Élections consulaires 2026 : Marie-Ange Rousselot, candidate à Genève pour représenter les Français de Suisse romande

Élections consulaires 2026 : Marie-Ange Rousselot, candidate à Genève pour représenter les Français de Suisse romande

Dans le cadre des interviews Lesfrancais.press sur les élections consulaires organisées pour les Français de l’étranger à travers le monde, nous prenons aujourd’hui la direction de Genève pour interroger Marie-Ange Rousselot, tête de liste « Unis ! au service des Français de Suisse romande ». Ancienne députée Renaissance des Français de Suisse et du Liechtenstein, elle nous partage sa vision du rôle de conseiller des Français de l’étranger et ses priorités. Entre la reconnaissance des diplômes, la fiscalité transfrontalière ou bien encore l’accès à l’enseignement français, elle détaille ainsi son engagement pour les quelques 140 000 Français installés en Suisse romande. Elle plaide également pour une meilleure compréhension de leurs réalités par les institutions françaises. Entretien Lesfrancais.press.

A quoi servent les élections consulaires ?

Lesfrancais.press : « Que représentent pour vous les élections consulaires et qu’est-ce qui vous distingue des autres candidatures ? »

Marie-Ange Rousselot : « Trop peu de Français de l’étranger le savent : la France leur offre une représentation démocratique unique au monde, du niveau local jusqu’au Parlement. J’ai choisi de me présenter car cette communauté, je la vis de l’intérieur depuis que ma famille s’est installée à Genève en 1998. Ancienne collaboratrice parlementaire, cheffe d’entreprise, maman de deux jeunes enfants, militante au sein de Renaissance, et pendant un an, députée des Français de Suisse et du Liechtenstein, j’ai appris à connaître les réalités de nos compatriotes à l’étranger sous tous les angles. C’est cette expérience transversale que je veux désormais mettre au service de mes concitoyens de Suisse romande. »

Lesfrancais.press : « Certains critiquent l’utilité même des conseillers des Français de l’étranger, jugés peu visibles et peu influents. Que répondez-vous à ceux qui estiment que ce mandat est inefficace ? »

Marie-Ange Rousselot : « Un conseil consulaire ne décide de rien, c’est vrai. Il émet des recommandations, est consulté par les autorités et auditionne le gouvernement au sein de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). Mais l’influence ne se résume pas au pouvoir de décision, et ce mandat en a bien plus qu’on ne le croit. De mon point de vue, il y a trois dimensions dans le mandat d’un conseiller des Français de l’étranger :  Il a d’abord une dimension humaine et locale : statuer sur les aides sociales, les bourses, les subventions aux associations, accompagner un compatriote en difficulté, alerter le consul sur des réalités que ses services ne perçoivent pas toujours. C’est un travail de terrain, discret mais concret.

« Cette voix, portée avec méthode et sérieux, peut peser significativement sur les politiques publiques. »

Il a ensuite une dimension politique, que certains voudraient artificiellement gommer : le conseiller est grand électeur des sénateurs des Français de l’étranger : il donnera sa voix à un parlementaire qui votera pour ou contre un budget. Il contribue donc directement à la composition du Parlement. C’est une responsabilité majeure, et c’est pourquoi je revendique une identité politique assumée, de centre et centre-droit, avec Renaissance et Horizons. Si je suis élue, je voterai pour un sénateur dont le projet s’aligne avec mes convictions : État de droit et libertés fondamentales, projet européen, libéralisme économique, rigueur budgétaire et lutte contre le déficit public, progressisme sociétal, multilatéralisme et défense du droit international.

Il a enfin une dimension de plaidoyer : le conseiller un relais essentiel pour le consulat, l’ambassade, les élus nationaux, les ministres et l’administration pour connaître la réalité du terrain. Il est la voix de sa communauté qu’il connaît mieux que personne. Cette voix, portée avec méthode et sérieux, peut peser significativement sur les politiques publiques. C’est là, à mon sens, que réside le vrai potentiel inexploité de ce mandat. »

Quelles propositions pour les expatriés ?

Lesfrancais.press : « Quelles sont alors vos deux ou trois priorités principales pour les Françaises et Français de votre circonscription ? »

Marie-Ange Rousselot : « Vivre en Suisse romande, pour beaucoup de Français qui s’installent, cela ressemble beaucoup à vivre en France. Le contexte local donne souvent cette illusion de la familiarité, la langue, la culture, la frontière toute proche. Mais derrière cette proximité se cachent deux systèmes profondément différents. En tant que binationale installée ici depuis 1998, je le mesure chaque jour. Faciliter la vie des Français qui s’y installent et qui y vivent, c’est le fil conducteur de mes trois priorités.

Affiche -liste Unis au service des Français de Suisse romande

Ma première priorité est la correspondance des diplômes. Il faut continuer à défendre le baccalauréat en Suisse et, dans l’autre sens, mieux faire reconnaître la maturité helvétique auprès des universités françaises et de Parcoursup. Ce travail de pont entre deux systèmes est indispensable pour les familles en mobilité.

Je reprendrai également le combat pour lutter contre les doubles impositions en matière de succession. Depuis la dénonciation de la convention bilatérale par François Hollande en 2014, ce sujet est source d’angoisse réelle pour beaucoup de nos compatriotes. Bien que ce sujet soit diplomatique, il faut continuer d’alerter nos gouvernements sur les situations profondément iniques qui peuvent survenir, notamment quand les familles subissent la douleur d’un deuil.

Ma troisième priorité est l’élargissement de l’accès à l’enseignement français en Suisse romande. Bien que nous soyons dans un environnement francophone, les différences du système suisse n’en font pas toujours un recours idéal pour les familles. Face à cela, malgré 140 000 Français inscrits en Suisse romande, le réseau AEFE n’y compte que deux établissements, saturés. Aussi il me semble essentiel d’élargir cette offre, et à ce titre, je salue l’intégration en cours des établissements d’une dizaine d’écoles privées suisses, qui ont une filière bac, au sein du réseau. Il faut poursuivre cette dynamique, qui bénéficiera tant à la communauté française qu’à l’excellence du réseau de l’AEFE. »

Lesfrancais.press : « La France, ses institutions et son administration vous semblent-elles bien appréhender la réalité vécue aujourd’hui par les Français de l’étranger ? »

Marie-Ange Rousselot : « Malheureusement, mon expérience me démontre que l’administration et les institutions françaises restent encore trop peu conscientes de la réalité que nous vivons à l’étranger.

Il faut continuer de lutter contre les stéréotypes. Non, les Français de l’étranger ne sont pas des exilés fiscaux ou des privilégiés qui auraient tourné le dos à leur pays. Nous participons pleinement aux systèmes de nos pays de résidence, nous y payons des impôts, nous en dépendons en termes de solidarité et de service public. Je constate au contraire, parmi mes compatriotes de Suisse romande, un grand attachement à la France et une vraie préoccupation pour son avenir. Notre voix est légitime et elle est singulière, car elle est nourrie des cultures des pays qui nous accueillent.

« Non, les Français de l'étranger ne sont pas des exilés fiscaux ou des privilégiés qui auraient tourné le dos à leur pays. »

Il reste beaucoup de pédagogie à faire, et c’est précisément le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger que de rappeler à nos dirigeants et nos élus les réalités du terrain. Je pense par exemple à un amendement défendu par un député de la droite républicaine lors du budget 2025, qui proposait que les certificats de vie des retraités soient impérativement établis au consulat. Dans une circonscription comme la nôtre, qui compte plus de 200 000 âmes, c’est tout simplement irréaliste au regard des capacités de nos services consulaires. Ce type d’initiative illustre bien à quel point la méconnaissance de nos réalités peut conduire à des propositions contre-productives. »

Comment éviter une forte abstention ?

Lesfrancais.press : « Malgré la possibilité de voter par internet pour les élections consulaires, l’abstention reste très élevée. Est-ce selon vous un problème d’information, de confiance… Ou un désintérêt pour ces élections ? Quelles actions concrètes envisagez-vous pour changer cette situation dans votre circonscription ? »

Marie-Ange Rousselot : « L’abstention est d’abord un problème structurel en France, grandement lié à la perte de confiance des Français dans leurs responsables politiques. Pour autant, le cas des élections consulaires est particulier. 2026 ce sera seulement la 3ème élection à travers laquelle les Français de l’étranger éliront leurs élus consulaires dans les conditions et avec les compétences qui sont les leurs depuis la loi de juillet 2013. Cette relative nouveauté explique grandement le manque de notoriété du scrutin.

Photo d'illustration de Françaises et Français qui discutent des élections consulaires
Photo d'illustration de Françaises et Français qui discutent des élections consulaires

De surcroît, le flou autour des compétences réelles de ces élus et de leur fonction, qui étaient auparavant nommées « conseillers consulaires » et associé à tort au personnel consulaire n’aide pas à faire connaître les enjeux de ces élections. C’est pourquoi cette période de campagne est importante. Je salue les efforts de communication du ministère autour de ces élections et remercie les médias spécialisés comme Lesfrancais.press de s’intéresser à ce scrutin et de relayer la parole des candidats qui partout font vivre le débat démocratique.

Si les Français de Suisse romande m’élisent comme conseillère des Français de l’étranger, j’irai régulièrement à leur rencontre pour faire connaître ce rôle. La pédagogie et la communication seront des aspects fondamentaux de mon mandat. Au-delà des initiatives individuelles comme la mise en place d’un site internet et de communication régulière via les réseaux sociaux et la liste électorale consulaire, il s’agira aussi de s’appuyer sur les acteurs locaux existants, encore trop souvent peu coordonnés entre eux. De nombreuses associations françaises, acteurs économiques ou éducatifs sont encore trop peu au fait de l’actualité consulaire. Il y a un vrai travail de coordination et d’accessibilité de l’information qui peut être effectué grâce à plus de transparence et de communication. »

Liste Unis ! au service des Français de Suisse romande – Circonscription de Genève, site internet ici

Pour les élections consulaires concernant les Français de la circonscription de Genève en Suisse 9 Conseillers des Français de l’étranger sont à élire et 12 délégués consulaires. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai (12h heure de Paris) par Internet, et le 31 mai à l’urne.

Neuf listes ont été déposées : (cliquez ici )

  • « Unis ! au service des Français de Suisse romande » menée par Marie Ange ROUSSELOT
  • « Bien vivre en Suisse romande » conduite par Halima DELIMI
  • « La France au Cœur – Liste conduite par Linda CHEVALIER »
  • « LA DROITE UNIE – Françaises et Français de Suisse » de Philippe TISSOT
  • « Construire Ensemble » de Nicolas LANG
  • « LIBRES ET INDÉPENDANTS : une équipe issue des réseaux économiques, culturels et associatifs, engagée pour défendre les intérêts des Français de Suisse indépendamment des partis politiques » avec Josiane TISTOUNET
  • « Romandie Insoumise » menée par Julie SALUMU
  • « Les Écologistes et Place publique » conduite par Lalla-Ilham CHAHDI
  • « ASFE – Agir pour tous les Français de Suisse » avec Edouard BARATIN

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