Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • La France toujours championne de la pression fiscale.

    Gerald Darmanin a beau répéter que les impôts baissent, les Français ne le croient pas. D’un coté, ils ont tort. Les recettes fiscales cette année, comptée en septembre, sont en baisse de quelques milliards. De l’autre, ils ont raison. Cette comptabilité est en partie faussée par le prélèvement à la source. Le taux de prélèvements, en 2018, est resté stable, selon l’OCDE, par rapport à 2017, à 46%. Ce qui signifie, comme le PIB a augmenté que la pression fiscale n’a pas baissé et que les recettes ont augmenté. Le Ministre des Comptes Publics peut toujours dire qu’il parle de 2019, avec la suppression de la taxe d’habitation. En 2018, pourtant déjà, le gouvernement avait annoncé des baisses d’impôts : (ISF, Taxe d’habitation, CICE). Aussitôt compensées par des hausses (CGS, taxes écologiques). Ce qui explique que les baisses d’impôts n’ont pas eu d’effet.  Et que les Français doutent.

    La France a donc conservé sa première place parmi les plus riches de la planète, ceux de l’OCDE. Et du monde, car ce sont les pays dits « capitalistes »  qui sont aussi  les plus fiscalisés, (comme quoi les vieux schémas ne veulent pas dire grand-chose).

    Le taux de prélèvements de 46% est bien le record mondial, devant le Danemark (44.9) et la Belgique (44.8). La « Bonne » place de cette dernière montre par ailleurs que les Français expatriés en Belgique ne le sont pas vraiment pour des raisons fiscales… On pourrait leur conseiller d’autres paradis.

    La France a toujours été à la pointe de la l’impôt, et détenait déjà la première place dans les années soixante. Mais à l’époque, le taux de prélèvements avoisinait les 35%. Aujourd’hui, un rêve inatteignable, qui correspond à la simple moyenne de l’OCDE.

    La France perdit sa première place quand elle fut dépassée par les pays scandinaves qui érigèrent la social-démocratie en modèle nordique, avant d’en revenir. La France a donc repris la tête du classement dés les années 2010. Par rapport aux autres pays, la structure des prélèvements montre que c’est moins l’impôt que les charges sociales qui sont importantes en France.

    L’ambition du gouvernement, selon Gérald Darmanin, serait de diminuer le taux des prélèvements obligatoires de 1.5% de PIB, pour revenir à 45%[1]. Ce qui serait à la fois un effort inédit et un léger replacement, puisque cela nous laisserait malgré tout à la première place…

    D’autre pays ont pourtant réussi à baisser leur pression fiscale : Allemagne, Canada, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas, etc… En fait, la grande majorité des pays de l’OCDE. Récemment, les Etats-Unis de Trump ont baissé les prélèvements obligatoires de 2.5%, en deux ans, alors qu’ils sont déjà très bas. Ce qui n’est pas étranger à la formidable croissance de l’économie américaine, qui connait la plus longue période d’expansion de son histoire. Mais se paie un déficit colossal.

    Le gouvernement annonce pour arriver à cette baisse de 1.5% une baisse de l’impôt sur le revenu et une baisse de l’impôt sur les sociétés, moindre pourtant de ce qui était prévu.

    Quand on regarde la structure des impôts, on remarque que la France  se caractérise par une relative faiblesse de l’impôt sur les bénéfices et sur les revenus, dépassés par les prélèvements sociaux. Le Danemark, lui, a étatisé les recettes sociales. En revanche on constate la « modération de la tva » et l’importance du la taxation de la propriété. Seul le Royaume-Uni taxe la propriété plus que la France, ce qui perturbe encore un peu plus les idées reçues sur libéralisme, capitalisme et taxation.

    Le ras-le-bol fiscal ressenti par les Français est donc bien justifié par les chiffres et les comparaisons internationales. Compte tenu du montant des dépenses publiques, de l’ampleur des déficits, on voit difficilement Gerald Darmanin gagner son pari. Cette année, il a été servi par la baisse des taux d’intérêts. L’an prochain, ce pourrait être différent.

    La seule façon pour Darmanin d’être entendu, ce serait que les impôts baissent … vraiment. Mais peut-être cherche-t-il à se faire entendre du Président plus que des Français ?

    [1]Mesure INSEE, un peu différente de celle de l’OCDE.

     

  • Quinze espions russes ont agi en Europe avec la France comme base arrière

    Quinze espions russes ont utilisé les Alpes françaises comme base arrière pour des opérations dans toute l’Europe, affirme le journal Le Monde, évoquant une traque orchestrée par les services de contre-espionnage français, suisses et britanniques.

    Selon le quotidien, les quinze officiers du renseignement militaire russe (GRU), spécialisés dans les assassinats, ont circulé sur le continent à partir de 2014. Leur dernier passage en France daterait de septembre 2018.

    L’un des 15 agents aurait ainsi été identifié par Londres comme un des trois auteurs de l’empoisonnement au neurotoxique Novitchok en mars 2018 d’un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille Ioulia, à Salisbury en Angleterre.

    Les deux avaient survécu mais une habitante de la région était morte après avoir trouvé un flacon qui avait sans doute servi à transporter le produit toxique. L’opération avait provoqué un incident diplomatique majeur entre Moscou et l’Union européenne, et poussé les services occidentaux à traquer les responsables.

    Les révélations du Monde interviennent aussi alors que Berlin accuse Moscou d’être derrière l’assassinat en août d’un Géorgien à Berlin. Deux membres de l’ambassade russe, auquel le gouvernement allemand reproche de ne pas « coopérer » à l’enquête, vont devoir immédiatement quitter le pays.

    Selon Le Monde, les quinze officiers, qui n’auraient pas effectué d’opérations sur le sol français, ont séjourné à plusieurs reprises dans des petites villes comme Annemasse, Chamonix ou Evian (sud-est de la France).

    Ils appartiennent à l’unité 29155 du 161e centre de formation spéciale du GRU. « Cette unité se livre désormais à l’assassinat, au sabotage ou à des tâches plus obscures comme la relève des boîtes aux lettres mortes » par lesquelles les agents communiquent entre eux, explique le journal.

    Aucune arme ni matériel n’ont été saisis. Aucun complice local n’a été non plus identifié. Les quinze officiers n’ont semble-t-il pris aucun contact avec les agents de l’ambassade de Russie à Paris.

    Ils auraient opéré en revanche, outre en Grande-Bretagne, en Bulgarie, en Crimée, en Moldavie ou encore au Monténégro.

    De quoi orienter les services français vers l’hypothèse selon laquelle le département de Haute-Savoie, frontalier de la Suisse et de l’Italie, aurait été utilisé comme « base arrière pour l’ensemble des opérations clandestines de l’unité 29155 en Europe », selon les mots d’un haut responsable du renseignement français, cité par Le Monde.

  • Les grèves massives mettent Macron à rude épreuve

    Entre 800 000 et 1,5 million de manifestants contre la réforme des retraites. Emmanuel Macron est confronté à un épisode clé de son mandat de cinq ans, alors qu’il doit surmonter la plus grande vague d’actions syndicales de sa présidence qui a déjà gravement perturbé les écoles et les transports.

    La grève qui a débuté jeudi (5 décembre) a rassemblé quelque 800 000 personnes issues d’un large éventail de professions, contre le projet de réformes des retraites proposé par M. Macron. Ce dernier souhaite introduire un mode de calcul par points qui augmenterait l’âge de la retraite pour des millions de personnes.

    44 % de salariés étaient en grève chez EDF, 80 % à la RATP, 55 % à la SNCF ; un instituteur et professeur sur deux n’a pas assuré les cours à l’Education nationale. Une partie des avions a aussi du rester cloué au sol, faute de contrôleurs aériens.

    « Cela durera aussi longtemps qu’il le faudra, il y aura un gagnant et un perdant », a déclaré le représentant de la CGT des cheminots de la Gare de Lyon pour la SNCF, chez LCI.

    Après avoir abandonné des milliards, l’année dernière, pour calmer la révolte des Gilets jaunes, le leadership du président français Emmanuel Macron est mis à l’épreuve. De plus, le gouvernement ne peut pas simplement faire marche arrière sans affaiblir sa base politique, et ce, alors que les élections municipales se profilent au printemps prochain.

    La mobilisation se poursuit vendredi 6 décembre, alors qu’Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé sur l’ampleur du mouvement social.

  • Démonstration de force des syndicats ce 5 décembre – Carte des manifestation

    Démonstration de force des syndicats ce 5 décembre – Carte des manifestation

    Au moins 25 000 personnes à Marseille, 33 000 à Toulouse, 20 000 personnes à Bordeaux, 12 500 à Grenoble… Des centaines de manifestations ont rassemblé près de 510 000 personnes partout en France, jeudi 5 décembre, pour dénoncer la réforme des retraites. « Le Monde » vous propose un décompte non exhaustif.

    Au-delà des villes les plus importantes, dans des agglomérations plus modestes, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées : 8 000 à Angers, 6 000 à Châteauroux, plus de 5 000 à Périgueux ou à Béziers, 3 000 à Saint-Denis de la Réunion… « Cela fait des années qu’on n’a pas vu autant de monde, peut-être depuis mars 2005 pour la défense des services publics », s’est réjoui un syndicaliste à Guéret auprès de l’AFP, où la police a dénombré 2 000 manifestants dans une ville de 13 000 habitants.

    Retrouvez ci-dessous les chiffres de la mobilisation annoncés par la police,  les syndicats et la presse nationale dans les différentes villes de France :

    .

    Source AFP

  • La grève du 5 décembre aussi dans les lycées français de l’étranger

    La grève de ce 5 décembre a paralysé la France. Elle risque dans de nombreux secteurs de se prolonger les prochains jours.

    Les Français de l’étranger ont aussi subit ses conséquences, ceux qui prévoyaient de rentrer dans l’Hexagone tout d’abord, mais aussi ceux dont les enfants sont scolarisés dans les lycées français à travers le monde. Ainsi par exemple, de nombreux professeurs étaient ce jour en grève dans les lycées de Madrid, Londres, Munich, Bruxelles. Dans tous les cas, les lycées demeuraient ouverts. L’incertitude concernant les prochains jours demeurent cependant. « C’est au jour le jour que nous aurons les informations » nous informe le secrétariat du Lycée Charles De Gaulle à Londres.

    Très importante mobilisation au Maroc, pas de grève à Hong-Kong

    Pas de grève annoncée au Lycée de Hong-Kong

    La mobilisation fut très forte dans l’important réseau au Maroc. Ainsi, sur le pôle Rabat Kenitra, l’école Cézanne compta par exemple 20 classes fermées sur 25. A l’inverse, le mouvement ne fut pas suivi au lycée français d’Hong-Kong.

    A la Haye, 10 classes étaient fermées et environ 5 professeurs manquaient à l’appel dans le lycée d’Amsterdam.

    Le syndicat SNES, très mobilisé notamment au sein du corps enseignant à l’étranger, craint « une privatisation à marche forcée qui conduira à terme à la destruction du réseau de l’Agence : fermetures de postes de fonctionnaires, multiplication des écoles partenaires, formation au rabais pour les personnels non-titulaires ». Il a appelé à la mobilisation dans l’ensemble du réseau.

    Le Lycée français de Marrakesh

    Le syndicat SNUipp annonce, à mi-journée et pour le primaire, une participation record : 100% de grévistes à Rome, Porto, Jakarta, Belgrade, Rio, Alicante, Tananarive. Des participations aussi très fortes à Oslo, Ouagadougou, Hambourg, Pondichéry, ….

    Quid des prochains jours

    Une des questions qui interpelle est la suite de la mobilisation. Si la grande majorité des lycées étaient en capacité d’accueillir malgré tout les élèves, il n’y a pas de vrai visibilité concernant les prochains jours.

    Une autre question est celle des revendications spécifiques du personnel des lycées français hors de France. L’ambition présidentielle est de doubler le nombre d’élèves dans le réseau d’ici 2030. Mais les moyens suivront-ils ? Les parents que nous avons contactés sont eux, pour le moment, relativement patients.

  • Canada : Destination expatriation

    Canada : Destination expatriation

    Emploi, formation, voyages… C’est la destinations favorite pour s’évader le temps des vacances ou bien repartir de zéro. Surtout quand les indicateurs économiques sont au beau fixe.

    A chacun son rêve américain pour les francophones il est canadien…

    Qu’il s’agisse de participer à l’expansion canadienne d’une entreprise française, de monter son propre business, de passer un diplôme dans une université aussi prestigieuse qu’agréable ou plus simplement de s’y balader, le Canada est depuis longtemps considéré comme une terre promise pour les Français désireux de repartir de zéro ou de s’évader le temps d’un séjour. Le pays à la feuille d’érable est d’ailleurs leur deuxième destination long-courrier préférée après les Etats-Unis, selon le syndicat Les Entreprises du voyage. Randonnées dans le parc national de Banff, chasse aux aurores boréales dans le Yukon, rafting sur la rivière Rouge, surf sur les plages de Tofino, motoneige sur les bords du Saint-Laurent… Eté comme hiver, le Canada est un paradis pour les amateurs de grands espaces et de sports pas forcément extrêmes !

    Nous avons créé 1 million de nouveaux emplois – Justin Trudeau 

    « Explorez une partie du Canada et vous découvrirez une part de vous-même », peut-on lire sur les sachets de sucre en poudre offerts avec le café dans certains restaurants. Cette attirance pour le pays du rappeur Drake, du réalisateur Xavier Dolan et de la cultissime Céline Dion n’est pas récente. Elle remonte au début des années 1960, avec le célèbre « Vive le Québec libre » prononcé par le général de Gaulle le 24 juillet 1967 à Montréal, qui n’a fait que renforcer les relations entre la Belle Province et la France.

    Au-delà des liens culturels et politiques, la bonne santé économique du Canada constitue aujourd’hui un aimant puissant pour les Français.  Consommation, investissements et surtout emploi – avec un taux de chômage de 5,6 % – tous les indicateurs sont au vert. « Nous avons créé 1 million de nouveaux emplois (depuis 2015), notre plan pour faire croître l’économie et investir dans la classe moyenne fonctionne », s’est empressé de tweeter le Premier ministre Justin Trudeau

    Pénurie de main-d’oeuvre

    Avec des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, les trois provinces les plus dynamiques – Colombie- Britannique, Ontario, Québec – sont au plein-emploi. Dans certaines villes comme Québec, ce chiffre est même tombé à 3,7 %, un record national. Des entrepôts du port industriel sur les rives du fleuve Saint-Laurent aux vitrines du centre commercial géant de Sainte-Foy en passant par les restaurants de la vieille ville, les employeurs souffrent d’un mal inconnu en France : la pénurie de main-d’oeuvre, dans tous les secteurs.

  • Téléthon : un élan de solidarité au delà des frontières.. un engagement des Français de l’Etranger

    Téléthon : un élan de solidarité au delà des frontières.. un engagement des Français de l’Etranger

    Organisé par 200 000 bénévoles, le Téléthon réunit chaque année des millions de personnes autour du combat et du projet incarnés par l’AFM-Téléthon, association de parents et de malades qui mène un combat contre les maladies génétiques, rares et lourdement invalidantes. Depuis 2013 les Français de l’étranger sous l’égide du ministère des Affaires étrangères participent pleinement à cette opération de solidarité emblématique de la période des fête de fin d’année. Une collaboration qui fait partie des actions soutenues par les associations comme l’UFE, l’ADFE mais aussi les acteurs de l’éducation comme l’AEFE ou  la Mission laïque française. Des média comme Trait d’Union et la French Radio s’associent en Asie aux différents évènements.

    En 2018, le Téléthon des Français de l’étranger, c’était : 26 pays, 115 manifestations, une collecte de plus de 100 000€. En 2019, il se fixe un nouvel objectif : 50 pays, 200 manifestations, 150 000€ de collecte !

    Des manifestations simples et ouvertes à tous

    Concours de selfie en Australie, défi sportif aux USA, marché solidaire en Allemagne, Karaoké à Hong-Kong, etc., les idées fusent. Cette année c’est le thème de la hauteur ! Ceka vous plaît ? Organisez une animation perchée : rassemblez-vous au sommet d’une colline, gravissez un mur d’escalade, organisez une pyramide humaine ou une course verticale, faites une montagne de crêpes ou une pièce-montée… Laissez libre cours à votre imagination et créer une page de collecte associée à votre animation. Cela vous permettra par exemple d’y présenter votre  événement, votre organisation, et vos motivations personnelles.

    Autre solution, si vous souhaitez faire un don sans créer de page de collecte, n’hésitez pas à vous rendre sur l’une des pages , en choisissant celle associée à une animation qui se déroule dans votre zone géographique ou en effectuant un don sur la page de collecte générale du Téléthon des français de l’étranger.

  • Les ministres de l’UE remettent la réforme de la zone euro sur le métier

    Les ministres de l’UE remettent la réforme de la zone euro sur le métier

    La nouvelle donne politique à Rome et à Berlin fait planer l’incertitude sur la réforme en cours de la zone euro.

    Après des années de négociations, l’Eurogroupe se rapproche de la finalisation de certains des chapitres les plus importants de la réforme de l’Union économique et monétaire. Mais à la suite des récents bouleversements politiques en Allemagne et en Italie, la discussion de ce mercredi 4 décembre s’annonce « très politique », selon une source diplomatique.

    Il y a un an, les ministres des Finances de l’UE sont parvenus à un accord sur la réforme du mécanisme européen de stabilité (MES), incluant la création d’un filet de sécurité pour le Fonds de résolution unique, la réserve de sauvetage du bloc destinée aux banques en difficulté financière et estimée à environ 55 milliards d’euros.

    En juin, l’Eurogroupe a finalisé la réforme du MES, ne laissant en suspens que quelques éléments mineurs de droit secondaire. Les ministres entendent conclure l’accord lors de la réunion de ce mercredi 4 décembre, sans rencontrer de difficulté majeure et juste à temps pour que le Conseil européen puisse approuver le projet la semaine prochaine.

    Cependant, l’opposition italienne a lancé une croisade contre la réforme. Et celle-ci pourrait mettre fin à des années de travail technique et politique acharné. Le débat est si vif à Rome que les députés se sont battus la semaine dernière au parlement à ce sujet.

    La partie controversée de la réforme vise à simplifier les règles de restructuration de la dette souveraine. Or, la Lega estime que cela pourrait affaiblir la position de l’Italie sur les marchés obligataires.

    Le MES stipule en réalité que « la participation se ferait sur une base volontaire, informelle, non contraignante, temporaire et confidentielle ».

    L’une des questions en suspens est de savoir si ce règlement fera partie du traité sur le mécanisme européen de stabilité lui-même, ou s’il constituera une annexe. Cette deuxième option, qui pourrait contribuer à faciliter le débat en Italie, ne semble pas poser de problème aux autres États membres.

    La réforme du mécanisme européen de stabilité renforce également le rôle de l’institution dans le renflouement des programmes d’aide financière. Ce qui a également suscité une salve de critiques en Italie, y compris de la part du Mouvement Cinq étoiles, le parti au pouvoir.

    « Il fait preuve d’opportunisme », a déclaré une source diplomatique de l’UE au sujet de la position adoptée par Matteo Salvini, le dirigeant de la Lega, sur cette question. « Le traité ne menace en rien l’Italie, il s’en sert pour affaiblir la coalition au pouvoir », a-t-elle ajouté.

    Selon des sources diplomatiques, l’Italie n’a pas menacé d’opposer son veto à l’accord lors des réunions préparatoires, mais Rome a peut-être l’intention de sortir du bois lors du sommet de l’Euro.

    Des sources de l’UE ont admis avoir conscience du débat qui agite l’Italie, mais soulignent la nécessité de finaliser la refonte du MES avant le Conseil européen.

    Si elle est approuvée et confirmée, la réforme du traité sur le MES sera soumise à la procédure de ratification, qui implique d’obtenir l’approbation des parlements nationaux des 19 membres de la zone euro. Toutefois, les troubles en Italie pourraient engendrer de nouveaux retards.

    En attendant EDIS

    L’Allemagne se trouve également dans l’œil du cyclone. L’élection de Norbert Walter-Borjans et de Saskia Esken à la tête du SPD, connus pour leurs critiques acerbes à l’égard de la « grande coalition », pourrait compromettre les chances de conclure un accord. Olaf Scholz, qui était lui aussi candidat à la direction, a été le principal instigateur de la décision de l’Allemagne d’aller de l’avant et d’envisager un partage accru des risques afin de parachever l’Union bancaire.

    En particulier, l’ouverture récente dont Olaf Scholz a fait preuve pour discuter du système européen de garantie des dépôts (EDIS), un élément clé pour finaliser l’Union bancaire, a donné une impulsion au dossier.

    L’Eurogroupe doit donner son feu vert pour passer des discussions techniques à la négociation politique sur la taille et la structure de l’EDIS.

    « Je suis toujours optimiste », a déclaré une source de l’UE avant la réunion, tout en admettant qu’il était « très difficile de dire » dans quelle mesure les derniers développements politiques en Allemagne allaient affecter le débat.

    Les ministres des Finances de l’UE doivent également approuver l’instrument budgétaire pour la convergence et la compétitivité, une version édulcorée de ce qui devait à l’origine être un projet de budget de la zone euro.

    Toutefois, si l’un des autres dossiers devait se heurter à des difficultés, l’ensemble du paquet pourrait en être affecté retardant encore la conclusion d’un accord sur une réforme indispensable de l’Union économique et monétaire, alors même que l’horizon s’assombrit en raison du ralentissement de l’économie mondiale.

  • Greve contre la réforme des régimes de retraite en France

    Greve contre la réforme des régimes de retraite en France

    À écouter l’exécutif, les Français devraient être convaincus du bien-fondé de la réforme des retraites s’ils faisaient l’effort de la comprendre. Car pour Emmanuel Macron, son Premier ministre Édouard Philippe et les membres du gouvernement, celle-ci vise à rendre « plus lisible, plus juste et plus simple » le système actuel.

    « Un euro cotisé donnera les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé », entend-on depuis des mois pour vanter les mérites de ce futur système universel et à points.

    Le principe fondamental est de remplacer les 42 régimes de retraites actuels, où les pensions sont calculées en fonction du nombre de trimestres cotisés, par un système unique, où chacun accumulera des points tout au long de sa carrière et pour chaque heure travaillée. Par conséquent, la réforme mettra fin, en ce qui concerne le salaire de référence, à la règle des 25 meilleures années pour les salariés du privé et des six derniers mois pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux. À partir de l’entrée en vigueur de la réforme en 2025, c’est l’ensemble de la vie professionnelle qui sera pris en compte. Une façon de favoriser les carrières courtes, accidentées et peu ascendantes, soutient le gouvernement.

    Pour convaincre, les services de communication du haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, qui a publié ses préconisations en juillet dernier, mettent régulièrement en avant des cas concrets. Celui des femmes est particulièrement exploité : leur retraite moyenne est actuellement inférieure de 42 % à celle des hommes et 70 % des personnes qui perçoivent le minimum retraite sont des femmes, souligne ainsi les tweets du haut-commissaire.

    Pour autant, avec 245 rassemblements et manifestations déclarés dans l’Hexagone, de très nombreux Français feront grève, jeudi 5 décembre, contre la réforme des retraites. L’initiative d’une grève reconductible est venue de syndicats de la RATP. La SNCF, Air France, EDF, les poids lourds, les avocats, les enseignants, les crèches ont suivi le mouvement, qui a pris de l’ampleur au fil des semaines, s’étendant aux Gilets jaunes, mais aussi au Parti socialiste, au Parti communiste, à La France insoumise et au Rassemblement national.

    Peu habituées à battre le pavé, le syndicat des cadres, la CFE-CGC, va également manifester, la CFTC a laissé ses syndicats « libres » de rallier le mouvement, des fédérations Unsa se rassembleront devant Bercy et la CFDT-Cheminots, à contre-courant de sa centrale, appelle à une grève illimitée.

    « Il va y avoir un très grand nombre de perdants »

    La raison ? « Il va y avoir un très grand nombre de perdants » avec cette réforme des retraites, affirme l’économiste Daniel Cohen, pour qui système « universel » ne signifie pas forcément système « juste ».

    De fait, les perdants ne seront pas que du côté des bénéficiaires des régimes spéciaux. Tous les Français devront « progressivement travailler plus longtemps » pour « remettre le système actuel à l’équilibre » avant l’entrée en vigueur du nouveau régime en 2025, a ainsi répété Édouard Philippe, le 27 novembre. L’âge légal de départ restera ensuite fixé à 62 ans, mais deux options sont sur la table : allonger la durée de cotisation ou créer un âge pivot pour une retraite à taux plein, avec par exemple une décote avant 64 ans et une surcote après cet âge. Par conséquent, quelle que soit l’option choisie, les Français seront contraints de travailler quelques années de plus.

    Tous les syndicats sont opposés à un allongement de la durée de travail, y compris la CFDT, seul soutien de poids à un régime universel par points, d’autant plus que la durée de cotisation pour une pension à taux plein doit déjà passer de 41,5 ans aujourd’hui à 43 ans en 2035.

    Le gouvernement justifie cette décision en soulignant que l’espérance de vie ne cesse de s’allonger. Mais c’est oublier qu’il existe des écarts d’espérance de vie en fonction des catégories sociales, font valoir les opposants à la réforme, comme l’économiste Thomas Piketty (voir la vidéo ci-dessous). Les cadres vivent en effet plus longtemps, mais aussi en meilleure santé que les ouvriers : leur espérance de vie à 35 ans sans problèmes sensoriels et physiques est de 34 ans, contre 24 ans seulement pour les ouvriers, selon les chiffres de l’Insee.

    La crainte d’une baisse du niveau des pensions

    La seconde inquiétude majeure concerne le niveau des pensions. Sur ce sujet, l’exécutif assure que la réforme fera des gagnants et communique là encore avec plusieurs exemples concrets sur les réseaux sociaux. « Aujourd’hui, le minimum de retraite est de 900 euros pour les agriculteurs et 973 euros pour les salariés du privé », note par exemple un tweet du haut-commissaire aux retraites. Avec la réforme des retraites, ce minimum sera « augmenté à 1 000 euros pour tous, avec carrière complète. »

    S’ils ne contestent pas que le futur régime fera inévitablement des gagnants, les opposants au projet estiment que les perdants seront majoritaires. Selon eux, les pensions seront mathématiquement moins élevées avec l’intégration dans le calcul des moins bonnes années. Ils craignent également que la valeur du point, qui détermine le niveau des pensions, serve de variable d’ajustement budgétaire. Une vidéo de François Fillon, s’exprimant en mars 2016 devant des chefs d’entreprise lors d’une soirée de la Fondation Concorde, est d’ailleurs abondamment utilisée par les anti-réforme pour décrier le système par points. On y voit l’ancien Premier ministre déclarer qu’un tel système « permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue » : « baisser chaque année la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions ».

    Il est toutefois aujourd’hui impossible d’affirmer qu’Emmanuel Macron ou ses successeurs auront recours à une telle stratégie. Édouard Philippe, lui, assure qu’il n’en est absolument pas question. « Il faut qu’il y ait des garanties sur l’évolution de la valeur du point », a-t-il admis, le 14 novembre, lors d’une consultation citoyenne sur les retraites à Pau.

    En revanche, un collectif de citoyens, qui milite pour « un débat public clair sur la réforme », dénonce une « entourloupe » du gouvernement dans les chiffres communiqués. Ce collectif a fait la démonstration que les simulations contenues dans le rapport Delevoye étaient erronées, laissant planer le doute sur les intentions réelles du gouvernement.

    « Pour ne pas trop pénaliser la comparaison, les ‘cas types’ ne sont pas faits dans le cadre du système actuel réel (légal), mais en y ajoutant des nouvelles mesures d’allongement de durée qui n’ont jamais été votées et qui portent la durée de cotisation à plus de 43 ans pour la génération 1980 et plus de 44 ans pour la génération 1990. Cette manipulation a pour effet de faire baisser les pensions calculées ‘dans le système actuel’ pour les faire apparaître inférieures ou égales à celles calculées dans le système Delevoye », écrit le collectif.

    « Tout est sur la table »

    Ce même collectif dénonce également l’absence, dans le rapport Delevoye, de l’ensemble des simulations réalisées par le gouvernement et regrette que le rapport ne compare pas « la situation projetée, dans le cadre de la réforme prévue par le gouvernement, avec la situation des actuels retraités ». Or, « les taux de remplacement [le pourcentage de son ancien revenu perçu une fois à la retraite] vont considérablement baisser par rapport à aujourd’hui », indique le collectif citoyens, ce qui signifie qu’il « faudra partir en moyenne beaucoup plus tard pour prétendre aux mêmes niveaux de pension ».

    Toutes ces craintes sont par ailleurs alimentées par le flou entretenu par l’exécutif sur les orientations qui seront finalement prises, l’essentiel des détails de la réforme n’étant pas encore tranché. « Tout est sur la table », a affirmé Jean-Paul Delevoye, le 29 novembre, sur LCI. Mais à force de faire durer la concertation sans abattre ses cartes, le gouvernement entretient l’idée qu’il a intérêt à cacher son jeu le plus longtemps possible.

    « Aujourd’hui on a un président de la République et un gouvernement qui sont totalement anxiogènes, qui génèrent de l’anxiété et de l’inquiétude partout » parce que « personne n’est capable de dire quelle sera la réforme […]. On ne sait pas où on va et donc on se trouve dans ce mouvement de grèves important demain », a estimé le patron du parti Les Républicains, Christian Jacob, mercredi 4 décembre, lors d’une conférence de presse.

    Une analyse corroborée par les sondages. Alors qu’ils sont 76 % à être favorables à une réforme du système de retraites, 64 % des Français disent ne pas faire confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement d’Édouard Philippe pour réformer le système, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, publié le 1er décembre. Quant à la grève du 5 décembre, entre 58 % et 71 % des Français la soutiennent, selon trois sondages de trois instituts différents publiés mercredi.

     

  • Atout France USA, l’agence de promotion de la France aux Etats-Unis

    Atout France USA, l’agence de promotion de la France aux Etats-Unis

    Comme nous l’indiquions dans un précédent article , le marché de Noël de Strasbourg s’exporte à New York avec une inauguration ce 5 décembre en présence du maire de la capitale alsacienne.

    Parmi les acteurs qui ont rendu ce projet possible, Atout France, l’agence agence de développement touristique de la France, est chargée de renforcer le positionnement de la destination France à l’international. Elle dispose de 32 bureaux dans 29 pays et est très active pour le rayonnement touristique de la France, y compris avec de telles initiatives.

    Une présence ancienne et internationale

    Anne-Laure Tuncer, directrice d’Atout France aux USA

    Anne-Laure Tuncer, directrice d’Atout France aux Etats-Unis, a eu l’occasion de nous parler de la lointaine histoire de l’agence outre-Atlantique. Présent depuis 1930, Atout France y dispose de relations privilégiées avec les agences de tourisme. « Les Américains comptent beaucoup sur les agences, elles ont de meilleurs prix, et encore aujourd’hui 55% des voyages, et plus pour la France, sont faits via ces intermédiaires » nous indique Mme Tuncer. La France y bénéficie par ailleurs d’une excellente image, « bien meilleure qu’en 2003 au moment de la guerre en Irak ». Tous les secteurs bénéficient de cette situation et en particulier du ressenti positif concernant le soft power français.

    2 missions pour Atout France : la promotion et l’ingénierie des évènements: un caractère unique de cette agence. Parmi les évènements stratégiques, celui de la croisière. L’agence dispose d’un pavillon sur le salon SeaTrade de Miami.

    Des produits sur mesure, des touristes exigeants

    D’autres activités sur mesure existent : le golf est très apprécié des Américains, des parcours touristiques spécifiques peuvent par conséquent être développés. En Alsace, il est possible de développer des produits variés : croisières fluviales, patrimoine judaïque, la route des vins …

    A Paris, première destination des Américains avec la Côte d’Azur, les touristes sont particulièrement exigeants. Ils disposent souvent d’un fort pouvoir d’achat et de peu de jours de congés et veulent donc les meilleures prestations possibles. Les comportements doivent être adaptés. « Aux Etats-Unis, le client a toujours raison » nous rappelle Mme Tuncer.

    Avec 15 salariés dans deux bureaux à New York et Los Angeles, Français et Américains, l’antenne américaine de l’agence est particulièrement attentive à la mission que les 1200 membres d’Atout France lui ont donné. Ceux-ci sont des offices de tourisme, des autorités locales, des compagnies aériennes, sites culturels… Si vous passez par la grosse pomme, n’hésitez pas à vous rendre au marché Alsacien !

● Radio en direct
En pause