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  • Bilan de la visite d’Etat au Maroc d’Emmanuel Macron

    Bilan de la visite d’Etat au Maroc d’Emmanuel Macron

    Réconciliation, Sahara occidental, Immigration et contrats sont les 4 points cardinaux du bilan d’Emmanuel Macron en visite d’Etat au Maroc. Certains thèmes ont été des succès d’autres des échecs en demi-teinte. On fait le bilan pour les Français de l’étranger.

    Réconciliation

    Emmanuel Macron est arrivé lundi au Maroc, où il a été accueilli en grande pompe par le roi Mohammed VI, pour une visite d’Etat au Maroc. Accompagné par son épouse, Brigitte Macron, et une pléthorique délégation de ministres, patrons d’entreprise, intellectuels ou personnalités du spectacle, le président français a été salué à sa descente d’avion, à l’aéroport de Rabat-Salé, par une longue poignée de main du monarque.

    Un déplacement qui a marqué la réconciliation entre les deux pays, trois ans après les révélations de présence du numéro de téléphone d’Emmanuel Macron et de plusieurs de ses ministres sur le listing marocain du système d’espionnage Pegasus. Ce déplacement actait donc le réchauffement qui est à la mesure de la glaciation qui frappait les relations diplomatiques et économiques des deux pays.

    Surtout que la priorité accordée par le président français à l’Algérie après sa réélection en 2022 avait aussi jeté un froid, alors que les deux puissances du Maghreb nourrissent une profonde rivalité. L’ex-colonie espagnole du Sahara occidental, considérée comme un « territoire non autonome » par l’ONU, oppose depuis un demi-siècle le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger. Après la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ce territoire par Washington, Rabat a multiplié les pressions sur la France pour qu’elle en fasse autant.

    Sahara occidental

    Dans son discours devant le Parlement marocain, Emmanuel Macron a confirmé, ses propos de l’été, soit la reconnaissance de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental, pour le « présent et l’avenir ». Pour preuve, les élus marocains l’ont applaudi debout quand il a parlé du Sahara occidental en disant que l’avenir de cette région « est dans la souveraineté marocaine« . Ces quelques mots ont eu un effet magique tant ils étaient attendus.

    Cependant, les relations avec l’Algérie, qui se détériorent fortement depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, seront aussi à gérer pour la diplomatie française comme pour celle du royaume Chérifien. En effet, la diplomatie algérienne vient coup sur coup de subir de lourdes défaites. Non seulement le contexte international favorise la multiplication des reconnaissances de la marocanité du Sahara, mais les deux pays, la France et l’Espagne, anciennes puissances coloniales, détentrices de la mémoire géographique de la région, ont reconnu sans ambages la souveraineté du Maroc sur ce que l’Algérie considère comme « son Sahara ».

    Descente conjoine des chefs d'Etat dans l'artère principale de Rabat
    Descente conjointe des chefs d’Etat dans l’artère principale de Rabat ©AFP

    Immigration

    Si Emmanuel Macron était venu avec le Sahara occidental dans sa hotte, Bruno Retailleau l’accompagnait aussi. Ce dernier avait une mission : l’amélioration de la coopération entre les deux pays, notamment en matière migratoire. Et on était loin des grandes déclarations de ces dernières semaines où le ministre de l’Intérieur menaçait de sanctions le Maroc si ce dernier ne reprenait pas des engagements concrets sur le rapatriement de ses clandestins. La diplomatie est passée par là.

    Pourtant le rapprochement entre la France et le Maroc pourrait favoriser la réadmission des ressortissants marocains faisant l’objet de mesures d’expulsion. D’ailleurs, Bruno Retailleau se disait confiant à la sortie des rendez-vous son homologue.

    « Nous avons convenu de raccourcir les délais et mieux faire en termes de personnes réadmises ».

    Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur le 30 octobre 2024 à Rabat

    Pour autant, il ne faut pas oublier la crise des visas qui a aussi marqué en profondeur les relations entre les deux pays. Ayant entendu les nombreux appels du député des Français de IXème circonscription des Français de l’étranger, Karim Ben Cheïkh, Paris a promis d’avancer dans un esprit de dialogue. 

    10 milliards de contrats

    Rabat comme Paris espèrent que ce réalignement de la position française va se traduire par des investissements sonnants et trébuchants au Maroc. Le pays dispose d’énormes ressources halieutiques, solaires, éoliennes et en phosphates. La visite a ainsi donné lieu à une pluie de contrats, même si les deux parties sont restées discrètes sur les négociations. Airbus Helicopters a ainsi pu vendre de 12 à 18 Caracal aux forces armées marocaines, selon des sources concordantes. La France espère aussi rester le prestataire privilégié du Maroc pour l’extension de la ligne de train à grande vitesse entre Tanger et Agadir, après l’inauguration en grande pompe du premier tronçon en 2018.

    Au total, le chef de l’État a conclu de gros contrats pour un montant total de plus de 10 milliards d’euros. Alstom, Safran, Veolia… Tous se sont engagés sur des chantiers marocains.

    La communauté française

    Si parmi la délégation française, on a pu y découvrir, avec surprise, M’jid El Guerrab, l’ancien député des Français de la région, qui ne s’est pas représenté aux élections, suite à sa condamnation pour violence en France, il y avait aussi de nombreux binationaux comme des Français résidant au Maroc ou des Marocains vivant en France auprès d’Emmanuel Macron. Comme le député du Nouveau Front Populaire, Karim Ben Cheïkh, qui malgré ses activités à la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a pu accompagner le chef de l’État tout au long du séjour, avant de retrouver l’hémicycle dès le mercredi soir.

    Entre-temps, le dynamique parlementaire des Français de l’étranger a pu organiser, en parallèle, dès le mardi matin (29 octobre), une réunion entre les deux groupes d’amitiés des deux chambres basses des parlements des deux pays.

    Bruno Fuchs, Naima Moutchou, Estelle Youssouffa et Karim Ben Cheikh représentant l'Assemblée nationale et leurs homologues marocains
    Bruno Fuchs, Naima Moutchou, Estelle Youssouffa et Karim Ben Cheikh représentant l’Assemblée nationale et leurs homologues marocains. © Karim Ben Cheikh

    Et logiquement, le chef de l’Etat n’a pas oublié cette communauté des Français du Maroc, riche de sa diversité, de son implication dans la vie locale mais aussi française. Il a ainsi pris le temps d’aller à leur rencontre lors d’un évènement dans les jardins de l’ambassade à Rabat le 30 octobre.

    « Continuez de nourrir ses identités croisées. Vous savez, moi, je suis, un très grand partisan du en même temps (..) Je suis très fier d’avoir devant moi des hommes et des femmes, qui sont fièrement et résolument Français tout en étant fièrement et résolument Marocains ».

    Emmanuel Macron le 30 octobre à Rabat devant la communauté française

    Au cours d’un long discours de 30 minutes, au cours duquel, le Président de la République a rappelé la profondeur des liens entre nos deux pays sans cacher les difficultés d’une relation à réinventer dans un monde qui vit, lui-même, une profonde mutation. S’attachant à saluer les différents corps qui constituent la communauté des 50 000 Français installés dans le pays, il prit le temps de balayer tous les acteurs du dynamique tissu français au Maroc. Les établissements scolaires, dont bon nombre dépendent de la Mission Laïque française, les instituts de recherche mais aussi les acteurs culturels comme les très nombreux entrepreneurs qui dynamisent le pays et nos exportations.

    Regarder le discours d’Emmanuel Macron

  • Inondations à Valence : les témoignages de Français

    Inondations à Valence : les témoignages de Français

    « Horreur, cauchemar, désolation, chaos » ! Ce sont ces mots que la plupart des personnes utilisent pour décrire ce qu’ils ont vécu face à cette catastrophe climatique en Espagne. Après les pluies torrentielles, les inondations meurtrières ont touché une grande partie de la population de Valence et de sa région. Nos compatriotes français, sur place, n’ont pas été épargnés. D’ailleurs le bilan humain de cette tempête appelée « Dana » s’alourdit d’heure en heure. Et, en parallèle certaines interrogations enflent. Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment tous ces drames auraient-ils pu être évités ? Mais, avant cela, ce sont des milliers de plaies qui sont à panser. Lesfrancais.press a pu recueillir les témoignages sur place de nos compatriotes, et d’élus Français les représentants.

    Le 112, le numéro d’urgence

    Tout d’abord, à l’heure où les recherches continuent et que des situations graves peuvent encore surgir, l’Ambassade de France en Espagne rappelle qu’en cas d’urgence, le 112, est à composer sur son téléphone. Même si des coupures de réseau existent, ce numéro reste le plus souvent accessible. Et, si vous souhaitez signaler la disparition d’une personne dans la communauté de Valence, le numéro d’appel est le suivant : +34 900 365 112. Dans ce même communiqué, les autorités françaises présentes en Espagne appellent également à la vigilance et « à la plus grande prudence ». Elles demandent aussi à tous les Français se trouvant dans la région de Valence d’«observer strictement les consignes des autorités espagnoles ».

    Mais alors que l’on aurait pu s’attendre à une coordination entre l’Ambassade de France, le consulat et les élus locaux, appelés les Conseillers des Français de l’étranger en Espagne, pour l’organisation d’actions communes afin d’aider et de soutenir notre communauté touchée par les intempéries, la liaison n’a, semble-t-il, pas encore été établie ces dernières heures. C’est ce que nous a en effet confié une des élues consulaires : « nous n’avons pas été contactés par les services de l’ambassade ou consulaires, que ce soit pour nous tenir au courant de la situation et son évolution comme on le ferait en gestion de crise, ni même pour essayer de mettre en place des actions communes et créer des synergies. »

    Les élus consulaires impliqués : une situation catastrophique

    Ce n’est pourtant pas le travail qui manque, à la fois pour informer, écouter, guider, et secourir nos compatriotes. Selon Gaëlle Lecomte, élue des Français d’Espagne au conseil consulaire à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), en contact « avec des relais qui vivent à Valence et sa région », elle nous informe que « la situation est catastrophique tant par l’ampleur des pertes humaines, matérielles et les dégâts environnementaux ». Son collègue, élu au conseil consulaire de Barcelone et également à l’AFE, Renaud Le Berre, présente une situation similaire : 

    « La catastrophe est terrible et le bilan des victimes est toujours provisoire. Le travail de reconstruction, de nettoyage et de remise en état des infrastructures va être long et douloureux. ». Renaud Le Berre, conseiller des Français d’Espagne, élu à l’AFE

    Lors de notre échange, celui qui est aussi président de la Commission des Finances à l’AFE, a aussi souhaité « passer un message de solidarité et de condoléances à (nos) amis valenciens ».

    La communauté française à Valence : premier bilan après les inondations  

    Parmi ces Valenciens, des Français vivent dans cette ville et aux alentours. On estime à environ 10.000 le nombre de nos ressortissants vivant à Valence et dans sa région. Ils ont, bien évidemment, aussi été touchés par les pluies et les inondations. Selon Renaud Le Berre « beaucoup de (nos) compatriotes sont franco-espagnols et leurs problèmes sont les mêmes que les Valenciens ». Et quant à leurs attentes immédiates, nous partage l’élu consulaire, « ils demandent une prise en charge rapide. Ils ont tout perdu et réclament le retour à une certaine normalité. Certains sont privés d’électricité et d’eau, les routes commencent à être dégagées mais leur situation reste compliquée. »

    Baudouin de Marcellus, élu consulaire et également représentant des Français de la péninsule ibérique à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), nous partage aussi le témoignage de certains de nos compatriotes qui « se sont retrouvés bloqués dans leur voiture et ont réussi à trouver un abri sécurisé dans un bar le temps de pouvoir rentrer chez eux. ». Sa collègue, Stéphanie Le Vaillant Vignancour, conseillère élue des Français d’Espagne et également membre de l’AFE, indique à notre rédaction que « la ville de Valence a en grande partie échappé à la « gota fría » mais les principales voies de communication sont aujourd’hui coupées ».

    Quant au lycée Français de Valence, « il n’a heureusement pas été touché mais les élèves étant en vacances, il est encore impossible de s’assurer qu’aucune famille n’ait été sinistrée. » Stéphanie Le Vaillant Vignancour, conseillère des Français d’Espagne et membre de l’AFE

    Toutefois, un point avec les familles et la direction sera fait en tout début de semaine prochaine. Pour le moment, il s’agit de faire face aux premières urgences et de récolter les témoignages. C’est tout un réseau qui est ainsi sollicité. Joint par Lesfrancais.press, Renaud le Berre nous indique : « nous sommes informés par nos familles et amis qui vivent à valence et dans sa région. ». D’ailleurs son propre fils, Xavier, habite dans la région de Valence. Ce dernier nous a donc aussi partagé le vécu de ses dernières heures dans sa commune et celles avoisinantes.

    Dans les villes de Castellón et de Massanassa, la boue a tout recouvert. Les voitures sont encastrées les unes sur les autres. Dans les maisons, l’eau a pu monter jusqu’à près de deux mètres de hauteur. « C’est une chose de voir les images à la télévision, cela en est une autre de le vivre », partage aussi un de ses amis. Pour faire face, les habitants demandent, entre autres, le soutien de l’armée, mais ils sont conscients que celle-ci doit être débordée.

    La solidarité et l’entraide comme premiers secours  

    Alors, dans de telles situations, c’est avant tout l’entraide qui devient une première solution. Annik, une retraitée de l’Education nationale, témoigne :

    « Les autorités ont été prises de court. Alors c’est toute une solidarité qui s’organise. J’ai pu apporter des pelles. Et on voit aussi des files de gens qui partent à pied pour aider dans les villages aux alentours » Annik, retraitée française dans la région de Valence.

    Dans Valence, « il y a un froid qui se ressent à l’intérieur de la ville » nous rapporte, de son côté, une autre française, Laëtitia Pellicier Bossis. Cette psychologue clinicienne nous explique que de nombreux habitants, même épargnés par la catastrophe climatique, sont solidaires des villes et villages proches de Valence : « il y a beaucoup d’affect, car ils sont nombreux à s’y rendre le week-end par exemple, ou bien une partie de leurs familles y vit encore ». Cette Française, engagée dans un mouvement politique défendant l’écologie, est aussi impliquée au sein de la Société de Bienfaisance de Valence. Dans les prochaines heures, des achats alimentaires vont notamment être effectués, et distribués. Ces denrées seront destinées aux villages, mais « la sécurité de la distribution devra aussi être assurée » nous dit-elle, afin d’éviter les possibles vols ou autres menaces. En effet,

    « La colère est grande vis-à-vis des autorités »

    Laëtitia Pellicier Bossis

    Au-delà de la nourriture, notre compatriote donnera aussi de son temps pour apporter une aide psychologique, un soutien post-traumatique, auprès de nos expatriés.

    Société civile, associations, élus locaux sont donc à la manœuvre pour apporter aide et réconfort. « La solidarité en Espagne et dans le pays valencien est très importante » confirme Renaud Le Berre. Stéphanie Le Vaillant Vignancour abonde aussi en ce sens : « un grand merci aussi à nos concitoyens de la région de Valence qui sont nombreux, chacun à sa façon, à venir en aide aux milliers de personnes affectées.

    Tweet de Sophie Primas sur les éléctions en Espagne

    Et depuis Paris, la ministre déléguée aux Français de l’étranger, Sophie Primas a également réagi sur le réseau X. La membre du gouvernement adresse ses « pensées aux victimes et à leurs familles ». Elle exprime également sa « solidarité totale avec les Français sur place. ». Le Centre de crise à Paris est aussi mobilisé. D’ailleurs, certains de nos compatriotes seront-ils contraints de revenir vivre en France ?

    Comment, dès lors, seront organisés leurs retours ? Le débat sur la résidence de repli ou d’attache pourrait donc revenir rapidement à l’ordre du jour des débats parlementaires. Et dans une plus large mesure, adopter des nouvelles dispositions pour s’assurer de conditions optimales pour le retour de nos expatriés sur le territoire national. Le climat rappelant aussi que les distinctions entre nos Français vivant au sein de l’Union européenne et ceux résidant en dehors de l’espace européenne deviennent aussi caduques. La communauté française à l’étranger ne faisant ainsi qu’une en dehors de nos frontières. En attendant, ce sont les plaies de Valence et des alentours qui sont encore à panser.

  • « Valence : des Français toujours recherchés »

    « Valence : des Français toujours recherchés »

    Le bilan provisoire des inondations en Espagne s’alourdit encore et passe à 205 morts, dont 202 dans la région de Valence, ont annoncé, ce vendredi 1er novembre, les secours. Un drame qui a frappé tous les résidents de la région de Valence. Situé à moins de 500 km de la frontière française, le territoire a attiré de nombreux Français. Retraités, étudiants ou actifs, les étrangers sont plus de 100 000 à Valence dont un bon cinquième de Français de l’étranger. Comment ont-il surmonté cette épreuve ? Nous interviewerons vos élus et responsables tout au long de ce long week-end dans notre dossier spécial. Mais aussi de simples citoyens, comme Christian Barbieux, expatrié depuis de nombreuses années et qui exerce le métier de conseiller fiscal et est donc en contact avec de nombreux compatriotes.

    Écouter le témoignage de Christian Barbieux

    Valence, une ville plébiscitée par les expatriés

    Pour rappel, depuis deux ans, maintenant, la troisième ville d’Espagne caracole en tête des principaux classements internationaux sur la qualité de vie à l’étranger. Parmi les avantages, les expatriés plébiscitent la variété de l’offre culturelle et gastronomique, des transports publics abordables, la possibilité de pratiquer des sports de loisirs, et de tout faire à pied. Depuis trois ou quatre ans, le Français constate que le type d’immigration a changé à Valence. Les retraités venus chercher le repos au soleil et les jeunes entrepreneurs étrangers ont peu à peu laissé place à des familles entières qui débarquent pour reconstruire leur vie.

    Des inondations historiques

    La région de Valence, dans le sud-est de l’Espagne, a été touchée cette semaine par des inondations qui ont fait au moins 205 morts et des dizaines de disparus, selon un dernier bilan. Et la ville qui paie le plus lourd tribu est sans conteste Paiporta. La commune espagnole de la banlieue sud de Valence compte a elle seule 62 morts, et ce bilan reste encore provisoire. En huit heures, il est tombé parfois jusqu’à 500 litres d’eau au mètre carré.

    Malheureusement, ce chiffre, le plus élevé depuis des inondations qui avaient fait 300 morts en octobre 1973 dans le pays, « va augmenter » parce qu’il y a encore « de nombreux disparus », a toutefois prévenu mercredi soir le ministre de la Politique territoriale Ángel Víctor Torres. Le Premier ministre Pedro Sánchez, qui a déclaré trois jours de deuil national, s’est rendu le 31 octobre à Valence, où il rendit visite au Centre de coordination des secours (Cecopi). Dans une brève allocution télévisée mercredi, le dirigeant socialiste a assuré que le gouvernement ne laisserait pas les sinistrés « seuls », tout en appelant les habitants de la région à rester vigilants.

    Pour autant, la gronde monte parmi les sinistrés. Des routes transformées en torrents de boue, des ponts coupés, les images des voitures qui s’amoncèlent, entrainées par la pluie ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias. Plusieurs jours après les faits, l’heure est à l’interrogation et à la colère. L’alerte à la population a-t-elle mis trop de temps à arriver ? Des sinistrés à Paiporta dénoncent des messages d’alerte envoyés sur les téléphones alors que les rivières étaient déjà en crue et les rues inondées.

    Les Français solidaires

    Pour les Français, c’est aussi la débrouille. Si le Consulat comme les élus se sont mobilisés rapidement, leur capacité d’action est limitée. Pour autant de nombreux Français ont été frappés. Pour l’instant, c’est la solidarité entre Français et parfois avec les Espagnols qui est salvatrice pour les naufragés.

    Les associations francophones se joignent aux initiatives locales pour aller au plus proche des sinistrés et leur porter assistance. Si vous êtes dans le secteur et non impacté, n’hésitez pas à contacter vos élus consulaires ou les associations toutes les coordonnées sont disponibles sur le site du consulat.

  • Mort à l’étranger ? Comment faire rapatrier le corps ?

    Mort à l’étranger ? Comment faire rapatrier le corps ?

    En cette période de la Toussaint, on explore les modalités liées au rapatriement d’un corps depuis l’étranger vers la France. Une période lourde émotionnelle qui peut en plus se transformer en casse-tête administratif.

    Quelles démarches doit-on entreprendre ?

    Avant d’envisager les funérailles en France, il vous faudra rapatrier le corps du défunt en obtenant des autorisations et des documents à la fois auprès des autorités locales (pays du décès) et auprès du pays de destination (la France).

    Nous vous conseillons, dans un premier temps, de vous adresser à l’ambassade ou au consulat de France pour obtenir une assistance dans vos démarches. Vous devrez ensuite déclarer le décès à l’officier d’état civil local, que le proche ait résidé dans le pays ou qu’il soit décédé au cours d’un voyage. Un acte de décès local sera alors établi. C’est ce certificat qui permettra, entre autres, de rapatrier le corps vers la France.

    Dans tous les cas, il vous faut réunir ces 4 pièces :

    1. Le certificat de décès de votre proche
    2. La demande de rapatriement dûment complétée
    3. L’autorisation de fermeture du cercueil
    4. Un laisser-passer consulaire

    Quelles sont les normes applicables ?

    La France n’exige aucun soin de conservation du corps en plus de la mise en bière, contrairement à d’autres pays. Si une crémation a lieu dans le pays du décès, le rapatriement des cendres est tout à fait possible avec les mêmes autorisations que pour le transport d’un cercueil.

    C’est le représentant consulaire français sur place, ou le délégué du gouvernement, qui autorisera ce rapatriement.

    @adobestock
    @adobestock

    Concernant la mise en bière (placement du corps dans le cercueil), le cercueil doit répondre à plusieurs normes. Il doit être :

    1. en bois,
    2. équipé d’une enveloppe hermétique métallique (en zinc ou en aluminium) avec un filtre agréé,
    3. et soudé à froid.

    6 jours pour procéder à l’inhumation

    En France, la loi exige que l’inhumation ait lieu 24h au moins après le constat du décès, et 6 jours au plus après le décès. En pratique, le délai est généralement de 2 à 6 jours.

    Dans le cas d’un corps rapatrié en France après un décès à l’étranger ou dans un Territoire d’Outre-Mer, l’inhumation peut avoir lieu, en principe, jusqu’à 6 jours après l’entrée du corps en France (hors dimanches et jours fériés). Seul le préfet du département du lieu de l’inhumation pourra délivrer une dérogation en tenant compte des circonstances particulières, généralement liées aux rites religieux.

    Les modalités pratiques du voyage

    La plupart du temps, le rapatriement du corps s’effectue par avion, sauf si le décès est survenu dans un pays de l’Union européenne et peut être envisagé par la route plus rapidement.

    Attention : c’est aux pompes funèbres locales de contacter les compagnies aériennes pour obtenir toutes les obligations de transport du corps du défunt. La plupart du temps, le cercueil est directement confié à un transitaire qui s’occupera de toutes les démarches portuaires. Contraintes douanières, conditionnement et livraison du cercueil, pesage et frêt plusieurs heures avant le vol…

  • Les traditions de la Toussaint

    Les traditions de la Toussaint

    Aujourd’hui, la fête de la Toussaint est célébrée de diverses manières à travers le monde. En dépit de ses origines religieuses, elle est devenue une occasion de réflexion sur la vie, la mort et la mémoire. Les traditions évoluent, mais le cœur de la fête demeure : honorer ceux qui nous ont quittés et célébrer la continuité de la vie.

    Les fleurs en france à la Toussaint sur les tombes ?

    En France, la tradition veut que l’on dépose des chrysanthèmes sur les tombes à la Toussaint. Ces fleurs sont associées à cette période car elles fleurissent à l’automne et sont perçues comme un symbole d’immortalité et de vie éternelle. Outre les chrysanthèmes, on peut également voir des cyclamens, des bruyères et parfois des pensées sur les tombes, toutes des fleurs qui résistent bien aux premières gelées de l’hiver.

    Fleurs sur des tombes
    Fleurs sur des tombes

    Ces gestes de fleurissement sont une manière de rendre hommage aux défunts et de marquer le souvenir et le respect que l’on leur porte. Les cimetières se parent alors de couleurs vives, contrastant avec la saison grise et froide.

    La fête celtique de Samain en Irlande

    C’est une période de réflexion, de commémoration et de célébration de la culture irlandaise ancienne. La fête celtique de Samhain est célébrée avec une grande intensité et des traditions profondément ancrées. Cette fête marque la fin de l’été et le début de l’hiver, et est considérée comme une période de transformation et de passage entre les mondes des vivants et des morts.

    Les célébrations incluent souvent des feux de joie (bonfires), des divinations, et des rituels de vénération des morts où les gens se déguisent et participent à des processions et organisent des spectacles de rue. Dans certaines régions, il est de tradition de faire des galettes de pain appelées barmbrack, qui contiennent des objets symboliques comme une pièce, un clou, une balle de coton et une petite épée, chacun représentant un avenir différent pour ceux qui les trouvent.

    Le Jour des Morts au Mexique

    Au Mexique, la fête de la Toussaint coïncide avec le Jour des Morts (Día de los Muertos), une célébration colorée et joyeuse. Les familles érigent des autels ornés de photos, de fleurs et de nourriture pour honorer leurs défunts. Les cimetières se remplissent de musique, de danses et de festivités, créant une atmosphère unique de célébration de la vie et de la mort.

    Fête des morts au Mexique
    Fête des morts au Mexique

    Halloween aux États-Unis

    Aux États-Unis, la fête de la Toussaint a inspiré Halloween, célébrée le 31 octobre. Dérivée de la fête celtique de Samhain, Halloween est devenue une fête populaire avec des déguisements, des lanternes en citrouille et des bonbons. Les enfants parcourent les rues pour le traditionnel « trick-or-treat », perpétuant ainsi une ancienne tradition.

    fête celtique de Samain
    fête celtique de Samain

    Ognissanti en Italie

    En Italie, la fête de la Toussaint, connue sous le nom d’Ognissanti, est également célébrée le 1er novembre. Les Italiens honorent leurs défunts en visitant les cimetières et en déposant des fleurs sur les tombes. Des messes spéciales sont organisées dans les églises pour prier pour les âmes des défunts.

    Ognissanti
    Ognissanti

    Anthestéries en Grèce au printemps !

    En Grèce, la fête des morts est célébrée sous le nom d’Anthestéries. Cette fête antique se déroule au printemps, est dédiée au dieu Dionysos et marque la fin de l’hiver. Les Anthestéries ont lieu du onzième au treizième jour du mois anthestérion, correspondant à la fin février et au début mars dans le calendrier grégorien.

    Anthestéries
    Anthestéries

    Les célébrations comprennent des rituels religieux et des festivités joyeuses, reflétant le double aspect de cette fête : à la fois funèbre et festive.
    La première journée appelée Pithoigia, signifiant « l’ouverture des jarres », marque le début des festivités.

  • Français à San Francisco : les prochains événements à ne pas rater

    Français à San Francisco : les prochains événements à ne pas rater

    Le dernier trimestre 2024 marque un tournant sur la scène culturelle et associative de San Francisco et de la Bay Area, révélant un dynamisme sans précédent. Ce carrefour de cultures, d’arts et d’innovations est l’épicentre d’une effervescence créative qui s’étend de ses institutions artistiques renommées à ses festivals de quartier vibrants. Des galeries aux musées, en passant par les concerts en plein air et les rassemblements associatifs, chaque événement est une invitation à célébrer la diversité, la créativité et l’engagement communautaire. Le tout avec une dose de Technologie et d’Intelligence Artificielle jamais très loin ! Et la communauté francophone et franco-américaine n’est pas en reste sur ces plans…

    Un festival du cinéma tout d’abord, les « San Francisco French Cinema Days » du 1er au 10 novembre prochains. Au programme : des projections de 5 films et de nombreuses séances supplémentaires ! A cette occasion, Marion Cotillard sera « on stage » à San Francisco pour rencontrer la communauté au Vogue Theater, après la projection de Little Girl Blue le 2 novembre ! Une organisation et planification de maestro menée par les équipes de French Premiere et de son dirigeant, Arnaud de Fontenay, de la FACS SF (French American Cultural Society de San Francisco), de French Talent USA et de  Merci SF Magazine. Emilia Perez, Marcello Mio, L’Amour Ouf, Monte Cristo et Little Blue Girl ! Tout le programme et les tickets ici.

    San Francisco French Cinema Days
    San Francisco French Cinema Days

    Le 21 novembre, un des deux évènements phares annuels, le gala « La Soirée », de la French American Chamber of Commerce of California SF – LA, sur le thème Autumn Bliss pour cette 42eme édition qui se déroulera toujours à la Green Room, dans un cadre exceptionnel, en plein cœur de San Francisco !

    La Soirée Autumn Bliss
    La Soirée Autumn Bliss

    La Chambre de Commerce de Californie qui regorge d’ailleurs d’une actualité foisonnante avec notamment une nouvelle antenne en lancement sur la métropole de Los Angeles et le Comté d’Orange et pas moins de 9 évènements entre novembre 2024 et janvier 2025 ! Tous de détails, ici. A noter en particulier : un évènement Urban Design du Comité Sustainability et deux événements sur l’AI (Education et European AI Act, organisés avec les Chambres de Commerce Européennes grâce à une structure fédératrice EuroCham). Ceux-ci sont d’ailleurs affiliés au global AI Action Summit 2025 qui se déroulera en février 2025 à Paris, la ville jumelle de San Francisco sur le numérique !

    La Chambre de Commerce de Californie
    La Chambre de Commerce de Californie

    Autre association, la FACS SF (French American Cultural Society de San Francisco), déjà évoquée ci-dessus pour son soutien aux French Cinema Days n’est pas en reste, avec une deuxième édition de son Concours de Poésie pour les enfants et jeunes, de la maternelle jusqu’au lycée. Un Concours qui touche des milliers de personnes, bien au-delà de San Francisco. En effet, il est organisé depuis San Francisco, mais ouvert à toutes et tous, rayonnant en particulier sur l’Amérique du Nord (USA et Canada), la France, et tous les 13 territoire français d’outre-mer, ainsi que l’Île Maurice.

    Des cérémonies en ligne et en personne auront lieux en novembre et décembre prochains, en lien avec les Consulats et les établissements des lauréats. L’équipe de la FACS tenait notamment à remercier la marraine de cette édition, la fantastique Marianne Aventurier ainsi que son compagnon, Alex Voyer (suivez leurs très belles aventure en Polynésie ici et ici !), la French Heritage Society (Chapitre de Californie du Nord) et Bayard Presse Monde pour leurs précieux soutiens, ainsi que tous les soutiens et sponsors ci-dessous !

    Après un dernier trimestre 2024, qui sera bien occupé avec la distribution des prix aux lauréats et la préparation du 2eme recueil des poèmes des participants (voir ici pour l’édition inaugurale du recueil, en collaboration avec l’Association Poétique Luna Rossa), les forces vives de la FACS sont au travail pour la suite. En effet, la troisième édition du Concours est déjà dans les cartons avec de belles surprises en préparation et une nouvelle expansion géographique du Concours pour toucher encore plus de jeunes, y compris et en premier lieu hors des écrans !

    La FACS (French American Cultural Society de San Francisco)
    La FACS (French American Cultural Society de San Francisco)

    Pour rester sur les Concours destinés aux enfants, une autre initiative très intéressante, le Concours BD International 2024, organisé par SJJ Agency et sa fantastique Directrice, Sylvie Joseph-Julien. Un concours lui aussi d’envergure mondiale qui implique de très nombreux artistes et que soutient notamment la fondation Gabadito, depuis San Francisco. A vos plumes et vos marqueurs, donc !

    Sur leurs lancées, les Alliances françaises (4 dans la région de San Francisco !) déroulent un programme d’activités pour tous les âges et les goûts :

    • Silicon Valley – Randonnées en français, Soirée Beaujolais Nouveau, évènement de fin d’année, Visite virtuelle, immersive et exclusive du Château de Versailles, son célèbre Ciné-Club, qui vient de fêter ses 50 ans, grâce au dynamisme et à la passion de sa fondatrice, Hélène Laroche-Davis !
    • San Francisco – Soirée Beaujolais Nouveau, Musée Historique Francophone de San Francisco, Winter Fair, Projections multiples de films et notamment Mothership en soutien aux actions de SOS Méditerranée.
    • Berkeley et Santa Rosa ne sont pas en reste avec des calendriers ici et ici, respectivement.

    Quelques autres événements notables sur la période :

    • Le PIAFF Comedy Festival invite l’humour français à San Francisco. PIAFFœuvre depuis des années à mettre en lumière les artistes francophones aux États-Unis, soutenant des créateurs issus de divers horizons, à travers des événements comme le PIAFF Comedy Festival. Plus d’informations et tickets ici.
    Français à San Francisco : les prochains événements à ne pas rater
    Français à San Francisco : les prochains événements à ne pas rater
    • Un évènement AI et Sciences de la Vie, organisé par l’équipe de la French Tech de San Francisco (détails et RSVP : ici).
    • Le dîner annuel de la French American Foundation for Medical Research and Education, qui récompense les talents prometteurs en médecine et recherche médicale (le 6 novembre en soirée au Centre Culturel Basque).
    • Sur le volet gastronomique et hospitalité, la FAGHA (French-American Hospitality and Gastronomy Association), nous régale de nombreuses activités et d’ événements et suite à son succès s’étend, elle aussi, depuis San Francisco, sur d’autres métropoles aux USA pour le plaisir de tous, grand public et acteurs du secteur qui notent la pertinence de ses activités et de son positionnement.

    Un grand merci également au Consulat Général de France à San Francisco, au Consul Général, Florian Cardinaux, et à toute son équipe, qui soutiennent avec excellence dans leur rôle d’ensemblier toutes ces initiatives et associations ! À noter le 15 novembre, l’évènement ci-dessous : le service pour la Science et la Technologie du Consulat organise une demi-journée dédiée aux collaborations et carrières franco-américaines en deeptech. Plus de 250 participants y sont attendus !

    Demi-journée dédiée aux collaborations et carrières franco-américaines en deeptech
    Demi-journée dédiée aux collaborations et carrières franco-américaines en deeptech

    Alors que l’année touche à sa fin, la Bay Area continue d’incarner un modèle unique de vie culturelle et associative, nourrie par la passion et l’engagement de ses habitants. Les évènements planifiés pour trois derniers mois de 2024 et début 2025 témoignent de la manière dont les initiatives locales, qu’elles soient artistiques, sociales ou écologiques, influencent et inspirent bien au-delà des frontières de San Francisco.

    Cette période nous rappelle l’importance de l’interconnexion entre l’art, la culture et le tissu social d’une région. Dans une époque où le monde semble parfois divisé, San Francisco et la Bay Area montrent qu’il est possible de construire un avenir commun par la célébration des différences et la collaboration au sein de la communauté.

  • Halloween, née en Europe, épanouie aux USA

    Halloween, née en Europe, épanouie aux USA

    Halloween est souvent perçue comme une fête commerciale typiquement américaine. Pourtant, ses origines remonteraient à une tradition celtique européenne vieille de plus de 2 500 ans, bien avant son adoption par les Etats-Unis.

    La fête d’Halloween, célébrée chaque année dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, symbolise pour beaucoup l’américanisation culturelle de la société européenne. Mais savez-vous que cette fête d’Outre-Atlantique serait originaire de notre vieux continent européen ?

    La fête de Samain

    D’après plusieurs historiens, Halloween trouverait ses origines dans des traditions celtiques anciennes, notamment la fête de Samain (ou Samhain), célébrée en Irlande et en Ecosse il y a plus de 2 500 ans. Cette célébration marquait la fin de la saison des récoltes et le début de l’hiver, une période souvent associée à la mort et à l’obscurité. Les Celtes croyaient que durant la nuit de Samain, la frontière entre le monde des vivants et celui des morts s’estompait, permettant ainsi aux esprits de revenir sur terre.

    En l’absence de documents produits par les premiers Celtes, leurs us et coutumes restent largement méconnus. Pour certains auteurs cependant, les célébrations de Samain comprenaient des feux de joie, des offrandes aux esprits, et des rituels pour honorer les ancêtres. Les gens portaient des costumes, souvent faits de peaux d’animaux, pour se protéger des esprits malveillants qui erraient durant la nuit. Avec le christianisme, le festival de Samain aurait progressivement été intégré dans les célébrations chrétiennes et aurait évolué pour devenir une fête de la veille de la Toussaint.

    @adobestock
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    Cette fête, qui aurait existé jusqu’au Ve siècle, s’est progressivement perdue, mais les légendes et les traditions ont perduré. Et au milieu du 19e siècle, lorsque des milliers d’Irlandais et Ecossais poussés par la grande famine de 1845 ont migré aux Etats-Unis, ils ont apporté avec eux leurs contes et légendes. Celles-là même qui ont contribué à faire vivre la future fête d’Halloween.

    Les lanternes viennent des USA

    C’est toutefois sur le nouveau continent qu’apparaissent les lanternes de Jack, personnage d’un vieux conte irlandais. Aux Etats-Unis, les “Jack-o’-lanterns” sont confectionnées à partir de citrouilles et deviennent un objet emblématique de la fête d’Halloween, remplaçant les navets autrefois utilisés en Europe.

    La citrouille, symbole de la récolte et du changement de saison, est devenue un emblème d’Halloween, rappelant la frontière fragile entre la vie et la mort à travers la lueur vacillante de la bougie en son centre. La tradition des bonbons évoque elle aussi le lien entre les vivants et les morts, lorsque les offrandes sont faites dans l’espoir d’apaiser les esprits. 

    En conservant ou en interprétant une partie de la tradition celtique, Halloween est alors devenue une grande fête commerciale aux Etats-Unis, qui s’est exportée vers l’Europe au milieu des années 1990. Aujourd’hui, Halloween est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde, mais ses racines celtiques demeureraient visibles dans les traditions de costumes, de lanternes et de la célébration des esprits. Cette fête témoignerait ainsi du patrimoine culturel européen et de la manière dont des pratiques anciennes continuent d’influencer nos célébrations modernes.

    Halloween sera d’ailleurs très largement célébrée dans les pays européens, cette semaine. Quelques spots sont ainsi réputés pour des “soirées mémorables” à Dublin, Edimbourg, Londres, Venise, Budapest ou la Transylvanie en Roumanie, pays de Dracula !

  • L’environnement au service du protectionnisme

    L’environnement au service du protectionnisme

    Dans le cadre des plans de développement, l’industrialisation est fréquemment mise en avant. Ainsi, après la guerre civile des années 1970/1990, le Mozambique a bénéficié d’aides internationales afin de reconstruire son industrie d’aluminium. L’entreprise en charge de la fonderie de Mozal est ainsi devenue le plus grand employeur industriel. Cette activité est aujourd’hui remise en cause par la volonté des pays de l’OCDE de décarbonner leurs économies et de protéger leur production nationale. Plus de la moitié des exportations d’aluminium du Mozambique sont destinées à l’Union européenne (UE). Or, à partir de 2026, les importateurs d’aluminium devront payer une taxe dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), un système conçu en vue d’imposer à certaines importations à forte intensité énergétique vers l’UE le paiement du même prix du carbone que l’industrie européenne.

    Les permis carbone, des barrières commerciales.

    Actuellement, le CBAM est encore en phase de préparation ; les importateurs doivent soumettre des rapports sur le carbone incorporé dans leurs importations, mais ne sont pas encore obligés d’acheter des permis carbone. A terme, les pays en développement devront payer la différence entre le prix du carbone payé dans leur propre pays et le coût d’un permis dans le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS), actuellement fixé à 62 euros par tonne d’équivalent dioxyde de carbone. Les responsables des entreprises des pays en développement soulignent que ce système institue des barrières commerciales injustes faisant porter la charge de la décarbonation sur des pays qui ont peu contribué au réchauffement climatique. L’Afrique du Sud et l’Inde, entre autres, envisagent de déposer une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce au sujet du CBAM au nom de la lutte contre le protectionnisme.

    Le CBAM n’est qu’un des moyens par lesquels l’Union européenne entend imposer sa politique environnementale à ses fournisseurs. Les exportateurs devront également respecter une directive sur la déforestation, en vertu de laquelle ils devront prouver que leurs produits n’ont pas été fabriqués sur des terres qui étaient forestières avant 2021. Ils devront aussi respecter une directive sur la durabilité des entreprises, qui les obligera à communiquer leurs émissions tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement. Une étude de la Fondation africaine pour le climat et de l’Institut Firoz Lalji de la London School of Economics (LES) estime que le CBAM ne réduirait le PIB africain que de 0,91 % car la plupart des biens concernés seront exportés dans d’autres parties du monde. Néanmoins certains pays seraient durement touchés. Environ 90 % des exportations de fer et d’acier du Zimbabwe, par exemple, sont destinées à l’UE.

    Les taxes carbone ne se limitent pas à l’UE.  

    Une étude de la Banque mondiale suggère que l’Inde, la Russie et l’Ukraine sont susceptibles d’être les plus exposées, en raison de la combinaison de l’intensité carbone de leurs exportations et de leur dépendance au commerce avec l’UE. L’Ukraine pourrait, cependant, être exemptée des taxes en vertu des clauses de force majeure en raison de l’invasion russe. Les taxes carbone aux frontières ne se limitent pas à l’UE. La Grande-Bretagne et l’Australie envisagent des mesures similaires. Plusieurs propositions de taxes de ce type sont en cours d’examen au Congrès américain. Un projet de loi sur les taxes sur la pollution étrangère obligerait les importateurs à payer une taxe fondée sur la différence entre l’intensité carbone moyenne d’un produit fabriqué dans le pays exportateur et aux États-Unis.

    Un autre projet, connu sous le nom de Clean Competition Act, combinerait un ajustement carbone aux frontières avec un prix intérieur.

    Les pays les plus pauvres estiment que le CBAM et d’autres mesures comparables ne tiennent pas compte de l’obligation, prévue par l’accord de Paris sur le changement climatique qui impose aux pays riches de faire plus d’efforts pour décarboner que les pays pauvres. Par ailleurs, les pays avancés ne respectent pas l’engagement qu’ils avaient pris d’aider les pays émergents et en développement afin que ces derniers décarbonent leur économie. Pour ces pays, la logique est que le carbone est un intrant de production dont le prix doit être différent selon les contextes. Une fonderie d’aluminium en Suède devrait payer un prix plus élevé qu’une fonderie mozambicaine, car les Suédois ont déjà épuisé une plus grande partie du budget carbone mondial.

    @adobestock
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    La taxe carbone a décomplexé les États en matière de droits de douane.  

    Afin et de contourner le système européen et de récupérer une partie des recettes, certains pays lancent leurs propres systèmes d’échange de quotas d’émission, comme la Turquie qui exporte de l’électricité vers l’UE. La Chine a récemment ajouté l’acier, l’aluminium et le ciment à son propre marché du carbone, à l’image du CBAM. L’Inde, quant à elle, envisage de taxer les exportations à forte teneur en carbone destinées à l’UE.

    Le CBAM a décomplexé les États en matière de droits de douane. Donald Trump veut imposer un taux minimal de 10 voire de 20 % sur toutes les importations. Les politiques environnementales sont de plus en plus perçues comme les antichambres du protectionnisme. Le principe qui sous-tend le recours à telles politiques est la défense de la production nationale. « Les États-Unis doivent redevenir une nation de producteurs, et pas seulement de consommateurs », déclare un élu démocrate, Jared Golden favorable au protectionnisme. Donald Trump va encore plus loin en affirmant que « sous ma direction, nous allons prendre les emplois des autres pays » ; signifiant l’engagement d’une véritable guerre économique avec le reste du monde.

    Le recours au protectionnisme a toujours été une tentation à laquelle les gouvernements éprouvent les pires difficultés à se soustraire en raison de sa nature populiste. En fermant les frontières, en augmentant les droits de douane, les pouvoirs publics croient défendre leurs citoyens des producteurs étrangers accusés de tous les maux au titre d’une altérité mal vécue. Les mesures protectionnistes appliquées aux États-Unis afin de protéger la sidérurgie nationale des importations japonaises ont eu comme conséquence d’augmenter les prix de l’acier et de handicaper l’industrie automobile américaine. Les destructions d’emplois dans ce dernier secteur ont été supérieures à ceux qui ont pu être sauvés dans la sidérurgie. L’augmentation des tarifs douaniers durant la présidence de Donald Trump n’a pas permis de mettre un terme au déclin de l’emploi industriel aux États-Unis.

    Les mesures protectionnistes aboutissent à une mauvaise allocation des ressources.  

    Si les tarifs douaniers ont pu décourager certaines importations, ils ont probablement également pesé sur la production américaine. Les mesures protectionnistes empêchent l’application de la théorie des avantages comparatifs. Elles aboutissent à une mauvaise allocation des ressources. Les secteurs les plus productifs ne peuvent pas se développer en raison des surcoûts générés par les droits de douane. Ces derniers pénalisent les consommateurs qui doivent payer plus cher les biens. En optant pour un taux de 20 %, Donald Trump ramènerait le niveau des tarifs douaniers à celui de l’époque de la Grande Dépression qui avait provoqué un blocage du commerce international et à l’exacerbation du nationalisme.

    @adobestock
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    Au-delà de la protection supposée de l’emploi, les tarifs douaniers sont censés procurer des recettes aux États qui les mettent en œuvre. Donald Trump se plaît à souligner que les tarifs « rapporteront des milliards de dollars », qui pourront être utilisés à la fois pour réduire le déficit fédéral et réduire les impôts sur le revenu. Compte tenu du montant des importations américaines, environ 3 000 milliards de dollars de biens, une taxe de 20 % pourrait, de manière simpliste, rapporter 600 milliards de dollars par an. Le problème est qu’il s’agit d’une image statique. Quand les droits de douane augmentent, la consommation et les importations baissent, ce qui réduit les recettes publiques. En outre, les représailles des gouvernements étrangers aboutiront à une réduction des exportations ce qui nuira à la croissance et aux recettes fiscales.

    Une guerre commerciale totale entraînerait une baisse de 5 % du PIB américain

    Une analyse réalisée par le Penn Wharton Budget Model, un centre de recherche indépendant, a révélé qu’une guerre commerciale totale entraînerait une baisse de 5 % du PIB américain. L’autre argument en faveur des droits de douane soulevé par leurs partisans est l’amélioration du rapport de force dans les négociations commerciales. Cette position a été notamment défendue par Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce (USTR) sous Donald Trump et par Katherine Tai qui lui a succédé sous Joe Biden. Pour autant, les droits de douane n’ont pas modifié d’un iota la politique commerciale de la Chine dont la force commerciale s’est plutôt renforcée ces dernières années.

    Les droits de douane sont également justifiés par la nécessité de défendre des secteurs dits stratégiques. Cet argument a été mis en avant aux États-Unis comme en Europe pour les véhicules électriques, les semi-conducteurs et les modules solaires chinois. L’administration de Joe Biden a ainsi déclaré que l’influence de la Chine dans ces secteurs créait des risques inacceptables pour la sécurité économique des États-Unis. Il n’est pas certain que le recours aux tarifs douaniers à des fins de sécurité nationale assure la sécurité des approvisionnements. Invoquer cette dernière est une excuse pratique pour mettre en œuvre des politiques protectionnistes. Les tarifs douaniers ne garantissent en rien l’indépendance économique. « Si quelque chose est vraiment dangereux, vous devriez probablement l’interdire plutôt que de le taxer », déclare Ed Gresser du Progressive Policy Institute.

    Malgré tout, les droits de douane demeurent populaires.  

    Dans l’histoire économique de ces deux cents dernières années, l’augmentation des tarifs douaniers s’est toujours révélée négative sur le plan de la croissance et de l’emploi. Elle est source d’inflation. Elle pénalise, en règle générale, les ménages les plus modestes qui ne peuvent plus accéder à certains produits.

    Malgré tout, les droits de douane demeurent populaires. L’idée qu’ils protègent les entreprises et l’emploi est communément admise. La concurrence étrangère est souvent jugée déloyale et responsable de tous les maux économiques. Après une succession de crises, la tentation protectionniste transcende tous les continents avec comme risque de démanteler le travail réalisé après la Seconde Guerre mondiale avec les accords du GATT. Il serait dommageable que les leçons du passé soient oubliées.

  • Vers une refonte de Frontex ?

    Vers une refonte de Frontex ?

    Entre les discussions de plus en plus nombreuses sur une possible révision de la directive européenne sur les retours, et la proposition de la Commission de tripler les effectifs du corps permanent de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) pour les porter à 30 000 personnes, de nouveaux amendements pourraient conduire à une révision plus large de la structure.

    En 2004, l’agence Frontex voit le jour avec l’objectif de répondre aux défis croissants de la gestion des frontières extérieures de l’Union européenne (UE), mais aussi de renforcer la sécurité des frontières, de faciliter la coopération entre les États membres et de garantir une gestion efficace des frontières extérieures de l’espace Schengen.

    Depuis sa création, l’agence européenne a subi de nombreux changements opérationnels et juridiques et est aujourd’hui l’une des plus grandes agences de l’Union.

    Vers un renforcement de Frontex : la Commission européenne propose de tripler les effectifs

    Les orientations politiques de la nouvelle Commission européenne présentées en juillet par Ursula von der Leyen comprennent une proposition visant à tripler le nombre de gardes-frontières et de gardes-côtes européens pour le porter à 30 000. Une mesure qui nécessiterait une modification du règlement de l’agence et donc le passage par une procédure législative en bonne et due forme.

    Selon le règlement Frontex de 2019, l’agence a pour objectif d’atteindre 10 000 agents permanents d’ici 2027, afin d’aider les États membres de l’UE à contrôler les frontières sur le terrain et à mener des opérations de retours, ainsi qu’à lutter contre la criminalité transfrontalière.

    « S’ils rouvrent les discussions sur le cadre existant, cela pourrait aller au-delà des discussions sur le corps permanent », explique Anastasia Karatzas, analyste politique au European Policy Center.

    « Il s’agit d’une arme à double tranchant […] Cela pourrait devenir beaucoup plus important », a-t-elle ajouté.

    Dans ses réponses écrites aux questions de la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen, posées en amont de son audition devant l’hémicycle, le commissaire désigné aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, a soutenu la proposition d’étendre le rôle de Frontex.

    Magnus Brunner note en effet que cela nécessiterait des changements législatifs, « par le biais d’une modification du règlement relatif au corps européen de garde-frontières et de garde-côtes ».

    Il s’est également engagé à plaider en faveur d’une évaluation approfondie « des besoins, des impacts, des implications pour les différentes parties prenantes et des coûts d’un tel amendement ».

    « La révision du règlement Frontex a toujours été en suspens », a confié à Euractiv un responsable de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA).

    En 2019, l’agence a évolué avec l’adoption d’un nouveau règlement qui a considérablement élargi ses pouvoirs et ses capacités, renforçant le mandat de Frontex pour aider les États membres de l’UE à gérer plus efficacement leurs frontières. Son budget avait également été significativement augmenté.

    Les lignes directrices de la nouvelle Commission d’Ursula von der Leyen présentées en juillet comprennent une proposition visant à tripler le nombre de gardes-frontières et de gardes-côtes européens pour le porter à 30 000, une mesure qui nécessiterait un processus législatif pour modifier le règlement actuel. ©Dan Kitwood/Getty Images
    Les lignes directrices de la nouvelle Commission d’Ursula von der Leyen présentées en juillet comprennent une proposition visant à tripler le nombre de gardes-frontières et de gardes-côtes européens pour le porter à 30 000, une mesure qui nécessiterait un processus législatif pour modifier le règlement actuel. ©Dan Kitwood/Getty Images

    Comme la base juridique de Frontex date de 2019, il y a encore « de la place pour du changement », a ajouté le fonctionnaire.

    « Un amendement du règlement serait bien sûr nécessaire s’ils veulent plus de corps permanents », a déclaré Anastasia Karatzas. « Mais cela devrait également être soutenu par une aide financière substantielle. »

    Frontex au cœur des discussions sur les retours et la sécurité des frontières

    Depuis 2015, le budget de Frontex a considérablement augmenté, passant de 143 millions d’euros à 922 millions d’euros en 2024.

    Le renforcement potentiel de Frontex sera abordé lors des discussions sur le cadre financier pluriannuel, qui devraient débuter l’année prochaine pour la période 2028-2034.

    « C’est en partie controversé, bien sûr, parce que l’expansion de l’aide financière s’est produite avec une certaine inquiétude qu’elle n’ait pas été accompagnée par des mécanismes de contrôle suffisants », a déclaré l’analyste à Euractiv.

    Frontex a fait face à de maintes reprises à des critiques, en particulier en ce qui concerne les droits humains.

    Ces pressions ont culminé avec la démission en 2022 de son ancien directeur, Fabrice Leggeri, aujourd’hui eurodéputé, suite à des révélations de mauvaise conduite et à la complicité présumée de l’agence dans les violations des droits humains.

    Le débat actuel sur le renforcement des pouvoirs de Frontex et la modification de sa base juridique est lié au souhait plus large d’une nouvelle approche commune sur les retours, soutenue par un nouveau cadre législatif.

    « Si vous soumettez un nouvel instrument de retour, vous devez renforcer les pouvoirs de Frontex », a déclaré l’Agence des droits fondamentaux de l’UE.

    Magnus Brunner a fait allusion au renforcement du mandat de Frontex afin de mieux soutenir les États membres en matière de retours — ce qui relève actuellement du champ d’action de Frontex.

    La discussion sur l’amélioration de l’efficacité des retours a été au premier plan pour la Commission et les États membres au cours des derniers mois.

    La réorganisation des retours figure en bonne place dans les conclusions du dernier Conseil européen du 17 octobre dernier, les États membres ayant demandé à la Commission européenne de présenter « d’urgence » une proposition juridique sur les retours.

    La Commission européenne a cherché à modifier en 2018 la directive sur les retours, initialement adoptée en 2005 et révisée en 2008, mais des désaccords politiques au sein du Parlement européen ont bloqué les efforts.

    L’audition de l’aspirant commissaire Magnus Brunner est prévue pour le 5 novembre.

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