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  • 700 ans d’heurs et malheurs budgétaires

    700 ans d’heurs et malheurs budgétaires

    Les premiers déficits publics apparaissent, du moins de manière officielle, sous les rois capétiens et les Valois, notamment lors des grandes guerres, comme la Guerre de Cent Ans (1337-1453). À l’époque, il y a une confusion entre la caisse du Roi et le budget de l’État, rendant la gestion des finances publiques opaque. Lorsque le roi faisait face à des difficultés budgétaires, il recourait soit à des impôts extraordinaires, soit à des emprunts, principalement auprès de banquiers italiens. La France a connu de nombreuses révoltes liées aux impôts, de la Fronde aux Gilets Jaunes, en passant, évidemment, par la Révolution. Les premiers déficits publics apparaissent, du moins de manière officielle, sous les rois capétiens et les Valois, notamment lors des grandes guerres, comme la Guerre de Cent Ans (1337-1453). À l’époque, il y a une confusion entre la caisse du Roi et le budget de l’État, rendant la gestion des finances publiques opaque. Lorsque le roi faisait face à des difficultés budgétaires, il recourait soit à des impôts extraordinaires, soit à des emprunts, principalement auprès de banquiers italiens. La France a connu de nombreuses révoltes liées aux impôts, de la Fronde aux Gilets Jaunes, en passant, évidemment, par la Révolution.

    Après la banqueroute des deux tiers en 1797, Napoléon Bonaparte commence à structurer les finances publiques sous le Consulat, une œuvre qui sera poursuivie par son neveu durant le Second Empire. Les guerres napoléoniennes, à partir de 1810, deviennent de plus en plus coûteuses, obligeant l’Empereur à multiplier les emprunts et à accroître les prélèvements dans les pays conquis. La Restauration (1814-1830) a permis un assainissement rapide des comptes publics, favorisé par une croissance économique vigoureuse. Sous Louis XVIII et Charles X, les gouvernements s’efforcent de réduire les dépenses publiques, en particulier les dépenses militaires, qui avaient explosé sous Napoléon. Les effectifs militaires passent de 800 000 hommes sous Napoléon à environ 240 000 hommes sous la Restauration. Une réforme du cadastre est initiée pour améliorer la taxation foncière, basée sur des évaluations plus justes des propriétés rurales et urbaines. Certains impôts indirects mis en place sous l’Empire, tels que les droits de douane et les octrois, sont conservés, mais les gouvernements tentent de ne pas les augmenter, craignant un retour des révoltes fiscales.

    La rationalisation des dépenses publiques et la bonne tenue de l’activité économique permettent à la France de verser environ 700 millions de francs en indemnités de guerre aux puissances alliées, en plus des frais d’occupation militaire prévus par le Traité de Paris de 1815.

    Une période d’équilibre budgétaire

    Sur le plan financier, la Restauration crée en 1816 la Caisse des dépôts et consignations, dont la mission est de sécuriser les fonds publics et parapublics. Grâce à ces mesures, la France parvient à équilibrer ses finances publiques dès 1817. Sous Louis-Philippe (1830-1848), la France connaît une période d’équilibre budgétaire. Les gouvernements adoptent des politiques qualifiées de rigoureuses. Les dépenses, notamment militaires, sont strictement contrôlées après la réduction massive de l’armée sous la Restauration. La dette publique reste stable, le gouvernement évitant de recourir à des emprunts excessifs. La dette accumulée sous Napoléon est progressivement remboursée.

    Sous la Monarchie de Juillet, les impôts indirects, tels que les octrois (taxes sur les produits de première nécessité, y compris les boissons et denrées alimentaires), constituent une source majeure de revenus. Ces taxes pèsent lourdement sur les classes populaires, ce qui alimente les tensions sociales. L’impôt foncier est également une importante source de revenus. La prudence budgétaire et l’absence de réformes sociales sous Louis-Philippe aggravent les tensions sociales. L’industrialisation rapide génère de fortes inégalités et une augmentation de la pauvreté. Les ouvriers et les paysans souffrent de la hausse des prix et de la stagnation des salaires. La crise de 1846-1847, crise agricole et économique majeure qui touche toute l’Europe, provoque une forte hausse des prix des denrées alimentaires, une montée du chômage et une dégradation des conditions de vie. L’absence de réponse du gouvernement conduit à la Révolution de 1848.

    L’instabilité politique décourage les investissements et freine la reprise économique.  

    La Seconde République hérite d’une situation financière dégradée en raison de la crise après la récession de 1847-1848. Les dépenses publiques augmentent rapidement avec l’adoption de plusieurs mesures sociales. La baisse des recettes fiscales aggrave le déficit public. Parmi les mesures coûteuses figurent les Ateliers nationaux. En 1848, le déficit budgétaire s’élève à environ 200 millions de francs, un montant important pour l’époque. L’instabilité politique décourage les investissements et freine la reprise économique.

    Durant le Second Empire (1852-1870), la situation budgétaire de la France s’améliore dans un contexte de forte croissance. Cependant, l’augmentation des dépenses d’infrastructures et militaires conduit à des déficits importants. Dès 1852, Napoléon III met en place une politique de modernisation économique axée sur le développement des infrastructures : chemins de fer, routes, canaux, ports et le réaménagement de Paris par le baron Haussmann. Ces grands travaux nécessitent des investissements publics importants. L’Empereur fait d’abord appel aux capitaux privés, mais doit également recourir aux emprunts publics. La croissance économique limite néanmoins l’ampleur des déficits et de la dette. Dans les années 1850, le déficit public avoisine 200 millions de francs. L’amélioration constatée à partir de 1857 s’interrompt dix ans plus tard en raison de l’augmentation des dépenses militaires (guerre du Mexique) et de l’ampleur des travaux à Paris, estimés à 2,5 milliards de francs.

    En 1867, une crise économique internationale affecte la France. La croissance ralentit, les investissements étrangers diminuent, et les banques connaissent des difficultés, notamment après la faillite de la Banque de l’Union Générale. Cette crise affecte les finances publiques, car les recettes fiscales chutent en raison du ralentissement économique. L’endettement de l’État devient alors un sujet de préoccupation majeur. La guerre franco-prussienne de 1870 est coûteuse pour les finances publiques. Non seulement elle entraîne des dépenses militaires considérables, mais la défaite impose également à la France de payer des réparations massives à la Prusse, pour un montant de 5 milliards de francs or.

    Entre 1885 et 1914, les finances publiques retrouvent un équilibre relatif.

    Au cours de la Troisième République (1870-1940), la gestion des finances publiques est marquée par plusieurs crises majeures : la défaite contre la Prusse, la Première Guerre mondiale et la grande crise de 1929. Les difficultés budgétaires deviennent récurrentes. Après le traité de Francfort (1871), outre les réparations de guerre, la France perd l’Alsace-Lorraine, une région industrielle clé. Pour payer les réparations, des emprunts sont contractés. La France réussit néanmoins à rembourser plus rapidement que prévu, grâce à la mobilisation des investisseurs, ce qui permet le départ des troupes d’occupation.

    Entre 1885 et 1914, les finances publiques retrouvent un équilibre relatif, bien que la croissance économique soit plus faible en France qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne. Cette période voit également l’essor des grandes banques françaises, comme le Crédit Lyonnais et la Société Générale, qui financent les investissements publics et privés.

    700 ans d’heurs et malheurs budgétaires - @adobestock
    700 ans d’heurs et malheurs budgétaires – @adobestock

    En 1914, la Troisième République introduit l’impôt sur le revenu.

    En 1914, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la Troisième République introduit l’impôt sur le revenu, une mesure longtemps débattue. Cet impôt, relativement modeste à ses débuts, marque un changement significatif dans la fiscalité française, passant d’une taxation principalement indirecte à une fiscalité plus progressive. Par son ampleur et sa durée, la Première Guerre mondiale entraîne une explosion des déficits publics et des dépenses. En 1918, les dépenses publiques dépassent 50 % du PIB, contre seulement 10 % avant la guerre. L’État finance ces dépenses par des emprunts massifs et une inflation galopante. La dette passe de 32 à 240 milliards de francs entre 1914 et 1920. Pendant la guerre, l’État a recours à la création monétaire, favorisant une inflation qui érode le pouvoir d’achat des ménages. Après la guerre, l’État doit financer la reconstruction d’une grande partie du nord-est de la France. Les réparations allemandes, pourtant promises, se révèlent difficiles à recouvrer. Le pays fait face à des difficultés budgétaires et monétaires chroniques, contraignant les gouvernements à dévaluer la monnaie et à adopter des plans d’assainissement budgétaire.

    La crise de 1929 frappe la France à partir de 1931. Le déficit public augmente rapidement, passant de 1 % à 5 % du PIB entre 1929 et 1934. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, le déficit atteint près de 6 % du PIB.

    Une partie de la dette effacée par l’inflation des années 1945-1948

    La Seconde Guerre mondiale entraîne une nouvelle dégradation des finances publiques. La défaite et l’occupation allemande provoquent l’effondrement de l’économie, des destructions massives d’infrastructures et d’usines, ainsi que le paiement d’indemnités et de frais d’occupation. En 1944, le débarquement des Alliés permet à la France de retrouver son indépendance mais entraîne des destructions considérables (logements, infrastructures, usines). La production industrielle est réduite de plus de 40 % par rapport à 1938. En 1945, le déficit public dépasse 20 % du PIB et la dette atteint 150 % du PIB. Une partie de cette dette sera effacée par l’inflation des années 1945-1948. Les premières années de la IVe République sont marquées par des dépenses publiques élevées, principalement consacrées à la reconstruction des infrastructures, de l’industrie et de l’agriculture détruites par la guerre.

    Le Plan Monnet (1947-1952) joue un rôle central dans cette reconstruction. La France bénéficie également de l’aide du Plan Marshall, recevant environ 2,5 milliards de dollars des États-Unis. Cette aide permet de financer une partie des dépenses, mais ne couvre pas l’ensemble des besoins, et l’État doit recourir à des emprunts pour compléter le financement.

    Les guerres liées à la décolonisation, notamment en Indochine et en Algérie, alourdissent les budgets, qui restent déficitaires. La dette publique demeure élevée, oscillant entre 80 % et 90 % du PIB. Sans une croissance économique forte, de l’ordre de 5 % par an, la situation des finances publiques aurait été encore plus difficile. À partir de 1944, la montée en puissance des dépenses sociales s’accélère avec la création de la Sécurité sociale. L’essor des prestations sociales entraîne la hausse, entre 1944 et 1958, des prélèvements obligatoires qui passe de 20 % à 28 % du PIB.

    De 1959 à 1967, la France enregistre des excédents budgétaires

    L’arrivée du général de Gaulle en 1958 et l’instauration de la Ve République se traduisent par un plan d’assainissement des finances publiques. De 1959 à 1967, la France enregistre des excédents budgétaires. Durant cette période, elle met fin aux demandes d’aides américaines. Grâce à la forte croissance économique, la dette publique est rapidement réduite, atteignant 15 % du PIB dans les années 1960. Cependant, le premier choc pétrolier de 1973 provoque une rupture dans la gestion des finances publiques.

    La dette publique passe de 21 % à 57 % du PIB entre 1981 et 1995

    À partir de 1973, les finances publiques deviennent systématiquement déficitaires. Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le déficit public moyen avoisine 1 % du PIB. Il augmente sous les deux septennats de François Mitterrand, et la dette publique passe de 21 % à 57 % du PIB entre 1981 et 1995. La mise en œuvre de l’euro s’accompagne d’une relative maîtrise des finances publiques en France. Cependant, la dette publique continue d’augmenter pendant les deux mandats de Jacques Chirac. Elle atteint 65 % du PIB en 2007. La crise financière de 2008-2009 provoque une forte augmentation de cette dette, qui dépasse 91 % du PIB en 2012. Sous la présidence de François Hollande, elle continue d’augmenter de manière plus modérée, pour atteindre 98 % du PIB en 2017.

    Le déficit devrait dépasser 6 % du PIB, un record en dehors des périodes de crise ou de guerre.

    Les événements récents, tels que la crise des Gilets Jaunes, la pandémie de Covid-19, et la guerre en Ukraine, ont entraîné une dégradation significative des finances publiques. Le déficit public s’élève à 9 % du PIB en 2020, principalement en raison des mesures de soutien aux entreprises et aux ménages pendant la pandémie. En 2023, il atteint 5,5 % du PIB. Le gouvernement a annoncé que pour 2024, le déficit devrait dépasser 6 % du PIB, ce qui constitue un record en dehors des périodes de crise ou de guerre. Par ailleurs, la dette publique française atteint désormais 112 % du PIB en 2024. Le taux des prélèvements obligatoires dépasse 45 % du PIB, tandis que les dépenses publiques représentent environ 56 % du PIB.

    L’évolution des finances publiques en France témoigne d’un équilibre toujours fragile entre croissance économique, contraintes budgétaires et pressions sociales. Depuis plus de 700 ans, la question de la maîtrise des comptes publics constitue une véritable antienne. En 2024, la France doit opérer un assainissement de ses comptes tout en étant confrontée à une série de défis : vieillissement démographique, transition écologique, menaces géopolitiques.

  • France-Maroc : le casse-tête des OQTF au cœur de la visite d’État d’Emmanuel Macron

    France-Maroc : le casse-tête des OQTF au cœur de la visite d’État d’Emmanuel Macron

    Emmanuel Macron sera en déplacement au Maroc du 28 au 30 octobre dans l’espoir de relancer une relation diplomatique bilatérale au plus bas depuis des années — et de trouver un accord pour faciliter les retours des déboutés du droit d’asile soit le traitement des OQTF.

    « [Le Maroc] est un grand pays ami, et je pense qu’on peut parfaire [et] accélérer un certain nombre de réadmissions et de retours »a affirmé le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, pour qui le Maroc est une destination « sûre », jeudi 24 octobre sur France Inter.

    Une telle déclaration s’ancre dans la visite d’État d’Emmanuel Macron au Maroc, qui se déroulera du 28 au 30 octobre prochain et dont l’objectif est clair : acter la réconciliation des deux pays, après des années de brouille diplomatique.

    Bruno Retailleau, ainsi que d’autres ministres et chefs d’entreprise, participeront au déplacement, montrant ainsi à quel point la France et le Maroc sont prêts à « marquer une nouvelle ambition pour les 30 ans à venir de l[eur] relation », souligne l’Élysée.

    Les sujets à aborder seront nombreux : formation et employabilité, agriculture, crises géopolitiques et, plus largement, « travailler à finalement soutenir notre souveraineté respective », ajoute l’entourage d’Emmanuel Macron.

    Alors que 867 éloignements vers le Maroc étaient effectués en 2019, ils tombent à 170 en 2021, précise un rapport sénatorial, publié en 2022. [JALAL MORCHIDI/EPA-EFE]
    Alors que 867 éloignements vers le Maroc étaient effectués en 2019, ils tombent à 170 en 2021, précise un rapport sénatorial, publié en 2022. ©JALAL MORCHIDI/EPA-EFE

    Agenda global

    Un sujet devrait notamment être au cœur des discussions tout au long de la visite : la question migratoire et celle, très épineuse, des renvois des déboutés du droit d’asile vers le Maroc.

    Cela fait plusieurs années que Rabat ne fournit plus les laissez-passer consulaires nécessaires à tout renvoi effectif d’exilés sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).

    Les chiffres le prouvent : alors que 867 éloignements vers le Maroc étaient effectués en 2019, ils tombent à 170 en 2021, précise un rapport sénatorial, publié en 2022.

    « La délivrance de laissez-passer est toujours sporadique et le refus des vols groupés ferme. Le Maroc exige par ailleurs un schéma vaccinal complet pour admettre les personnes sur son territoire, y compris lorsqu’il s’agit de ses propres ressortissants », souligne le document.

    En représailles, la France s’est contentée jusqu’à présent de faire du « chantage au visa », explique Thomas Lacroix, directeur de recherche au CNRS et à Sciences Po, qui regrette que le sujet soit seulement abordé par le biais d’un « rapport de force » diplomatique.

    L’enjeu est ailleurs, selon lui : « Le problème de fond, c’est le nombre d’OQTF formulées à tout bout de champ, sans préjuger de la possibilité réelle de leur exécution ». Or, le Maroc n’est pas disposé à fournir les laissez-passer consulaires, « qui sont une source de marchandage » avec la France.

    L’urgence est donc à calmes les tensions, et revenir sur une relation bilatérale plus apaisée. Ainsi Paris se dit-il prêt à travailler main dans la main avec Rabat pour définir « un agenda global » sur la migration qui puisse se concentrer autant sur les migrations légales qu’irrégulières.

    « Cela implique de discuter de la lutte contre l’immigration irrégulière et de la coopération en matière, y compris [en terme] de réadmission, de prévention des départs et le renforcement [du] dialogue avec les pays d’origine, de transit et de destination », précise l’Elysée.

    Durant l’été, Emmanuel Macron avait aussi soutenu le plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental — dans un souci de montrer patte blanche aux autorités maghrébines.

    Le Maroc fait face à une forte augmentation des mouvements migratoires sur son territoire, alors que des exilés en provenance des pays d’Afrique subsaharienne traversent le pays pour gagner l’Europe, ou voient dans le Maroc une destination finale.

    La police marocaine a enregistré 366 000 tentatives de passages des frontières vers l’UE ces cinq dernières années, selon les données du think tank Carnegie Endowment for International Peace. Des violences policières contre des demandeurs d’asile ont aussi été révélées dans la presse.

    Rendre les retours plus efficaces

    La question migratoire ne se limite en aucun cas à la France et au Maroc. Au contraire, le sujet des retours et réadmissions est au cœur de débats européens, alors que la Commission européenne s’est dite prête à renégocier une directive « retour », et souhaite renforcer des partenariats avec des pays non-européens pour mieux contrôler les mouvements migratoires.

    L’UE finance déjà les garde-côtes libyens, tunisiens et turcs, afin de plus efficacement intercepter les exilés qui tentent de traverser la Méditerranée, et les ramener sur les côtes non-européennes.

    De nombreuses enquêtes ont pourtant fait état de graves violations des droits humains dans le cadre de ces interceptions, avec une absence totale de contrôle de la part de la Commission européenne, du Parlement européen et des États membres.

    Parallèlement, la Commission se prépare à présenter une nouvelle proposition législative afin que les OQTF formulées par les tribunaux européens soient plus régulièrement suivies d’effets.

    Au deuxième trimestre 2024, 96 115 OQTF ont été formulées tout pays européen confondu, mais seuls 25 285 retours effectifs (26,3 %) vers des pays d’origine ou de transit ont eu lieu, selon les données d’Eurostat.

    Dans le même temps, des discussions se poursuivent autour de la création de « centres de retour », qui s’apparenteraient à des centres de détention installés dans des pays tiers, pour accueillir des exilés déboutés du droit d’asile dans l’UE.

    Bruno Retailleau a aussi annoncé jeudi qu’il nommerait un « missi dominici qui aura pour obsession de faire avec des pays tiers, des pays d’origine, des pays de transit, des accords bilatéraux et dès que ça sera possible d’ailleurs, dans le cadre d’accords européens ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 28.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le flash quotidien des expatriés du lundi 28 octobre. Dans les titres de cette édition : Bilan de la conférence sur le Liban – Le casse-tête de la Journée Défense et citoyenneté à l’étranger – Dernière ligne droite aux USA

    Des millions pour le Liban

    Plus de 70 États et organisations internationales étaient présents à la Conférence internationale de soutien à la population et à la souveraineté du Liban organisée à Paris jeudi dernier. 740 millions d’euros d’aide humanitaire ont été promis mais les appels à un cessez-le-feu lancés par le président français et le Premier ministre libanais Najib Mikati avaient peu de chance de porter, en l’absence des principaux belligérants — Israël et l’Iran — et alors que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, était en déplacement au Qatar.

    Emmanuel Macron lors de la conférence sur le Liban à Paris le 24 octobre 2024. ©AFP/Reuters
    Emmanuel Macron lors de la conférence sur le Liban à Paris le 24 octobre 2024. ©AFP/Reuters

    Toujours pas de JDC pour les jeunes expatriés

    Depuis plusieurs mois, les jeunes Français de moins de 25 ans vivant à l’étranger ne peuvent réaliser leur « Journée Défense et Citoyenneté » (JDC). Or, elle est pourtant obligatoire en cas de retour sur le territoire national. Aussi, pour le moment, les consulats ou ambassades adressent à ce public une attestation de report. Mais au-delà de cette obligation, c’est également tout un message sur la citoyenneté et les institutions françaises qui n’arrive pas à destination de nos jeunes expatriés. Pour combler ce manque, l’association « Français du Monde adfe Tunisie » a décidé d’organiser deux journées intitulées « Parcours citoyen ». Avec en filigrane un message envoyé aux autorités françaises : oui il est possible d’organiser une JDC à l’étranger.

    En Tunisie, élus et association se mobilisent pour organiser leur JDC - @lesfrancais.press
    En Tunisie, élus et association se mobilisent pour organiser leur JDC – @lesfrancais.press

    Tensions palpables entre les candidats à la Maison blanche

    Michelle Obama a exprimé samedi 26 octobre sa « peur réelle » de voir Donald Trump reprendre la Maison Blanche lors d’un meeting au côté de la démocrate Kamala Harris qui serait une « extraordinaire présidente » mais n’a pas réussi à creuser l’écart dans les sondages avec le républicain. Les deux prétendants à la Maison Blanche, coude-à-coude à dix jours du scrutin sont retournés samedi dans les États clés où ils multiplient meetings et rencontres. La défense des droits des femmes pour elle, l’économie et l’immigration pour lui: chacun d’eux a mis l’accent samedi sur des thèmes porteurs.

    Kamala Harris à Raleigh, en Caroline du Nord, le 26 mars 2024 et Donald Trump à Atlanta, en Géorgie, le 27 juin 2024. - Andre Caballero-Reynolds, Brendan Smialowski / AFP
    Kamala Harris à Raleigh, en Caroline du Nord, le 26 mars 2024 et Donald Trump à Atlanta, en Géorgie, le 27 juin 2024. © Andre Caballero-Reynolds, Brendan Smialowski / AFP

    Voilà, c’est ainsi qu’on conclut ce flash quotidien des expatriés. Toute la rédaction, vous souhaite un beau lundi ! Et à demain.

    Écouter le bulletin quotidien des Français de l’étranger

  • Mafia, Kremlin et Maison Blanche

    Mafia, Kremlin et Maison Blanche

    Peut-être n’est-ce pas si grave. Peut-être n’est-ce pas certain, ce serait malgré tout dangereux que des groupes criminels s’installent à la Maison Blanche; surtout s’ils sont étrangers. Jusqu’à présent, dans l’histoire des États-Unis, les liens de la Maison Blanche avec la Mafia étaient réservés à la Mafia américaine[1].  Elle choisit Franklin Roosevelt contre Al Smith en 1932, y gagnant le contrôle des ports. Lucky Luciano sera libéré pour aider l’approvisionnement de l’Italie. Truman doit sa carrière à la Mafia de Kansas City. Recommandé à Roosevelt par les syndicats, notamment celui du crime, il devient son vice-président. Kennedy joue avec et contre la mafia, ce qui lui vaut son assassinat. Nixon est chaperonné dès sa première élection en Californie, tout comme Clinton en Arkansas. Quant à Trump, son ascension immobilière, ses faillites, ses casinos, s’expliquent moins par le talent que par la mafia. Dans son cas, les mafias : américaine, et… russe[2].

    10 millions de dollars. Un petit geste de Poutine.  

    « Il avait essuyé des pertes avec ses casinos et d’autres entreprises en faillite À l’époque, les oligarques russes ont cherché à diversifier leurs placements et Donald Trump avait besoin de cet argent » confie Kenneth McCallion, procureur anti-mafia à New York de 1978 à 1992. La mafia russe est une alliée du KGB devenu FSB, complicité née du Goulag pour tenir les camps. Trump a maintenu ses « conversations secrètes » avec les Russes pendant sa présidence. Depuis sa défaite, il n’a cessé de discuter avec Poutine. Le FBI a démantelé un réseau d’influenceurs contre Harris financé par les Russes pour 10 millions de dollars. Un petit geste de Poutine.

    Rien par rapport aux contributions d’un Elon Musk, intéressé par les contrats publics et les milliards y attenant.  Si la Silicon Valley, bastion démocrate, devient trumpiste, c’est qu’une législation anticartels menace les nouveaux oligarques de la révolution digitale.

    Les vieux oligarques de la vieille économie du pétrole, eux, étaient à Kazan, pour le sommet des Brics. Combien de barils prendrez-vous au cocktail ? Poutine y accueillait une vingtaine de chefs d’État, une sorte de rendez-vous du crime désorganisé. Les politologues sans politique y voient la revanche du Sud global, la mise en cause du dollar, le déclin de l’Occident et autres banalités depuis la conférence de Bandung de 1955.  Soit, les empires coloniaux ont disparu, la Chine est redevenue impériale, les Brics émergent. Ils patinent aussi.

    Kazan : le rendez-vous du crime désorganisé.

    La Russie n’en finit pas de s’abîmer, alors que la faible Europe s’unit et s’élargit. Et ce sont encore les Etats-Unis mènent la révolution mondiale. Difficile de détrôner le dollar avec du Yuan ou du Rouble, personne n’a confiance dans une monnaie contrôlée par un pouvoir tyrannique. Au rendez-vous de Kazan, on a parlé gros sous, commissions, pétrole, mais pas d’alliance politique, encore moins idéologique, ou commerciale. Elles n’existent pas.

    Erdogan, lié à la mafia turque, y a peaufiné ses circuits de contrebande. Narendra Modi, qui a fait assassiner il y a peu un opposant sikh au Canada, a mis de côté ses diatribes antimusulmanes pour négocier des ristournes sur le pétrole. Le vrai patron, à Kazan, ce n’était pas ce malheureux Antonio Guterres, chef de l’ONU qui a perdu le nord, mais Xi Jinping, maître de l’atelier du monde qui fournit l’Occident. Qui dépend de qui : Le fournisseur ou le client ? Même si elle aspire à s’en défaire, la Chine a encore besoin de l’Occident décadent.  

    Ces chefs de gangs gouvernementaux n’expriment en rien les vœux du « Sud global ». Les habitants de ce que l’on appelait le Tiers-monde aspirent à plus de bien-être et de liberté. Les vraies gens, d’Asie, d’Amérique, d’Afrique, veulent imiter l’Occident opulent. A contrario, leurs dirigeants ont peur de ce qu’il transporte : l’idée, illusion ou non, de liberté.

    La nouvelle « classe moyenne » mondiale veut décider de son avenir, se sentir libre. Elle n’est en aucune manière représentée par les assassins de Kazan.

    Pourquoi les vraies gens persévèrent dans le productivisme et le capitalisme oppresseur ? Pour de basses considérations matérialistes. La ration calorique par personne dans le monde a augmenté de 35% en 60 ans. Dans les pays pauvres, elle est passée de 2000 à 2500 calories par jour. De 1960 à aujourd’hui, la population a été multipliée par 2,5, mais la production de céréales par 3,5. Les surfaces cultivables n’ont augmenté que de 10%, parce que la surface nécessaire pour nourrir une personne a baissé de 58% (source FAO). L’espérance de vie moyenne mondiale est passée de 50 ans, en 1960, à 70 ans aujourd’hui. Incroyable : Le « Sud » aime vivre et aimerait même vivre bien.

    En 1990, 40% de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté. Aujourd’hui, moins de 10%. Progrès fulgurants, inouïs, révolutionnaires. Le productivisme est laid, mais il nourrit. Il est moins laid que les famines, la maladie et la mort. Favelas et bidonvilles sont-ils plus beaux que les faux gratte-ciels?

    La nouvelle « classe moyenne » mondiale veut s’exprimer, décider de son avenir, voyager, dépasser les frontières, se sentir libre. Elle n’est en aucune manière représentée par les assassins de Kazan.

    La bataille de demain pourrait permettre à ces peuples de changer de régime. Alors les potentats se serrent les coudes. Les femmes iraniennes, les Vénézuéliens, les Syriens exilés, les Ukrainiens préfèrent la démocratie à l’européenne plutôt que l’internationale des mafias et des polices politiques.

    C’est un combat, aussi, dans nos sociétés. Notamment dans l’Amérique riche, obèse, divisée, déchirée. Comment la moitié des Américains peuvent-ils choisir un Trump ?

    Comment voir en Trump, l’allié des mafieux américains, russes, un patriote ?

    L’ancien chef d’état-major des armées, Mark Milley, le décrit comme un fasciste. Son ancien vice-président comme un danger public. Comment voir en l’allié des mafieux américains, russes et géorgiens, un patriote ? Il y a bien une bataille contre la démocratie au sein des démocraties.

    Quand Poutine réunit vingt chefs d’État, c’est un exploit. Le même jour, Macron, l’esseulé, l’insulté, l’inconstant,  rassemble 70 Etats à Paris pour le Liban. Et récolte 1 milliard de fonds alors que personne ne sait ce que deviendra le Liban dans un mois.

    Le débat n’est pas entre l’Occident et on ne sait quel Orient ou Sud global. Il n’est même pas entre régimes autocratiques et démocraties libérales, il est entre le crime, l’assassinat, la contrebande, la police mariée à la pègre, et le droit, la société de confiance. Le combat est en Ukraine, en Syrie, en Turquie. Aujourd’hui,  il est aux États-Unis.

    Les États-Unis sont certes assez puissants pour résister aux folies. Mais le reste du monde ? Faut-il en faire l’expérience ? La chance des braves gens, c’est que le crime organisé, même quand il est au pouvoir, est moins organisé qu’on ne le croit. Le président iranien, tué dans une chute d’hélicoptère par temps maussade, a dû le penser très fort. Un criminel trouve toujours un plus criminel qui l’affranchit. Tout système de corruption se corrompt lui-même. Comme Prigogine a trahi Poutine, tous se trahiront. Cyril Ramaphosa, président sud-africain, ex-syndicaliste devenu milliardaire par la grâce de MacDo et Coca Cola, peut embrasser Poutine, il croit d’abord au roi dollar. Les traits communs de ces pays sont la contrebande, de drogue, d’armes, de pétrole.

    Il serait terrifiant que les Etats-Unis s’ajoutent à la liste des « Gangsters states ».

    Chine, Russie, Syrie, Venezuela, Iran, Nicaragua, Afrique du Sud, ne sont pas les seuls pays minés par la corruption et les réseaux politico-criminels mais le personnel d’Etat y est directement mêlé, et, surtout, le crime organisé y déborde les frontières, il devient un outil géopolitique.   

    Ces pays fonctionnent mal, la corruption permanente y crée un Etat parallèle, avec un nouvel impôt, une administration de passe-droits, une justice expéditive. Il serait terrifiant que les Etats-Unis s’ajoutent à la liste des « Gangsters states ».

    Le risque est grand. Demain, la démocratie sera dans la main de quelques électeurs du Michigan. Heureusement,  la démocratie va bien au-delà de l’électeur. Elle repose sur l’idée que le citoyen est vertueux. Bien sûr, c’est un mythe. Qui l’est ? Mais, curieusement, ça marche, souvent. Beaucoup y croient, cela suffit. Cela met des barrières, impose des réflexes, oblige à des génuflexions.  Cela marche moins bien, évidemment, lorsque les princes sont les compagnons des voleurs.

    Laurent Dominati
    Laurent Dominati

    Laurent Dominati

    a. Ambassadeur de France

    a. Député de Paris

    Président de la société éditrice du site Lesfrancais.press et France Pay


    [1] Jean François Gayraud, la mafia et la maison Blanche, Plon.

    [2] Voir « Opération Trump » Antoine Vitkin, France5.

  • Laurent Charvet : ses années à Chelsea, Manchester et Newcastle

    Laurent Charvet : ses années à Chelsea, Manchester et Newcastle

    Écouter le podcast de Laurent Charvet

    Manchester City, Chelsea, Newcastle, ce sont, entre autres, les maillots portés par notre invité Laurent Charvet. Ainsi il a connu Wembley, a joué avec des champions du monde, remporté une coupe d’Europe, connu l’effervescence des fans. Ce sont ces années que l’ancien attaquant, devenu ensuite défenseur, nous partage dans ce numéro du FC Expat. Aujourd’hui devenu coach sportif, Laurent Charvet nous entraîne avec lui tout au long de cet épisode entre Méditerranée et Tamise. What else ?

    Un international anglais comme joueur modèle

    Débutant sa carrière à l’AS Cannes en 1991, Laurent Charvet y a joué jusqu’en 1998. Puis c’est vers l’Angleterre que s’envole notre invité. Direction les Blues de Chelsea, club avec lequel il remporte la Coupe des vainqueurs de Coupe et la Coupe de la League. S’enchaîneront ensuite Newcastle puis Manchester City, avant de revenir en France à Sochaux. Avec le recul, que retient notre invité de sa carrière ?  Des buts ? Des stades, comme celui de Wembley ? Ou un coéquipier en particulier ?

    « Alan Shearer a été pour moi un modèle »

    Laurent Charvet

    Considéré comme l’un des meilleurs attaquants de sa génération, Alan Shearer, avec lequel a joué notre invité à Newcastle, a d’ailleurs terminé troisième du ballon d’or en 1996. L’entraîneur Guy Lacombe est aussi mentionné par Laurent Charvet, parmi les entraîneurs qui a pu le marquer.

    Et la vie en Angleterre, loin de la Méditerranée ?

    Mais, comment passer des bords de la mer Méditerranée à ceux de la Tamise ? Laurent Charvet a d’abord posé ses valises à Londres avant de partir vivre dans le nord de l’Angleterre, à Newcastle, puis à Manchester. D’ailleurs parlait-il anglais avant d’arriver ? Et, est-ce la passion du football qui réchauffait les soirées d’hiver de notre expatrié ? Toutefois, loin des clichés, c’est sans détour que l’ancien Magpies nous affirme :

    « J’avais une qualité de vie extraordinaire en Angleterre ».

    Laurent Charvet

    À notre micro, Laurent Charvet se rappelle aussi la chaleur du public, et des fans : « les gens chantent votre nom dans les pubs, je n’étais pas habitué à cela. » Outre-Manche, il y a un côté « magique » nous dit-il. Et, au cours de notre échange, il ajoute aussi : « en Angleterre les gens vivent pour le football, et ils nous le rendent énormément ». En arrivant sur place « on a tout pour réussir » !

    Laurent Charvet
    Laurent Charvet
    Laurent Charvet sous le maillot de Newcastle
    Laurent Charvet sous le maillot de Newcastle

    Laurent Charvet a commencé sa carrière comme attaquant pour descendre petit à petit en défense. Là aussi, est-ce une leçon d’humilité, que de savoir s’adapter pour le collectif, pour le bon équilibre de l’équipe ?

    « En Angleterre avec Chelsea, j’ai joué en défense avec Franck Leboeuf, qui m’a bien aidé » Laurent Charvet

    Laurent Charvet

    Au fur et à mesure des années, Laurent Charvet reculait donc sur le terrain. Avec un brin d’humour, il nous dit quand même « je n’ai pas fini gardien » ! Concernant l’expatriation, en 2024, est-ce plus facile pour un footballeur professionnel Français de partir jouer à l’étranger ? Comparé aux années 90, de nos jours, est-ce que les clubs accompagnent davantage leurs recrues lorsqu’elles arrivent dans un nouveau pays ? Notre invité répond dans ce podcast.

    Une reconversion : entre restauration et coaching

    La question de l’après-carrière est une interrogation cruciale. Cela a-t-il été facile de s’arrêter quand on a été sportif de haut niveau, et que l’on a fait partie de l’élite ? Demande-t-on à notre interlocuteur du jour. Existait-il un accompagnement pour la reconversion ?

    Laurent Charvet à Manchester City face à Thierry Henry dArsenal
    Laurent Charvet face à Thierry Henry lors d’un match Manchester-Arsenal

    Laurent Charvet nous explique qu’en raccrochant les crampons, il a pris de la distance avec le ballon rond. Il a eu envie de se rapprocher de sa proche famille, et « de respirer, de souffler ». Puis, c’est vers la restauration qu’il se tourne, et, dorénavant, il retrouve les terrains de sport,

    « J’ai monté ma société, et je fais maintenant du coach sportif et individuel »

    Laurent Charvet

    Une vidéo présentant ses activités est d’ailleurs postée sur son compte Instagram.

    Voir cette publication sur Instagram

    Une publication partagée par Laurent Charvet (@laurentcharvet7)

    Et puis, pour conclure notre échange, vous saurez, en écoutant ce numéro du FC Expat, pourquoi Laurent Charvet a pu autrefois dribbler Erling Haaland, l’attaquant vedette qui fait, actuellement, les beaux jours de Manchester City.

  • Le Champagne, des bulles françaises en or

    Le Champagne, des bulles françaises en or

    Chaque année, le 4ème vendredi d’Octobre met à l’honneur sa Majesté le Champagne ! C’est l’occasion pour nous de revenir sur l’histoire de ce breuvage qui fait rayonner la France des bulles dans le monde entier.

    Le Champagne, un succès mondial

    Démocratisée autour du XIXe siècle, la consommation de champagne reste un marqueur de privilèges et de prestige. Associées aux plus grandes marques et stars, les maisons productrices de champagne font recette en exportant toujours plus de bouteilles à travers le monde.

    Cette renommée mondiale tient en deux raisons majeures. Gastronomique, d’abord, car le champagne a prouvé à travers les âges qu’il pouvait être un régal pour le palais. Dès le Ve siècle, on trouve trace de la consommation de champagne, notamment pour le sacre de Clovis à Reims (496). Depuis ce jour est née la tradition de servir des bulles à Noël ou à chaque nouveau sacre de souverain en France.

    Ce qui conduit à la seconde raison, celle qui érige le champagne en vertu sociale, le prix d’une bouteille exerçant une barrière que beaucoup de familles ne peuvent franchir qu’occasionnellement. Ainsi, la boisson qui n’est réservée jusqu’au début du XIXe siècle qu’à l’aristocratie, devient aussi prisée par la bourgeoisie émergente et par les élites culturelles, littéraires et artistiques. Le XIXe siècle marque un coup d’accélérateur dans la démocratisation du champagne, en France d’abord puis, avec l’avènement de la mondialisation, partout dans le monde à partir du XXe siècle.

    Aujourd’hui, autour de la planète, le champagne est l’apanage des stars et des grandes marques. Sur les affiches et spots publicitaires, il porte les visages de David Guetta, Rihanna, Roger Federer ou Scarlett Johansson. Cinéma, mode, musique ou sport illustrent le monde idéal au sein duquel le champagne est érigé en symbole pour représenter l’abondance, le prestige et la victoire.

    statue de dom perignon
    Statue de Dom Perignon

    Quelles sont les origines du Champagne ?

    Si la légende attribue la découverte de la méthode champenoise au célèbre moine bénédictin Dom Pérignon au cours du XVIIème siècle, l’existence de vins effervescents est citée dans de très anciens textes égyptiens, romains et grecs. En Champagne, la consommation d’un vin pétillant est reconnue depuis le Xème siècle.

    Au Moyen-Âge, la culture de la vigne s’est largement développée à des fins notamment monarchiques et ecclésiastiques. Le monastère d’Hautvillers ainsi que l’Abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts à Châlons-en-Champagne participent alors activement au large développement de la surface viticole. La grande charte champenoise rédigée en 1114 par Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons-en-Champagne, confirmant l’ensemble des possessions agricoles et viticoles appartenant à l’abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts, est reconnue comme l’acte fondateur du vignoble champenois et de son expansion.

    La postérité accorde à Dom Pérignon, moine Bénédictin érudit de son époque, l’origine de ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de « méthode champenoise ». Naît en 1638, c’est en 1668 que Dom Pierre Pérignon entre en fonction à l’Abbaye d’Hautvillers, située non loin d’Épernay. En charge des affaires monastiques et de l’activité du vignoble, Dom Pérignon améliore considérablement le procédé d’élaboration des vins. Véritable « père spirituel » du champagne, de nombreux écrits relatent l’incroyable capacité de Dom Pérignon à assembler des crus ainsi que des cépages différents et à distinguer à la dégustation chacun des crus composant les vins. Ce serait en 1670, lors d’un pèlerinage à l’abbaye bénédictine de Saint-Hilaire (Languedoc) que Dom Pérignon découvre comment sont vinifiés les vins effervescents de Limoux. Utilisée alors depuis plus d’un siècle, cette vinification tient sa singularité du fait que le vin soit mis en bouteille avant la fin de la fermentation. Dom Pérignon reproduit cette méthode sur les vins issus du vignoble de l’Abbaye d’Hautvillers. C’est ainsi que serait née la méthode champenoise.

    Une appellation contrôlée

    Si l’Appellation d’Origine Contrôlée Champagne est reconnue dès 1936, la défense de l’appellation Champagne par les Champenois remonte bien au-delà. Un peu d’histoire ! Dès le milieu du XIXème siècle, les Champenois s’associent pour défendre le Champagne contre les utilisations trompeuses de producteurs de vins mousseux qui entendent valoriser leurs vins en les présentant sous l’appellation Champagne. Le concept d’AOC n’existait pas encore à l’époque. 

    C’est en 1941 que le Comité interprofessionnel du vin de Champagne voit le jour. L’un de ses rôles fondateurs est la protection de l’appellation Champagne, partout dans le monde. À cette époque, il lutte principalement contre les vins mousseux qui utilisent l’appellation Champagne sans en avoir le droit, principalement parce qu’ils ne proviennent pas de l’aire géographique définie. Mais le Comité Champagne s’assure aussi que les producteurs champenois respectent le procédé d’élaboration de l’appellation Champagne. Ces deux actions garantissent au consommateur qu’il boit bien du Champagne et que celui-ci répond aux exigences d’excellence qu’il peut légitimement avoir. 

    Le nom « Champagne » est prestigieux, beaucoup aimeraient tirer profit de sa notoriété et de son image. À partir du milieu des années 80, le Comité Champagne étend donc son champ de protection. Désormais, toute utilisation du nom “Champagne” qui exploite la réputation du Champagne est proscrite, y compris en dehors du vin. Aujourd’hui, grâce à l’action quotidienne du Comité Champagne, l’appellation Champagne est reconnue et protégée à travers plus de 130 pays.

    Carte d'appellation des champagnes
    Carte d’appellation du Champagne

    Le marché du Champagne

    La taille du marché du champagne est estimée à 264,10 millions de litres en 2024 et devrait atteindre 324,10 millions de litres d’ici 2029, avec une croissance de 4,18 % au cours de la période de prévision (2024-2029).

    En raison de l’augmentation du revenu disponible de nombreux humains sur la planète, les consommateurs achètent rapidement des champagnes de luxe coûteux. Les innovations de produits des fabricants concernant l’utilisation d’ingrédients biologiques/naturels et végétaliens, ainsi que les emballages respectueux de l’environnement dans le cas du champagne, permettent une pénétration plus profonde et une expansion sur de nouveaux marchés à travers le monde.

    Par exemple, en avril 2021, le Champagne Ruinart a lancé le nouvel emballage écologique seconde peau pour son champagne. Le nouveau boîtier 100 % papier est entièrement recyclable et peut résister au refroidissement d’un seau à glace pendant plusieurs heures avant de se détériorer. Le design innovant a été créé pour maintenir l’intégrité du vin en bloquant la lumière entrante tout en gardant l’étui respectueux de la planète.

    La vente au détail en ligne d’alcool, y compris de champagne, connaît une croissance plus rapide. Les applications de livraison à la demande, telles que Drizly et liquor.com, sont les moteurs de ce segment. Récemment, d’éminents détaillants de commerce électronique sont également entrés sur le marché pour répondre à la demande croissante des consommateurs.

    Traditionnellement, les marques de champagne s’appuient exclusivement sur les distributeurs et les détaillants pour vendre leurs vins. Pourtant, alors que le secteur hôtelier continue de connaître des difficultés, les canaux de vente directe au consommateur (DTC) sont devenus attrayants pour les producteurs souhaitant récupérer les revenus perdus. De nombreuses expansions d’aéroports dans des pays comme la Chine, l’Inde et le Japon expliquent également la croissance du marché du champagne. Le nombre de bars et de restaurants a augmenté les ventes de champagne en ligne, car il s’agit d’une option pratique pour les achats hors commerce. En outre, le potentiel d’import-export des pays devrait également stimuler le marché.

     

    Analyse de la taille et de la part du marché du champagne – Tendances de croissance et prévisions (2024 – 2029) Image Source

    En tout cas ce week-end, célébrez le Champagne avec plein d’effervescence et dégustez-le en partageant vos émotions et vos coups de cœur en photos ou vidéos sur vos réseaux sociaux préférés avec le hashtag #CHAMPAGNEDAY.

  • À Paris, plus de 900 millions d’euros promis pour le Liban

    À Paris, plus de 900 millions d’euros promis pour le Liban

    Plus de 740 millions d’euros d’aide humanitaire ont été promis lors de la Conférence internationale sur le Liban qui se tenait jeudi 24 octobre à Paris, ainsi que 185 millions d’euros destinés à soutenir les forces armées libanaises, même si aucun cessez-le-feu ne semble pour l’heure envisageable sur le terrain.

    « C’est une aide massive qu’il faut apporter à la population libanaise, qu’il s’agisse des centaines de milliers de personnes déplacées par la guerre ou des communautés qui les accueillent », a expliqué le président français en ouverture de la journée. « Les Nations unies ont lancé un appel à hauteur de 426 millions d’euros. La France apportera 100 millions d’euros à l’occasion de cette conférence. »

    D’après le ministère français des Affaires étrangères, ce sont au total 740 millions d’euros qui ont été récoltés pour soutenir pour la population libanaise, dont 96 millions d’euros promis par l’Allemagne.

    À cette aide d’urgence doit venir s’ajouter 185 millions d’euros destinés à former et à équiper l’armée libanaise, qui aura pour mission de réinvestir le sud du pays et de mettre en œuvre la résolution 1701 des Nations Unies, dès qu’un arrêt des combats aura été négocié.

    Plus de 70 États et organisations internationales étaient présents à la Conférence internationale de soutien à la population et à la souveraineté du Liban. Mais les appels à un cessez-le-feu lancés par le président français et le Premier ministre libanais Najib Mikati avaient peu de chance de porter, en l’absence des principaux belligérants — Israël et l’Iran — et alors que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, était en déplacement au Qatar.

    « Il est positif que la communauté internationale veuille aider le Liban, mais promettre de l’argent à un pays sous les bombes, c’est comme donner un antidouleur à un mourant », explique à Euractiv l’économiste libanais Jad Chaaban, membre du groupe de l’Independent Task Force for Lebanon (ITFL), qui a publié le 20 octobre un rapport sur les conséquences économiques du conflit. « Il y a urgence à arrêter les combats car le niveau de destruction que nous constatons actuellement est tout à fait inédit », continue-t-il.

    Faute de pouvoir mettre un terme aux combats, Emmanuel Macron s’est attaché à dénoncer les attaques du Hezbollah, soutenues par l’Iran, mais surtout l’offensive menée par Israël au Liban. ©Euractiv
    Faute de pouvoir mettre un terme aux combats, Emmanuel Macron s’est attaché à dénoncer les attaques du Hezbollah, soutenues par l’Iran, mais surtout l’offensive menée par Israël au Liban. ©Euractiv

    D’après les estimations très parcellaires de l’étude, le coût économique des attaques israéliennes pourrait dépasser les 13 milliards de dollars, soit 70 % du PIB libanais en 2023, et il devrait rapidement atteindre 20 milliards de dollars. Plus de trois millions de personnes devraient à terme basculer dans l’extrême pauvreté, alors que le secteur touristique, nécessaire pour alimenter le pays en devises étrangères, est totalement à l’arrêt.

    L’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, a de son côté expliqué dans une interview pour l’AFP que l’économie du Liban commençait « à s’effondrer » sous l’effet des bombardements, alors que selon les estimations de l’organisation, le PIB du pays pourrait se contracter d’environ 10 %, si la guerre venait à se poursuivre jusqu’à la fin de l’année.

    Macron hausse le ton contre Israël

    Faute de pouvoir mettre un terme aux combats, Emmanuel Macron s’est attaché à dénoncer les attaques du Hezbollah, soutenues par l’Iran, mais aussi l’offensive menée par Israël.

    « On parle beaucoup ces derniers jours de guerre de civilisation ou de civilisation qu’il faut défendre. Je ne suis pas sûr qu’on défende une civilisation en semant soi-même la barbarie », a lancé le président français, répondant indirectement au Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui affirmait mercredi 23 octobre que les actions de son armée s’inscrivaient dans « une guerre de civilisation » et que la « France [devait] soutenir Israël ».

    « Plus de dégâts, plus de victimes, plus de frappes ne permettront ni d’en finir du terrorisme, ni d’assurer la sécurité de tous », a poursuivi Emmanuel Macron, alors que les relations entre Paris et Tel-Aviv se sont singulièrement dégradées ces dernières semaines.

    « Je regrette que l’appel que le président [des États-Unis Joe] Biden et moi-même avions lancé le 25 septembre dernier pour obtenir une pause de 21 jours n’ait toujours pas été entendu », a-t-il ajouté.

  • En Tunisie, élus et association se mobilisent pour organiser leur JDC

    En Tunisie, élus et association se mobilisent pour organiser leur JDC

    Depuis plusieurs mois, les jeunes Français de moins de 25 ans vivant à l’étranger ne peuvent réaliser leur « Journée Défense et Citoyenneté » (JDC). Or, elle est pourtant obligatoire en cas de retour sur le territoire national. Aussi, pour le moment, les consulats ou ambassades adressent à ce public une attestation de report. Mais au-delà de cette obligation, c’est également tout un message sur la citoyenneté et les institutions françaises qui n’arrive pas à destination de nos jeunes expatriés. Pour combler ce manque, l’association « Français du Monde adfe Tunisie » a décidé d’organiser deux journées intitulées « Parcours citoyen ». Avec en filigrane un message envoyé aux autorités françaises : oui il est possible d’organiser une JDC à l’étranger. 

    « Citoyen des deux rives – Parcours Citoyen » : pourquoi, où, qui, quand, comment ?

    Tout d’abord, nous vous rappelons à qui s’adressent en priorité ces journées, et nous vous indiquons les modalités d’inscription, ainsi que les lieux de réunions.

    Affiche Citoyen des deux rives
    Affiche Citoyen des deux rives

    L’objectif de cet événement « Citoyen des deux rives – Parcours Citoyen » est avant tout de faire découvrir aux jeunes le fonctionnement des institutions politiques en France, de leur permettre de rencontrer des élus, et aussi de leur proposer une expérience pratique autour du débat d’idées.

    Ces journées se dérouleront durant les vacances scolaires, à Tunis et à Sousse. Le vendredi 1er novembre, de 9h à 17h à l’Institut Français de Tunis (20-22 avenue de Paris), et le samedi 2 novembre, de 9h à 17h, à l’Institut Français de Sousse (15 rue Hamed El Ghazali).

    Ces journées s’adressent en priorité à tous les jeunes Français, de 11 ans à 15 ans, résidant en Tunisie. Des cadeaux seront offerts et une attestation de formation sera remise en fin de journée. L’inscription est gratuite. Remplir le formulaire d’inscription en cliquant sur le bouton ci-dessous :


    Formulaire d’Inscription

    Interview des organisateurs de l’événement « Citoyen des deux rives – Parcours Citoyen »

    Lesfrancais.press a rencontré les organisateurs de cet événement pour qu’ils nous partagent leurs ambitions et objectifs. Jean-Claude Kraft, président de l’association Français-du-monde en Tunisie, et Martine Vautrin Djedidi, conseillère élue des Français en Tunisie et Libye.

    Jean-Claude Kraft, président de Français du monde – adfe – Tunisie : « Nous espérons contribuer (…) à maintenir ce lien pas toujours facile entre les jeunes et la France »

    Lesfrancais.press : « Jean-Claude Kraft, pourriez-vous nous présenter « Citoyen des deux rives-Parcours citoyen », quel est l’objectif de cet événement ? »

    Jean-Claude Kraft : « « Citoyen des 2 rives » est né d’une rencontre avec Nathalie Guzzo et Bernard Virelaude de l’association MOZEACT. Nous avons réfléchi ensemble à comment travailler sur l’axe citoyenneté, raison d’être de leurs interventions.

    Logo citoyen des deux rives
    Logo citoyen des deux rives

    Nous avons alors décidé de créer une journée qui se rapproche de la « Journée Défense et citoyenneté » (JDC), tout en apportant à travers son animation et ses contenus, des interactions sur tous les sujets qui construisent la citoyenneté d’un adulte en devenir : l’engagement, la participation, le sens des valeurs, la solidarité… »

    Lesfrancais.press : « C’est dans cette perspective que vous organisez le 1er et 2 novembre prochain, à Tunis et à Sousse, deux journées pour semer « une graine de citoyen » ? Et, concrètement, cela se passera comment ? »

    Jean-Claude Kraft : « La journée se compose de quatre modules parlant de défense avec l’attaché de défense de l’ambassade de France en Tunisie, avec des intervenants du dispositif « hors les murs » du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), et bien évidemment une expression de la diplomatie locale portée par la Vice-Consul pour cette cession, des institutions avec la participation du député de la circonscription et d’un sénateur*.

    « Comment travailler ensemble pour arriver à un consensus »

    Jean-Claude Kraft, président Français-du-monde – adfe – Tunisie

    Tout ceci autour d’ateliers sur « comment travailler ensemble pour arriver à un consensus »… Sujet bien d’actualité à un niveau national. Enfin, les conseillers élus des Français de l’étranger, leurs fonctions et missions et les associations de Français actives sur le territoire tunisien, dont évidemment Français du monde adfe Tunisie qui existe depuis 1982.

    Information sur le rôle d'un député mozeact
    Information sur le rôle d’un député mozeact

    La journée se terminera par la remise d’une attestation, qui n’est pas à ce jour équivalente à celle d’une JDC réalisée en France, mais nous avons bon espoir qu’en constatant la qualité du travail réalisé, les instances rentrent en matière sur le sujet et que ce projet fasse des petits un peu partout. »

    (*Intervenants : Marjorie Thomas, Vice consule de France, Kandida Muhuri, rédactrice en chef de France diplomatie, Karim Ben Cheïkh, député des Français du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, et Jean Yves Leconte, ancien sénateur)

    Lesfrancais.press : « C’est aussi une façon de faire vivre la langue française en Tunisie ? »

    Jean-Claude Kraft : « Nous espérons ainsi contribuer bien au-delà de l’unique promotion de la langue française, à maintenir ce lien pas toujours facile entre les jeunes et la France… même si de nos jours, ils sont tout d’abord des citoyens du monde, ils n’en restent pas moins les détenteurs de notre avenir… continuons à semer… modestement mais avec conviction. »

    Martine Vautrin Djedidi, conseillère élue des Français en Tunisie et Libye : « La France et la langue française ne peuvent plus se contenter de considérer leurs places en Tunisie comme par le passé. Rien n’est acquis. »

    Lesfrancais.press : « Martine Vautrin Djedidi, vous regrettez que le consulat de France ou l’ambassade n’organisent plus la « Journée Défense et citoyenneté » (JDC) en Tunisie, cet événement « Citoyen des deux rives », organisé les 1er et 2 novembre 2024, c’est aussi un message que vous envoyez aux autorités françaises ? »

    Martine Vautrin Djedidi : « Il est effectivement regrettable, et mes collègues et moi-même l’avons exprimé auprès de l’administration du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), que cette journée ait été supprimée pour d’assez obscures raisons de moyens alors même qu’en Tunisie nous disposons d’implantations françaises pour la réaliser. La présence du, ou de la, consul-e général-e et de l’attaché de défense est certes requise mais c’est une journée dans l’année. Et nos ministères disposent de supports de communication.

    Martine Vautrin Djedidi avec le député Karim Ben Cheïkh
    Martine Vautrin Djedidi avec le député Karim Ben Cheïkh

    La JDC était l’occasion pour de jeunes double nationaux souvent non scolarisés dans nos établissements de se « sentir Français  » pour la première fois remarque qui m’avait été faite par un participant. Donc oui, c’est aussi un message que nous envoyons alors même qu’il n’est pas rare que les Français de et à l’étranger ne soient pas toujours considérés comme des Français à part entière. »

    Lesfrancais.press : « La place de la France est-elle en recul chez nos jeunes ressortissants en Tunisie ? »

    Martine Vautrin Djedidi : « Vaste et grave sujet à l’heure où la place et les positions internationales de la France, en Tunisie et ailleurs, sont objets de débats.

    La France est-elle en recul auprès de nos jeunes ? Difficile de répondre globalement à cette question. Chacun d’entre eux vit différemment cette appartenance, il n’y a pas fort heureusement d’identité idéale ou définie par les textes, surtout bien évidemment chez les doubles nationaux, largement majoritaires, qui n’y ont jamais vécu.

    « La JDC était l’occasion pour de jeunes double nationaux souvent non scolarisés dans nos établissements de se « sentir Français ».

    Martine Vautrin Djedidi, conseillère élue des Français en Tunisie et Libye

    Ceci explique peut-être le faible taux de participation aux élections. En tout état de cause, la France et la langue française ne peuvent plus se contenter de considérer leurs places en Tunisie comme par le passé. Rien n’est acquis. »

    Martine Vautrin Djedidi
    Martine Vautrin Djedidi
    Lesfrancais.press : « Vous êtes Conseillère élue des Français des Français de Tunisie et de Libye, plus généralement, quelles sont actuellement les préoccupations principales de nos compatriotes vivant dans votre circonscription ? »

    Martine Vautrin Djedidi : « Les préoccupations principales de nos compatriotes diffèrent assez peu de leurs homologues en France : pouvoir d’achat, santé, protection sociale, prise en charge des dépendances, avenir de leurs enfants.

    « Contribuer à semer comme le font les associations et les élus « des graines de citoyen  » »

    Martine Vautrin Djedidi, conseillère élue des Français en Tunisie et Libye

    Et en marge, dans ces familles multiculturelles, la mobilité. À cette différence près, que, malgré les aides sociales possibles, et non automatiques, bourses scolaires et allocations consulaires, un Français hors de France n’a pas tout à fait les mêmes droits qu’en France. Notre ambition reste modeste : il s’agit de contribuer à semer comme le font les associations et les élus « des graines de citoyen « 

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.10.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 25.10.2024

    Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez le dernier flash quotidien des expatriés de la semaine. Dans les titres de ce vendredi 25 octobre : Impôt au passeport, exit taxe, etc. Que retenir de cette semaine ? – Paul Watson a demandé la nationalité française – Changement d’heure en France ce week-end

    Exit Tax : 15 ans

    Finalement, un vote en session plénière à l’Assemblée nationale a donc conclu l’affaire de l’amendement déposé par le NFP. Il a été rejeté par 86 voix pour et 155 contre. 246 députés étaient présents au moment du vote. Cependant, un autre amendement qui visait directement l’Exit tax a été adopté. En effet, une large majorité qui comprend à la fois des députés de la gauche, du RN et de la droite LR s’est prononcée, ensemble, pour revoir une disposition de ce prélèvement fiscal. Instaurée par Nicolas Sarkozy, l’Exit tax avait pour objectif de taxer les possibles plus-values des chefs d’entreprise qui décidaient de transférer leur domiciliation fiscale à l’étranger, sauf s’ils conservaient leurs actions pendant au moins quinze ans. En 2018, lors du premier mandat d’Emmanuel Macron à l’Elysée, ce délai avait été nettement raccourci à deux ans. Hier, l’amendement adopté, revient à la situation initiale des quinze années.

    Budget 2025 : Impôt universel, Exit tax, français de l’étranger, où en sommes-nous ? - @lesfrancais.press

    La France pourra-t-elle sauver le défenseur des baleines ?

    Après sa demande d’asile, Paul Watson souhaite désormais obtenir la nationalité française. L’avocat du militant écologiste, détenu au Groenland et réclamé par le Japon pour des faits liés à son combat contre la chasse à la baleine, a annoncé jeudi 24 octobre que cette demande avait été formulée mercredi. Me Tamalet, a précisé que celle-ci « prend tout son sens quand on réalise que, depuis 1977, il met tout en œuvre pour protéger l’écosystème marin là où la France possède la deuxième façade maritime au monde ». Cette justification est très importante, car une procédure accélérée de naturalisation peut se faire pour des étrangers ayant rendu des « services exceptionnels » à la France, notamment dans le domaine militaire mais aussi pour les sciences, les arts, la culture, ou la diplomatie.

    paul watson

    Heure d’hiver/Heure d’été

    Ce dimanche matin à 03h il sera 02h en France. En effet, comme chaque année depuis plus de 40 ans, la France va changer d’heure au cours de la nuit du dernier samedi au dimanche du mois d’octobre. En Europe, tous les États membres de l’Union européenne (à l’exception de la plupart des départements français d’Outre-mer) Et ailleurs dans le monde ? Le changement d’heure est aussi pratiqué en Nouvelle-Zélande, dans certaines régions d’Australie, ainsi que quelques pays du Proche-Orient (Liban, Israël) et d’Amérique du Sud (Paraguay, Chili).

    Heure d’hiver/Heure d’été  dans le monde

    C’est tout pour cette semaine. On se donne rendez-vous lundi pour une nouvelle semaine de flashs quotidiens des expatriés. Passez un merveilleux week-end et pensez à votre montre si vous êtes concerné dimanche matin.

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

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