En octobre, sur la première plateforme francophone mondiale et gratuite, TV5MONDEplus, on voyage du Sénégal à la Chine en passant par le lac Léman sans oublier le Canada. Un tour du monde de la francophonie alors que vient de se conclure le XIXème sommet de la francophonie dans la cité de la langue française au Château de Villers-Cotterêts.
La direction des programmes de TV5MONDEplus et la rédaction, on sélectionnait quelques pépites à découvrir dans les nouveautés du mois ou dans le catalogue existant. Car il ne faut l’oublier, la plateforme d’AVOD francophone réunit plus de 5000 de programmes dont certains sont sous-titrés en 5 langues – français, anglais, espagnol, arabe et allemand – comme d’ailleurs l’interface de l’application qui est également disponible dans ces 5 langues. Avec l’app TV5MONDEPlus sur votre smart TV, votre smartphone ou votre tablette, c’est l’assurance de retrouver films, séries, documentaires, émissions, reportages et podcasts, en français et accessibles partout tout en étant gratuite.
2 séries et des podcasts
Parmi les nouveautés du mois, deux séries nous ont tapés dans l’œil ! Et on a découvert aussi des petites perles belges dans une collection de podcasts publiés par la chaîne publique belge la RTBF.
NO BLABLA – 10x26min
Affiche de la série No Blabla
Créée et réalisée par François Bergeron a été écrite en collaboration avec Basile Yawanké, cette série nous présente les aventures extravagantes d’un migrant africain, Blabla, dans une Afrique du XXIe siècle fantasmée. Traqué sans relâche par l’A-Armée, Blabla dégaine ses armes : optimisme, romantisme et roublardise. 3 pays se sont associés pour la produire, le Burkina Faso, la France et le Sénégal.
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SIX DEGRÉS – 13X22min
Réalisée par Hervé Baillargeon, cette série, produite par Radio-Quebec, raconte l’histoire du jeune Léon qui est presque aveugle. Sa mère lui enseigne l’école à la maison. Mais un jour, elle décède : Léon se retrouve parachuté chez son père biologique qu’il ne connaît pas. Celui-ci habite avec sa femme et leurs quatre enfants, à Montréal, loin de la campagne que Léon a toujours connue.
Affiche retaillée de la série Six Degrés
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Les podcasts belges
Alors que les créateurs de podcasts natifs se multiplient depuis quelques années en Belgique, le format est pressenti comme la grande tendance de 2020. Le podcast permet d’aborder des sujets plus variés avec une liberté dans le ton et dans le format qu’on ne retrouve pas dans les autres médias. Si les marques et les annonceurs commencent à s’intéresser aux podcasts, les revenus publicitaires ne permettent pas encore aux créateurs de podcasts belges indépendants d’assurer leur viabilité économique. La RTBF a été l’un des premiers acteurs à investir dans le format et continue aujourd’hui à financer, seule, des productions.
Et TV5MONDEplus, comme toujours, soutient les initiatives qui mettent en avant la Francophonie. Et désormais, vous pouvez découvrir gratuitement quand vous le voulez une sélection de podcasts de la RTBF avec « Comment la musique change le monde », « La mini heure H », « Marguerite », « Attention Taulards » et « Bonne nuit ».
Mosaique des podcasts de la RTBF présents sur TV5MONDEPlus
3 documentaires pour comprendre le monde
Sur TV5MONDEplus, on se passionne pour l’art cinématographique, on partage des moments d’émotions, on s’évade à travers les yeux des autres mais aussi on explore le monde et ce qui le fait tourner. Ce mois-ci sur la plateforme mondiale et francophone, à l’occasion du sommet de la francophonie, on explore les origines de la langue française avant de se pencher sur les relations sino-françaises. Enfin, on s’ébahira face au courage de ce jeune Suisse qui se lance le défi de parcourir 75 km en moins de 24 heures.
BIOGRAPHIE DE LA LANGUE FRANCAISE
Officiellement, elle est née au XVIe siècle, de la main d’un roi, au château de Villers-Cotterêts. Depuis, la langue française voyage à travers les continents, grâce à ses 321 millions de locuteurs. À la première personne, elle raconte les difficultés et les accomplissements que les siècles lui ont réservés.
Avec la participation d’Amin Maalouf, Claude Hagège, Barbara Cassin, Dany Laferrière, Mohamed Mbougar, etc.
Affiche du documentaire Biographie de la langue française
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Chine – France : 60 ans
L’année 2024 marque le soixantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la République populaire de Chine. Retour sur les événements marquants de ce dialogue entre les deux pays.
Casting : Laurent Fabius, Pierre de Gaulle, Alain Mérieux, Hervé Machenaud, Daniel Levavasseur, Yannick Lintz, Bernar Venet, Jiang Shanqing, Olivier Saillard, Zhao Qian, Rudy Salles, Emmanuel Lenys, Hélène Rollès
Affiche retaillée du documentaire Chine-France : 60 ans
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L’ODYSSEE DU LEMAN
Pour finir, on vous invite à revenir sur l’été 2021. Une saison au cours de laquelle Noam Yaron, 24 ans, décide de traverser le lac Léman dans sa longueur. Ce challenge, parcourir 75 km en moins de 24 heures, synthétise sa passion pour la natation et son envie de sensibiliser le public à la préservation des eaux de la pollution plastique.
Député de la 9ème circonscription des Français établis hors de France, Karim Ben Cheïkh donne son avis sur le débat « polémique » autour des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et son impact dans les relations entre la France et les pays du Maghreb.
Lesfrançais.press : Comment expliquez-vous le discours politique particulièrement brutal au sujet des
OQTF ?
Karim Ben Cheïkh : Les obsessions migratoires de l’extrême droite ont gagné la droite y compris jusque dans le camp macroniste. C’est une bataille culturelle que mène le RN contre les étrangers établis en France, et ce thème est complaisamment relayé par quelques médias et désormais le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et ses soutiens. La France est le pays d’Europe qui délivre le plus d’OQTF, c’est une mesure administrative qui est presque sans rapport avec le niveau d’intégration d’un individu. Les OQTF peuvent concerner d’ailleurs aussi bien des personnes qui sont entrées légalement et se sont mises en défaut pour une raison ou une autre, que des personnes entrées illégalement. Le débat médiatique et politique actuel tend à confondre toutes les situations à dessein avec le but de présenter des chiffres importants pour effrayer les Français. »
« C’est dangereux car on construit de mauvaises réponses quand on construit des politiques sur des fantasmes et le discours ambiant expose d’ailleurs nos compatriotes établis à l’étranger. »
Karim Ben Cheïkh
LFP : Des observateurs politiques considèrent que la ligne politique du nouveau ministre de l’Intérieur sur les OQTF et son propos « L’immigration n’est pas une chance pour la
France » serait largement partagée par des partis du centre, de gauche et par une
majorité d’électeurs français, qu’en pensez-vous ?
Karim Ben Cheïkh : » Le vote de la loi immigration en décembre dernier, une loi restrictive voulue par les macronistes et la droite dure de Bruno Retailleau, déjà alliés de circonstances, une loi déjà fortement inspirée des idées d’extrême droite, avait été le symbole d’un naufrage moral. Cette loi touchait les familles mixtes, les conjoints de Français, notre attractivité universitaire, notre rayonnement culturel, nos relations avec des pays partenaires. Seule la gauche s’est levée pour la combattre. Je retiens aussi les propos de M. Retailleau sur l’État de droit, déclarant qu’il n’était pas “intangible en France”. Ce sont des propos irresponsables qui créent le désordre institutionnel. Du reste la loi immigration de décembre dernier voulue par M.Retailleau avait été partiellement censurée par le conseil constitutionnel saisi par l’ensemble des parlementaires de gauche. La France ne doit pas renoncer à ses valeurs, les droits fondamentaux, l’État de droit, la démocratie, sous la pression démagogique. Quand j’entends Michel Barnier mentionner dans son discours de politique générale les deux millions et demi de visas octroyés en France chaque année, je m’interroge. Pourquoi ne pas dire aux Français que 90% sont des visas touristiques ? Pourquoi ne pas dire que dans un pays qui accueille 100 millions de touristes chaque année ces chiffres démontrent surtout une attractivité du tourisme. Pourquoi ne pas dire que la moitié des visas long séjour sont des étudiants en mobilité universitaire ? Le gouvernement et son prédécesseur pensent à voix haute que la meilleure manière de combattre les idées d’extrême droite est d’appliquer les idées de l’extrême droite. Rien n’est plus faux. »
LFP : Au vu de la tournure prise par le discours politique comme celui d’établir un rapport de force avec des pays comme le Maroc ou l’Algérie et « délivrer » des visas contre des laissez-passer consulaires, est-ce annonciateur de nouvelles tensions entre la France et les pays du Maghreb ?
Karim Ben Cheïkh : « J’entends beaucoup de voix à droite qui reprennent le refrain du “rapport de force”. Nous connaissons déjà la suite du film puisque nous avons eu à suivre ses lamentables épisodes entre octobre 2021 et février 2023. Exercer des représailles sur des centaines de milliers de visas de personnes voyageant tout à fait légalement pour quelques centaines de laisser-passer consulaires a gravement porté préjudice à la France. Il a fallu presque deux ans à Gérald Darmanin, Gabriel Attal et Emmanuel Macron pour le comprendre. Que la droite veuille emprunter ce chemin, et nous verrons que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et dans la surenchère vers le pire, les LR, tout à leurs obsessions maghrébines, proposent désormais de conditionner le travail de l’AFD dans un pays aux reconduites effectuées, ce qui par exemple conditionnerait directement notre coopération avec un pays comme le Maroc où des entreprises françaises ont récemment été sélectionnées pour des chantiers stratégiques, en partie financés par des prêts de l’AFD. Quel serait le sens de cette politique ? C’est cela le projet des LR pour les relations entre la France et les pays du Maghreb ? La crise des visas a laissé des traces, des ruptures psychologiques profondes entre la France et les sociétés civiles de ces pays. Elle a mis en difficulté notre diplomatie, nos intérêts et nos compatriotes. »
« On ne fait pas une politique de rapport de force avec des pays partenaires. »
Karim Ben Cheïkh
LFP : Nombreux sont les politiques à déclarer « qu’il faut changer tout le fonctionnement des OQTF » et d’autres comme Nicolas Sarkozy suggère que la question migratoire soit gérée au niveau de l’UE, qu’en pensez-vous ?
Karim Ben Cheïkh : « Il y a beaucoup de déclarations médiatiques à tort et à travers. La question de la migration est déjà une compétence partagée européenne. L’UE finance des gardes-frontières, des coopérations judiciaires et sécuritaires avec les pays de la rive Sud de la Méditerranée, elle déploie déjà des équipes sur le terrain, par exemple au Nord du Sénégal et pendant longtemps au Nord du Niger. L’attribution d’un visa court séjour dépend aussi de procédures de coordination judiciaire et sécuritaire dans l’espace Schengen. Du reste, ces vingt dernières années, les migrations de travail et même d’asile ne se sont pas dirigées vers la France, mais vers l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni ; c’est ce que nous montrent les chiffres. Il faut une solidarité européenne et des outils européens mais aujourd’hui le risque est grand de voir prédominer des logiques de repli nationales. »
Visite de délégation parlementaire (en tant que président du groupe d’amitié France-Maroc)
LFP : Avez-vous des propositions concrètes pour une gestion politique efficiente des
OQTF ?
Karim Ben Cheïkh : « L’OQTF n’est pas le bon outil pour fonder une politique migratoire car c’est une catégorie qui ne fait pas de distinction par le parcours des individus ou leur niveau d’intégration. La France expulse de nombreux étrangers en situation irrégulière, c’est le pays qui en fait le plus en Europe d’ailleurs. Il faut aujourd’hui renforcer la lutte contre les filières de passeurs et de trafics d’êtres humains en coopération avec les pays de départ. Sur le volet intérieur, il faut donner latitude aux services préfectoraux de travailler de manière adaptée aux situations individuelles. L’outil de la régularisation est également pertinent, pourquoi le disqualifier ? J’ai un problème fondamental lorsqu’un ministre de l’Intérieur comme M. Retailleau déclare qu’il faut “plus d’OQTF et moins de régularisations” alors qu’aucun indicateur ne démontre que c’est la réponse la plus efficace et la plus adéquate. »
« Est-ce qu’on pense sincèrement que mettre hors cadre juridique sans solution des gens qui sont actuellement sur notre territoire et qui souvent y travaillent est le parangon de la sécurité ? »
Deux fois par an, les 90 élus de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) se réunissent officiellement à Paris. Ainsi, du 14 au 18 octobre se tiendra la 41eme session plénière de l’AFE. Quels sujets seront, entre autres, abordés au cours de cette semaine de travaux par vos représentants ? Quels sont également les débats programmés pour répondre aux attentes de nos ressortissants vivant hors de France ? Et aussi, la nouvelle ministre en charge des expatriés, Sophie Primas, échangera-t-elle avec les élus ? Lesfrancais.press vous donne tous les détails.
Le programme complet de la 41eme session plénière de l’AFE
Représentant les Françaises et les Français établis hors de France, l’AFE est une instance politique consultative. Elle est notamment composée de 90 personnes, qui sont élues pour six ans directement par les 442 conseillers des Français de l’étranger. Chaque membre de cette assemblée travaille dans une des six commissions thématiques. Ces dernières couvrent tous les aspects de la vie quotidienne des expatriés. De la santé à la sécurité, en passant par l’éducation, la fiscalité ou bien encore la protection sociale pour ne prendre que ces exemples. Sur la base d’auditions ou de cas concrets étudiées au cours de ces travaux, des avis ou des résolutions sont ainsi rédigés et votés lors de la session plénière.
La 40ème session de l’Assemblée des Français de l’Etranger
Cette 41eme session plénière ne dérogera pas aux règles d’organisations habituelles. Une partie sera accessible à tous et, est également diffusée sur Youtube. Et une autre, à huis clos, est liée au travail au sein des commissions thématiques.
C’est ainsi que cette semaine de l’AFE, du 14 au 18 octobre, débutera par une séquence ouverte au public. C’est le discours de l’actuelle présidente Hélène Degryse qui inaugurera cette session plénière. Cette élue représentant nos compatriotes aux Pays-Bas accueillera également la nouvelle ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Sophie Primas.
Sophie Primas, Ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger
Dorénavant, il est de tradition que le détenteur du portefeuille ministériel des expatriés vienne s’exprimer devant les élus de l’Assemblée des Français de l’étranger.
« Ce sera une première pour Sophie Primas, nommée le 21 septembre dernier. Toutefois, du côté des élus, depuis le renouvellement de l’AFE en 2021, c’est déjà le quatrième ministre en charge des Français de l’étranger que les membres de cette assemblée vont recevoir ».
La question de la continuité des dossiers en cours est ainsi posée. Au cours de cette partie accessible au grand public, le nouveau secrétaire général de l’AFE, Olivier-Antoine REYNES nommé officiellement au début de ce mois, prendra également la parole ce lundi 14 octobre. Puis les élus se rendront dans les différentes commissions, dont les ordres du jour de chacune sont détaillés ci-dessous.
C’est ensuite le jeudi 17 octobre après midi et le vendredi 18 octobre, que la session plénière sera à nouveau ouverte au public, avec notamment la présentation des travaux des différentes commissions thématiques. La Directrice générale de l’ANTS, l’agence nationale des titres sécurisés, échangera aussi avec les élus au cours de cette séquence. Enfin, le vendredi 18, Pauline Carmona, la directrice des Français à l’étranger et de l’Administration consulaire, fera une intervention qui devrait être suivie d’une séance de questions avec les membres de l’AFE.
Quel ordre du jour pour les six commissions thématiques de l’AFE ?
Pour pouvoir présenter des avis ou des résolutions sur les sujets qui concernent le quotidien de nos ressortissants vivant hors de France, les élus de l’AFE siègent au sein de commissions thématiques. C’est toute cette partie effectuée au sein de ces dernières qui constitue la majeure partie des travaux des membres de l’AFE. Ces réunions se déroulent généralement à huis clos. Les ordres du jour ne font pas toujours l’objet d’une communication officielle vers l’extérieur. Alors, pour cette 41eme session de l’AFE, quels seront les principaux sujets traités et les auditions programmées dans ces différentes commissions thématiques ?
AFE : Commission des Finances, du Budget et de la Fiscalité, le budget des expatriés en danger ?
Présidée par Renaud Le Berre, membre du parti Les écologistes et élu consulaire en Espagne (Barcelone), cette commission orchestra ses travaux autour de la loi de finances 2025 (le Budget de l’Etat) et sur celui de la fiscalité des Français de l’étranger. Dans le contexte de réduction des dépenses publiques, les crédits alloués aux actions pour les expatriés seront étudiés à la loupe. Elles sont notamment regroupées autour de deux programmes, le 151 qui concerne les affaires consulaires, y compris les bourses scolaires AEFE, et le programme 185 relatif à la diplomatie culturelle et d’influence.
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Pour mener à bien cet examen, des auditions avec des parlementaires seront, entre autres, organisées, ainsi qu’avec des membres du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, notamment des directions de la stratégie et des affaires budgétaires Des représentants de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) et de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) échangeront aussi avec les membres de cette commission.
Un débat la fiscalité de nos expatriés en Italie, en Suisse, en Thaïlande et dans les pays du Sahel est aussi programmé. En effet, des cas de doubles impositions ont été répertoriés, ou des problèmes de communication avec l’administration fiscale du pays d’accueil. Sur toutes ces questions, des avis seront donc rédigés par les membres de cette commission, et présenter ensuite en séance plénière.
AFE : Commission du développement durable et du commerce extérieur, quelles priorités pour Business France ?
Du côté de la commission du développement durale et du commerce extérieur présidée par Pascal Bourbon, élu consulaire en Espagne (Madrid) et membre du groupe « Solidaires et Indépendants » à l’AFE, les priorités de Business France (Agence publique accompagnant les entreprises françaises à l’exportation) seront étudiées. D’autant plus que dans son discours de politique générale, le Premier Ministre, Michel Barnier a soumis l’idée d’une fusion de cette structure avec Atout France, davantage porté sur le tourisme.
Un échange sur la façon de développer des nouveaux modèles pour le commerce extérieur de la France en lien avec le développement durable est également programmé. Le sujet du Fond vert pour le climat sera aussi abordé, ainsi qu’une radioscopie du commerce extérieur de la France avec les BRICS+. Des avis et des résolutions découleront de ces débats.
AFE : Commission de l’enseignement, des affaires culturelles, de la francophonie et de l’audiovisuel extérieur, un agenda allant des bourses scolaires à la cité internationale de la langue française
Quelques jours après les conclusions du XIXeme sommet de la Francophonie qui s’est tenu en France, la commission présidée par Jean-Hervé Fraslin, membre du Modem et venant de Madagascar, fera de ce sujet une de ses priorités. Une audition de parlementaires sur ce thème ainsi qu’un déplacement à Villers Cotterêts, à la Cité internationale de la langue française, sont notamment à l’agenda.
Lycée français AEFE Anne de Kiev en Ukraine
La labellisation des établissements au sein du réseau de nos lycées AEFE est également sur le bureau de cette commission. Tout autant, la question des bourses scolaires sera aussi débattue, ainsi que la situation actuelle de la MLF (Mission Laïque française) qui fait face à une situation financière tendue. Sur la base de ces travaux, des propositions seront ainsi rédigées et soumises au vote des 90 élus de l’AFE.
AFE : Commission des lois, des règlements et des Affaires consulaires, Certificat de nationalité française et retour sur les élections européennes et législatives au programme
C’est Rosiane Houngbo-Monteverde, venant de Dubaï et membre du groupe « les Indépendants » à l’AFE qui préside cette commission. Au programme de cette semaine de travail, trois sujets principaux. Tout d’abord celui de la charge de la preuve de la nationalité française précédant l’exigence de CNF (Certificat de nationalité française). Une complexité administrative, voire politique, semble entraver les démarches de dépôts de dossier.
Le processus d’attribution des ordres nationaux attribués aux Français de l’étranger est aussi à l’ordre du jour de cette commission et des recommandations seront proposées. Enfin, une note de synthèse sur le déroulement des opérations de vote aux élections européennes et législatives sera aussi rédigée et présentée au cours de la session plénière ouverte au public.
AFE : Commission de Sécurité et des Risques Sanitaires, la désinformation et l’aide psychologique, notamment à l’ordre du jour
Un échange avec les représentants de l’organisation « Renacump », une association nationale d’urgence médico-psychologique, après un attentat ou un désastre naturel, est dans l’agenda. Les cas de violences faites aux femmes et aux enfants dans un contexte d’expatriation seront aussi étudiés. Des avis et propositions viendront clore ces séquences et seront soumis à l’adoption de tous les élus de l’AFE.
AFE : Commission des affaires sociales, du monde combattant, de l’emploi et de la formation, les assises de la protection sociale confirmée ?
Précédemment, le gouvernement dirigé par Gabriel Attal avait acté l’organisation des assises de la protection sociale pour les expatriés. Depuis, Michel Barnier est devenu le locataire de Matignon, aussi la nouvelle ministre des Français de l’étranger, Sophie Primas confirmera-t-elle la tenue de ces assises ? C’est l’objet d’une question ouverte que portera cette commission présidée par Florian Bohème, membre du Parti radical de gauche (PRG) et élu pour les Français du Cambodge. Le budget de l’Etat en matière d’affaires sociales retiendra aussi l’attention des membres de cette commission. Un dialogue avec les Caisses de retraites est aussi programmé, avec la proposition venant des élus de créer, au sein de ces organismes, un comité clients dédiés aux Français de l’étranger. Ce serait une première.
Ce sont donc tous ces sujets que traiteront vos représentants au cours de cette 41eme session plénière de l’AFE. Un travail de propositions et de recommandations sera donc réalisé par les 90 élus. Mais que deviendront ces différents avis et résolutions une fois adoptés ? Quels impacts auront concrètement ces textes sur les actions du gouvernement et des parlementaires ? Entre autres, la réponse à ces questions de la part de la nouvelle ministre en charge des Français de l’étranger est très attendue par les élus. Une attente partagée aussi chez tous les expatriés, des Français vraiment comme les autres ?
De campagne électorale en campagne électorale, les candidats promettent de restaurer les services publics, mais ces promesses restent souvent lettre morte. En entrant à la Maison Blanche en 2021, le président Joe Biden avait promis de revitaliser les infrastructures américaines. Pourtant, durant son mandat, les dépenses consacrées aux routes et aux chemins de fer ont diminué. Un plan visant à étendre l’accès au haut débit dans les zones rurales est resté inachevé. Le National Health Service britannique absorbe toujours plus de fonds, mais fournit des soins de plus en plus médiocres. Il en va de même pour le système de santé français. Les trains allemands, autrefois source de fierté nationale, sont maintenant connus pour leurs retards, avec moins des deux tiers des trains longue distance arrivant à l’heure. Dans certaines régions du Canada, des enfants peuvent attendre plusieurs années pour une place en crèche. Au Royaume-Uni, les détenus sont libérés plus tôt que prévu en raison de l’absence de places en prison, une situation similaire à celle de la France. Les États seraient-ils devenus de moins en moins efficients ?
Les Etats dépensent de plus en plus pour des résultats de moins en moins satisfaisants
Ils dépensent de plus en plus pour des résultats de moins en moins satisfaisants, que ce soit en termes de croissance ou de lutte contre les inégalités sociales. Alors qu’en 1960, les dépenses publiques des États de l’OCDE représentaient 30 % du PIB, elles dépassent 40 % en 2024. Dans certains pays, comme la France, ce ratio excède même 50 %. Depuis le milieu des années 1990, les dépenses publiques britanniques ont augmenté de six points de pourcentage du PIB, tandis que celles de la Corée du Sud ont progressé de dix points.
Aux États-Unis, en 1950, les dépenses publiques consacrées aux services publics, comme les salaires des enseignants ou la construction d’hôpitaux, représentaient 25 % du PIB, alors que les dépenses sociales n’en représentaient que 8 %. Les dépenses de retraite étaient alors inférieures à 3 % du PIB.
Les prestations sociales avant les services publics et les investissements
En 2024, les prestations sociales représentent plus de 15 % du PIB, un niveau relativement faible par rapport aux autres pays de l’OCDE. Depuis les années 1980, l’augmentation des dépenses sociales s’est accélérée, en partie à cause du vieillissement démographique et du ralentissement de la croissance. Au sein de l’OCDE, les dépenses sociales sont passées de 14 % à 21 % du PIB entre 1980 et 2022. À cela s’ajoutent les engagements futurs, tels que les retraites et les pensions d’invalidité qui constituent un « passif social ». Selon l’économiste James Hamilton de l’Université de Californie à San Diego, ce passif social aux États-Unis représenterait six fois le PIB.
Le vieillissement de la population pèse sur les finances publiques. En 2022, 33 millions de personnes avaient plus de 85 ans dans l’OCDE, soit 2,4 % de la population totale. En 1970, elles n’étaient que 5 millions, représentant 0,5 % de la population. Entre 1980 et 2022, les dépenses sociales dans les pays de l’OCDE sont passées de 14 % à 21 % du PIB. En France, elles dépassent 33 %.
Une envolée de la dette publique
Durant les quarante dernières années, les États ont accru les impôts moins rapidement que les dépenses, provoquant ainsi une envolée de la dette publique. La dette publique aux États-Unis, en Italie, en Grèce ou en France, dépasse désormais 100 % du PIB. La progression rapide des dépenses sociales a contraint les États à réaliser des économies sur les services publics, le fonctionnement des administrations et les investissements.
Cette augmentation des dépenses sociales est imputable non seulement au vieillissement démographique, mais aussi à la montée des inégalités. Incapables de corriger ces inégalités en amont, les États interviennent sous forme de prestations sociales. Le financement de ces prestations accapare une part croissante de la richesse des pays, entraînant une hausse du coût du travail, ce qui pèse sur les salaires et favorise les délocalisations.
En cherchant à être les béquilles du capitalisme, les États n’ont-ils pas fait fausse route ? Depuis les années 1980, les États sont passés d’une logique assurantielle à une logique d’assistance en matière de prestations sociales. Les aides sont de plus en plus conditionnées à des niveaux de ressources. Aux États-Unis, cette tendance est également observée. En 1980, le quintile des Américains les moins bien payés recevait des transferts sous condition de ressources équivalant à un tiers de leur revenu brut. Depuis les années 1970, la part des Américains bénéficiant de bons alimentaires a doublé, atteignant une personne sur huit.
Les États sont devenus plus généreux en période de crise. Pendant la pandémie de Covid-19, ils ont accordé des aides aux actifs et aux entreprises affectés, ainsi qu’à de nombreuses personnes qui continuaient à travailler. Pendant la crise énergétique de 2022, de nombreux gouvernements ont pris des mesures pour atténuer les effets de l’augmentation des prix de l’énergie. Même l’Allemagne, traditionnellement réputée pour sa rigueur budgétaire, a alloué 4,4 % du PIB pour protéger les ménages et les entreprises des conséquences de la guerre en Ukraine.
Ces dernières années, les gouvernements semblent avoir perdu toute mesure. Aux États-Unis, la loi Inflation Reduction Act, visant à financer des investissements écologiques, pourrait coûter plus de 1 000 milliards de dollars. En Italie, un projet visant à encourager les propriétaires à rendre leur logement plus écologique est devenu incontrôlable, le gouvernement ayant déjà déboursé plus de 200 milliards d’euros (soit 10 % du PIB).
@adobestock
L’impossible solution fiscale
Depuis la crise financière de 2008, les gouvernements ont agi comme si des dépenses supplémentaires pouvaient être réalisées sans augmenter les impôts ni opérer des arbitrages budgétaires. Entre les années 1960 et 1990, les recettes fiscales en pourcentage du PIB des pays riches ont régulièrement augmenté. Depuis les années 2010, elles stagnent. Dans les années 1970 et 1980, les réformes fiscales étaient partagées équitablement entre celles qui augmentaient et celles qui réduisaient les recettes. En revanche, les réformes récentes se sont concentrées sur la réduction des impôts. En 2022, 85 % des réformes de l’assiette de l’impôt sur le revenu des particuliers dans les pays de l’OCDE ont conduit à une baisse de l’impôt collecté.
En France, les gouvernements ont supprimé ces dernières années la taxe d’habitation, la redevance audiovisuelle, la première tranche de l’impôt sur le revenu et une partie de l’ISF, sans compenser ces pertes fiscales par de nouvelles sources de revenus ou par des économies budgétaires. Le résultat est le maintien de déficits publics élevés malgré la reprise économique depuis 2021. En 2024, le déficit public moyen de l’OCDE est de 4,4 % du PIB, dépassant 7 % aux États-Unis et atteignant 6 % en France. Dans le passé, de tels taux n’étaient observés qu’en période de guerre ou de récession.
Des services publics dégradés
Face à l’explosion des dépenses sociales, les gouvernements ont tendance à réduire les crédits alloués aux services publics. À l’exception de la France, la part de l’emploi dans le secteur public, en pourcentage du total, a diminué depuis la fin des années 1990. En raison de la complexification du droit et de la diminution des moyens alloués à l’administration, son efficacité a diminué. Aux États-Unis, le délai pour obtenir un permis de construire pour un projet résidentiel a doublé en trente ans. Au Royaume-Uni, les tribunaux du travail sont confrontés à d’importants retards en raison d’une pénurie de juges, avec des audiences sur les licenciements abusifs ou les discriminations raciales prévues jusqu’en 2026. En Australie, le délai de traitement des demandes de passeport est passé de trois à six semaines entre 2022 et 2024.
Des investissements en baisse et de plus en plus difficiles à réaliser : La réalisation d’investissements publics, comme les lignes ferroviaires à grande vitesse ou les métros, prend désormais des décennies, alors que dans les années 1970, quelques années suffisaient. La France a réussi à construire 18 centrales nucléaires entre la fin des années 1960 et la fin des années 1980, tandis qu’il a fallu 17 ans pour achever la seule centrale EPR de Flamanville. Aux États-Unis, l’Empire State Building a été construit en un an dans les années 1930. Aujourd’hui, un tel projet prendrait trois ou quatre fois plus de temps. Dans les années 1950 et 1960, les gouvernements, notamment en Allemagne et au Japon, ont construit des millions de logements sociaux et des milliers de kilomètres de routes et de voies ferrées.
Pour limiter la dérive de leurs finances, les États ont réduit leurs investissements dans la recherche et le développement. En 2023, les États de l’OCDE financent 10 % des dépenses de recherche, contre plus de 17 % en 1981. Presque toutes les avancées récentes en matière d’intelligence artificielle proviennent du secteur privé, alors que jusqu’aux années 1980, les grandes innovations technologiques, telles qu’Internet ou les trains à grande vitesse, étaient souvent le fruit d’investissements publics.
La réforme, un mot honni
Depuis les années 2010, les gouvernements réforment peu. Quand ils le font, la croissance économique n’est rarement leur priorité. En 2024, les gouvernements sont tiraillés entre la nécessité de stabiliser les impôts et celle de trouver de nouvelles ressources pour financer les dépenses publiques en augmentation. Dans son budget 2024-2025, le nouveau gouvernement britannique devrait augmenter les impôts sur l’épargne et l’investissement, au risque de freiner la croissance. Le Canada a augmenté les impôts sur les plus-values. En France, le gouvernement envisage d’augmenter les impôts sur les entreprises et les ménages les plus aisés. Aux États-Unis, où le déficit annuel atteint 7,3 % du PIB, les candidats à la présidence refusent d’envisager des hausses d’impôts. À la place, ils promettent de nouvelles baisses d’impôts qui risquent d’aggraver encore le déficit public. Les deux candidats ont proposé l’exonération des pourboires de l’impôt sur le revenu. Donald Trump a promis l’exonération des heures supplémentaires et une forte augmentation des droits de douane, qui sont dans les faits un impôt sur la consommation des produits importés.
Les gouvernements recourent à des expédients pour tenter de limiter la dérive des déficits publics, mais ils sont peu nombreux à chercher à améliorer l’efficacité des dépenses ou à moderniser le système fiscal. Des impôts à large assiette et à faible taux permettraient d’augmenter les recettes publiques tout en étant plus neutres économiquement. Le relèvement des taux de TVA constitue également une solution pour accroître les recettes, générant généralement peu de contestation.
Les pays d’Europe du Nord ont des taux de TVA allant de 24 % à 25 %. Récemment, l’Estonie a augmenté sa TVA pour financer son industrie de la défense. Aux États-Unis, les Républicains s’opposent à toute augmentation de la TVA, arguant que cet impôt est régressif. Les ménages modestes consacrent en effet une part plus importante de leurs revenus à la consommation de biens et de services que les ménages plus aisés. Cependant, ces ménages sont aussi ceux qui bénéficieraient le plus de services publics efficaces.
Des gains de productivité pour faire face à l’augmentation des dépenses
Un autre argument contre l’augmentation de la TVA est son impact inflationniste. Cependant, depuis le printemps 2024, l’inflation est en nette diminution, et la faible croissance devrait inciter les entreprises à ne pas répercuter entièrement cette hausse sur les prix. Les États ont une ardente obligation à dégager des gains de productivité pour faire face à l’augmentation des dépenses de retraite et de santé, et pour réduire leurs déficits publics. Ils devront probablement recourir à la fiscalité, mais en privilégiant des impôts à fort rendement et aussi neutres que possible d’un point de vue économique.
Lors d’une réunion du Conseil pour la justice et les affaires intérieures, prévue au Luxembourg jeudi 10 octobre, les ministres de l’Intérieur des 27 États membres discuteront du renforcement des frontières extérieures de l’Union européenne (UE) et de la meilleure façon de renvoyer dans leurs pays d’origine les migrants en situation irrégulière.
Lors d’un déjeuner informel à huis clos le 10 octobre, et selon des informations recueillies par Euractiv, les ministres des 27 devraient évoquer les moyens à leur disposition pour rationaliser les retours de migrants déboutés de leur demande d’asile, notamment en mettant en place des « hubs de retour » (return hubs) hors de l’UE.
Ils devraient aussi évoquer le rôle de l’Agence européenne de gardes-frontières et de garde-côtes (Frontex), la meilleure façon de renforcer leurs relations avec des États non-membres de l’UE, et l’approche à envisager pour expulser des « personnes représentant une menace pour la sécurité », originaires de pays dits « sensibles ».
La réunion, sous le patronage de la présidence hongroise, devrait poser les bases d’une déclaration commune publiée par les dirigeants des États membres, lors du prochain sommet de l’UE à Bruxelles, les 17 et 18 octobre.
« Le Conseil européen appelle à intensifier la coopération avec les pays d’origine et les pays de transit, par le biais de partenariats mutuellement bénéfiques, afin de s’attaquer aux causes profondes et de lutter contre la traite et le trafic, pour prévenir les départs irréguliers et les pertes de vies humaines », indique un projet de conclusions du Conseil européen, envoyé aux gouvernements de l’UE samedi 5 octobre et obtenu par Euractiv.
Ces discussions s’appuient sur une note — dite « non-paper » dans le jargon bruxellois — rédigée vendredi 4 octobre par quinze pays membres, plus la Suisse et la Norvège, et qui appelle à une révision de la directive « retour ». Adoptée pour la première fois en 2005 et révisée en 2008, cette dernière définit ce que les États membres peuvent et ne peuvent pas faire lorsque des migrants en situation irrégulière se sont vus refuser l’asile et doivent quitter le territoire européen.
« Le cadre juridique actuel ne reflète plus suffisamment les besoins des [États membres] pour assurer des expulsions efficaces », souligne la note rédigée par l’Autriche et les Pays-Bas, et signée par une douzaine d’autres États de l’UE, dont la France, l’Italie et l’Allemagne.
« Cette directive empêche, en réalité, les retours », affirmait mardi 8 octobre le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau à l’Assemblée nationale, qui appelle de ces vœux une « refonte complète » du texte.
La Commission avait proposé des modifications de cette directive en 2018 et les gouvernements de l’UE s’étaient mis d’accord sur une position commune en 2019, mais le projet législatif avait été bloqué lors de son examen par la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) au Parlement européen, en raison de désaccords entre groupes politiques.
Le non-paper de vendredi appelle donc à « un changement de paradigme dans le processus de retour, vers des obligations et des devoirs pour le ressortissant de pays tiers faisant l’objet d’une décision de retour » et cherche à définir un « cadre juridique moderne » pour améliorer ces procédures.
La Commission européenne ne devrait cependant pas proposer de modification de la directive « retour » avant l’entrée en fonction du nouveau Collège, au plus tôt en décembre 2024.
Différents modèles de migration
Bruxelles avait en mai dernier adopté le Pacte sur la migration et l’asile, qui visait à renforcer la réponse de l’Union face aux migrations irrégulières, à mieux partager avec les pays de première entrée la responsabilité du contrôle des frontières extérieures de l’UE grâce à un nouveau mécanisme de « solidarité », et à mettre en place des contrôles de « pré-filtrage », avant que les migrants irréguliers ne pénètrent sur le territoire européen.
Mais depuis les élections européennes de juin 2024 et les scrutins nationaux en France et aux Pays-Bas, les États membres semblent de plus en plus décidés à durcir la politique migratoire de l’Union et à multiplier les accords de retour avec des pays tiers.
« Les défis actuels concernant le système d’asile et de migration de l’UE, y compris la forte augmentation des arrivées irrégulières, sont insoutenables », avaient écrit quinze États de l’Union dans une lettre adressée à la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, en mai dernier.
Ces derniers appelaient déjà à des « partenariats étendus » avec des pays non-membres de l’UE situés le long des routes migratoires, « en changeant notre approche de la gestion de la migration irrégulière en Europe, afin de soutenir les réfugiés et les communautés d’accueil dans les régions d’origine ».
La manière dont ces accords passés entre l’UE et des pays tiers fonctionnent dans la pratique, et dans quelles mesures ceux-ci sont conformes au droit international continue de faire l’objet de nombreux débats et de multiples controverses depuis des années.
Reste cependant que l’accord signé par l’Italie avec l’Albanie intéresse beaucoup les capitales européennes. Selon ce dernier, les exilés interceptés durant la traversée de l’Adriatique devraient être transférés sur le sol albanais, où leur demande d’asile sera étudiée par les autorités de Rome.
En Grande-Bretagne, l’ancien gouvernement conservateur du Premier ministre Rishi Sunak prévoyait de déporter des demandeurs d’asile au Rwanda, mais a dû faire face à l’opposition de la Cour suprême du Royaume-Uni. La mesure a finalement été abandonnée par le gouvernement de centre gauche du Premier ministre travailliste Keir Starmer.
Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le 10 octobre 2024, Dans les titres du flash quotidien des expatriés de ce jeudi : Un avion Air France a failli être touché par un missile iranien – Les Français de Floride face à Milton tandis qu’en France, c’est une tempête qui frappe
Un avion d’Air France se trouvait au-dessus de l’Irak
Quand l’Iran a tiré ses premiers missiles en direction d’Israël le 1er octobre, un vol en direction de Singapour se trouvait à proximité. L’organisation syndicale Atel a publié une analyse, heure par heure, des événements, en faisant notamment observer qu’il était 16 heures (heure universelle) quand l’avion a pénétré le corridor irakien. A ce moment-là, assure le syndicat, cela faisait déjà une heure et quarante minutes que les médias américains annonçaient que l’Iran préparait une attaque imminente. Trois autres appareils KLM ont fait demi-tour avant même d’arriver au corridor et un quatrième a modifié son plan de vol pour passer par l’Egypte, toujours selon cette source, qui présente des captures d’écran. Alors pourquoi Air France (qui détient KLM) n’a pas fait de même ? Une enquête est ouverte en France.
Certains l’annoncent comme la tempête du siècle, cet ouragan de catégorie 5 devrait toucher au cours de la nuit de mercredi à jeudi, la Floride. Sur place, le consulat est mobilisé, sur le site vous pouvez retrouver toutes les informations des autorités américaines traduites en français. Mais les élus consulaires comme le personnel du consulat et le Consul sont aussi sur le terrain et disponibles sur les réseaux sociaux. Consultez l’article dédié sur Lesfrancais.press pour en savoir plus.
Carte prévisionnelle pour l’ouragan Milton de la @Chaine Météo
L’ancien ouragan Kirk a frappé la France
Devenue une dépression, celle-ci s’est intensifiée en France, ce mercredi 9 octobre, entraînant des « pluies intenses » de la Vendée aux Ardennes et de forts coups de vent dans le sud-ouest du pays, et perturbant le trafic ferroviaire en Nouvelle-Aquitaine. Par précaution, la SNCF avait programmé une interruption totale du trafic sur plusieurs axes mercredi, notamment entre Dax (Landes) et Tarbes (Hautes-Pyrénées), Bayonne et Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) ou encore Saintes et Royan (Charente-Maritime). Dans la région, un fort coup de vent a déjà été ressenti, notamment sur les sommets de l’ouest du massif pyrénéen : selon Météo-France, des rafales à 211 km/h ont été enregistrées dans la nuit dans le secteur de la station de ski d’Iraty, dans les Pyrénées-Atlantiques. En tout, c’est trente-cinq départements qui ont été placés en vigilance orange « pluie-inondation », « vent » et/ou « crues. Un mois de pluie est tombé en une journée sur un axe allant de la Vendée à la Champagne-Ardenne, au sud de la Picardie en passant par la région parisienne.
carte des précipitations en France suite à la tempête Kirk
C’est ainsi que se termine ce flash quotidien des expatriés, bon jeudi à toutes et à tous où que vous soyez.
L’ouragan Milton s’approche des côtes est américaines, les Français de Floride se préparent comme les Américains à surmonter cette épreuve. Car Milton a le potentiel d’être l’un des ouragans les plus destructeurs jamais enregistrés dans le centre-ouest de la Floride ». L’ouragan Milton, un temps rétrogradé en catégorie 4, a regagné en puissance pour revenir en catégorie 5, la plus élevée, sur l’échelle de Saffir-Simpson. C’est avec cette force que celui-ci devrait toucher la côte ouest de la péninsule de Floride dans la nuit du mercredi 9 octobre au jeudi 10 octobre selon les prévisions météorologiques du Centre national des ouragans.
Évacuer ou rester ?
Selon les prévisions, Milton traversera probablement la Floride avant d’atteindre l’océan Atlantique, le Centre national des ouragans (NHC) mettant en garde contre des « conséquences potentiellement mortelles pour certaines parties de la côte ouest de la Floride mardi ou mercredi ». L’ouragan pourrait, d’après sa trajectoire anticipée par le NHC, épargner l’intérieur des terres américaines, comme les montagnes de Caroline du Nord où l’ouragan Helene a occasionné de graves dégâts en déclenchant notamment des inondations.
Pour Michael Lowry, cité par l’AFP, « si les pires prévisions se concrétisent pour la région de la baie de Tampa, les submersions côtières provoquées par Milton pourraient être le double de celles observées il y a deux semaines durant Helene ».
Le passage de Milton, mardi, au large de la péninsule du Yucatan, n’a pas fait de victimes, ne provoquant que quelques dégâts matériels. Mais, avec des vents annoncés jusqu’à 270 km/h cette nuit, la Floride se prépare au pire.
Carte prévisionnelle pour l’ouragan Milton de la @Chaine Météo
Alors que les secours sont toujours à pied d’œuvre pour venir en aide aux nombreuses victimes de l’ouragan Helene, « toute la péninsule de Floride est sous une forme soit de surveillance soit d’alerte », a déclaré mardi Ron DeSantis, le gouverneur de Floride, à l’approche de Milton.
Sur les 67 comtés de Floride, 51 sont sous un décret d’état d’urgence. Les autorités ont émis des ordres d’évacuation obligatoire pour des parties du comté de Pasco et de l’île d’Anna Maria, près de Tampa, à partir de lundi, tandis qu’une poignée d’autres localités ont demandé aux résidents de certains types de bâtiments, comme les établissements de soins de longue durée, d’évacuer.
De nombreux Américains ont fait le choix de rester pour tenter de protéger leurs biens, et ce alors que la Gouverneure de Floride a été claire dans ses déclarations, « Si vous restez c’est la mort qui vous attend ». Parmi ceux qui ont fait ce choix, on retrouve des Français. D’ailleurs, l’élu consulaire Axelle Gault, refusant de juger les décisions personnelles des uns et des autres, publie ses réseaux sociaux des posts pratiques comme celui indiquant où on peut trouver des sacs de sable pour tenter de limiter l’entrée des eaux dans les domiciles, bureaux et commerces.
Mobilisation consulaire
Depuis Paris, Roland Lescure, qui assiste aux débats sur le budget français 2025, est aussi mobilisé et veille aux actions de notre consulat à Miami pour lutter contre l’ouragan Milton.
« J’exprime tout mon soutien aux Français de Floride face à la montée de l’ouragan Milton. Je sais les dégâts matériaux et les victimes déjà causées par l’ouragan Helene ces dernières semaines. Le consulat de Miami est pleinement mobilisé pour accompagner les Français qui en auraient besoin dans cette période difficile. Je suis en contact constant avec le consul général, suis de près la situation et me tiens informé des évolutions. »
Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord et ancien ministre de l’Industrie
Et en effet sur le site du consulat, vous pouvez retrouver toutes les informations des autorités américaines traduites en français. Celles-ci sont aussi disponibles sur les réseaux sociaux.
Le Président du Conseil consulaire, Franck Bondrille, félicite d’ailleurs les équipes du Consulat comme le Consul, pour leur présence sur le terrain et leur disponibilité pour nos compatriotes. À travers les boucles Whatsapp et Télégram, il est possible d’échanger directement avec eux. Là encore, vous pouvez trouver les noms et coordonnées de vos élus locaux sur le site du consulat de Miami.
« En Floride, le Consulat communique beaucoup, entre les chefs d’îlots, le consulat et les élus, nous sommes en contact permanent. Sur nos boucles Whatsapp et autres, nous échangeons aussi avec nos compatriotes »
Président de l’Union des Français de l’étranger monde (UFE) depuis mars 2023, Alain-Pierre Mignon fait, pour Lesfrancais.press, un premier bilan de son action à la tête de cette association. Au cours de ce podcast, celui qui est aussi chef d’entreprise, partage, entre autres, son regard sur l’évolution de l’expatriation. Cette nouvelle donne à un impact sur les actions de l’UFE. C’est pourquoi une nouvelle dynamique est indispensable pour répondre aux demandes des Français de l’étranger qui se transforment depuis des années. Écoutez l’intégralité de ce podcast pour découvrir les ambitions de l’UFE et de son président, Alain-Pierre Mignon.
UFE : une association engagée pour les expatriés
Notre invité, Alain-Pierre Mignon, réside en Asie. C’est un chef d’entreprise. Il est Conseiller du commerce extérieur. Il est également Conseiller des Français d’Indonésie, et il a été président du groupe « Les Républicains » à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Il a aussi présidé la Caisse des Français de l’étranger de 2015 à 2022. Alain-Pierre Mignon est aux commandes de l’UFE-Monde depuis mars 2023.
Alain-Pierre Mignon
Depuis plusieurs décennies l’Union des Français de l’étranger (UFE) organise diverses activités à destination de nos compatriotes expatriés. L’action de cette association se définit autour de 4 valeurs : l’accueil, l’entraide, la convivialité et le rayonnement. Il existe plus de 140 antennes de l’UFE dans le monde. Et « chaque représentation de l’UFE est un petit morceau de France à l’étranger » selon le site internet de l’organisation. Reconnue d’utilité publique, l’UFE est présente dans différentes commissions officielles organisées par les consulats de France et les ambassades, comme celles des bourses scolaires ou du STAFE. Une association qui semble donc bien ancrée chez nos ressortissants vivant hors de France.
Pour autant, concernant l’expatriation, « les temps ont changé » constate notre invité. En effet celle-ci s’est transformée au fil des ans. De plus, « la binationalité est une composante dont il faut tenir compte » indique-t-il. Aussi, ces transformations sociologiques font en sorte qu’au sujet de l’UFE, nous dit son président,
« Il n’est pas nécessaire de conduire une étude, un audit, une série d’évaluations pour constater que l’UFE a besoin d’une nouvelle dynamique »
Alain-Pierre Mignon, Président de l’Union des Français de l’étranger
Comment cela se concrétise ? « Le paysage associatif à l’étranger nous oblige à revoir notre offre, la rendre plus attractive répondant aux besoins des jeunes, des moins jeunes et des seniors ». Et, au cours de son interview, le Président de l’UFE monde, Alain-Pierre Mignon, présente également plusieurs actions et les nouveaux services proposés par son association.
Les nouvelles offres de l’UFE : stages, emplois, entrepreneuriats, santé
Parallèlement, notre invité souhaite aussi mettre en avant les initiatives déjà entreprises par les différentes antennes de l’UFE à travers le monde. Il dit d’ailleurs au sujet de celles et de ceux qui les animent : « j’ai pu me rendre compte de la qualité, de la générosité et de la disponibilité de plusieurs milliers de Françaises et de Français que constitue notre réseau de représentations dans le monde ». C’est pourquoi, intégrer un réseau comme celui qu’il préside à des avantages indique notre invité. Aussi, pour lui :
« Être membre de l’UFE c’est faire partie d’une grande et généreuse famille sur laquelle vous pourrez compter pour accompagner votre expatriation ». » Alain-Pierre Mignon, Président de l’UFE-Monde.
Alain-Pierre Mignon, Président de l’UFE-Monde.
Parmi les nouveaux services que propose l’UFE, il y a notamment celui des stages pour les jeunes qui, au cours de leurs années universitaires, sont à la recherche d’expériences professionnelles. Aujourd’hui, les étudiants rencontrent encore des difficultés à concrétiser leurs démarches auprès des entreprises. Il s’agit donc de les aider. Plus largement, c’est aussi tout le marché de l’emploi qui fait partie des nouvelles offres, ainsi, nous informe notre invité :
« Nous ouvrons une plateforme UFE ESPACE EMPLOI pour des recherches de travail à l’étranger mais également de compétences ».
Alain-Pierre Mignon, Président de l’Union des Français de l’étranger
Des actions pour favoriser l’entrepreneuriat ou bien encore pour répondre aux problématiques liées à la santé sont aussi intégrées dans les nouveaux services de l’UFE. Vous les découvrirez en écoutant le podcast. Une conciergerie UFE est même actuellement à l’étude.
La nouvelle application de l’UFE à télécharger
Pour mieux faire connaître les nouveaux services de l’UFE, Alain Pierre Mignon se fixe un objectif : « nous allons mieux communiquer en 2025 » déclare-t-il. Toutefois, de récents moyens pour faciliter l’interaction ont d’ores et déjà été mis en place par l’UFE-Monde. Ainsi, une application a été lancée, et, comme nous le dit notre invité :
« Dans cette application de l’UFE vous trouverez toutes les informations »
Ainsi, pour tout connaître de l’UFE-Monde et de ses nouveaux services, ainsi que sur l’évolution de l’expatriation, écoutez en intégralité l’interview d’Alain-Pierre Mignon, le président de cette association, un podcast Lesfrancais.press
L’association Québec-France Montérégie est active dans cette région administrative du Québec qui s’étend du Fleuve Saint-Laurent à la frontière des Etats-Unis. Frontière administrative autant que culturelle, cette zone du monde nord-américain est aussi un poste avancé de la francophonie alors qu’au delà de ses contours l’anglais et l’univers anglo-saxon règnent en maitre.
Voilà pourquoi sans doute le programme d’activités de l’association est riche d’un agenda qui honore notre langue commune, entre conférences sur Michel Legrand ou présentation de la laïcité à la française à un public québécois qu’on imagine nombreux, conquis et militant. L’association est composée d’amoureux de la langue désireux de faire mieux que de la défendre : la faire vivre, l’illustrer, l’honorer.
Une conférence le 16 octobre, pour visiter une vaste période historique et linguistique, des origines du français jusqu’aujourd’hui
L’association présentera le mercredi 16 Octobre à 13H30 une conférence intitulée « le français, une langue en constante évolution » avec l’analyse d’une vaste période linguistique allant de la naissance du français jusqu’au 21ème siècle. Le professeur Jacques Leclerc assurera cette présentation au centre culturel Jacques-Ferron, salle Raymond Levesque (100 rue Saint-Laurent Ouest, Longueuil) avec une approche qui privilégiera l’influence des langues les unes sur les autres et l’évolution du français parlé à travers des personnages historiques illustres tels que Jeanne d’Arc ou Napoléon.
Aimer notre langue et la faire aimer n’est pas qu’une affaire d’identité même si au Québec la promotion de notre langue est une affaire sérieuse, si sérieuse d’ailleurs que nos cousins d’outre atlantique regrettent parfois que les hexagonaux ne mettent pas plus d’ardeur à préserver notre vocabulaire de l’introduction de termes anglais dans le langage courant. Les partenariats avec la région toulousaine ou le pays rennais permettent cependant de cultiver des liens de terrain, et le réservoir humain de militants de la langue des deux côtés de l’atlantique fait vivre des réseaux associatifs très denses.
Le français, langue plastique qui évolue
Le Français est parfois présenté comme une langue difficile, littéraire, faite pour des apprenants gourmets, mais compliquée dans sa grammaire. Une langue qui serait un peu statique en somme, académique ou revêche. Que nenni nous répondra Jacques Leclerc, ce professeur en linguistique de renom, aujourd’hui à la retraite, mais toujours actif quand il s’agit de mettre en valeur le français et son histoire. L’enseignant montre toute la plasticité de notre idiome national, de cette langue partagée avec la nation québecoise et parlée par 400 à 500 millions de locuteurs selon les décomptes.
Jacques Leclerc
Le professeur a enseigné à l’université de Montréal ainsi qu’au collège de Bois-de-Boulogne ou à l’université Laval. Parmi ses travaux de recherche il a pu s’intéresser à l’histoire du français et du français québécois, mais aussi à l’histoire de l’anglais, du portugais, de l’italien ou de l’espagnol, preuve d’une passion pour les langues sans exclusive et ouverte sur tous les horizons linguistiques.
Un site internet pour connaître la situation des langues dans 390 pays
Son site internet, l’aménagement linguistique dans le monde, présente en conséquence les situations et politiques linguistiques de 390 Etats ou territoires répartis dans 195 pays du monde. Une véritable mine d’or pour les amoureux des langues.
Nous avons pu interroger le professeur quelques jours avant le lancement de sa conférence.
Gala de la Langue Francaise
Lesfrançais.press : Vous êtes un ardent et passionné promoteur de notre langue française que ce soit en tant qu’auteur, enseignant ou conférencier. Comment en arrive-t-on à consacrer sa vie à notre langue ?
Jacques Leclerc : « Je ne suis pas un « ardent défenseur » du français comme auteur ou comme enseignant, mais parfois en tant que citoyen résidant au Québec et au Canada, tout en n’étant pas un militant. Je n’ai pas consacré ma vie au français, mais aux langues en général, notamment au poids des langues dans le monde politique, économique, culturel, scolaire, etc…Ce qui m’intéresse par-dessus tout, c’est le rôle des institutions de toutes sortes sur la vie des langues, leurs réussites et leurs échecs. La présence de plusieurs langues sur un même territoire provoque facilement des conflits en raison du rapport de force entre les langues. Celles-ci deviennent rapidement le symbole apparemment linguistique de la dominance politique, économique et sociale. En raison de mes recherches depuis 30 ans sur les langues des 195 pays de la planète, je pense connaître à peu près tous les moyens pour promouvoir une langue ou pour la détruire ».
LFP : Vous préparez une conférence prochaine sur le français, langue en pleine évolution. Le fait que notre langue commune soit parlée sur cinq continents et connaisse des « géographies » aussi diversifiées est-il un élément d’évolution accélérée pour le français ?
Jacques Leclerc : La répartition géographique d’une langue est un élément important, qui joue aussi bien à l’avantage ou au désavantage d’une langue. Une langue dispersée géographiquement peut causer sa perte si elle n’est pas appuyée par d’importants facteurs politiques, économiques, culturels, scolaires, etc. Plus le nombre de facteurs bénéficie à une langue, plus la dispersion va être profitable. C’est le cas de l’anglais et de quelques grandes langues tels l’espagnol, le français, l’arabe, etc. Si elle veut s’épanouir, une langue doit idéalement exercer le contrôle des instruments de gouvernement, établir sa dominance et rechercher le plus possible l’exclusivité sur un territoire donné ou à tout le moins éviter la concurrence linguistique. Le facteur politique se révèle un instrument extrêmement puissant s’il se combine à d’autres facteurs, mais il devient inutile ou seulement symbolique s’il agit seul.
Contrairement aux facteurs d’ordre économique, culturel ou militaire, la puissance politique doit compter sur le consensus social ou sur un régime autoritaire ; dans le cas contraire, elle court le risque d’opérer à vide. La seule dispersion géographique peut précipiter le déclin d’une langue. L’une des pires situations pour une langue numériquement faible, c’est l’éparpillement de ses locuteurs sur de vastes étendues de territoire dominées par une langue majoritaire. La dispersion géographique peut alors être fatale parce qu’elle contribue à réduire les forces de résistance à la langue dominante. Par exemple, le cas des 900 000 Québécois francophones qui se sont réfugiés aux États-Unis entre 1840 et 1930; non seulement ils ont affaibli le poids des francophones au Québec, mais ils ont également perdu toute résistance à la force d’attraction de l’anglais en se fondant dans la majorité anglophone. C’est pourquoi le sort des francophones hors Québec au Canada est préoccupant dans la mesure où leur dispersion dans l’ensemble anglo-canadien les rend extrêmement vulnérables à l’assimilation. Donc, le français « sur les cinq continents » n’est pas viable partout, notamment en Asie, mais il est viable en Afrique, dans les îles du Pacifique et des Antilles, ainsi qu’au Québec et en Acadie.
Tourismots 2024
Ces espaces géographiques sur différents continents présentent des variantes du français. Je ne vois pas cela comme un signe d’évolution accélérée, mais comme un signe de vitalité normale. C’est de toute façon ce qui se passe pour l’anglais, l’espagnol, l’arabe et le portugais. Pour moi, les éléments d’évolution accélérée sont généralement les suivants : une guerre, des catastrophes écologiques, l’arrivée de nouvelles technologies, des changements démographiques brusques, un changement de langue imposée par un dirigeant autoritaire, une économie anémique, etc.
LFP : Le français doit-il être défendu en tant que langue « plastique » et adaptable, face à l’anglais qui serait supposément la langue la plus souple et la plus facile d’accès (selon ses défenseurs) ?
Jacques Leclerc : Vous voulez probablement dire « flexible » avec le mot « plastique »? C’est une opinion très largement répandue que la force d’attraction d’une langue résiderait dans sa valeur intrinsèque, ici l’anglais. Contrairement à ce que plusieurs pourraient croire, il n’y a pas de langues en soi plus aptes que d’autres à s’étendre dans l’espace à partir de critères linguistiques. L’idéologie de la glorification des vertus d’une langue n’a jamais favorisé l’expansion ou la survie d’une langue, sauf dans l’esprit de quelques idéalistes. Les jugements de valeur qui portent sur l’esthétique d’une langue, ses qualités ou ses défauts, ses prétendues dispositions et sa facilité d’apprentissage, relèvent de critères très discutables, et reposent sur des considérations purement arbitraires. L’anglais n’est pas plus souple que d’autres langues et, s’il est plus facile d’accès, c’est en raison de facteurs politiques et économiques.
Le British Council et son équipe américaine emploient des sommes d’argent astronomiques pour former des enseignants d’anglais et les envoyer dans de nombreux pays. C’est ainsi que l’anglais est la première langue la plus étudiée et la première langue apprise dans 94 pays, mais on oublie d’ajouter que le français demeure la deuxième langue étrangère la plus étudiée et la première langue apprise dans 35 pays.
Gala Langue Francaise
Le français est aussi la deuxième langue apprise comme langue étrangère après l’anglais pour 125 millions de personnes dans 159 pays. Le rôle des Alliances françaises est évidemment primordial. Ce qui avantage l’anglais, ce sont avant tout le nombre de ses locuteurs langue seconde dans le monde, le poids politique, la force économique de quelques pays anglophones (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada, etc.), son attraction culturelle au moyen du cinéma, la puissance militaire des États-Unis présente dans 120 pays, même si la seule puissance militaire ne suffit pas à assurer la suprématie d’une langue, car en ce cas le sultanat d’Oman, qui dépense en armement l’équivalant de 293 % de ses dépenses d’éducation et de santé, serait une grande puissance. Les politiques de « défense linguistique » demeurent peu convaincantes, sauf dans les pays autoritaires.
Les campagnes de défense des petites nations ne donnent que fort peu de résultats réels. Se défendre n’assure pas l’expansion d’une langue! Ce qui me semble efficace, ce sont les entreprises d’expansion, tout ce qui peut servir à étendre l’influence d’une langue : les choix politiques, la production industrielle, le niveau technologique, les échanges internationaux, le nombre de livres édités ou de publications scientifiques, le nombre et le tirage des journaux, la production cinématographique, la quantité des postes émetteurs et récepteurs de radio ou de télévision, l’Internet, etc., sont des variables sûres pour mesurer la force culturelle d’une langue. Se défendre peut être perçu comme un acte de faiblesse et de repli sur soi. Les locuteurs de l’anglais langue première ne se défendent pas, ils imposent leur présence et prennent tous les moyens pour éliminer la concurrence, c’est-à-dire évincer les autres langues. Et ça fonctionne très bien !
Il ne faut pas oublier que les langues se chassent l’une l’autre dans le même espace physique pour se rapprocher le plus possible de l’unilinguisme! C’est en quelque sorte une loi de la nature.
LFP : Comment parlait Jeanne d’Arc ? C’est le propos de votre conférence de refaire vivre la langue de personnages du passé et de montrer l’évolution de notre langue ?
Jacques Leclerc : Je n’ai pas l’intention de faire revivre la langue de Jeanne d’Arc, car ce serait inutile, mais je me contente de montrer l’évolution du français à partir d’exemples du passé qui me sont disponibles. J’ai aussi d’autres exemples avec Henri IV, Louis XIV, Napoléon, Mirabeau. Ce sont des reconstitutions phonétiques faites par des comédiens avec l’aide d’historiens, de psychologues et de linguistes.
LFP : Avez-vous une période historique favorite en ce qui concerne le français ?
Jacques Leclerc : Non, sauf peut-être pour le français actuel pour lequel il est possible d’agir. Néanmoins, j’aimerais bien qu’on en arrive avec plus de souplesse au point de vue grammatical et orthographique. Bien sûr, l’anglais est aussi mal foutu dans son orthographe que le français! Chaque fois que je me retrouve dans un pays d’origine latine autre que le français, je m’extasie quasiment devant des affiches tels farmacia, biblioteca, oftalmólogo, pas tellement mieux devant pharmacy et ophthalmologist. Bien que l’allemand soit perçu comme une langue relativement difficile, son orthographe est d’une remarquable rigueur. Cependant, toute réforme orthographique se heurte à des résistances et à des coûts financiers, même en Allemagne.
Tourismots 2024
LFP : En France, et dans le réseau culturel français à l’étranger des alliances et instituts, la promotion de la Francophonie a beaucoup insisté ces dernières années sur la promotion du français, « langue économique « ou » langue des affaires ». Votre approche est plus littéraire et culturelle. Quelle est la meilleure manière de promouvoir le français ?
Jacques Leclerc : Les Français ont bien raison d’insister sur la promotion du français «langue économique» ou «langue des affaires». Là où la France est plus faible, c’est d’employer son poids politique sur la scène internationale. Cela signifie imposer la présence du français dans les instances internationales, pas baisser les bras devant l’anglais. C’est le seul pays francophone à pouvoir le faire pour promouvoir l’enseignement du français dans le monde grâce aux alliances françaises.
Mon approche n’est pas du tout littéraire et pas très culturelle. C’est avant tout une approche politique ! La plupart des grandes langues du monde doivent leur succès à l’expansion politique, militaire et économique, souvent culturelle par les livres, la science et le cinéma. Parmi les quelque 7100 langues du monde, 83 langues (21 langues multi-étatiques et 62 langues mono-étatiques) bénéficient de la protection d’un gouvernement central ou d’un État souverain, alors qu’un peu plus d’une centaine d’autres dépendent de celle d’un État non souverain, avec des résultats inégaux il est vrai, comme dans les cantons suisses, les régions autonomes d’Espagne et d’Italie, les États de l’Inde, les États d’Afrique du Sud, les États du Nigeria, etc…
Même si le pouvoir politique constitue une force incontestable, l’histoire offre pourtant des cas où l’exercice du pouvoir politique a abouti à un échec. L’Inde n’a pas encore réussi, depuis 1947, à remplacer l’anglais par l’hindi; l’Irlande a échoué complètement dans sa politique d’implanter l’irlandais depuis 1949; Haïti n’applique qu’un bilinguisme symbolique à l’égard du créole; le statut « officiel » de l’arabe aux Comores est tout aussi symbolique; le kirundi au Burundi et le kinyarwanda au Rwanda n’ont pas encore trouvé la place qui leur revient en tant que langues co-officielles avec le français (et l’anglais au Rwanda). Et il existe de nombreux autres cas similaires.
LFP : Le Québec et la France ont des liens profonds et historiques qui passent par le partage d’une langue commune et par un voisinage culturel certain. Comment voyez-vous l’évolution de ces liens dans le futur ?
Jacques Leclerc : Ces liens entre le Québec et la France sont indispensables, mais ils doivent être étendus avec les pays francophones d’Afrique. Ces liens vont être de plus en plus facilités par les nouvelles technologies, mais les francophones devront aussi faire face à une plus grande concurrence avec l’anglais, voire avec le russe et/ou le chinois.
La Russie et la Chine convoitent actuellement les richesses naturelles des pays africains et ces deux pays vont tenter de réduire l’influence des langues concurrentes comme le français, l’arabe ou le portugais. Déjà des militants «francophones» pro russes ou prochinois, anti-français, veulent bouter la France hors de leurs frontières. Après la France, ce sera la langue française, comme on l’a vu au Rwanda avec Paul Kagamé. Dans un premier temps, l’anglais essaiera de se faufiler, mais entrera éventuellement en concurrence avec le russe et/ou le chinois, dont les locuteurs ne se laisseront pas faire. La France doit agir dès maintenant, car derrière a langue ce sont des perspectives économiques qui se profilent à l’horizon
Il conviendrait de retenir que l’espoir de la réussite sociale et économique est une source de motivation profonde chez tous les êtres humains. Ils sont prêts à n’importe quoi pour réussir, même à perdre leur langue. C’est une donnée courante dans l’histoire ! Même Bernard Kouchner, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, n’hésitait pas à affirmer en 2006 que « l’anglais est l’avenir de la francophonie »; il ne voit, comme bien d’autres, aucun inconvénient à promouvoir l’anglais aux dépens du français. À ce sujet, le linguiste Claude Hagège fait allusion au « mimétisme de la puissance », une attitude consistant à renoncer à sa langue nationale, non par une certaine hostilité interne, mais pour faire partie des pays ou de ceux qui sont considérés comme riches ou puissants. Ainsi, adopter l’anglais, ce serait faire partie de ces « privilégiés », sauf que ces « riches et puissants » pourraient néanmoins être des francophones, des russophones, des sinophones, des hispanophones, etc. De fait, l’invasion de l’anglais dans le monde ne doit rien aux qualités intrinsèques particulières que pourrait posséder cette langue. Le succès de l’anglo-américain tient à autre chose : la puissance économique des États-Unis dans le monde et ses courroies de transmission que sont son cinéma, sa musique, ses vêtements, ses médias et ses appareils de publicité-marketing.