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  • La Commission veut limiter la casse pour la saison estivale

    La Commission veut limiter la casse pour la saison estivale

    Y aura-t-il des vacances cet été ? La Commission devrait adopter une série de mesures sur le tourisme, les transports et les frontières pour sauver l’été du secteur, le 13 mai prochain.

    Le tourisme a été l’un des secteurs les plus durement touchés par la pandémie, en raison des restrictions de circulation imposées par les gouvernements du monde entier pour ralentir le virus.

    Avec le retour du beau temps, de nombreux Européens se demandent si, après des semaines d’enfermement dans leurs foyers, ils seront autorisés à voyager vers d’autres destinations cet été.

    La semaine prochaine, la Commission jettera les bases de ce qu’il sera possible de faire durant la saison estivale, selon une feuille de route interne qu’Euractiv a pu consulter.

    Le planning, daté du 4 mai, indique que le collège des commissaires discutera des sujets suivants :

    • Communication sur le tourisme ;
    • Protocoles de santé et de sécurité pour les principaux lieux touristiques, y compris les hôtels et autres lieux d’hébergement ;
    • Orientations sur la reprise sûre et saine du transport de passagers ;
    • Orientations sur la levée des frontières intérieures ;
    • Communication sur l’évaluation de la mise en œuvre de la restriction temporaire des voyages non essentiels à destination de l’UE ;
    • Recommandation sur des bons de voyage fiables et avantageux comme alternative de remboursement.

    Le document précise que la planification est indicative, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pourrait modifier la liste des sujets qui seront évoqués et adoptés.

    Mais selon un fonctionnaire de l’UE, le collège devrait approuver l’ensemble des points.

    Ce paquet de mesures fait suite à la « feuille de route pour la levée des mesures de confinement liées au coronavirus » que l’exécutif de l’UE avait présentée le 14 avril.

    Les nouvelles lignes directrices visent à minimiser l’impact de la crise sanitaire sur le tourisme, l’un des secteurs phares de l’économie européenne, en particulier pour les pays du Sud. Le tourisme représente environ 10 % du PIB de l’UE, et la pandémie pourrait entraîner une perte de 400 milliards d’euros pour le secteur.

    Un groupe de neuf États membres (Italie, Grèce, Espagne, Portugal, France, Malte, Chypre, Bulgarie et Roumanie) a demandé à la Commission de présenter un plan de relance spécifique pour le tourisme.

    Ces pays ont également indiqué qu’il faudrait instaurer des règles de voyage « homogènes », et averti qu’un assouplissement désordonné des mesures de confinement entraînerait de nouvelles distorsions dans le secteur du tourisme.

    Dans ce contexte, la Commission entend établir un ensemble de principes « intelligents », selon Ursula von der Leyen, afin de garantir que la saison estivale soit au moins partiellement sauvée et que les Européens puissent se rendre dans de hauts lieux touristiques dans de bonnes conditions de sécurité.

    « Cet été n’est pas perdu » a affirmé pour sa part Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission, le 4 mai devant le Parlement européen.

    Mais les responsables sont tributaires de l’incertitude qui pèse sur l’évolution de la pandémie. Pour l’heure, il est difficile de dire quand les Européens pourront recommencer à voyager dans l’UE et au-delà.

    Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, a déclaré jeudi 7 mai aux journalistes qu’il ne savait pas quand les voyages à l’étranger pourraient reprendre.

    « Cela dépendra de la manière dont la levée [des mesures de confinement] va se dérouler. » Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères

    L’autre question controversée que la Commission abordera la semaine prochaine porte sur les bons offerts par les compagnies aériennes aux passagers de vols annulés, au lieu du remboursement obligatoire.

    Au total, 20 États membres et un nombre croissant d’eurodéputés soutiennent l’option des bons d’échange, car de nombreuses compagnies aériennes dans le monde sont menacées de disparition en raison de la suspension des voyages aériens.

  • Les pandémies dans l’art

    Les pandémies dans l’art

    Saviez-vous que Périclès est mort de la peste? La terrible peste qui sévissait à Athènes de 430 à 426 avant Jésus Christ. Cette terrible pandémie fera plus tard son retour, emportant au moyen-âge 30 à 50% de la population européenne et plus tard dévastant Marseille en 1720.

     

    Les pandémies, sujet perpétuel dans l’art

    Shaun of the dead, comédie romantique avec des zombies

    Les pandémies, et les épidémies, ont toujours inspiré l’art et les artistes. Dans tous les domaines.
    En 2004, l’hilarant Shaun of the dead, première comédie romantique avec des zombies, décrivait un Londres touché par un mystérieux mal et attaqué de toutes parts par des revenants. La thématique des morts-vivants est depuis très longtemps un classique de la littérature et du cinéma.

    La question des épidémies aussi. Les danses macabres, allégorie de la terrifiante peste noire, furent un sujet d’inspiration majeur de la peinture du moyen-âge. Les masques terrifiants des médecins venitiens aussi. Masques bien éloignés de ceux du carnaval, qui d’ailleurs fut annulé pour cette année, pandémie oblige.

     

    Une réalité au-delà de la fiction ?

     

    Stephen King aussi a traité le sujet dans « le fléau », ou une pandémie destructrice réduit l’humanité à la portion congrue, divisée de manière très manichéenne entre le camp du bien et celui du mal. Autre œuvre de fiction, « contagion » de Steven Soderbergh avec Marion Cotillard et Matt Damon qui traite, de manière réaliste, la situation du monde en cas d’épidémie ultra contagieuse ayant les caractéristiques du SRAS.

     

    Les chroniques de San Francisco, 40 ans d’histoires avec le SIDA en sujet majeur

    La réalité dépasse-t-elle la fiction ? Jamais de l’histoire de l’humanité la moitié de cette dernière n’a été confinée comme elle l’est actuellement. Rarement si ce n’est jamais une maladie n’a autant fait l’objet de commentaires. Pas même le SIDA. Celui-ci, en revanche, fit et fait encore l’objet de nombreux documentaires, livres, films. Citons les chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin, saga fleuve qui fut l’objet d’adaptations télévisées ou l’ont retrouve avec bonheur Mary-Ann, Michael et surtout Mme Madrigal; Philadelphia, film bouleversant avec Tom Hanks et Denzel Washington; et plus récemment 120 battements par minute.

     

    Il est un livre qui connait un succès nouveau imprévu : « la peste » d’Albert Camus. L’histoire et le déroulé d’une épidémie de peste à Oran dans les années 40. Une métaphore de l’apparition du nazisme, de sa montée en puissance, puis de sa chute. La peste brune, une autre sorte de maladie…

  • Le coronavirus va entraîner la pire récession de l’histoire de l’UE

    Le coronavirus va entraîner la pire récession de l’histoire de l’UE

    Les économies des États membres vont faire face à une baisse de 7,4 % cette année en raison de la crise sanitaire, responsable de la pire récession de l’histoire européenne, selon les prévisions de printemps de la Commission.

    D’après les estimations de l’exécutif européen présentées mercredi 6 mai, le rendement de la zone euro chutera aussi de 7,7 % — mais une reprise économique importante devrait s’amorcer en 2021.

    Lors de la dernière crise financière, le plus fort recul enregistré par l’UE s’élevait à 4,3 % en 2009, contre 4,4 % pour la zone euro.

    Un premier document interne de la Commission consulté par Euractiv le 31 mars mettait déjà en garde contre une menace de récession profonde.

    « Autant la profondeur de la récession que la rapidité de la relance seront asymétriques », a prévenu le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni, mercredi.

    Elles seront « conditionnées par la vitesse à laquelle les [mesures de] confinement sont levé [es], l’importance jouée par certains secteurs, comme le tourisme, dans chaque économie, et les ressources financières de chaque pays », a-t-il expliqué.

    La Commission s’attend à une amélioration graduelle du rendement européen d’ici à la fin de l’année, à partir du moment où les États membres commenceront à surpasser la crise sanitaire et les mesures de confinement seront assouplies. La relance sera significative en 2021, avec un taux de croissance de 6,1 % pour l’UE et de 6,3 % pour la zone euro.

    Mais Paolo Gentiloni précise que malgré des prévisions optimistes pour l’année prochaine, la zone euro ne parviendra pas à regagner tout le terrain perdu.

    L’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas afficheront tous un taux de production au moins 2 % inférieur aux chiffres enregistrés fin 2019, avant l’arrivée du coronavirus.

    La reprise pourrait toutefois être plus importante en 2021 si les États membres s’accordent sur des mesures de relance ambitieuses, selon le commissaire européen.

    Les Pays-Bas sont justement l’un des pays européens les plus réticents à partager les frais du redressement économique : ils sont contre l’émission d’une dette commune (les « coronabonds ») et misent plutôt sur des prêts (au lieu de subventions) pour soutenir les États membres les plus touchés.

    Paolo Gentiloni souligne que les prévisions n’ont pas été faciles à établir, et que de nombreux facteurs — comme une pandémie plus longue ou plus grave, la fragmentation du marché unique, des turbulences financières ou une nouvelle vague de protectionnisme — pourraient assombrir un peu plus les perspectives économiques.

    Les prévisions de printemps reflètent l’effet dévastateur du virus, qui a découragé les investissements privés et les exportations de l’UE, a fait monter les niveaux de déficit et de la dette, et a augmenté le taux de chômage.

    Le commissaire d’origine italienne explique que cette dernière répercussion a pu être atténuée grâce aux régimes de travail à court terme. C’est pour cette raison le marché du travail a été moins touché que l’économie, et que son ralentissement est moindre que dans d’autres pays, comme les États-Unis.

    Le taux de chômage au sein de l’UE passera de 6,7 % à 9 % cette année, et redescendra lentement à 7,9 % en 2021.

    D’après une ébauche de proposition consultée par Euractiv, les États membres fourniront jusqu’à 100 milliards d’euros de garanties pour créer un fonds temporaire de soutien aux travailleurs des pays durement touchés par le coronavirus, comme l’Italie et l’Espagne.

    L’UE a mis en place une série d’instruments pour limiter l’impact économique de la pandémie, dont notamment un régime d’aides aux membres de la zone euro de 540 milliards d’euros financé par plusieurs institutions.

    Le gros du montant, environ 240 milliards d’euros, a été levé au travers du Mécanisme européen de stabilité (MES).

    Paolo Gentiloni n’est pas parvenu à recommander des prêts bonifiés dans le cadre du MES pour l’Italie et l’Espagne, les deux États membres les plus touchés par la pandémie.

    Mais il affirme que le fonds de sauvetage de la zone euro représente un moyen pour les pays confrontés à des taux d’intérêt plus élevés de financer leur dette sur les marchés, compte tenu des meilleures conditions qu’offre le mécanisme.

    Dans ses prévisions, la Commission a rappelé la possibilité d’une relance asymétrique, qui dépend des finances publiques dont disposent les États membres pour soutenir leurs entreprises et leurs ménages.

    L’exécutif européen prévient que ce facteur pourrait mener à « de graves distorsions au sein du marché unique » et accentuer les clivages économiques, financiers et sociaux entre les membres de la zone euro — ce qui, à terme, « pourrait menacer la stabilité de l’Union économique et monétaire ».

    Afin de faire face à cette éventualité, explique Paolo Gentiloni, la Commission envisage actuellement d’élaborer un outil paneuropéen de soutien aux entreprises, qui permettrait d’injecter des capitaux propres. Cela constituerait « un bon outil pour contrebalancer les risques de déséquilibre » sur le marché interne, indique-t-il.

  • Coronavirus : plus de 40 millions de personnes menacées par la faim en Afrique de l’Ouest

    Coronavirus : plus de 40 millions de personnes menacées par la faim en Afrique de l’Ouest

    Selon le PAM, Programme Alimentaire Mondial, une organisation des Nations-Unies, 43 millions de personnes sont menacées de famine en Afrique de l’Ouest dans les six prochains mois.

    Ce serait un terrible et tragique recul puisque la famine avait disparu d’Afrique depuis des dizaines d’années (hors zone de guerre, où elle est parfois utilisée comme une arme). La cause : la crise du coronavirus a interrompu les échanges internationaux, notamment les livraisons alimentaires.

    Près de 20 millions de personnes sont déjà considérées par le PAM comme en état d’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, principalement en raison des conflits.  20 millions de personnes  supplémentaires auront du mal à se nourrir dans cette région entre juin et août, dont 12 millions d’enfants de 6 mois à 5 ans. Sont concernés : le Sahel central, la République centrafricaine, le Nigeria et le Cameroun.

    Avec le coronavirus, les personnes en état de faiblesse, due à la malnutrition, courent un risque plus élevé, y compris les enfants et les femmes enceintes. L’ONU a déjà alerté depuis plusieurs semaines sur les effets redoutables du Coronavirus en Afrique, si celui-ci s’y développait. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Les gouvernements ont pris des mesures préventives.

    Déjà, la fermeture des écoles en Afrique Occidentale et en Afrique centrale a touché 18 millions d’enfants qui avaient accès aux programmes nationaux d’alimentation gouvernementaux.

    Dans les villes, les populations les plus pauvres sont aussi les plus menacées. Elles dépendent des marchés pour leur alimentation et vivent au jour le jour, sans disposer de réserves monétaires ou alimentaires. Conséquence du confinement dans les villes, de la fermeture des frontières, de l’insécurité, elles ont de moins en moins accès aux marchés alimentaires, et de moins en moins de possibilités de travailler.

    Dans les campagnes, les restrictions de circulation peuvent perturber la saison de semailles, ajoute le PAM. Ce qui signifie que le risque alimentaire ne concerne pas que la période de soudure juin-août.

    Dans la région du Sahel, conflits armés, attaques contre les villages, ont provoqué des déplacements de près de trois millions de personnes, dont 1 million depuis janvier 2019. Selon une autre Agence de l’ONU, le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR),  l’Afrique centrale et occidentale compte 5.6 millions de déplacés « internes », en plus de 1.3 millions de réfugiés. 1.4 millions ont été rapatriés mais ont encore besoin d’aide.

    Le PAM réclame une aide d’urgence de 574 millions de dollars pour les six prochains mois. Besoins qui pourraient augmenter dans les semaines à venir, en fonction de l’évolution du Covid 19 et de ses effets possibles en Afrique.

    Les effets économiques, eux, sont déjà là. L’instabilité et la désorganisation des échanges et des marchés ont fragilisé la situation alimentaire. Elle aggrave la situation économique pour des millions de personnes dans les villes. Et risque d’accroître encore les violences et les guerres civiles plus ou moins larvées.

    Des études essaient d’évaluer combien de vies ont été sauvées par les mesures de confinement et de fermetures des frontières. Elles devront peut-être prendre en compte combien de vies auront été perdues par les désorganisations des échanges et l’effondrement des économies.

    On peut aussi se demander, alors que les gouvernements débloquent des milliers de milliards de dollars, s’il est si difficile que cela de trouver 574 millions de dollars pour le PAM.

    Le Budget annuel du PAM est d’environ 5.7 milliards de dollars, essentiellement financé par Les Etats-Unis (35%) et les Pays Européens (40%), dont 1.2 Milliard pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. Les Chinois, qui aiment tant l’Afrique, sont ils prêts à imiter la France, qui vient d’abandonner 1.5 milliards de dettes ? Sur cinq ans, ils ne sont que les vingtièmes contributeurs au PAM, derrière la Russie mais devant le Malawi et … la France. Mais la France contribue déjà par le biais de l’Union Européenne (plus de 20% de 3 milliards sur 5 ans). 574 millions de dollars pour 20 millions de personnes, cela ne fait même pas 30$ par personne. Quelques masques.

  • Le plan de déconfinement français détaillé ! Restriction aux frontières jusqu’au 15 juin

    Le plan de déconfinement français détaillé ! Restriction aux frontières jusqu’au 15 juin

    À quelques jours de l’échéance du 11 mai, le gouvernement a révélé ce jeudi les derniers détails du plan de déconfinement alors que la France est quasiment à l’arrêt depuis bientôt deux mois.

    Le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé, en préambule, que « la levée progressive du confinement peut être engagée ce lundi ». Il a cependant averti que la France était « coupée en deux » selon les situations sanitaires entre départements « verts » et « rouges » qui auront des mesures différenciées, et appelé au maintien strict des gestes de protection.

    Restrictions aux frontières jusqu’au 15 juin au moins

    Les restrictions aux frontières de la France avec les pays de l’espace européen (Union européenne, Schengen, Royaume-Uni) seront « prolongées jusqu’au 15 juin au moins » et les frontières avec les pays non-européens « resteront fermées jusqu’à nouvel ordre », a annoncé Christophe Castaner.

    Quatre régions, Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que le département de Mayotte, ont été classés en rouge sur la carte du déconfinement.

    En Ile-de-France, les mesures de déconfinement seront plus sévères, tandis qu’à Mayotte, le déconfinement a été repoussé au-delà du 11 mai, compte tenu d’une circulation du virus plus active dans ces territoires. Toutes les autres régions et les autres départements ultramarins sont verts et bénéficieront d’un déconfinement plus large.

    Les collèges fermés dans les départements « rouges »

    Les collèges ne pourront pas rouvrir dans les départements classés en « rouge ». Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé jeudi qu’ »un million d’écoliers seront accueillis par environ 130 000 professeurs ». Ce sont entre « 80% et 85% » des écoles qui seront ouvertes, « dès le 12 mai ».

    Personnes vulnérables : « pas de confinement obligatoire »

    « Il n’y aura pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables après le 11 mai », a annoncé le Premier ministre, tout en appelant les personnes à risques à respecter « des règles de prudence très strictes ».

    Edouard Philippe a demandé aux personnes « âgées ou malades de pathologies comme l’obésité, le diabète » ou souffrant « d’insuffisance respiratoire » de « conserver dans toute la mesure du possible des règles de prudence très strictes », comme « celles des deux derniers mois ».

    La France « prête à tester massivement »

    La France « est prête pour tester massivement » les personnes présentant des symptômes du coronavirus ainsi que celles avec lesquelles elles ont été en contact, à partir du début du déconfinement le 11 mai, selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

    Le gouvernement a diffusé pour la première fois une carte de France des capacités par départements en tests virologiques, clé du déconfinement car ils doivent permettre d’isoler tous les malades. Toute la France est en vert, ce qui signifie que « la capacité de dépistage est aujourd’hui au niveau des besoins estimés » à 700 000 tests par semaine, selon le ministre.

    Réouverture des commerces, sauf bars et restaurants

    « La vie sociale et économique va pouvoir redémarrer », a annoncé à son tour Bruno Le Maire, ministre de l’Economie. 400 000 entreprises qui représentent 875 000 emplois vont rouvrir. Les centres commerciaux de plus de 40.000 mètres carrés en France, dont la réouverture était incertaine, « pourront rouvrir » le 11 mai « en accord avec les préfets, sauf en Ile-de-France ». Les bars et restaurants restent fermés.

    L’État « continuera d’être présent » pour les entreprises après le début du déconfinement, a assuré le ministre.
    Il a notamment confirmé la prolongation jusqu’à fin mai du fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, ainsi que l’exonération de charges sociales entre mars et mai pour les petites entreprises ayant dû fermer sur décision administrative.

    Masques obligatoires dans les transports publics

    Le port du masque est obligatoire dans les transports en commun, pour les usagers de 11 ans et plus et pour les personnels en contact avec le public. L’absence du masque sera verbalisée d’une amende de 135 euros. Pour les TGV et Intercités, les réservations seront obligatoires et l’occupation des trains plafonnée à 50% de leur capacité.

    En Île-de-France, les transports en commun seront réservés aux heures de pointe aux personnes avec une attestation employeur.

    Attestation et déplacements à 100 km

    Dès le 11 mai, « il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation », a indiqué le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dans une limite de 100 km autour de chez soi, à vol d’oiseau. Au-delà des 100km, une nouvelle attestation sera nécessaire pour motif professionnel ou impérieux.

    Le ministre de l’Intérieur a ajouté que les rassemblements restent limités à 10 personnes.

    Ouverture des plages au cas par cas

    L’ouverture « des plages et lacs » sera possible au cas par cas sur autorisation du préfet. « La règle générale, c’est la fermeture », a ajouté Christophe Castaner, mais il sera possible d’avoir accès à ces sites « à la demande des maires sur autorisation du préfet » de chaque secteur concerné.

    Une prime pour les soignants en Ehpad

    Le gouvernement ne prévoit pas de déconfinement dans les Ehpad. « Les visites des proches pourront se poursuivre si la situation de l’établissement le permet », a indiqué Olivier Véran. Il a également annoncé une aide « exceptionnelle » de 475 millions d’euros pour les établissements pour personnes âgées, ainsi qu’une prime de 1 500 euros pour tous les personnels des Ehpad des 33 départements « où l’épidémie aura été la plus forte » et de 1 000 euros pour tous les autres.

  • Fragilisée par la Cour suprême allemande, la BCE continue ses rachats de dette

    Fragilisée par la Cour suprême allemande, la BCE continue ses rachats de dette

    La Banque centrale allemande devrait suspendre la mise en œuvre du programme d’achat d’obligations de la Banque centrale européenne, à moins que celle-ci ne prouve la proportionnalité de ses mesures de relance monétaire, a décidé la Cour constitutionnelle allemande.

    La Cour de justice européenne (CJUE) a jugé en décembre 2018 que la Banque centrale européenne (BCE) avait agi dans le cadre de ses compétences avec le programme d’achat de titres du secteur public ((PSPP).

    Mais mardi 5 mai, la Cour constitutionnelle allemande a remis en question la décision des juges européens, affirmant qu’ils n’avaient procédé qu’à un examen limité des effets du programme d’achat d’obligations, et qu’ils ne pouvaient dès lors pas évaluer si la BCE avait violé le principe de proportionnalité. En vertu de celui-ci, toute action entreprise par l’UE doit, dans forme et son contenu, se limiter au strict nécessaire pour atteindre l’objectif poursuivi.

    En conséquence, le tribunal allemand a déclaré qu’il n’était « pas lié par la décision de la CJUE, mais qu’il [devait] procéder à sa propre évaluation ».

    Or, dans son jugement, la Cour conclut qu’« en poursuivant inconditionnellement l’objectif de politique monétaire du PSPP – qui vise à atteindre des taux d’inflation inférieurs à, mais proches de 2 % – tout en ignorant ses effets sur la politique économique, la BCE ne tient manifestement pas compte du principe de proportionnalité ».

    Par conséquent, stipule l’arrêt de la Cour constitutionnelle allemande, la BCE a outrepassé ses prérogatives (« ultra vires »).

    Les juges allemands ont souligné qu’il n’était pas possible de vérifier si la BCE avait pris en compte, et corrigé si nécessaire, les effets potentiels de l’achat de plus de deux mille milliards d’euros de dette souveraine des membres de la zone euro sur plus de trois ans.

    En conséquence, les juges allemands ont demandé au gouvernement allemand et au Bundestag de demander à la BCE une « évaluation de la proportionnalité » du programme d’achat d’obligations.

    Si la BCE ne parvient pas à prouver dans un délai de trois mois « de manière compréhensible et étayée » que les objectifs de politique monétaire poursuivis par le programme d’achat d’obligations ne sont pas disproportionnés par rapport à ses effets sur la politique économique et budgétaire, la Bundesbank ne devra plus participer à la mise en œuvre du programme et devra renoncer à acheter les obligations souveraines qu’il propose.

    En outre, la Bundesbank devra vendre les obligations déjà achetées dans le cadre d’une stratégie à long terme, coordonnée avec les autres banques centrales.

    La BCE a déclaré à plusieurs reprises que les effets positifs du programme, y compris en termes de croissance supplémentaire du PIB, l’emportaient sur son impact négatif potentiel.

    L’affaire a été portée devant la justice par 1 750 personnes, dont des économistes et des juristes. Ils font valoir que le programme de la BCE viole l’interdiction du financement monétaire des budgets des États membres prévue par les traités européens, et constitue une atteinte aux compétences et à la souveraineté nationales en matière budgétaire.

    Les juges allemands n’ont cependant pas établi de violation de l’interdiction du financement monétaire des budgets des États membres, car la BCE s’est elle-même imposé des limites qu’elle a respectées.

    Néanmoins, certaines de ces restrictions, telles que le volume maximum d’obligations souveraines que l’institution peut acheter, ont été assouplies dans le cadre du dernier plan de mesures monétaires de la BCE pour faire face à la pandémie de coronavirus. Ce qui pourrait se traduire par de nouvelles plaintes.

    Ce revers essuyé par la BCE accroît encore un peu plus la pression à laquelle les dirigeants de l’UE sont soumis afin de mettre au point un plan de relance budgétaire solide. Ces mesures se révéleront indispensables pour sortir de la récession provoquée par la crise sanitaire.

  • L’esprit créatif plus fort que le confinement

    L’esprit créatif plus fort que le confinement

    La crise économique actuelle, une crise volontaire pour réduire les pertes liées à l’épidémie du Covid-19, exige la résilience des acteurs économiques. Elle ne sera surmontée que par leur capacité à s’adapter et à réagir face à un choc extérieur violent. Au-delà des aides publiques, la vigueur du rebond dépendra de cette capacité. Les précédentes crises ont donné lieu à d’importantes remises en question, à des innovations majeures.

    La crise force d’innovation

    L’histoire de Peugeot témoigne de la nécessité de s’adapter au contexte économique. Sous le 1er Empire, la famille Peugeot installée Hérimoncourt dans le Pays de Montbéliard en Franche-Comté, décide de passer de la meunerie au textile pour répondre aux besoins en vêtements de la Grande Armée. En 1810, JeanFrédéric et Jean-Pierre II Peugeot s’engagent dans la sidérurgie, dans un climat de crise économique liée à la succession des conflits, en transformant leur moulin en fonderie d’acier puis en se lancent dans le laminage à froid pour fournir l’industrie horlogère en ressorts. Durant la restauration, la famille Peugeot se met à produire des lames de scie et des moulins à café. En 1851, en pleine crise économique, les Établissements Peugeot Frères décident de se lancer dans des montures d’acier pour les crinolines, accessoires de mode popularisés par Eugénie, l’épouse de Napoléon III. La famille se lancera dans les années 1890 dans le cycle et dans l’automobile. Le groupe PSA, héritier des entreprises Peugeot, a en 2020 décidé de s’unir avec Air Liquide, Valeo et Schneider Electric pour produire des respirateurs au profit des établissements de santé. L’usine PSA de Poissy met à disposition une chaîne d’assemblage pour la réalisation des respirateurs. L’Alliance Renault/Nissan fait de même. Seb s’est également engagé dans la fabrication de respirateurs artificiels.

    Lors de la dernière crise financière, le producteur allemand de machines-outils, Trumpf, face à l’arrêt complet des commandes, décida de reconvertir une partie de son outil de production dans la fabrication de plateaux techniques pour les hôpitaux en utilisant ses compétences dans la découpe laser. Cette unité de production a permis à cette entreprise de conquérir de nouvelles parts de marchés et d’améliorer ses résultats. En France, toujours lors de la crise des subprimes, le groupe Bénéteau, armateur français implanté en Vendée, orienta une partie de sa production vers la construction de maisons mobiles à armature bois.

    L’entreprise française Withings spécialisée dans les montres connectées met à disposition des hôpitaux sa technologie pour suivre à distance les malades du convid-19. Des entreprises comme Yves Rocher ou LVMH ont décidé de produire du gel hydro alcoolique. L’entreprise de prêt-à-porter bretonne Armor Lux s’est reconvertie dans la production de masques. Armor Lux parvient à confectionner environ 2 000 pièces par jour en faisant appel à une soixantaine de couturières. La marque, Thuasne, spécialisée dans la fabrication d’orthèses, a commencé à commercialiser des masques barrières lavables une trentaine de fois. Ces masques sont conformes à la norme et destinés à l’usage de personnes saines. System électronique spécialisée dans la maintenance industrielle, a adapté un humidificateur qu’elle commercialise dans l’alimentaire et la viticulture, en matériel de désinfection des chambres d’hôpital et ses salles d’attente contaminées par le Covid-19. L’entreprise France signalétique, située près de Toulouse a décidé de produire des vitres en polycarbonates visant à protéger les commerçants et les personnels de santé. Decathlon, le distributeur de produits de sports, a rencontré un succès inattendu grâce à un masque de plongée utilisé tant par les patients en respiration artificielle que par le personnel soignant pour se protéger du covid-19. Decathlon a abandonné son brevet contre une décharge concernant l’utilisation du produit et a décidé de donner 30 000 masques en France et 10 000 en Italie. Les États-Unis ont également passé de 22 nombreuses commandes de ce masque.

    La firme informatique HP qui dispose d’un savoir-faire reconnu dans les imprimantes 3D a enregistré une augmentation de la demande des hôpitaux qui se sont lancés dans la fabrication de pièces sur mesures, pièces concernant la protection du personnel ou le matériel de respiration pour les patients.

    Le confinement : un espace de création ?

    Le confinement donne lieu à une multitude d’initiatives nationales ou locales. Les artistes, chanteurs, musiciens, utilisent les réseaux sociaux, les applications comme teams ou zoom, pour concevoir des morceaux de musique ou pour réaliser des concerts. La livraison à domicile de repas s’est accrue tant pour venir en aide aux personnes isolées que pour permettre à des restaurants de poursuivre leurs activités. Au niveau musical, de nombreux artistes ont été amenés à proposer des concerts en ligne comme Jean-Louis Aubert. Les Rolling Stones ont joué lors du concert caritatif du 18 avril dernier et ont proposé en streaming une nouvelle chanson, la première depuis huit ans. Le guitariste des Pink Floyd, David Gilmour, a diffusé gratuitement plusieurs de ses anciens concerts.

  • Chute du pétrole – l’Etat Algérien réduit son budget de moitié

    Chute du pétrole – l’Etat Algérien réduit son budget de moitié

    Une grave crise financière menace le pays à la suite de l’effondrement des cours du pétrole, auquel s’ajoute la crise sanitaire du coronavirus.

    L’effondrement des cours du pétrole pèse très lourdement sur les comptes de l’Etat algérien, d’autant qu’il s’ajoute aux effets de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus. Dans son projet de loi de finances complémentaire, le gouvernement prévoit ainsi un recul des recettes des hydrocarbures à 20,6 milliards de dollars contre 37,4 milliards prévus dans la loi de finances initiale de 2020.

    Face à la grave crise financière qui menace le pays, le gouvernement a décidé dimanche de réduire le train de vie de l’Etat. Il a décidé de réduire « de 50 % le budget de fonctionnement de l’Etat et des institutions y afférant », indique simplement un communiqué de la présidence.

    Par ailleurs, il s’est engagé à augmenter le revenu minimum à partir du 1er juin de plus de 11 %, lors d’un conseil des ministres tenu sous la présidence du président Abdelmadjid Tebboune.

    Le salaire minimum, qui était de 18.000 dinars (128 euros), passe à 20.000 dinars (142 euros). En outre, l’impôt sur le revenu est supprimé pour ceux qui perçoivent un salaire équivalent ou inférieur à 30.000 dinars (213 euros).

    Exclu de solliciter le FMI

    En revanche, le gouvernement algérien a renvoyé au 10 mai la présentation de sa loi de finances complémentaire (LFC) qui doit lui permettre de répondre au risque de crise socio-économique dans les prochains mois, sur fond de propagation de la pandémie de Covid-19 (453 morts et 4.474 cas déclarés officiellement).

    Le porte-parole du gouvernement, Amar Belhimer, précise que « le niveau des réserves de change reculera de 51,6 milliards de dollars tel que fixé dans la Loi de finances actuelle (47 milliards d’euros) à 44,2 mds dans la LFC ». Les réserves de change de l’Algérie, très dépendante de la rente pétrolière, sont passées de 162,4 milliards d’euros en 2014 à près de 57 milliards fin 2019. La chute des prix pétroliers devrait, selon le gouvernement, réduire de 7,5 % les exportations de l’Algérie en 2020.

    Vendredi, le président Tebboune avait exclu – au nom de la « souveraineté nationale » – de contracter des prêts auprès du Fonds monétaire international (FMI) et des organismes financiers internationaux. Selon des prévisions du FMI, l’Algérie devrait connaître une récession en 2020 (-5,2 %) ainsi qu’un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région en raison de la chute des cours du pétrole et du nouveau coronavirus.

  • Rencontre avec Yves Bigot, le nouveau président des Alliances Françaises, au coeur de la diplomatie d’influence

    Rencontre avec Yves Bigot, le nouveau président des Alliances Françaises, au coeur de la diplomatie d’influence

    Né en 1955 à Limoges, Yves Bigot a réalisé depuis 1973, toute sa carrière dans le monde des médias et de la musique en tant que journaliste, animateur, réalisateur, programmateur, producteur pour la télévision, la radio et la presse écrite. Après avoir occupé des postes de direction générale dans des maisons de disque (FNAC Music production (1992-1994) puis Phonogram, devenu Mercury (1994- 1997)), il occupe des fonctions de Directeur des programmes à France 2 (1998-2005), puis de Directeur général adjoint en charge de l’antenne et des programmes à France 4 (2005-2006). Il est nommé Directeur des Antennes et des programmes à la RTBF et ARTE Belgique (2006-2008) puis il devient Directeur général adjoint en charge des programmes à Endemol (2008-2010). Yves Bigot est Directeur des programmes et de l’antenne de RTL d’août 2010 à décembre 2012. Depuis Décembre 2012, il est le Directeur Général de TV5 Monde. Il est l’auteur de nombreux ouvrages « Brigitte Bardot, la femme la plus belle et la plus scandaleuse au monde », “Je t’aime moi non plus” Vol.I, et a récemment publié aux éditions Don Quichotte “Un autre monde, les amours de la chanson française et du Rock”, Vol. II.
    TV5 MONDE – Yves BIGOT, Directeur General
    Lesfrancais.press : Vous avez été élu, en pleine crise du coronavirus, pour présider la Fondation Alliance française. Une récompense, une évidence ou un appel au secours ?
    Yves Bigot : Avant tout une surprise ! C’est la Secrétaire Générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, qui a d’abord présenté ma candidature pour être sa personnalité qualifiée au sein du Conseil d’administration. Ensuite de nombreux administrateurs m’ont demandé de prendre la présidence. Peut-être une récompense, non pas personnelle, mais pour le travail de fonds formidable que font de longue date les équipes de TV5MONDE, souvent auprès des Alliances Françaises entre autres, pour l’apprentissage et l’enseignement du français partout sur la planète, gratuitement et en ligne.
    Lesfrancais.press :  Vous êtes Directeur général de TV5 monde depuis 2012. Une belle longévité. Vous ajoutez désormais à cette fonction celle de Président de la Fondation Alliance française. C’est une reconnaissance pour vous, et pour TV5. Peut-on s’attendre à ce que l’une renforce l’autre ? 
    Yves Bigot : Oui bien sûr. Si j’ai pu accepter cette fonction supplémentaire – et bénévole – c’est parce que le rôle de la Fondation est en parfaite synergie avec ce que nous faisons quotidiennement à TV5MONDE. Les deux se nourrissent mutuellement et remplissent un objectif commun qui doit en bénéficier.
    Lesfrancais.press : Le réseau français à l’étranger est frappé par la crise du coronavirus et ses conséquences. L’Etat est venu au secours des établissements d’enseignement par des prêts. Cela ne concerne pas les Alliances. Beaucoup s’inquiètent. Des fermetures menacent. A court terme, comment se porte le réseau des Alliances? La Fondation peut-elle agir ?
    Yves Bigot : Le réseau est nécessairement inquiet de la situation de paralysie dans laquelle la planète est plongée. Ma première action a d’ailleurs été de remettre à 2021 le Congrès mondial des Alliances qui était prévu du 5 au 7 octobre prochains. Nous discutons avec le quai d’Orsay et les différents partenaires pour trouver les conditions dans lesquelles une aide logistique et financière pourrait venir soutenir les plus fragilisées des 832 Alliances. Cette réflexion est en cours…
    Lesfrancais.press : Et à long terme? Vous avez une large expérience professionnelle et internationale, vous travaillez avec plusieurs institutions et gouvernements, quel est l’ambition, le projet secret dont vous rêvez pour les Alliances? 
    Yves Bigot : Je n’ai pas de projet secret, ni pour les Alliances, ni pour TV5MONDE! Mais nos missions communes sont de promouvoir et enseigner le français au plus grand nombre possible partout dans le monde, dans le cadre du multilatéralisme et du multilinguisme, en conjonction avec les ministères concernés bien sûr, ainsi qu’avec l’Institut Français, en faisant bien attention à multiplier nos forces et ne surtout pas se marcher sur les pieds.
    Lesfrancais.press : Les Alliances, c’est l’enseignement, mais aussi la culture française et francophone. Elles organisent souvent des événements, des festivals, etc… On connait votre passion pour la musique et pour le rock.  ont du être annulés.  Inquiet ou pas inquiet ? 
    Yves Bigot : Je suis inquiet pour la culture en général (et le sport!). Je ne suis pas inquiet pour la musique – encore moins le rock – qui n’ont jamais été aussi populaires et présents qu’en cette période justement, mais pour leur économie. Non seulement celle-ci est battue en brèche depuis maintenant plus de deux décennies par le piratage, le numérique et les très mauvais deals conclus par les producteurs avec les GAFAN, ce qui est déjà une menace en soi – le streaming rapporte à beaucoup, mais pas aux artistes, ni aux auteurs et compositeurs – mais le confinement planétaire est en train d’entériner définitivement – avec la complicité des artistes qui craignent de perdre le contact avec leur public et veulent continuer à exister – la pratique selon laquelle la musique est gratuite, n’a pas de valeur. Et une fois que quelque chose est devenu gratuit, il devient très difficile de réintroduire le paiement…autrement que par la contrainte, ce qui dans ce domaine a déjà montré ses limites.
    Lesfrancais.press :  Le dynamisme des alliances est porté par les équipes locales. Avec des différences, de statut, entre les expats et les locaux. Un message pour ceux qui travaillent dans les alliances ? 
    Yves Bigot :Vous êtes formidables. La France et la Francophonie vous doivent beaucoup. Je connais un certain nombre d’entre vous que je rencontre depuis plus de 7 ans lors de mes déplacements pour TV5MONDE où j’essaie toujours de vous rendre visite ou de vous rencontrer. Tenez bons, nous ne pouvons pas tout faire, mais je suis à votre écoute.
    Lesfrancais.press : Pour les élèves? 
    Yves Bigot : C’est une langue compliquée, le français. Mais merci de l’avoir choisie. Vous verrez, Balzac, Hugo, Rimbaud, Céline, Tremblay, Mabanckou, Daoud, Dicker, Truffaut, Arcand, Poelvoorde, Charlebois, Manset, Stephan Eicher, Soprano, Roméo Elvis, c’est mieux dans le texte qu’en traduction et en sous-titrage. Et tellement de choses merveilleuses se sont exprimées et s’expriment encore dans cette langue tellement riche et précise. Epouser le français, c’est en adopter – potentiellement – les valeurs, l’héritage, le patrimoine, et l’avenir, culturel, professionnel, économique.
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