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  • Aux frontières européennes, l’état d’urgence devient la norme

    En théorie, les contrôles aux frontières devaient être temporaires. En pratique, ils sont permanents. Le déploiement de la police fédérale allemande à la frontière germano-autrichienne, démarré au plus fort de la crise des réfugiés en septembre 2015, a ainsi été prolongé à plusieurs reprises.

    Le 12 avril dernier, le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, de l’Union chrétienne-sociale (CSU), a prolongé les contrôles aux frontières de six mois supplémentaires, jusqu’en novembre. La demande de la Commission européenne demande au contraire de revenir le plus rapidement possible à un franchissement des frontières sans contrôle à l’intérieur de l’espace Schengen.

    Le commissaire européen chargé des migrations,  Dimitris Avramopoulos, a appelé mi avril à un retour à la normale dans l’espace Schengen. « Si Schengen cesse d’exister, l’Europe mourra », a déclaré le commissaire grec lors d’une conférence à Washington.

    Critique du parti libéral démocrate (FDP)

    La nouvelle prolongation des contrôles aux frontières suscite des critiques à Bruxelles, mais aussi en Allemagne.

    « Au lieu d’utiliser des politiques symboliques qui n’ont qu’un impact négatif sur l’économie de plusieurs milliards d’euros, et génèrent de longs embouteillages, Horst Seehofer devrait plutôt travailler à trouver une solution commune à la politique migratoire de l’UE », a insisté Phil Hackemann, qui se présente aux élections européennes sur la liste du FDP en Bavière.

    Horst Seehofer avait déjà justifié la nécessité d’étendre les contrôles aux frontières au journal allemand Bild am Sonntag en disant que le retour à une situation antérieure à 2015 n’était « pas encore justifiable pour des raisons liées à la politique migratoire et de sécurité ».

    Selon l’hebdomadaire Bild am Sonntag, en janvier et février 2019, près de 1 000 personnes se sont vues refuser l’entrée à la frontière germano-autrichienne en raison de tentatives de passage illégal. Les gardes-frontières ont également arrêté 82 passeurs au cours de cette période.

    L’Allemagne n’est pas le seul pays de l’espace Schengen qui continue à mettre en œuvre des contrôles aux frontières. Ceux-ci sont possibles selon la réglementation européenne s’il existe « une menace sérieuse pour l’ordre public ou la sécurité intérieure d’un État membre ».

    Outre l’Allemagne, la France, le Danemark, la Suède, la Norvège et l’Autriche utilisent actuellement la clause d’exception du code frontières Schengen.

    En France, les contrôles aux frontières sont principalement justifiés par la menace persistante du terrorisme, ce qui signifie que des contrôles sont effectués aux frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne. En outre, les cartes d’identité sont également contrôlées dans les aéroports et les ports.

    Contrôles aux frontières en France

    Dans son manifeste pour l’Europe publié en mars, le président français Emmanuel Macron avait proposé que l’adoption de politiques d’asile communes soit une condition préalable à une future adhésion à Schengen.

    Cette proposition tournée vers l’avenir s’adresse essentiellement au Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui continue de rejeter une politique migratoire européenne commune.

    Emmanuel Macron, dont le pays a été dévasté par les attentats terroristes de Paris de 2015 qui ont fait 130 morts, ne discutera pas de l’abandon des contrôles aux frontières de sitôt.

    Alors que les campagnes électorales de l’UE battent déjà leur plein en France, le Rassemblement national, parti d’extrême droite de Marine Le Pen, fait du manque de sécurité aux frontières extérieures de l’UE un sujet central, six semaines seulement avant les élections européennes.

    Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, exhorte la France à se retirer complètement de l’espace Schengen.

    Extension de Frontex seulement d’ici à 2027

    Pour justifier sa demande de suppression des contrôles aux frontières dans l’espace Schengen, la Commission continue de souligner la diminution considérable du nombre de réfugiés depuis 2016. Entre-temps, l’extension de la protection des frontières extérieures de l’UE progresse lentement.

    Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, avait initialement proposé de porter le nombre de gardes-frontières de l’UE à 10 000 d’ici à 2020. Ce qui aurait rendu superflus les contrôles internes actuels au sein de l’espace Schengen.

    Cependant, plusieurs Etats membres, dont l’Allemagne, se sont inquiétés d’une augmentation aussi rapide. En mars, il a donc été convenu à Bruxelles qu’un corps permanent de 10 000 gardes-frontières serait constitué d’ici à 2027.

    Un article publié sur le site de notre partenaire :

  • Reconstruction de Notre-Dame : mobilisons nous, Français de l’étranger

    Paris, la France, le monde, ont assisté avec effarement à la destruction de la toiture de Notre-Dame de Paris. L’essentiel semble sauvé, la nef, les tours, le trésor et la majorité des sculptures, mais la « forêt », cet ensemble unique au monde de charpentes dont certaines dataient de plus de 8 siècles, est perdue à jamais.

    La communauté internationale n’a pas tardé à réagir. Donald Trump et Barack Obama ont fait part de leur consternation, M. Obama rappelant son souvenir personnel lors d’une visite privée dans la Cathédrale avec sa famille. Theresa May a également, sur Twitter, fait part de son soutien au peuple de France, tout comme le porte-parole de Mme Merkel, la Chancelière ne disposant pas de compte personnel.

    Le Pape François invite la communauté internationale à aider à la reconstruction

    « Attendons que la douleur liée au grave incendie se transforme en espérance pour la reconstruction « 

    Le Pape est bien évidemment rapidement intervenu. Le Souverain Pontife, qui contrairement à la Chancelière allemande, est un ardent utilisateur de Twitter y a indiqué, en français, attendre que « la douleur liée au grave incendie se transforme en espérance pour la reconstruction ».

    De reconstruction il fut sujet dès lundi soir. Le Président de la République fut catégorique : « nous rebâtirons Notre-Dame ». Des appels aux dons ont été immédiatement lancés et plusieurs familles et grands groupes ont indiqués y contribuer. Les familles Pinault et Bettencourt-Meyers, les groupes LVMH et Total, sont parmi les premiers à avoir annoncé une contribution en centaines de millions d’euros.

    « Nous rebâtirons Notre-Dame « 

    La Fondation du Patrimoine, qui pourrait piloter l’ensemble du travail de reconstruction – les modalités finales sont encore en discussion entre la mairie de Paris, l’Etat et l’archevêché – a déjà reçu plusieurs millions d’euros, en quelques heures, sur sa  plateforme dédiée .

    Polémique en Belgique, solidarité dans le monde entier

    La communauté internationale n’a pas tardé à se mobiliser également. Avec des soutiens étonnants. La ville hongroise de Szeged, qui avait été soutenue par Paris au XIXème siècle après une inondation, a annoncé faire un don de 10 000 euros. La milliardaire brésilienne Lily Safra a également annoncé faire un don, tout comme l’association américaine « Friends of Notre Dame » et le milliardaire américain Henry Kravis, qui va verser 10 millions de dollars.

    « c’est des briques les copains, une charpente, ça se reconstruit »

    En Belgique, la jeune politicienne du parti cdH (démocrate-chrétienne) Opaline Meunier a indiqué sur Tweeter son sentiment : « c’est des briques les copains, une charpente, ça se reconstruit ». Elle a cependant retiré ce tweet polémique devant la vague d’indignation qui commençait…

    Les Français de l’étranger doivent être solidaires, mobilisons nous !

    Les Français de l’étranger ont évidemment suivi avec consternation de désastre pour le patrimoine national. Vitrine de la France dans le monde, emblème universel de l’œuvre de Victor Hugo, Notre-Dame est, pour beaucoup, la France.

    Lesfrancais.press et la French Radio s’associent naturellement à cette solidarité de nos compatriotes à travers le monde. N’hésitez pas à faire un don, même modeste, à la  Fondation du Patrimoine  .

    Notre-Dame, et Paris, le méritent bien !

     

  • Lycée Français de Madrid – Un jeune homme de 13 ans a tenté de se suicider

    Vendredi dernier, en pleine classe, un jeune homme de 13 ans a tenté de se suicider en essayant de sauter par la fenêtre. Il avait laissé  une chanson sur internet expliquant son mal-être.Le pire a été évité et l’élève de 4ème a été pris en charge à l’hôpital G. Marañon.

    Une enquête a été ouverte, mais il semblerait qu’il s’agisse de harcèlement scolaire. C’est le deuxième cas à Madrid en 15 jours.

    Le 1er avril, un étudiant espagnol a perdu la vie en se défenestrant depuis sa salle de classe. Défini comme une violence qui peut être physique ou psychologique, le harcèlement est une domination d’un ou plusieurs élèves envers un autre, de manière régulière et de plus en plus violente. Rapidement la personne harcelée est de plus en plus isolée.
    Le gouvernement a mis en place cette année différentes campagnes de sensibilisation « NON AU HARCÈLEMENT ».
    Les outils de communication sont disponibles en ligne et gratuitement pour que les établissements puissent les exploiter.
    La direction du LFM à t-elle travaillé sur cette campagne de
    prévention ? Si oui, suffisamment ? Le personnel a-t-il reçu une
    formation ? Pourquoi personne n’avait vu que l’enfant était mal et
    isolé ?
    Un certain nombre d’élèves et d’employés déplorent les relations tendues depuis quelques années avec la direction, plus particulièrement avec Madame le Proviseur qui sera au Lycée Hôtelier de Biarritz à partir de septembre.
    Comment lutter contre le harcèlement s´il n’existe pas de climat de confiance ?
    L’enquête en dira certainement plus …
    Eric Victorien
    Correspond lesfrancais.press à Madrid
  • Réforme des certificats de vie : réjouissance où inquiétude ?

     La Députée des Français de l’étranger Anne Genetet (Europe de l’Est, Russie, Asie et Océanie) se réjouissait récemment sur sa page Facebook  de l’évolution des mécanismes pour les retraites des Français de l’étranger et en particulier du certificat de vie.

    De quoi s’agit-il ? Les Français de l’étranger, les étrangers résidant à l’étranger mais qui ont cotisé en France et les personnes qui souhaitent que leur pension soit versée sur un compte à l’étranger, doivent, chaque année, et à chaque caisse auprès de laquelle ils ont cotisé, fournir un certificat prouvant qu’ils sont toujours en vie. A défaut de certificat, les versements sont suspendus.

    La fin des envois multiples et la fin du rôle joué par le Consulat

    La réforme, qui sera effective à partir de cet automne, apporte au moins une bonne nouvelle : ceux qui ont cotisé auprès de plusieurs caisses de retraite n’auront plus à envoyer à chaque caisse le certificat. Il est désormais mutualisé.

    Par ailleurs, le point essentiel est la dématérialisation et la fin du rôle du Consulat. Jusqu’à présent, c’était auprès de celui-ci qu’il fallait effectuer les démarches. Désormais, les retraités devront créer un compte sur le site info retraite , imprimer le certificat, le faire confirmer par une autorité locale, puis le scanner et le renvoyer dans l’espace dédié.

    Une dématérialisation qui inquiète certains élus consulaires

    Tous se félicitent de la mutualisation des formalités entre les caisses de retraite, une simplification indéniable. Certains élus s’inquiètent, et s’indignent, de cette réforme qui a été faite sans concertation avec eux.

    « Pourquoi enlever [cette prérogative NDLR] aux consulats pour ceux qui avaient l’habitude de s’y rendre et dont le principal avantage est l’apposition de signature avec effet immédiat, gratuite, sans préavis ni attente ?»

    La dématérialisation a un avantage indéniable. Elle simplifie les démarches pour ceux qui vivent loin du Consulat et n’aurons par conséquent plus besoin de faire le déplacement, et ce chaque année. Cependant, cela pose plusieurs questions. Elles sont notamment soulevées notamment par les élus consulaires de la droite et du centre de Genève. « Pourquoi enlever [cette prérogative par ailleurs NDLR] aux consulats pour ceux qui avaient l’habitude de s’y rendre et dont le principal avantage est l’apposition de signature avec effet immédiat, gratuite, sans préavis ni attente ?» s’interroge Mireille Guterriez, élue consulaire dans la cité de Calvin.

    Plusieurs interrogations en perspective

    La réforme pose également d’autres questions. Une personne nonagénaire pourra-t-elle facilement effectuer des démarches en ligne ? Elles ont parfois un lien avec le Consulat qui peut être rompu par cette réforme. Par ailleurs, la définition des « autorités locales » n’est pas entièrement claire. Il s’agit aussi indirectement de faire reposer la charge d’une action pour les Français hors de France à des autorités étrangères. La question est particulièrement importante dans les pays où la corruption est importante.

    La réforme apporte ainsi d’indéniables progrès tout comme elle soulève de nouvelles questions.

  • Notre Dame de Paris – Les Images du drame – Les réactions de la matinée

    Les premières photos et vidéos de l’intérieur de Notre-Dame de Paris juste après l’incendie ont été publiées.

    Les images provoquent choc et émoi dans le monde entier.

    L’intérieur de la cathédrale de Notre-Dame de Paris a pu être filmé et photographié, mardi 15 avril dans la nuit, alors que l’incendie n’était pas encore maîtrisé.

    Braises tombant depuis la nef, voûte entièrement brûlée, pompiers entrant au milieu des flammes… De nombreux Parisiens ont assisté à ce triste spectacle, impuissants.

     

    Les ouvriers du chantier entendus dans la nuit

    Le feu est parti des combles vers 18h50, puis s’est propagé extrêmement vite a une grande partie du toit. Les flammes ont dévoré la charpente, longue de plus de 100 mètres et baptisée… « la forêt »: « En raison du grand nombre de poutres qu’il a fallu utiliser pour la mettre en place, chaque poutre provenant d’un arbre ».

    Une enquête a été ouverte pour « destruction involontaire par incendie », a annoncé le parquet de Paris.La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier en cours sur le toit de la cathédrale « retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations », a précisé une source proche du dossier.

    Les ouvriers du chantier étaient entendus dans la nuit par les enquêteurs, selon le parquet.

    Plus de 400 pompiers ont lutté toute la nuit pour maîtriser le feu gigantesque qui a ravagé Notre-Dame de Paris dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 avril. L’incendie s’est déclaré lundi soir peu avant 19 heures, la flèche s’est effondrée une heure après.

    Le feu, dont l’origine reste encore inconnu, a pris dans les combles. D’importants travaux de restauration avait été engagés au niveau de la toiture. Surnommée « la forêt « , la charpente de Notre-Dame de Paris, l’une des plus anciennes de France, est partie en fumée. Mardi matin, c’est la sidération, en France, mais aussi dans le monde.

    11h05. Le football français mobilisé La présidente de la Ligue de football professionnel (LFP) Nathalie Boy de la Tour a promis mardi que le football français allait « se mobiliser pour pouvoir aider financièrement à la reconstruction » de la cathédrale Notre-Dame, ravagée la veille par un gigantesque incendie.

    ► 11h03. Les ministres se sont réunis à 11 heures pour préparer un plan de reconstruction de Notre-Dame, a annoncé Matignon. 

    11h00. LREM, RN, Debout la France… Plusieurs partis politiques ont choisi d’interrompre leur campagne pour les européennes après l’incendie de Notre-Dame de Paris. 

    10h14. La majorité présidentielle suspend sa campagne « jusqu’à nouvel ordre », a annoncé la tête de liste Nathalie Loiseau.  

    ► 09h32. Notre-Dame: la mairie de Paris débloque 50 millions d’euros, a annoncé Anne Hidalgo 

    ► 09h21 « Le pape est proche de la France » Le pape François est « proche de la France » et « prie pour les catholiques de France et pour la population parisienne », a écrit mardi sur Twitter le directeur de la salle de presse du Saint-Siège.

    ► 09h13. Les pompiers de Paris publient les images des interventions toujours en cours mardi matin

    ► 09h01. Franceinfo a réalisé un diaporama sur les Unes en France et dans le monde, consacré au drame qui a frappé Notre Dame de Paris

    ► 08h58. Les familles Arnault et Pinault annoncent 300 millions d’euros
    Les familles Arnault et Pinault, deux des plus grandes fortunes françaises, ont annoncé mardi le déblocage de « dons » dédiés à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame détruite par le feu, à hauteur de 200 et 100 millions d’euros respectivement. Mardi matin, le groupe LVMH, numéro un mondial du luxe, et la famille Arnault ont annoncé un « don » de 200 millions d’euros au fonds dédié à la reconstruction de Notre-Dame, après le gigantesque incendie qui a ravagé la cathédrale lundi.

    ► 08h25. Des doutes sur la résistance de la structure 
    Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur a affirmé mardi matin que le « péril du feu » était « écarté » à la cathédrale Notre-Dame de Paris. « Le péril du feu étant écarté, le sujet est bâtimentaire : savoir comment la structure va résister au très grave incendie de cette nuit », a déclaré Laurent Nuñez devant la presse peu avant 7H00 du matin.  « Il y aura donc à 8H00 une réunion avec des experts, des architectes du bâtiment de France pour essayer de déterminer si la structure est stable, et si les sapeurs-pompiers peuvent s’engager à l’intérieur pour continuer leur mission », a-t-il ajouté. « Le feu n’est pas totalement éteint, il y a un long refroidissement encore en cours, avec encore quelques foyers doux », a encore dit Laurent Nuñez.

    08h00. Mardi matin, le feu est maîtrisé mais il reste des foyers résiduels à éteindre. 

  • Notre Dame de Paris brûle

    « On est en train de perdre Notre-Dame! » Il est près de 20H00, la flèche de Notre-Dame s’effondre et un cri d’horreur s’élève de la foule massée lundi le long des quais de Seine qui assiste, pétrifiée, à la disparition d’une partie de la mythique cathédrale, engloutie par les flammes.

    « Quand je pense qu’on est passés devant il y a une heure. On a fait des photos, il y avait encore la tour », soupire Stéphane, touriste de 46 ans venu de Grenoble.

    Par la porte principale, dans la nef plongée dans l’ombre, des braises rougeoyantes tombent sur le sol. Le parvis est vide, bouclé par des camions de pompiers qui ont dressé une grande échelle devant la rosace.

    « C’est dramatique. On est en train de perdre Notre-Dame », raconte un jeune homme à son interlocuteur au téléphone. « On n’a pas des Canadair ? », lance un autre. « J’espère que c’est pas un attentat », lâche une dame, inquiète.

    Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, sur les bateaux-mouches, tout le long des quais de Seine, Parisiens et touristes du monde entier ont arrêté leur course, médusés par l’épais panache jaunâtre et les flammes qui grignotent à toute vitesse la toiture du mythique édifice. Les flammes progressent à vue d’oeil.

    « Notre-Dame est en feu ?! », interroge en anglais une touriste japonaise, comme pour se convaincre de ce qui se passe sous ses yeux. « Notre-Dame est un symbole dans le monde entier. C’est terrible », dit Jane, une Britannique originaire de Londres.

    Beaucoup filment ou font des photos avec leur téléphone, certains sont trop choqués pour le faire. D’autres s’étreignent ou essuient une larme.

    Certains se sont agenouillés et se sont mis à prier. Dans le ciel, des drones survolent le monument en feu.

    « La physionomie de Paris va changer, c’est terrible », dit Marie, retraitée parisienne qui vit à quelques rues de la Seine. « Paris ne sera plus vraiment pareille. La France, même, ne sera plus vraiment pareille », renchérit Jacques Soufflant, 64 ans.

    – « Je ne verrai jamais Notre-Dame » –

    Célien Palcy est tremblant. Cet étudiant en histoire de l’art à l’école du Louvre est venu dès qu’il a entendu la nouvelle.

    « Ca fait mal », glisse-t-il, des sanglots dans la voix. « On ne la récupèrera pas. Il n’y a plus grand-chose à faire », ajoute-t-il, sans décoller ses yeux des flammes qui progressent vers les deux célèbres tours.

    La flèche était l’objet de travaux de restauration. « Les feux d’échafaudage, c’est ce qu’on craint le plus dans ces cas-là. C’est un risque connu. Je pense que c’est là que ça s’est passé », explique le jeune homme de 25 ans.

    Les sirènes des camions de police et de pompiers résonnent de manière ininterrompue. L’île de la Cité a été évacuée et est bouclée par militaires et policiers. « A cause des retombées de cendres », explique laconiquement un policier.

    « On est passé, il y avait une fumée grise, l’odeur était bizarre. On nous a évacué au bout de la rue, puis au bout du pont. C’est incroyable », raconte Stéphane, le touriste Grenoblois.

    « On était en poste vers Châtelet, on a vu un peu de fumée au loin, on s’est dit que c’était de la poussière à cause des travaux », glisse un policier qui boucle le périmètre.

    « Je ne verrai jamais Notre-Dame », se désole William, touriste américain venu avec sa femme visiter la capitale française. « On devait la visiter demain. Quelle tristesse. C’est un emblème de la France, tout le monde connaît Notre-Dame, Quasimodo… La France a perdu un de ses joyaux, elle a perdu un peu de son histoire. Comment cela a-t-il pu arriver ? »

     

  • Game of Thrones : la saison ultime débarque simultanément dans le monde entier

    Vous êtes dans les starting-blocks en attendant la huitième saison de « Game of Thrones », mais vous ne savez plus où on en est ? Alors que HBO donnera dimanche soir le coup d’envoi de la dernière saison de sa série à succès, on vous fait un petit récapitulatif de l’intrigue là où on l’avait laissée il y a déjà 2 ans.

    Souvenez-vous, la septième saison a été marquée par la réunification des enfants Stark, qui se retrouvent enfin à Winterfell. Bran et Arya font leur retour dans la demeure familiale, mais ils ont bien changé. Si le premier est devenu la Corneille à Trois Yeux, la seconde a vengé ses proches massacrés lors des Noces Pourpres (elle finit même par trancher la gorge de Petyr Baelish, bon débarras).

    Quant à Jon Snow, parvenu à unifier toutes les familles du Nord et les Sauvageons pour faire face à l’armée des Marcheurs blancs, il fait enfin la connaissance de Daenerys Targaryen, installée dans  la citadelle de Peyredragon. Elle accepte qu’il extraie le verregradon qui s’y trouve (cette fameuse roche capable de tuer les Marcheurs blancs), à condition qu’il lui prête allégeance. SI Jon hésite, il finira par le faire lorsque Daenerys lui sauve la vie en envoyant ses dragons au-delà du Mur (où Jon est allé pour capturer un Marcheur blanc, vous suivez ?). Seul hic : l’un des dragons, Viseron, meurt durant le combat, avant de ressusciter grâce au Roi de la Nuit et passer ainsi dans le camp ennemi.

    Avec ses moyens démesurés, son audience planétaire – soit 16 millions de téléspectateurs en moyenne devant chaque épisode de la saison 7 – et ses partis pris narratifs radicaux (le plus notable d’entre eux étant de ne mettre aucun personnage, même majeur, à l’abri de la mort), GoT marque l’avènement d’une révolution industrielle pour les séries.

    « GoT a traversé les années 2010, une décennie pendant laquelle les séries sont parvenues à l’âge adulte et ont pris le pouvoir grâce au streaming, explique Olivier Joyard aux journalistes du Figaro.

    C’est une œuvre totale, qui a fini par s’émanciper des livres de George Martin et entrer en concurrence avec le cinéma, la littérature, voire le gaming. Elle est la preuve qu’on peut produire des blockbusters avec des choix radicaux, c’est assez remarquable. » « Elle a déculpabilisé les producteurs de séries sur la possibilité d’aller sur de gros budgets, et a ouvert la porte au spectaculaire », confirme Guillaume Jouhet, directeur général d’OCS à nos confrères du Monde.

    L’hiver arrive, certes, mais pour certains, l’horizon se débouche.

     

  • Certificat de nationalité française : embouteillage au sein de l’administration ?

    En janvier 2010, la journaliste Anne Sinclair, née à New-York de parents français en 1948 et en France depuis 1951, s’insurgeait contre la complexité des démarches à faire pour pouvoir renouveler sa carte d’identité. «La nationalité française n’est plus une évidence pour qui l’a toujours eue» indiquait elle alors.

    La nationalité française n’est plus une évidence pour qui l’a toujours eue

    La raison, la nécessité pour les Français nés hors de France, où en France de parents étrangers, de prouver leur citoyenneté. Cela se fait via le Certificat de nationalité française (CNF), un document officiel de l’administration. La question est toujours problématique selon le Sénateur des Français de l’étranger Ronan Le Gleut (LR). Il a interpellé le gouvernement sur des délais toujours plus longs pour les Français nés hors de France.

    Une procédure administrative complexe, qui peut faire l’objet de recours

    La demande du CNF, gratuite, doit être faite dans différents endroits selon le lieu de résidence. Les Français résidant en France peuvent consulter le  tribunal compétent  .

    Ceux qui résident à Paris doivent s’adresser au pôle de la nationalité française par email ou courriel ou courrier ([email protected] , 01 44 32 51 51, Pôle de la nationalité française de Paris – Parvis du Tribunal de Paris – 75859 Paris cedex 17).

    Les Français de l’étranger, eux, doivent soit s’adresser au tribunal compétent si ils sont nés en France, soit, si ils sont nés à l’étranger comme Mme Sinclair, s’adresser au Service de la nationalité des français établis hors de France (Parvis du Tribunal de Paris – 75 859 – Paris cedex 17, 01 44 32 51 51, [email protected] ).

    Les pièces à fournir sont variées : justificatif de domicile, acte de naissance avec filiation de parents français, acte de naissance des parents … La procédure est lourde. En cas de rejet de la demande, un recours auprès du bureau de la nationalité est possible

    30000 demandes, en hause de 25% en deux ans, et des délais allongés

    L’interpellation du Sénateur Le Gleut portait sur le délai moyen. Celui-ci est de 3 ans, pour obtenir le CNF pour les Français nés hors de France. Le délai était de 18 mois en 2007. Ce rallongement s’explique en partie par le nombre de demandes, 30,000, et par la hausse de celles-ci, de 25% en deux ans.

    Un délai inadmissible

    « Un délai inadmissible » selon le Sénateur Le Gleut. Le Gouvernement admet la hausse des demandes et les complications que cela génère sur l’administration. Les solutions proposées : une préanalyse des dossiers, une priorisation  des dossiers comportant les pièces nécessaires, et une réorganisation des services avec de nouveaux effectifs.

    Reste à voir si ces réponses seront concrétisées et si les délais pour obtenir l’indispensable CNF seront raccourcis.

    La rédaction

    Information complémentaire : 

    L’intervention du sénateur Ronan Le Gleut au Sénat

     

  • Feu vert aux négociations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis, malgré l’opposition française

    L’Europe devrait reprendre les négociations commerciales avec les États-Unis après l’accord des ambassadeurs à un mandat de la Commission européenne pour mener les pourparlers au nom des 28 États membres.

    Les négociations avec Washington devraient commencer malgré l’opposition de la France, qui s’inquiète de l’intention des Américains de se retirer de l’accord de Paris sur le changement climatique, selon des sources de l’Élysée.

    Les États membres devaient donc trouver une nouvelle formulation pour refléter les inquiétudes françaises, selon des sources européennes. Paris craint notamment que les négociations deviennent une porte d’entrée pour relancer le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) et que le nouvel accord affaiblisse les normes environnementales de l’UE.

    La France a reconnu les progrès réalisés, mais estimé que le texte n’était pas encore suffisant dans la défense des priorités climatiques. Cependant, lors de la réunion des ambassadeurs, personne ne s’est opposé à l’approbation du mandat.

    Le 15 avril, le Conseil des ministres devra aussi donner son accord, mais il n’abordera le sujet que d’un point de vue procédural et l’approuvera donc sans discussion puisque seule une majorité qualifiée est nécessaire.

    Le mandat permettra aux États-Unis et à l’UE de travailler à l’élimination des droits de douane pour les biens industriels ainsi que sur une évaluation de conformité afin d’établir des normes pour les produits vendus sur le marché européen. Le futur accord s’ajoutera à l’accord que la Commission prévoit de négocier pour supprimer les barrières non-tarifaires.

    Inquiétudes françaises

    Le président français, Emmanuel Macron s’inquiète de la position américaine sur le changement climatique, suite à l’annonce du président Trump de se retirer de l’accord de Paris en 2017. Il critique également le manque d’accès pour les entreprises européennes au marché public américain.

    « Je ne suis pas favorables à de nouveaux accords commerciaux, quelle qu’en soit la forme, avec qui que ce soit, si on le fait avec des partenaires qui n’ont pas les mêmes exigences climatiques que nous, car cela signifierait une concurrence déloyale pour nos entreprises et nos agriculteurs », a déclaré le président français.

    « Nous ne pouvons pas avancer sur ce sujet sans garanties, j’ai toujours été clair là-dessus », a-t-il insisté après le Conseil européen de mars.

    Selon des sources de l’Élysée, Paris a l’intention de poursuivre sa bataille au sein du Parlement européen après les élections de mai, pour s’assurer qu’aucun accord commercial non conforme aux principes de l’accord de Paris n’est signé.

    Accord opportun

    L’accord survient pourtant à un moment opportun puisque Donald Trump menace d’imposer des contre-mesures sur les produits européens, notamment sur le fromage et le vin, puisque les États-Unis accusent l’UE de verser des subventions illégales à Airbus.

    Les tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE ont commencé il y a des mois de cela lorsque Donald Trump a imposé des mesures restrictives sur les exportations européennes d’acier et l’aluminium et a menacé de s’en prendre à l’industrie automobile.

    En juillet dernier, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker s’est rendu à Washington pour tenter d’apaiser les tensions entre les deux partenaires. Ils s’étaient alors engagés dans une déclaration commune à ouvrir les négociations sur le commerce de biens industriels.

    Le gouvernement américain a blâmé l’UE pour son manque de progrès ces derniers mois. Mais la France n’est pas le seul acteur européen à se montrer préoccupé par une coopération commerciale avec les États-Unis.

    Le Parlement européen s’est aussi opposé à une ouverture des négociations commerciales, puisque les eurodéputés ont rejeté en mars une résolution soutenant le début des négociations avec l’administration Trump.

    La résolution n’étant pas juridiquement contraignante, le Parlement européen pourrait en fin de compte devoir voter sur un accord entre les États-Unis et l’UE. Si le Conseil des ministres confirme l’accord, la Commission pourra entamer les négociations avec Washington.

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