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  • L’émission de dette commune est vouée à l’échec

    L’émission de dette commune est vouée à l’échec

    Durant la pandémie sans précédent que nous traversons, il est logique s’interroger sur la coopération européenne pour cette Journée de l’Europe : comment l’Union peut-elle obtenir des résultats concrets pour ses citoyens ?

    Stef Blok est ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, et membre du gouvernement néerlandais de Mark Rutte depuis 2012. Le pays, soutenu par l’Allemagne, refuse toute mutualisation de dette entre les pays européens qui n’ont pas les mêmes pratiques en matière d’endettement.

    L’UE est née sur les ruines de la guerre.

    Le choix s’est alors porté sur une coopération axée sur des produits basiques : le charbon et l’acier, l’idée sous-jacente étant qu’une communauté d’intérêts autour de ces matériaux essentiels créerait une communauté de destin et, partant, réduirait le risque de conflit. À l’heure où les tensions s’accroissent, nous oublions trop facilement que la mise en œuvre de cette idée a réussi au-delà de toute attente. Au fil du temps, les pays et les régions ont pu gagner en compétitivité, soutenus par l’impulsion donnée à leur économie, et devenir ainsi des acteurs du marché intérieur.

    Le vin, les olives, les fromages français ou les fleurs coupées néerlandaises ont longtemps été des produits hors de portée du consommateur moyen des Pays-Bas, d’Italie ou d’Espagne. Se rendre sur la côte méditerranéenne ou au Rijksmuseum d’Amsterdam était réservé à une élite disposant des moyens financiers et du temps libre permettant de voyager à l’étranger, avec le change et les contrôles douaniers afférents. Divers territoires d’Europe centrale et orientale ont longtemps fait partie d’une alliance ennemie. Leurs habitants sont aujourd’hui intégrés à une communauté européenne fondée sur la liberté, les droits de l’homme et la prospérité. Si l’UE n’est pas parfaite, elle a aux yeux de beaucoup d’habitants de pays tiers suffisamment de qualités pour qu’ils risquent littéralement leur vie en tentant de la rejoindre.

    La réussite de l’idéal européen est passée par des étapes souvent lentes et difficiles.

    La force de la coopération internationale est en même temps son point faible. C’est une gageure de parvenir à un accord entre différents pays, et sa mise en œuvre bute elle aussi souvent sur des divergences nationales. En temps de crise, la résurgence de ces faiblesses résonne douloureusement.

    Si nous voulons coopérer plus efficacement au sein de l’Europe, il serait utile de tirer les enseignements de nos succès et échecs passés. Les succès en matière de commerce, de liberté et de droits de l’homme viennent facilement à l’esprit : coopération dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, lutte contre la pollution environnementale et protection des consommateurs. Autant d’avancées qui ont certes nécessité de longues concertations techniques, mais ont eu un impact positif sur la vie des citoyens ordinaires.

    Tout ne s’est pas toujours bien passé, témoin le non massif des Français et des Néerlandais contre le projet de constitution européenne, en 2005, et l’ambition déçue de devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et dynamique du monde en 2010. Des améliorations restent possibles dans de nombreux domaines ; par exemple s’agissant du fonctionnement de la zone euro, de la politique commune en matière d’asile et de la politique étrangère et de sécurité commune. Même constat pour les impulsions visant à accroître la compétitivité, qui ont rendu certains pays ou régions dépendants de l’aide européenne. Au lieu d’être pour autant que possible progressivement supprimée, elle entrave l’élaboration d’un budget européen porteur d’avenir.

    Les échecs ont souvent été dus à un excès de zèle.

    Nombre de personnes se sont opposées à une « union toujours plus étroite » tout en étant favorables à une coopération avec les pays voisins qui préserve les compétences nationales. Elles n’étaient pas seulement mues par un sentiment national et la volonté de maintenir le processus décisionnel au plus près, mais aussi par leur observation dans la pratique du revers de la coopération internationale. Les différences de mise en œuvre et de respect des mesures convenues sapent leur confiance. C’est pourquoi il est essentiel que tous les pays respectent les accords relatifs à l’État de droit, un des fondements de l’UE. « L’économie de la connaissance la plus compétitive et dynamique du monde » supposait la mise en place dans le monde de l’entreprise et de l’enseignement d’un type de concurrence dure, modèle inacceptable pour beaucoup d’Européens. La leçon de tout cela est que l’UE ne doit pas s’abriter derrière des stratégies par trop ambitieuses. L’UE réussit en avançant pas à pas sur des questions concrètes de portée transfrontalière. Nous devons coopérer dans les domaines où nous pouvons former ensemble un front solide.

    Solidarité le maitre mot

    Alors que la pandémie du COVID-19 est loin d’être finie, une tâche complexe nous attend : lutter efficacement contre cette crise et capitaliser sur les succès de la coopération européenne afin d’obtenir des résultats de qualité pour les habitants de l’UE et de préserver la confiance politique. La souffrance des victimes du coronavirus dans toute l’Europe — et en particulier en Italie et en Espagne, durement touchées — nous engage à agir. Sur le plan médical, nous devons veiller à ne plus dépendre d’un petit nombre de fournisseurs lointains, voire d’un seul. Cette dépendance souligne encore l’importance d’un front européen commun au niveau international, de sorte à ne pas être dressés les uns contre les autres. Comme lors de précédentes crises économico-financières, la récession qui nous attend demande des mesures nationales visant à consolider durablement nos économies et finances publiques respectives. Ce qui n’exclut évidemment pas d’agir au niveau international en vue de maintenir l’ouverture des canaux commerciaux et de garantir nos libertés et notre sécurité.

    En période de crise, il importe aussi de favoriser la solidarité, ici aussi souvent sur un plan très concret. Je pense à de beaux exemples de coopération ayant permis le transfert de patients vers un autre État membre, à des dons de matériel médical et au rapatriement commun des voyageurs bloqués à travers le monde. Mais les grands projets relatifs à l’émission de dette commune sont voués à connaître le même sort que les précédents vastes desseins européens : irréalisables, car se heurtant à une trop grande complexité, à de trop grandes différences et à des conséquences imprévues. Car que sera l’âge de la retraite paneuropéen ? Quel sera le montant des prestations sociales paneuropéennes ? Ces projets sont en outre nocifs, car ils susciteront forcément de nouveau l’opposition des Européens qui sont favorables à la coopération pour autant qu’elle respecte les compétences nationales.

    Les Pays-Bas sont bien sûr prêts à se montrer solidaires, y compris financièrement sur la base de plans d’investissement détaillés et de finances publiques durablement maîtrisées. Ils continuent de s’engager dans la voie qui s’est avérée féconde pour l’UE, et pour eux-mêmes. Un engagement à la fois ambitieux et pragmatique en faveur d’une coopération génératrice d’avancées : accords sur le climat, politique d’innovation ambitieuse, suppression des barrières commerciale et renforcement de l’économie numérique, mais aussi élaboration d’une politique efficace en matière d’asile et défense de l’État de droit et des droits de l’homme, si nécessaire à l’aide de sanctions. Tout cela demande une UE aguerrie au plan géopolitique. La solidarité suppose aussi des efforts de la part de chaque État membre. C’est à cette condition que l’entraide est possible et que peuvent être obtenus les résultats attendus par les citoyens. La Commission européenne peut promouvoir cette Europe ambitieuse qui œuvre pour ses habitants en remplissant le rôle crucial qui est le sien : veiller au respect des accords passés, quelles que soient les personnes concernées, et ne pas se réfugier dans de grands desseins, mais choisir d’avancer par étapes concrètes. Les résultats tangibles valent mieux que les perspectives lointaines.

  • L’Espagne met en quatorzaine les voyageurs arrivant sur son sol – Français inclus

    L’Espagne met en quatorzaine les voyageurs arrivant sur son sol – Français inclus

    L’Espagne a instauré le principe de quatorzaine pour tout voyageur arrivant de l’étranger, Espace Schengen inclus.

    Frontière fermée ou pas ? Possibilité d’aller en Espagne ou pas ? Au moins, désormais, c’est clair.  Cela veut dire aussi que le Portugal se retrouve isolé du reste de l’Europe.

    Instauré dans la plupart des pays européens, l’Espagne a imposé le principe de quatorzaine pour tout voyageur pénétrant sur son territoire. Grosse différence avec la France et les autres états, c’est qu’elle veut aussi l’imposer aux citoyens de l’espace Shengen.  Cette mesure sera effective la fin de l’état d’urgence, elle a été publié ce jour au Bulletin officiel espagnol et elle prendra effet à compter du vendredi 15 mai pour se terminer donc le 23 mai avec la fin de l’état d’urgence.

    En gros, si vous franchissez la frontière, vous devrez ainsi passer quatorze jours en isolement avant de pouvoir circuler librement. Ajoutez quatorze jours au 15 mai et vous tombez sur le… 29 mai.

    Une mesure qui s’appliquera donc jusqu’au 23 mai, pour débuter son isolement, date de la fin de l’état d’Urgence. Le gouvernement ne s’interdisant pas de le prolonger.

    Cependant, il y a des exceptions :

    Citoyens espagnols; 

    Résidents en Espagne, ayant à prouver leur résidence habituelle; 

    Les travailleurs transfrontaliers; 

    Les professionnels de la santé ou des soins aux personnes âgées qui exerceront leur activité professionnelle; 

    Quiconque documente des raisons de force majeure ou une situation de besoin pressant.

    Les citoyens français qui désirent donc rejoindre le Portugal, dans le cadre d’un regroupement familial ou pour rejoindre leur résidence officielle dans ce pays, pouvaient jusqu’à présent traverser le pays en présentant l’attestation disponible auprès de l’Ambassade Française au Portugal ou auprès de l’Ambassade Portugaise en France. La députée Samantha Cazebonne s’est mobilisée, avec son suppléant Stéphane Vojeta, en alertant le Ministre de l’Intérieur sur les conséquences majeures pour nos compatriotes d’une application à l’aveugle de cette mesure en Espagne?.

  • Une pétition pour sauver les Alliances Françaises !

    Une pétition pour sauver les Alliances Françaises !

    Une pétition pour sauver les Alliances françaises recueille déjà des milliers de signature. Lancée par des élus , des directeurs , des professeurs, elle a déjà atteint 5000 signataires. Les Alliances françaises forment un réseau , c’est aussi une institution très populaire.

    Le pilier du rayonnement culturel français, c’est la Francophonie  !

    Une seule méthode : Faciliter l’enseignement de la langue française à l’étranger et la circulation de ses artistes. Pour cela, la France a pu compter sur un réseau de 832 Alliances françaises dans 132 pays, dont la France, c’est le premier réseau culturel au monde.

    Evidemment la crise du Coronavirus a frappé de plein fouet les Alliances françaises dans leur cœur de métier :  l’enseignement de proximité de la langue française.

    Plus que la langue française, les Alliances Françaises à travers le monde transmettent aussi notre Culture.  Littérature, cinéma, mais aussi cuisine, nos habitudes de vie, notre vision du monde.

    Souvent elles sont le symbole, dans leurs villes d’implantation, d’une certaine convivialité à la française. Et mieux elles font le pont entre la France et les pays francophones qui développent leurs propres cultures. Elles témoignent ainsi de  la diversité qui nourrit la Francophonie tout en renforçant le socle de  valeurs partagées.

    Aujourd’hui, c’est plus de 150 ans d’investissements matériels et humains qui sont en danger.  En effet, des centaines d’enseignants de français comme langue étrangère, souvent des indépendants, craignent de perdre leurs emplois très rapidement.

    Soutenues par la politique de diplomatie culturelle à la marge, les Alliances françaises sont, et c’est à souligner, le plus souvent auto-financées ! Sur le budget total, la part des subventions françaises se limitent à 10%, dans la plupart des cas à travers le détachement de fonctionnaires pour assurer le management des unités dans les pays d’accueil. Souvent constituées comme associations de droit local privé, elles ont su développer un modèle économique viable via leurs cours de français (500 000 apprenants).

    Avec le Coronavirus, elles ont su réagir rapidement en développant le télé-enseignement. Cependant ce segment de marché est très concurrentiel, avec des concurrents sans bureaux, sans mission culturelle. Elles sont donc souvent nettement plus chères. Et surtout, elles privent les apprenants d’une immersion dans la culture française qu’elles offrent à travers leurs différents services, comme la médiathèque, les initiations à la cuisine, etc.  Conclusion, les plus  petites Alliances sont sur le point de mettre la clef sous la porte..

    Et c’est face à ce constat que les conseillers consulaires, vos élus locaux,  ainsi ceux qui font vivre les antennes locales, se mobilisent et ont lancé, ensemble, la semaine dernière une pétition pour alerter les expatriés et les autorités. Lors de l’écriture de l’article, elle avait déjà recueillie près de 5000 signatures.

    C’est un tout nouveau président de la fondation, qui chapeaute le réseau, qui va être en charge de relever ce défi. Yves Bigot, qui est aussi directeur général de TV5 Monde, grand promoteur de la Francophonie, dans son interview de la semaine dernière, indiquait qu’il était mobilisé pour obtenir l’aide nécéssaire auprès du gouvernement.

  • Déconfinement en Suisse : branle-bas de combat pour éviter la « deuxième vague » – Une vidéo TV5 Monde

    Déconfinement en Suisse : branle-bas de combat pour éviter la « deuxième vague » – Une vidéo TV5 Monde

    À quelques heures de sa sortie de confinement, la Suisse s’organise pour vivre et travailler désormais avec le Covid-19 : de l’essayage de vêtements en boutique à l’explosion des demandes de parois en plexiglass en passant par le réagencement des lieux publics, on réfléchit à éviter au mieux toutes les situations possibles de contamination. 

  • Lycées français à l’étranger: réouverture en ordre dispersé

    Lycées français à l’étranger: réouverture en ordre dispersé

    Le lycée français de Berlin

    Avec le confinement de la moitié de la planète depuis des semaines, les lycées à travers le monde ont forcément dû s’adapter .

    Enseignement à distance, avec cours en ligne, incertitude et inquiétude concernant l’année prochaine, aménagement potentiel des paiements pour les parents qui ont des difficultés à payer, eux aussi étant souvent précarisés.. Jamais l’enseignement français à l’étranger n’a été saisi de telles secousses.

    Alors que la situation commence peu-à-peu à revenir à la normale dans certains territoires, la question des réouvertures se pose. Elle dépend avant tout d’une chose : la politique de déconfinement mise en place par les autorités locales. Les réseaux diplomatiques français sont également naturellement très attentifs à la situation.

    Réouverture progressive prévue du lycée français de Lisbonne

    Au Portugal, par exemple, pays relativement épargné par le coronavirus, l’Ambassade de France est en contact avec les lycées et travaille de concert. Les autorités ont annoncé la réouverture progressive des classes. Les sections préscolaires rouvriront le 1er juin et une étude est réalisée afin d’étendre la mesure aux classes de maternelle. Le processus est également engagé pour rouvrir les classes de première et de terminale mais rien n’indique qu’il y aura une reprise des autres sections avant l’été comme le précise le lycée français de Lisbonne  .

    Ailleurs en Europe, le lycée Chateaubriand de Rome  est fermé jusqu’au 10 juin avec des cours en ligne. C’est également par exemple le cas de l’école française de Naples . Rappelons que l’Italie est le premier pays d’Europe à avoir été touché par la pandémie et retourne petit à petit à la normale

    Le lycée français de Londres  , lui, est fermé depuis le 17 mars et jusqu’à nouvel ordre. Les deux pays sont ceux qui ont payé le tribut le plus lors en Europe jusqu’à présent. L’annonce du Premier ministre britannique de prolonger le confinement au Royaume-Uni, rend l’hypothèse d’une réouverture de plus en plus incertaine avant septembre 2020.

    La difficulté de payer pour de nombreux parents

    Au confinement et à la difficulté technique d’assurer un suivi pédagogique à distance s’ajoute très souvent une crise économique absolument cataclysmique. De nombreux parents ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils éprouvent, logiquement, les plus grandes difficultés à s’acquitter des frais de scolarité. Certains estiment aussi que les services rendus de manière entièrement digitale lors du 3ème semestre pourrait justifier une réduction des frais sur cette période. Des pistes envisagées via le mécanisme d’aide au réseau déployé par le gouvernement.

    Le lycée Charles de Gaulle de Londres

    Au Vietnam, le lycée français d’Hanoi fait preuve de pédagogie concernant les possibilités de demandes d’aides via des bourses exceptionnelles. Attention, la date limite est le 22 mai pour tous les établissements dans le monde. Dans des pays comme le Vietnam, la communauté sur place vit souvent largement du tourisme, un secteur naturellement au point mort.

    Au Liban, une crise économique majeur a précédé la pandémie. Le lycée de Beyrouth, une institution ancienne et majeure qui accueille 3500 élèves est particulièrement vigilant sur les informations à communiquer .

    Partons enfin à Berlin, l’Allemagne a mieux géré la pandémie et le déconfinement est déjà largement entamé. Il sera progressif, selon les Lander et une très grande attention est portée en cas de reprise à la hausse des cas.

  • La France se remet en mouvement après 55 jours de confinement

    La France se remet en mouvement après 55 jours de confinement

    La France se remet en mouvement lundi après un confinement inédit de 55 jours, avec masques de rigueur dans les transports et casse-tête sanitaire à l’école, sur fond de crainte que la reprise déclenche une nouvelle flambée de coronavirus.

    À six heures du matin, les premiers métros parisiens étaient bondés — en raison notamment d’un incident d’exploitation sur la ligne 13 très fréquentée — mais la situation s’est améliorée au fil des heures, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Quasiment tous les voyageurs portaient des masques. Pour ceux qui n’en avaient pas, des bénévoles de la Protection civile en distribuaient par lots de dix à l’entrée d’une cinquantaine de stations du métro.

    Des distributions de masques jetables étaient aussi assurées en banlieue parisienne par la Croix-Rouge. Au total, 250 points d’approvisionnement ont été installés en Île-de-France.

    À Marseille, la gare Saint-Charles, plateforme de connexions entre bus interurbains, trains et métro, ne connaissait pas le bouillonnement habituel d’un lundi matin. « C’est une ambiance de science-fiction avec tous ces gens masqués, beaucoup moins de monde que d’habitude », lâche Camille, éducatrice. « Dans le métro à Marseille, d’habitude c’est vivant, les gens parlent, se sourient là, là c’était déprimant de voir juste des yeux et des visages masqués. Le confinement était finalement peut-être un cocon, mais le déconfinement, ça va être dur aussi », ajoute-t-elle.

    L’affluence restait faible vers 08H00 dans le métro lyonnais, avec des voyageurs disciplinés : masqués et distants les uns des autres, laissant toujours une place libre entre deux personnes sur les banquettes.

    « Vivre avec le virus »

    « S’il y a un mot d’ordre à donner, c’est qu’il ne faut surtout pas baisser la garde », a souligné Frédéric Adnet, chef du Samu 93, sur France 2.

    « Les enjeux aujourd’hui c’est d’éviter qu’on ait à nouveau un nombre de cas très importants qui seraient susceptibles de saturer à nouveau nos services d’urgence », a affirmé de son côté sur RTL Odile Launay, infectiologue, cheffe de service à l’hôpital Cochin.

    « Il faut que les Français s’habituent à vivre avec le virus, qu’ils changent en partie leur mode de vie », a-t-elle ajouté.

    Sur les routes, ce n’était pas l’affluence des grands jours avec seulement un peu plus d’une trentaine de kilomètres de bouchon en Île-de-France peu après 08H00.

    Le bilan quotidien des morts du Covid-19 est retombé dimanche à 70, au plus bas depuis la mise sous cloche du pays le 17 mars. Mais le bilan total reste lourd, avec au moins 26 380 décès, dont 9 738 dans les maisons de retraite. Même si la pression sur les urgences se réduit toujours.

    Avec la levée progressive des restrictions, des centaines de milliers de personnes reprennent le chemin du travail, bientôt suivies par une partie des écoliers.

    Toutefois, la loi d’état d’urgence sanitaire n’a pas été promulguée dimanche soir comme espéré par le gouvernement, le Conseil constitutionnel devant l’examiner seulement ce lundi. Dès lors l’exécutif fait appel « au sens de la responsabilité des Français » pour respecter certaines de ses dispositions dans l’intervalle, ont annoncé l’Élysée et Matignon dans un communiqué.

    Ceci repousse à lundi soir, sous réserve de cet aval, l’entrée en vigueur de deux dispositions phares : la limitation des déplacements à 100 km et l’attestation obligatoire dans les transports en commun.

    Reconfinement ?

    Cette remise en mouvement, vitale pour relancer une économie plongée dans une récession jamais vue depuis la Deuxième guerre mondiale avec un chômage partiel touchant plus de 12 millions de personnes, inquiète au plan sanitaire.

    D’autant que l’apparition de trois nouveaux foyers d’infection dans des zones en « vert », dans l’ouest, souligne les dangers de ce retour. L’un a été enregistré dans un collège où des personnels préparaient la reprise. Un autre dans une entreprise.

    « Ça ne me surprend pas », a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV. « On va devoir vivre avec le virus pendant quelque temps et la reprise du confinement ce n’est pas la reprise de la vie comme avant », a-t-il souligné.

    Il a précisé que le taux de contagion au virus était actuellement de 0,6. « Tant que c’est en dessous de 1, l’épidémie décline », a-t-il dit. « Si le virus devait reprendre sa course folle et des risques pour la santé des Français, nous serions amenés à prendre de nouveau des mesures de confinement », a-t-il insisté.

    Autre dossier brûlant, le retour à l’école qui inquiète élus locaux, profs et parents.

    Lundi verra une prérentrée des enseignants pour organiser la reprise. Les élèves sont attendus à partir de mardi, voire plus tard selon les communes.

    Quatre régions en « rouge »

    « Près de 86 % » des 50 500 écoles de France vont ouvrir, pour accueillir « plus de 1,5 million d’enfants », sur un total de 6,7 millions d’écoliers en maternelle et élémentaire, a assuré au Journal du Dimanche le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. Les collégiens doivent retrouver plus tard en mai le chemin des classes (selon que leur zone est verte ou rouge), et une décision sera prise à la fin du mois pour les lycées.

    Mais de nombreux maires rechignent à rouvrir les écoles face au casse-tête des règles sanitaires à faire respecter, notamment par les plus jeunes. Mêmes préoccupations pour les profs, dont certains envisagent un droit de retrait. Et de nombreux parents craignent de remettre leurs enfants en contact potentiel avec le virus.

    Le déconfinement marque aussi la fin des attestations à remplir pour tout déplacement. Et la distance dont on peut s’éloigner de son domicile passe de 1 à 100 kilomètres (une raison « impérieuse », notamment familiale ou professionnelle, sera nécessaire pour aller au-delà). L’interdiction de socialiser est également assouplie et les rassemblements jusqu’à dix personnes autorisés, dans le respect des « gestes barrière ».

    Quatre régions (Île-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne–Franche-Comté) et 32 départements, dont Mayotte, où vivent quelque 27 millions de Français au total, restent classés « rouge » en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux.

  • De la crise à la résilience

    De la crise à la résilience

    La résilience est la capacité d’un matériau à résister à des chocs. En biologie, elle traduit la possibilité pour un écosystème d’une espèce ou d’un individu de retrouver un développement normal après avoir subi une perturbation écologique. En économie, la résilience est l’aptitude à revenir sur la trajectoire de croissance après avoir encaissé une crise. Avec le déconfinement, nous allons pouvoir mesurer la résilience des Etats, des entreprises et des individus.

    Cette crise sanitaire a vu le triomphe du principe de précaution.

    La primauté donnée à la vie et à l’emploi avec l’essor sans précédent du chômage partiel en Europe, constitue une révolution dans l’histoire de l’Humanité. La guerre du covid-19 est d’une nature bien différente des conflits précédents, l’objectif étant de sauver des vies par tous les moyens. A Verdun en 1916 ou sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944, la préservation des vies n’était pas tout à fait du même niveau.

    Ce principe de précaution qui, aujourd’hui, génère une peur du déconfinement, change le rapport des individus face à la vie mais aussi face à l’économie et au pouvoir. Tous les acteurs, privés et publics devront prouver leurs capacités d’adaptation face à cette nouvelle donne. Le commerce mondial fera-t-il preuve, de son côté, de résilience ? N’en déplaise aux adversaires du libre-échange, la crise du covid-19 n’effacera pas d’un trait la mondialisation de ces quarante dernières années mais il contribuera certainement à un raccourcissement de certaines chaines de valeur, à une meilleure prise en compte des risques inhérents à tout commerce sur une longue distance.

    Des Etats imposeront peut-être un minimum de production nationale ou régionale pour des produits considérés stratégiques. La liste ne sera pas évidente à établir car le caractère stratégique évolue au fil des besoins et des crises. Ces éventuelles localisations sur le territoire national amèneront, sans nul doute, une robotisation accrue des processus de production afin de réduire le risque épidémiologique et les coûts.

    Une certitude, la crise a conforté le poids du digital et des techniques d’information. L’école ainsi que les consultations en ligne, le télétravail, les consultations médiales en ligne, les visioconférences, les sites de vidéos à la demande, etc. ont rythmé la vie des confinés. Même si les contacts humains sont irremplaçables, les méthodes de travail généralisées par la crise sanitaire ont de fortes chances de perdurer. L’antienne du grand soir envahit les écrans. Le rêve d’un nouveau monde est certainement un des moyens de déconfiner en douceur en espérant que demain sera meilleur qu’hier. Mais, au-delà des espoirs et des illusions, nul n’est obligé de croire que le film après l’arrêt sur image sera un film catastrophe.

     

  • Les Alliances sont l’avenir

    Les Alliances sont l’avenir

    Gérald Darmanin a détaillé pour lesfrancais.press les mesures financières pour les Français de l’étranger : 240 millions d’euros. Yves Bigot, le nouveau Président de la Fondation Alliance française, directeur général de TV5, a adressé ses premiers messages cette semaine en répondant à nos questions. Ces deux personnalités, pour des raisons différentes, se sentent concernées par cette France de l’extérieur qui apporte beaucoup à la France hexagonale. C’est pourquoi ils entendront forcément l’appel d’élus, directeurs, professeurs pour sauver les Alliances françaises, un appel que relaie naturellement Lesfrancais.press.

    Les Alliances sont-elles en péril ?

    Certaines, indubitablement. Comme souvent. Plus encore avec cette crise qu’auparavant. Pour l’instant, le plan du gouvernement ne s’adresse pas à elles. D’autant que la suppression des subventions a déjà été dramatique pour certaines.

    Les Alliances ont été fondées il y a plus d’un siècle, par des esprits libres, généreux, qui croyaient en la force de la langue et de la culture plus qu’en la puissance. Leur rayonnement n’a d’équivalent pour aucune autre langue ni aucune autre culture. Leur secret : elles sont dirigées et financées par les responsables locaux  -6300 administrateurs bénévoles- et autofinancées à 95%. Sans le dévouement, l’implication, la passion des responsables locaux,  il n’y aurait plus d’Alliances.

    830 Alliances à travers le monde, près de 500.000 élèves, 15.000 employés et professeurs, 30.000 évènements culturels, cela devrait coûter une fortune. Rien, ou presque rien : La subvention du Ministère des Affaires étrangères est de 1.2 M d’euros. Le Ministère de la Culture ajoute, magnanime, 100.000 euros. Autant que la Principauté de Monaco. Pour être juste, il faut ajouter le personnel détaché par le Ministère, soit 267 personnes. Jamais il n’y en eut si peu.

    Il faut le répéter : 95% du budget des Alliances françaises provient de l’autofinancement local. Les subventions représentent 3.5%, le solde vient de donateurs. Les Alliances, ce sont des dons faits dans tous les pays du monde, par des particuliers, à la France, à la Francophonie.

    Les Alliances ne sont pas que des écoles de langue.

    Elles ne sont pas que des espaces culturels. Elles sont des foyers de pensée libre, des îlots de liberté. A Joao Pessoa, à la fin de la dictature militaire au Brésil, je devais aller présenter les films à la censure pour avoir le droit de les projeter. Beaucoup venaient à l’Alliance parce qu’ils pensaient, à juste titre, qu’on pouvait y dire ce qu’on voulait, puisqu’on le disait en français. Vingt ans plus tard, je créais celle de Copan, avec l’appui d’un archéologue de renom pour des étudiants et des guides qui cherchaient autre chose que des touristes, puis celle de San Pedro, grâce à des hommes d’affaires lassés des Américains qui visaient l’Europe.

    Si La Havane est une des Alliances les plus importantes de la planète, ce n’est pas un hasard. Le directeur de l’époque -la fin de Fidel- animait des « dialogues », pour éprouver en public la culture du débat. Au Pérou, autre siège d’importance – Lima est une des premières Alliances au monde- il y eut des années sombres, aussi les élèves affluaient. Quand la Chine s’éveilla, le nombre d’Alliances explosa. L’Inde ex-britannique apprend de plus en plus le français. Dans les Alliances, la langue qu’on enseigne n’est pas seulement utilitaire. Elle ne véhicule pas l’impérium dominant. Le français n’est pas une langue de puissance, mais une langue autre.

    Les Alliances sont péruviennes, mexicaines, indiennes, australiennes, malgaches, etc…  toutes locales et nationales avant d’être françaises, ce qui fait leur force. Laisser s’affadir ce réseau serait une faute majeure.

    Mais il faut plus. A l’heure numérique il faut faire des Alliances les centres de résistance – ou de promotion – de la liberté face aux technologies menaçantes. C’était d’ailleurs le sens du spectacle « La France contre les Robots », d’après Bernanos, créé au Minas Geraïs. C’est dire qu’elles doivent être à la pointe de la technologie pour mieux les maîtriser. Accepter que les nouvelles technologies soient seulement chinoises ou américaines serait renoncer à tout ce que l’on espère de la diversité du monde.

    A chaque Alliance son Fablab, son centre d’expertise pour les citoyens du net. C’est au minimum ce qu’auraient imaginé Ferdinand de Lesseps, Jules Cambon, Jules Verne, Louis Pasteur, tous fondateurs et promoteurs des Alliances. Les Alliances devraient être les lieux d’excellence de la future’s literacy, disent les anglophones, l’apprentissage du futur.

    Investir dans les Alliances présentes, dans les Alliances futures, n’est pas dépenser, mais fabriquer la première ressource de l’économie moderne.

    Avant, la richesse provenait de la terre, puis s’extrayait des mines -or, sel, charbon fer-. Hier encore le pétrole donnait fortune et pouvoir. Hier. Aujourd’hui, la matière première, c’est la connaissance. La nouvelle économie, celle des algorithmes, de l’IA, des biotechnologies, repose sur le savoir, l’agilité de la pensée, l’imagination. Serions-nous en retard ? La France et les Français peut-être. Ceux qui viennent dans les Alliances beaucoup moins, puisqu’ils cherchent quelque chose que n’offrent ni l’anglais courant, ni leur seule langue maternelle.

    Pour renforcer les Alliances, il faut plus que vouloir seulement les sauver. Il ne suffit pas que deux hommes intelligents et de bonne volonté comme Gérald Darmanin et Yves Bigot se voient et s’entendent. Surtout que cela ne dépend pas d’eux mais du Ministre des Affaires étrangères. La France peut-elle se passer de milliers de collaborateurs bénévoles ? Pour les garder, il faut leur exposer une vision d’avenir.

    Les Alliances de Madagascar, d’Australie, d’Argentine, ne seront pas sauvées parce qu’on trouvera quelque budget de rattrapage, mais parce que la France aura de grandes ambitions pour elles. Ne dites pas qu’elle n’en a pas les moyens : 1.2 millions, c’est une petite subvention pour un club de foot. A peine plus qu’un missile. Moins de 0.1% de l’annulation de la dette des pays africains décidée il y a quinze jours. C’est tellement peu qu’on a presque honte d’en parler.

    Ce ne sont pas les grandes ambitions qui coûtent, c’est agir à courte vue qui est hors de prix. Un tel gâchis, la France n’en a pas les moyens.

     

    Laurent Dominati

    Editeur de lesfrancais.press

    Ancien Ambassadeur de France, ancien Député de Paris.

     

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