Radio en direct
Choisissez une station puis lancez la lecture

Blog

  • AFE : les réactions des élus à l’intervention de Sophie Primas

    AFE : les réactions des élus à l’intervention de Sophie Primas

    Les 90 conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger se retrouvent cette semaine à Paris. Venus des quatre coins du globe, les membres de l’AFE, qui représentent nos expatriés, se réunissent en ce moment en session plénière. C’est d’ailleurs la nouvelle ministre déléguée au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Sophie Primas, qui a ouvert, hier, les travaux. Ainsi, la membre du gouvernement Barnier a pu exposer ses objectifs, et dialoguer avec les élus présents. Mais que retiennent ces derniers de cette rencontre avec leur ministre de tutelle ? Lesfrancais.press a pu recueillir les premières réactions à la sortie de la salle.  

    Sophie Primas, une ministre accueillie favorablement par les élus de l’AFE …

    Nommée le 21 septembre dernier, ministre déléguée chargée du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, Sophie Primas était depuis octobre 2023 Vice-Présidente du Sénat. Membre du parti Les républicains (LR) et ancienne maire d’Aubergenville dans les Yvelines, elle a rejoint les bancs de la Haute Assemblée en 2011. Présidente de la commission des Affaires économiques du Sénat de 2017 à 2023, Sophie Primas est ingénieure en agriculture de formation. Elle est aussi diplômée d’un master en marketing de l’ESSEC. Par son cursus, Sophie Primas connaît donc bien les marchés, que ce soient ceux du dimanche à la rencontre de nos populations, ou bien ceux liés aux fluctuations de la Bourse. Cependant, qu’en est-il des dossiers concernant directement les Français de l’étranger ?

    AFE : les réactions des élus à l’intervention de Sophie Primas
    Sophie Primas

    Comme nous l’écrivions dans un article paru ce lundi 14 octobre, Sophie Primas a, dans l’ensemble, plutôt réussi son premier rendez-vous avec les conseillers de l’AFE lors de l’ouverture de la session plénière. À la tribune, elle n’a d’ailleurs pas hésité à donner la parole à l’administration quand un dossier ne lui était pas encore familier. Cela fut apprécié. Pour Loïc Le Gland, élu des Etats-Unis, et membre du parti politique Territoires de Progrès :

    « Beaucoup d’attentes et pas toutes assouvies par le premier discours, je comprends qu’elle doit s’approprier nos dossiers »

    Loïc Le Gland, conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE)

    À l’AFE, cet élu siège au sein du groupe « Indépendants, démocrates et progressistes » regroupant une grande partie de l’ancienne majorité présidentielle d’Emmanuel Macron. Un dossier a notamment retenu son attention : « J’étais particulièrement sensible à l’extension de France Consulaire qui ne couvre pas encore des grandes circonscriptions dans des fuseaux horaires éloignés. » Le système « France Consulaire » devrait ainsi être opérationnel pour tous les pays à la fin de l’année 2025.

    AFE : les réactions des élus à l’intervention de Sophie Primas
    Les élus de l’AFE

    Au cours de l’été, la question des Français de l’étranger était revenue à la une des médias via la proposition de Lucie Castets, alors pressentie pour le poste de Premier Ministre, par le Nouveau Front Populaire (NPF), de  taxer les expatriés via un renforcement de l’exit tax, Le sujet d’un impôt sur la nationalité est aussi revenu par la suite dans les discussions . Laurence Helaili-Chapuis, représentant les Français d’Europe du Nord et membre du groupe « Les indépendants » a pu interroger directement Sophie Primas sur ce point. « La question de la double imposition voulue par le NFP a suscité des inquiétudes parmi les Français de l’étranger », aussi,

    « Madame la Ministre (m’a) rassurée en me répondant que ce n’est pas prévu par le nouveau gouvernement. »

    Laurence Helaili-Chapuis, conseillère AFE

    La nouvelle ministre déléguée au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger lui a « fait bonne impression » nous a aussi confiée Laurence Helaili-Chapuis.

    Du côté de Gérard Signoret, élu à l’AFE pour nos compatriotes vivant en Amérique latine et aux Caraïbes, ce dernier abonde dans le même sens. Le Vice-président du groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants, qui rassemble, entre autres, des élus du centre droit et de la droite, nous a ainsi déclaré au sujet de ce premier échange avec Sophie Primas ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger :

    Ce même élu ajoutant également ce commentaire : « Bien que la tâche s’avère être énorme et dans un moment de coupure de budgets, je suis confiant que ce soit la personne qu’il faut pour relever les défis ! ».

    « Quelle bonne surprise de nous trouver devant une personne avenante, sympathique et enthousiaste, intéressée sur les dossiers en cours et prête à assumer les responsabilités du poste. »

    Gérard Signoret, conseiller AFE

    AFE : les réactions des élus à l’intervention de Sophie Primas
    AFE

    Quant à Alexandre Barrière-Izard, représentant nos ressortissants installés en Afrique centrale, australe et orientale, il s’accorde également à trouver réussi les premiers pas de Sophie Primas auprès des élus de l’AFE. Pour le membre du groupe « Solidaires et Indépendants » (ASFE),

    « Sophie Primas (m’a) laissé une excellente impression, notamment grâce à son expérience en tant que maire, qui lui permet de bien comprendre et de faire le lien entre les problématiques des Français de l’étranger et celles des résidents en France »

    Alexandre Barrière-Izard, conseiller AFE

    L’élu consulaire vivant en Afrique du Sud, nous a également indiqué que la nouvelle ministre « s’est montrée résolument engagée aux côtés des élus et a rappelé que l’effort budgétaire nécessaire devra être partagé par l’ensemble des Français. »

    … mais une ministre attendue sur le budget des Français de l’étranger

    Et c’est sans doute sur le volet budgétaire que Sophie Primas est très attendue par les conseillers AFE. Passé le stade des premiers échanges, c’est bien sur la base des prochains résultats obtenus que se dérouleront les sessions plénières suivantes. Or, la loi de finances 2025 arrive. Ce projet présenté contient d’ores et déjà des réductions de dépenses pour les dossiers concernant directement les Français de l’étranger. C’est ainsi que Cécilia Gondard, élue pour nos compatriotes du Bénélux, déclare :

    « Sophie Primas a l’air très bien et à l’écoute, mais elle va devoir assumer le choix de son gouvernement, de faire des Français de l’étranger une variable d’ajustement budgétaire » .

    Cécilia Gondard, conseillère AFE

    La membre du groupe Écologie & Solidarité à l’AFE, rassemblant principalement la gauche, constate qu’il y « a par ailleurs une continuité entre les coupes budgétaires d’Attal sur 2024 et celles de Barnier en 2025, et nous n’accepterons pas qu’ils se renvoient la balle sans assumer leurs choix politiques et budgétaires inacceptables. »..  

    Du côté de Sophie Primas, la ministre a rappelé à la tribune de l’AFE qu’elle « fera avec le temps qui lui sera donné » à la tête du portefeuille des Français de l’étranger. En effet, les discussions sur le budget de l’Etat pour 2025 apporteront très rapidement des réponses. À la fois sur la durée de l’équipe du Premier Ministre, Michel Barnier, actuellement en place, et aussi sur la façon dont les demandes des expatriés seront prises en considération par le gouvernement. Toutefois, vouloir être un Français à part entière, n’est-ce pas aussi participer à l’effort collectif demandé ? C’est aussi l’enjeu du débat politique qui s’ouvre.

  • À Paris, des FLAM du monde entier réunies pour renforcer leurs projets

    À Paris, des FLAM du monde entier réunies pour renforcer leurs projets

    Pour la première fois, la fédération FLAM Monde a décidé d’organiser une rencontre mondiale. Pendant trois jours, plus de 80 associations étaient réunies, issues de 26 pays différents, pour un réseau qui compte 140 associations, présentes dans 35 pays. Un événement labellisé dans le cadre de “Refaire le monde”, le festival de la francophonie.

    Pendant trois jours, du 11 au 13 octobre, des tables rondes et conférences vont se succéder, avec aussi la projection d’un documentaire intitulé “Des mots en héritage”, pour mieux mettre en lumière le dispositif FLAM. Outre un projet associatif déjà ancien, FLAM (“Français langue maternelle”), il s’agit aussi d’un dispositif financier qui a été créé par le Ministère des affaires étrangères en 2001, et géré par l’Aefe depuis 2009

     L’événement, organisé par la fédération FLAM Monde, en “étroite collaboration” avec deux fédérations régionales, explique la présidente de FLAM Monde, Anne Henry-Werner : la fédération anglaise “Parapluie FLAM UK” et la fédération “FLAM Usa”.

    L’acronyme FLAM, c’est le français “langue maternelle”, qu’enseignent ces associations. Apparues dès le milieu des années 80, notamment en Allemagne, via des groupes hebdomadaires où les enfants de francophones se réunissent pour pratiquer la langue française, en dehors du cadre familial. L’initiative a fait des émules, à travers le monde.

    Dans son ouverture, Anne Henry-Werner appelle à “tordre le cou au mythe de l’enfant éponge qu’il suffit d’exposer à une ou deux langues, pour qu’il les maîtrise parfaitement et rapidement”. “Ça, c’est la théorie”, complète-t-elle, pour évoquer les difficultés de maintenir une pratique bilingue, surtout à partir du moment où les  enfants sont scolarisés. La fédération FLAM, c’est une “démarche parentale”, car cette pratique du français n’est pas souhaitée spontanément pour les enfants, qu’il s’agit de “garder et d’intéresser”. 

    À l’horizon 2030, de nombreux questionnements

    Florence Nigron-Dautovic, vice-présidente de la fédération et vivant en Croatie, évoque l’usure du bénévolat, ce qui trouve un écho auprès de différents directeurs de FLAM, présents dans la salle. Thomas, président d’une école à Londres, explique comment ils ont trouvé un équilibre entre enseignants permanents et bénévoles. Sublime, directrice d’une FLAM au Japon, évoque le fait de ne pas avoir envie de finir “bénévole en burn-out”. Pour Chantal Clairicia, directrice de la petite école d’Ealing, il est important pour les associations de se structurer, aussi pour garder les gens, qu’ils soient permanents ou bénévoles. Elle souligne l’importance de trouver des fonds pour favoriser une situation stable, notamment en diversifiant les sources de revenus. 

    À Paris, des FLAM du monde entier réunies pour renforcer leurs projets
    @lesfrancais.press

    Des loyers qui impactent lourdement le budget

    À Valence, le STAFE fait danser les expatriés avec la Base Culture. Un poste pesant lourdement sur le budget des associations, explique plusieurs directeurs de FLAM, c’est le loyer. Ainsi, Anne-Sophie témoigne de la situation dans son association à Valence (Espagne), qui voit près de la moitié de son budget passer dans le loyer. Un aspect qui ne manque pas de peser, dans une association où le bénévolat joue un rôle si important. Et qui peut freiner l’investissement dans d’autres postes fondamentaux, à commencer par la rémunération des enseignants.

    À ce titre, Yann, de FLAM Rome fait part de l’expérience de son association, qui occupe des locaux du lycée français, pour un loyer réduit. Il estime que cela pourrait être généralisé pour toutes les FLAM présentes dans des villes où existent des lycées français. Aurélie Delahalle-Jackson, présidente de la fédération FLAM USA évoque quant à elle le travail de mutualisation des compétences qui est mené entre les différentes associations locales, et permet notamment de soutenir celles de taille réduite.

    Esprit d’équipe

    Mais les FLAM, ce sont aussi bien sûr des professeurs au parcours singulier. Laura Encaoua a commencé sa carrière comme enseignante de FLE (français langue étrangère) à Berlin, auprès de jeunes enfants. Peu de temps après, elle est devenue professeure de français “langue étrangère”, et s’est mise à transmettre son savoir auprès des enfants inscrits dans différentes structures FLAM, avec un statut de travailleuse indépendante. Dans un premier temps, elle s’étonne quelque peu d’être recrutée pour enseigner à Boston, mais aussi en Californie, pour les écoles de Sacramento comme de San Diego. Nul don d’ubiquité chez elle, mais sans doute une bonne connexion, puisqu’elle officie depuis Marseille, où elle réside. Un peu nomade numérique sur les bords, elle témoigne d’une organisation collective assez dense, qui lui permet de ne pas se sentir isolée. Pendant ces trois jours de réunion, elle se réjouit des échanges avec d’autres enseignants, qui permettent de partager autour de diverses pratiques pédagogiques.

    Des ateliers pour mieux se structurer

    Ainsi, au moment de se projeter sur cet horizon 2030, ce qui semble préoccuper en grande partie les acteurs des FLAM, c’est la possibilité de préserver la motivation des parents qui s’y impliquent. En effet, les témoignages convergent pour constater que toute la bonne volonté du monde a aussi ses limites. Et qu’à trop tirer sur la corde, on risque parfois de se retrouver dans le rôle un peu improbable du bénévole en burn-out. 

    À Paris, des FLAM du monde entier réunies pour renforcer leurs projets
    @lesfrancais.press

    Pour Gabrielle Durana, présidente de l’association “Éducation Française Bay Area”, qui œuvre à San Francisco, le besoin de se structurer ne fait pas de doute. Elle a créé l’association il y a maintenant seize ans, en 2008. Et c’est après quatre ans qu’elle est devenue la cinquante-cinquième salariée de la structure. Avec un salaire somme tout modeste, de 18 500 dollars annuels. Selon elle, les fondateurs des associations FLAM ont pour point commun de partir d’un “militantisme”. Celui de parents qui souhaitent que leurs enfants puissent bénéficier de cours de français dans un cadre collectif. À défaut d’avoir accès à l’enseignement dans les lycées français, dont les frais d’inscription peuvent s’avérer être de véritables repoussoirs. Les termes sont clairs : l’essor initial, c’est un militantisme, en faveur de la “justice linguistique”, et de “l’inclusion dans une offre de service public de l’école française”.

    La professionnalisation des structures se ferait donc ressentir dans un second temps, un peu comme un mal nécessaire. Gabrielle souligne un message qu’on lui a rapidement transmis, et qui lui semble incontournable : une association FLAM ne dure que grâce aux permanents, la véritable “colonne vertébrale” de l’association.

    Et pour ne pas céder au découragement, et favoriser les dynamiques collectives, quoi de mieux que des ateliers ? Durant une bonne partie de la journée, les nombreux participants venus du monde entier ont échangé leurs bonnes pratiques et bonnes idées, sur quatre thématiques : les stratégies de l’autonomie financière, les formes d’organisation, le développement de l’offre pédagogique, et enfin, la formation et le recrutement des enseignants. Vaste programme.

  • Quand les gamelles remplacent les couches !

    Quand les gamelles remplacent les couches !

    En 2023, les Américains ont dépensé 186 milliards de dollars pour leurs animaux de compagnie, selon le Bureau of Economic Analysis. Ce montant inclut la nourriture, les visites chez le vétérinaire, les jouets et les soins de toilettage. C’est plus que ce qu’ils ont dépensé pour la garde d’enfants. En France, ce poste de dépenses est estimé entre 6 et 10 milliards d’euros.

    Ce secteur attire de plus en plus les grandes entreprises de l’agroalimentaire et les fonds d’investissement. Mars, une entreprise connue pour ses barres chocolatées, a réalisé les deux tiers de son chiffre d’affaires l’année dernière grâce aux soins pour animaux. Elle possède non seulement la marque de nourriture pour animaux Royal Canin, mais également plusieurs milliers de cliniques vétérinaires. Nestlé et Colgate génèrent également un cinquième de leur chiffre d’affaires grâce à leurs divisions pour animaux. En France, le marché des cliniques vétérinaires connaît depuis des années une consolidation rapide avec l’entrée de groupes financiers et de fonds d’investissement.

    Les dépenses liées aux animaux de compagnie augmentent de 11 % par an

    Parmi les principaux acteurs financiers qui rachètent des cliniques vétérinaires en France figurent notamment IVC Evidensia, une entreprise britannique, Anicura, la filiale de Mars, MonVéto, un groupe français soutenu par le fonds d’investissement Ardian, et Univet, un groupe familial régional du sud de la France.

    Les dépenses consacrées aux animaux de compagnie ont fortement augmenté avec la pandémie de Covid-19. De nombreuses personnes ont adopté un animal pendant et après la crise sanitaire. Entre 2019 et 2023, les dépenses liées aux animaux de compagnie ont augmenté de 11 % par an aux États-Unis en termes nominaux, contre 6 % pour les dépenses de consommation globales. Entre 2009 et 2018, la hausse des dépenses pour les animaux de compagnie était de 5 %. En France, la progression des dépenses atteint également 11 % par an, en partie à cause de la hausse des prix, mais elle reflète aussi un véritable engouement pour les animaux.

    12 millions de chats et 7,5 millions de chiens en France

    Le nombre d’animaux de compagnie a fortement augmenté en France au cours des dix dernières années. De 2013 à 2023, le nombre de chats est passé de 10 à 12 millions, et celui des chiens de 7 à 7,5 millions. Les Français posséderaient par ailleurs près de 30 millions de poissons d’aquarium, 5 millions d’oiseaux et 2,5 millions de rongeurs.

    Chien et chat autour d'une gamelle de croquettes - @adobestock
    Chien et chat autour d’une gamelle de croquettes – @adobestock

    Contrairement aux cours de yoga virtuels ou aux abonnements dans les salles de sport, les animaux ne sont pas destinés à être abandonnés. Ils représentent une responsabilité pour plusieurs années. Cependant, les ménages ont été confrontés à une hausse des prix des aliments pour animaux, plus forte que l’inflation moyenne. Plusieurs études, dont celle de la banque Morgan Stanley, montrent que les propriétaires d’animaux acceptent globalement ces hausses de prix et consacrent une part croissante de leur budget à leurs compagnons.

    Aux États-Unis, les dépenses des ménages pour leurs animaux pourraient atteindre plus de 260 milliards de dollars d’ici 2030. Cette augmentation s’explique par un changement de comportement des propriétaires qui se considèrent de plus en plus comme des « parents » et non plus simplement comme des maîtres. « Les animaux sont passés du jardin au salon, puis à la chambre », explique Loïc Moutault, responsable de la division animaux de compagnie chez Mars.

    « Les animaux sont passés du jardin au salon, puis à la chambre »

    Les millennials, nés entre 1980 et 1996, ont moins d’enfants que les générations précédentes, tout comme la génération Z (1997-2012). Ils compensent ce manque par l’acquisition de chats et de chiens auxquels ils offrent soins et cadeaux. Selon une enquête de l’American Pet Products Association réalisée en 2023, 95 % des propriétaires de la génération Z ont déclaré acheter un cadeau à leur chien au moins une fois par an, contre 81 % des baby-boomers. Le coût moyen de ces cadeaux était de 44 dollars chez les propriétaires de la génération Z, contre 17 dollars chez les babyboomers. De plus, les nouveaux propriétaires dépensent davantage pour la nourriture de leurs animaux que les propriétaires de longue date.

    L’essor du secteur des animaux de compagnie attise les convoitises des grands groupes de l’agroalimentaire et de la santé. Début septembre, Gilles Andrier, PDG de Givaudan, une société suisse spécialisée dans la production d’arômes et de parfums alimentaires, a déclaré que son entreprise envisageait de se tourner vers les aliments pour animaux de compagnie. « Les ménages dépensent plus d’argent pour les animaux de compagnie que pour les enfants », a-t-il expliqué. La baisse de la natalité favorise cette réorientation.

  • Espagne : Frontex au large des côtes africaines ?

    Espagne : Frontex au large des côtes africaines ?

    Jeudi 10 octobre, le ministre de l’Intérieur espagnol a chargé à l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex de demander aux pays africains l’autorisation de patrouiller dans leurs eaux afin de « sauver des vies » sur la périlleuse route d’immigration clandestine qui relie le continent à l’archipel espagnol des Canaries.

    Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré que Frontex avait opéré en territoire africain lors du dernier pic de migration vers les îles Canaries en 2006, et que l’agence avait déjà travaillé avec les forces frontalières espagnoles pour recueillir des renseignements dans les îles Canaries.

    L’agence européenne de surveillance des frontières devrait maintenant demander l’autorisation à la Mauritanie, au Sénégal et à la Gambie — les principaux pays d’origine et de transit des exilés qui traversent l’Atlantique sur des bateaux de pêche précaires — de s’attaquer aux trafiquants d’êtres humains et de freiner les départs.

    Migration vers les Canaries : l’Espagne appelle Frontex à intervenir dans les eaux africaines

    « Frontex ne pourra réellement protéger les frontières de l’Europe de l’immigration irrégulière que si elle opère également en dehors de celles-ci », a affirmé le ministre de l’Intérieur espagnol.

    « Il est particulièrement important d’améliorer sa capacité à agir à l’étranger, tant en termes de retours que de gestion des frontières », a-t-il expliqué aux ministres de l’Intérieur de l’UE réunis à Luxembourg jeudi 10 octobre.

    Ces dernières années, c’est sur la route atlantique menant aux îles Canaries que l’immigration clandestine a connu la croissance la plus rapide, même si les chiffres restent inférieurs à ceux des personnes qui empruntent la route de la Méditerranée centrale en direction de l’Italie.

    Les chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol montrent que les îles Canaries ont accueilli un total de 26 758 exilés entre janvier et juillet de cette année, contre 39 910 pour l’ensemble de l’année 2023.

     Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, assiste à la séance de questions au gouvernement au Congreso, chambre basse du Parlement espagnol, à Madrid, Espagne, le 10 septembre 2024. ©EPA-EFE/Sergio Perez
    Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, assiste à la séance de questions au gouvernement au Congreso, chambre basse du Parlement espagnol, à Madrid, Espagne, le 10 septembre 2024. ©EPA-EFE/Sergio Perez

    Crise migratoire : tensions entre Madrid et les Canaries sur la gestion des mineurs isolés

    Ce flux a suscité des tensions entre l’administration régionale de l’archipel et le gouvernement national, notamment au sujet de la prise en charge de 5 000 mineurs.

    Le gouvernement de Pedro Sánchez (PSOE/S&D) a promis de verser 50 millions d’euros d’ici la fin du mois pour compenser le coût de la prise en charge des mineurs immigrés par les îles Canaries, alors que le gouvernement régional réclame 160 millions d’euros.

    Dans ce sens, le chef du gouvernement des Canaries a exprimé jeudi sa déception, accusant le gouvernement de « fermer les yeux » sur la gestion de l’accueil des mineurs immigrés non accompagnés.

    Le mois dernier, un bateau s’est renversé alors que les sauveteurs s’en approchaient, laissant au moins 48 personnes portées disparues. Il s’agit de l’incident le plus meurtrier en 30 ans de traversées sur cette route.

    Mercredi, toutefois, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a défendu l’immigration avec passion, un discours qui est devenu rare en Europe, pour soutenir la population et l’économie vieillissantes de l’Espagne, et a insisté sur le fait que l’immigration illégale ne représentait qu’une petite proportion des arrivées.

    Il a également annoncé aux députés espagnols qu’il réclamerait que le Pacte européen pour l’asile et la migration soit mis en œuvre en 2025 au lieu de 2026.

    Par ailleurs, le chef du gouvernement des îles Canaries Fernando Clavijo a exhorté jeudi Pedro Sánchez et le chef du Partido Popular (PPE) de centre droit, Alberto Núñez Feijóo, à mettre de côté leur différend politique sur la crise migratoire et à chercher un accord.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 15.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 15.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le 15 octobre, bienvenues, dans le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de ce mardi : Première rencontre entre Sophie Primas et les élus consulaires à l’AFE – Budget : disette pour les expatriés – Jean-Luc Mélenchon et sa « victoire idéologique »

    Les élus séduits par Sophie Primas

    Pour ce premier échange officiel entre les membres de l’AFE, ce lundi 14 octobre, et la nouvelle ministre déléguée aux Français de l’étranger, un dialogue constructif semble s’être établi. N’ayant pas encore une maîtrise de tous les dossiers, Sophie Primas, n’a pas hésité à laisser la parole à Pauline Carmona, la directrice de la DFAE qui l’accompagnait. Cela a d’ailleurs été très bien accueilli pas l’ensemble des élus présents. Avant la traditionnelle « photo de famille », Sophie Primas a même répondu avec malice à une question d’un des membres de l’Assemblée qui lui suggérait d’intervertir la dénomination de son portefeuille. Actuellement son titre exact est « ministre déléguée chargée du Commerce extérieur et des Français de l’étranger ». Ne faisant ainsi pas de hiérarchie entre les deux notions, Sophie Primas a déclaré que celles-ci étaient comme ses deux jambes qui lui permettaient d’avancer. À entendre les premiers commentaires dans les couloirs de l’AFE après la prestation de la ministre, il se pourrait qu’elle puisse compter sur une grande partie des élus pour l’accompagner sur ce chemin.

    Article sur la première journée de la 41ème session de l'AFE avec Sophie Primas

    Baisse du budget du ministère des Affaires étrangères

    Tous les budgets 2025 sont à la baisse celui du Quai d’Orsay n’y échappe pas. Et donc les budgets liés aux Français de l’étranger ont clairement été rabotés. Sophie Primas, nouvelle ministre des Français de l’étranger, qui hérite de cette situation, a beau essayer dans ses propos de rassurer la communauté des Français de l’étranger comme l’administration consulaire, la réalité est là : le ministère des Affaires étrangères voit son budget chuter de 150 millions d’euros soit près de 5% par rapport à 2024.

    Budget 2025 : baisse des budgets, hausse des contributions

    LFI se satisfait de la hausse des impôts des plus riches

    Jean-Luc Mélenchon veut y voir sa « victoire idéologique ». Dans une note de blog publiée ce lundi 14 octobre, le leader de La France insoumise s’est félicité de la hausse d’impôts demandée par le gouvernement aux Français les plus « fortunés«  dans le budget 2025. »Le budget Barnier reconnaît notre victoire idéologique, pour nous antilibéraux », écrit Jean-Luc Mélenchon sur son site. « L’impôt sur les riches est réhabilité et celui sur les superprofits des entreprises aussi », se réjouit-il.

    Jean-Luc Mélenchon se réjouit de la hausse de la fiscalité des plus riches en France.

    C’est ainsi qu’on conclut ce flash quotidien des expatriés. Bon mardi à toutes et à tous où que vous soyez ! À demain

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • À l’AFE, le premier rendez-vous de Sophie Primas avec les élus

    À l’AFE, le premier rendez-vous de Sophie Primas avec les élus

    Sophie Primas a passé aujourd’hui son grand oral de ministre déléguée aux Français de l’étranger. C’était en effet son premier rendez-vous avec l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) réunie, cette semaine, en session plénière à Paris. La membre du gouvernement Barnier a pu ainsi s’exprimer devant les élus de l’AFE pour présenter, entre autres, ses priorités. Comment a été accueilli la déjà 4eme ministre en charge des expatriés depuis 2021, date du dernier renouvellement de cette assemblée ? Que lui ont répondu les cinq présidents des groupes politiques ? Lesfrancais.press était, pour vous, sur place.

    AFE : Les priorités de Sophie Primas pour les Français de l’étranger

    C’est bien évidemment la présidente de l’AFE, Hélène Degryse qui a inauguré cette semaine de travail à Paris. Celle-ci, dans son discours introductif, en s’adressant directement à la ministre déléguée, Sophie Primas, lui a lancé un tonitruant “Associez-nous”. Elle a ainsi voulu rappeler l’importance que le gouvernement aurait à davantage s’appuyer “sur son réseau d’élus à l’étranger”. Alors, appel entendu ?

    Saisissant la balle au bon, et dès ses premiers mots, la nouvelle détentrice du portefeuille des expatriés, a déclaré aux élus “j’ai besoin de votre expertise sur le terrain.” Et plus largement, parlant des Francais de l’étranger, Sophie Primas a insisté sur cette “ressource que (nous) ne sollicitons pas suffisamment pour faire jouer à plein notre diplomatie d’influence”. L’ancienne sénatrice, habituée à côtoyer des élus de tous bords, a ainsi réussi son entrée en matière. Par ses premiers mots, elle a instauré un climat de confiance et d’échange, alors que certaines nouvelles de son discours n’étaient pas des meilleures à partager avec l’audience.

    Sophie Primas à la tribune pour la première séance de travail de la 41ème session de l'AFE
    Sophie Primas à la tribune pour la première séance de travail de la 41ème session de l’AFE

    En effet, “ce n’est pas drôle d’être l’oiseau de mauvais augure” a-t-elle dit en abordant la question du budget 2025. Des baisses sont annoncées dans les programmes en direction des Français de l’étranger. Le chiffre de 150 millions en moins est avancé par certains. Sophie Primas se veut prudente, à ce stade, dans les calculs présentés à ce jour. La loi de finances fera également l’objet d’une discussion parlementaire, à l’Assemblée nationale et au Sénat. Une chose est quasi certaine, les crédits seront en baisses, mais de combien ?

    Ce défi budgétaire aura sans doute aussi son influence sur la tenue des “assises de la protection sociale” pour les Français de l’étranger. Si Sophie Primas a bien confirmé leur organisation avec une ouverture lors de la prochaine session de mars 2025 et une restitution pour la seconde prévue en octobre 2025, son message envoyé depuis la tribune de l’AFE est clair : “les assises de la protection sociale se feront dans le périmètre des aides sociales, à budget constant, avec l’objectif de mieux utiliser les montants pour améliorer la vie au quotidien de nos compatriotes à l’étranger.” La personne qui viendra avec une idée entraînant une augmentation des dépenses, risque donc de se faire refouler à l’entrée !

    Parmi les autres priorités exprimées par la ministre déléguée, cette dernière avait donné à notre média Lesfrancais.press ses grands objectifs pour nos expatriés. Sophie Primas les a réitérés lors de cette ouverture de session plénière de l’AFE. Parmi ceux-ci, la protection de nos compatriotes à l’étranger, et aussi la réponse à leurs besoins sont ses deux grands axes, avec notamment la volonté de faciliter les démarches administratives : actes d’Etat civil, passeports ou bien encore prochainement pour les procurations, d’ailleurs a-t-elle annoncé :

    La certification numérique des cartes d’identité sera possible dans les consulats au cours du 1er semestre 2025”.

    Sophie Primas, ministre déléguée au commerce extérieur et aux Francais de l’étranger.

    Une feuille de route semble donc tracée. Pour autant, Sophie Primas a conclu, non sans humour son discours, d’un “je le ferai avec le temps qui me sera donné dans ce ministère.”

    Les groupes politiques de l’AFE interpellent la ministre déléguée

    Alors, comment les présidents des cinq groupes politiques de l’assemblée ont-ils réagi à l’intervention de leur ministre de tutelle ?

    Baptiste Heintz, à la tête du groupe « Ecologie et Solidarité
    Baptiste Heintz, à la tête du groupe « Ecologie et Solidarité

    Baptiste Heintz, à la tête du groupe « Ecologie et Solidarité » a rappelé que Sophie Primas était la 4eme ministre en charge des expatriés avec laquelle les élus devaient travailler depuis le renouvellement de l’AFE en 2021. Mais, citant Albert Camus, «  il faut imaginer Sisyphe heureux ». Alors, et même si tous les 6 mois, il semble devoir se répéter, avec ses convictions intactes, il voit cependant « la France en recul » dans le monde. Pour le président du groupe rassemblant la gauche, la question budgétaire inquiète, avec ses conséquences néfastes sur le service public et les écoles. Il a également annoncé qu’il déposera, avec d’autres élus, une motion d’urgence sur la Caisse des Français de l’étranger (CFE), dont l’avenir est remis en question. D’ailleurs, une mission d’inspection de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) va commencer. Sophie Primas a indiqué qu’elle attendra les conclusions de cette enquête pour faire des propositions.

     Patricia Connel pour le groupe IDP
    Patricia Connel pour le groupe IDP

    En l’absence de Thierry Masson, président du groupe IDP (Indépendants, démocrates et progressistes) excusé pour des raisons professionnelles, c’est Patricia Connel qui a pris la parole. L’élue pour l’Europe du Nord partage aussi son inquiétude sur le budget 2025 qui arrive. Elle souhaite une “sanctuarisation des budgets” pour éviter que les bourses scolaires, les aides sociales ou bien encore le STAFE (soutien au tissu associatif des Français à l’étranger ne soient touchés par ces coupes. Au nom de son groupe, rassemblant une grande partie des fidèles d’Emmanuel Macron, elle pose aussi la question du Pass Culture «voté pour les Français de l’étranger, mais encore dans les cartons. » Deviendra-t-il une réalité ? Question envoyée à Rachida Dati, l’actuelle ministre de la Culture.

    Au nom du groupe Solidaires et Indépendants, Annie Réa, la présidente, a voulu rendre hommage au Sénateur Jean-Pierre Bansard : « un homme hors norme, un grand homme. » Le fondateur de l’ASFE (Alliance Solidaire des Français de l’Etranger), dont de nombreux élus de son groupe sont membres, est en effet décédé cet été. Dans son intervention, Annie Rea a partagé trois de ses préoccupations majeures à la ministre déléguée présente. Tout d’abord celle du budget annoncé pour les Français de l’étranger.

    Annie Réa pour le groupe Solidaires et Indépendants
    Annie Réa pour le groupe Solidaires et Indépendants

    Puis celle de l’accès à nos écoles françaises à l’étranger qui est de plus en plus difficile pour les familles. Les coûts sont trop élevés, avec pour conséquence la perte de la connaissance de la langue française chez nos plus jeunes. L’élue pour l’Europe du Sud a aussi souligné l’accroissement de la “paupérisation de nos familles françaises à l’étranger”, en appelant à une attention particulière pour endiguer ce phénomène qui se développe, notamment en cas de perte d’emploi ou au moment de la retraite.

    Pour le Groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants, c’est son président Olivier Piton qui a pris la parole. Il a d’abord voulu saluer un fait. « C’est la première fois que nous avons un trio de femmes ». En effet à la ministre déléguée Sophie Primas, et à la présidente de l’AFE, Hélène Degryse, c’est Pauline Carmona, la directrice de la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire, qui était la 3e femme, présente à la tribune.

    Olivier Piton, président du Groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants
    Olivier Piton, président du Groupe Union des Républicains, des Centres et des Indépendants

    Afin de souligner, l’importance des Français de l’étranger, l’élu pour la circonscription des Etats-Unis a rappelé à la ministre déléguée, que le nombre d’expatriés inscrits au registre des ressortissants hors de France équivaut à la population des…Yvelines. Département cher à Sophie Primas, puisqu il représente sa terre d’élection.

    Le budget et la baisse programmée font également partie de l’alerte adressée par Olivier Piton dans son intervention, ainsi qu’un point de vigilance sur la revalorisation des pensions repoussée de 6 mois et l’incidence que cela peut engendrer chez nos retraités vivant à l’étranger.

    Enfin, l’élu consulaire de Washington demande aussi, au nom de son groupe, que les compétences entre administration et conseillers des Francais de l’étranger soient enfin clarifiées. En effet, des problèmes dans l’établissement des ordres du jour des conseils consulaires perdurent.

    Nadia Chaaya pour le groupe des Indépendants
    Nadia Chaaya pour le groupe des Indépendants

    Enfin, c’est Nadia Chaaya qui a conclu cet échange des présidents de groupe avec la ministre déléguée. Au nom des « Indépendants » l’élue de la circonscription de l’Asie centrale et du Moyen-Orient appelle à un renforcement de la sécurité de nos ressortissants hors de France. Elle partage aussi les inquiétudes concernant le budget et Nadia Chaaya a aussi demandé un meilleur dialogue avec l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) qui gère les lycées en dehors du territoire national. En effet, les commissions des bourses sont pour le moment programmées dans les différents pays la même semaine que la session plénière de l’AFE ou bien pendant les vacances scolaires. D’ailleurs, sur ce point, Les représentants des parents d’élèves ou ceux des professeurs, qui siègent aussi dans ces instances, ont également fait part de leur mécontentement respectif.

    Pour ce premier échange officiel entre les membres de l’AFE et la nouvelle ministre déléguée aux Francais de l’étranger, un dialogue constructif semble s’être établi. N’ayant pas encore une maîtrise de tous les dossiers, Sophie Primas, n’a pas hésité à laisser la parole à Pauline Carmona, la directrice de la DFAE qui l’accompagnait. Cela a d’ailleurs été très bien accueilli pas l’ensemble des élus présents. Avant la traditionnelle « photo de famille », Sophie Primas a même répondu avec malice à une question d’un des membres de l’Assemblée qui lui suggérait d’intervertir la dénomination de son portefeuille. Actuellement son titre exact est « ministre déléguée chargée du Commerce extérieur et des Français de l’étranger ». Ne faisant ainsi pas de hiérarchie entre les deux notions, Sophie Primas a déclaré que celles-ci étaient comme ses deux jambes qui lui permettaient d’avancer.

    À entendre les premiers commentaires dans les couloirs de l’AFE après la prestation de la ministre, il se pourrait qu’elle puisse compter sur une grande partie des élus pour l’accompagner sur ce chemin. Mais pour combien de temps ?

    Les élus consulaires présents à la 41ème session de l'AFE
    Les élus consulaires présents à la 41ème session de l’AFE
  • Budget 2025 : baisse des budgets, hausse des contributions

    Budget 2025 : baisse des budgets, hausse des contributions

    En fin de semaine dernière, Michel Barnier a dévoilé son projet de budget 2025 pour la France. Un projet de loi de finances (PLF) qu’il faudra faire passer dans l’hémicycle, et qui sera donc forcément amendé. En attendant, de connaitre le projet définit, on fait le point pour les Français de l’étranger sur la feuille de route du nouveau Premier ministre français.

    Après 7 ans de baisse des impôts : revirement

    Fini le « quoi qu’il en coûte » et les baisses d’impôts à tout va. Priorité au redressement des comptes publics, quitte à alourdir nettement la fiscalité et à tailler dans certaines dépenses. Tel est le mouvement qui se dessine à travers le budget pour 2025, présenté jeudi 10 octobre. Au menu : 8,5 milliards d’euros ponctionnés sur les grandes entreprises, 2 milliards sur les très hauts revenus, un gel pendant six mois des pensions versées aux retraités, 4 milliards de cotisations sociales supplémentaires, une taxe sur les rachats d’actions, un durcissement de l’écotaxe automobile et sur l’aviation.

    Hausse d’impôts

    Pour les ménages, 65 000 foyers fiscaux les plus fortunés (0,3 % du total dont 1/3 de non-résidents selon la Cour des Comptes) devront s’acquitter d’une contribution exceptionnelle, qui doit porter leur taux minimal d’imposition à 20 % (le taux forfaitaire pour les non-résidents ayant choisi cette option) et limiter ainsi les effets des dispositifs d’optimisation fiscale. La recette attendue, pour ces personnes gagnant plus de 250 000 euros par an, 500 000 pour un couple, est de deux milliards d’euros.

    Enfin d’éviter de nouveaux exils fiscaux, le gouvernement a inclus dans son projet de loi  une « sunset clause », appelée plus communément clause d’extinction. Cet ajout a pour fonction première de rassurer les ménages aisés. Donc, de les dissuader de fuir à l’étranger si le projet de taux minimal d’imposition sur les hauts revenus est adopté. En l’assortissant d’une clause de cet ordre dans le PLF 2025, l’exécutif prévoit explicitement de mettre un terme à cette contribution « exceptionnelle » sous 3 ans. La surtaxe de l’impôt sur les sociétés serait elle aussi concernée, mais sur 2 ans.

    Pour inciter les propriétaires de logements à privilégier la location vide classique plutôt que la location en meublé, le gouvernement prévoit de supprimer la niche fiscale dit Airbnb. Le changement porte sur le calcul de la plus-value des locations meublées non professionnelles (LMNP). Les propriétaires qui choisissent le régime réel peuvent déduire de leurs recettes locatives l’amortissement de leur bien, qui correspond à l’usure du logement. Un amortissement qui n’est pas pris en compte dans le calcul de la plus-value du bien, en cas de cession. À partir du 1er janvier 2025, le projet de loi de finances prévoit de soustraire le montant de l’amortissement du prix d’acquisition du logement. Les montants des plus-values ainsi calculées devraient donc augmenter, et aboutir à une imposition plus élevée. L’objectif affiché par le gouvernement pour « corriger » ce régime fiscal spécifique aux LMNP qui, « en incitant à la location meublée à courte durée et à vocation touristique », « contribue aux tensions sur le marché locatif » détaille le projet de loi. Là aussi, de nombreux Français de l’étranger seront frappés par ce changement de fiscalité, en effet, ils sont nombreux à avoir bénéficié de cette niche en mettant leur ancienne résidence principale en location meublée.

    Pour ceux qui détiennent des actions ou des parts dans des grandes entreprises, il y aura aussi du changement. Ainsi, une taxe sur les rachats d’actions suivis d’une annulation sera par ailleurs mise en place pour les entreprises ayant un recours croissant à cette pratique et qui leur permet de distribuer une partie de leur excès de trésorerie à leurs actionnaires. Elle concernera les plus grandes entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse un milliard d’euros, pour toutes les opérations de rachat d’actions menées à partir du 10 octobre 2024. 

    La suppression totale de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui devait être achevée en 2027, est reportée à 2030. 

    Taxes sur la consommation

    Mais d’autres particuliers seront aussi directement impactés par des mesures plus ciblées.

    Dans le secteur des transports, par exemple, la taxe sur les billets d’avion pourrait être nettement augmentée, jusqu’à 40 % du prix d’un billet d’avion, la hausse de celle-ci devrait alors se répercuter sur les voyageurs. Une sanction financière qui impactera tous les Français de l’étranger, quel que soit leur revenu. Si c’est l’argent des touristes (plus de 100 millions par an) qui avant tout ciblé, les expatriés paieront concrètement plus cher leur billet. Comme pour ceux qui résident dans les DOM-TOM, nos parlementaires pourraient demander une exemption pour les nationaux non-résidents.

    Aussi, si vous aviez prévu de rénover votre système de chauffage dans votre résidence en France, la TVA réduite sur les chaudières au gaz est supprimée. Sans oublier que l’accise sur l’électricité sera augmentée (anciennement taxe intérieure de consommation finale sur l’électricité -TICFE). Elle avait été diminuée de 2022 à 2024 pour faire baisser les factures d’électricité des ménages et des entreprises pendant la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. C’est ce qu’on a appelé le bouclier tarifaire sur l’électricitéLa loi de finances pour 2024 a mis en œuvre la sortie progressive de ce bouclier fiscal et acté sa fin au 1er février 2025 afin de ramener l’accise sur l’électricité à son niveau d’avant crise. Le PLF « adapte ces tarifs normaux d’accise« . Une baisse de 9% des factures d’électricité est cependant garantie aux ménages au tarif réglementé de vente. Un arrêté du ministre du budget viendra préciser les nouveaux taux de l’accise (ex-TICFE). La hausse de l’accise sur l’énergie doit engendrer 3 milliards d’euros de recettes fiscales en 2025.

    Enfin, le parc automobile thermique est aussi dans le viseur du gouvernement Barnier. Le projet de loi de finances 2025 prévoit que l’écotaxe (malus CO2 et malus au poids dit malus masse) sur les véhicules polluants soit renforcée. Le malus CO2 sera abaissé de 5g/CO2/km en 2025 puis de 7g/CO2/km en 2026 et 2027. Pour cibler les véhicules les plus émetteurs, son tarif maximum sera parallèlement augmenté de 10 000 euros par an jusqu’en 2027. Le seuil de déclenchement de la taxe malus masse sera également abaissé, dès 2026, de 1 600 kg à 1 500 kg. En outre, dès 2025, le bénéfice de l’abattement dont profitent aujourd’hui tous les véhicules hybrides non rechargeables sera limité aux seuls véhicules performants sur le plan environnemental. Ces mesures, qui visent aussi les véhicules des entreprises, devraient rapporter 300 millions d’euros de recettes fiscales à partir de 2026.

    Budget MAE 2025
    Budget MAE 2025

    Cure d’austérité pour les Français de l’étranger

    Avec plus de 100 millions de baisses, les budgets liés aux Français de l’étranger ont clairement été rabotés. Sophie Primas, nouvelle ministre des Français de l’étranger, qui hérite de cette situation, a beau essayer dans ses propos de rassurer la communauté des Français de l’étranger comme l’administration consulaire, la réalité est là : le ministère des Affaires étrangères voit son budget chuter de 150 millions d’euros soit près de 5% par rapport à 2024. On détaille pour les Français de l’étranger, les baisses qui vont être appliquées sur les enveloppes budgétaires auxquelles ils sont attachés administrativement.

    Ainsi, le programme 105, qui regroupe les « actions de la France en Europe et dans le monde », baisse de 96 millions €. Alors que désormais tous les agents liés à l’administration consulaire et diplomatique seront rémunérés sur cette ligne de budget, sans oublier ceux du ministère qui à eux seuls représentent 38% des crédits. Pour autant, dans le rapport le gouvernement annonce sa volonté de poursuivre la modernisation des services consulaires afin d’« améliorer la qualité du service rendu aux usagers ».

    Pour y arriver, les autorités comptent sur les économies réalisées grâce à la digitalisation, « notamment par la finalisation du projet de registre de l’état civil électronique (RECE), le déploiement progressif du service France Consulaire et le développement d’une nouvelle solution de vote par internet en vue des élections consulaires de 2026. »

    Tandis que le programme 185, qui regroupe lui les actions liées à la « Diplomatie culturelle et d’influence », est amputé de⁠ 45 millions d’euros. Il finance les Instituts français, les Alliances françaises et toutes les opérations dites culturelles.

    Enfin, le programme 151 est raboté lui de ⁠9 millions d’euros alors qu’il finance directement les moyens de l’action consulaire et d’assistance aux Français à l’étranger. Quid des bourses scolaires qui sont déjà faibles face aux coûts d’écolage, que va devenir le Pass culture qui devait permettre aux jeunes Français de s’arrimer à la culture française. Dans l’interview publiée ce jour, Sophie Primas enterre déjà les assises de la protection sociale, actée pourtant par son prédécesseur, et laisse deviner une âpre négociation entre l’État et la Caisse des Français de l’étranger quant à son financement. L’année 2025 ne sera pas une année faste pour les Français de l’étranger !

  • Les jeunes : optimistes et engagés.

    Les jeunes : optimistes et engagés.

    Selon le Baromètre de la direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative (DJEPVA) 2024, publié par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CRÉDOC) et l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), 71 % des jeunes âgés de 15 à 30 ans déclarent, en 2024 que leur vie correspond à leurs attentes, un chiffre en hausse de 4 points par rapport à 2023. Cette augmentation reflète une relative amélioration de la satisfaction générale, bien que d’importantes disparités subsistent selon les caractéristiques sociales et professionnelles des jeunes.

    Les jeunes diplômés semblent plus satisfaits de leur vie (78%) que ceux qui ne possèdent qu’un diplôme équivalent au baccalauréat ou inférieur (65%). Cette fracture souligne l’importance croissante du capital éducatif dans la construction d’une vie perçue comme épanouissante. De même, l’accès à l’emploi constitue, sans surprise, un facteur déterminant : 76 % des jeunes en emploi sont satisfaits, contre 54 % des jeunes au chômage.

    Les revenus familiaux jouent également un rôle central dans cette satisfaction. Parmi les jeunes issus de foyers disposant de revenus supérieurs à 2 200 euros par mois, 78 % se disent satisfaits, tandis que ce chiffre tombe à 65 % chez ceux vivant dans des foyers aux revenus inférieurs à 1 200 euros.

    Une confiance réelle dans l’avenir

    Malgré la succession rapide de crises ces dernières années, l’optimisme des jeunes ne faiblit pas. En 2024, 71 % des 15-30 ans se déclarent confiants pour les trois prochaines années, soit une hausse de 3 points par rapport à 2023. Cette confiance est plus marquée chez les hommes (76 %) que chez les femmes (67 %), traduisant un écart de perception lié aux inégalités de genre.

    De plus, les jeunes en situation de chômage expriment davantage de doutes sur leur avenir. En effet, 39 % des jeunes sans emploi se montrent incertains, mettant en évidence le lien fort entre précarité professionnelle et pessimisme.

    Les jeunes : optimistes et engagés.
    @adobestock

    Des jeunes de plus en plus engagés

    Le bénévolat associatif connaît une augmentation significative, avec 30 % des jeunes déclarant s’investir dans une association au moins une fois par mois, soit une hausse de 5 points par rapport à l’année précédente. Cet engagement est plus marqué chez les hommes (34 %) que chez les femmes (26 %), en grande partie en raison d’une plus forte implication des hommes dans les associations sportives. Si cet engagement des jeunes dans le milieu associatif se confirme, il pourrait compenser la baisse du bénévolat chez les seniors.

    Par ailleurs, d’autres formes de participation citoyenne émergent: 41 % des jeunes ont signé une pétition ou défendu une cause en ligne au cours des 12 derniers mois, et 30 % ont participé à des manifestations ou des grèves. Ces chiffres témoignent d’une mutation de l’engagement où le militantisme numérique et les actions ponctuelles prennent de plus en plus de place, au détriment des formes plus traditionnelles comme le bénévolat régulier ou l’adhésion à des partis politiques. La participation politique institutionnelle reste faible : seuls 18 % des jeunes ont adhéré à un parti politique ou à un syndicat. La syndicalisation des jeunes salariés demeure également marginale, représentant moins de 3 % des moins de 30 ans.

    L’emploi, la principale priorité pour les jeunes

    L’une des principales préoccupations économiques des jeunes reste l’accès à l’emploi. En 2024, le taux de chômage des 15-24 ans s’élève à 18,1%, soit plus du double de la moyenne nationale (7,5%). Cette situation met en lumière la difficulté des jeunes à s’insérer dans un marché du travail en mutation, notamment dans un contexte de transition écologique et numérique.

    La précarité financière est également marquée : 16,4 % des 18-29 ans vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui révèle une vulnérabilité économique persistante au sein de cette tranche d’âge.

    Santé mentale : une préoccupation croissante

    Le Baromètre DJEPVA met également en lumière des problématiques de santé mentale préoccupantes chez les jeunes. En 2021, 20,8 % des jeunes adultes (18-24 ans) ont déclaré avoir vécu un épisode dépressif au cours des 12 derniers mois, un chiffre en forte hausse par rapport aux 9,7 % de 2010. Cette évolution reflète la montée en puissance des troubles mentaux exacerbée par les incertitudes économiques, les pressions sociales et l’isolement, notamment durant la pandémie de Covid-19.

    Les jeunes femmes sont particulièrement affectées, 12,8 % d’entre elles déclarant avoir déjà tenté de se suicider, contre 5,8 % chez les hommes. Les données du Baromètre DJEPVA 2024 tracent un portrait plutôt positif des jeunes en France. Ces derniers se montrent optimistes, engagés et motivés pour s’insérer dans le monde professionnel. Sous ses formes variées, l’engagement citoyen apparaît comme un levier de résilience et d’action collective pour une jeunesse désireuse de s’impliquer activement dans la société. Cependant, les inégalités sociales et de genre demeurent des obstacles importants à une réelle égalité des chances.

  • Pédopornographie en ligne : le règlement de l’UE toujours dans l’impasse malgré les garanties de chiffrement

    Pédopornographie en ligne : le règlement de l’UE toujours dans l’impasse malgré les garanties de chiffrement

    La présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne ne cherche désormais plus à obtenir un accord sur le dernier texte de compromis relatif au règlement sur le contenu relatif à des abus sexuels sur enfants (CSAM). Il s’agit là d’un échec des négociations, malgré les garanties sur le chiffrement de bout en bout.

    Le règlement, qui vise à détecter les contenus pédopornographiques en ligne, a fait l’objet de critiques parce qu’il pourrait permettre l’analyse de messages privés sur des plateformes utilisant le chiffrement de bout en bout, telles que WhatsApp ou Gmail.

    Le texte est bloqué au Conseil depuis plus de deux ans, mais la question a été remise à l’ordre du jour du Conseil « Justice et Affaires intérieures » ce jeudi 10 octobre.

    La présidence hongroise du Conseil a tenté d’obtenir le soutien pour divers textes de compromis, y compris la limitation des injonctions de détection aux contenus « connus », ce qui pourrait réduire la quantité de contenu analysé.

    Les derniers textes de compromis proposés par la présidence, datant du 24 septembre et du 7 octobre, garantissent également la protection du chiffrement de bout en bout.

    Ces textes ne semblent toutefois pas avoir recueilli un soutien suffisant au Conseil, puisque la présidence ne cherchera pas à parvenir à une résolution ce jeudi lors d’une réunion du Conseil « Justice et Affaires intérieures », selon le parlement finlandais.

    Pédopornographie en ligne : le règlement de l’UE toujours dans l’impasse malgré les garanties de chiffrement
    @adobestock

    Les médias finlandais ont rapporté au début du mois que le gouvernement du pays était prêt à soutenir le règlement. Cependant, le soutien éventuel de la Finlande ne suffira probablement pas à faire changer une minorité de blocage dont fait partie l’Allemagne.

    Les Pays-Bas ont pour leur part modifié leur position pour soutenir un projet antérieur en septembre, mais le 1er octobre, ils se sont opposés à la proposition de la présidence hongroise.

    Dans une note expliquant leur décision, les services secrets néerlandais ont écrit que « l’introduction d’une application de numérisation sur chaque téléphone portable » avec une infrastructure pour gérer les numérisations serait un système complexe qui introduirait des risques pour la résilience numérique.

    « Le présent règlement n’interdit pas, ne rend pas impossible, n’affaiblit pas, ne contourne pas et ne compromet pas les mesures de cybersécurité, en particulier le chiffrement, y compris le chiffrement de bout en bout, mises en œuvre par les services de renseignements concernés ou par les utilisateurs », peut-on lire dans un ajout à l’article 1 du règlement.

    Selon les derniers projets de texte, le contenu doit être détecté avant d’être transmis dans les services de communications interpersonnelles qui utilisent le chiffrement de bout en bout. Le projet précise que les technologies utilisées à cette fin doivent être approuvées par la Commission européenne et intégrées dans un plan de mise en œuvre.

● Radio en direct
En pause