Élu au cours de la 45ème session plénière à la présidence de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), Baptiste Heintz veut faire de l’institution un interlocuteur davantage écouté par le gouvernement et le Parlement. Élu consulaire de Côte d’Ivoire, engagé à gauche et membre de Français du monde-ADFE, notre invité plaide aussi pour une AFE plus ouverte aux associations et aux acteurs de la communauté française à l’étranger.
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Baptiste Heintz, nouveau président de l’AFE : « une assemblée au cœur de l’écosystème Français de l’étranger. »
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Mieux faire entendre les réalités des Français de l’étranger
La nouvelle mandature de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) s’ouvre avec un nouveau président. Baptiste Heintz a été élu le 12 octobre 2026, lors de la 45ème session plénière, avec 59 voix. Conseiller élu pour la circonscription d’Afrique occidentale et installé en Côte d’Ivoire, il succède à Hélène Degryse à la tête de cette instance consultative représentant les Français établis hors de France.
« On m’a désigné pour organiser le travail, on ne m’a pas désigné pour décider à la place des autres. »
Baptiste Heintz, président de l’AFE
Membre de l’association Français du monde–ADFE, marqué à gauche, Baptiste Heintz présidait le groupe « Écologie & Solidarité » lors de la précédente mandature. Dans cet entretien accordé à Lesfrancais.press, il revient sur sa prise de fonction, sa méthode et les chantiers qu’il souhaite porter. Sa priorité est celle de donner davantage de poids à l’AFE et mieux faire entendre les réalités des Français de l’étranger.
Quelle méthode de travail ?
Prendre la présidence de l’AFE, c’est d’abord mesurer le mandat confié par ses collègues. Au moment de monter à la tribune, Baptiste Heintz dit avoir ressenti à la fois la responsabilité de la fonction et la confiance accordée par les élus. « J’ai été traversé par le sentiment de responsabilité et de la confiance que m’ont accordé cette très large majorité des collègues de cette Assemblée et j’en retire un plaisir et un honneur de les représenter et d’animer cette instance en leur nom » dit-il à notre micro.

Pour le nouveau président de l’AFE, cette responsabilité ne signifie pas décider seul. Il entend organiser le travail collectif, en associant les différents groupes aux échanges et aux décisions. « Je vais être le plus collégial possible. » Il résume ainsi la place qu’il souhaite occuper : « On m’a désigné pour organiser le travail, on ne m’a pas désigné pour décider à la place des autres. »
Cette volonté de dialogue intervient alors qu’un groupe, « Solidarité et Indépendant », proche de l’ASFE, a choisi de ne pas participer aux votes du président et des vice-présidents. Ses membres estiment que le règlement n’a pas été respecté dans la répartition des postes. Interrogé sur cette situation, Baptiste Heintz évoque le jeu politique et affirme que leur place reste entière dans les travaux de l’Assemblée.
L’AFE, une instance consultative au cœur de la représentation des Français de l’étranger
L’Assemblée des Français de l’étranger est l’une des instances de représentation des Français établis hors de France. Elle réunit 90 conseillers, élus pour six ans au suffrage indirect par les conseillers des Français de l’étranger. Elle n’est pas une assemblée parlementaire et ne vote pas la loi. Sa mission est consultative : elle peut être saisie par les pouvoirs publics, produire des avis et des recommandations, et adopter des résolutions sur les sujets qui concernent les Français de l’étranger.
« J’aimerais que cette Assemblée soit vraiment le cœur de l’écosystème Français de l’étranger. »
Baptiste Heintz, président de l’AFE
Ses travaux touchent à des enjeux concrets : enseignement français à l’étranger, protection sociale, fiscalité des non-résidents, accès aux services consulaires ou sécurité des communautés. Ils permettent aux élus venus de pays et de régions très différents de confronter leurs expériences, de signaler des difficultés et de soumettre des propositions aux pouvoirs publics. C’est précisément le rôle de relais que Baptiste Heintz souhaite renforcer. Il espère que l’AFE sera davantage écoutée et associée par le gouvernement, le Parlement et le Conseil économique, social et environnemental. « J’aimerais que cette Assemblée soit vraiment le coeur de l’écosystème français de l’étranger. »
À ses yeux, cet « écosystème » ne se limite pas aux élus. Il inclut les associations représentatives, les associations de parents d’élèves, les chambres de commerce, les conseillers du commerce extérieur et les organisations qui portent les préoccupations des Français vivants hors de France. Le président souhaite les associer plus activement aux consultations et aux travaux de l’AFE, y compris en dehors des sessions plénières.

« Toutes ces structures sont légitimes, elles sont pertinentes sur leur domaine et j’aimerais vraiment que l’Assemblée des Français de l’étranger soit le rendez-vous de cet écosystème », explique-t-il. Cette ouverture pourrait, selon lui, permettre de mieux faire remonter les besoins du terrain et de nourrir les propositions adressées aux institutions nationales.
Les Français de l’étranger, un sujet pour l’élection présidentielle de 2027 ?
Au cours de cette interview, notre invité tient aussi à rappeler le poids des Français de l’étranger dans la vie nationale, au-delà de leur éloignement géographique. « Les Français et l’étranger, c’est quand même 2 à 3 millions de nos compatriotes qui contribuent activement au rayonnement, à l’attractivité et même à la santé économique et culturelle du pays. » Dans ces conditions, le sujet ne peut être considéré comme secondaire, insiste-t-il.
« Les Français et l’étranger (…) contribuent activement au rayonnement, à l’attractivité et même à la santé économique et culturelle du pays »
Baptiste Heintz, président de l’Assemblée des Français de l’étranger
La prochaine élection présidentielle pourrait fournir une occasion de remettre ces enjeux dans le débat public. Baptiste Heintz appelle les élus de l’AFE, quels que soient leurs partis, à solliciter les candidats et à faire inscrire les préoccupations des Français de l’étranger dans leurs programmes. Il se dit également ouvert à l’organisation d’un débat présidentiel consacré à ces questions, éventuellement à l’occasion de la prochaine session de l’Assemblée, annoncée en mars 2027.

Pour le président de l’AFE, un tel échange ne devrait pas se limiter à une discussion devant les 90 élus et les représentants associatifs présents. Il serait important que les Français de l’étranger puissent eux aussi y accéder. « J’imagine un débat qui serait relayé en ligne. Ce serait vraiment important », déclare-t-il.
Baptiste Heintz se dit prêt à faciliter l’organisation d’un débat entre les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants, tout en rappelant qu’il ne peut pas le décider seul. Il compte sur les groupes et les élus pour prendre aussi l’initiative et mobiliser leurs relais politiques. « Je suis tout à fait ouvert à cette idée-là (…) Je ne peux pas la porter tout seul. »
Faire de l’AFE un lieu de dialogue avec les associations et les institutions, obtenir une meilleure écoute des pouvoirs publics et faire avancer concretement les dossiers concernant les Français de l’étranger : les ambitions affichées par le nouveau président sont nombreuses. Reste une question centrale pour la mandature, comme pour celles qui l’ont précédée : quelle suite le gouvernement, le Parlement et l’administration donneront-ils aux avis et recommandations adoptés par les élus ? C’est aussi à l’aune de leur capacité à transformer ces propositions en décisions concrètes que se mesurera l’influence de la nouvelle AFE.







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