À l’occasion de la 45ème session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), une nouvelle équipe a pris ses fonctions. Réunis cette semaine à Paris, les 90 élus, renouvelés en juin dernier, ont notamment constitué les différents groupes politiques et ont élu leur nouveau président
Quels sont les nouveaux groupes politiques à AFE ?
Pour défendre leurs idées et peser sur les prochaines décisions politiques, les conseillères et conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) rejoignent un groupe politique selon leurs sensibilités. Lors de cette 45ème session plénière, la première depuis le renouvellement électoral de juin dernier, les 90 élus ont donc constitué ces groupes, qui structureront les travaux de la nouvelle mandature.
À l’issue de cette première journée de session plénière, 5 groupes ont donc été constitués :
⁃ Les progressistes écologistes et solidaires présidé par Anju Chazot (Inde) avec 36 élus
⁃ Solidaires et indépendants présidé par Annie Rea (Italie) qui regroupe 18 élus
⁃ Défense des Français d’ici et d’ailleurs avec Olivier Piton (Etats-Unis) composé de 12 élus
⁃ Les indépendants présidés par Céline Pozzobon avec 10 élus
⁃ Alliance des libéraux, indépendants et centristes de l’étranger (Alice) présidé par Stéphanie Le Vaillant Vignacour regroupant 10 élus
⁃ Et 4 non inscrits
Les positons des groupes de l’AFE
Les présidentes et présidents de chaque groupe politique ont pu s’exprimer devant les autres élus.
Au nom du groupe « Les progressistes écologistes et solidaires », (réunissant notamment les élus PS, PRG, place publique, les écologistes, LFI) Anju Chazot a invité ses collègues à « travailler avec (nos) têtes mais aussi avec (nos) cœurs », évoquant également son parcours personnel. Elle a par ailleurs souhaité promouvoir l’accès à l’apprentissage du français, déclarant : « je suis un exemple vivant de quelqu’un qui a appris le français dans un institut ».
Annie Réa, présidente du groupe « Solidaires et indépendants », proche de l’ASFE, a souligné la continuité avec la mandature précédente, son groupe conserve notamment son nom et travaille déjà depuis plusieurs semaines, sans attendre le dernier moment. À la tribune elle souhaite notamment que sa formation soit « un moteur dans une gouvernance ambitieuse » de l’AFE.

Pour Olivier Piton, président du groupe « Défense des Français d’ici et d’ailleurs » (proche des LR) a souligné que son groupe était notamment composé d’élus établis dans des pays, comme Israel le Liban. Qu’ils seront ainsi « proches du réel« , avec comme objectif « de ne jamais oublier la défense des Français de l’Étranger« .
Céline Pozzobon s’est, quant à elle, exprimée au nom du groupe des indépendants qu’elle préside. Elle entend avec ses collègues « faire rayonner encore plus haut les millions de Français établis de France« , tout en « n’avançant qu’avec une seule boussole, l’indépendance. »
Enfin, pour » l’Alliance des libéraux, indépendants et centristes de l’étranger » (Alice) présidé par Stéphanie Le Vaillant Vignacour, son groupe souhaite « être un trait d’union entre la gauche et la droite modérée« , tout en énonçant ses priorités allant de la « réforme de l’AEFE à la pérennisation de la CFE en passant par l’organisation du vote électronique le plus fiable possible », tout en souhaitant faire « preuve de pragmatisme ». Des directions qui ont aussi été partagées par l’ensemble des groupes politiques.
Baptiste Heintz nouveau président de l’AFE
Le point d’orgue de cette première journée était l’élection du président de l’AFE. Pour parvenir à un accord, des négociations ont été nécessaires. Fort de ses 38 membres, le groupe « Progressistes, écologistes et solidaires » (gauche) disposait d’une majorité. Mais le groupe « Solidaires et indépendants » (Asfe), deuxième en nombre d’élus avec 18 membres, souhaitait lui aussi, légitimement, accéder à certaines responsabilités.
Face à cette situation, Annie Réa a pris la parole en séance plénière pour dénoncer un accord qui, selon elle, écarte son groupe, portant 2ème en nombre, alors que le règlement intérieur prévoit le respect de la représentativité.
Son groupe a donc décidé de quitter la salle et de ne pas prendre part au vote pour la présidence de l’AFE. Après des discussions, le scrutin a finalement eu lieu. Trois candidats se sont présentés à l’élection de la présidence de l’AFE : Christophe Lejeune, Baptiste Heintz, candidat des Progressistes écologistes et solidaires, et Sophie Lartilleux Suberville, candidate d’Alice.
Mais il a fallu attendre plus de deux heures avant de passer au vote à bulletin secret. L’administration n’avait pas anticipé le départ de la doyenne qui présidait l’AFE jusqu’à l’élection de sa nouvelle présidence. Elle a en effet quitté la salle, puisqu’elle faisait partie du groupe « Solidaires et indépendants.

Restait une question : qui allait la remplacer ? Du côté de l’administration, personne ne semblait avoir de réponse claire. Finalement, après moult discussions, la doyenne a été remplacée par Françoise Conestabile, deuxième membre la plus âgée. CQFD ! Le vote pouvait donc commencer. Mais dans ce contexte, quelques instants, avant le début du scrutin, Christophe Lejeune a décidé de retirer sa candidature, sans doute pour accélérer la procédure. Au regard du nombre de votants et de la répartition des groupes, sa chance d’accéder à la présidence, de l’AFE était faible.
Après de longues tractations, le scrutin a finalement rendu son verdict. Avec 59 voix contre 11 voix à Sophie Lartilleux Suberville, c’est sans surprise que Baptiste Heintz a été élu président de l’AFE. Élu consulaire en Côte d’Ivoire, il présidait le groupe Écologie & Solidarité lors de la précédente mandature. Homme de gauche, il a déjà su concilier ses convictions avec la recherche d’un équilibre au sein de l’Assemblée. Après une première journée mouvementée, celle-ci devra retrouver la sérénité nécessaire à la conduite de ses travaux. Au résultat du vote le nouveau président nous a d’ailleurs confiés : » Une majorité nette s’est dégagée mais je garde à cœur de tendre la main à tous les groupes de l’AFE. Si je comprends la frustration de certaines personnes, j’ai confiance en notre intelligence collective pour retrouver rapidement les voix du dialogue«







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