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  • Sophie Primas : fiscalité, éducation, budget, culture, sécurité, ses priorités pour 2025

    Sophie Primas : fiscalité, éducation, budget, culture, sécurité, ses priorités pour 2025

    À l’occasion de l’ouverture de la 41ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger à Paris, ce lundi 14 octobre 2024, nous recevons la nouvelle ministre en charge des Français résidant hors de France, Sophie Primas. Dans cet entretien exclusif, elle dévoile ses priorités et les défis à relever. Avec une solide expérience au Sénat et une connaissance approfondie du commerce extérieur, elle évoque la protection de nos compatriotes, l’accès à l’éducation via le réseau AEFE, et les réformes consulaires en cours. Elle met également en lumière les enjeux budgétaires et les synergies à développer pour renforcer le rayonnement de la France à l’international. Un éclairage essentiel sur l’avenir des Français de l’étranger.

    Des réformes clés pour les Français de l’étranger en 2025

    Lesfrançais.press : Madame la Ministre, au Sénat, vous étiez une spécialiste des questions liées au commerce extérieur, le portefeuille des Français de l’étranger, comme souvent, y a été lié. Est-ce une opportunité pour vous de synergies à venir ?

    Sophie Primas : « Les synergies existent, elles reposent notamment sur le dynamisme et l’esprit d’entreprendre de nos compatriotes installés à l’étranger. Je le sais bien, ayant été moi-même Française de l’étranger à San Francisco dans le cadre d’une mission au début de ma vie professionnelle.

    C’est une fierté : plus de 3 millions de Français vivent à l’étranger, principalement dans les pays de la zone européenne et sur le continent américain. Ils sont à vrai dire les premiers ambassadeurs de la France à travers le monde et contribuent activement au rayonnement de notre pays à l’international. Les talents, les initiatives et l’engagement de cette communauté sont une chance pour la France et leur dynamisme contribue à celui de notre société et de nos échanges économiques. Ma fonction de ministre va m’amener à voyager à travers le monde entier, et je profiterai de chaque déplacement pour aller à la rencontre de nos ressortissants. Je soutiendrai chacune de leurs initiatives afin qu’elles participent en retour à notre rayonnement économique. En ce sens, les deux portefeuilles sont complémentaires. »

    « C’est une fierté : plus de 3 millions de Français vivent à l’étranger. Ils
    contribuent activement au rayonnement de notre pays à l’international. »

    Sophie Primas, Ministre des Français de l’étranger

    LFP : Malgré les engagements des différents partis, de nombreux dossiers ont été laissés en jachère, on pense à la résidence de repli, au Pass culture, etc. Quelles sont vos priorités ?

    Sophie Primas : « Ma première priorité, que je partage avec le Premier ministre et le ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères, c’est celle de protéger nos compatriotes de l’étranger. Dans un contexte international de plus en plus incertain et de risques géopolitiques, la France n’abandonne jamais ses ressortissants. J’étais la semaine passée à Roissy pour accueillir le retour du Liban de près de 50 de nos compatriotes en situation de vulnérabilité, en utilisant le retour d’un vol d’aide humanitaire d’urgence. Sur cette question, notre mobilisation avec Jean-Noël Barrot est totale.

    Ensuite, épaulée par notre réseau diplomatique et consulaire, je veux être à l’écoute des besoins de nos compatriotes. Je mettrai tout en œuvre pour faciliter leur vie au quotidien. C’est pourquoi nous mettrons en place une Identité Numérique pour chacun de nos compatriotes à l’étranger, afin qu’ils puissent accomplir leurs démarches administratives en ligne en toute sécurité, où qu’ils se trouvent. Dans le même temps, nous devons pouvoir répondre aux besoins croissants de protection et de sécurité de nos compatriotes installés à l’étranger, dans un contexte d’incertitudes et de risques géopolitiques.

    Sophie Primas, Ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l'étranger
    Sophie Primas, Ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger

    Sur la résidence de repli, l’engagement pris par mes prédécesseurs a été tenu puisqu’un dispositif spécifique aux Français de l’étranger a été adopté dans l’article 147 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 modifiant le code général des impôts.

    L’ensemble des Français de retour en France depuis l’un des pays listés dans cet arrêté, s’ils y résidaient avant leur retour, ont ainsi vocation à bénéficier d’un dégrèvement de la taxe d’habitation sur leur résidence secondaire en France au titre de l’année de leur retour. »

    LFP : En parlant de budget, celui de 2025, à travers la loi de finances, arrive en discussion, les programmes 151 (affaires consulaires, y compris les bourses scolaires AEFE) et 185 (Diplomatie culturelle et d’influence). Y aura-t-il des coupes dans ces budgets ? Quelles sont les propositions ?

    Sophie Primas : « Le projet de loi de finances fera prochainement l’objet d’une présentation et d’une discussion au Parlement par les Ministres en charge du dossier directement, Antoine Armand et Laurent Saint-Martin. S’agissant du programme 151, je suis pour ma part très attachée à la poursuite des grands projets de modernisation comme le service France Consulaire, le Registre électronique d’état civil, le vote par internet, l’expérimentation de renouvellement des passeports sans comparution (Canada et Portugal) ou le déploiement de l’identité numérique pour les Français de l’étranger. Par ailleurs, il faut rappeler que plus de 70% de ce budget est consacré à l’aide à la scolarité et à l’action sociale, en soutien de nos compatriotes les plus défavorisés, à travers les bourses scolaires et les aides sociales, directes ou indirectes. »

    « Ma première priorité, c’est celle de protéger nos compatriotes de l’étranger. »

    Sophie Primas, Ministre des Français de l’étranger

    Focus sur l’éducation, la sécurité et le budget pour les expatriés français

    LFP : De nombreux jeunes Français à l’étranger ne peuvent scolariser leurs enfants dans les écoles du réseau de l’AEFE. Les frais d’écolage sont le principal obstacle. Comptez-vous revoir les critères des bourses scolaires ? La gratuité pour les enfants français est-elle définitivement morte ? Comment comptez-vous traiter ce sujet ?

    Sophie Primas : « Nous devons être fiers de notre Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) qui pilote un réseau de 600 établissements dans 138 pays à travers le monde, et qui permet à plus de 120 000 élèves français d’être scolarisés dans le système français. Ce réseau est un outil indispensable du rayonnement de la France dans le monde, et du partage du savoir-faire éducatif français. Il a fourni depuis sa création de brillants esprits, dont six Prix Goncourt. Mon action sera donc toujours marquée par mon soutien indéfectible à l’AEFE. »

    Grâce au dispositif de bourses scolaires géré par l’Agence, sur financement du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, plus de 20 000 élèves français voient chaque année leurs frais d’inscription et de scolarité pris en charge, pour tout ou partie. Ces bourses sont accordées selon un barème qui permet de calculer une quotité de prise en charge, en fonction des revenus du foyer, de sa composition et du montant des frais d’inscription et de scolarité, et sous réserve d’un patrimoine mobilier et immobilier qui se situe en deçà d’un seuil d’éligibilité.

    Le montant total des crédits du ministère de l’Europe et des affaires étrangères alloués au financement des bourses scolaires s’élève à plus de 110 millions d’euros en 2024, ce qui correspond à près de 70% du budget total du programme 151, sans compter l’aide à la prise en charge des accompagnants des élèves en situation de handicap, qui représente plus de 2 millions d’euros.

    Sur la gratuité des frais d’écolage, je crois utile de rappeler que la grande majorité des établissements scolaires sont des structures de droit local privé, partenaires ou conventionnées avec l’AEFE. Ce sont des conseils de gestion, dont les membres sont généralement élus par les parents d’élèves, qui assurent la gestion financière des établissements et décident des frais de scolarité. Par ailleurs, il est difficile de faire une différence entre les élèves français et les élèves d’autres nationalités en matière de frais de scolarité, sans compter que notre réseau d’enseignement à l’étranger a aussi vocation à accueillir les élèves du pays d’accueil ou de pays tiers, qui constituent aujourd’hui deux tiers des effectifs. Enfin, le dispositif de bourses scolaires actuellement en place a l’avantage d’être plus équitable qu’une gratuité pour tous, sans conditions de ressources.

    Sophie Primas, Ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l'étranger
    Sophie Primas, Ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger

    Vers une meilleure prise en charge des Français de l’étranger : perspectives et réformes

    LFP : La protection sociale est un autre sujet qui préoccupe nos ressortissants vivant hors de France. L’organisation d’assises spécifiques avait été actée sous le gouvernement de Gabriel Attal, soutiendrez-vous la mise en place de ce débat et l’études de nouvelles propositions ?

    Sophie Primas : « J’ai bien pris connaissance du courrier du 1er mars dernier par lequel les élus sollicitaient l’organisation d’assises de la protection sociale. J’ai également bien pris note de l’engagement de mon prédécesseur, lors de la dernière session de l’Assemblée des Français à l’étranger, à consulter cette dernière sur le sujet de la protection sociale de nos compatriotes à l’étranger. Le calendrier électoral ayant interrompu les discussions qui s’étaient engagées, je profiterai de cette nouvelle session de l’AFE pour échanger avec les élus sur ce sujet difficile dans cette période de lutte contre les déficits budgétaires et sociaux. »

    LFP : La Caisse des Français de l’étranger est le principal outil de l’Etat pour prolonger la couverture sociale hors de France. Des voix s’élèvent pour demander la révision de son financement, de plus la convention qui lie la CFE à l’Etat français doit être discutée en 2025, quelles sont vos intentions ?

    Sophie Primas : « Je suivrai de très près la situation de la Caisse des Français de l’Etranger. Je sais qu’elle connaît ces dernières années des difficultés d’équilibre financier, notamment en raison de la diminution des contrats collectifs conclus par les grands groupes du fait de la baisse du nombre de leurs personnels expatriés, mais aussi en raison du vieillissement de la population et du coût que représente la prise en charge de certaines affections lourdes. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères contribue chaque année à hauteur de 0,5 à 1 million d’euros à la CFE au titre du dispositif de la catégorie aidée, qui permet à nos compatriotes les plus défavorisés de bénéficier d’une couverture santé à un tarif préférentiel. La question du financement de la CFE est donc particulièrement importante pour identifier des pistes de réforme. Cette inspection a été diligentée par les ministères en charge de la sécurité sociale et du budget, qui exercent la tutelle de la CFE. J’y serai bien sûr très attentive. »

    LFP : La session plénière de l’AFE s’ouvre ce jour à Paris, quels messages allez-vous adresser aux élus qui représentent nos compatriotes hors de France ? Que faire des propositions de cette assemblée, qui restent souvent lettre morte ?

    Sophie Primas : « L’AFE porte la voix des Français résidents à l’étranger et il est pour moi essentiel de poursuivre notre travail commun au bénéfice de nos compatriotes. Dans cette optique, le ministère et en particulier la Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire est très à l’écoute des élus et veille à ce que leurs résolutions soient suivies d’effets dans la mesure où le droit le permet et de disposer du budget y afférant. Toutefois, certaines résolutions requièrent des évolutions législatives. Pour cette session en particulier, c’était le cas pour 1 résolution sur 5. D’autres résolutions échappent totalement au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ce qui en rend le suivi plus difficile. Mais je m’engage à ce qu’une priorité y soit donnée. »

    « L’AFE porte la voix des Français résidents à l’étranger et il est pour moi
    essentiel de poursuivre notre travail commun au bénéfice de nos compatriotes. »

    Sophie Primas, Ministre des Français de l’étranger

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 14.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le 14 octobre, bienvenues, dans le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de ce lundi : Ouverture de la 41ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger – Sophie Primas annonce l’annulation des assises sur la protection sociale – Une nouvelle loi immigration en France

    Ouverture de la 41ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger

    C’est le discours de l’actuelle présidente Hélène Degryse qui inaugurera cette session plénière ce lundi matin. Cette élue représentant nos compatriotes aux Pays-Bas accueillera également la nouvelle ministre déléguée au commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Sophie Primas. Dans le contexte de réduction des dépenses publiques, les crédits alloués aux actions pour les expatriés seront étudiés à la loupe. Elles sont notamment regroupées autour de deux programmes, le 151 qui concerne les affaires consulaires, y compris les bourses scolaires AEFE, et le programme 185 relatif à la diplomatie culturelle et d’influence. Pour mener à bien cet examen, des auditions avec des parlementaires seront, entre autres, organisées, ainsi qu’avec des membres du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, notamment des directions de la stratégie et des affaires budgétaires Des représentants de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) et de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) seront aussi questionnés.

    AFE : une 41eme session plénière pour répondre aux attentes des expatriés ?

    Sophie Primas, sa première interview comme ministre

    Depuis maintenant 5 ans, les ministres des Français de l’étranger prennent leur fonction en répondant aux questions du site Lesfrancais.press. Dans sa première interview, Sophie Primas, dévoile ses projets pour les expatriés mais aussi annonce l’abandon de certains dossiers. Ainsi, l’organisation d’assises spécifiques dédiées à la protection sociale qui avait été actée sous le gouvernement de Gabriel Attal, n’est plus à l’ordre du jour, la ministre devrait échanger avec les élus pour permettre aux sujets d’être tout de même traités. La CFE, aussi sera touchée, la sécurité sociale des Français de l’étranger devra trouver d’autres sources de financement. Retrouvez toutes les annonces sur le site Lesfrancais.press.

    Sophie Primas : fiscalité, éducation, budget, culture, sécurité, ses priorités pour 2025

    L’exécutif souhaite proposer une nouvelle loi immigration en début d’année 2025

    Seulement un an après le précédent texte sur le sujet qui avait fracturé la majorité à l’Assemblée nationale, le gouvernement Barnier veut rouvrir le dossier. Selon Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, qui a pris la parole ce dimanche 13 octobre sur BFM, le nouveau texte pourrait notamment comprendre une proposition du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau pour « faciliter la prolongation de détention des étrangers en situation irrégulière qui présentent des profils dangereux dans les Centres de rétention administrative », en faisant passer le délai de détention de « 90 jours maximum comme c’est le cas aujourd’hui » à « jusqu’à 210 jours ».

    Ces quatre ministres français qui vont peser à Bruxelles
    Bruno Retailleau, Ministre de l’Intérieur

    C’est ainsi qu’on conclut ce premier flash quotidien des expatriés de la semaine. Bon lundi à toutes et à tous où que vous soyez ! À demain

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Plans de paix et crimes de guerre

    Plans de paix et crimes de guerre

    Volodymyr Zelensky annoncera son « plan de victoire pour une paix juste » en novembre. Il vise la fin de la guerre en 2025. De l’autre côté de la Caspienne, en Méditerranée, Benjamin Netanyahou annonce lui aussi la victoire contre le Hamas et le Hezbollah, inaugurant une nouvelle ère de sécurité pour Israël et le Moyen Orient. Plus loin, au Midwest, Donald Trump se fait fort de mettre fin à la guerre en Ukraine en vingt-quatre heures, tout en menaçant l’Iran de destruction. Kamala Harris, elle, lui reproche sa mollesse vis-à-vis des mollahs lors de son premier mandat. L’Iran, après avoir lancé 180 missiles sur Israël, mobilise ses relais en Irak, en Syrie, plus difficilement en Cisjordanie et en Jordanie. Il lui faut dépasser l’antagonisme des Chiites et des Sunnites en s’alliant avec les Frères musulmans, comme au Liban et à Gaza. Le guide suprême, Khamenei, n’est-il pas le traducteur en farsi du fondateur des Frères, Sayyid Qutb ? L’Iran proclame sans cesse « Mort à Israël » mais se garde d’une attaque classique. Plus proche de l’arme nucléaire que jamais, elle ne veut pas mettre en cause l’immunité permanente que lui donnera la bombe par une déflagration générale. Cette immunité dont profite Vladimir Poutine pour empêcher Zelensky d’utiliser pleinement les armes fournies par les démocraties.

    Un jour viendra où la planète sera débarrassée de toute arme atomique. Pour une arme plus terrible ?

    Pendant ce temps, à Oslo, le Comité Nobel pour la Paix attribue son prix à une organisation japonaise qui milite contre la menace nucléaire. Un jour viendra où la planète sera débarrassée de toute arme atomique, c’est sûr. Vraisemblablement pour une arme plus terrible encore. En attendant ce jour des sages, le nombre de missiles nucléaires repart à la hausse. 12.000 ogives, à 80% détenus par la Russie et les Etats-Unis. La Chine se rattrape, elle a doublé ses capacités. Neuf pays possèdent la bombe : France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël. Deux y ont renoncé : L’Afrique du Sud, et … l’Ukraine. Triste leçon : L’Ukraine nucléaire n’aurait pas été envahie.

    La bombe protège un pays, et son régime. Ainsi la conçoivent Poutine, Kim Jong Un et les ayatollahs. Heureusement l’horreur de la guerre protège de la guerre, sinon, avec les radicalisations de par le monde, tous les pays seraient en guerre civile. Que ce soit en Russie au Moyen-Orient, en Afrique ou en Birmanie, il semble que la guerre ne se fait pas sans crime de guerre.

    Les exceptionnelles images des essais atomiques de Bikini en 1946 viennent de tomber dans le domaine public.
    Les exceptionnelles images des essais atomiques de Bikini en 1946 viennent de tomber dans le domaine public.

    Des crimes de guerre sont commis pour rendre la paix impossible.  

    Les conventions internationales dites de Genève tentent d’installer le droit dans la guerre. Est-ce impossible ? Non : Rares sont les guerres qui finissent sans condamnation. C’est l’objet de la Cour Pénale Internationale. Contrecoup de la crainte du jugement, des crimes de guerre semblent commis pour rendre la paix impossible. Seule est promise la victoire totale, ce qui semble en Ukraine ou en Moyen-Orient, improbable.

    En parallèle des crimes, chacun accumule les prises de guerre. Les unes compenseraient les autres.  Déjà s’affrontent des plans de paix et de troc avant que les ouvriers de Detroit ne décident du sort du monde. Ici Harris, sur le fil ténu de l’équilibre, ou de l’ambiguïté, d’un Biden. Là Trump, prêt à abandonner la Crimée, le Donbass et même l’Europe, s’arc-boute sur la Chine et sa « guerre intérieure » : libérer l’Amérique des immigrés mangeurs de chats. Beaucoup d’Américains et d’Européens pensent comme lui. Le soutien de l’Allemagne à l’Ukraine pourrait diminuer de moitié. Zelensky a obtenu que l’aide allemande ne faiblisse pas, mais les scores de l’AFD montent. Les opinions publiques se lassent des guerres sans fin. L’étranger, quel qu’il soit, inquiète.

    Les opinions publiques se lassent des guerres sans fin. L’étranger, quel qu’il soit, inquiète.

    À la fin, peu importe que ce soit la Russie l’agresseur, peu importe que ce soit le Hamas qui ait attaqué Israël, le Hezbollah qui bombarde depuis un an la frontière nord, à la fin, les opinions publiques ne veulent plus avoir peur.

    Malgré Netanyahou, des responsables Israéliens et Palestiniens multiplient les initiatives pour une solution diplomatique : solution à deux Etats, émergence de nouveaux interlocuteurs palestiniens, renforcement de l’armée libanaise, alliance globale contre le terrorisme, reconstruction de Gaza, du Liban, aide à la Jordanie, avec en ligne de mire l’Iran et ses milices. C’est la crainte d’un projet similaire, celui d’un accord israélo-arabe, qui a provoqué le 7 octobre.

    Evolution des territoires israéliens et palestiniens entre 1948 et 2010. Wikipedia
    Évolution des territoires israéliens et palestiniens entre 1948 et 2010. ©Wikipedia

    L’idée d’une paix fondée sur une alliance globale contre le terrorisme est moins absurde que celle d’éradiquer le Hezbollah en rasant le Liban. Qui a remplacé l’OLP vaincu, sinon le Hezbollah ? On ne supprime que ce que l’on remplace. On ne fait la paix qu’avec l’ennemi.

    Il y a des guerres justes, y a-t-il des paix justes ?  

    Il y a des guerres justes, y a-t-il des paix justes ? Les crimes de guerre ne doivent pas interdire la paix. Sinon, aucune paix ne serait possible. Les dirigeants seront jugés par leur propre peuple. Éliminer ceux que l’on peut, traiter avec les autres.

    Qu’est-ce qui déterminera les conditions de la paix ? Pas seulement les prises de guerre et l’état des forces, qui ne sont que des résultantes. La bataille se joue dans les têtes. Est-ce que « l’arrière » tiendra ? Jusqu’où les Européens, sans les Etats-Unis, soutiendraient-ils l’Ukraine ? Le drapeau palestinien continuera-t-il à fleurir dans les universités occidentales, à la grande joie des ayatollahs ? Mais ce serait une erreur de croire que seules les démocraties ont des opinions publiques.

    Irak, Afghanistan, Syrie, Liban, Yémen, Libye, Gaza, qui ne voit le malheur du monde musulman ?

    Dans le monde arabe, les populations n’en ont-ils pas assez des guerres ? Irak, Afghanistan, Syrie, Liban, Yémen, Libye, Gaza, qui ne voit le malheur du monde musulman ? Les opinions publiques, dans les pays arabes savent qu’à côté des crimes de guerre, il y a aussi des crimes de guerre civile, plus ou moins étouffés. Certains régimes se nourrissent de la guerre, réelle ou fictive, pour se maintenir au pouvoir, des cas aussi différents que l’Algérie, la Turquie ou l’Iran. Le chemin de la paix extérieure est d’abord celui de la paix à l’intérieur.

    Là, toute critique, toute dissidence est trahison. En Russie, une jeune femme de 27 ans est morte en prison. Elle était journaliste et couvrait l’« opération spéciale ». Treize journalistes sont morts en Russie. Dix-neuf sont emprisonnés. Des combattants. Combien ailleurs ?

    Viktoriia Roshchina, 27 ans, reporter indépendante, collaboratrice des meilleures rédactions de Kyiv.
    Viktoriia Roshchina, 27 ans, reporter indépendante, collaboratrice des meilleures rédactions de Kyiv.

    Si la paix parvient à s’installer, ceux qui vivent de la guerre seront progressivement détruits,

    La bataille de l’opinion publique mondiale ne fait que commencer. Elle doit être menée avec force, moyens et stratégie. Les crimes de guerre comme les actes terroristes sont des actes qui veulent voiler toute rationalité, des actes de propagande. Si la paix parvient à s’installer, ceux qui vivent de la guerre seront progressivement détruits, plus sûrement que par les bombes. L’imaginer quand pleuvent les bombes est aussi un combat nécessaire. Ce n’est pas faiblir, c’est résister à la violence. Dire aux peuples Russes, Palestiniens, Iraniens, Israéliens que la paix est possible, ce devrait être le rôle de l’Europe, et de la France. Ce n’est pas un cessez-le-feu qu’il faut réclamer. C’est montrer comment la paix est possible. 

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et France Pay

  • Ronan Le Gleut : « La situation des finances publiques est absolument catastrophique »

    Ronan Le Gleut : « La situation des finances publiques est absolument catastrophique »

    En toute confidence - podcast politique

    En toute confidence

    En toute confidence » est un podcast dédié à 100 % aux Françaises et Français de l’étranger.

    Tous celles et ceux qui façonnent la France dans le monde viennent répondre à nos questions. Ils nous partagent leur vision de l’expatriation et apportent leurs idées nouvelles et concrètes pour faciliter notre vie au quotidien. « En toute confidence », c’est votre espace de débat qui relie la France à ses compatriotes vivant à l’étranger.

    Animé par Caroline Ettori.

    Écouter le podcast de Ronan Le Gleut

    Le sénateur Ronan Le Gleut s’est livré « En toute confidence » au micro Lesfrançais.press. Représentant des Français établis hors de France, il est revenu sur les premiers pas du gouvernement Barnier. En cette rentrée parlementaire, le débat sur le budget de la France est aussi au centre des discussions Or, « la situation des finances publiques est catastrophique » nous dit notre invité. Dès lors, quelles répercussions cela aura-t-il sur les programmes destinés à nos ressortissants hors de France ? Autres sujets évoqués au cours de ce podcast, celui du droit à un compte bancaire français pour les expatriés et le statut des élus consulaires.

    Alors que Michel Barnier a généreusement puisé dans les ressources du Sénat et des Républicains pour composer son gouvernement, pour Ronan Le Gleut c’est bien l’expérience qui caractérise cette nouvelle équipe. « Il y a un certain nombre de personnalités politiques qui sont des femmes et des hommes d’État. Le Premier ministre lui-même a été le négociateur du Brexit qui a abouti à un accord tout en maintenant une position commune des 27 états membres. C’est la preuve d’une véritable capacité à créer du consensus (…) Puis, sur l’ensemble des membres, vous remarquerez qu’il y a beaucoup de femmes et d’hommes d’expérience. On compte notamment la présence de Bruno Retailleau qui a été le président du groupe LR au Sénat et avec qui nous avons travaillé très étroitement. J’ai pu observer combien il a le sens de l’État et une capacité de travail exceptionnelle. »

    Par ailleurs, l’équipe gouvernementale compte également Sophie Primas, vice-présidente LR du Sénat désormais ministre déléguée chargée du commerce extérieur et des Français de l’étranger. Une double casquette qui pourrait faciliter le dialogue entre l’Exécutif et la Chambre Haute. « Elle a une vraie compétence notamment sur les questions de commerce extérieur. Les Français de l’étranger en sont les principaux acteurs. Je sais que du fait de l’expérience de Sophie Primas au Sénat comme présidente de la commission des affaires économiques, c’est quelque chose dont elle a parfaitement conscience. »

    AFE
    Ronan Le Gleut

    Budget : la vigilance est de mise

    Des rapports fluides et une proximité partisane qui n’empêchent pas les coupes budgétaires pour les Français de l’étranger. Présenté en Conseil des Ministres, le budget 2025 affiche ainsi une diminution de 150 millions pour le programme 185 relatif à la diplomatie culturelle et d’influence. Si Ronan Le Gleut comprend ces restrictions, il n’en sera pas moins vigilant. «La situation des finances publiques est absolument catastrophique. Le danger est grand de voir la France totalement déclassée. Mais ça, c’est l’héritage que récupère le gouvernement Barnier et pour lequel il n’est pas comptable. En revanche, ce sont des femmes et des hommes qui ont le sens de l’État et qui n’ont qu’une priorité : sauver le pays. (…) Ensuite, nous allons être extrêmement attentifs dans l’examen du budget. Je suis rapporteur sur le programme 151 relatif aux affaires consulaires et aux bourses scolaires. Le service rendu aux communautés françaises doit rester service de qualité. »

    L’injustice du système bancaire pour les expatriés

    Impliqué dans la défense des droits des Français de l’étranger, Ronan Le Gleut a pris la parole la semaine dernière devant les sénateurs pour demander à ce que chaque expatrié puisse disposer d’un compte en France. « Il s’agit d’un sujet absolument majeur. Dans un nombre incalculable de pays, la situation du droit aux comptes s’est extrêmement détériorée. Et depuis mon intervention je reçois des dizaines et des dizaines de messages pour me dire combien les Français de l’étranger sont concernés. Il s’agit de fermeture abusive de leur compte bancaire en France. » Ces citoyens français se voient donc priver d’un outil indispensable pour leur quotidien : « Le compte permet de payer des impôts, de recevoir des retraites, de financer la scolarisation des enfants, de payer une pension alimentaire. C’est absolument vital

    L’élu dénonce les pratiques abusives des établissements bancaires : « Les banques ferment arbitrairement les comptes en banque des Français de l’étranger. Les causes réelles pour fermer ce type de comptes, c’est la lutte contre le blanchiment, la lutte contre le financement du terrorisme. Or là, qu’est ce que font les banques ? Elles décident tout simplement que dès lors qu’un citoyen vit dans un pays sur lequel elles estiment ne pas avoir suffisamment d’éléments, elles ferment abusivement le compte, les mettant dans une difficulté terrible. » La proposition de loi a été approuvée à l’unanimité au Sénat et doit maintenant passer l’épreuve du vote à l’Assemblée nationale pour être définitivement adoptée.


    France Pay

    Des élus à part entière

    L’égalité bancaire des Français n’est pas le seul combat que mène Ronan Le Gleut. Le sénateur plaide également pour rapprocher le statut des conseillers des Français de l’étranger avec celui des élus en France. « Aujourd’hui, les élus des Français de l’étranger, les conseillers des Français de l’étranger, les délégués consulaires, les conseillers à l’AFE, ne sont pas considérés comme des élus à part entière. Or, ils sont des élus désignés au suffrage universel direct. En démocratie, il n’y a pas plus forte légitimité que celle-là. Et les conseillers à l’AFE sont doublement élus, puisqu’ils ont été préalablement élus au suffrage universel direct puis au suffrage universel indirect pour siéger à l’AFE. C’est un combat que nous menons sur la question du statut de l’élu. J’ai pris l’initiative d’un rapprochement avec l’AMF, l’Association des Maires de France qui pour la première fois de son histoire a reçu les élus des Français de l’étranger et qui a découvert combien ces derniers n’avaient pas le statut qu’ils méritent. »

    Pour cet ancien membre de l’AFE, il est d’autant plus important que les avis et résolutions portés par l’instance ne restent pas lettre morte. « La réforme de l’AFE a exclu les parlementaires de l’Assemblée des Français de l’étranger alors qu’ils en étaient membres de droit. C’est la raison pour laquelle une forme de distance s’est créée avec le parlement. En tant que président du groupe d’études Statut Rôle et Place des Français établis hors de France au Sénat, j’ai créé un nouveau dialogue institutionnel qui consiste à auditionner au Sénat les représentants de l’AFE et de publier un compte rendu sur le site du Sénat pour faire mieux connaître les problématiques des Français de l’étranger à l’ensemble des sénateurs. » 

    Ronan Le Gleut : « La situation des finances publiques est absolument catastrophique »
    Ronan Le Gleut

    France-Allemagne à jeu égal

    Enfin, spécialiste de l’Allemagne, Ronan Le Gleut relativise le ralentissement de la dynamique franco-allemande au sein de l’Union Européenne. « Le couple franco-allemand, que d’ailleurs les Allemands appellent moteur franco-allemand vit des soubresauts. Ce n’est pas une nouveauté. On peut se focaliser sur ce qui coince, on peut aussi regarder ce qui avance comme par exemple les questions de défense. Néanmoins, il est vrai que le décrochage économique de la France complique les choses. D’un autre côté, la France dispose des atouts de grandes puissances tels que son siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies ou la dissuasion nucléaire. Il y a donc un équilibre entre la force géopolitique et géostratégique de la France et le moteur économique allemand qui fait que le couple franco-allemand peut parfaitement continuer à se parler entre égaux. »

    En toute confidence est en écoute sur plusieurs plateformes










  • Trois auteurs français, résidents en Allemagne, célébrés au salon du livre de Francfort

    Trois auteurs français, résidents en Allemagne, célébrés au salon du livre de Francfort

    Francfort accueillera bientôt son salon du livre qui mérite le titre non usurpé de plus grande foire mondiale de l’édition. L’affaire n’est pas nouvelle : Plongeant ses racines à l’année 1454, peu de temps après l’invention de l’imprimerie moderne par Guttenberg, le salon a été fondé formellement en 1949 par la société Frankfurter Buchmesse GmbH et propose depuis lors un vaste panorama de livres allant de la fiction à la non-fiction, des livres d’art aux ouvrages scientifiques en passant par la littérature pour enfant. Des débats et conférences et des présentations de livres au public jalonneront un salon qui ouvrira ses portes cette année du 16 au 20 octobre.  Pendant ces 5 journées très denses  les publications en langues étrangères seront également représentées. C’est à ce titre que nous nous sommes intéressés aux publications en français proposées par des compatriotes résidents à Francfort ou dans sa région.

    Le comité représentant les étrangers auprès de la commune de Francfort promeut en effet chaque année des publications qui font habituellement la part belle aux auteurs turcs ou italiens dont les communautés sont très importantes dans la ville et la région mais aussi aux auteurs français qui seront représentés cette année par trois écrivains. Ce coup de projecteur doit beaucoup à l’investissement du conseiller des Français de l’Etranger Jean-Marie Langlet, également président honoraire du conseil consulaire de Francfort sur le Main. Cet élu d’expérience, qui célébrera bientôt ses 80 ans après plusieurs décennies d’investissements associatif et politique s’est appuyé sur le comité représentant les étrangers (KAV) auprès de la ville de Francfort pour mettre en lumière ces auteurs qui résident dans la région. Grâce à cette démarche rassembleuse en faveur des lettres, de la culture et de la relation franco-allemande, l’élu a pu être soutenu par Florian Chiron et Marc de la Fouchardière qui représentent les écologistes et la CDU auprès du comité (KAV). Jean-Marie Langlet a bien voulu répondre à nos questions (Cf infra) et nous avons pu échanger avec les auteurs sélectionnés pour mieux les connaître.

    Un banquier qui a l’europe chevillée au corps

    Christophe Braouet est un auteur franco-allemand qui s’est illustré dans une carrière de banquier international et qui possède, chevillée au corps, la passion de la relation franco-allemande et l’ambition de faire avancer l’intégration européenne. L’auteur se revendique de sa proximité intellectuelle avec le fameux historien, sociologue et politologue Alfred Grosser dont il a été l’élève. Grosser, natif de Francfort-sur-le-Main et récemment disparu, a œuvré toute sa vie pour la bonne entente de nos deux nations et Braouet s’inscrit pleinement dans cette lignée en promouvant les liens historiques et culturels de deux pays qui sont disséqués aux plans économiques et politiques dans près de 250 pages passionnantes.

    Braouet a puisé dans sa présidence de la Société Franco-Allemande de Francfort assumée depuis 20 ans la matière qui nourrit un livre bien documenté, en langue allemande, dont le titre peut être traduit par “la France et l’Allemagne peuvent réussir” une belle profession de foi en la force de notre relation commune. L’auteur est aussi conférencier et profite des rencontres avec le public pour faire avancer ses idées humanistes et européennes. Il prépare d’ailleurs la prochaine quinzaine Franco-allemande d’Occitanie qui aura lieu en avril prochain à Montpellier, prenant son bâton de pèlerin pour parler à un public varié qu’il rencontrera également au salon d’octobre à Francfort.

    Trois auteurs français, résidents en Allemagne, célébrés au salon du livre de Francfort
    @adobestock

    Un troisième roman pour un écrivain qui évoque la première voiture électrique

    Jérôme Hallier s’est installé quant à lui de plus fraîche date dans la ville de Francfort. Le Normand né à Caen est venu en Allemagne pour raison professionnelle il y a deux ans. Cet écrivain Globe-trotter a longtemps vécu au Japon dans la ville de Kyoto qui lui a inspiré un premier roman publié chez Flammarion en 2018, “les portraits sonores du docteur Léon Azoulay”. Ce familier des fictions historiques publie aujourd’hui un troisième roman autour de l’histoire véridique de la première voiture ayant franchi ce qui était alors le “mur” des 100 kilomètres heure. L’intrigue se bâtit autour de la rivalité entre deux équipes et deux mécanos. Le sel du livre ne réside pas seulement dans la recherche de toujours plus de vitesse mais dans les passions amoureuses qui se nouent entre un ingénieur et une mécano. Notons que “le mécano de la Jamais contente” s’ouvre en 1898 alors que les voitures à pétrole, à vapeur et électrique s’affrontent autour de technologies concurrentes. Après cette époque des pionniers viendra l’industrialisation massive et comme chacun sait la propulsion à l’électricité sera ensuite longtemps éclipsée par la production de voiture au pétrole avant de retrouver à une époque plus récente sa nouvelle heure de gloire. L’écrivain présentera son livre dans le cadre du salon, un livre qui pourra rencontrer un public de passionnés de sports auto comme un lectorat plus large avide d’épopées et de grands sentiments.

    Une passionnante histoire d’espionnage dans les balkans

    Gilles Roux écrit par passion. Ce cadre qui a oeuvré dans des entreprises de télécommunications comme dans le secteur financier des fusions acquisitions est de la première génération d’Erasmus qui lui a valu d’arriver à Stuttgart dans les années 90. Il publie aujourd’hui l’édition bilingue d’un roman édité initialement en 2015 et qui trouve là une seconde vie. L’intrigue d’”Homo Bellum” se noue autour de deux agents de la DGSE envoyés au Kosovo pour une mission mystérieuse. Quelques jours après l’Ambassade de Chine à Belgrade est bombardée, épisode historique jamais totalement élucidé. L’auteur nous livre sa propre explication en même temps qu’une belle réflexion sur la solitude de ces agents en mission et sur les horreurs de la guerre.

    Gilles Roux a été inspiré par sa fréquentation de militaires à Tübingen pendant ses années Erasmus alors qu’il était hébergé dans une caserne dont il était un des rares civils. Ses amis militaires qu’il a conservés depuis avaient pu s’interroger sur le bombardement américain de Mai 1999 qui tua trois personnes et sur son intentionnalité. Le début d’une histoire que l’auteur a eu envie de raconter sur le mode du “roman de gare”, un livre prenant, court et bien ficelé et qui sera donc désormais publié autant en français qu’en allemand dans une promotion d’un bilinguisme qu’il affectionne.


    Commander le roman en version allemande


    Commander le roman en version française

    Trois auteurs à qui nous souhaitons de rencontrer un large public au salon du livre.

    4 questions au Conseiller des Français de l’Etranger, Jean-Marie Langlet

    Lesfrancais.press : Monsieur le conseiller, vous agissez par le biais du KAV pour soutenir les auteurs français présents à la foire du livre de Francfort. Pouvez vous nous expliquer les origines de votre investissement en faveur de la culture et de la littérature ?

    Jean-Marie Langlet : Si déjà dans ma jeunesse, je dévorais tous les bibliothèques auxquelles j’avais accès, pour l’occasion mon soutien aux auteurs qui présenteront leur ouvrage sur le stand du KAV ne peut être défini comme un investissement en faveur de la culture et de la littérature.

    Je n’ai pas été à l’origine de la création du stand du KAV mais ce moyen de faire connaître la littérature et la culture provenant des communautés étrangères locales m’a paru très intéressante. Les 2 premières années, j’étais ramasseur de balles si j’ose dire et j’ai beaucoup écouté. Cette année, je me suis dit, pourquoi pas avec la communauté française. J’en ai parlé à mes 2 collègues français du KAV. Ils m’ont suivi. J’en ai parlé autour de moi et, à ma grande surprise, j’ai pu contacter 3 auteurs vivant à Francfort et région issus de différents groupes de la communauté française moderne présente à Francfort et région.

    LFP : Vous avez une approche politique rassembleuse puisque vous agissez de concert avec d’autres conseillers des Français de l’étranger qui sont de bords différents. L’action politique au service de nos compatriotes est-elle par nature plus rassembleuse et moins polémique ?

    Jean-Marie Langlet : « C’est le cas au KAV où nous sommes 3 élus membres de partis différents dans un système allemand. Côté français ce fût le cas dans les listes que j’ai présenté pour les élections au CSFE et à l’AFE première mouture. Depuis la réforme de 2013 et la création des conseils consulaires, nous avons, ici, deux blocs à la française, dont un se dit majoritaire alors qu’il ne l’est pas. Ceci limite beaucoup les possibilités de travail en commun. »

    LFP : Que peuvent la culture et la littérature face à la montée des extrémismes ?

    Jean-Marie Langlet : « Tout dépend ce qu’on définit à ce propos comme culture et littérature. J’ai plutôt l’impression que dans le passé la littérature et la culture  ont  plus  suivi , en bien ou mal, les soubresauts de l’histoire qu’elles les ont influencés ! Actuellement la « littérature » et la culture sont le son et l’image dans toutes poches dont  nous connaissons encore mal la vraie influence en ce domaine. »

    LFP : Vous êtes le doyen des élus français en Allemagne, est-ce une position de sagesse ?

    Jean-Marie Langlet : « C’est certainement vrai. Mais la sagesse est comme la littérature et la culture, elle suit le mouvement de la société ou son milieu plutôt qu’elle l’influence vraiment. Quand je dis, en 2026, je me représenterai plus, la réponse de mes interlocuteurs est presque toujours : fake news. Vais-je être sage ou pas. That is the question ! »

  • Le tourisme en France, près de 4 points de PIB

    Le tourisme en France, près de 4 points de PIB

    En 2022, le produit intérieur brut (PIB) direct du tourisme s’élevait à 94,4 milliards d’euros, représentant ainsi 3,6 % du PIB de la France. En 2021, au sortir de l’épidémie de Covid, le PIB touristique était de 75,9 milliards d’euros, soit 3 % du PIB total de l’économie.

    Les activités caractéristiques du tourisme, telles que l’hébergement, la restauration ou les transports, ont généré une valeur ajoutée brute totale de 294,5 milliards d’euros en 2022, dont 72,3 milliards imputables au tourisme (soit 24,6 %). Le reste de cette valeur ajoutée est lié à la consommation des autres acteurs économiques, principalement la population résidente.

    L’hébergement reste la principale activité du tourisme

    Dans le secteur de l’hébergement, la valeur ajoutée directe attribuable au tourisme a atteint 34,9 milliards d’euros, représentant 16,7 % de la valeur ajoutée totale de ce secteur. Les hébergements des visiteurs regroupent l’ensemble des activités d’hébergement de courte durée, ainsi que les activités liées à la location et à l’exploitation de biens immobiliers. La part dédiée au tourisme inclut non seulement les hébergements collectifs de tourisme, mais aussi les activités immobilières liées aux résidences secondaires. Les autres activités caractéristiques du tourisme ont une contribution moindre à la valeur ajoutée du secteur. Par exemple, les activités de transport de voyageurs, dont la part dédiée au tourisme est très importante (62,7 %), représentent une valeur ajoutée de 16,8 milliards d’euros. Quant à l’activité des agences de voyages et des services de réservation, considérée comme entièrement touristique, elle génère une valeur ajoutée brute totale de 2,3 milliards d’euros.

    Les activités culturelles, sportives et de loisirs, en partie destinées aux touristes, ont produit une valeur ajoutée brute directe de 11,2 milliards d’euros en 2022. Pour les activités de restauration et de cafés liées au tourisme, la production s’est élevée à 7,1 milliards d’euros, soit 22,8 % de la valeur ajoutée brute totale de ce secteur, qui reste majoritairement orienté vers la population résidente.

    Le tourisme en France, près de 4 points de PIB
    @adobestock

    Certaines activités, bien que non considérées comme touristiques car principalement tournées vers la demande locale, répondent également aux besoins des touristes. Par exemple, le commerce de détail fournit aux voyageurs des biens alimentaires, du carburant ou des services comme la coiffure et les soins corporels. En 2022, ces activités non essentiellement touristiques ont généré une valeur ajoutée brute liée au tourisme de 9,8 milliards d’euros, représentant toutefois seulement 0,5 % de la valeur ajoutée totale de ces secteurs.

    Un retour à la normale pour le tourisme en France

    Après une forte contraction en 2020 et 2021, le secteur du tourisme a retrouvé un niveau presque normal en 2022. La valeur ajoutée brute directe du tourisme a augmenté dans toutes les activités par rapport à 2021. En 2022, les activités caractéristiques du tourisme ont généré une valeur ajoutée presque équivalente à celle observée en 2019 (72,3 milliards d’euros contre 72,6 milliards d’euros). Avec le retour de la clientèle étrangère, la valeur ajoutée liée aux transports a connu la plus forte augmentation entre 2021 et 2022, principalement sous l’effet de la hausse des prix. Elle dépasse même les niveaux de 2019. Entre 2019 et 2022, la valeur ajoutée brute du tourisme a ainsi augmenté dans le transport aérien (+20,4 %, à 6,5 milliards d’euros), le transport ferroviaire (+26,7 %) et le transport routier, fluvial et maritime (+25,0 %).

    Les activités culturelles ont également dépassé leur niveau d’avant-crise avec une valeur ajoutée de 4,9 milliards d’euros en 2022 (+8,9 %). Dans le secteur de l’hébergement, la valeur ajoutée brute liée au tourisme a progressé par rapport à 2019, mais de manière plus modérée (+1,5 %). L’activité des agences de voyages et des services de réservation a repris entre 2021 et 2022, avec une valeur ajoutée de 2,3 milliards d’euros, soit deux fois plus qu’en 2021. Toutefois, ce niveau reste en deçà de celui de 2019 (-14,8 %). Dans le secteur de la restauration et des cafés, la valeur ajoutée brute directe du tourisme est toujours inférieure à son niveau d’avant-crise (-26,0 %), malgré une forte progression entre 2021 et 2022 (+22,4 %). De même, bien que les activités sportives et de loisirs aient connu une hausse de leur valeur ajoutée entre 2021 et 2022, elles restent en retrait par rapport à 2019 (-13,7 %).

  • Les Français établis hors de France : le rapport 2024 de l’administration

    Les Français établis hors de France : le rapport 2024 de l’administration

    Comme chaque année, l’administration consulaire, actuellement dirigée par Pauline Carmona, publie son rapport 2024 sur la situation des Français établis hors de France au titre de l’année 2023. Et comme chaque année, nous vous proposons un résumé. Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger si vous le désirez le rapport complet en fin d’article.

    Stabilité des inscriptions au registre consulaire

    Les Français de l’étranger sont invités, lorsqu’ils s’installent dans un pays tiers, à s’inscrire sur le registre consulaire. On connaît nos compatriotes, naturellement, ils ne s’empressent pas d’aller au consulat lors de leur arrivée. Ainsi, alors qu’on estime que la population française expatriée comprend près de 3 millions de membres, ils ne sont que 1 692 978 citoyens à y être inscrit au 31 décembre 2023, soit une augmentation de 0,5% par rapport à 2022. Le nombre d’inscrits se rapproche, donc, du niveau connu avant la COVID-19, période où de nombreux Français sont rentrés dans l’hexagone.

    Dans le rapport on apprend que « dans 10 pays, les augmentations ont dépassé les 10%2. Parmi eux, Israël (+11,02% ; population totale de 65 137 au 31/12/23) et le Portugal (+12,03% ; population de 20 006 au 31/12/23) sont les deux pays qui ont attiré le plus grand nombre de Français en 2023. »

    En revanche, « dans 13 pays, les baisses ont été supérieures à 10%5, dont au Mali (-18,13% ; population de 5 026 au 31/12/23), en Norvège (-17,47% ; population de 4 218 au 31/12/23) et en Russie (-33,68% ; population de 3 308 au 31/12//23). »

    Alors pourquoi ne pas vous inscrire vous aussi ? Car en s’identifiant sur le registre consulaire français, vos démarches auprès de votre consulat seront facilitées. Dans certains cas, elle est même obligatoire comme pour :

    • Demander de documents d’identité (passeport, carte nationale d’identité)
    • Demander une bourse pour vos enfants scolarisés dans un établissement français en Europe ou hors Europe
    • Voter aux élections : présidentielle, référendum, européennes, législatives, consulaires.
    • Effectuer les démarches obligatoires pour les jeunes du recensement
    • Obtenir des réductions des tarifs des légalisations et copies conformes

    Vous pouvez télécharger ci-dessous le tutoriel pour s’inscrire en ligne au registre consulaire de votre consulat.

    TELECHARGER LE TUTORIEL

    Peu de retraités inscrits au registre consulaire

    Concernant le profil des expatriés, on découvre que les retraités, qui sont estimés à plus d’1 million selon les caisses de retraite françaises, ne sont pas si méticuleux que l’imaginaire collectif le suppose.

    En effet, alors qu’il devrait représenter environ 33% des inscrits, le rapport « fait ressortir une plus faible représentation des Français âgés de plus de 60 ans qu’en France (15% contre 27%) ».

    Parmi les profils, une autre catégorie se dégage, celle des binationaux. En effet, la part de ces derniers (les binationaux comptabilisés sont les Français qui possèdent également la nationalité de leur pays de résidence) parmi les Français de l’étranger inscrits au registre est de près d’un tiers des inscrits en  2023 (31,8%), un chiffre stable par rapport aux années précédentes.

    Enfin, il est intéressant de noter que » dix postes dans le réseau traitent 37 % des démarches effectuées en ligne (Montréal, Londres, Genève, Bruxelles, Madrid, Québec, Barcelone, Sydney, Dubaï, New York). « 

    Passeports : nette progression

    Pendant la période de la COVID-19 et les deux années qui ont suivi, les remontées de terrain sur la disponibilité des agents pour réaliser les pièces d’identité des Français de l’étranger ont été houleuses. Et souvent à juste titre, le retard accumulé et les difficultés pour prendre rendez-vous dans les consulats avaient de quoi « rendre chèvre » plus d’un expatrié.

    Mais bonne nouvelle, l’administration consulaire a enfin pu retrouver un rythme de croisière.  Ainsi, « en 2023, le réseau des postes diplomatiques et consulaires a délivré à nos compatriotes 511 536 titres d’identité et de voyage :  330 580 passeports (contre 302 113 en 2022) et 180 956 cartes nationales d’identité (contre 154 870 en 2022). »

    Il faut aussi saluer la mise en place de 102 dispositifs mobiles permettant le recueil, à l’occasion de tournées consulaires, des demandes de passeports et cartes nationales d’identité d’usagers à mobilité réduite ou éloignés des guichets consulaires.

    Enfin, l’expérimentation de la dématérialisation de la remise de passeport est un succès. A ce jour, les Français de 26 pays (Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Corée du Sud, Danemark, Émirats Arabes Unis, Espagne, États-Unis, Finlande, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse) peuvent aussi, s’ils sont inscrits au registre consulaire, opter pour l’envoi postal sécurisé de leur passeport à leur domicile et à leurs frais. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le ministère de l’Intérieur et l’agence France Titres ont à cet effet développé un téléservice assurant à tout moment la traçabilité du passeport et garantissant l’arrivée du titre entre les mains de son détenteur légitime.  En parallèle, la dématérialisation de la demande de renouvellement est aussi expérimentée et semble aussi apporter satisfaction. Cette expérimentation, lancée début 2024, concerne les personnes majeures inscrites au Registre, résidant au Canada ou au Portugal et souhaitant déposer une demande de renouvellement d’un passeport. A quand une généralisation ?

    Le registre d’état civil électronique (RECE)

    Le RECE est un projet de dématérialisation de l’état civil sur le périmètre du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Projet prioritaire du gouvernement, le projet répond à la demande d’expérimentation de dématérialisation de l’état civil français, sur le périmètre restreint des Français ayant connu un événement d’état civil à l’étranger. L’expérimentation est conduite par le ministère en vertu de l’ordonnance n°2019-724 du 10 juillet 2019. Initialement fixée à trois ans, la durée de l’expérimentation a été portée à cinq ans par la loi 3DS du 21 février 2022.

    Avec ce nouveau dispositif, il sera donc possible à termes et pour tous d’obtenir en ligne :

    • La délivrance des copies et extraits d’actes d’état civil
    • D’accéder à un guichet unique en ligne de demande d’information pour les usagers
    • Accéder à son état-civil et demander une transcription d’acte.

    L’objectif affiché de l’administration est une généralisation en 2025. Mais aura-t-elle les moyens de ses ambitions ?

    Les enfants soustraits à l’autorité parentale

    Vous le savez, les consulats ont aussi en charge la protection des ressortissants français et ce aussi en cas de problèmes juridiques soit en tant qu’accusé(e) ou comme victime.

    Et force est de constater que les mineurs sont encore au cœur de l’activité consulaire. En effet, « le nombre total de dossiers individuels traités par l’administration au 31 décembre 2023, souvent sur de longues périodes, s’élevait à 928 dont plus de 350 enfants qui ne peuvent plus voir leur parent français ».

    Les déplacements illicites d’enfants surviennent dans toutes les zones géographiques du monde. Près d’un tiers des cas traités par le bureau concerne l’Afrique du Nord et le Moyen Orient.

    Liés à l’augmentation du nombre de mariages entre personnes de nationalités différentes, les conflits parentaux concernant l’attribution et l’exercice de l’autorité parentale se poursuivent au-delà des frontières et peuvent conduire à des situations dramatiques de déplacement ou de rétention illicites d’enfants.

    Pour lutter contre ce phénomène, la France est liée à cent-un États par la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants, et à l’Algérie, l’Égypte, le Liban, le Maroc, la Russie et la Tunisie par des conventions ou des accords bilatéraux spécifiques.

    Concernant les Français incarcérés, en 2023, ils étaient 2297 détenus à l’étranger, dont environ 11 % de femmes. La majorité des détenus Français à l’étranger est localisée dans l’Union européenne et en Europe occidentale (50 % du total), en particulier dans les pays frontaliers (un tiers du total général). On trouve ensuite l’Afrique du Nord (16 %), puis l’Asie et l’Océanie, les Amériques et l’Afrique subsaharienne (8 à 9 % du total chacune).

    Pour finir sur le volet assistance, le rapport précise que « le nombre de rapatriements organisés en 2023 (au bénéfice de compatriotes résidents ou de passage à l’étranger, Français et conjoints / enfants étrangers dans le cadre des rapatriements en CHRS avec France Horizon*) s’est élevé à 205, tous types de rapatriements confondus (45 pour motif sanitaire, 160 pour indigence). »

    Plus de 17 millions d’euros distribués aux expatriés

    A l’issue des conseils consulaires pour la protection et l’action sociale (CCPAS), 4 246 Français de l’étranger se sont vu octroyer une allocation à l’issue de la commission permanente pour la protection sociale des Français de l’étranger (CPPSFE) de mars 2023, contre 4 218 en 2022, soit une hausse de 0,7 %.  En tout c’est 14 millions d’euros qui ont été distribués dans ce cadre.

    Cette légère hausse du nombre de bénéficiaires en 2023 s’explique par un nombre de bénéficiaires de l’allocation enfants handicapés en forte augmentation (+14,07%) alors que l’on observe à l’inverse une légère baisse des bénéficiaires des allocations de solidarité (- 1 %), de l’allocation pour les adultes handicapés (-1,06%), des secours aux enfants en détresse (-3,8%) ainsi qu’une baisse plus marquée (-15,7%) du nombre de bénéficiaires de la prestation d’assistance consulaire servie dans les pays de l’Union européenne et de l’AELE (hors nouveaux États membres).

    Du fait du caractère différentiel des allocations servies, l’augmentation de 31 taux de base répartis dans 18 pays, a induit la prise en compte de davantage d’allocataires.  La hausse du nombre d’allocataires reflète aussi la fragilisation d’une partie de nos compatriotes, jusque-là non éligibles à ces aides, dans un contexte économique mondial marqué par une forte inflation

    A ces allocations versées par l’État directement, il faut ajouter 1,4 millions d’euros qui ont été distribués aux organismes locaux d’entraide et de solidarité (OLES). Ce montant a été réparti entre 93 associations pour un montant de 1,16 M€. Les zones les plus dotées sont le Moyen-Orient (210 500 €), l’Afrique du Nord (195 800 €), l’Union Européenne (168 000 €) et l’Asie/Océanie (151 400 €).

    Ces associations viennent compléter le dispositif des centres médico-sociaux (CMS) à l’étranger. En 2023, 250 000 € ont été inscrits en loi de finances au titre des centres médicosociaux (CMS), soit 235 000 € après application de la réserve de précaution. Le comité des subventions a octroyé 220 241 € aux CMS sous forme de délégation de crédits ou de subventions.  Ce sont ainsi 9 CMS qui ont bénéficié d’un appui financier en 2023 : Moroni, Pékin, Tananarive, gérés directement par le poste, et Bangui, Bujumbura, N’Djamena, Ouagadougou, Niamey et Yaoundé, gérés par une association de droit local.

    Aussi, 198 subventions ont été octroyées pour un montant total de 1,57 M€ en 2023 dans le cadre du programme de Soutien au Tissu associatif des Français à l’étranger (STAFE). Notons que l’ensemble des fonds n’ont pas été distribués puisque l’enveloppe budgétée était de 2 millions d’euros. Le rapport indique que « les crédits restants ont été redéployés vers un complément de subvention à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) au titre du soutien à la catégorie aidée. »

    France Consulaire

    Autre gros dossier de l’administration consulaire, le déploiement de France Consulaire. Après une phase d’expérimentation en 2021-2022 pendant laquelle le Service France Consulaire a intégré 18 pays européens, le déploiement s’est poursuivi pour couvrir 34 pays d’Europe de l’Ouest fin 2023, soit plus de 47% des Français inscrits au Registre des Français établis hors de France.

    L’objectif est de couvrir l’ensemble du monde d’ici fin 2025, ce qui nécessitera des moyens humains et financiers supplémentaires et un élargissement progressif des plages horaires d’attention au public lié au décalage horaire.

    Les retours des consulats et les enquêtes de satisfaction auprès des usagers confirment l’efficacité du dispositif. Au 31 décembre 2023, le service avait reçu quelque 190 000 appels depuis son ouverture, avec un taux de décroché moyen de 99%.  Dès leur intégration dans le périmètre du Service, les consulats constatent une baisse très notable des appels et courriels reçus.

    Le taux de renvoi des demandes vers les consulats n’est que de 10 % en moyenne, ce qui valide le modèle d’une réponse de premier niveau en administration centrale. Les chiffres de l’enquête de satisfaction sont également encourageants, avec en moyenne, au mois de décembre 2023, 90 % d’usagers satisfaits de la qualité de la réponse téléphonique, 94 % de la qualité de l’accueil par le téléconseiller et 92 % du délai d’attente.

    TELECHARGER LE RAPPORT DE L’ADMINISTRATION CONSULAIRE POUR L’ANNEE 2023

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 11.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le vendredi 11 octobre, dans le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine, on parle du budget de la France pour 2025 – de l’alerte du député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest – et de l’Institut français de Beyrouth.

    60 milliards d’euros à trouver

    Vous le savez, Michel Barnier doit trouver 60 milliards d’euros en 2025 pour tenter de limiter le déficit ! Pour cela, il a présenté son budget ce jeudi 10 octobre à l’Assemblée nationale. Le chef du gouvernement a rappelé que les intérêts payés par la France pour renouveler sa dette sont aujourd’hui « considérables », 56 milliards d’euros par an « que nous donnons aux autres, à ceux qui nous prêtent de l’argent ». Michel Barnier rappelle que ce coût équivaut à « 800 euros par Français, par an ». Pour y répondre, on a appris ce jeudi que le patronat et les syndicats vont devoir réaliser 400 millions d’euros d’économies en plus par an, soit au total 1,2 milliard d’euros sur les trois ans de la convention Unedic. Un montant qui s’ajoute aux 400 millions d’euros également attendus grâce au décalage de deux ans de l’âge à partir duquel les seniors bénéficient d’une durée d’indemnisation plus longue. Ces économies sont certes très loin de celles qui étaient prévues dans le cadre la réforme Attal, qui vient d’être enterrée. Le durcissement des règles devait rapporter à terme 3,5 milliards d’euros par an. Tout au long du mois d’octobre, le projet sera amendé, nous en reparlerons donc.

    Ce qu’il faut retenir du discours de politique générale de Michel Barnier
    © LP/Arnaud Journois

    Karim Ben Cheïkh dénonce les obsessions migratoires

    Pour le député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, les idées de l’extrême droite ont gagné la droite y compris jusque dans le camp macroniste. Dans une interview à retrouver sur Lesfrancais.press, il revient sur la problématique des OQTF. Pour lui, c’est une mesure administrative qui est presque sans rapport avec le niveau d’intégration d’un individu. Et il déplore que le débat médiatique et politique actuel tende à confondre toutes les situations à dessein avec le but de présenter des chiffres importants pour effrayer les Français.

    Karim Ben Cheïkh : « C’est dangereux de construire une politique publique sur des fantasmes »

    L’Institut français de Beyrouth toujours en fonction

    Dans les circonstances très difficiles que traverse le Liban, maintenir le lien avec les familles est la priorité de l’Institut français de Beyrouth. Ainsi la médiathèque et les espaces extérieurs restent donc ouverts selon les horaires habituels malgré la guerre qui crépite au loin. Dotée d’un large fond, notamment en littérature jeunesse et bande dessinée, ainsi que d’outils permettant des activités créatives (dessins, jeux de société, …), la médiathèque attend tous les francophones pour lire, apprendre et échanger. Une belle initiative que nous saluons.

    C’est ainsi que se termine cette semaine de flash quotidien des expatriés, bon vendredi à toutes et à tous où que vous soyez ! On se retrouve lundi pour parler de la 41ème session de l’Assemblée des Français de l’étranger qui s’ouvre à Paris ce 14 octobre.

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