper Gaza , détruire, envahir, et puis ? Détruire le Hamas ? On ne supprime que ce que l’on remplace.
Très jeune, pendant la première guerre du golfe, j’étais en Israël, accablé par des missiles de Saddam Hussein, que l’on croyait dotés d’armes chimiques. Chacun portait en bandoulière des masques à gaz. J’eus le privilège de rencontrer le ministre des affaires étrangères, David Levy, le Premier ministre, Itzhak Shamir, et de parler avec eux. Les Américains avaient forgé une coalition contre l’Irak, l’Irak bombardait Israël pour en détacher les pays arabes. Georges Bush I avait demandé aux Israéliens de ne pas riposter. Shamir, venu de l’Irgoun, qui ne s’était jamais fait remarquer par un excès de tendresse, avait accepté. Je l’ai vu pleurer dans un discours, alors que sonnait une alerte. Émotion, rage, intelligence. Quelques années plus tard, Sharon, Premier ministre, se retira de Gaza, évacua des colonies qu’il avait lui-même installées, osa proposer un plan de paix, expliquant à la Knesset: « L’épée seule ne peut résoudre cette dispute amère pour cette terre ». Vainqueur des élections, il tomba malade.
Israël va donc suivre le plan du Hamas : la guerre. Frapper Gaza, détruire, envahir, et puis ? Cela a déjà été fait, en 2014, puis au Liban, contre le Hezbollah. Le Hezbollah est-il détruit ? Détruire le Hamas ? On ne supprime que ce que l’on remplace.
Le seul but de la guerre c’est la paix. On ne fait pas la guerre aux peuples. Le but est de les délivrer de leurs chefs, changer le système d’oppression, de misère, de violence. C’est vrai à Gaza comme dans bien d’autres pays qui formeraient ce « sud en révolte », mêlant anti-occidentalisme et antisémitisme.
Les chefs du Hamas ne sont pas à Gaza. Ils sont à Damas, en Iran, au Qatar. C’est pourquoi Israël et les Etats-Unis ont frappé la Syrie et les bases des Pasdarans. C’est pourquoi Poutine accueille le Hamas, comme il a protégé Bachar, comme il trafique avec l’Iran. Israël se trompe en détruisant Gaza. Personne ne peut échanger la mort contre la mort.
Faut-il échelonner les horreurs ? Jamais un soldat israélien – ni un soldat arabe – n’est allé égorger devant ses parents un enfant. Il ne s’agit pas de compter les morts. Mesurer ce qu’il y a derrière les gestes. Israël se défend. Visiblement mal. Le Hamas ne défend pas les Palestiniens : il cherche l’irréparable.
Bombardement à Gaza le 24 octobre 2023
La proposition française n’est pas sans fondement : une coalition contre le terrorisme – et la paix. L’une va avec l’autre.
C’est pourquoi la proposition française n’est pas sans fondement : une coalition contre le terrorisme – et la paix. L’une va avec l’autre. Beaucoup se moquent, expliquent que le Hamas n’est pas Daech, que la situation n’a rien à voir : ce qui est vrai – et faux. La paix ne peut s’établir qu’une fois les organisations terroristes défaites. La France s’est engagée, parce qu’elle a une force militaire, une capacité de renseignement, des soldats au Liban, en Syrie en Irak, elle parle avec tous : Israël, Egypte Jordanie, Autorité palestinienne. Ce que n’a pu faire Biden. Sur le fond, elle a raison. Et les Américains sont d’accord.
Laisser pourrir le problème palestinien était devenu une solution, pour les pays arabes, Israël, les Occidentaux, les Russes, les Palestiniens eux-mêmes.
La paix s’entrevoyait avec les principaux pays arabes qui comptaient entrer dans la révolution du XXIème, dans laquelle Israël est de plain-pied, avec ses start-up, sans traîner les scories du siècle passé.
Une coalition internationale c’est mettre certains pays devant leurs responsabilités : soit on lutte contre le terrorisme, soit on est complice de celui-ci. Ainsi Erdogan ou le Qatar.
Le Hamas, actionné par l’Iran, a vu ce piège de la « modernité » honnie, celle qui pourrait détruire leur pouvoir, leur idéologie, leurs rentes. Ils ont rappelé au monde à quel point la barbarie pouvait détruire l’espérance. L’Iran utilise la guerre pour mater son propre peuple.
Une coalition internationale contre le Hamas peut être un rêve, c’est d’abord mettre certains pays devant leurs responsabilités : soit on lutte contre le terrorisme, soit on est complice de celui-ci. Ainsi Erdogan, affidé aux Frères musulmans, lutte contre les « terroristes » kurdes, en arme d’autres. N’est il pas temps de lui faire comprendre que ce double jeu, comme avec la Russie, est fini ?
La proposition Macron n’a de valeur que si à un moment les complices du terrorisme sont traités comme tels. Une coalition internationale peut venir au bout du Hamas, comme elle l’a fait contre Daech, en proposant un avenir aux Palestiniens. Ce ne sont pas les milliards qui manquent. Le Qatar en a tant donné ! Lui aussi, devrait choisir la « coalition » ou les terroristes.
Autant on peut comprendre qu’Israël ne veuille pas d’un Etat terroriste, autant les Palestiniens ne peuvent rester d’éternels apatrides. Israël vivrait mieux avec des dirigeants reconnus, comme avec la Jordanie et l’Égypte, qu’en ayant joué, soi-disant intelligemment, les factions les unes contre les autres.
Éradiquer le Hamas ne peut être réussi par Israël seul.
Éradiquer le Hamas ne peut être réussi par Israël seul. Encore moins en punissant l’ensemble de la population de Gaza. Israël déploie sa force, mais oublie sa politique, son but stratégique. Celle de Shamir et de Sharon. Sans proposer à la population palestinienne un avenir, il ne peut y avoir de perspective de paix. Et donc de sécurité pour Israël.
Les Arabes palestiniens qui vivent en Israël, (20% de la population) n’ont aucun terroriste parmi eux. La guerre est toujours plus facile. Mais quelle serait la victoire ? Occuper Gaza ? Se retirer d’ un champ de ruine ?
Ces Etats veulent l’état de guerre permanente, partout dans le monde, si possible.
Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme, il y a des guerres contre des mouvements terroristes soutenus par des états, qui les financent, dirigent, arment, soutiennent. Si la proposition française n’a pas de succès, c’est que bien peu ont intérêt à la voir s’imposer.
Ces Etats veulent l’état de guerre permanente, partout dans le monde, si possible. Russie, Iran, Chine, Syrie, Corée du Nord, beaucoup d’autres agitent les troubles pour se maintenir au pouvoir : la guerre justifie les polices militaires et les prisons. La Chine vise délibérément à devenir la première puissance militaire en 2050. La Russie augmente son budget militaire de 78% ; les Russes ne sont-ils pas habitués aux privations ? Est-ce pour autant, comme on le dit, que l’Occident perd le « sud global » ?
50 pays sont à Malte pour étudier les propositions de paix de Zelensky, réunion dénoncée par Poutine. Parmi eux, le Brésil, l’Inde, d’autres pays qui se voulaient plus compréhensifs avec les Russes. 3,5 millions tonnes de céréales ukrainiennes ont quitté la mer noire. L’Afrique ne sera pas affamée ni soumise au chantage russe. Le Sud n’est pas uniforme. Les peuples ne sont pas aveugles. Ils n’ignorent rien de l’ambition dominatrice du « rêve chinois », dont la dimension libératrice et humaniste est si subtile qu’elle en est invisible.
Est-ce que l’Occident perd le « sud global » ? Le risque est inverse : que le « Nord » se désintéresse du Sud.
Le risque est inverse : que le « Nord », les pays riches, se désintéresse du Sud, de son oppression, de ses guerres. L’Occident n’a pas besoin du Sud pour sa révolution digitale. L’Occident peut se transformer en forteresse. Comme Israël a cru pouvoir l’être, s’accommodant des désastres libanais, syrien, palestinien.
Le danger n’est pas que les Chinois diffusent leur « modèle » à l’Afrique ou la Malaisie. Le risque est que les populations vieillissantes occidentales, apeurées, se désintéressent du « sud ». Le désastre du retrait afghan, le retrait de syrien, d’Irak des Américains, fut un abandon coupable. Et la passivité européenne ? A part la France, qui a des soldats, là-bas ? Qui ose un discours rappelant quelques principes ?
Ne jamais cesser de parler aux peuples, aux vraies gens, le nord n’a pas intérêt à s’enfermer et les peuples du Sud à perdre le nord. Les dirigeants, c’est autre chose.
Ne jamais cesser de parler aux peuples, aux vraies gens, qui savent que leurs dictateurs les pillent, que malgré tous ses défauts et hypocrisies, le « modèle occidental » n’est pas un ennemi, mais plutôt une chance de libération. Les peuples veulent l’ordre disent les Chinois. Chacun veut d’abord vivre libre.
S’ils n’avaient été des marchands, des explorateurs, (ils ont inventé la comptabilité publique, celle de l’Echiquier, en Normandie), les Normands ne seraient pas allés en Amérique, fonder Kiev, atteint Constantinople, gouverné la Sicile. Ces brutes étaient aussi des chercheurs qui n’avaient qu’une boussole : ouvrir les portes du monde. Le Nord n’a pas intérêt à s’enfermer et les peuples du Sud à perdre le nord. Les dirigeants, c’est autre chose.
Laurent Dominati
Laurent Dominati
a. Ambassadeur de France
a. Député de Paris
Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press
Le podcast dédié à la sphère football des français à l’étranger.
Chaque épisode s’ouvre sur les dernières actualités puis vous propose une interview d’un joueur professionnel qui joue dans un championnat étranger. Nous donnons également la parole aux responsables des clubs de supporter installés pour nous expliquer comment ils arrivent à faire vivre leur passion loin de la France.
Animé par Caroline Ettori et Jérémy Michel.
Le FC Expat, c’est l’actualité du football des Français à l’étranger. Dans ce numéro, nous vous emmenons à la Juventus de Turin et au Chili. La gardienne de but internationale française Pauline Peyraud-Magnin est notre invitée. Elle nous parle de ses clubs, de la place du foot féminin et de sa vie d’expatriée. Puis destination le Chili avec Olivier Gangemi. Il anime l’OM Nation à Santiago. Il évoque l’organisation de son fan club. Marseille est-il plus soutenue que le PSG dans les rues de la capitale chilienne ? Orphelin d’Alexis Sanchez, comment les supporters de la cité phocéenne au Chili rivalisent-ils face à Kylian Mbappé ?
Pauline Peyraud-Magnin a porté les maillots de Lyon, d’Issy, de Saint-Etienne, de Marseille, de l’Atletico Madrid, d’Arsenal, et maintenant de la Juventus de Turin
Entre une convocation à Clairefontaine pour rejoindre l’équipe de France et un match de Série A, Pauline Peyraud-Magnin est venue à notre micro. La joueuse actuelle de la Juve revient sur sa carrière. Elle a connu la France, l’Espagne, l’Angleterre. Elle a porté les maillots de Lyon, d’Issy, de Saint-Etienne, de Marseille, de l’Atletico Madrid, d’Arsenal, pour ne citer que quelques clubs où elle a évolué. Son palmarès est aussi incroyable : championne de France, Ligue des champions, championne d’Angleterre et un triplé en Italie avec Turin.
« Dans les vestiaires de la Juve, c’est l’anglais qui domine »
Pauline a apprécié tous les clubs ou elle est passée. « Grandiose et positif » sont ses mots quand elle retrace avec le FC expat son parcours. Dynamique, souriante et motivée, Pauline est une excellente ambassadrice du football féminin. « En Angleterre, en Espagne ou en Italie, le football, c’est comme une religion ». Et cerise sur le gâteau, Pauline est maintenant polyglotte : anglais, Italien et (un peu) l’espagnol. Dans les vestiaires de la Juventus de Turin, c’est d’ailleurs l’anglais qui domine.
S’expatrier : « c’est assez incroyable »
Abordant le thème de l’expatriation, Pauline l’assure. « Partir à l’étranger, c’est une expérience humaine hors du commun ». Le dernier rempart de la Juve conseille à tout le monde de le faire. C’est une chance de s’expatrier. « En partant de notre zone de confort, on s’ouvre l’esprit. C’est assez incroyable ».
Gardienne de but à la Juve : « On n’a pas le même maillot. On nous repère rapidement »
Gardienne de but, est-ce un poste à part dans une équipe ? Pauline Peyraud-Magnin répond à cette question dans ce FC Expat. « L’appel des gants m’a eue » nous confie Pauline. Ajoutant « on n’a pas la même couleur. On n’a pas le même maillot. On nous repère rapidement ». Tout en malice et en spontanéité Pauline nous donne, dans son interview, un exemple pour souligner l’importance de ce poste dans une équipe. Elle nous parle aussi son rêve fou. Quel est-il ? Nous vous invitons à écouter ce podcast pour le savoir. Sera-t-il réalisé en Série A ? En coupe d’Europe ? Ou en équipe de France, avec le maillot des bleues ?
L’OM fan club au Chili
L’OM fan club au Chili est né en plein Covid
En deuxième mi-temps du FC Expat, direction le Chili et le Fan Club de l’OM. A Santiago nous retrouvons Olivier Gangemi, un Français expatrié. Il nous explique comment ce club de supporters de l’Olympique de Marseille s’est créé. C’est en plein Covid que celui-ci a vu le jour. « Au Chili, on a eu une des plus fortes restrictions sanitaires » nous rappelle Olivier. Pour autant, « l’OM Nation » à Santiago est devenu une réalité durant cette période.
Olivier Gangemi : « depuis juin 2022, l’OM a pris de la distance avec la gestion au quotidien de ses fan clubs à l’étranger »
Lors de la création de ce club de supporters au Chili, l’Olympique de Marseille a accompagné le développement de celui-ci. Le club phocéen avait d’ailleurs mis en place une stratégie pour soutenir ces initiatives à l’étranger. Ce n’est plus le cas actuellement. « Depuis juin 2022 (…) l’OM a pris de la distance avec la gestion au quotidien de ses fan-clubs à l’étranger » nous explique Olivier.
Olivier Gangemi, membre de l’OM fan club au Chili
«Le Vélodrome est une des meilleures ambiances du monde»
Alexis Sanchez, joueur emblématique du Chili, a porté les couleurs phocéennes de 2022 à 2023. Avant son arrivée à l’OM, aucun maillot du club n’était disponible dans les boutiques à Santiago. Ils ont depuis été mis en vente. Même si l’international chilien a depuis quitté l’OM, le fan club veille pour que les maillots soient toujours disponibles. Olivier explique les différentes activités de ce fan-club et l’affirme. « Le Vélodrome est une des meilleures ambiances d’Europe, voire du monde ». Confiant en l’avenir sportif de l’OM, le fan club de Santiago continuera à se développer. Le podcast se termine même en chanson… « Nous sommes les marseillais ».