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  • En donnant raison à Google, la CJUE enterre la vision française du droit à l’oubli

    Dans un jugement, la Cour de justice de l’Union européenne affirme que le droit au déréférencement, inscrit dans le RGPD, ne s’applique que sur le territoire européen et non pas dans le monde entier. Une décision lourde de conséquences. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Le droit à l’oubli sur Internet s’arrête-t-il aux frontières (virtuelles) de l’Union européenne ? Oui, a répondu la Cour de justice de l’UE, dans un jugement publié le 24 septembre. Le litige opposait Google à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Il porte sur le droit au déréférencement, communément appelé le « droit à l’oubli ». Celui-ci permet à tout citoyen de l’UE de faire retirer d’un moteur de recherche un lien contenant des données sensibles. La CNIL estime que pour être efficace, le droit à l’oubli doit s’appliquer partout dans le monde, et avait même sanctionné Google de 100 000 euros d’amende, en 2016, pour refus d’appliquer le droit au déréférencement dans l’intégralité de ses résultats de recherche, même en dehors du territoire de l’Union européenne. Au contraire, Google affirme qu’un droit à l’oubli mondial est la porte ouverte à tous les abus. Son argument principal est qu’il est important de limiter sa portée au cas où un pays non démocratique l’utiliserait pour sa propagande.

    Du coup, lorsque Google reçoit une demande de déréférencement en Europe, il supprime les résultats concernés uniquement de ses noms de domaines européens (google.fr, google.be, google. de…). Cela signifie qu’on peut retrouver le contenu sur la version américaine ou brésilienne du site, par exemple. L’entreprise restreint bien l’accès à ces liens en fonction de l’adresse IP de l’appareil qui effectue la recherche, mais cette petite protection reste facilement contournable, par exemple avec un VPN (logiciel qui masque ou change la localisation). La CNIL espérait donc étendre le droit à toutes les versions du moteur de recherche.

    Google avait contesté l’amende décidée par la CNIL devant le Conseil d’État, qui a renvoyé le dossier devant la Cour de justice de l’Union européenne, car cette question relève selon lui du droit de l’UE. La CJUE a donc jugé que si ce droit doit être respecté dans les États membres, il n’est pas contraignant pour les autres pays.

    Sabine Marcellin, avocate spécialisée en droit du numérique et fondatrice du cabinet Aurore Légal, explique à Euractiv les enjeux de ce jugement. Entretien.

    Euractiv —Pour quels types d’informations peut-on demander un déréférencement ?

    Sabine Marcellin — Cela ne concerne pas toutes les informations personnelles, mais seulement ce que les textes appellent les « données particulières », qu’on qualifie dans le langage courant de « données sensibles ». Elles sont listées à l’article 9 du RGPD et regroupent tout ce qui a un lien avec les opinions politiques et philosophiques, l’origine, les données génétiques, les données biométriques, l’orientation sexuelle… Ce sont les données les plus intimes, dont la divulgation peut vraiment porter atteinte à la vie privée des personnes. Elles requièrent donc une protection plus importante.

    Pourquoi la CJUE a-t-elle donné raison à Google ?

    Les magistrats ont simplement rappelé que le texte s’appliquait dans toute l’Union européenne, même s’ils ont tout de même indiqué qu’il serait souhaitable de « rendre plus difficile les recherches sur les autres extensions. » Mais pour Google, les contraintes ne s’appliquent qu’au sein de l’UE, c’est donc une victoire. Si demain l’autorité allemande se pose une question similaire, elle devra prendre en compte cette interprétation de la CJUE qui s’applique à tous les états membres, dans toutes les commissions nationales. Pour justifier cette interprétation, les magistrats ont développé que tous les pays n’ont pas la même analyse de l’équilibre entre respect de la vie privée et droit à l’information. En revanche, si Google ne respecte pas le droit dans l’UE, il s’expose à des sanctions importantes dans le cadre du RGPD.

    Cette décision souligne-t-elle les limites de la conception européenne de la protection des données ?

    La CNIL avait l’ambition de faire appliquer l’idée qu’une demande de déréférencement doit s’appliquer partout. Elle argumentait que la protection des données personnelles est un principe absolu, quelle que soit la localisation de l’internaute. Elle s’appuyait sur l’article 3 du RGPD, qui indique que le texte s’applique dans le cadre des activités d’un établissement sur le territoire de l’Union, que le traitement de données ait lieu dans le territoire de l’Union ou pas.

    Mais la CJUE a dû prendre en compte la question complexe de l’extra-territorialité, dans tous les cas difficiles à mettre en place, car il faut avoir les moyens d’appliquer des règles européennes dans le reste du monde. Or, on touche là à une limite du droit européen : dans d’autres pays, dans ce cas les États-Unis, le droit à l’information est constitutionnel donc très puissant. On peut difficilement lui opposer le RGPD.

    Avec ce jugement, la notion d’un droit à l’oubli mondial est-elle définitivement enterrée ?

    C’est toujours difficile de se projeter. Mais le monde est découpé en zones, et chacune affirme sa propre conception du droit. La zone européenne a une vision très humaniste du droit : elle privilégie la défense de tous les droits humains, dont le respect de la vie privée, mais également la liberté d’expression. Des pays comme le Canada ou le Japon prennent une voie similaire. En revanche, les États-Unis ont une vision plus économiste qui privilégie la liberté d’entreprendre et la liberté d’entreprise. Certes, ils ont des textes pour encadrer le droit de la vie privée, mais ils sont moins puissants qu’en Europe. Et puis enfin, il y a des zones où le droit est plus utilitariste, comme en Chine. Ces différentes régions vont avec différents équilibres dans la défense des intérêts entre la personne, les entreprises et l’État.

  • America! les traces françaises en Amérique #3 Lafayette

    8 personnes dans l’histoire sont devenues citoyens d’honneur des Etats-Unis, honneur suprême par le Président sur proposition du Congrès. Le premier, en 1963, était Winston Churchill, le deuxième sauva 20 000 Juifs Hongrois pendant la guerre, le troisième fonda l’Etat de Pennsylvanie, Mère Theresa fut la cinquième et le Marquis de Lafayette le sixième en 2002.

    Etonnant destin que celui de cet aristocrate français devenu héros de la révolution américaine, dont le nom est aujourd’hui celui de dizaines de villes à travers les 50 Etats, de la place qui jouxte la Maison Blanche, d’une artère de Manhattan…

    De l’Auvergne aux glorieuses heures de la révolution américaine

    Né en 1757 dans une vieille famille de la noblesse auvergnate, celui qui, enfant, rêvait de combattre la bête du Gévaudan et devint rapidement un riche héritier participa finalement à la guerre d’indépendance américaine de 1775 à 1783.

    Après un périple rocambolesque, le Marquis débarqua à proximité de Georgetown, en Caroline du sud. Lafayette rencontra rapidement Georges Washington et contribua de manière décisive à la bataille de Yorktown.

    De retour en France en 1781, il repartit pourtant rapidement, en 1784, vers le nouveau monde et y fut accueilli triomphalement à New-York, Boston, Philadelphie et Baltimore.

    Un acteur clé de la révolution française

    La suite de la vie de Lafayette s’inscrit dans les tourments de son temps. Député de la noblesse d’Auvergne lors des Etats-Généraux de 1789, il défendit une ligne libérale et fut en charge de l’organisation de la fête de la fédération en 1790, qui est à l’origine de notre fête nationale.

    Attaché à l’institution monarchique mais aussi aux nouveaux acquis de la révolution, Lafayette traversa cette période troublée tant bien que mal. Accusé par les Jacobins, déclaré traitre à la nation, il connut la captivité, et l’exil en Prusse.

    Un temps proche de Napoléon, puis député pendant la restauration, Lafayette retourna finalement en Amérique en 1824 pour une tournée triomphale dans 182 villes.

    A nouveau sous les honneurs lors de la monarchie de juillet, Lafayette n’eut plus, cependant, le rôle prépondérant qu’il avait les décennies précédentes. Son ascension et sa gloire restant largement localisées outre-Atlantique.

    De nos jours toujours, il demeure plus célébré aux Etats-Unis que dans sa patrie d’origine ou il repose pourtant. Mais pas au Panthéon, ce qui, pourtant, pourrait être lui faire justice.

  • Le monde est fou, tant mieux.

    Greta tance Macron. Qui, après l’avoir porté aux nues, la renvoie à l’école. Le complice russe étant surveillé, Trump enquête sur son rival Biden par Ukraine interposé. Boris perd sa majorité et retrouve un Parlement qu’il avait congédié. Le Pape n’arrive pas à verrouiller ses opposants au prochain concile. Poutine ne contrôle plus les élections. Des Arabes pourraient entrer au prochain gouvernement israélien. Franco sortirait de sa tombe avant les élections, bref, l’actualité politique n’en finit pas de jouer au flipper.

    Cela étant, les ingénus qui pensent que c’était mieux avant devraient lire la biographie du Président Wilson par Sigmund Freud pour se rendre compte de la fragilité psychologique des petits hommes qui dirigent le monde. Ce qui fait un peu peur.

    Pour se réconforter, ils peuvent aller sur le site Our world in data afin de se rappeler le bon vieux temps : celui des vraies inégalités, celles où l’on crevait de faim, où l’esclavage sévissait dans la moitié du monde. Celui des guerres mondiales, des guerres coloniales, des guerres civiles sans fin. Celui où les femmes mourraient en couches et les enfants peu après, quand ils n’étaient pas vendus.

    La famine, l’illettrisme, les camps, l’esclavage, les pandémies, les génocides sont, pour l’instant -ce qui demande un effort de chaque jour- maitrisés. L’humanité en est-elle plus heureuse ? Sommes-nous rassurés ? Pas vraiment selon Greta, le Pape, Michel Sardou et bien d’autres, qui, sans être d’accord sur tout, annoncent l’apocalypse.

    Soit que la psychologie humaine aime drames, plaintes et gémissements, soit que l’évolution nous porte naturellement à anticiper les malheurs pour nous en prévenir, soit que la lucidité s’accroit avec la connaissance, et que celle-ci, déployant sa révolution, affiche plus crument qu’hier les abysses au dessus desquels nous somnambulons, partout, la catastrophe nous guette. Du ciel, des océans, des Chinois, des Arabes, de Trump, des banques, de Boris, même les Polonais nous empoisonneraient selon le Président.

    A qui se fier ? Ceux qui croient que la réponse viendra de l’ONU mérite admiration et respect pour une nouvelle forme de foi qui approche de la béatitude. Les autres s’en remettront à cette idée que toute vie est résolution de problèmes, et que, de même que la surface des forêts s’accroit dans le monde malgré les feux de l’Amazonie, de même l’invention, l’innovation, -et la nécessité- nous permettront de sauver la planète, voire, qui sait, de l’embellir. Les villes aussi sont belles.

    A Marseille, j’animais une table ronde sur le thème de « Sauver la Méditerranée ». Autant on peut s’étonner du matraquage rhétorique gouvernementale, qui ne débouche que sur ces innovations : taxer et interdire, autant on doit se réjouir de voir pouvoirs locaux, entreprises, associations, particuliers, trouver des solutions intelligentes, pratiques, pérennes aux drames écologiques du vivre ensemble.

    Mais s’il n’y avait que les menaces écologiques : Les taux d’intérêts négatifs nous font entrer dans une économie dont le fonctionnement n’a jamais été décrit. Un peu comme si Christophe Colomb était parti vers le soleil en pensant que la terre était plate. Le montant des dettes des Etats atteint 175% du Pib mondial. Jamais vu. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis affole le FMI et l’Europe. La City de Hong Kong joue à l’idéaliste, celle de Londres spécule sur la folie de Boris. Non seulement le capitalisme devient fou, mais il marche, même à l’envers.

    Les Anglais avaient déjà vécu la folie du roi Georges. C’était ce temps paisible de la révolution et de l’empire qui ouvrit la voie au triomphe britannique. Le suicide du Parlement anglais n’est donc qu’apparent, comme la fin de l’Euro, de l’Europe, ou de la démocratie. Pour la première fois dans l’histoire du monde, l’investissement dans « l’immatériel » l’emporte sur l’investissement « matériel ». Le monde bascule. L’intelligence artificielle promet et menace. La société de consommation explose comme un soleil mourant avant de se rétrécir dans  l’économie circulaire. L’irrespect aux chefs d’Etat s’accroit. Les Gafas s’effraient elles mêmes de leurs pouvoirs, la Chine lance son bitcoin.

    Celui qui prétend prédire l’avenir est donc un charlatan. Sauf votre serviteur : le monde serait moins fou s’il était vraiment en train de sombrer. Que les dirigeants apparaissent grotesques ne fait que traduire la confiance nouvelle que la société gagne en elle plutôt qu’en ceux qui la dirigent. Bien sûr, ce serait mieux avec de bons dirigeants. Si le vieux monde des vieux schémas politiques déraille, ce n’est pas très grave. Au contraire, le spectacle est fascinant, la période créative. Attendre peu des Etats et des gouvernements, beaucoup des opportunités d’une période insensée.

    Dans cette aventure, les Français ne sont pas les plus mal placés. Au cœur d’une Europe qui est un pole de stabilité, fort d’un Etat solide voire rigide, ils peuvent se projeter partout dans le monde. Il y a de plus en plus de Français hors de France, ils tentent leur chance, ils ont raison : dans un monde fou, il faut bouger.

    Laurent Dominati

    A. Ambassadeur de France

    A. Député de Paris

    Président de la société Editrice du site « Lesfrancais.press »

  • Chirac : Deuil national en France et dans le réseau consulaire

    Une journée hommage à l’ancien chef de l’État se tiendra lundi 30 septembre. Les drapeaux seront en berne et les enseignants qui le souhaitent pourront consacrer un cours du jour à la mémoire de l’ex-président.

    Un deuil national est décrété par le président de la République pour marquer l’hommage de la Nation aux défunts d’un événement particulièrement marquant. Le dernier avait été décrété en juillet 2016 après l’attentat de Nice. C’est une décision peu commune, qui se traduit a minima par la mise en berne des drapeaux, c’est-à-dire par un abaissement à mi-mât. Les actions à mener ne sont toutefois pas codifiées par la loi. Pour la mort de Jacques Chirac, c’est une circulaire du premier ministre Édouard Philippe qui donne les instructions pour lundi 30 septembre:

    Les drapeaux seront mis en berne pendant cette journée sur tous les bâtiments et édifices publics.

    La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a annoncé qu’en hommage à Jacques Chirac, une minute de silence sera observée lundi à 15 heures dans les administrations et les écoles.

    Interrogé sur l’éventuelle tenue d’obsèques nationales, le gendre de l’ancien chef d’État Frédéric Salat-Baroux, a indiqué qu’aucune décision n’avait été prise pour l’heure sur ce point.

    ► Quels sont les précédents ?

    Depuis le début de la Ve République en 1958, le deuil national a été décrété à sept reprises, dont trois après le décès d’un chef de l’État : Charles De Gaulle le 9 novembre 1970, Georges Pompidou le 2 avril 1974 et François Mitterrand le 8 janvier 1996.

    Les autres jours de deuil ont marqué les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, ceux du 13 novembre 2015 et celui du 14 juillet 2016 à Nice.

    Auparavant, la décision n’avait été prise qu’une seule fois, en 1930, après de terribles inondations dans le Tarn qui avaient provoqué la mort de plus de 300 personnes.

    ► Les registres de condoléances et cérémonies d hommage

    Les registres de condoléances sont ouverts dans les représentations diplomatiques vendredi et lundi (les horaires peuvent varier):

     

    Andorre: à l’ambassade de France Carrer les Canals, 38, AD500 Andorra la Vella

    Arménie: à l’ambassade de France 8 rue St Grigor Loussavoritch 0015 Erevan

    Autriche: à l’ambassade de France Technikerstr. 2, 1040 Vienne

    Belgique: à l’ambassade de France 65 rue Ducale – 1000 Bruxelles

    Canada: à l’ambassade de France 42 pr. Sussex, Ottawa , au Consulat de Montréal 1501, McGill College, 10e étage – bureau 1000, à Québec, 500, Grande-Allée Est – 11e étage Québec, QC, G1R 2J7, Vancouver 1130 West Pender, Suite 1100 Vancouver, BC, V6E 4A4

    Equateur: à l’ambassade de France Calle General Leonidas Plaza N19-09 y Patria – Quito

    Géorgie: à l’ambassade de France 49, rue Krtsanissi 0114 Tbilissi

    Grèce: à l’ambassade de France 7 avenue Vassilissis Sofias Athènes

    Hong-Kong: au consulat général 25/F & 26/F, Tower II, Admiralty Centre, 18 Harcourt Road, Central, Hong Kong

    Hongrie: à la résidence de France Csaba utca 20, 1122 Budapest

    Japon: à la résidence de France 4-11-44, Minami-Azabu, Minato-ku, Tokyo 106-8514

    Kenya: à l’ambassade de France Peponi Gardens, Off Peponi Road Nairobi

    Maroc: au Consulat de Fès Avenue Abou Obeida Ibn Al Jarrah، Bd Abou Obeida bnou El Jarrah, Fes

    Nouvelle Zelande: à l’ambassade de France 20 Ballance Street – 8ème étage Wellington

    Pakistan: à l’ambassade de France Enclave diplomatique porte 2 située sur la Constitution Avenue dite « Japan Gate »

    Portugal : Hommage à 15h à l’ambassade ce lundi 30 septembre – R. Santos-O-Velho 5, 1249-079 Lisboa

    Russie: hommage électronique

    Thailande: à l’ambassade de France 35 Rue de Brest, Charoen Krung Soi 36, Charoen Krung Road, Bang Rak, Bangkok 10500

    USA: Miami au consulat de France 1395 Brickell Avenue, suite 1050 (10ème étage) Miami, FL 33131, New York 934, Fifth avenue, Atlanta 3399 Peachtree Rd NE Suite 500 Atlanta, GA 30326

    Vietnam: à l’ambassade de France 57 Trần Hưng Đạo, Hàng Bài, Hoàn Kiếm, Hà Nội

     

     

     

  • La Bulgarie envisage d’attaquer en justice le « paquet mobilité » de Macron

    La Bulgarie demandera probablement l’annulation d’une partie du paquet mobilité devant la Cour de justice de l’UE si aucun compromis n’est trouvé sur les questions les plus litigieuses, a déclaré le socialiste Peter Vitanov (S&D), membre de la commission des transports et du tourisme du Parlement européen, à Euractiv Bulgarie.

    Le 24 septembre, la commission des transports du Parlement a donné le feu vert à l’ouverture de négociations avec la Commission européenne et le Conseil sur les règles destinées à réformer le secteur des transports de l’UE. Le trilogue débutera le 1er novembre et sera dirigé par la nouvelle Commission européenne. L’objectif est de parvenir à un compromis sur les règles connues sous le nom de « paquet Macron ».

    La Bulgarie, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, la Lettonie et la Lituanie s’opposent à une partie des changements.

    Le « paquet Macron » introduit de nouvelles règles pour les chauffeurs détachés, notamment un salaire minimum plus élevé et une réglementation de leur séjour dans les hôtels. La question la plus controversée est le retour des camions vides dans leur pays d’origine une fois toutes les quatre semaines. Cela empêcherait les entreprises de transport d’Europe centrale et orientale de fournir leurs services sur le marché de l’Europe occidentale, ce qu’on appelle le « cabotage ».

    Les six pays qui s’opposent à ces changements affirment que l’obligation de restituer les camions vides serait une mesure protectionniste illégale qui affecterait gravement les entreprises de leurs pays respectifs et entraînerait des pertes d’emplois et une émigration économique accrue. Les représentants bulgares comptent parmi les opposants les plus acharnés au paquet contesté. Peter Vitanov a estimé que le gouvernement bulgare et l’industrie du transport local devraient faire des compromis sur certains des changements pour négocier l’annulation des propositions les plus controversées.

    « Le retour du camion vide [dans son pays d’origine] est contraire à un principe fondamental de l’UE – la libre circulation des marchandises et des capitaux », a déclaré Peter Vitanov. Cela signifie que la Bulgarie peut entamer les négociations en vue de trouver un compromis avec la menace d’un procès en suspens. « Il n’y a aucun moyen d’obliger qui que ce soit à aller ailleurs. C’est contraire au marché libre », a ajouté Peter Vitanov.

  • Chirac pour tous

    Son slogan de la campagne victorieuse de 1995 était « La France pour tous ». Tous ceux qui faisaient activement sa campagne n’étaient pas toujours d’accord avec lui. C’était mon cas. Je l’ai toujours soutenu. Ce sont ces paradoxes qu’il faut creuser : se rappeler que ses soutiens étaient disparates, accepter aujourd’hui tant d’éloges de la part de ceux qui le méprisaient, constater qu’il n’a été populaire que lorsqu’il a quitté le pouvoir, car jamais Jacques Chirac n’a fait plus de 20% des voix au premier tour d’une élection présidentielle. Que tous le reconnaissent comme sympathique, aimant les gens, aimant la France, le  plus chaleureux de tous Présidents de la République, masque sa complexité plus que n’explique ses échecs et ses succès.

    Pourquoi faire partie de son équipe sans être d’accord avec lui ? Jacques Chirac n’était pas de mon parti, mais quand j’ai été candidat, il m’a soutenu. A croire qu’il m’aimait bien, j’avais eu la chance de le connaitre à vingt cinq ans. Nous avions un point commun : il aimait la poésie plus qu’on ne l’imagine. Il installait tout de suite un lien personnel, dans un commerce, dans son bureau, tout en ne disant rien.

    On pouvait d’autant plus facilement ne pas être d’accord avec lui  qu’il n’était pas forcément d’accord avec lui-même. Parfois il disait : « Je sais, c’est pas terrible, mais on ne peut pas faire autrement ». C’était pour rassurer, indiquer que l’on ferait autrement plus tard, que la politique n’est que le champ du possible , etc… toutes choses que j’avais du mal à entendre, tant il prétendait incarner le volontarisme … ou la rupture. Beaucoup diront que de tels signaux traduisaient un manque de conviction. C’est vrai. Tout le monde voulait le convaincre, persuadé que « le dernier qui parlera aura raison ». Au fond, il faisait croire qu’il était malléable sans rien changer à ses décisions. D’où la frustration de beaucoup. «Oui, oui, tu as raison.» opinait-il, puis faisait ce qu’il voulait.

    Je l’ai pourtant vu changer d’avis sur des sujets importants, comme Maire de Paris, comme dirigeant politique, comme Président. Ce n’est pas un défaut. Ce fut le cas sur des projets d’urbanisme. Ce fut le cas sur l’Europe. Sur la Constitution. Sur la guerre. Si on regarde sa trajectoire politique, il ne varia pas beaucoup : c’était un pompidolien pragmatique, un technocrate populaire, qui forçait parfois le trait pour prendre le vent.

    La troisième raison pour le soutenir, c’était son humanité, ou sa séduction. Celle d’un tueur aussi, soit. Chaban, Giscard, Barre, Balladur, Garraud, Pasqua, qui croyaient le gouverner, se sont cassés les dents. Il faisait croire à tous qu’il était simple et brutal. Il était souple et habile. Il avait appris le russe et le sanskrit, lisait les poètes japonais, avait découvert les arts premiers, cachait la Bhagavad Gita sous une couverture de bande dessinée au banc du gouvernement quand il était Secrétaire d’Etat : ne pas faire intello, plutôt populo. Quand il parlait avec vous, vous étiez la personne la plus importante du monde. Même pour tromper, il mettait plus que les formes : de la chaleur.

    Je l’ai soutenu sans espoir de victoire : il était à 11% dans les sondages. Je ne me voyais pas le laisser tomber alors qu’il était si bas. J’ai fait campagne pour lui à Paris, dans la Vallée du Rhône, à Marseille, dans la Loire. Je me souviens de ses conseils : « En campagne, quand tu peux boire un verre d’eau, bois, même si tu n’as pas soif. Mais surtout, quand tu peux pisser, va pisser. Tu ne sais pas quand tu en auras à nouveau l’occasion. » Une façon d’aimer Confucius et la Corrèze.

    Jacques Chirac aurait pu être acteur de cinéma, champion sportif, aventurier. C’était une star. Il aurait aimé n’importe quel rôle. Celui dans lequel il fut le moins aimé était celui d’homme politique. Je ne suis pas certain qu’il aimait vraiment le pouvoir. Il ne l’exerça quasiment pas, que par intermittence. D’où les déceptions.

    Le pouvoir, pour lui, c’était les gens, pas les idées. Il aimait aider, agréger, assembler. Par tous les moyens, pour tous. Ce ne fut pas toujours la meilleure politique, mais elle soutient facilement la comparaison avec les suivantes. Ce fut une belle vie, avec son lot de drames personnels et de trahisons publiques, celle d’un homme de parti devenu Président, même s’il aimait les gens plus que le pouvoir – et la paix plus que la puissance.

  • L’économie française patine, la zone euro atone

    L’expansion de l’activité du secteur privé en France est tombée au mois de septembre à son plus bas rythme en quatre mois, selon un indicateur provisoire publié lundi par le cabinet IHS Markit. En zone euro, la croissance du secteur privé est tombée à son plus bas niveau depuis juin 2013. Un article de notre partenaire Euractiv 

    Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’économie française. Selon les derniers chiffres communiqués par le cabinet Markit ce lundi 23 septembre, l’indice composite du secteur privé est passé de 52,9 en août à 51,3 en septembre, soit son niveau le plus bas depuis quatre mois (lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l’activité progresse, tandis qu’elle diminue s’il est inférieur à ce seuil). Pour l’économiste Eliot Kerr, « la croissance économique française a été portée par le secteur des services. Les écarts de performances entre celui-ci et le secteur manufacturier se sont en effet maintenus, les prestataires de services continuant de signaler une hausse de leur activité tandis que la production manufacturière est repartie à la baisse en septembre ».

    En outre, la Banque de France a prévu un fort ralentissement de l’économie en 2019 et 2020 à 1,3 % contre 1,7 % en 2018 et 2,4 % en 2017. Malgré la dégradation de la conjoncture mondiale, « l’économie française se montre assez résistante à la baisse a rappelé l’économiste de BNP Paribas Hélène Baudchon. Derrière cette stabilité de la croissance française, c’est essentiellement la stabilité de la demande intérieure hors stock qui contribue. Trimestre après trimestre, nous observons 0,5 point de contribution positive de cette demande intérieure ».

    La production industrielle souffre

    Le moteur de l’appareil productif est en panne. Les statistiques du cabinet Markit indiquent que l’indice qui mesure la production manufacturière s’est replié en septembre à 49,7 contre 50,7 en août, soit un plus bas de deux mois. Du côté des services, les résultats ne sont pas favorables également. L’indice flash du tertiaire s’est replié à 51,6 contre 53,4 en août, soit un plus bas de quatre mois. Le coup de frein des nouvelles affaires s’explique « notamment par une nouvelle baisse de la demande dans le secteur manufacturier, toutefois compensée par une nouvelle hausse des nouveaux contrats dans le secteur des services », expliquent les économistes. Les difficultés dans le moteur industriel tricolore commencent « à se propager, le secteur des services ayant affiché en septembre sa plus faible expansion depuis mai dernier ».

    L’inquiétant coup de frein de la zone euro

    Les perspectives économiques s’assombrissent sérieusement en zone euro. Selon les derniers chiffres communiqués par la Banque centrale européenne la semaine dernière, la croissance du PIB de la zone monétaire passerait de 1,9 % en 2018 à 1,1 % en 2019 avant de légèrement se redresser en 2020. Les banquiers centraux ont revu à la baisse leurs prévisions pour 2019 et 2020 par rapport à celles de juin dernier.

    De leur côté, les conjoncturistes de Markit notent que « l’expansion économique de la région ayant été freinée par le plus fort repli de la demande (de biens comme de services) depuis plus de six ans. L’accélération de la contraction du secteur manufacturier — qui résulte notamment du plus fort recul de la production depuis 2012 — s’est accompagnée d’un affaiblissement de la croissance du secteur des services ».

    Pour Chris Williamson, chef économiste chez Markit, la situation pourrait vite empirer.

    « Si la situation du secteur manufacturier, qui traverse actuellement sa phase de récession la plus sévère depuis 2012, ne cesse d’empirer, on s’alarmera également de la propagation de ce malaise au reste de l’économie. La croissance du secteur des services a en effet ralenti, affichant l’un de ses plus faibles niveaux depuis 2014 ».

    Les entreprises interrogées « se disent toujours préoccupées par les guerres commerciales et les tensions géopolitiques, notamment le Brexit », est-il expliqué dans le communiqué. Devant le Parlement européen ce lundi, le président de la Banque centrale qui finit son mandat dans quelques semaines a déclaré :

    « Les données récentes et les indicateurs avancés, comme les nouvelles commandes à l’export du secteur manufacturier, ne montrent aucun signe probant d’un rebond de la croissance dans un avenir proche et l’équilibre des risques pesant sur les perspectives de croissance reste orienté à la baisse », a dit Mario Draghi devant la commission des affaires économiques de l’hémicycle. « Plus longtemps durera la faiblesse du secteur manufacturier, plus grand sera le risque de voir les autres pans de l’économie affectés par le ralentissement », a-t-il ajouté.

    La stagnation de l’économie italienne

    L’économie italienne est encore morose. Selon les derniers chiffres diffusés par l’Institut Istat, ce lundi, l’Italie a enregistré l’an passé une croissance de son PIB (Produit intérieur brut) encore plus faible que prévu, à 0,8 %, contre 0,9 % estimée précédemment. Pour 2019, la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur une croissance économique de l’Italie de 0,1 %. Mais certains experts sont encore plus pessimistes, estimant que la troisième économie de la zone euro pourrait de nouveau tomber en récession.

     L’Allemagne en panne

    La panne du moteur industriel outre-Rhin se prolonge. Les derniers chiffres de Markit indiquent « le premier repli de l’activité globale depuis avril 2013 et le plus fort taux de contraction depuis octobre 2012. Ces tendances reflètent un ralentissement de la croissance de l’activité de services à son plus faible niveau de l’année en cours ainsi que le deuxième plus fort repli de la production manufacturière depuis juin 2009 ». La plus forte exposition du modèle économique allemand aux soubresauts du commerce international et la part de la balance commerciale dans le PIB de la première économie de la zone euro permettent d’expliquer en partie ces difficultés. A Berlin, les débats sur la nécessité d’une relance budgétaire sont ravivés par des craintes de récession. Lors d’une récente présentation de l’ouvrage de « L’économie mondiale en 2020 » au CEPII, la directrice des études économiques au Crédit Agricole, Isabelle Job faisait le point :

    « Guerre commerciale, Brexit, incertitude, rien n’a changé depuis un an. Les Banques centrales ont développé une aversion aux cycles. L’économie européenne ralentit en raison de la guerre commerciale, des incertitudes… que peut faire la banque centrale ? Elle ne peut pas jouer sur ces deux facteurs. […] Est-ce qu’il ne faut pas rééquilibrer le mandat des banques centrales pour assurer plus de stabilité financière ? Les politiques monétaires accommodantes sont du pain béni pour les marchés. Cela pousse aux risques ».

  • Décès de Jacques Chirac: les Français de l’étranger se souviennent

    Le décès de Jacques Chirac n’a pas seulement touché les Français de France mais également ceux de l’étranger. Tour d’horizon.

     « Nous sommes tous orphelins » Député El Guerrab  (LREM – IX Circonscription)

    Pour le député El Guerrab des Français d’Afrique du nord et subsaharienne, que nous avons contacté, Jacques Chirac était une personnalité hors norme. Le député estime qu’il avait « prévenu tout le monde » à l’occasion de la guerre en Irak. Rétrospectivement,  le député le voit comme l’héritier du Général De Gaulle, avec une certaine idée de la France. « Nous sommes tous orphelins » rappelle le député.  Parmi les points importants pour les Français de l’étranger, le non à la guerre en Irak, un instant gaullien selon beaucoup. Une veillée funèbre est prévue aux invalides, et ce alors qu’une école Jacques Chirac est ouverte à Rabat au Maroc.

    Pour Marie-Pierre Labadie, élue consulaire en Suède, beaucoup d’émotion fut exprimée parmi les Français de l’étranger. La presse suédoise a d’ailleurs largement partagé la nouvelle dans des articles globalement élogieux. Les 6 000 Français de Suède se rappellent encore de la venue du Président.

    En Allemagne, Le Conseiller Consulaire M. Grenot nous a fait part de sa grande tristesse, lui qui postait des posters de Jacques Chirac dans sa chambre en 1988. Le Président allemand et la chancelière ont réagit et tous partout dans le monde ont souligné l’engagement international de M. Chirac, notamment pendant la guerre en Irak.

    Parmi les élus des Français de l’étranger, Roland Lescure, député élu en Amérique du nord, à dit que Chirac était une « figure tutélaire de la nation. Le lien entre villes et campagnes, le rempart contre l’extrême droite… en ces temps où la France est souvent divisée, Jacques Chirac nous rappelle notre devoir d’unité. »

    « Toute sa vie Jacques Chirac aura eu la passion de la France. Son discours du Vel d’Hiv et celui devant l’ONU sur l’urgence climatique ont profondément marqué la vie politique de notre pays ».    PA Anglade, député des Français du Benelux

    Citons aussi la liste Renaissance qui reprend les mots de Jacques Chirac : « La France doit affirmer l’exigence d’une Europe puissance, d’une Europe politique, d’une Europe qui garantisse notre modèle social. C’est notre avenir qui est en jeu, portons toujours cet idéal et cette volonté. »

    Thierry Consigny, élu AFE au Japon, se rappelle d’un homme simple qu’il eut l’occasion de rencontrer lors de vacances dans la péninsule d’Izu.

    « Il laissera le souvenir d’un homme qui aimait par-dessus tout son pays, à tous les niveaux de pouvoir qu’il exerça durant sa longue carrière. Homme de conviction, il s’employa comme président de la République à réconcilier les Français entre eux et avec leur histoire »

    Autre terre attachée à l’ancien Président de la République, l’Afrique. Herve Serol, Conseiller Consulaire LR du Gabon a annoncé la mise en place de registres de condoléances à l’ambassade de France à Libreville. Le Liban a aussi réagit à travers ses élus qui ont partagé l’hommage du Sénateur Robert del PICCHIA.

    Au Bénélux, Georges-Francis Seingry, élu consulaire en Belgique, que nous avons contacté, « il laissera le souvenir d’un homme qui aimait par-dessus tout son pays, à tous les niveaux de pouvoir qu’il exerça durant sa longue carrière. Homme de conviction, il s’employa comme président de la République à réconcilier les Français entre eux et avec leur histoire ».

    Pour Françoise Conestabile, élue consulaire au Portugal, Jacques Chirac fut « un grand homme qui fit pas mal de choses ». Sa collègue LREM Josyane Dupuis estime qu’il laisse « un grand vide dans la famille gaulliste ». Un grand vide à combler.

    Figure incontournable de la Vème République, Jacques Chirac finit sa vie extrêmement populaire. Homme du peuple il a débuté, et homme du peuple, de la France, il a terminé.

    Les registres de condoléances sont ouverts dans les représentations diplomatiques vendredi et lundi (les horaires peuvent varier):

    Andorre: à l’ambassade de France Carrer les Canals, 38, AD500 Andorra la Vella

    Arménie: à l’ambassade de France 8 rue St Grigor Loussavoritch 0015 Erevan

    Autriche: à l’ambassade de France Technikerstr. 2, 1040 Vienne

    Belgique: à l’ambassade de France 65 rue Ducale – 1000 Bruxelles

    Canada: à l’ambassade de France 42 pr. Sussex, Ottawa , au Consulat de Montréal 1501, McGill College, 10e étage – bureau 1000, à Québec, 500, Grande-Allée Est – 11e étage Québec, QC, G1R 2J7, Vancouver 1130 West Pender, Suite 1100 Vancouver, BC, V6E 4A4

    Equateur: à l’ambassade de France Calle General Leonidas Plaza N19-09 y Patria – Quito

    Géorgie: à l’ambassade de France 49, rue Krtsanissi 0114 Tbilissi

    Grèce: à l’ambassade de France 7 avenue Vassilissis Sofias Athènes

    Hong-Kong: au consulat général 25/F & 26/F, Tower II, Admiralty Centre, 18 Harcourt Road, Central, Hong Kong

    Hongrie: à la résidence de France Csaba utca 20, 1122 Budapest

    Japon: à la résidence de France 4-11-44, Minami-Azabu, Minato-ku, Tokyo 106-8514

    Kenya: à l’ambassade de France Peponi Gardens, Off Peponi Road Nairobi

    Maroc: au Consulat de Fès Avenue Abou Obeida Ibn Al Jarrah، Bd Abou Obeida bnou El Jarrah, Fes

    Nouvelle Zelande: à l’ambassade de France 20 Ballance Street – 8ème étage Wellington

    Pakistan: à l’ambassade de France Enclave diplomatique porte 2 située sur la Constitution Avenue dite « Japan Gate »

    Russie: hommage électronique

    Thailande: à l’ambassade de France 35 Rue de Brest, Charoen Krung Soi 36, Charoen Krung Road, Bang Rak, Bangkok 10500

    USA: Miami au consulat de France 1395 Brickell Avenue, suite 1050 (10ème étage) Miami, FL 33131, New York 934, Fifth avenue, Atlanta 3399 Peachtree Rd NE Suite 500 Atlanta, GA 30326

    Vietnam: à l’ambassade de France 57 Trần Hưng Đạo, Hàng Bài, Hoàn Kiếm, Hà Nội

     

     

  • Jacques Chirac et l’étranger, une passion réciproque

    « Je vais ouvrir une galerie d’art », ce sont les propos qu’aurait tenu Jacques Chirac après son départ de Matignon ou il était le Premier Ministre en 1976.

    Il n’en fera rien. Animal politique hors du commun, d’une énergie sans limite, d’une inconstance idéologique indéniable également, passé des « rad-socs » à la droite sociale en passant par le libéralisme, Jacques Chirac finira par accomplir son destin, en 1995 et contrairement à tous les pronostics, en devenant Président de la République.

    Le fondateur du RPR et ancien maire de Paris, qui fit émerger de nombreuses figures de la droite comme Alain Juppé, Jean-Louis Debré, François Baroin, Nicolas Sarkozy, restera 12 ans dans ce palais que son épouse Bernadette, également élue, en Corrèze, aima tant.

    L’homme de la paix face à Georges Bush

    Enarque, ancien de Sciences Po Paris, Jacques Chirac était aussi un voyageur infatigable. Ancien de la Summer School d’Harvard aux Etats-Unis, passionné du Japon où il se rendit des dizaines de fois, il fut aussi un grand connaisseur des arts premiers, auxquels il dédia le musée du Quai Branly qui porte aujourd’hui son nom, et de l’Afrique, ce que lui reprochèrent les adversaires de la « françafrique ».

    Jacques Chirac en couverture de Time pendant la guerre en Irak

    L’un des rares politiques français de sa génération à maitriser la langue de Shakespeare et aussi, dit-on, le japonais et le mandarin, Jacques Chirac fut récipiendaire de décorations internationales sans fin : Grand-croix en Afrique du Sud dont il était lié particulièrement via son amitié avec Nelson Mandela, et également Grand-croix à Monaco, au Maroc, en Hongrie, Espagne, Brésil, Finlande, Italie, Pologne, Portugal, …

    Ses rapports avec les Etats-Unis, et en particulier avec l’administration Bush, furent plus complexes. Attaché à la souveraineté des Etats, il s’opposa farouchement à la guerre en Irak en 2003. Le discours de son Premier Ministre Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité des Nations Unis à New-York, resta dans l’histoire de la diplomatie. S’en suivit une campagne de French-bashing outre-Atlantique inédite. Il ne pût empêcher la guerre, mais fût respecté pour l’avoir tenté.

    Entre Afrique et Asie

    À peine le décès de Jacques Chirac officiellement annoncé, les chaînes de télévision ont relayé l’information à travers le Japon, un pays qui suscitait un attrait tout particulier auprès de l’ancien président de la République. Sa disparition fait déjà l’objet d’hommages dans les divers journaux . Chirac a fait une cinquantaine de voyages au Japon. C’est avec une mission pour un musée qu’il effectue, au début des années 50, sa première visite au Japon. Tout le fascine aussitôt dans ce pays. A commencer par sa dimension épique et chevaleresque où tout est affaire de grands serments et de loyauté entre les hommes. «J’ai étudié avec passion les mythes fondateurs de l’archipel et ses grandes épopées, raconte-t-il en 1996 à des étudiants de l’université de Keio. J’ai été séduit par la virtuosité de vos potiers, par l’élégance de votre architecture, l’harmonie de vos jardins, le raffinement esthétique et la sensibilité de votre théâtre, par le rituel des lutteurs de sumo. Ainsi est née ma passion pour la Japon.» Elle va devenir encyclopédique au fil des ans et ne jamais le quitter. Il se plonge alors dans la littérature classique et moderne, la poésie, le théâtre. Mais c’est aussi la dimension philosophique et spirituelle du pays qui le touche. Le jeune ministre qui se rend au Japon dans les années 70 est également conquis par un modèle politique et de développement économique qu’il rêverait de voir appliquer à la France. Très rassemblé autour de sa forte identité, le Japon vit à l’heure du volontarisme industriel basé sur l’alliance du privé et du public. Mais ce capitalisme est aussi tempéré par le social. Les parallèles avec la France lui sautent aux yeux et le gaulliste qu’il est en est tout retourné. «La dimension d’une société confrontée à son anéantissement possible tremblements de terre incessants, tsunamis, attaques nucléaires l’impressionne beaucoup, observe l’un de ses très proches. Car les Japonais y répondent par un grand esprit de cohésion, un souci du respect de l’autre et un sens civique et du collectif qui permettent de se dépasser. Il apprécie l’idée d’harmonie dans les rapports sociaux et politiques. La cérémonie du thé, essence même de la culture nipponne, résume tout ce qu’il aime : simplicité, sobriété, humilité.»

    « L’Africain » : aucun de ses prédécesseurs n’a eu droit à un tel surnom. Pendant sa présidence, Jacques Chirac a visité près de 40 pays sur le continent. Lutte contre le paludisme et le sida, annulation de la dette… La France de Jacques Chirac plaidait en faveur de ses anciennes colonies devant le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale. Elle bénéficiait en retour de leur soutien diplomatique.  Dans l’ombre, Jacques Chirac obtient les services de Jacques Foccart, incourtournable et sulfureux conseiller aux affaires africaines du Général de Gaulle.

    Bongo, Compaoré, Sassou Nguesso, des amis proches

    Quand la stabilité du continent ou les intérêts des entreprises françaises étaient menacés, les grands principes démocratiques passaient alors au second plan.
    Chirac « l’Africain », entretenait surtout des rapports très personnels avec les chefs d’Etat. Omar Bongo, Blaise Compaoré, Denis Sassou Nguesso étaient des amis proches.

    « Il a assumé d’une manière absolument sincère ce que l’on appelait la Françafrique, avec les rumeurs de coups tordus, de coups d’Etat orchestrés depuis l’Elysée, l’affaire des mallettes d’argent qui circulaient entre les palais africains et l’Elysée« , explique l’historien et journaliste Francis Laloupo.

    Jacques Chirac enverra aussi l’armée française sauver des régimes « amis » en Centrafrique en 1996 ou au Tchad en 2006. Mais en pleine guerre civile ivoirienne, la médiation française est un échec en 2003. Quand Jacques Chirac fait ses adieux aux Africains en 2007, sa vision fait long feu. L’influence de Paris s’effrite.

    La rafle du Vel d’hiv comme curseur initial

     Jacques Chirac fut aussi le premier Président de la République à reconnaitre la responsabilité de l’Etat français dans les rafles contre les Juifs pendant l’occupation, et ce lors de son premier discours de Président élu. Populaire dans la rue arabe, en raison d’une position modérée sur le conflit israélo-palestinien, on se souvient de l’altercation avec les services de sécurité israéliens.

     

    Jacques Chirac, et les hommages du monde entier le montrent, restait un géant de la politique française, européenne et internationale. Il laisse une épouse et sa fille, Claude, longtemps sa conseillère.

  • L’ancien président de la République, Jacque Chirac est décédé

    Il avait présidé aux destinées de 60 millions de Français de 1995 à 2007. Jacques Chirac est mort. Très affaibli ces dernières années, le cinquième président de la Ve République, est décédé ce jeudi, a annoncé sa famille. «Il s’est éteint au milieu de ses siens. Paisiblement », a déclaré son gendre Frédéric Salat-Baroux.

    Dès le décès annoncé, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence.

    Avec la disparition de cette figure populaire et incontournable, c’est une page d’un demi-siècle d’histoire politique française qui se tourne. Une page ouverte en 1965 au conseil municipal de Sainte-Féréole, le berceau familial corrézien, premier mandat d’une irrésistible ascension pour ce fringant énarque.

    Député, puis président du Conseil général de Corrèze, Chirac gravit rapidement les échelons ministériels avant d’entrer à Matignon en 1974, pour mieux claquer la porte, deux ans plus tard, sur fonds de désaccords avec Valéry Giscard d’Estaing. Il y reviendra en 1986 pour une cohabitation historique avec le président Mitterrand. Entre-temps, Jacques Chirac a fondé et pris la tête du RPR et empoché la mairie de Paris, deux mandats qu’il ne délaissera que pour enfin accéder à l’Elysée, en 1995 après deux échecs, en 1981 et 1988.

    Le quinquennat et la fin du service militaire

    Ce sera pour deux mandats, un septennat, puis un quinquennat, du nom de l’une des réformes les plus marquantes de sa présidence avec la fin du service militaire et l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Durant douze ans passés à l’Elysée, dont cinq en cohabitation avec les socialistes, Jacques Chirac aura connu sur le plan intérieur des réussites – sur le plan de la sécurité routière, notamment – mais aussi de profondes crises – les grandes grèves de 1997 ou encore les émeutes en banlieue en 2005. Sur le plan extérieur, on retiendra son opposition à la guerre en Irak, qui a largement assis son autorité internationale, mais également le revers du non des Français à la Constitution européenne en 2005.

    Ce passionné d’arts primitifs avait largement œuvré à la création du musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, inauguré quai Branly, à Paris, en 2006, et rebaptisé à son nom dix ans plus tard. Il présidait la Fondation Chirac depuis 2008.

    Jacques Chirac avait épousé en 1956 Bernadette Chodron de Courcel, avec qui il avait eu deux filles et une fille adoptive. Le décès de sa fille aînée Laurence à 58 ans en 2016 avait largement ébranlé le vieil homme, déjà très diminué. Les apparitions publiques de celui qui échappa en 2002 à un assassinat lors du défilé du 14 juillet s’étaient faites extrêmement rares depuis.