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Diplomatie d’influence et récits de la France à l’étranger : la mission de Frédéric Petit

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Diplomatie d’influence et récits de la France à l’étranger : la mission de Frédéric Petit

Le Premier ministre a récemment confié une mission temporaire à Frédéric Petit, député MoDem de la 7ème circonscription des Français établis hors de France. L’intitulé de cet exercice est « la promotion des récits et de la présence de la France à l’étranger ». Reçu au micro Lesfrancais.press, notre invité revient sur les enjeux de cette mission d’information et d’action, au cœur des tensions géopolitiques contemporaines et des guerres d’influence.

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Diplomatie d’influence et récits de la France à l’étranger : la mission de Frédéric Petit

Podcast Lesfrancais.press

Une mission temporaire au plus près de l’exécutif

Travaillant pour une durée maximale de six mois à cette mission gouvernementale, Frédéric Petit conserve son mandat tout en travaillant de manière rapprochée avec les services de l’État et le réseau diplomatique.

« Je n’aime pas ce mot soft power, parce que je crois qu’en ce moment, ça n’a rien de soft. »

Frédéric Petit, député des Français de l’étranger – Allemagne, Europe centrale et Balkans

Interrogé sur le cadre juridique et pratique de cette fonction, le député précise l’articulation de son travail : « C’est une mission qui me rapproche, je dirais, de l’exécutif, mais qui, tant qu’elle est inférieure à six mois, me permet de garder mon mandat. » Cette configuration lui offre ainsi la possibilité d’expérimenter directement sur le terrain et de tester des démarches pilotes, notamment auprès des ambassades et des acteurs locaux.

De la diplomatie d’influence à la « guerre cognitive »

Au cœur de la réflexion de notre invité se trouve l’évolution des affrontements internationaux. Loin d’une simple vision théorique, l’action culturelle et sociétale est désormais un terrain de confrontation directe.

Frédéric Petit, député MoDem des Français d'Allemagne, Europe centrale et Balkans
Frédéric Petit, député MoDem des Français d’Allemagne, Europe centrale et Balkans

Alors que la diplomatie d’influence a longtemps été reléguée au second plan, Frédéric Petit souligne un changement de paradigme radical. « Cette diplomatie civile, quand je suis arrivé, était parfois considérée par certains dans les ambassades comme la diplomatie du dessert » et il poursuit « du fait de la transformation de la guerre, plus guerre cognitive, une guerre de la vérité, une guerre de la culture, ces sujets redeviennent de plus en plus importants », notamment face aux manipulations possibles.

Questionné sur le terme de soft power, le parlementaire rejette cette appellation qu’il juge inadaptée face à la brutalité des attaques numériques et informationnelles actuelles : « Oui, je n’aime pas ce mot soft power, parce que je crois qu’en ce moment, ça n’a rien de soft».

Promouvoir la « diplomatie des sociétés civiles » et faire entendre les récits

Pour faire face à ces menaces, le député préconise une mobilisation globale de tous les acteurs français implantés à l’étranger : entreprises, réseaux éducatifs, chercheurs, associations et bénévoles. Selon Frédéric Petit, la réponse de la France ne doit pas se limiter à une communication institutionnelle rigide ou descendante.

« Je vais essayer d’expliquer comment toute la France aurait à gagner au fait qu’ils (Les Français de l’étranger) deviennent beaucoup plus visibles. »

Frédéric Petit, député des Français de l’étranger – Allemagne, Europe centrale et Balkans

L’État doit donc fournir des outils de riposte (comme le compte gouvernemental French Riposte), mais le récit de la France appartient avant tout à la société civile. « Ce que je vais apporter, c’est que ces récits, et l’ensemble de cette diplomatie d’ailleurs, de cette diplomatie des sociétés civiles, elle n’appartient pas au gouvernement », affirme-t-il. L’objectif est de redonner de la visibilité aux actions concrètes menées sur le terrain.

L’Ukraine et les confins de l’Europe comme terrain d’expérimentation

Le calendrier de la mission est serré, avec une remise de rapport prévue au Premier ministre d’ici le 31 janvier. Durant cette période, Frédéric Petit concentrera une grande partie de ses déplacements sur le terrain ukrainien et aux marges de l’Europe.

Frédéric Petit, député MoDem de la 7ᵉ circonscription des Français établis hors de France lors d'un déplacement en Ukraine
Frédéric Petit, député MoDem de la 7ᵉ circonscription des Français établis hors de France lors d’un déplacement en Ukraine

« Jusqu’au 31 janvier, je vais être absorbé par ça avec pas mal de missions en Ukraine, parce que je pense que l’Ukraine est un bon sujet, non seulement parce que je le connais bien, mais aussi parce qu’on est dans une multiplicité de présences françaises qui est passionnante », explique-t-il, citant la coopération éducative, le tissu entrepreneurial, les jumelages territoriaux et le travail des associations humanitaires.

Impliquer les Français de l’étranger et peser sur le débat national

Les expatriés, souvent moteurs de cette présence française, seront directement associés aux réflexions menées tout au long de la mission.

Donner de la voix aux acteurs du terrain

« Je considère que le vrai adversaire du démocrate en ce moment, c’est le blabla-crate. »

Frédéric Petit, député des Français de l’étranger – Allemagne, Europe centrale et Balkans

Notre invité entend ainsi s’appuyer sur le maillage local, qu’il s’agisse des collectivités, des universités ou des médias des Français de l’étranger : « Ils sont un peu oubliés, donc je vais rappeler qu’ils sont une très très grande partie de la présence française à l’étranger et ils sont peu visibles. Je vais essayer d’expliquer comment toute la France aurait à gagner au fait qu’ils deviennent beaucoup plus visibles. »

Inscrire la présence internationale au cœur de la présidentielle

Alors que les échéances politiques majeures approchent, le député espère que ses conclusions permettront d’élever le niveau des échanges collectifs et d’éviter les pièges de la désinformation ou de la recherche constante du buzz, notamment dans le cadre de la campagne pour les élections présidentielles.

Il met ainsi en garde contre les dérives du débat public moderne : «, je considère que le vrai adversaire du démocrate en ce moment, c’est le blabla-crate. » L’enjeu de son travail sera d’imposer les sujets de fond, de la présence internationale, à la souveraineté européenne, en passant par la place de nos compatriotes établis hors de France au cœur des futures échéances électorales.

Auteur/Autrice

  • Mathieu Hutin est basé entre la France et la Suisse. En plus des articles et podcasts pour Lesfrancais.press, il est rédacteur en chef de la radio H20 en Savoie.

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