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  • Manifestations des agriculteurs contre le Mercosur

    Manifestations des agriculteurs contre le Mercosur

    Les agriculteurs entendent s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, mais les manifestations sont aussi l’occasion pour les syndicats agricoles de se tester, avant les élections professionnelles de janvier 2025 et alors que la toute puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) pourrait être contestée.

    Les manifestations qui dénoncent la signature de l’accord avec le Mercosur cachent une autre guerre plus discrète : celle que se livrent les principaux syndicats agricoles avant les élections professionnelles de l’année prochaine.

    Le 15 janvier 2025, les agriculteurs français éliront leurs représentants au sein des chambres d’agriculture départementales et régionales et les enjeux sont essentiels pour le secteur. En effet, le scrutin décidera quel syndicat représentera le monde agricole auprès des pouvoirs publics, accordant au vainqueur un poids politique prépondérant.

    Or, si l’opposition à l’accord entre l’UE et le Mercosur fait l’unanimité, les divisions sont palpables dans les rues.

    « Les manifestations de l’hiver dernier étaient déjà marquées par la campagne électorale et la surenchère s’accroît depuis, car tout le monde cherche de la visibilité », analyse pour Euractiv Véronique Lucas, sociologue rurale au sein de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).

    Lors des élections de 2019, la FNSEA était arrivée en tête avec 54 % des voix, suivie par la Coordination rurale — une organisation adepte des blocages et des opérations « coups de poing », proche de l’extrême droite — et la Confédération paysanne — proche des milieux de gauche —, avec respectivement 21 % et 20 % des suffrages.

    La FNSEA, syndicat libéral, proche de l’agro-industrie et favorable aux exportations, domine l’agriculture française depuis les années 1950.

    « Cette hégémonie se retrouve dans d’autres pays européens, comme les Pays-Bas », continue Véronique Lucas. La situation est en revanche différente dans des États décentralisés comme l’Espagne et l’Italie, où l’on retrouve davantage de pluralisme parmi les organisations agricoles.

    Guerres syndicales et surenchères

    Au sein des manifestations qui s’intensifient cette semaine, « chacun mène son combat »souligne pour France bleu Rémi Dumaure, président de la Coordination Rurale de Dordogne. Ce dernier explique ainsi refuser de s’allier aux autres syndicats agricoles.

    La rivalité entre la FNSEA et la Coordination rurale est d’autant plus forte que cette dernière a gagné en notoriété l’hiver dernier, ses membres participant à de nombreux blocages et multipliant les actions parfois violentes, notamment lors de la visite d’Emmanuel Macron au Salon de l’Agriculture en février.

    Lors des dernières élections en 2019, la FNSEA est arrivée en tête avec 54 % des voix, suivie par la Coordination rurale — adepte des blocages et des opérations « coups de poing » — et la Confédération paysanne — proche des milieux de gauche —, avec respectivement 21 % et 20 % des voix. ©Getty Images/Adnan Farzat_NurPhoto]
    Lors des dernières élections en 2019, la FNSEA est arrivée en tête avec 54 % des voix, suivie par la Coordination rurale — adepte des blocages et des opérations « coups de poing » — et la Confédération paysanne — proche des milieux de gauche —, avec respectivement 21 % et 20 % des voix. ©Getty Images/Adnan Farzat_NurPhoto

    « La Coordination rurale a obtenu beaucoup de voix lors des dernières élections, et a depuis gagné en visibilité dans les médias », note encore Véronique Lucas, qui souligne la couverture complaisante du mouvement par des chaînes d’information comme CNews ou BFM TV.

    La Confédération paysanne tente de son côté de se faire entendre sur le Mercosur au niveau européen, par le biais de son allié à Bruxelles, la Via Campaesina, et avec le soutien de partis écologistes et de gauche.

    Ces deux organisations ont manifesté à Bruxelles le 13 novembre dernier, à l’appel de l’organisation wallonne Fédération Unie de Groupements d’Éleveurs et d’Agriculteurs (FUGEA).

    La bataille s’annonce donc féroce d’ici les élections, et elle risque de s’intensifier, alors que le corps électoral est en rétractation, du fait de la diminution du nombre des agriculteurs en France et alors que l’abstention est en progression, près de 55 % en 2019 contre 45 % en 2013.

    Changement des équilibres ?

    Ce contexte peut-il déboucher sur un changement au sein des équilibres syndicaux ? Cela devrait dépendre de la capacité de la FNSEA à maintenir un discours mobilisateur lors des manifestations, surtout sur la question du Mercosur. Une conclusion de l’accord avant janvier 2025 étant peu probable, les mobilisations pourraient donc se poursuivre jusqu’au début de l’année prochaine.

    Pour l’heure, la FNSEA reste catégoriquement opposée à l’accord « tel qu’il est »« Si demain on nous explique qu’on a un accord avec lequel il y aura à la fois le respect des accords de Paris, la traçabilité, pas de matières actives qui sont interdites en Europe, nous ne nous fermons pas la possibilité de faire du commerce avec le Brésil ou d’autres pays du monde », a toutefois précisé Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA sur BFM TV.

    Une position violemment attaquée par la Coordination rurale, qui reproche au syndicat majoritaire son « double langage » sur le Mercosur, alors qu’Arnaud Rousseau fait partie du conseil d’administration du groupe agroalimentaire Avril, lequel « investit massivement » au Brésil.

    La Confédération paysanne ne retient pas non plus ses attaques contre la FNSEA. Si une alliance entre « la Conf’ » et la Coordination rurale n’est pas d’actualité pour bloquer leur rival, les deux formations ont déjà ponctuellement uni leurs forces, comme en avril dernier pour demander à Emmanuel Macron des avancées sur les revenus des agriculteurs et, déjà, pour bloquer l’accord avec le Mercosur.

    Peu probable cependant que la FNSEA perde sa position majoritaire lors des prochaines élections, selon les experts contactés par Euractiv, tant son ancrage territorial et sa capacité de mobilisation sur le terrain restent solides. Une victoire aux élections, aussi ténue soit-elle, suffit à maintenir une position hégémonique sur le monde agricole.

    Difficile de savoir pour le moment ce qu’il adviendra d’ici au 15 janvier prochain, car de nombreux facteurs peuvent intervenir d’ici là. « Le climat de l’hiver peut jouer sur l’évolution des maladies animales qui inquiètent les éleveurs, cela dépendra aussi de la réponse du gouvernement aux préoccupations des agriculteurs », conclut Véronique Lucas.

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 21.11.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 21.11.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le jeudi 21 novembre et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : Mercosur : la députée des Français du continent s’y oppose – Le Téléthon débarque à Boston – Un manteau neigeux sur la France

    Éléonore Caroit revient sur le voyage d’Emmanuel Macron en Amérique du Sud

    Et on parle bien sûr du Mercosur qui est devenu un « objet qui cristallise beaucoup de mécontentements», mais ceux-ci, parfois, n’ont rien à voir avec le Mercosur pour Eléonore Caroit, la députée des Français de la 2ème circonscription. Autour du débat en France sur cet accord commercial, Eléonore Caroit constate ainsi « qu’il y a des informations qui ne sont pas tout à fait exactes et qui circulent ». Et elle demande ainsi à être « précise » et à ne pas « stigmatiser » sur ce qui se passe en Amérique du Sud. D’ailleurs, rappelle-t-elle, il ne faut pas oublier ce qu’est ce traité UE-Mercosur : un « accord ambitieux ». Pour autant, la position de la France sur ce texte n’a pas changé. C’est la même que celle défendue en 2019. Elle s’y oppose ! La parlementaire approuve cette position. 

    Eléonore Caroit : UE-Mercosur, soyons précis sans stigmatiser

    Le Téléthon à Boston

    Depuis 1987, l’Association française contre les myopathies (AFM) organise le Téléthon. Cet événement caritatif permet, entre autres, de financer des projets de recherches médicales. Les dons versés sont également utilisés pour aider le quotidien des familles touchées par la maladie. Le Téléthon sera organisé en France les 29 et 30 novembre prochains. Mais il a aussi traversé les frontières. D’ailleurs, certaines actions sont déjà lancées, notamment aux Etats-Unis. Pour en parler, Lesfrancais.press a donné la parole au Docteur Matthias Lambert qui réside actuellement outre-Atlantique. Il connaît très bien la maladie. Il la vit chaque jour à la fois comme patient, mais aussi en tant scientifique. Un témoignage riche d’enseignements.

    Téléthon 2024 : le Dr Lambert un patient scientifique à Boston

    32 départements français en vigilance jaune pour un risque lié aux chutes de neige

    Dans un bulletin publié ce mercredi 20 novembre dans l’après-midi, Météo-France indique le placement en vigilance orange de plusieurs départements pour un risque de neige-verglas. Cette prévision annonce l’arrivée de chutes de neige sur le territoire jeudi 21 novembre, dans le sillon de la tempête Caetano. Les précipitations neigeuses devraient s’étendre sur un axe allant de la Bretagne-Normandie jusqu’à la région Bourgogne-Franche-Comté, avec une limite pluie-neige coupant la France en deux au niveau de Nantes.

    C’est ainsi que se termine ce bulletin des Français de l’étranger. Belle journée à toutes et à tous où que vous soyez !

    Écouter le bulletin des Français de l’étranger

  • Téléthon 2024 : le Dr Lambert un patient scientifique à Boston

    Téléthon 2024 : le Dr Lambert un patient scientifique à Boston

    Écouter le podcast de Matthias Lambert

    Depuis 1987, l’Association française contre les myopathies (AFM) organise le Téléthon. Cet événement caritatif permet, entre autres, de financer des projets de recherches médicales. Les dons versés sont également utilisés pour aider le quotidien des familles touchées par la maladie. Le Téléthon sera organisé en France les 29 et 30 novembre prochains. Mais il a aussi traversé les frontières. D’ailleurs, certaines actions sont déjà lancées, notamment aux Etats-Unis. Pour en parler, Lesfrancais.press a donné la parole au Docteur Matthias Lambert qui réside actuellement outre-Atlantique. Il connaît très bien la maladie. Il la vit chaque jour à la fois comme patient, mais aussi en tant scientifique. Depuis Boston, un témoignage saisissant où courage et espoir se mélangent pour ne faire qu’un.

    Partir aux Etats-Unis pour vivre ses rêves

    Originaire du Nord de la France, le Docteur Matthias Lambert a cette particularité d’être un patient-chercheur. En effet, il est non seulement atteint d’une forme rare de la myopathie, mais il effectue aussi de la recherche médicale sur cette maladie en tant que docteur en biologie. C’est donc cette double expérience qu’il partage dans les actions qu’il co-organise, dans la région de Boston, en faveur du Téléthon. Au cours de ce podcast, il nous parle aussi d’empathie, de force de vivre et de volonté de se battre.

    Operation du Téléthon à Boston
    Operation du Téléthon à Boston

    Après avoir obtenu son doctorat en sciences de la vie et de la santé à l’université de Lille en 2016, il rejoint, quelques semaines plus tard, le pays de l’Oncle Sam. Direction le Massachusetts où il travaille sur la dystrophie musculaire de Duchenne à l’hôpital des enfants de Boston. Il intègre aussi la Harvard Medical School. Pourquoi ce souhait de partir outre-Atlantique ? 

    « Ce départ aux Etats-Unis, c’est une envie d’aventure. Avec mon handicap j’ai toujours été limité, ce corps est une prison pour moi. Alors j’ai eu envie de vivre mes rêves »

    Docteur Matthias Lambert

    En outre, exerçant son métier de scientifique aux USA, et en se basant sur son expérience, notre invité estime-t-il que la recherche médicale est plus facile, plus rapide, aux Etats-Unis qu’en France ou qu’en Europe ? Au cours de ce podcast, le Docteur Lambert nous répond « oui », en donnant des explications à cela. Notamment, il met en avant la confiance accordée plus facilement aux jeunes !

    Le handicap, c’est aussi une valeur ajoutée

    Lors de cette interview, le docteur Lambert revient aussi sur ce qu’il vit au quotidien avec sa maladie. Et le lien qu’il développe aussi avec les autres. Et même s’il est « difficile de voir sa maladie progresser, et de s’adapter ainsi chaque année à de nouvelles limites », notre invité souhaite également mettre en avant le fait que :  

    « Le handicap peut être une plus-value dans un laboratoire, dans une entreprise »

    Docteur Matthias Lambert

    Et si des premières victoires ont déjà été remportées sur différentes formes de myopathie, il reste encore à faire. C’est aussi tout l’enjeu du Téléthon.

    Le Téléthon 2024 aux Etats-Unis : les actions à Boston

    Atteint par une forme très rare de myopathie, le Docteur Mathias Lambert souhaite « ouvrir des voies ». A la fois, par son travail dans la recherche médicale, pour de futures possibles thérapies, mais aussi pour montrer que 

    « Une personne souffrant de myopathie doit aussi avoir des rêves et des buts dans la vie (…) C’est un message fort du Téléthon. »

    Docteur Matthias Lambert

    C’est cette double expérience, de chercheur et de patient que notre invité partage dans les actions qu’il co-organise pour le Téléthon aux Etats-Unis. À Boston, le lancement des opérations pour cet événement caritatif s’est effectué le 2 novembre dernier. Des prochains rendez-vous sont aussi programmés, allant de la vente de pains et de viennoiseries à l’organisation d’une marche, en passant par une soirée spéciale, des cours de Yoga et bien d’autres activités encore. Voici la liste pour participer à ces opérations du Téléthon 2024 sur Boston :

    Pour conclure notre interview, le docteur Matthias Lambert nous livre aussi un de ses secrets. Ou puise-t-il toute son énergie ? Elle viendrait, entre autres, de trois femmes marquantes dans sa vie. Pour savoir lesquelles, nous vous invitons à écouter l’intégralité de ce podcast. Merci à tous pour votre mobilisation en faveur du Téléthon 2024. Avec ses actions en France, mais aussi avec les opérations organisées par les Français de l’étranger à Boston, et également un peu partout dans le monde.

    Cliquez sur le Logo pour faire un don au Téléthon – Boston :


    AFM Téléthon Logo

  • Eléonore Caroit : UE-Mercosur, soyons précis sans stigmatiser

    Eléonore Caroit : UE-Mercosur, soyons précis sans stigmatiser

    Écouter le podcast d’Éléonore Caroit

    Cette semaine le président de la République, Emmanuel Macron, est en déplacement officiel en Amérique du Sud. Aussi, pour nous parler de la visite du Chef de l’Etat dans cette région du monde, Lesfrancais.press reçoit Eléonore Caroit. La députée de la 2eme circonscription des Français établis hors de France (Amérique centrale, Amérique du Sud et Caraïbes) décrypte les rendez-vous présidentiels et ne balaye aucun des sujets. D’ailleurs sur le Traité UE-Mercosur, elle demande à ce que l’on soit précis sur ce texte et à ne pas « stigmatiser » et utiliser la situation pour d’autres motifs, nous dit-elle. Pour savoir pourquoi la parlementaire défend cette position, écoutez son interview en podcast Lesfrancais.press 

    Eléonore Caroit, la députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes

    Élue députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes pour la première fois en 2022, le Conseil constitutionnel a, par la suite, annulé ce résultat électoral. En janvier 2023 les sages de la rue Montpensier ont effet mis en avant un dysfonctionnement sur l’organisation générale du scrutin en ligne. Une nouvelle élection législative est alors organisée en avril 2023. Et, se représentant devant les électeurs de la 2eme circonscription des Français établis hors de France, Eléonore Caroit regagne son siège billet à l’Assemblée nationale.

    Le Président de la République Emmanuel Macron
    Le Président de la République Emmanuel Macron

    Avocate de formation, spécialisée en droit international, Eléonore Caroit est également réélue en juillet 2024, après la dissolution décidée par le Président de la République. Au Palais Bourbon, elle siège actuellement en tant membre apparentée du groupe Ensemble pour la République, présidé Par Gabriel Attal.

    Pourquoi cette visite présidentielle en Amérique latine ?

    Après s’être rendu au Maroc en visite officielle fin octobre, et avant des rendez-vous prévus début décembre en Arabie saoudite, le président Macron effectue donc, cette semaine, ce déplacement en Amérique du Sud. Une nouvelle façon pour le chef de l’Etat français de s’exprimer depuis la nomination de Michel Barnier à Matignon ?

    « Depuis que je suis élue, je demande au président de la République de s’intéresser à l’Amérique latine (…), donc je suis très heureuse qu’il puisse se rendre dans trois pays. »

    Éléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes

    La parlementaire souhaite d’ailleurs qu’Emmanuel Macron puisse faire d’autres futurs déplacements, sa circonscription couvrant 33 pays.

    France-Argentine : quelle relation ?

    La première étape de cette venue du locataire de l’Elysée en Amérique du Sud fut l’Argentine. Emmanuel Macron a rencontré son homologue, le président argentin, Javier Milei. Sur le papier, de nombreux sujets les opposent, que ce soit celui du changement climatique ou bien encore le traité UE-Mercosur. Notre invitée retient avant tout le message suivant :

    « Il y a une véritable amitié entre le peuple français et le peuple argentin, et cela va bien au-delà des gouvernements qui peuvent changer. »

    Éléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes

    Ainsi, l’Argentine reste un partenaire avec lequel la France doit continuer à travailler.

    Traité UE – Mercosur : un débat en France utilisé à d’autres fins ?

    Actuellement, la mise en œuvre du traité de libre-échange Mercosur revient sur toutes les lèvres. Destiné à faciliter les échanges commerciaux entre l’UE et cinq pays d’Amérique latine (Argentine, Brésil, Bolivie, Paraguay, Uruguay), cet accord serait sur le point de devenir effectif, alors que la France s’y oppose. Notre pays semble en effet isolé, la plupart des membres de l’Union européenne y seraient favorables. La parlementaire rappelle qu’en 2019 notre pays s’est opposé à l’entrée en vigueur de ce traité, en demandant notamment des garanties environnementales supplémentaires, et des règles de réciprocité. Aussi, les positions entendues sur la scène nationale française interrogent parfois. Pour notre invitée :

    « Le débat public français autour du Mercosur est biaisé »

    Éléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes

    C’est devenu, entre autres, un « objet qui cristallise beaucoup de mécontentements très légitimes », mais ceux-ci, parfois, n’ont rien à voir avec le Mercosur, poursuit notre invitée. Autour du débat en France sur cet accord commercial, Eléonore Caroit constate ainsi « qu’il y a des informations qui ne sont pas tout à fait exactes et qui circulent ». Et elle demande ainsi à être « précise » et à ne pas « stigmatiser » sur ce qui se passe en Amérique du Sud.

    Eléonore Caroit à la tribune de l'Assemblée nationale
    Eléonore Caroit à la tribune de l’Assemblée nationale

    D’ailleurs, rappelle-t-elle, il ne faut pas oublier ce qu’est ce traité UE-Mercosur : un « accord ambitieux ». Pour autant, la position de la France sur ce texte n’a pas changé. C’est la même que celle défendue en 2019. Elle s’y oppose ! La parlementaire approuve cette position. En effet, il manque toujours un addendum environnemental, des clauses miroirs, des garanties pour nos agriculteurs. Notre pays est donc cohérent dans la défense de ses intérêts. Toutefois, nous déclare l’élue à l’Assemblée nationale pour les Français d’Amérique du Sud :

    « Ne pas oublier qu’il est important de commercer avec les pays du Mercosur tout en respectant les nomes et les contraintes que nous nous imposons »

    Éléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes

    Le risque est notamment de laisser la Chine prospérer dans cette région. D’ailleurs après le G20, son président, Xi Jinping, se rendra au Brésil en visite d’Etat.

    Depuis le Chili : un appel à la ratification du traité BBNT sur la protection des océans

    Une des autres étapes de cette tournée en Amérique du Sud emmène le Président de la République, Emmanuel Macron, au Chili. Il va s’exprimer sur les océans et les espaces maritimes qui n’appartiennent pas à la juridiction des Etats. À notre micro, Eléonore Caroit explique pourquoi ce pays est stratégique dans ce programme de défense environnementale. Il a notamment été un des premiers a ratifié le premier traité international pour protéger la haute mer, connu sous le signe anglais BBNJ.

    « La présidence du Président Emmanuel Macron au Chili enverra un message très important sur les Océans, et sur la nécessité de ratifier le traité BBNJ pour qu’il puisse entrer en vigueur »

    Éléonore Caroit, députée des Français d’Amérique Latine et des Caraïbes

    Rappelons que la ville de Nice accueillera la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC), un sommet sur ce sujet, en juin prochain. Et que 2025 sera d’ailleurs l’année des Océans et de la biodiversité marine en France.

    Éléonore Caroit s'exprimant lors de la rencontre organisée avec la communauté française au Chili
    Éléonore Caroit s’exprimant lors de la rencontre organisée avec la communauté française au Chili

    Enfin, en marge de ce déplacement d’Emmanuel Macron, la parlementaire a organisé une rencontre avec la communauté française à Santiago du Chili. Aussi, pour conclure cette interview, la question est posée à la députée de la 2eme circonscription des Français établis hors de France : quelles sont les problématiques des expatriés que vous avez remontées au Président de la République durant cette visite ? Pour connaître la réponse de la parlementaire, et aussi vous immerger dans cette visite présidentielle française en Amérique du Sud, écoutez l’intégralité de ce podcast Lesfrancais.press. 

  • Business France et Atout France : une fusion pour quoi faire ?

    Business France et Atout France : une fusion pour quoi faire ?

    La route a été tracée par le premier ministre lors du discours de Politique générale. Michel Barnier souhaite, donc, rapprocher Atout France et Business France, pour faire des économies budgétaires. La fusion de ces deux structures chargées de l’attractivité de l’Hexagone, l’une auprès des investisseurs étrangers, l’autre auprès des touristes, sera amorcée « dès 2025, notamment en vue d’une réorganisation de leur réseau à l’étranger et d’une mutualisation de leurs moyens », selon le projet de loi de finances de 2025, présenté jeudi 10 octobre.

    C’est l’occasion pour nous de rappeler les missions de ces deux organes bien connus des entrepreneurs expatriés et d’entendre les avis des experts sur cette fusion.

    Atout France

    Tout d’abord, essayons de comprendre, les missions de ces organismes en commençant par Atout France. Cette agence prend en charge la promotion touristique de notre pays, c’est, pour simplifier, le méga office de tourisme en charge de la marque France. Et ce n’est pas une mince affaire, car le tourisme en France, c’est 8 % du PIB, et deux millions d’emplois directs et indirects. 

    C’était il y a un peu plus de 15 ans. Atout France était construit, déjà, sur la fusion de deux structures : Maison de la France et Odit France.

    Business France et Atout France : une fusion pour quoi faire ?
    Business France et Atout France : une fusion pour quoi faire ?

    Le Code du tourisme définit clairement le rôle d’Atout France. Le groupement d’intérêt économique (GIE) n’est pas l’État. Mais l’agence est placée sous la tutelle du ministre chargé du Tourisme, et poursuit « un triple objectif de promotion du tourisme en France, de réalisation d’opérations d’ingénierie touristique et de mise en œuvre d’une politique de compétitivité et de qualité des entreprises du secteur ». Mieux : « Elle définit la stratégie nationale de promotion de la destination France » conformément aux orientations arrêtées par l’État. »

    Ces missions principales sont :

    • Promouvoir la France et ses destinations à l’international
    • Faire rayonner les marques mondiales, comme point d’entrée dans les territoires
    • Appuyer le développement des territoires 
    • Contribuer à la qualité et au renouvellement de l’offre au travers des classements, des labels et des immatriculations

    Atout France défini donc le classement des hébergements touristiques collectifs, les fameuses étoiles pour les hôtels, les campings, les parcs résidentiels de loisirs, les résidences de tourisme et les villages de vacances. Elle est aussi présente dans les salons et organise de nombreux évènements à travers le monde.

    Business France 

    La deuxième agence concernée par cette fusion, c’est Business France.

    Cette agence nationale est au service de l’internationalisation de l’économie française. Elle est chargée du développement international des entreprises et de leurs exportations, ainsi que de la prospection et de l’accueil des investissements internationaux en France. Elle promeut l’attractivité et l’image économique de la France, de ses entreprises et de ses territoires. Elle gère et développe le VIE (Volontariat International en Entreprise).

    Créée le 1er janvier 2015, Business France est issue de la fusion d’UBIFRANCE et de l’AFII (Agence française pour les investissements internationaux).

    Les trois principales missions de l’agence sont :

    •  Le développement international des entreprises et de leurs exportations
    • La prospection et l’accueil des investissements internationaux
    •  L’attractivité et l’image économique de la France, de ses entreprises et de ses territoires

    Pourquoi une fusion ?

    Le projet de fusion vise notamment des économies. L’agence de promotion du tourisme emploie 320 personnes en France comme à l’étranger (29 bureaux), et dispose jusqu’à maintenant d’une subvention annuelle de l’État de près de 30 millions d’euros. Structure d’accompagnement des entreprises françaises à l’international, Business France compte pour sa part près de 1 500 collaborateurs dans 110 pays. 

    Business France et Atout France : une fusion pour quoi faire ?
    Business France et Atout France : une fusion pour quoi faire ?

    Pour autant, ce n’est pas vraiment une surprise. Il y a longtemps qu’une réforme de l’organisation de l’Atout France est discutée. En mai, lors d’un comité interministériel du tourisme, le gouvernement avait annoncé son désir de moderniser cet organisme qui, selon Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme, a perdu de son dynamisme initial. Des critiques régulières sont formulées à l’encontre de sa stratégie internationale ainsi que de sa déconnexion avec l’environnement économique français.

    Cependant, dans cette agence, la nouvelle d’une fusion a été douloureusement reçue. Notamment parce que Business France est quatre fois plus grand et il n’y a pas d’égalité entre les deux agences. Hervé Novelli, qui a contribué à la création de l’agence en 2009, a souligné que la fusion n’a pas de sens car « il n’y a pas grand-chose » à partager entre les deux agences. De plus, il y a actuellement aucune stratégie claire ni de plan défini. Atout France est au centre de la réduction des dépenses publiques alors que sa subvention est modeste et que les avantages possibles de la fusion avec Business France sont loin d’être clairs. Un autre membre d’Atout France a exprimé sa surprise face à cette démarche, en se demandant où est l’intérêt public et où est la considération pour les employés.

  • Une nouvelle révolution conservatrice ?

    Une nouvelle révolution conservatrice ?

    L’instabilité politique s’installe aux États-Unis. En 2020, Donald Trump n’avait pas enchaîné un deuxième mandat consécutif. En 2024, les démocrates n’y sont pas davantage parvenus. Entre 1992 et 2016, les trois présidents – Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama – avaient, en revanche, réussi à être réélus, bien que leurs partis respectifs aient subi des défaites au Congrès, en particulier lors des élections de mi-mandat. En 2020, la défaite de Donald Trump s’explique notamment par la pandémie de Covid-19, tandis que celle de Kamala Harris, en 2024, est en grande partie la conséquence de la vague inflationniste et de l’immigration. La question est désormais de savoir quelle politique sera mise en œuvre par le nouveau président.

    En janvier prochain, Donald Trump devrait disposer de tous les pouvoirs : l’exécutif, le législatif et une Cour suprême favorable. Certes aux Etats-Unis, le système institutionnel permet un équilibre raffiné des pouvoirs évitant certains excès. Néanmoins, le nouveau Président aura ainsi la possibilité, durant les deux prochaines années, de refaçonner les États-Unis et d’influencer le monde. Lors de son premier mandat, il avait dû composer avec un Congrès souvent frondeur, ce qui ne devrait pas être le cas cette fois-ci. Appliquera-t-il à la lettre son programme ou fera-t-il preuve d’un réel pragmatisme au risque de donner un plus de véracité au fameux dicton « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » ?

    Des points de convergence existent entre les deux partis

    Au-delà des discours de campagne virulents, des points de convergence existent entre les deux partis, ce qui pourrait conduire à une relative continuité de la politique américaine dans plusieurs domaines. En matière de protectionnisme, par exemple, Joe Biden avait conservé les grandes lignes de politique de Donald Trump. Ce dernier prévoit certes d’amplifier encore les augmentations de droits de douane, en les généralisant à tous les pays. Si tel était le cas, les conséquences potentielles seraient multiples. Les pays touchés par ces augmentations prendraient, sans nul doute, des mesures de rétorsion, enclenchant un cycle de fermeture des frontières sans précédent depuis 1945. L’Organisation mondiale du commerce pourrait, soit exclure les États-Unis, soit perdre toute crédibilité en raison de son incapacité à faire respecter les accords commerciaux multilatéraux établis au cours des quatre-vingts dernières années. Quoi qu’il en soit, le commerce international serait affecté avec, à la clé, un net ralentissement.

    Les pays les plus touchés seraient ceux de l’Union européenne, pour lesquels les États-Unis sont un client majeur, ainsi que les pays émergents ou en développement dont la croissance dépend de leurs exportations.

    Des États-Unis plus protectionnistes et de moins en moins prévisibles

    L’isolationnisme américain pourrait aussi entraîner des conséquences en matière de sécurité pour l’Europe. Les États du Vieux Continent pourraient être amenés à accroître leurs dépenses militaires, alors même qu’ils cherchent à réduire leurs déficits publics.

    @adobestock
    @adobestock

    Des États-Unis plus protectionnistes et de moins en moins prévisibles pourraient, à terme, affaiblir le dollar. Pour l’instant, la devise américaine demeure la monnaie de référence mondiale : la moitié des échanges mondiaux et 60 % des réserves en devises sont libellés en dollars, l’euro étant loin derrière. La Chine aspire à attirer davantage de pays dans sa sphère financière. Toutefois, l’absence de transparence de son marché financier et sa faible profondeur dissuadent pour l’instant les investisseurs internationaux d’utiliser le renminbi. Les autorités chinoises comptent néanmoins sur les éventuelles erreurs américaines et sur le yuan numérique de la banque centrale (e-yuan) pour renverser cette tendance.

    Briser l’Union européenne, un rêve qu’il partage avec Vladimir Poutine ?

    Bien que ses premières déclarations se veuillent rassurantes, Donald Trump n’avait pas ménagé l’Union européenne lors de sa campagne. Un de ses rêves, souvent exprimé à demi-mot, ne serait-il pas de briser l’Union européenne, un rêve qu’il partage avec Vladimir Poutine ? Cela pourrait toutefois avoir l’effet inverse, obligeant les Européens à relancer le processus d’intégration, en panne depuis l’échec du référendum sur le traité constitutionnel en France, il y a près de vingt ans.

    Plus de quarante ans après la « révolution conservatrice » des années 1980, Donald Trump sera-t-il à l’origine d’une nouvelle révolution économique et géopolitique ? Après la décennie perdue des années 1970 et la guerre du Vietnam, Ronald Reagan avait su replacer les États-Unis à la tête des puissances occidentales avec une politique néolibérale. L’implosion de l’URSS, incapable de rivaliser technologiquement et économiquement, est l’une des victoires indirectes attribuées à l’ancien acteur devenu président. Avec son slogan « Make America Great Again », Donald Trump semble vouloir détourner les États-Unis du reste du monde, jugé source de problèmes et sans intérêt pour la population américaine. Le nouveau président ne pourra cependant ignorer que ses décisions sont susceptibles de modifier le cours de l’histoire.

  • À Varsovie, l’UE a préparé la défense européenne de demain

    À Varsovie, l’UE a préparé la défense européenne de demain

    La réélection de Donald Trump et la guerre en Ukraine ont figuré en bonne place à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du Triangle de Weimar — la France, l’Allemagne et la Pologne — et de leurs homologues italien, britannique, ukrainien et espagnol, qui s’est tenu à Varsovie mardi 19 novembre.

    Le ministère allemand des Affaires étrangères a confirmé la présence des ministres des Affaires étrangères de la France et de l’Italie, ainsi que de la nouvelle Haut représentante de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, à la réunion.

    Les ministres des Affaires étrangères de l’Espagne et de la Grande-Bretagne ont participé à distance, selon une porte-parole.

    « Cette réunion est l’expression de la nécessité d’une coordination étroite entre les principaux partenaires en Europe », a-t-elle expliqué.

    Même si les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont réunis à Bruxelles lundi 18 novembre, le groupe restreint pour la réunion de mardi ont semblé conçu pour faciliter une discussion plus ciblée sans la présence des États membres de l’UE dont le soutien à l’Ukraine a été remis en question.

    « Ce qui est essentiel dans cette réunion, c’est l’absence de la Hongrie et de la Slovaquie, dont la rhétorique sur la Russie et l’Ukraine est complètement différente de celle des autres États européens », a déclaré à Euractiv Pologne Wawrzyniec Konarski, un expert en politique à l’université Vistula à Varsovie.

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán — proche allié de Donald Trump — a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu en Ukraine suivi de pourparlers de paix entre Kiev et Moscou, tandis que son homologue slovaque Robert Fico a mis en doute l’efficacité du soutien de l’Occident à l’Ukraine.

    Selon Wawrzyniec Konarski, comme Bratislava et Budapest n’ont pas été représentés, l’atmosphère des pourparlers a été moins tendue et plus propice à un consensus.

    La coalition anti-Trump de l’Europe ?

    Lorsqu’il prendra officiellement ses fonctions en tant que président, Donald Trump pourrait réduire la présence militaire des États-Unis en Europe et réévaluer son approche de l’OTAN.

    Au lendemain de la victoire du candidat républicain à la présidence des États-Unis, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait annoncé qu’il organiserait des entretiens avec Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique, le secrétaire général de l’OTAN et les dirigeants des États nordiques et baltes pour discuter de la coopération transatlantique et de la guerre en Ukraine.

    « Dans les prochains jours, nous coordonnerons de manière très intensive la coopération avec les États qui ont un point de vue très similaire sur la situation géopolitique et transatlantique et sur la situation en Ukraine »avait-t-il déclaré au début du mois de novembre.

    Selon Sébastien Maillard, conseiller spécial à l’Institut Jacques Delors, une telle coalition est nécessaire en Europe, « car il n’y a pas de chef de file clair qui puisse parler à Donald Trump au nom du bloc.»

    ©Stockadobe - OTAN/UE
    ©Stockadobe – OTAN/UE

    « [Emmanuel] Macron connaît [Donald] Trump depuis son premier mandat, mais il est politiquement faible et n’obtiendra pas le soutien des autres États membres à lui seul. D’où la nécessité d’une coalition », a-t-il justifié.

    De même, le chancelier allemand Olaf Scholz s’est retrouvé affaibli après la chute de son gouvernement plus tôt en novembre.

    Pendant ce temps, Donald Tusk s’est imposé comme la « tête d’affiche » de l’UE en matière de défense — avec plus de 4 % du PIB dépensés par la Pologne pour la défense en 2023.

    De son côté, la Première ministre italienne Giorgia Meloni est politiquement alignée avec Donald Trump.

    Néanmoins, les participants à la réunion de mardi ont minimisé la possibilité d’une coalition anti-Trump. La porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a modéré les attentes concernant l’émergence d’un nouveau format européen pour contrer Donald Trump, affirmant que la réunion de Varsovie « n’a pas besoin d’être étiquetée pour le moment ».

    Côté italien, Lorenzo Castellani, analyste politique et professeur à l’université Luiss Guido Carli à Rome, a également rejeté l’idée d’une coalition anti-Trump.

    « De tels fantasmes n’existent qu’à Bruxelles », a-t-il réagi, ajoutant que les Européens négocieront probablement sur les demandes de Donald Trump concernant les livraisons d’armes.

    Tensions avec la Russie

    Si les ministres des Affaires étrangères ont discuté du futur président américain, ils ont aussi évoqué la dernière manœuvre du président sortant, Joe Biden.

    Les relations entre la Russie et les États-Unis ont connu un regain de tension dimanche 17 novembre, après que l’administration de Joe Biden a autorisé l’Ukraine d’utiliser des armes fabriquées aux États-Unis pour frapper directement en Russie.

    Les participants à la conférence de Varsovie ont été divisés sur la question. Paris et Varsovie ont salué l’initiative de Joe Biden, et Londres pourrait bientôt autoriser l’utilisation de ses missiles Storm Shadow en territoire russe, suivant ainsi le précédent américain.

    En revanche, Berlin et Rome ne sont pas d’accord.

    « Il y a certaines limites pour le chancelier », a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand lundi. « Il ne veut pas que ces armes à longue portée soient livrées. Cette position ne changera pas ».

    En marge du Conseil des affaires étrangères de l’UE lundi, le vice-premier ministre et ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a également réitéré la position de l’Italie sur l’utilisation d’armes par l’Ukraine.

    « Notre position reste inchangée : les armes ne peuvent être utilisées que sur le territoire ukrainien », a-t-il soutenu.

    Pendant ce temps, à Moscou, la décision de Washington a été accueillie fraîchement.

    « Le président s’est exprimé sur cette question », a fait savoir dimanche la représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

    Le 12 septembre, Vladimir Poutine avait souligné qu’une éventuelle décision d’utiliser des armes de longue portée occidentales contre la Fédération de Russie ne représenterait « rien d’autre qu’une participation directe des États-Unis et d’autres pays de l’OTAN à la guerre en Ukraine ».

  • Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.11.2024

    Flash quotidien des expatriés – Édition du 20.11.2024

    Bonjour à toutes et à tous, nous sommes le mercredi 20 novembre et vous écoutez le flash quotidien des expatriés. Dans les titres de cette édition : Au Liban, des Français attendent toujours l’aide française – « l’Irresponsabilité budgétaire » en France – le G20 et le réchauffement climatique

    Pas de reconnaissance pour les victimes de l’explosion à Beyrouth

    Le 04 août 2020, deux incroyables explosions ont ravagé le port de Beyrouth. Cette catastrophe a fait plus de 250 morts, et occasionnée de nombreux blessés. Parmi eux, 50 Français. Dans un podcast sur Lesfrancais.press, une victime témoigne et s’indigne de l’absence de reconnaissance juridique de la catastrophe par la France. Sans cela, aucune démarche des autorités françaises ne pourrait être envisageable pour soutenir nos compatriotes ayant vécu cette tragédie au Liban. Toutefois le nouvel ambassadeur de France au Liban a été pris contact avec la déléguée interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV). Affaire que nous suivrons.

    Photo prise par un drone en 2020 ©AFP
    Photo prise par un drone en 2020 ©AFP

    Le Sénat face au Budget 2025

    C’est donc au tour du Sénat de se pencher sur le projet gouvernemental, expurgé des amendements des députés, afin de se prononcer à leur tour. Cette séquence a été ouverte ce 19 novembre par la remise des conclusions du rapport d’information du Sénat sur le dérapage du déficit public. Et il est sans appel, les gouvernements précédents ont travaillé avec un « sentiment général d’irresponsabilité et de déni collectif ». Selon le rapport de la mission d’information, c’est à nouveau l’idée d’un sérieux retard à l’allumage qui ressort. « Le gouvernement connaissait l’état critique des finances publiques dès décembre 2023, il aurait dû réagir vigoureusement et il ne l’a pas fait », commentent les sénateurs. Pour autant, ces derniers ont voté aujourd’hui la réduction de l’effort demandé aux collectivités locales. Pour rappel, ce sont les élus de ces organes régionaux, départementaux ou communaux qui constituent le corps électoral qui votent pour les Sénatoriales.

    Budget 2025 : baisse des budgets, hausse des contributions

    Lula appelle à relever les objectifs de l’accord de Paris

    Les chefs d’États et de gouvernements du G20 sont réunis à Rio depuis lundi et ont discuté en ce deuxième jour de sommet du développement durable et de la transition énergétique alors que la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan, semble dans l’impasse sur les questions de financement. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a exhorté mardi les dirigeants du G20, lors de leur sommet annuel à Rio de Janeiro, au Brésil, à revoir à la hausse leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le changement climatique. Les négociations sur le climat de la COP30 des Nations unies, que le Brésil doit accueillir l’année prochaine dans la région de la forêt amazonienne, constituent la dernière chance pour le monde d’enrayer un changement climatique irréversible, a ajouté le président brésilien.

    Le G20 sous pression en sommet à Rio
    Le G20 sous pression en sommet à Rio

    C’est ainsi que se termine ce flash quotidien des expatriés. Belle journée à toutes et à tous où que vous soyez !

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