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  • Journée de mobilisation contre la réforme des retraites : recul de la mobilisation

    L’intersyndicale a appelé à une nouvelle mobilisation ce jeudi, au 43e jour de grève contre la réforme des retraites. A Paris, le défilé fût éparse avec 28 000 manifestants..

    Nouvelle journée de manifestation contre la réforme des retraites, ce jeudi 16 janvier. Des cortèges défileront dans toute la France à la suite de l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC et quatre organisations de jeunesse pour cette sixième « journée de mobilisation interprofessionnelle massive de grèves et de manifestations ». En régions, des cortèges sont également prévus à Marseille (Vieux-Port), Lyon (Jean-Macé) ou encore Bordeaux (place de la République).

    Malgré les concessions du gouvernement et le retrait temporaire de l’âge pivot du projet de loi, les opposants à la réforme réclament toujours son retrait. Mais depuis le début de la semaine, la mobilisation s’essoufle et cette journée constituera un test pour la suite du mouvement.

    Le cabinet Occurence qui s’occupe du décompte pour un collectif de médias a estimé quant à lui le nombre de manifestants à 28 000 à Paris. Un chiffre plus proche de celui du ministère de l’intérieur que de celui des syndicats.

    Le ministère de l’intérieur a donné ses chiffres de participation. Ils ont recensé 187 000 manifestants en France, dont 23 000 à Paris. Des chiffres qui du simple au triple par rapport aux syndicats au niveau national et de un à dix à Paris.

    Plus de 82 000 personnes ont manifesté contre la réforme des retraites dans une cinquantaine de villes, hors Paris, selon un décompte provisoire réalisé en fin d’après-midi à partir des chiffres communiqués par la police ou les préfectures. Au plan national, les organisateurs des manifestations recensaient de leur côté au moins 556 000 personnes dans une trentaine de villes, dont 250 000 dans la capitale.

     

  • Visas: vers une simplification des procédures?

    Une mission parlementaire sur la politique française d’attribution des visas par la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Nationale a été mandatée. Le député M’jid El Guerrab, de la neuvième circonscription des Français établis hors de France, qui englobe le Maghreb et l’Afrique de l’ouest francophone, en a été nommé co-rapporteur et nous a fait part de ses premières impressions.

    « Il n’y a pas un jour depuis que je suis député ou je ne suis pas saisi de la question » – M’jid El Guerrab – Député LREM d’Afrique du Nord et de l’Ouest et co-rapporteur de la mission parlementaire sur les visas pour la France.

    Un imbrogilio et une situation variable selon les pays

    De quoi s’agit-il ? Selon de très nombreux témoignages de personnes souhaitant bénéficier d’un visa pour la France, de séjour, de tourisme, permanent, les mesures et les procédures sont très aléatoires.

    M’jid El Guerrab, co-rapporteur du texte à l’Assemblée Nationale

    « Il n’y a pas un jour depuis que je suis député ou je ne suis pas saisi de la question » nous indique le député. Il ne s’agit pas pour lui d’une question politicienne mais de quelque chose qui peut participer à un sentiment anti-français sur place.

    Comment, par exemple, expliquer que le dirigeant d’un des principaux ports de la méditerranée n’obtienne qu’un visa de 4 mois quand ses collaborateurs obtiennent un visa pluri annuel ?  Comment expliquer qu’un citoyen marocain en visite en France avec un visa Schengen doive demander une extension pour les DOM ? Comment expliquer surtout les différences de situation et surtout, « quelle est la rationalité derrière les décisions ? » s’interroge le député, sans a priori mais avec des questions précises qui seront posées aux personnes auditionnées au cours des prochains mois.

    Lourdeurs administratives, impossibilité d’avoir des rendez-vous

    Si beaucoup soulignent le travail remarquable des personnels diplomatiques, le manque de moyens rend parfois l’attribution de visas complexe, longue, et laborieuse. Le rapport en cours travaille notamment à améliorer la fluidité et la rapidité des démarches, notamment dans des pays comme le Maroc.

    Concrètement, il s’agira d’auditionner, pendant une période en 3 et 6 mois, le corps diplomatique, le quai, le ministère, les acteurs présents. Quel impact ? Peut-être pas législatif, cela ne revient pas à la loi, mais au minimum de sensibiliser le Quai sur la différence des pratiques en matière d’attribution de visas, et aussi peut-être donner des pistes pour améliorer la situation.

  • Jeudi en France : nouvelle mobilisation générale contre le projet de réforme des retraites.

    Après six semaines de conflit, les syndicats opposés à la réforme appellent ce jeudi à une nouvelle journée de manifestations. Un test pour la suite du mouvement qui s’essouffle dans les transports.

  • Une mineure française retrouvée, séquestrée et prostituée, à Bruxelles

    Au début de cette année, une Française âgée de 16 ans a été « vendue » par un ami à cette bande pour la somme de 2000 euros, confirme l’avocate des deux hommes. Une semaine plus tard, cette jeune fille a été retrouvée en Belgique, non loin de Bruxelles. Entre temps, elle se prostituait par le biais d’un site internet.

    Selon le parquet, les suspects (dont l’organisateur de la prostitution de la jeune fille) ont tous été placés sous mandat d’arrêt « du chef d’exploitation de la prostitution d’une mineure de plus de 16 ans avec la circonstance qu’il s’agit de l’activité principale d’une association et traite des êtres humains« .

    La mineure est retournée auprès de sa famille en France.

    Jusqu’à présent, sept suspects ont été arrêtés, dont deux rappeurs bruxellois qui se font appeler « Le You » et « Aze2dine ». Parmi ces suspects il y a des hommes et des femmes, ils sont tous majeurs. L’avocate de l’un des inculpés (qui n’est pas un des rappeurs), Ofélia Avagian, a déclaré à nos caméras que son client contestait les chefs d’inculpation.

    Contacté par l’AFP, les gestionnnaires du site internet via lequel la jeune fille se prostituait se sont dit « fâchés » qu’une mineure ait été inscrite sur le site. Ils confirment que depuis la loi française de 2016 sur la prostitution, le site observe une forte croissance de profils de femmes venues de France.

  • 30 ans de l’AEFE: un réseau tentaculaire sous pression?

    Le Secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne l’a annoncé, les 30 ans de l’AEFE, l’agence de l’enseignement français à l’étranger, seront l’occasion « d’une année de célébrations, non pas juste pour se souvenir mais également pour se projeter, et mieux faire connaître l’enseignement français à l’étranger ».

    L’agence, crée en 1990, est vue par le ministre comme une « composante essentielle de la diplomatie française » qui fait de la France une « puissance éducative ».

    Le directeur de l’AEFE, Olivier Brochet, a indiqué les 5 axes, les 5 ambitions, en ce 30ème anniversaire :

    • Le renforcement de l’attractivité des établissements
    • une communication plus offensive
    • le maintien de la qualité et le renforcement de l’outil de formation
    • la promotion des valeurs portées par l’enseignement français
    • la mise en valeur de l’unicité du réseau éducatif

    Cette ambition se heurte cependant à une réalité : celle des moyens, et ce alors que le Président de la République a affirmé son ambition de doubler le nombre d’élèves, aujourd’hui environ 350 000, d’ici 2030. L’AEFE aura alors 40 ans. Alors qu’elle gère directement et indirectement l’essentiel du réseau, l’autre acteur majeur étant la mission laïque française, pourrait-elle « absorber » une telle hausse ?

    Le financement des lycées français en jeu

    Le Lycée français de New York

    Si une dotation de 25 millions d’Euros a été allouée pour renforcer l’enseignement français à l’étranger, cela n’empêche pas les inquiétudes, en particulier du corps enseignant qui se mobilise pour les grèves . Si il n’est pas certain que le mouvement dure, les antagonismes sont en tout cas clairs. La majorité affiche sans difficulté sa volonté de permettre le développement du réseau avec l’intervention d’autres acteurs : soit au sein du réseau AEFE avec l’intervention d’acteurs privés comme des fondations, les lycées en Amérique du nord par exemple fonctionnent déjà sur ce modèle, et aussi en dehors de l’AEFE avec l’introduction de nouveaux acteurs. Des procédures pour faciliter les homologations, tout en restant vigilants sur la qualité de l’enseignement selon la majorité, devraient être mis en place.

    Les parents d’élèves aussi, à travers leurs associations, ont des revendications. En particulier de pouvoir intervenir plus dans la gestion des lycées, notamment lors de projets d’agrandissements. Une revendication motivée aussi par le fait que l’enseignement français à l’étranger coûte cher, les frais de scolarité ont tendance à être en hausse et la concurrence est rude. L’enseignement français à l’étranger est un enseignement d’excellence  avec quasiment 100% de réussite au baccalauréat.

    Une série d’évènements programmés en 2020

    En attendant, l’AEFE prépare une série d’évènements pour l’année 2020 :

    • 3 avril 2020 à Madrid : grand rassemblement d’élèves acteurs du programme d’échanges scolaires ADN AEFE
    • 25 avril 2020 à Paris : concert de l’Orchestre des lycées français du monde dans l’auditorium de Radio France
    • Du 14 au 16 mai 2020 à Paris : rencontre des ambassadeurs en herbe finalistes, au lycée Montaigne et au palais du Luxembourg, siège du Sénat
    • Du 15 au 20 juin 2020 à Chicago : Jeux internationaux de la jeunesse à Chicago
    • Le 24 juin 2020 à Paris : grand rendez-vous des boursiers Excellence-Major à Sciences Po
    • Fin novembre 2020 : 4e édition de la Semaine des lycées français du monde

     

    Le réseau de l’AEFE dans le monde

    Ainsi donc la situation est paradoxale : certaines inquiétudes concernant l’avenir de l’enseignement français à l’étranger, de grandes ambitions, une évolution certaine du réseau et de ses acteurs. Rendez-vous dans 30 ans pour faire le bilan ?

  • Renault-Nissan : Carlos Ghosn a-t-il été le si bon patron qu’il prétend ?

    Exilé au Liban, l’ancien patron de Renault et Nissan rend ses successeurs responsables de la chute des résultats. Mais son propre bilan est moins flatteur qu’il ne le prétend. Un article de notre partenaire Euractiv.

    Rarement, un homme n’avait orchestré un tel battage médiatique autour de sa situation personnelle et juridique. Et encore moins, quand il s’agit de celui qui reste un fugitif… Le marathon des interviews mené par Carlos Ghosn depuis mercredi dernier est un véritable cas d’école. La mise en scène de sa personne, le choix des journalistes, les choix éditoriaux de certains titres qui ont privilégié l’aspect spectaculaire de sa cavale plutôt que le fond du dossier… Tout est sujet à débat.

    Mais dans ce brouhaha, un aspect interpelle : le bilan particulièrement flatteur que Carlos Ghosn s’attribue en tant que patron de Renault, de Nissan et de l’Alliance.

    Jean-Dominique Senard traité « d’incompétent »

    Lors de sa conférence de presse, mercredi 9 janvier, la première depuis son évasion du Japon, Carlos Ghosn a tout simplement tiré à boulets rouges sur ses successeurs. Affirmant avoir laissé à Hiroto Saikawa, PDG de Nissan, « une entreprise rentable, forte de 20 milliards de dollars de cash ».

    Il s’en est également pris à Jean-Dominique Senard, qu’il accuse d’avoir abîmé l’Alliance Renault-Nissan avec des mots particulièrement durs: « Franchement, il n’y a plus d’Alliance », a-t-il lâché avant de mettre en cause la méthode: « Il semble que toutes les décisions soient prises par consensus. J’ai géré ces entités pendant 17 ans, je peux vous dire que le consensus ne fonctionne pas, il faut forcer les gens pour avoir des synergies ». « Cela fait peur quand vous avez des gens pas compétents », a-t-il adressé à l’endroit de celui qui a été parachuté patron de Renault en janvier 2019, alors qu’il achevait son mandat à la tête de Michelin. Et de prendre à témoin les marchés: « Le cours de Bourse de Nissan a baissé de 10 milliards de dollars » depuis son arrestation, a-t-il déclaré.

    Sans parler de sa victimisation, lui qui aurait été pris en étau entre les intérêts politiques de l’État français, premier actionnaire de Renault, et les velléités nationalistes d’un Nissan pressé de retrouver sa « japonité ».

    Une stratégie de volume

    Dès lors, Carlos Ghosn se donne-t-il le beau rôle ? Si le redressement de Nissan, lors de sa reprise par Renault en 1999, est incontestable (et incontesté), son bilan réel à la tête de Renault fait débat.

    Sur le papier, les résultats de Renault lui sont pourtant favorables. Le constructeur automobile français n’a cessé de battre ses records de vente, année après année. En 2018, le groupe Renault a vendu 3,9 millions de voitures dans le monde, soit pratiquement un million d’unités supplémentaires en dix ans. Le groupe a également largement accéléré son internationalisation en consolidant ses positions sur plusieurs marchés émergents comme l’Amérique Latine, la Turquie, le Maghreb, la Russie et l’Inde. Le lancement en Chine est en revanche un échec, mais il est surtout la conséquence d’un mauvais « timing », puisque le marché chinois s’est brutalement retourné au moment où Renault avait commencé son déploiement…

    En réalité, Renault a eu le vent en poupe en raison du rattrapage des ventes après la crise de 2009. Au même moment, le groupe a bénéficié de l’impact favorable de ses nouveautés comme c’est traditionnellement le cas quand un constructeur sort de nouveaux modèles. Renault a en effet déroulé un plan produit totalement rénové avec de nouveaux codes stylistiques notamment sous la houlette de Laurens Van den Acker. La marque au losange a saturé le marché de nouveaux modèles ; jusqu’à trois par an.

    Les fondamentaux structurellement affaiblis

    Cette stratégie volume a été portée par Carlos Ghosn tambour battant… En réalité, cette stratégie a dissimulé un affaiblissement critique des fondamentaux de Renault, telle une lame de fond. Renault a totalement raté la marche de la montée en gamme du marché. Ce qui a impacté la baisse de la valeur résiduelle des produits Renault au moment où les offres de location longue durée, favorisées par des taux d’intérêts très bas, ont pris une place prépondérante sur le marché du neuf.

    Car si le renouvellement du design a été un succès (redevenu premier motif d’achat de la marque), sur la qualité perçue, Renault a pris beaucoup de retard, y compris sur son compatriote Peugeot. Renault n’a pas su recréer un univers de marque qui aurait permis aux clients d’aller chercher les meilleurs niveaux de finition. Pire que cela, le Français a collectionné les flops sur les segments supérieurs: Espace, Koleos, Talisman, Scenic… Le Kadjar, lui, a fait deux fois moins de volumes que son concurrent de chez Peugeot, le 3008, et surtout, il n’était pas disponible en finition haut-de-gamme…

    Au final, la croissance des ventes du groupe Renault a surtout été le fait des modèles d’entrées de gamme. D’ailleurs, les ventes de la seule marque Renault ont à peine augmenté entre 2008 et 2018. Avec 2,5 millions d’unités, la marque a gagné 100 000 immatriculations alors qu’à l’échelle du groupe, le volume supplémentaire de véhicules dépasse le million d’unités sur cette période. La croissance du groupe a donc été essentiellement portée par Dacia, une marque certes très rentable, mais sur des échelles de prix très inférieures au potentiel des segments supérieurs… Autrement dit, la part des ventes de la marque Renault dans le total du groupe est passée de 87% en 2008 à 64% en 2018. Et encore, cette part serait encore plus faible en excluant les modèles Dacia vendus sous la marque Renault et attribués à la marque au losange dans les calculs.

    Résultat, au premier semestre 2019, la marge opérationnelle de Renault était de deux points inférieure à celle de PSA (hors Opel), alors même qu’il profite de 5 milliards d’euros de synergies avec Nissan. En outre, le groupe a d’ores et déjà annoncé en novembre que la marge opérationnelle pour l’année 2019 serait moins bonne qu’annoncée… Enfin, la chute des cours sur les titres Renault et Nissan avait commencé avant l’arrestation de son patron. Quelques mois auparavant, le titre du français s’échangeait autour de 98 euros, contre 67 euros la veille de son arrestation.

    Le bilan de Carlos Ghosn à la tête de Renault est donc très discutable. Il a mené une stratégie de volumes très offensive, utile pour gagner des parts de marché dans les pays émergents, mais qui n’a pas été vertueuse du point de vue de la rentabilité.

    Chez Renault, il y a eu une prise de conscience. Les deux derniers lancements de la marque, la Clio et le Captur, ont tous les deux intégré cette volonté de monter en gamme. Les designers ont travaillé la planche de bord et les matières afin de gagner en qualité perçue. Ils ont également modernisé leur système de connectivité.

    Même sur la voiture électrique, sur laquelle Renault a été à l’avant-garde, ce qui a souvent mis au crédit de Carlos Ghosn pour sa prise de risque, le bilan est contrasté. Certes la Zoé est l’une des voitures électriques les plus vendues en Europe, mais Renault n’a pas su creuser l’écart et semble désormais à la remorque du marché. Les concurrents ont ainsi lancé des gammes électriques autrement plus ambitieuses avec notamment des SUV 100% électrique à l’image de Peugeot, DS ou encore Volkswagen.

    Le cumul des mandats de l’Alliance

    Enfin, dernier point essentiel, la panne de l’Alliance contre laquelle Carlos Ghosn n’a cessé de pester en l’attribuant à Hiroto Saikawa. D’après lui, le japonais a monté l’affaire avec les procureurs japonais dans le seul but de neutraliser l’Alliance et un projet de fusion. Avant d’attribuer la responsabilité de cette déchéance à la mauvaise méthode de Jean-Dominique Senard.

    En réalité, Carlos Ghosn est le seul responsable de la chute de l’Alliance. Son management, sa méthode qui a consisté à concentrer les pouvoirs et à neutraliser les contre-pouvoirs à travers une organisation pyramidale, en cumulant les postes de PDG (PDG de Renault, de Nissan, puis président de Mitsubishi) a sciemment mis l’Alliance dans une situation de dépendance autour de sa seule personne, et ce, malgré les critiques. Il a fallu que le gouvernement français exige un plan de succession pour que Carlos Ghosn s’y attelle… Soit trop tard, soit en se contentant de promesses incantatoires. En tout état de cause, Carlos Ghosn n’a préparé ni sa succession, ni la pérennité de l’Alliance au-delà sa propre personne. La chute de celle-ci était donc inéluctable dès lors que son patron n’était plus aux manettes. La stratégie qui consiste à saturer les médias de communication ne résiste pas à l’épreuve des faits.

  • Les huit risques pour 2020

    L’année 2019 devait être une année noire sur le plan économique ; elle s’avéra tout au plus médiocre. 2020 est censée être meilleure sans être exceptionnelle. Une légère reprise est attendue permettant un retour de la croissance mondiale autour de 3 % contre 2,8 % l’année dernière. Deux points d’incertitude qui ont miné l’année 2019 semblent avoir été levés. Le Brexit devrait avoir lieu d’ici le 31 janvier mais il se fera de manière négociée. La prochaine signature d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine devrait contribuer à une augmentation des échanges mondiaux. Si ces menaces sont en voie de résorption, d’autres demeurent ou peuvent apparaitre au point de remettre en cause le cours de l’économie mondiale : crise au Moyen-Orient situations politiques aux Etats-Unis ou en Allemagne, révoltes sociales dans des pays avancés, tensions politiques et sociales en Amérique latine, crise financière en Chine

    Une crise majeure au Moyen-Orient

    Dès les premiers jours du mois de janvier, un des facteurs de risques s’est concrétisé avec la décision des Etats-Unis d’éliminer le Général iranien Qassem Soleimani, en charge des opérations extérieures. Si jusqu’à maintenant, cette décision n’a pas déclenché une guerre véritable malgré les représailles mises en œuvre par l’Iran, elle a rappelé que le Moyen-Orient demeure toujours une zone à risques. Fidèle à la tradition perse, l’Iran entend devenir la puissance incontournable du Moyen-Orient entrant ainsi en concurrence avec l’Arabie Saoudite, allié des Etats-Unis. Son opposition viscérale à Israël rapproche celle des monarchies sunnites de la région. Compte tenu de la proximité des élections américaines de novembre prochain, une inflammation de la région est en l’état peu imaginable. Si pour le moment, les cours du pétrole sont restés au regard des évènements assez stables, un conflit armé provoquerait une forte hausse. Pour l’économie mondiale, un pétrole au-delà de 120 dollars signifie un réel ralentissement économique et une possible récession.

    Une hausse brutale des taux liée à un sentiment de défiance à l’encontre de certains acteurs économiques ou Etats

    Le choc obligataire est craint depuis plusieurs années. La montée de l’endettement privé comme public est une source de risque. Que ce soit au moment des subprimes ou de la crise grecque, le problème apparaît au moment où les prêteurs considèrent qu’ils ne seront pas remboursés. Le maintien d’un minimum de croissance et le rôle de banquier en dernier recours joué actuellement par les banques centrales constituent pour le moment deux assurances. La forte implication des banques centrales s’accompagne, en outre, d’un fort volant d’épargne. Les faibles taux d’intérêt pratiqués réduisent les risques d’insolvabilité tant de la part des acteurs privés que des acteurs publics.

    Un fort ralentissement de la croissance et une crise financière en Chine

    La croissance de la Chine pourrait ralentir plus que ce qui est prévu et passer en dessous de la barre des 6 % en 2020. La poursuite de la baisse de la demande industrielle pourrait occasionner une forte contraction des exportations qui ne pourrait pas être compensée par l’augmentation de la demande intérieure, les Chinois épargnant une part considérable de leurs revenus par précaution et pour financer leur retraite. Une chute des exportations s’accompagnerait de celle des investissements. Depuis 2017, la progression de la formation brute de capital fixe est très faible témoignant d’un réel pessimisme des acteurs économiques. La situation chinoise pourrait se compliquer en raison d’un rapide recul de la profitabilité et de la solvabilité des entreprises, avec des coûts salariaux augmentant beaucoup plus vite que les prix.

    Les difficultés du high yield aux États-Unis

    Les taux d’intérêt bas assurent une forte solvabilité des États, des ménages et des entreprises dans les pays de l’OCDE, mais il y a une exception, les obligations à fort rendement, le « high yield » aux États-Unis, pour lequel dégradation de la qualité de crédit est constatée avec à la clef une hausse des défauts. Ces défaillances seraient imputables à un excès d’endettement et à une faiblesse des profits.

    La situation difficile de grands pays émergents

    Plusieurs pays émergents d’Amérique latine et d’Asie ont un déficit extérieur structurel important pouvant les exposer à un risque financier majeur en cas de problème au niveau de la croissance internationale ou en cas de crise géopolitique. Sont d’abord concernés, l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Turquie et l’Inde. Leurs difficultés de financement de leur déficit extérieur peuvent conduire à la dépréciation de leur taux de change provoquant des sorties de capitaux et les obligeant à augmenter leurs taux d’intérêt. Un cycle récessif s’installerait alors dans ces pays Depuis 2018, les taux de change marquent une défiance à l’encontre de ces pays.

    Le poids de la réglementation climatique

    Les réglementations visant à réduire les émissions de Co2 se durcissent et cela tout particulièrement en Europe. Le risque est la destruction d’emplois, des surcoûts au niveau de la production et une moindre rentabilité. Plusieurs secteurs sont exposés, en premier lieu l’automobile qui représente, 1,43 % de l’emploi total en Europe. Les investisseurs se détournent des activités jugées incompatibles avec la transition énergétique. Cette situation pénalise les secteurs énergétiques et chimiques. Par ailleurs, le passage aux énergies renouvelables peut peser, un temps, sur la compétitivité des pays les plus en pointe.

    La problématique du plein emploi et du vieillissement

    Plusieurs pays sont en situation de plein emploi : les Etats-Unis, l’Allemagne, la République tchèque, etc. Même dans des pays ayant des taux de chômage élevés comme la France, des goulots d’étranglement existent dans le recrutement. La croissance peut être entravée par la difficulté d’accroître la population active ; celle-ci étant bridée par ailleurs par le phénomène du vieillissement et du manque de qualification. Le taux de participation au marché du travail est de 87 % de la population en âge de travailler au sein de l’OCDE en 2018 contre 82 % en 2002. L’amélioration du taux de participation constitue un des impératifs majeurs de cette année afin de conforter la croissance.

    Les risques sociaux et politiques

    Les risques sociaux sont les plus difficiles à appréhender. Après une longue décennie de colmatage de l’économie, après le double choc de la mondialisation et de la crise de 2008, les tensions sociales se font jour. Elles sont d’autant plus prégnantes que la digitalisation des activités entraine une polarisation des emplois mettant sous pression les classes moyennes. Le ressenti d’appauvrissement, de déclassement, la peur de la précarité traverse tous les pays avancés, que ce soient les Etats-Unis, la France et l’Allemagne. La question du financement des retraites est au cœur du débat public. En Allemagne, la grande coalition menace d’exploser sur la question de la revalorisation des petites pensions quand le conflit en France dans les transports publics au sujet du régime universel est un des plus longs que notre pays ait connu. Le retour du fait social prend des nouvelles formes avec le rôle accru des réseaux sociaux, des rumeurs, des chaines d’information. La décision de Boris Johnson d’augmenter le salaire minimum de 20 % au Royaume-Uni constitue un signe que le problème des revenus devrait être au cœur des prochaines élections.

  • Sondage : 60% des Français contre la Réforme des retraites

    Les Français soutiennent majoritairement le mouvement de grèves contre la réforme des retraites , selon un sondage Harris Interactive.

    La bataille de l’opinion se poursuit. 60% des Français continuent de soutenir le mouvement de contestation contre la réforme des retraites, selon un sondage Harris Interactive publié par RTL et AEF Info. 62% des Français avaient cette opinion dans un sondage du 20 décembre dernier.

    Par ailleurs, 67% des personnes interrogées se disent inquiètes quand elles pensent à la création d’un régime universel des retraites. 44% d’entre elle sont ainsi pour la fin des régimes spéciaux, tandis que 32% s’y opposent. 63% sont toutefois favorables à l’élargissement de la garantie d’une retraite minimum de 1.000 euros mensuel.

    Bruno Le Maire met en garde contre le « jusqu’au-boutisme »

    Alors que le gouvernement a fait des concessions sur l’âge pivot, l’exécutif appelle désormais à la fin de la grève. Le « jusqu’au-boutisme » de certaines organisations syndicales contre la réforme des retraites malgré le retrait de l’âge pivot « n’est pas une solution », a estimé ce mardi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, qui a rejeté tout abandon de la réforme. « Il y a une belle réforme des retraites » portée par le gouvernement, a défendu le ministre sur CNEWS, ajoutant que ces organisations qui demandent son retrait « se mettent en travers d’une réforme de justice ».

    La ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a elle jugé dimanche qu’il n’y avait « plus aucune raison » que la grève contre la réforme des retraites « se poursuive ». « Un compromis a été trouvé avec les organisations syndicales qui sont dans le dialogue, et tout le monde aspire à retrouver une vie plus facile », a estimé Elisabeth Borne.

    Amélioration progressive du traffic

    Cependant, le non-paiement des jours de grève, la lassitude commencent à avoir raison des mouvements. Les négociations à venir entre les partenaires sociaux, le débat parlementaire, prennent le relais de la contestation.

    Ainsi le trafic SNCF connaîtra une nouvelle légère amélioration ce mercredi 15 janvier, au 42e jour consécutif de grève contre la réforme des retraites, avec 80% des TGV et TER, ainsi que 75% des Transilien en circulation, a annoncé la direction ce mardi.

    La moitié des trains Intercités rouleront “en moyenne”, selon le groupe ferroviaire. Le trafic international sera “très peu perturbé”. En région parisienne, la continuité de la ligne du RER B sera “rétablie avec la RATP”, permettant “une traversée de Paris sans interruption”, souligne la SNCF. Côté TGV, le trafic sera “quasi normal au départ et à destination de Paris sur tous les axes”.