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  • Arabie saoudite : Une grenade lors de la cérémonie du 11 novembre, organisée par la France.

    Arabie saoudite : Une grenade lors de la cérémonie du 11 novembre, organisée par la France.

    Une grenade a été jetée lors d’une cérémonie commémorative du 11-Novembre à laquelle participaient le Consul général de France et des expatriés français. D’autres pays étaient présents comme le Royaume-Uni, l’Italie, et la Grèce à travers leurs Consuls.

    La cérémonie annuelle commémorant la fin de la Première Guerre mondiale au cimetière non musulman de Jeddah, associant plusieurs consulats généraux dont le consulat de France, a été la cible d’une attaque à l’engin explosif ce matin, qui a causé plusieurs blessés»

    Communiqué du Ministère des affaires étrangères français

    L’attaque de ce mercredi 11 novembre 2020 est un nouvel attentat. Il a pour théâtre une fois de plus Jeddah, la deuxième ville d’Arabie où l’ambiance est, pourtant, relativement plus libérale qu’ailleurs dans le pays. Le G20 doit d’ailleurs être organisé dans quelques jours dans cette ville.

    La France visée ?

    Réaction du sénateur des Français résidant hors de France Christophe Frassa

    La France organisait cette cérémonie commémorative du 11-Novembre dans le cimetière non-musulman de Balad, dans le vieux Jeddah. Cependant, il est à craindre que l’ensemble du monde occidental soit dans la ligne de mire. Arnaud Lacheret (Directeur de l’Essec Bahreïn et auteur du livre « La femme est l’avenir du Golfe« .) s’inquiète d’un élargissement du mouvement des dernières semaines, des caricatures françaises à la culture occidentale.

    « Il y a eu des précédents d’attentats anti occidentaux en arabie et notamment á Jeddah, et il ne faudrait pas que ça reprenne.« 

    Arnaud Lacheret, Directeur de la French Arabian School (Essec) Bahreïn

    Des blessés grecs et saoudiens.

    Douze jours après un attentat au couteau contre un garde du consulat de France à Jeddah, une nouvelle attaque a, donc, été perpétrée lors d’une cérémonie commémorative du 11-Novembre.

    La grenade jetée par-dessus le mur du cimetière des non-musulmans aurait fait plusieurs blessés dont un représentant du Consulat grec mais aucun Français. Des gardes saoudiens ont également été touchés.

  • Cérémonie du 11 novembre à Paris

    Cérémonie du 11 novembre à Paris

    Ce mercredi 11 novembre 2020 férié, le confinement bouscule les commémorations de l’Armistice du 11 novembre 1918, marquées par le centenaire de l’inhumation du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe et par l’entrée au Panthéon de l’écrivain Maurice Genevoix. 

    La cérémonie du dépôt de gerbe sur la tombe du Soldat inconnu par le chef de l’Etat a été organisée « en présence d’un nombre très restreint d’autorités civiles et militaires », explique le ministère des Armées. « Cette cérémonie nationale ne sera pas ouverte au public mais sera retransmise en direct à la télévision. » L’après-midi, Emmanuel Macron retrouvera l’auteur et poète Maurice Genevoix, grièvement blessé pendant le Première Guerre Mondiale, pour sa panthéonisation. 

    Si les commémorations sont maintenues dans les différents départements de France et les ambassades, elles se dérouleront également dans un format restreint, en respectant les mesures de distanciation, et seront aussi interdites au public. 

    L’armistice de 1918

    Le 11 novembre marque l’anniversaire du document signé entre l’Allemagne et la Triple Entente (France, Grande-Bretagne, États-Unis) pendant la première guerre mondiale, un prélude au Traité de Versailles de 1919 qui a suspendu les combats qui faisaient rage depuis quatre ans entre les deux camps. Cette date anniversaire de l’Armistice de 1918 est traditionnellement marquée par une série de cérémonies rendant hommage aux soldats de la Grande Guerre auprès des quelques 30 000 monuments aux morts édifiés dans les villes et villages français. Et le président de la République dépose une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

    Une cérémonie solennelle malgré la Covid-19

    Ce mercredi 11 novembre 2020 à Paris, le président de la République, qui porte le Bleuet de France à la boutonnière, dépose une gerbe devant la statue de Georges Clemenceau, président du Conseil durant la Première Guerre mondiale. Après avoir remonté les Champs-Élysées, escorté par la Garde républicaine, il dépose une deuxième gerbe devant la tombe du Soldat inconnu, dont on fête le centenaire de l’inhumation sous l’Arc de Triomphe, avant d’en raviver la flamme. Cette cérémonie, exceptionnellement interdite au public à cause du coronavirus mais diffusée à la télévision, se déroulera « en présence d’un nombre très restreint d’autorités civiles et militaires », d’après les propos du ministère des Armées. France 2 proposera la diffusion en direct de la cérémonie nationale du 11 novembre à partir de 9h30, diffusée en simultané sur TV5 Monde, France Info et Canal 27.

    Le Président de la République propose par ailleurs aux Français de rendre hommage aux morts de la Première Guerre Mondiale en portant le bleuet de France à la boutonnière et de faire un don en ligne pour les blessés de guerre et les victimes d’acte de terrorisme.

    A 11 heures précises, l’heure à laquelle les combats ont été suspendus en 1918, les cloches sonnent dans tous les villages français. Les dépôts de gerbe aux monuments aux morts organisés par les municipalités se dérouleront dans un format restreint : pas plus de 10 personnes (seuls les maires, leurs adjoints et élus), dans le respect des mesures de distanciation, et sans les anciens combattants « car c’est une population qu’il convient de protéger ». Les dépôts de gerbe aux monuments aux morts seront là aussi interdits au public

  • Europe : Sus aux Turcs !

    Europe : Sus aux Turcs !

    Emmanuel Macron a proposé que l’Union européenne dénonce l’Union douanière avec la Turquie. L’Union Européenne représente 55% des exportations turques et 40% de ses importations. Autant dire qu’une telle décision aurait des conséquences majeures sur l’économie et la société turque. Au sommet du Med7 la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, Malte et Chypre avertissaient :

    « Si la Turquie ne progresse pas sur la voie du dialogue et ne met pas un terme à ses activités unilatérales, l’UE est prête à élaborer une liste de mesures restrictives supplémentaires».

    Communiqué du Med7

    Depuis, l’Union européenne a relayé les mises en garde, et l’Allemagne, traditionnellement proche de la Turquie, a elle aussi condamné l’attitude d’Erdogan. Mais la Commission n’a pas engagé de sanctions directes. Emmanuel Macron l’y pousse.

    Que représente la Turquie ? Un pays de 84 millions d’habitants, candidat à l’UE depuis 1987, membre de l’Otan depuis 1953, proche allié des Américains qui y entreposent un arsenal nucléaire.

    Le virage d’Erdogan

    La Turquie s’intègre donc bien dans le « bloc occidental » si tant est qu’il y ait un tel bloc. Ce fut le cas pendant les premiers gouvernements d’Erdogan et de l’AKP, son parti. La Turquie se voulait un modèle à la fois de réussite économique et démocratique. L’AKP s’affichait comme le pendant musulman d’une « Démocratie chrétienne » à l’italienne ou à l’allemande, un parti conservateur classique. Membre du Conseil de l’Europe, la Turquie en adoptait volontiers les recommandations pour moderniser la justice et construire un état de droit. Erdogan était allé jusqu’à commencer des négociations avec le chef historique de la minorité kurde, maintenu en prison. 

    Recep Tayyip Erdogan voit dans l’attentat de Christchurch le signe de la « hausse de l’islamophobie » dans les pays occidentaux. © Crédit photo : ADEM ALTAN / AFP

    Puis il y eut des répressions de plus en plus massives, un coup d’état aussi raté qu’étrange, des purges dans l’armée, l’enseignement, l’administration ; des élus, des écrivains, journalistes, hommes d’affaires, militaires emprisonnés. 

    Ce virage vers une démocrature s’est accompagné d’un autre : l’abandon de l’alliance occidentale pour un flirt avec les Russes, voire les Iraniens. Comme si le modèle démocratique impliquait une alliance politique, son abandon une autre alliance. 

    Turcs et Russes ont pourtant des intérêts divergents. L’actualité du Caucase le montre. Les Turcs encouragent les Azéris dans leur reprise de la guerre du Haut Karabakh. Comme un symbole, un hélicoptère russe a été abattu. En Syrie, les Russes frappent de temps en temps les milices payées par les Turcs pour leur rappeler les limites à ne pas franchir. En Libye, ils négocient.

    Les Turcs ont acheté aux Russes des batteries S4OO. Ils ne les ont pas encore déployées en raison d’un veto des Etats-Unis. Jusqu’à présent, ils se croient tout permis, parce qu’ils savent leur importance pour les Américains, sauf à provoquer les Etats-Unis eux-mêmes. D’autant que l’économie turque s’effondre, que la livre turque a perdu 25% de sa valeur, et que, sans le soutien de la réserve fédérale américaine, la Turquie serait menacée de banqueroute. Erdogan, pour trouver un bouc émissaire, a licencié le gouverneur de la Banque centrale, qu’il avait nommé il y a peu. Cela ne confortera pas sa monnaie.

    Un parfum de gaz en méditerranée orientale

    Que vaut l’alliance russe ? Du gaz. Un tiers du gaz importé en Turquie vient de Russie et un quart d’Iran. C’est essentiel pour l’Iran, sous embargo économique. Essentiel aussi pour les Russes, qui exportent une partie de leur gaz par la Turquie vers l’Europe. Or en Méditerranée orientale, des gisements de gaz ont été découverts. Egyptiens, Italiens, Grecs, Chypriotes, Israéliens et maintenant Libanais discutent des droits d’exploitation et signent des accords. La construction d’un gazoduc qui alimenterait l’Europe à partir de ces gisements, celle d’un autre qui viendrait directement du Qatar menacerait directement le relais turc et le producteur  russe : L’Europe pourrait (presque) se passer d’eux.

    Maintenir l’agitation et la guerre en Méditerranée 

    Les provocations d’Erdogan, envoyant un navire de forage dans les eaux grecques pour en revendiquer la possession ne vise pas tant à exploiter des gisements qu’à empêcher quiconque de les exploiter. Tant que dure la guerre en Syrie, tant que la Méditerranée orientale est agitée, les Turcs restent un passage obligé, et les Russes peuvent vendre leur gaz aux Européens. 

    Projet Turkstream

    De l’autre coté de l’Europe, en Mer baltique, le gazoduc Nordstream2, presque achevé, est arrêté à la suite de pressions américaines sur les entreprises concernées et les Européens. Sous prétexte d’alléger la dépendance européenne au gaz russe, les Américains vendent leur gaz de schiste par méthanier. Tant que les méthaniers arrivent en Baltique des Etats-Unis ou partent du Qatar sous contrôle américain, leur droit de regard et leur commerce sont assurés. C’est pourquoi ils ne sont pas aussi sensibles que les Européens aux menaces turques.

    N’y aurait-il que du gaz ? Il y a aussi de la vraie politique, la quête insatiable de pouvoirs toujours accrus. Les Turcs, qui ne sont ni des Arabes ni des Perses, ont gouverné le monde musulman pendant des siècles. Après la première guerre mondiale, la fin de l’Empire ottoman donna naissance à la Turquie moderne, celle d’Atatürk, qui mit fin au Califat, imposa alphabet latin et … la laïcité.

    Les héritiers d’Atatürk contre les nostalgiques du Califat ottoman 

    Les adversaires d’Erdogan sont les héritiers d’Atatürk. Aux dernières élections municipales, Istanbul et Ankara sont passés dans l’opposition, au CHP, un parti social démocrate dont le fondateur est Atatürk. Lorsqu’ Erdogan insulte le Président français, se pose en défenseur de la foi, il le fait aussi pour fustiger les « laïcards »  du CHP et les faire passer pour des traîtres. Quand il transforme à nouveau Sainte Sophie en Mosquée, il rappelle  le geste de Mehmet II et la gloire des Ottomans. 

    Nouveau palais présidentiel à Ankara

    Et il vise au delà de ses frontières. Les insultes à la France ne visent pas que la France, mais surtout ses alliés arabes. En défendant le Président français, le Ministre  des Affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, Anwar Gargash, l’a clairement expliqué : «  Dés qu’Erdogan voit une faille ou une faiblesse, il l’utilise pour accroitre son influence. C’est seulement quand on lui montre la ligne rouge qu’il se montre prêt à négocier ».

    Les pays arabes ont rejeté l’appel au boycott d’Erdogan et prêché la modération sur les caricatures. Sur 57 pays musulmans, les manifestations contre la France ont eu lieu dans une dizaine de pays mais pas dans les pays arabes. Inde, Pakistan, Afghanistan, Bengladesh, Mali, Malaisie, Indonésie ne sont pas des pays arabes. A Beyrouth, Jérusalem, Gaza, au Koweït, au Qatar, en Irak, ce sont les Chiites ou les partis islamistes liés aux Frères musulmans qui ont manifesté et appelé, comme Erdogan, au boycott. 

    La rivalité est entre les Turcs et l’Arabie saoudite et ses alliés. Les Turcs se sont rapprochés de l’Iran, non seulement pour le gaz, non seulement pour museler les Kurdes, qui les gênent tous deux, mais surtout parce que l’Iran est le rival de l’Arabie saoudite dans le fondamentalisme religieux. Les Turcs ont choisi les Iraniens parce que ceux-ci, chiites, ne peuvent remplacer les Saoudiens comme leaders du monde musulman où les sunnites sont ultra majoritaires. En revanche, les Turcs, qui avaient institué le Califat à Constantinople, le peuvent. Abattre l’Arabie saoudite, démontrer qu’ils sont les valets des Occidentaux et non les serviteurs du prophète dote Erdogan d’un poids disproportionné sur la scène mondiale. L’Arabie, pense-t-il, n’a ce rôle de leader du monde musulman que parce que la Turquie y a renoncé.

    La menace des réfugiés contre l’Europe

    Et l’Europe ? Elle se couchera quand elle verra la puissance turque, d’où son mépris. Militairement, l’Europe, ne fera rien, elle est désunie. Pas même la France ou la Grèce, les Américains l’empêcheront. Erdogan sait que l’armée turque n’est pas compétitive face à une armée moderne. Sa flotte aérienne, sa marine ne sont pas à la hauteur. Elle ne tiendrait pas face à l’aviation israélienne par exemple, ni face aux Rafales achetés par la Grèce. Mais Erdogan ne va à la confrontation qu’avec les seigneurs de guerre, en Syrie, en Lybie, dans des conflits de milice. 

    Face à l’Europe, il manie la menace de ses 4 millions de réfugiés. Retenus en Turquie, entretenus par l’argent versé par l’Union européenne, la Turquie pourrait les laisser franchir la frontière, et l’Europe ferait face à une nouvelle crise migratoire.

    Aylan Kurdi, enfant syrien mort lors de la crise des migrants en 2015.
     AFP PHOTO / DOGAN NEWS AGENCY

    Mais est ce si sûr ? Et si l’Europe fermait vraiment ses frontières avec la Turquie? Et si l’Europe remettait sur la table le statut de Chypre, occupé par l’armée turque ? Et si L’Europe traitait effectivement avec Poutine et finissait Nordstream2, se dégageant du même coup de la pression américaine ? Et si elle mettait fin à l’union douanière ? 

    La Turquie s’appauvrit, la Turquie est isolée. Erdogan ne peut pas vraiment compter sur les Russes. Il a choisi le conflit avec la Grèce, la France, l’Italie, l’Europe entière. Il agace les Américains, dénonce Israël, l’Arabie saoudite, les Emirats dans ce qui est la nouvelle alliance du Moyen-Orient. Il s’est fait un ennemi de l’Egypte, autre grand du monde arabe, a échoué dans sa tentative de séduction des Algériens et des Tunisiens. Il peut compte sur le soutien des Frères musulmans partout dans le monde, mais aussi sur la rage de leurs ennemis, plus nombreux et plus puissants. 

    L’union contre les Turcs prend de l’ampleur

    Pour l’instant, Erdogan diffuse autant une menace dangereuse qu’une peur salutaire. Menace dangereuse quand un Chef d’Etat justifie par ses propos la haine et la violence. N’importe quel fanatique peut les entendre comme des encouragements. Peur salutaire, parce que sans Erdogan, l’Union Européenne ne réagirait pas. Algériens, Tunisiens, Egyptiens, Grecs, Italiens et Chypriotes auraient mis plus de temps à se trouver des intérêts communs, pour la sécurité extérieure, les intérêts économiques ou l’influence des réseaux islamistes. 

    Les communistes avaient leurs idiots utiles, qui se croyaient des compagnons de route éclairés. L’Europe a la chance d’avoir un ennemi utile qui la pousse à s’unir et à regarder vers son avenir et son danger : la Méditerranée. A moins, évidemment, de se comporter en aveugle, comme des idiots. L’Europe a la chance de pouvoir s’affirmer comme un bloc, une puissance, face à un adversaire faible. « Sus aux Turcs », comme à Lépante, serait un cri de rassemblement. Ce serait un signe pour tous, européens, américains, russes, chinois, britanniques, etc…

    Quant à la Turquie, une fois dans l’impasse, elle s’apercevra que son avenir est plus lié à l’Europe qu’à l’Iran, à la Méditerranée qu’à la Caspienne. 

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 

  • Le vin français dans le monde. USA, Asie, etc.

    Le vin français dans le monde. USA, Asie, etc.

    Le vin est une véritable institution en France. Boisson alcoolisée la plus consommée en France, le vin français est reconnu dans le monde entier pour sa variété et sa qualité. Avec la crise sanitaire actuelle, les nombreux événements annuels organisés pour l’arrivée du Beaujolais nouveau sont annulés dans de nombreux pays. Pourtant, la filière viticole française a de beaux jours devant elle. Petit tour d’horizon de l’importance du vin français dans le monde et focus sur 3 pays qui accueillent de nombreux expats : les Etats-Unis, le Japon et la Thaïlande.

    Le vin français en quelques chiffres clé 

    En 2019, la France a produit plus de 4,2 milliards de litres de vin, soit 17% de la production mondiale. On compte aujourd’hui 750.000 hectares de vignes en France ce qui représente 11% de l’ensemble de la surface mondiale dédiée au vin. 

    La France est le 2ème pays consommateur de vin au monde avec 3,5 milliards de bouteilles, derrière les États-Unis (4,7 milliards de bouteilles) et devant l’Italie (2,6 milliards de bouteilles). En 2019, la consommation de vin dans le monde s’élève à 33 milliards de bouteilles. 

    Source : Intervin

    Où acheter du vin français aux États-Unis ? 

    Du vignoble au consommateur final, la commercialisation du vin aux États-Unis doit passer par le « Three Tier System » (Système à trois niveaux). Une fois que l’importateur et le distributeur ont pu importer le vin aux États-Unis, le détaillant va pouvoir vendre au consommateur final. On le retrouve ainsi, en liquor store principalement, mais également dans les supermarchés lorsque c’est autorisé. En effet, dans 11 états américains, la vente d’alcool est interdite dans les grandes surfaces. 

    Le prix d’une bouteille de vin moyen à haut de gamme se positionne entre 13 USD et 16 USD la bouteille de 75cl.

    Source : export.agence-adocc

    Où trouver du vin français au Japon ? 

    Contrairement aux États-Unis, la vente d’alcool dans les supermarchés et hypermarchés est totalement autorisée au Japon. Il s’agit même du circuit de commercialisation majoritaire puisque cela représentait 40% du volume des ventes totales en 2019. Il est aussi possible de se fournir auprès de producteurs de boissons alcoolisées comme Suntory ou Asahi, ou encore par le biais de commerçants locaux. 

    Le prix d’une bouteille de vin standard dans ce pays est entre 5,80 et 16,45 EUR avec un prix moyen s’établissant en 2020 à 10,30 EUR

    Source : export.agence-adocc

    Comment se procurer du vin en Thaïlande ? 

    En Thaïlande, si la vente d’alcool est autorisée, elle est tout de même très réglementée. Effectivement, celle-ci ne peut avoir lieu qu’entre 11h00 et 14h00 ainsi qu’entre 17h et minuit. Par ailleurs, la vente d’alcool est interdite à l’occasion des fêtes bouddhistes et des élections. Pour l’achat, les détaillants sont les principaux lieux de vente avec plus deux tiers du volume des ventes totales à leur actif. Grâce à des chaînes comme Tesco Lotus ou Villa Market, l‘offre en grande distribution s’agrandit de plus en plus.

    Le prix d’une bouteille de vin milieu de gamme dans ce pays est entre 8,55 et 25,62 EUR avec un prix moyen s’établissant en 2020 à 17,10 EUR, soit l’un des plus élevés du monde.

    Source : export.agence-adocc

    Pourquoi le vin français s’exporte bien ?

    Tout d’abord, le vin français possède une renommée internationale qui contribue au maintien de son exportation. En effet, « l’art de vivre » à la Française est reconnu et mis en avant dans les films ou encore les séries. Au-delà de l’image véhiculée par la consommation du vin, on retrouve une véritable diversité de l’offre française, notamment parmi les vins de luxe. Cela permet ainsi à la France de s’affirmer comme référence sur le marché du vin à l’international. Ainsi, le « Made In France » s’apparente comme l’atout premier que les producteurs utilisent afin de se mettre en avant à l’international. 

    En conclusion, le marché du vin français dans le monde se porte bien. La France est ainsi reconnue pour son savoir-faire et la qualité des vins qu’elle propose. Les exportations augmentent chaque année et malgré la crise, le vin reste un produit français qui a de beaux jours devant lui.  

  • 1920-2020 : la flamme du Soldat inconnu

    1920-2020 : la flamme du Soldat inconnu

    Cent-deux ans après l’Armistice de 1918, l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix, inoubliable chroniqueur de l’horreur des tranchées, sera le fait marquant du 11 novembre commémoré cette année en plein confinement.

    Cette cérémonie, qui clôturera le centenaire de la Grande Guerre, commencera par le traditionnel hommage au Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe, en petit comité de 30 personnes maximum.

    Les mêmes causes ayant les même effets, les cérémonies à l’étranger sont aussi, pour la plupart, en mode restreint. Il est regrettable qu’aucun poste diplomatique n’est prévu d’organiser une retransmission, à destination de leurs administrés, via les différents canaux possibles et souvent gratuits (vidéoconférences, plateforme en ligne, réseaux sociaux).

    Comme à Bruxelles, où l’ambassadrice Mme Hélène Farnaud-Defromont recevra les élus et les responsables administratifs dans les jardins de l’ambassade.

    Pourtant il existe des zones où la Covid-19 lâche son emprise. Comme à Hong_kong, où le Consul général Alexandre Giorgini et des représentants du Souvenir Français accompagnés d’un ami de la France, un américain vétéran de la seconde guerre mondiale, ont rendu hommage aux combattants de la liberté morts entre 1914 et 1918.

    Cérémonie à Hong-Kong en présence du Consul de France ©Catya Martin – La French Radio

    100 ans sous l’arc de Triomphe pour le Soldat inconnu

    Et cette année, Emmanuel Macron célèbre le centenaire de l’inhumation de celui qui les représente tous, le Soldat inconnu, décidée en 1920 à l’initiative du parlement.

    Sous l’Arc seront placés les huit étendards des régiments qui ont connu des morts au combat depuis le dernier 11 novembre, ainsi que l’étendard du 106e régiment d’infanterie, celui de Maurice Genevoix et de « ceux de 14 » décrits par l’écrivain.

    Maurice Genevoix

    La commémoration se poursuivra à 18H00 par l’entrée au Panthéon de la dépouille de Maurice Genevoix, que le président s’était engagé durant son « itinérance mémorielle » de 2018 à faire inhumer dans la nécropole laïque des « grands hommes » de la République.

    Avant le Panthéon, le cercueil de Genevoix, qui était jusque là enterré au cimetière de Passy à Paris, a été exposé ce week-end aux Eparges, près de Verdun, là où il fut grièvement blessé en 1914. Le cercueil devait ensuite passer la nuit de mardi à mercredi à l’Ecole normale supérieure à Paris, dont Maurice Genevoix a été l’élève avant d’être mobilisé.

    Une panthéonisation sous l’air de la Covid-19

    Il rejoindra enfin dans la crypte les 70 hommes et 5 femmes inhumés dans le bâtiment, symbolisant l’entrée avec lui des Poilus de la Grande Guerre.

    Sa panthéonisation sera célébrée à la fois en extérieur, avec une illumination de la façade en l’honneur de l’auteur, mais aussi à l’intérieur de la crypte, où seront inaugurées six sculptures du plasticien allemand Anselm Kiefer, les premières nouvelles oeuvres installées au Panthéon depuis un siècle.

    En accompagnement sonore, une oeuvre du musicien Pascal Dusapin, mêlant un choeur et l’enregistrement de 15.000 noms de soldats morts durant la guerre, représentatifs de tous ceux tombés au combat. Soixante-dix haut-parleurs ont été disséminés dans le Panthéon, créant un mouvement du son inédit.

    Emmanuel Macron, qui veut faire du Panthéon le « temple de notre spiritualité républicaine », a décidé pour cette panthéonisation de passer « une commande publique d’une ampleur exceptionnelle » -un million d’euros environ- auprès de « deux artistes profondément européens », explique l’Elysée.

    Le président terminera par un discours où il devrait mettre l’accent sur la « résilience », la capacité des Français à surmonter les tragédies, comme un fil rouge entre 1914 et les « épreuves » actuelles que sont l’épidémie de coronavirus et les attaques terroristes de ces dernières semaines.

    De 1914 à 2020

    « Le président de la République tient beaucoup à ce qu’on honore les héros à hauteur d’hommes, qui n’ont jamais flanché dans l’épreuve et ont fait bloc », une occasion de « créer une histoire, un imaginaire commun »

    Elysée

    « Entre ceux de 14 et ceux de 2020, la continuité c’est que les démocraties affrontaient les empires, en 2020, les démocraties affrontent la pandémie, le séparatisme, le terrorisme. Mais au fond, on se bat pour les mêmes valeurs », selon l’Elysée

    Elysée

    C’est dans ce même esprit qu’Emmanuel Macron commémorait lundi à Colombey-les-deux-Eglises le 50e anniversaire de la mort du Général de Gaulle, qui incarnait, comme il l’a tweeté, « Résilience et volonté », « dans les moments de douleurs comme dans ceux de gloires ».

    Ce doublé mémoriel permet au chef de l’Etat de mettre en avant des figures de héros consensuels, ce qu’il juge indispensable en cette période de crise.

    « Ces séquences ont été maintenues malgré la pandémie car le président considère qu’il est important de maintenir les grands moments de communion nationale et de rassembler les Français en tant que nation », conclut l’Elysée.

    Depuis le début de la pandémie, Emmanuel Macron insiste sur ce même message d’unité, face aux critiques et divisions autour de sa gestion de la crise et face à un niveau de méfiance toujours très élevé.

  • Brexit: les négociations reprennent, Johnson essuie un revers à la chambre des Lords

    Brexit: les négociations reprennent, Johnson essuie un revers à la chambre des Lords

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson a essuyé lundi soir (9 novembre) un revers à la Chambre haute du Parlement face à sa volonté de pouvoir s’affranchir de certains aspects de l’accord de Brexit, au début d’une nouvelle semaine cruciale de négociations avec Bruxelles sur leurs futures relations commerciales.

    A l’issue d’une série de votes, les Lords ont sévèrement décidé d’expurger d’un projet de loi du gouvernement conservateur les dispositions qui lui permettraient de passer outre certains de ses engagements notamment quant aux protocole nord-irlandais conclu avec l’UE. Il s’agissait de l’un des sujets les plus épineux lors des négociations il y a un an pour trouver une solution qui évite le retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, qui fait partie des 27.

    A peine les Lords ont-ils voté lundi soir qu’un porte-parole du gouvernement a annoncé que celui-ci réintroduirait les clauses écartées lorsque le texte reviendra devant les députés à la Chambre des Communes, où Boris Johnson dispose d’une très large majorité. Ces clauses représentent « un filet de sécurité juridique pour protéger l’intégrité » du marché intérieur entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, ainsi que le processus de paix qui a mis fin à trois décennies de violences en 1998, a souligné le porte-parole dans un communiqué.

    « Si le Royaume-Uni adopte une loi conçue pour enfreindre le droit international », « alors il n’y aura pas d’accord commercial ».

    « L’UE ne peut pas ratifier un nouvel accord pendant que le Royaume-Uni légifère pour violer un accord précédent », a-t-il ajouté, « la confiance et la bonne foi comptent ».

    le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney sur tweeter le 08/11/2020

    Dénonçant une violation du traité de Brexit, Bruxelles avait déclenché une procédure d’infraction face au refus de Londres de retirer les dispositions litigieuses.

    En cas d’accord commercial, elles n’auraient de fait plus lieu d’être, le gouvernement Johnson les considérant comme une assurance dans l’hypothèse d’un échec.

    Racines irlandaises

    En plein pourparlers, l’irruption de ce texte avait provoqué une poussée de fièvre.

    Il ne reste plus que quelques jours à Londres et Bruxelles pour tenter de combler les divergences dans leurs négociations, lancées après que le Royaume-Uni a quitté officiellement l’Union européenne le 31 janvier.

    La mi-novembre apparaît comme la date limite afin de pouvoir ratifier à temps un accord qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2021, à la fin de la période de transition mise en place pour laisser le temps de négocier un accord.

    Le projet de loi britannique représente également un sujet délicat entre le dirigeant conservateur et le président américain élu Joe Biden, au moment où Londres cherche à négocier un traité de libre-échange avec Washington.

    « Nous ne pouvons pas permettre que l’accord du Vendredi Saint, qui a apporté la paix en Irlande du Nord, devienne une victime du Brexit » avait averti en septembre Joe Biden, qui affiche fièrement ses racines irlandaises.

    Souplesse sur la pêche ?

    Le négociateur européen Michel Barnier est arrivé lundi à Londres pour poursuivre les discussions, alors que la crise du nouveau coronavirus frappe durement l’économie. « Nous redoublons d’efforts pour parvenir à un accord sur l’avenir », a-t-il tweeté lundi matin.

    L’émissaire des 27 a identifié trois « clés » pour débloquer les négociations dont « le respect de l’autonomie de l’UE et de la souveraineté britannique ».

    Il a aussi souligné la nécessité de « garanties solides d’un commerce et d’une concurrence libres et équitables » et d’un « accès stable et réciproque aux marchés et aux possibilités de pêche dans l’intérêt des deux parties ».

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique Boris Johnson avaient fait le point sur les discussions samedi, relevant « de grandes divergences », notamment sur la pêche et les garanties que réclame l’UE en matière de concurrence.

    Londres pourrait faire preuve de souplesse sur la pêche, a toutefois laissé entendre lundi le ministre de l’Environnement, George Eustice, évoquant la possibilité d’accords qui « pourraient couvrir deux, trois ans par exemple ».

    Faute d’accord, les échanges entre Royaume-Uni et Union européenne seraient régis par les règles de l’Organisation mondiale du commerce, synonymes de droits de douane et de quotas.

    Un article de notre partenaire

  • L’Algérie, malade comme son Président, cherche sa guérison.

    L’Algérie, malade comme son Président, cherche sa guérison.

    Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, atteint du coronavirus est soigné en Allemagne, à Cologne. Il va bien, dit son entourage. Mais comme plus personne ne croit les communications officielles, chacun y va de sa rumeur. D’autant que personne ne savait qu’il était parti. Comment a-t-il pu voter au Référendum auquel il tenait tant ? Par procuration, sans doute. Et qui dirige en son absence ? Le souvenir de Bouteflika est revenu, à moins qu’il ne soit jamais parti.

    23,7% d’Algériens se sont déplacés pour approuver la nouvelle Constitution. A Alger, des forces de police avaient été déployées. En Kabylie, des incidents ont eu lieu la veille du scrutin. A Tizi Ouzou, le taux de participation a été de 0.07%. Jamais il n’y eut une participation officiellement si faible depuis l’indépendance : une gifle.

    Jamais une si faible participation, ni une si grande transparence

    Et encore, sur ces 23,7%, seulement 66,8% ont dit oui. Ce qui est peut-être une bonne nouvelle : le pouvoir ne maquille pas les chiffres. Lors de l’élection présidentielle, la participation, déjà considérée comme faible, avait été évaluée à 40%. L’honnêteté de la publication des résultats montre que quelque chose, doucement change. 

    La réforme de la Constitution se voulait une réponse au Hirak, qui réclame de mettre fin au « système ». Le seul changement est dans cette franchise de reconnaitre le peu d’enthousiasme des Algériens pour cette réforme. On peut comprendre le désarroi du pouvoir. Comment démocratiser si les Algériens ne croient pas aux élections ? Pour l’instant, de l’opposition, les seuls à avoir accepté le vote sont les Islamistes du MSP (Mouvement de la société pour la paix). Mais peut-être la dissolution de l’Assemblée et des élections ouvertes permettraient de débrider le blocage.

    Comment faire émerger un système politique crédible ? Le Président algérien peut surprendre. Après tout, il n’a rien à perdre. Il sait que le « système » est désormais incapable de s’opposer à lui. Il a mis en prison, pour cause de corruption, une partie des cadres de l’ancien régime, se conciliant ceux qui restent en place. L’armée n’a plus de chef incontestable. La mouvance islamiste a perdu de sa force. A 74 ans, il pourrait devenir autre chose qu’un Président de transition, un paravent de fortune, et construire peu à peu une vraie démocratie. 

    Le Président pourrait libérer les journalistes en prison 

    Les Algériens ont parfaitement compris que la démocratie ne se réduisait pas seulement au vote. Cela commence par la liberté, et notamment la liberté d’opinion. Le Président pourrait donner ces premiers signes, et libérer la centaine de journalistes qui sont en prison, et permettre les journaux critiques. L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 de Reporters Sans Frontières. D’autant que la nouvelle Constitution est censée garantir la liberté de la presse.

    Il pourrait, comme l’avait fait le roi du Maroc il y a des années, choisir de nommer à la tête du gouvernement un opposant : Un moyen d’ouvrir le système sans prendre le risque d’un dérapage. Cela risque de créer beaucoup d’agitation, mais l’inverse risque d’en créer aussi, teintée, qui plus est, de désespoir. Car l’économie algérienne souffre.

    Bientôt l’impasse financière 

    En 2020, selon le Fonds Monétaire International, le PIB devrait chuter de 5.5%. Le déficit commercial plongerait de -17%, ce qui est logique avec l’effondrement du prix des hydrocarbures. Les réserves de change baissent, le temps est compté. A la fin de l’année 2021, le gouvernement sera dans une impasse financière. 

    Il devra alors réduire les subventions aux produits de base s’il ne veut pas emprunter sur les marchés internationaux. Mais le voudrait-il qu’il n’est pas sûr de pouvoir le faire. Il a refusé l’accord avec l’Union Européenne, qui, il est vrai, provoquerait un choc de compétitivité. D’un autre coté, l’Algérie en a besoin. Pour l’instant, la loi de finances annonce un redressement de l’économie auquel personne ne croit. S’aveugler ne résoudra rien. 

    Lorsque le Président Tebboune reviendra de Cologne, il aura des choix difficiles à faire. Pour sortir l’Algérie de l’impasse, il lui faut le soutien le plus large, il ne peut le trouver qu’en associant l’opposition. Pour sortir du piège économique, il doit ouvrir le pays, et les seuls capables, à long terme, d’être des partenaires pour l’Algérie sont l’Europe, et en premier lieu la France.

    Trouver le soutien le plus large, en Algérie et en Europe

    Le quai d’Orsay a refusé de commenter les résultats du referendum, alors que Jean Yves Le  Drian avait, à Alger, le 15 octobre exprimer le souhait que se concrétisent « les souhaits du Hirak dans les institutions », ce que prétendait faire le Président Tebboune avec son référendum. Une façon de contenter tout le monde. 

    Gérald Darmanin est en visite à Alger ce samedi, surtout pour évoquer la coopération en matière de lutte contre la radicalisation, de terrorisme et d’immigration. Gérald Darmanin, petit fils de harki, aura sans doute droit à un accueil particulier : C’est une chance  à saisir.

    L’Algérie pourrait être un des pays les plus riches d’Afrique et de Méditerranée. Il peut être le pivot d’une alliance nord/sud. Il faut avoir le courage de tourner le dos au passé, parier sur la démocratie, l’ouverture et la jeunesse. Un vieux président, mal élu, atteint par le coronavirus en est il capable ? Avec 75% d’abstention, y-a-t-il un autre choix ? Sans changement de fond, l’Algérie restera malade, de plus en plus. 

  • Le meilleur des mondes – la décroissance ?

    Le meilleur des mondes – la décroissance ?

    En 2020, les pays occidentaux réalisent une expérience unique, celle d’une décroissance organisée pour sauver des vies. En 1972, le Club de Rome réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 52 pays, avait dans le cadre du rapport Meadows, prôné une régression économique non pas au nom de la santé publique mais au nom de la défense de l’environnement et d’une conception de l’Homme. 

    La réduction d’un dixième de la création de richesse sur un an n’a jamais été réellement modélisée pour qu’on puisse en mesurer les conséquences économiques, sociales et psychologiques à court et moyen terme. Elle s’accompagne certes d’une réduction des émissions des gaz à effet de serre qui restera néanmoins modeste au regard des objectifs pris dans le cadre des accords de Paris en 2015

    S’affranchir des règles économiques

    Cette attrition générale est pour le moment supportable car elle est compensée, en grande partie, par les pouvoirs publics. Les dispositifs de soutien permettent le maintien des revenus des ménages. Depuis le mois de mars, la facilité budgétaire et monétaire est d’une telle évidence que certains estiment qu’elle peut durer presque éternellement, qu’elle peut tout résoudre d’un coup de baguette magique et que le monde peut définitivement s’affranchir des lois économiques. A partir du moment où la rigueur budgétaire n’a plus de raison d’être, en vertu de quoi ne faudrait-il pas s’autoriser à être licencieux ?

    Un monde en régression 

    C’est oublié que la vie sur terre est régie par un principe, la rareté, c’est-à-dire le caractère fini de toutes les ressources, que ce soient les matières premières, l’énergie, l’eau ou le travail. Le système de prix permet les échanges mais aussi de mesurer la rareté et d’en fixer la valeur. S’il se grippe, c’est l’ensemble du système économique qui est en jeu. 

    Dans un monde en régression, il y a moins de production et moins de travail mais les besoins demeurent. Il faut se nourrir, se loger, financer les retraites, la santé, l’éducation ou les infrastructures. Dans de très nombreux pays, ces besoins sont loin d’être satisfaits. La création artificielle de monnaie déconnectée de la production peut faire illusion tant que le système de répression financière instituée par les banques centrales et les États perdurera. 

    En acceptant de renoncer à la consommation et à l’investissement pour financer à perte les déficits publics, les ménages et les entreprises auto-alimentent la régression générale.

    Réallocation des richesses et des pouvoirs 

    Dans l’histoire, les périodes de fortes attritions, qui sont le plus souvent occasionnées par des guerres ou les épidémies, sont marquées par une forte montée de la violence qu’elle soit d’ordre publique ou privée. L’appropriation des biens, des terres, des capitaux s’effectue non plus en fonction des mérites ou de l’argent accumulé de manière légale mais par la force, par des moyens illégaux. 

    Dans ces périodes, les plus faibles sont les premières victimes, ce qui traduit une montée des inégalités. À un moment ou un autre, les monnaies des pays les moins productifs pourraient être remises en cause. Une réallocation des richesses et des pouvoirs pourrait survenir. Elle serait organisée soit par des entreprises mondiales pouvant s’affranchir des lois nationales, soit par des États qui auraient pris un ascendant sur les autres à l’image des États-Unis en 1945. 

  • Les oubliés

    Les oubliés

    Pendant que se recomptent les bulletins de Géorgie et que Joe Biden tente de rassurer l’Amérique et le monde, d’autres évènements agitent la planète sans l’émouvoir.

    En Amérique centrale, un ouragan détruit des centaines de bâtiments et a déjà tué deux cents personnes, principalement au Guatemala. En Turquie, le tremblement de terre a fait 110 morts. Au Cameroun, après l’assassinat, il y a dix jours de sept enfants dans une école, six enseignants ont été enlevés. En Ethiopie, plusieurs dizaines de civils, entre trente et cinquante, ont été victimes d’une attaque de rebelles. A Kaboul, une attaque terroriste à l’Université a laissé  22 étudiants morts. Au Sénégal, 140 migrants sont morts dans le naufrage d’un bateau.

    Dans le Haut Karabakh, la reprise de la guerre a déjà provoqué 1200 tués. Au Mozambique, des terroristes ont décapité 20 personnes dont 15 adolescents. En Côte d’Ivoire 4 personnes sont mortes dans des manifestations. Une vingtaine de migrants -qui sait le nombre exact ?- sont mortes au large de Sfax en Tunisie. Au Pakistan, sept personnes ont été tuées par un attentat à la bombe dans une école religieuse à Peshawar. 

    Votes en Géorgie, noyées à Dakar.

    D’autres drames pareils à ceux-ci sont déjà oubliés. Ceux-là, ce sont ceux de la semaine. Et encore, il y en a d’autres. Toutes ces tragédies ont au moins deux points communs : 

    Le premier, c’est qu’elles n’intéressent personne. Bien moins que le nombre de votes en Géorgie. Inutile de disserter sur l’inégalité des vies et des morts dans le traitement de l’information. Et cela, terriblement, se comprend. Les votes en Géorgie peuvent changer le cours de l’histoire, le naufrage au Sénégal ou la bombe à Peshawar sans doute pas. Il ne faut donc pas accuser les medias de mépris. Ils s’intéressent à ce qui peut avoir des conséquences sur la vie de ceux qui les regardent et les lisent.  N’importe quelle compétition sportive rassemble plus qu’un accident. On pourrait s’arrêter là, et conclure, l’égoïsme étant ce qu’il est, que les affaires du monde se traitent à Washington et pas à Dakar. Vanité des vanités et injustice sous le soleil, et puis ? 

    Il y a un deuxième point commun : toutes ces tragédies auraient pu être évitées. Même les victimes de l’ouragan ou du tremblement de terre. Le tremblement de terre en Corée ou au Japon n’aurait peut-être tué personne. Et l’ouragan Eta, en Amérique centrale, s’il avait eu lieu en Suisse, non plus. Les éboulements de terrain n’auraient pas emporté les maisons. Les autres ont des causes directement politiques : attentats, terrorisme, migrations.

    La politique est le plus noble des métiers, et le plus sale.

    La politique, ce n’est pas que la communication, la campagne électorale, ou le partage des dépouilles, c’est aussi la production d’électricité, l’accès à l’eau, la lutte contre la dengue, les normes de construction le contrôle des migrations, la coopération policière, l’enseignement dans les écoles et pas seulement dans les madrassas.

    Les inégalités de traitement reflètent les inégalités de pouvoir, mais les inégalités de puissance dépendent de la construction des sociétés, des systèmes politiques.

    C’est pourquoi la politique est le plus noble des métiers, et le plus sale. Il conduit au vol et à l’assassinat comme il les empêche. 

    Des normes de construction préviendraient les écroulements au Guatemala. Ce n’est pas de la haute technologie. En Afrique, les conflits tribaux prolifèrent, sur un terrain religieux, depuis les indépendances. La solution n’est pas que la seule démocratie du vote, mais le partage du pouvoir et des ressources : la démocratie qui respecte le droit du plus faible. C’est une autre définition de ce que l’on appelle la « démocratie libérale ».

    Le droit face aux ouragans

    Le règlement des conflits par d’autres armes que la violence, la sécurité des biens et des ressources par le travail des hommes et l’édiction de normes, c’est  le travail politique. Il réussit ou il échoue. Il réussit, et la richesse s’ensuit, dans des régimes qui valorisent la liberté par rapport à  la force plutôt que l’inverse. La démonstration a été faite par les sociétés, les pays, les hommes, mille fois : Si la Russie avait un régime comparable à ceux de l’Union européenne, serait-elle plus ou moins riche ? Il n’y a qu’à comparer les taux de croissance des anciens pays de l’est et le sien. La liberté n’est pas une donnée, c’est une construction, lente, indécise, comme le vote en Géorgie. 

    Les victimes de catastrophes ne dépendent pas que de la force du vent ou du fanatisme. Elles dépendent de la construction et de la force des lois.

    Lier les aides à l’état de droit ? 

    La Commission européenne et le Parlement européen ont décidé de soumettre l’octroi des fonds d’aide aux critères du respect de l’état de droit en Europe. Idée ancienne qui transparaissait déjà dans l’importance accordée aux questions de gouvernance dans la coopération internationale. Elle prendra de plus en plus d’importance. Evidemment, les régimes et les dirigeants préfèrent tous qu’il n’y ait aucun critère, qu’ils assimilent à un droit de regard. La Chine s’abstient de telle « ingérences », et beaucoup de dirigeants l’aiment aussi pour cela. Faut-il changer notre façon de voir ou au contraire, lier toute aide à la promotion de l’état de droit ?

    Les causes du mal et des catastrophes ne sont pas le manque de moyens. C’est l’incapacité à s’organiser, la mauvaise gouvernance, les mauvaises politiques. 

    On le sait très bien en Europe, puisqu’on s’apercevra bientôt que les ravages de l’épidémie de coronavirus sont dus à nos incapacités plutôt qu’à la violence du virus lui même. Saura-t-on identifier nos failles ? Le modèle chinois va-t-il dépasser le modèle occidental saisi par la peur ?  Apprendre, c’est ne pas oublier. Ni les morts de chez nous, ni ceux d’ailleurs, qui nous disent comment on pourrait mieux vivre en prévenant les catastrophes. Ne pas oublier les oubliés, rappel utile, égoïste.

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 

  • Joe le calmant

    Joe le calmant

    « Sleepy Joe », Biden, a vaincu.  Le monde se rassure. 

    Tout est fou dans ces élections qui ont vues s’opposer Bident et Trump. La campagne, sur fond de coronavirus, les insultes, les milliards dépensés, l’aveuglement des sondeurs, la partialité de la presse, le mépris partagé, la violence des partisans.  

    Interruption du discours du Président Trump par certains médias, MSNBC, CNN, ABC

    Et puis le dépouillement. Trump dénonce une fraude massive. Personne ne peut penser que le Président des Etats-Unis et le Parti républicain n’ont pas les moyens de trouver des preuves. S’ils en ont qu’ils les montrent. S’ils n’en ont pas, qu’ils se taisent. La fraude est une affaire trop sérieuse pour être traitée avec légèreté. Faut-il pour autant trouver normal que des chaines de télévision censurent Trump, parce qu’il ment ? Que n’ont-ils osé le faire avant ! Et pour combien d’autres ? A commencer par eux-mêmes. Un journaliste de CNN pleure de joie en annonçant la victoire de Biden, quelle confiance un électeur de Trump peut-il avoir en lui ?

    De quoi susciter l’ironie de Vladimir Poutine, « inquiet » sur le processus électoral, les sarcasmes de Khomeiny, la joie des Chavistes, l’indifférence affichée de la Chine : « Le ciel est bleu et les élections américaines ne sont intéressent pas. » feignent-ils. 

    Derrière les invectives, la passion

    Y a-t-il de quoi penser que le système démocratique est à bout de souffle, miné par le populisme, l’arrogance des élites, la désaffection de la classe moyenne ? Le record de participation électorale répond. Derrière les invectives, la passion de centaines de milliers de citoyens engagées pour compter dépouiller, contester, s’écharper.

    Bureau de vote aux USA – ©AFP

    Tous les excès ont été vus, ils ne peuvent apparaitre que dans une démocratie transparente. Cela ne veut pas dire qu’elle l’est toujours. Ce n’est pas parce que Trump est paranoïaque qu’il n’a pas d’ennemis. Ce n’est pas parce qu’il y a des complotistes maladifs qu’il n’y a jamais de complots (demandez à la famille Kennedy, qui s’y connait autant en matière de fraude que de complots). La seule chance de les voir apparaitre, c’est la transparence qu’offrent la concurrence des élections, l’équilibre des pouvoirs, un système judiciaire indépendant. 

    C’est comme pour la corruption : elle existe partout, elle n’est vraiment poursuivie que dans les régimes démocratiques. Ailleurs, c’est selon la proximité avec le pouvoir. Personne n’oserait mettre sa main à couper sur l’intégrité d’un Trump ou d’un Biden, ils sont tous les deux accusés de bien des choses.  Mais on peut risquer un dollar sur le fait que leurs turpitudes, si elles existent, peuvent être dénoncées, voire jugées.

    Un ultra modéré l’emporte 

    A la fin, le plus ancien dans le grade le plus élevé, un homme de 77 ans, marqué par un demi-siècle de vie politique, qui, jamais, ne s’est pris pour un génie, contrairement à Trump, l’ultra modéré Biden est choisi. Avec, tout de même, près de 3 millions de voix d’avance. Rien dans sa vie ne porte la marque de l’excès.

    Dans tous les pays du monde, les solutions passent par le vote. Même les dictateurs biélorusses et les autocrates turcs, sacrifient au rite. Ils peuvent se moquer, les tyranneaux de tous les pays, çà n’est évidemment pas chez eux qu’un président sortant ne maitriserait pas le vote par correspondance. 

    Les peuples ne sont pas dupes. En Biélorussie un vote truqué a conduit à la révolte. En Algérie, l’abstention au référendum ajoute un désaveu supplémentaire au système. En Côte d’Ivoire, la réélection à plus de 90% du président sortant mène à des émeutes. Partout le vote est une épreuve. 

    Partout le message transmis par l’élection américaine, avec tout son cirque, tous ses excès, c’est, pour reprendre les slogans de chaque camp : « on ne vole pas l’élection » ou « chaque vote compte ». Qu’en disent Poutine, Khomeiny, Xi Jinping, Maduro et tant d’autres esprits moqueurs ?

    Les commentateurs annoncent la guerre civile américaine. Tout est là : des milices armées, des émeutes, des partisans chauffés à blanc, un Président en place pour encore deux mois qui ne fait rien pour les calmer. 

    Il ne se passera rien.

    Le rejet de la méthode des conflits 

    L’Amérique a choisi «  Sleepy Joe » en toute connaissance de cause, pour calmer les choses, pour sortir de l’excitation permanente et des tweets incendiaires. Ce qui a été rejeté c’est aussi la recherche du conflit systématique, à l’intérieur comme à l’extérieur.

    Au niveau international, Joe Biden, qui a présidé la Commission des Affaires étrangers du Sénat pendant dix ans, ne changera sans doute pas les fondamentaux de la politique américaine : désengagement militaire progressif, opposition à la Chine, nouvelle alliance au Moyen Orient. Il le fera sans provocation. Il s’est parfois trompé dans le passé -qui ne s’est pas trompé ?- mais il sait où est le Mali par exemple, et ce qu’y fait la France (il en avait parlé avec Hollande). 

    Il renouera avec les Européens. En février 2019, à Munich, face à des Allemands inquiets de la distorsion du lien transatlantique il annonçait : « Ne vous inquiétez pas, nous serons de retour, nous serons là. » Il reviendra dans les Accords de Paris (une décision plus symbolique que pratique), qui veut dire que les Etats-Unis vont revenir dans le système multilatéral, avec leurs alliés, c’est-à-dire l’Europe. Ils en ont besoin face à la Chine. 

    Ce n’est pas une mauvaise nouvelle pour le monde. Lui aussi a besoin de calmants.

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press. Ancien Ambassadeur de France au Conseil de l’Europe, ancien député de Paris. 

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