Écouter le podcast de Mathieu Hutin
Au lendemain du renouvellement partiel du Palais du Luxembourg et de son élection à la présidence de la Commission des affaires européennes, le sénateur Ronan Le Gleut s’est exprimé au micro de Lesfrancais.press. Au cours de ce podcast, le parlementaire LR aborde sans détour les turbulences politiques actuelles, la place stratégique de l’Europe, ainsi que les défis du budget de l’État. Il évoque aussi les attentes fortes de la communauté expatriée à la veille des prochaines échéances présidentielles.
Crise sociale et équilibres sénatoriaux
Revenant sur les tensions qui secouent le pays, le sénateur a d’emblée souligné l’ampleur de la situation et son retentissement international : « La crise est profonde. Et vous savez, les images de dégradation, de heurts, de violences, de cases, de pillages qu’ont connues la France, elles ont fait le tour du monde. » Pour tenter de ramener la sérénité et d’apporter une réponse ferme, la Haute Assemblée a pris des mesures concrètes. Ronan Le Gleut rappelle ainsi : « le Sénat vient d’adopter la loi casseur-payeur en renforçant considérablement l’appareil législatif pour permettre justement que ceux qui cassent payent. »
« Le combat de ma vie consiste à faire en sorte que les Français qui vivent à l’étranger ne soient pas considérés comme des Français à part, mais comme des Français à part entière. »
Ronan Le Gleut, sénateur LR des Français de l’étranger
Sur le plan politique, les dernières élections n’ont pas fondamentalement bouleversé l’institution. La majorité sénatoriale reste solidement structurée autour du groupe Les Républicains (124 sénateurs sur 348) et du groupe Union centriste et indépendant, malgré l’arrivée notée de 15 sénateurs du Rassemblement National et d’un sénateur de La France Insoumise.
La valorisation de l’expérience internationale au cœur de son engagement
Élu à la tête d’une commission clé 33 ans après la dernière présidence issue des Français de l’étranger, Ronan Le Gleut souhaite mettre son mandat au service d’un principe fondamental : « Ceux qui, parmi vos auditeurs ou vos lecteurs, ont déjà eu l’occasion de m’entendre en interview, savent que le combat de ma vie consiste à faire en sorte que les Français qui vivent à l’étranger ne soient pas considérés comme des Français à part, mais comme des Français à part entière. »
Ainsi, il déplore notamment le manque d’ouverture auquel se heurtent les expatriés lors de leur retour au pays : « Quand vous êtes un Français à l’étranger, vous allez parfois être confronté à l’apprentissage d’une langue étrangère, à la maîtrise de travailler dans une entreprise avec un canevas ouvert à l’international, avec d’autres éléments culturels. Vous allez acquérir une expérience extraordinaire. Et en fait, quand vous rentrez en France fort de cette expérience extraordinaire, les entreprises ont souvent du mal à valoriser cette expérience à l’international. »
Pour étendre l’action du Sénat aux quatre coins du globe, le président compte s’appuyer sur le réseau diplomatique de l’Union européenne, fort de 145 délégations. Il observe d’ailleurs avec fierté : « Si vous prenez tous les ambassadeurs de l’UE, c‘est la nationalité française qui arrive en numéro 1. »
Inquiétudes sur le budget et déception face au projet de loi abandonné
Alors que s’ouvre l’examen du projet de loi de finances, Ronan Le Gleut alerte sur les incertitudes entourant l’adoption du budget par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Si les crédits alloués au programme 151 affichent une hausse apparente de 9 %, l’analyse détaillée nuance ce chiffre. La hausse s’explique principalement par l’organisation matérielle des scrutins à venir : 7,3 millions d’euros prévus pour la présidentielle et 10,4 millions d’euros anticipés pour d’éventuelles législatives.
« Vous savez que la ministre en charge des Français de l’étranger avait préparé un texte avec un certain nombre d’avancées que nous réclamions depuis longtemps. Et là, rien. Je crois que ce mot résume le bilan de la ministre. »
Ronan Le Gleut, sénateur LR des Français de l’étranger
Cette situation budgétaire instable fait peser un risque réel. Un recours à une loi spéciale priverait les Français de l’étranger des augmentations prévues pour le tissu associatif et l’action consulaire. À cela s’ajoute le regret suscité par l’annonce de la ministre déléguée, confirmant l’absence d’inscription à l’ordre du jour du projet de loi dédié aux Français de l’étranger. Le sénateur résume son sentiment d’une formule incisive : « Quelle déception ! Évidemment, c’est un renoncement. Vous savez que le ministre en charge des Français de l’étranger avait préparé un texte avec un certain nombre d’avancées que nous réclamions depuis longtemps. Et là, rien. Je crois que ce mot résume le bilan de la ministre. »
Échéances présidentielles : l’enjeu capital des Français de l’étranger
Sollicité par Bruno Retailleau pour alimenter son programme présidentiel sur le volet de nos compatriotes établis hors de France, Ronan Le Gleut poussera, entre autres, les mesures suivantes :
Création de la résidence d’attache pour alléger une fiscalité jugée confiscatoire sur l’immobilier des expatriés ;
Pérennisation d’un fonds d’urgence pour faire face aux catastrophes naturelles ou crises politiques majeures (sur le modèle du fonds SOS COVID-19) ;
Réforme de la CSG-CRDS et renforcement de la diplomatie d’influence.
Avec environ 1,7 million d’électeurs à l’étranger, le consulat de Genève comptant par exemple autant de bureaux de vote qu’une grande métropole comme Lille, cet électorat constitue une force déterminante. Ronan Le Gleut plaide d’ailleurs pour l’organisation d’un grand débat entre candidats lors de la session de mars 2027 de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger). Une tribune indispensable selon lui pour que chaque postulant démontre sa vision du rayonnement de la France et la place accordée à nos ressortissants vivant en dehors des frontières nationales.







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