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  • Coronavirus : Les écoles françaises de Hong-Kong

    Catya Martin, journaliste, Rédactrice en chef de la French Radio Hong-Kong et du magazine des Français de Chine, Trait d’Union.

    Alors que le bureau de l’éducation de Hong Kong a ordonné la fermeture des écoles jusqu’au 16 mars, les enseignants s’organisent. Le lycée français a mis en place des cours à distance pour les élèves et les petites écoles françaises de Hong Kong s’adaptent à cette situation qui pourrait se prolonger jusqu’à mi-avril.

    Nous avons rencontré l’école « Les petits Lascars » pour en savoir plus sur le fonctionnement. Ecoutez Pauline Balanche, directrice, Clémence Hameau, enseignante et Nicole Coué, en charge des admissions et enseignante qui nous expliquent leur fonctionnement avec les enfants.

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    A propos de l’école « Les Petits Lascars »

    Créée en 2006, l’école en cours d’homologation AEFE est soutenue par le Consulat Général de France. Elle propose également des programmes FLAM agréés par l’AEFE. Quatre sites sont disponibles : Central, Sai Kung, Southside et Tseung Kwan O

    Passerelle vers le Lycée Français International, l’école accueille les enfants français et francophones à partir de 12 mois. Tous les élèves qui le souhaitent intègrent le Lycée Français International de Hong Kong sans aucune difficulté, ayant suivi un programme conforme aux modalités du programme d’enseignement français.

    Les programmes respectent les directives officielles de l’Education Nationale. Ils sont établis par l’équipe pédagogique menée par Dominique et Christian Chasset, tous deux professeurs de métier, riches de 35 et 40 ans d’expérience d’enseignement et directeurs de Hong Kong Institute of Languages et de Hong Kong Kids Academy. Les enfants suivent donc exactement le même enseignement que dans toutes les écoles françaises, en France et à l’étranger.

    Christian, ancien instituteur en France puis au Lycée Français de Hong Kong, est aussi récipiendaire des Palmes Académiques. Dominique pour sa part a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre du Mérite National.

     

  • Coronavirus: le conseiller consulaire Alexandre Bezardin nous parle de la situation en Italie

    Nous en sommes actuellement à 7 morts en Italie à cause du coronavirus et la psychose commence. Comme nous l’avons indiqué dans un précédent article , l’Italie est la plus touchée en Europe.

    Le carnaval est bloqué en raison du virus

    Le carnaval de Venise stoppé, la fashion Week de Milan perturbée, 11 villes quasi complètement coupées du monde, l’Italie est bloquée. Italie du nord en tout cas, celle qui, comme nous le rappelle

    Alexandre Bezardin, Conseiller Consulaire des Français d’Italie et suppléant du député de la région Meyer Habib, est la principale richesse du pays. Il a échangé avec lesfrancais.press sur la situation du pays

    Des mesures de protection mises en avant par les élus consulaires

    M. Bezardin nous a rappelé les mesures drastiques mises en place par l’Italie : «  une surveillance par le gouvernement et le préfet des zones à risque, toutes les routes sont fermées dans les deux sens et ce par les carabiniers ».

     

    Le conseiller consulaire nous décrit la capitale économique de l’Italie comme « une ville vide, avec personne dans le métro ». Il nous rappelle que les multinationales présentes, italiennes bien sûr mais sans doute aussi les françaises, ont incité au télétravail.

    La bourse de Milan a dévissé de 5% ce lundi 24 février. 70% du business en Italie se fait dans le nord et concernant toujours Milan, et outre la Fashion Week, beaucoup de spectacles ont été limitée avec beaucoup de Shows en vidéo et sans public.

     

    Alexandre Bezardin nous l’indique : « beaucoup d’évènements sont interdits, notamment sportifs mais aussi ceux de la Scala de Milan, les musées et même les visites des églises ».

    Combien de temps cela va-t-il durer ? Les autorités lombardes ont mis en place les mesures jusque dimanche. Elles peuvent cependant être renouvelées.

    Le conseiller consulaire pensent qu’elles pourront l’être en effet, en raison de l’inconnue concernant l’évolution de l’épidémie.

    Le ressenti des Français d’Italie

    Concernant le ressenti des Français d’Italie, un élément est à prendre en compte : ce sont les vacances scolaires et beaucoup sont rentré en France. Le Lycée Français de Milan, fermé actuellement pour cette raison, n’a pas encore donné de consignes

    Cependant, et selon M. Bezardin, l’excellence du système de santé en Europe, Italie comprise, limite la panique. Il n’est pas question de rapatriements de masse. Il est optimiste, et nous aussi, sur la capacité de la troisième économie de la zone euro à faire face à cette crise qui ne sera que temporaire.

    L’ambassade et les trois consulats de France en Italie par ailleurs relayent les consignes des autorités.

    M. Bezardin a tenu enfin à souligner le professionnalisme des autorités italiennes, notamment au début de la crise et dans les aéroports. La France pourrait-elle mobiliser de telles forces, espérons que l’avenir ne nous en pose pas la question…

  • Coronavirus : Les marchés mondiaux plongent dans le rouge

    Les Bourses mondiales ont plongé dans le rouge face à l’accélération de la propagation de l’épidémie de coronavirus hors de Chine, qui fait craindre des répercussions macroéconomiques majeures.

    La Bourse de Tokyo a ouvert la séance de mardi avec une chute supérieure à 4% pour le Nikkei, qui a oscillé autour de ce niveau dans les premières transactions. L’indice élargi Topix abandonnait de son côté 3,81%.

    Les places financières chinoises ont également ouvert en repli mardi mais moins marqué: l’indice composite de Shanghai perdait 1,62% tandis que celui de Shenzhen cédait 2,09% et que le Hang Seng de Hong Kong perdait 0,37%.

    Les marchés mondiaux ont dégringolé lundi face à la diffusion internationale du coronavirus apparu en Chine en décembre.

    A Wall Street, le Dow Jones a connu sa pire séance en plus de deux ans avec une chute de 3,56%, le Nasdaq est tombé de 3,71% et le S&P 500 de 3,35%.

    Les places européennes ont clôturé sur des pertes comprises entre 3% et plus de 5%. La Bourse de Paris a notamment chuté de 3,94%, Londres de 3,34%, Francfort de 4,01%, Milan de 5,43%, Zurich de 3,58% et Madrid de 4,07%.

    L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro s’est enfoncé de 4,01%.

    Alors que les actions plongeaient, au premier chef celles des secteurs exposés à la Chine (matières premières, automobile, tourisme et luxe), les investisseurs se sont repliés vers les valeurs refuge, à savoir les obligations d’Etat et l’or.

    Après avoir atteint dans la matinée un nouveau sommet en sept ans, à 1.689,31 dollars, l’once d’or gagnait 1,1% à 1.660,84 dollars vers 21H45 GMT.

    « Le marché s’inquiète du fait que la multiplication des cas hors de Chine ne se traduise par une pandémie mondiale susceptible d’avoir des répercussions macroéconomiques significatives », a commenté auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, gérant actions de Dôm Finance.

    Carte des valeurs boursières dans le monde le 24 février ( AFP / )

    Carte des valeurs boursières dans le monde le 24 février ( AFP / )

    « Tant que nous avions l’impression que l’épidémie était cantonnée à la Chine, les raisons de s’inquiéter étaient moindres. Maintenant que les cas se multiplient en dehors de Chine, en Corée du Sud, en Iran et désormais en Italie, les marchés réévaluent les impacts macroéconomiques possibles », a-t-il complété.

    Deux mois après l’apparition du nouveau coronavirus dans le centre de la Chine, l’épidémie s’est accélérée lundi à travers le globe avec notamment des bilans en forte hausse en Corée du Sud et en Iran, qui comptent respectivement le plus grand nombre de cas de contamination et le plus grand nombre de décès en dehors de Chine.

    L’Italie, qui compte désormais sept morts, est devenue le premier pays d’Europe à mettre en place un cordon sanitaire autour d’une dizaine de villes du Nord.

    Et cinq pays ont annoncé lundi de premiers cas de contamination: Afghanistan, Bahreïn, Koweït, Irak et Oman.

    La reprise « en péril »? –

    « D’abord c’était l’Iran, après l’Italie », donc cela « touche l’espace Schengen, ce qui pose un vrai problème puisque c’est une zone ouverte », a estimé auprès de l’AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs appelé lundi la planète à se préparer à une « éventuelle pandémie » du nouveau coronavirus, en jugeant « très préoccupante (…) l’augmentation soudaine » de ces nouveaux cas hors de Chine.

    Les investisseurs ont de la « difficulté à mettre un prix sur ce risque », a jugé M. Baradez, et c’est ce que les marchés reflètent.

    La directrice du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva a déclaré dimanche que le coronavirus avait « perturbé l’activité économique en Chine » et pourrait « mettre en péril » la reprise de l’économie mondiale.

    Un économiste de la Maison Blanche a souligné lundi que les perturbations causées par cette épidémie auraient un effet sur l’économie américaine, précisant que l’ampleur de cet impact restait incertain.

    « Alors que la publication des résultats 2019 touche à sa fin, les effets liés au coronavirus pourraient être de plus en plus importants sur les publications du premier trimestre, et les alertes sur résultats pourraient être annoncées dans de nombreux secteurs d’ici là », a prévenu dans une note Vincent Boy, analyste chez IG France.

  • Macron doute d’un accord « global » avec le Royaume-Uni

    Emmanuel Macron a mis en doute la possibilité d’un «accord global d’ici la fin de l’année» entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, évoquant notamment les tractations tendues sur la pêche, samedi au terme d’une visite de près de treize heures au Salon de l’Agriculture.

    Interpellé lors de sa déambulation sur moult sujets brûlants – retraites, Politique agricole commune (PAC), pesticides, «gilets jaunes», accords commerciaux internationaux, «agribashing» – le chef de l’Etat a conclu sa visite par une rencontre avec des représentants des pêcheurs français, inquiets que le Brexit les prive d’une large part de leur gagne-pain.

    «Je ne suis pas sûr qu’on aura un accord global d’ici la fin de l’année. De toute façon, ça va se tendre car ils (les Britanniques) sont très durs». Le Premier ministre «Boris Johnson a une carte en main, c’est la pêche, et avec ça, il va essayer d’obtenir l’accès au marché» européen, a déclaré M. Macron.

    Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier et doit négocier d’ici la fin de l’année avec elle un accord de libre-échange, qui réglementera entre autres l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques et vice-versa, au 30 juin pour une application au 1er janvier 2021.

    «Macron a dit on aura un accord partiel, parce que tous les sujets ne pourront pas être traités, mais sur la pêche ce sera traité», a rapporté à l’AFP un participant à l’issue de la rencontre.

    «Rien lâché» à Bruxelles 

    Dès l’ouverture du Salon, qui se tient jusqu’au 1er mars à Paris, Emmanuel Macron avait cherché à rassurer des agriculteurs inquiets qui lui réclamaient des «messages forts», alors que leur profession est bousculée par des controverses environnementales, et que pesait l’échec, la veille, de négociations européennes cruciales pour les agriculteurs.

    Un agriculteur l’a remercié de n’avoir «rien lâché» vendredi: le chef de l’État est revenu de Bruxelles – où se négociait le budget de l’UE pour 2021-2027 – sans accord sur le maintien de l’enveloppe de la Politique agricole commune (PAC) dont il a fait sa priorité, les 27 pays de l’Union n’ayant pu s’entendre.

    «La PAC ne peut pas être la variable d’ajustement du Brexit», a martelé le président, alors que l’équilibre de la profession repose largement sur les neuf milliards d’aides européennes que touche la France.

    Interrogé aussi sur les retraites des agriculteurs, il a jugé «impossible» de revaloriser les pensions actuelles à 85% du Smic, une mesure prévue dans le futur système mais qui coûterait trop cher à appliquer aux agriculteurs déjà à la retraite: ce serait 1,1 milliard d’euros, a-t-il déclaré – si l’on inclut les pensions des retraités actuels et de leurs conjoints.

    Ouverture sur les retraites

    Mais il a ensuite fait une ouverture: «Nous devons trouver un mécanisme de financement aujourd’hui. Mais je suis tout à fait ouvert et je souhaite qu’on y travaille, et sur le sujet du stock, c’est-à-dire les retraités actuels, je ne pense pas qu’il faut le mettre dans le système des retraites, mais dans la loi de financement de sécurité sociale, on peut un peu améliorer les choses», a avancé M. Macron.

    Auprès de viticulteurs très inquiets, touchés par des sanctions douanières punitives américaines et qui réclament 300 millions d’euros de compensations pour couvrir le manque à gagner sur leurs exportations aux Etats-Unis, leur premier client, le chef de l’Etat s’est engagé à «porter la demande d’un fonds de compensation auprès de l’Union européenne» et à «faire en sorte que d’ici le printemps ce fonds de compensation puisse se mettre en place», a déclaré Jérôme Despey, viticulteur et secrétaire général de la FNSEA.

    Il a aussi promis de recevoir à l’Élysée des «gilets jaunes», ce qui serait une première. Un peu plus tard, Eric Drouet, figure historique du mouvement, a été expulsé par des policiers du Salon, sans avoir réussi à approcher le président, puis placé en garde à vue pendant plusieurs heures pour rébellion.

    Sujet brûlant pour les agriculteurs, le président a été interpellé sur les zones de non-traitement (ZNT) aux pesticides près des habitations, effectives depuis le 1er janvier. Il a suggéré que les bandes de terres agricoles non cultivées en raison des interdictions d’épandage puissent à l’avenir être «valorisées», promettant que les agriculteurs seraient «accompagnés» financièrement et s’est engagé à assurer une «sécurité juridique» pour que les prochains semis se fassent «dans un cadre apaisé».

    «Il nous faut une agriculture forte parce que les Français veulent savoir ce qu’ils mangent. On est dans une transformation historique», a déclaré Emmanuel Macron.

  • Niveau scolaire en baisse ou en hausse, à vous de choisir

    La France compte de plus en plus de diplômés de l’enseignement supérieur. Pour autant nombreux sont ceux qui considèrent que le niveau scolaire baisse. Les études PISA de l’OCDE, les tests de quotient intellectuel semblent prouver que, depuis une vingtaine d’années, les jeunes Français sont de moins en moins performants.

    Le débat autour de la baisse du niveau intellectuel n’est pas nouveau. Déjà dans les années 70, les polémiques sur l’orthographe, sur l’anglicisation de la langue française étaient nombreuses. Entre 1968 et 1995, la proportion de détenteurs du baccalauréat par génération passe de 19,6 à 37,2 %. Ce taux redescend à 31 % en 2004 avant de remonter jusqu’à 42 % en 2018. Tous bacs confondus, le taux de détention a atteint 79,9 % en 2018 se rapprochant ainsi de l’objectif de 80 % fixé par Lionel Jospin. Ce taux était de 19,6 % en 1968 et 51,1 % en 1995. Cette augmentation s’explique avant tout par l’envolée des bacs professionnels. En 2018, 21,5 % des jeunes de la cohorte avaient le bac professionnel, contre 5,1 % en 1992. Pour le bac général, les taux respectifs sont de 42,1 et 32,4 %. La proportion d’élèves ayant eu le bac technique est restée stable sur la période en passant de 12,6 à 16,3 %.

    Baisse en calcul … et en dictée.

    Une étude réalisée par la Direction de l’Évaluation, de la prospective et de la performance du Ministère de l’Education nationale a recensé les capacités des élèves français à effectuer des additions, des soustractions et des multiplications à trous et cela en 1987, 1999, 2007 et 2017. Le score moyen est passé de 250 à 176 points de 1987 à 2017.

    Pour les dictées, le Ministère a également admis une baisse sensible de niveau. Le nombre de fautes par élèves pour une dictée test est passé de 10,6 à 17,8 de 1987 à 2017. La baisse du niveau concerne toutes les catégories sociales mais elle est plus prononcée pour les catégories les plus modestes. La baisse est de 26 % pour les enfants de cadres et de 30 % chez ceux d’ouvriers.

    Pas seulement en France

    Le reflux du niveau n’est pas spécifique à la France. Aux États-Unis, une dégradation des compétences scolaires a débuté les années 60. En France, le phénomène date des années 80. Il aura des conséquences sur le niveau des actifs par le jeu du remplacement des générations à compter de 2030. Une des explications majeures de la baisse du niveau provient du recul de la pratique de l’écrit et de la lecture ainsi que du manque croissant de concentration des élèves. Un déficit de la lecture et de l’écrit entre 6 et 12 ans ne serait pas récupérable.

    En Chine, en Corée du Sud, à Singapour ou au Japon, les autorités tentent de réduire autant que possible l’usage des jeux vidéo dont ils sont pourtant les champions pour la conception ou la production. Ces pays qui figurent dans le peloton de tête pour les classements de niveau des élèves établis par l’OCDE sont ceux dont le système éducatif demeure marqué par le maintien d’un rigorisme certain.

    Selon l’INSEE, le niveau moyen de la population a malgré tout progressé de génération en génération. Ainsi, seuls 11 % des personnes de 18 à 29 ans rencontrent des difficultés en calcul quand ce taux dépasse 22 % chez les 50 à 59 ans. Pour les difficultés à l’écrit, les taux respectifs sont 10 et 21 %. Près de 45 % des nouvelles cohortes poursuivent des études supérieures en 2018 quand ce taux était de 27 % en 2000.

    2.6 millions d’étudiants aujourd’hui, 310.000 en 1960

    Pour l’enseignement supérieur, ce changement d’échelle est une des sources de ses problèmes. Le système construit entre le XIXe siècle et la fin de la Seconde Guerre mondiale n’avait pas été imaginé pour intégrer un si grand nombre d’élèves. Le babyboom des années 50/60 avait certes créé un choc mais les effectifs ne sont en rien comparables avec ceux de maintenant. La France compte 2,6 millions d’étudiants en 2020 contre 310 000 en 1960.

    En France, comme dans les pays occidentaux, la proportion de jeunes ayant un diplôme d’enseignement supérieur n’a jamais été aussi élevée. Le diplôme est de plus en plus une condition sine qua non pour obtenir un emploi stable. En revanche, les écarts entre les formations tendent à s’accroître. Les filières d’excellence sont de plus en plus sélectives, le nombre de places disponibles n’ayant pas suivi celui des bacheliers. Les grandes écoles françaises qui ont réussi à résister à la tentation ou à la pression égalisatrice sont accusées de favoriser la reproduction des élites. Plusieurs tentatives ont été ainsi mises en œuvre avec par exemple pour Sciences Po l’instauration d’un canal de recrutement dans les lycées situés dans les Zones d’Education Prioritaire. L’abandon des épreuves de culture générale est également une voie choisie pour permettre un élargissement du recrutement vers des catégories sociales plus modestes.

    Avec la suppression des séries en 1ère et en Terminale ainsi qu’en modifiant l’organisation du bac (une partie des notes dépendent d’épreuves au fil de l’année et du contrôle continu), le Gouvernement prend acte que ce dernier n’est plus un outil de sélection. Avec un taux d’obtention de 80 %, il n’a plus vocation à jouer ce rôle. L’idée est même de lui enlever un rôle d’orientation en permettant aux jeunes de pouvoir  mener les études supérieures de leur choix (changement du mode de recrutement en médecine par exemple).

    La France a réussi plus ou moins la massification de son système éducatif. La baisse qualitative est peut-être le prix à payer même si celle-ci est également liée à d’autres facteurs (structure démographique, structure des familles, rapport au travail).

    La baisse du niveau mesuré par l’OCDE ou par le Ministère de l’Education nationale concerne en priorité les jeunes garçons. Le décrochage scolaire est important dans les quartiers difficiles où l’école n’est plus considérée comme un vecteur de réussite. Si l’obtention d’un diplôme reste le gage d’un emploi, en revanche, les perspectives d’ascension sociale en particulier au sein des professions intermédiaires se sont affaiblies avec le recul de l’industrie et la moindre vitalité du secteur financier.

    Problèmes de recrutement

    Par ailleurs, concurrencé par Google ou YouTubeainsi que par les messageries, le système éducatif n’est plus jugé comme le premier canal d’accès aux connaissances et aux compétences de la part des élèves. Cette situation est renforcée par les problèmes de recrutement auquel est confrontée l’Education nationale.

    La modicité des rémunérations et les difficultés croissantes rencontrées dans l’animation des classes, voire les agressions physiques et autres formes de violence à l’encontre du corps enseignant, n’incitent pas les meilleurs diplômés à rejoindre le monde de l’enseignement. Le conservatisme des professeurs qui rejoint celui des parents ne facilitent pas également la mise en œuvre de réformes ni l’introduction de nouvelles techniques pédagogiques.

    L’incapacité des pays occidentaux et de la France, en particulier, d’instituer un système d’enseignement capable d’associer du quantitatif et du qualitatif est une menace importante pour l’avenir.

    Si les enfants des catégories sociales supérieures continuent à accéder à des établissements prestigieux dans le cadre de cursus de plus en plus internationalisé, les enfants des autres catégories sociales peuvent connaître un dangereux nivellement par le bas. Si au XIXe et au XXe siècle, l’alphabétisation a été menée tant pour accompagner la Révolution industrielle que pour consolider la République, la déliquescence du système éducatif actuel contribue à une remise en cause des valeurs démocratiques des nations dites avancées.

  • L’avenir de la guerre, le Pape et Napoléon.

    « L’Utilisation de l’énergie atomique à des fins militaires est immorale. Comme est immorale la possession d’armes atomiques » avait déclaré le Pape François à Nagasaki, rompant ainsi avec la position traditionnelle de l’Eglise catholique, qui voyait dans l’arme atomique une arme, plus destructrice que les autres, mais qui jouait aussi un rôle de dissuasion. C’était aussi l’avis des analystes et des historiens.

    Est-ce encore le cas ? Le Président français a annoncé sa décision de continuer à moderniser l’outil de la force nucléaire française. 300 têtes, pour 36 milliards d’euros. 36 milliards de dollars, c’est le budget annuel de l’arme nucléaire américaine. On doit être inquiet pour les bombesrusses : ont-ils vraiment les moyens de les entretenir ?

    Qui oserait renoncer à la bombe ? Mais qui oserait prétendre qu’elle garantit la paix, comme si l’accession de nouveaux pays à l’arme atomique pacifierait la planète entière ? Quand on sait que l’Iran pourrait avoir l’arme nucléaire en deux ans, qu’Israël l’a, que la Corée, le Pakistan et l’Inde en sont dotés, en plus de la Chine et de la Russie, sommes-nous rassurés ? Quand on voit que Poutine bombarde les hôpitaux civils en Syrie dans un effrayant silence, qu’il parle aux Ukrainiens tout en laissant les séparatistes du Donbass lancer une offensive heureusement repoussée, est-on en confiance ? Quand on mesure la capacité de chantage des Turcs, des Russes, des Coréens, et de tous ceux qui rêvent de les imiter, oserait-on vraiment se passer de l’arme nucléaire ?

    Les armes du siècle dernier

    Et pourtant : le pape n’est-il pas simplement en avance ? L’arme nucléaire est l’arme absolue des années cinquante. Aujourd’hui, la plupart des guerres ne sont pas des guerres conventionnelles. L’armée française, une des plus interventionnistes de la planète (avec les Etats-Unis), ne combat depuis plus d’un demi siècle que des forces non conventionnelles. Nous gagnerions certainement la dernière guerre. D’ailleurs nous l’avons gagnée, avec nos alliés et la bombe en bandoulière : c’était la guerre froide.

    Comme s’il y avait au moins deux niveaux de guerre, assez étrangères l’une à l’autre. La théorique : la nucléaire, qui n’a jamais lieu parce que sa possibilité est impensable (la stratégie nucléaire américaine s’appelait MAD, ce qui faisait rire les généraux), mais qui est existe stratégiquement. Et puis la pratique : la guerre quotidienne, celle du Sahel, de la Syrie, du Yémen, de la Lybie, du Donbass, avec des drones sophistiqués, des pick-up de bandes armées, de la contrebande de tous cotés, sous-étatique et interétatique ; armes, drogue et pauvres gens mêlées. Le coût annuel de l’intervention Barkhane équivaut à peu près aux budgets militaires conjoints des cinq pays du Sahel concernés. Une guerre dont la solution ne peut être militaire. Est-ce moral, néocolonialiste, humanitaire, ou simplement d’une irréflexion mécanique?

    La guerre à venir sera la guerre cybernétique, celle des virus, du renseignement, de l’électromagnétisme. Plus de blocus, mais la ruine technologique, économique, financière. Combien coûte un bombardement de fakes news pour changer un régime, aider un Brexit, provoquer une panique boursière, une panne électronique, un chaos dans les ordinateurs d’un Etat-major, rendre un porte-avion aveugle, etcMoins cher que Barkhane.

    Effort d’imagination en temps de paix

    Peu d’organisations doivent innover plus vite que les armées. Surtout en temps de guerre. En temps de paix, il faut un effort d’imagination.L’arme nucléaire, – comme le porte-avion – sont des armes de la dernière guerre mondiale. Cela ne signifie pas qu’il faut les abandonner, mais il ne faut pas que les budgets alloués aux outils d’aujourd’hui empêchent d’investir dans ceux du futur. Les opérations « Sentinelle » ou larécréation d’un mini-service national sont militairement inutiles voire néfastes. On devrait décompter ces coûts du budget des armées.

    Avec une croissance économique de 1.5%, il est impensable que le budget militaire augmente plus vite que la croissance elle-même. On peut le promettre, cela ne sera jamais tenu. La raison est assez simple : rarement la France a été aussi peu menacée. Ses faiblesses les plus criantes ne sont pas militaires. Elles sont de l’ordre du déclassement créatif, y compris en matière de stratégie militaire.

    Le budget militaire n’augmentera pas

    A court terme, il n’y que deux solutions : conforter les alliances, diminuer les interventions. Comme nos alliés, Américains et Allemands sont de moins en moins interventionnistes, il est impératif de se concentrer sur la guerre de demain, pas celle dont on n’a pas les moyens. « La guerre va devenir un anachronisme. (…) Il y a deux systèmes, le passé et l’avenir. Le présent n’est qu’une transition pénible. Qui doit triompher, selon vous ? L’avenir, n’est-ce pas ? L’avenir, c’est l’intelligence, l’industrie et la paix ; le passé, c’était la force brute, les privilèges et l’ignorance. (…) Les victoires s’accompliront un jour sans canons et sans baïonnettes ! Ne me parlez plus de la guerre. » Quel est le moraliste qui a dit cela, le Pape ? Non, Napoléon. Il y aura des guerres et des victoires, mais peut-être sans bombe et sans canon. Elles ne seront pas forcément morales.

    Bombe ou machette : qui tient le manche ?

    On ne renoncera pas au nucléaire parce qu’il est immoral (La flèche aussi était jugée immorale en Occident), on y renoncera quand on l’aura rendu obsolète par des armes intelligentes qui le rendront trop dangereux pour ceux qui le possèdent. Puisse-t-on découvrir alors des armes qui dissuadent encore d’utiliser d’autres bombes. Et qui rouillent les machettes. Elles ont tué au Rwanda plus que les bombes atomiques au Japon. La question morale est : Qui tient le manche ? Et la réponse est politique.

    Laurent Dominati

    Ancien Ambassadeur de France,

    Ancien Député de Paris.

  • Français en Italie : que faire face au coronavirus ? Le point sur les fermetures des transports et des administrations

    3 morts, 130 cas, le carnaval de Venise stoppé, la fashion Week de Milan perturbée, 11 villes quasi complètement coupées du monde, l’Italie est, de loin, le pays le plus frappé en Europe par le coronavirus

    Les autorités italiennes avaient annoncé la suspension de toutes les liaisons aériennes directes avec la Chine depuis le  1er février et un contrôle de température aux aéroports de tous les voyageurs en provenance de l’étranger.

    Avec l’explosion des cas depuis le 22 février, elles ont également pris des mesures de restriction dans les 11 communes suivantes : Codogno ; Casapusterlengo ; Castiglione d’Adda ; Maleo ; Fombio ; Bertonico ; Castelgerundo ; Somaglia ; San Fiorano ; Terranova dei Passerini ; Vo Euganeo.

    Pour ces communes, les autorités publiques italiennes ont décidé :

    • La suspension de toutes les manifestations publiques ;
    • La fermeture des activités commerciales (hormis celles de première nécessité) ;
    • La suspension des activités dans les entreprises des zones concernées ;
    • La suspension des activités sportives.

    Ces villes ne sont par ailleurs plus accessibles par les moyens de transport public.

    En outre,

    • les écoles et installations sportives, publiques et privées, de la province de Plaisance (en Emilie-Romagne) resteront fermées jusqu’au 25 février ;
    • les universités de Lombardie seront fermées jusqu’au 2 mars, celle de Venise et celle de Ferrare jusqu’au 29 février.
    • à Milan, les services ouverts au public seront fermés à partir de lundi 24 février jusqu’à nouvel ordre.

    Il est recommandé de suivre les consignes des autorités locales (notamment sur le site du ministère de la santé, en italien), de s’informer au numéro vert d’information 1500 et de consulter le site internet et les réseaux sociaux de l’OMS et de l’ambassade de France en Italie.

    A ce jour, ni l’ambassade ni le consulat n’ont donné de consignes spécifiques aux Français d’Italie en dehors de celles générales transmises aux voyageurs. Aucun rapatriement n’est envisagé.

    Certains conseillers consulaires informent sur leur page en temps réel de l’évolution de l’épidémie et des consignes comme Alexandre Bezardin qui est aussi le suppléant du député de la circonscription Meyer Habib (UDI).

    En tout état, il ne faut pas oublier les règles de base, éviter les endroits de promiscuité, se laver les mains régulièrement, s’équiper de masques prévus à cet effet dans les zones de contamination ou à proximité.

    Fermeture des services publics à Milan jusqu’à nouvel ordre

    Dans la capitale Lombarde, dans la région la plus touchée de la péninsule par le coronavirus, cette fermeture des services publics risque de fort perturber la vie des habitants.

    Le lycée français de Milan sera-t-il affecté?

    L’ambassade et les services consulaires ne  communiquent pas par hasard : 45 000 Français résident en Italie. Nombreux d’entre eux résident dans le nord de la péninsule, région la plus riche du pays. Milan compte notamment un lycée français qui n’a pas, pour le moment, annoncé de mesures spécifiques.

    La situation inquiétante de l’autre côté des Alpes pourrait-elle avoir des conséquences en France ? Oui si elle perdure et qu’elle s’étend. La France est le 2ème client et le 2ème fournisseur de l’Italie. La France est aussi le 1er investisseur étranger du pays avec 22% des investissements totaux.

    Les médias italiens, eux, ne parlent presque que de cela. Au risque de provoquer la psychose ?

    Les prochains jours permettrons de voir si les mesures spectaculaires qui ont été mises en place portent leurs fruits.

  • L’UE rêve d’un espace unique pour les cartes bancaires européennes

    La Commission présentera cet automne une stratégie destinée à instaurer un marché européen intégré des paiements. Le but : faciliter l’utilisation des services de paiement nationaux en Europe et réduire la dépendance vis-à-vis des opérateurs tels que Visa ou Mastercard.

    L’espace unique de paiement en euros (SEPA) permet à plus de 500 000 citoyens dans l’UE d’effectuer des virements et des prélèvements uniformes.

    La mise en place d’un SEPA pour les cartes est encore à l’état de projet cependant, car les systèmes nationaux de cartes et les banques ne voient toujours pas l’intérêt économique de surmonter les obstacles liés à la connectivité et à l’interopérabilité et de fixer des normes communes.

    D’après la Banque centrale européenne (BCE) cependant, l’évolution rapide du secteur des paiements instantanés, bousculé par les nouvelles entreprises technologiques, pourrait permettre de mettre en place plus vite un espace unique pour les cartes européennes, ce qui, en fin de compte, profiterait aux titulaires de cartes et aux commerçants.

    Dans ce contexte, la Commission devrait présenter à l’automne une stratégie destinée à instaurer « un secteur des paiements de détail innovant, intégré et compétitif en Europe, pour concurrencer les entreprises mondiales », a fait savoir un fonctionnaire de l’UE à Euractiv.com sous couvert de l’anonymat.

    Selon le programme de travail de l’exécutif de l’UE, le collège présentera également une nouvelle stratégie de financement numérique.

    Afin de préparer le terrain pour la nouvelle législation, une consultation publique sur les paiements sera bientôt lancée, a indiqué la Commission.

    Le fonctionnaire de l’UE a expliqué qu’en raison de la fragmentation des systèmes de cartes nationaux, même les opérateurs européens les plus puissants offrent des services qui ne fonctionnent qu’au sein de tel ou tel État membre, indépendamment des autres.

    En conséquence, « il leur faut s’associer à de grands opérateurs internationaux hors d’Europe s’ils veulent offrir des paiements paneuropéens », a-t-il ajouté.

    La volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des acteurs mondiaux, tels que Visa ou Mastercard, répond au nouvel objectif global de l’UE, qui est de promouvoir la souveraineté européenne.

    La Banque centrale européenne a déjà esquissé la voie à suivre. Son système de paiement instantané TARGET (TIPS), lancé en novembre 2018, pourrait insuffler « l’élan » nécessaire pour faire voler les cloisonnements nationaux en éclat, a-t-elle fait valoir.

    Dans un rapport publié en avril dernier, l’institution basée à Francfort affirme que le TIPS « pourrait être un moyen de soutenir l’interconnexion et l’interopérabilité des systèmes de cartes nationaux et, si une couverture paneuropéenne complète [était] assurée, il constituerait une alternative possible à la création d’un système de cartes européen ».

    La BCE a suggéré d’utiliser un logo européen commun pour signaler l’acceptation de la nouvelle carte paneuropéenne de l’UE.

    Un monde compétitif

    La création d’une carte paneuropéenne serait la dernière nouveauté dans le secteur des paiements, qui évolue très vite.

    Les fonctionnaires de l’UE, les banques et les startups du secteur financier s’accordent à dire que la deuxième directive sur les services de paiement a changé la donne en ouvrant ce secteur.

    La législation européenne a forcé les banques à partager les données de leurs clients avec de nouvelles entreprises et des fournisseurs de services financiers. Dès lors, le marché des paiements s’est ouvert aux nouveaux venus, offrant de nouveaux services et des prix plus bas.

    Tout comme les législateurs et les eurocrates, les fonctionnaires européens estiment que les moteurs du changement dans l’écosystème des paiements sont les attentes des consommateurs, ainsi que le rôle toujours plus important joué par les géants du numérique.

    Le dernier coup de théâtre a été l’annonce du lancement par Facebook de sa propre monnaie numérique cette année encore. Une « sérieuse » préoccupation pour les pays du G7.

    La BCE a déclaré que le Libra constituait un rappel à l’ordre pour les banques centrales, car la cryptomonnaie de Facebook propose une option de paiement innovante et moins chère aux utilisateurs.

    Six banques centrales, dont la BCE, et la Banque des règlements internationaux évaluent la potentielle utilisation transfrontalière de ces monnaies numériques.

    « Nous voulons en particulier déterminer si la monnaie numérique d’une banque centrale pourrait servir un objectif clair en faveur du public et soutenir les objectifs de la BCE », a souligné Christine Lagarde, la présidente de la BCE, dans une interview le mois dernier.

    Face aux attrayantes réductions des coûts offerte par les nouveaux venus, les opérateurs historiques soulignent la valeur ajoutée qu’ils apportent.

    Les cartes de crédit, qui restent le moyen de paiement électronique le plus utilisé, représentent environ 52 % de toutes les transactions autres qu’en espèces au sein de l’UE. Les opérateurs soulignent les avantages qu’elles offrent aux consommateurs en termes de commodité, de rapidité, de sûreté et de sécurité.

    En raison de la saturation du marché, toujours plus forte, la BCE soulignait dans son rapport du mois dernier que « l’approfondissement de la coopération et du dialogue entre les acteurs du marché, en particulier entre les opérateurs historiques et les nouveaux venus, bénéfici[ait] d’un soutien fort ».

    La BCE souhaite que la concurrence croissante se transforme en coopération, afin qu’un véritable espace unique de paiement en euros puisse voir le jour à l’avenir.

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