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  • L’inquiétante dérive des comptes extérieurs de la France

    L’inquiétante dérive des comptes extérieurs de la France

    Selon la Banque de France, en 2020, la France a enregistré son déficit des transactions courantes le plus élevé depuis 1982. Il a atteint 43,7 milliards d’euros, soit 1,9 % du PIB. Il s’explique par une augmentation du déficit commercial de 13,3 milliards d’euros, par une baisse de l’excédent des services de 7,6 milliards d’euros et par une diminution du solde des revenus d’investissement de 15,8 milliards d’euros. 

    Ce déficit accroît la position extérieure négative de la France qui a atteint 30 % du PIB. Elle se situe à 5 points de la procédure de déséquilibre macroéconomique. La dégradation de la position nette extérieure de la France a été de 78,7 milliards d’euros l’an dernier, pour s’établir à -695,5 milliards d’euros. 

    Une forte contraction des échanges commerciaux

    En 2020, les échanges commerciaux (exportations plus importations) de la France ont diminué de 15,3 % par rapport à l’année précédente. Les exportations se sont contractées de 17,3 % quand les importations ont baissé de 13,7 % pour les biens, et respectivement de 15,8 % et 14,2 % pour les services. Le déficit des échanges de biens et services est ainsi passé de 22,6 milliards à 43,5 milliards d’euros. Le déficit du commerce des biens s’est élevé à 59,9 milliards d’euros, contre 46,6 milliards en 2019. Cette augmentation est la conséquence de la diminution des échanges de matériels de transport (dont aéronautique). Elle a été atténuée par l’allègement de la facture énergétique. 

    Le solde des matériels de transport s’est dégradé de 16,1 milliards d’euros et celui des autres produits industriels de 4,8 milliards. Le déficit des produits énergétiques s’est réduit de 19 milliards d’euros en lien avec la forte baisse du prix du pétrole et la réduction des achats de carburants avec les confinements. 

    Une baisse logique du solde touristique 

    La baisse du tourisme international a fait reculer l’excédent des services. Les échanges de services ont enregistré un excédent de 16,4 milliards d’euros, en baisse de 7,6 milliards par rapport à 2019. Les recettes de services liés aux voyages ont diminué de 50 % pour atteindre 28,6 milliards d’euros. De leur côté, les dépenses de voyages à l’étranger se sont élevées à 24,3 milliards d’euros, soit une baisse de 46 %. Le solde s’est établi à 4,2 milliards d’euros, son niveau le plus bas depuis 1989. Les recettes et dépenses ont été principalement enregistrées au début de l’année 2020 ou à l’été 2020, le reste de l’année ayant été marqué par les différents confinements et mesures de restriction à la mobilité internationale. La saison estivale (juillet à septembre) a généré un solde positif de 3,7 milliards d’euros, soit près de 90 % de l’excédent total. 

    PARIS, FRANCE – AUGUST 30, 2015: Man photographs big group of tourists against Eiffel Tower in Paris. France.

    La France a souffert de l’absence de touristes non-européens. Les touristes en provenance des pays proches de la France ont représenté 74% du total, contre 62% en 2019. Avec la réduction des voyages à l’étranger, le déficit des transports s’est réduit de 1,3 milliard d’euros pour s’établir à 2,7 milliards d’euros. Le solde du transport de marchandises progresse de 2,9 milliards d’euros grâce à une hausse des exportations de fret. Cette amélioration est imputable aux hausses de prix générés par les pénuries notamment de conteneurs. 

    La Chine ravit à l’Allemagne la première place pour le déficit par pays 

    En 2020, la Chine est à l’origine du premier déficit commercial de la France. Ce dernier est passé de 17,7 milliards d’euros à 27,2 milliards. La croissance des importations de produits sanitaires et de produits électroniques explique cette dégradation. Le déficit vis-à-vis de l’Allemagne s’est, en revanche, réduit passant de 26,5 milliards à 19,3 milliards d’euros. 

    Les États-Unis et le Royaume-Uni sont demeurés les principaux pays d’excédents commerciaux pour la France, mais ils se sont affaiblis passant de de 14,5 milliards d’euros à 9,5 milliards d’euros pour le Royaume-Uni, et de 13,2 milliards d’euros à 9,4 milliards d’euros pour les États-Unis. Les échanges commerciaux de la France avec l’Union ont reculé de 13 % (à 717,0 milliards d’euros), contre 18 % (à 654,5 milliards d’euros) avec les pays hors Union. Les échanges commerciaux ont diminué de 21 % avec le Royaume-Uni, comme avec les États-Unis. 

    Une baisse sensible des revenus non-commerciaux 

    Les revenus non commerciaux en provenance de l’étranger ont, l’année dernière, fortement baissé. Les revenus primaires en provenance de l’étranger constitués essentiellement des rémunérations perçues et versées aux travailleurs frontaliers et les dividendes ou intérêts en provenance de l’étranger, ont enregistré un excédent de 43,3 milliards d’euros, en baisse de 18,3 milliards d’euros par rapport à 2019. Les restrictions sanitaires mises en place dans les pays voisins de la France ont entraîné une chute de revenus de 20,2 milliards d’euros. 

    Le solde des revenus d’investissements s’est établi à 20,7 milliards d’euros, contre 36,5 milliards en 2019. Les recettes se contractent de 29,8 % et les dépenses de 25,8 %. Le solde des revenus des investissements directs est passé de 54,5 milliards d’euros à 31,0 milliards. 

    La diminution des résultats des entreprises a entraîné à la fois celle des revenus perçus des filiales étrangères (-42 %) et celle des revenus versés aux maisons mères nonrésidentes (-39 %). 

    Une dégradation de la position extérieure française 

    Le compte financier a enregistré des entrées nettes de capitaux en hausse, à 52,5 milliards d’euros, contre 19,6 milliards en 2019, en lien avec le financement du déficit accru des transactions courantes. Cette augmentation est alimentée par la hausse des flux d’engagements vis-à-vis du reste du monde. Ils sont passés de 470,2 milliards d’euros à 558,4 milliards d’euros. 

    L’économie française a par ailleurs continué à investir à l’étranger, les flux en avoirs passent de 450,6 milliards à 505,9 milliards d’euros. Le solde des investissements directs s’est élevé à 36 milliards d’euros en 2020, après 4,9 milliards en 2019. Il correspond à un surplus des investissements directs à l’étranger par rapport aux investissements étrangers en France. C’est la seule catégorie d’investissement pour laquelle on observe des sorties de capitaux, avec les avoirs de réserve. Les investissements français à l’étranger ont atteint 40,3 milliards d’euros, après 30,2 milliards. Cette hausse s’explique avant tout par les liquidités apportées par les maisons mères françaises à leurs filiales à l’étranger. Les flux en capitaux propres se sont réduits de 38,9 milliards à 27,5 milliards. Les investissements étrangers en France diminuent et passent de 25,3 milliards d’euros à 4,3 milliards. Cette baisse porte à la fois sur les opérations en capitaux propres (-15,7 milliards) et sur celles liées aux instruments de dette (-5,4 milliards). Des entrées nettes sont constatées pour les investissements de portefeuille, malgré une hausse des achats de titres étrangers. 

    Durant la crise, les investisseurs français ont ainsi continué à acquérir des titres étrangers, non seulement des obligations et titres de dette de court terme (91,4 milliards) mais également des actions (45,0 milliards), et, dans une moindre mesure, des parts d’OPC (8,0 milliards). Les investisseurs étrangers ont également accru leurs achats de titres français. Les flux en engagements passent de 131,2 milliards d’euros à 180,7 milliards. Dans un contexte de forte hausse de l’endettement obligataire public et privé, les achats de titres de dette par des non-résidents ont progressé de 137,1 milliards à 169,7 milliards. 

    Les investisseurs étrangers ont acquis des titres publics français pour 85,9 milliards quand les acquisitions nettes effectuées par la Banque de France dans le cadre notamment des programmes d’achats d’actifs de l’Eurosystème ont atteint 160 milliards d’euros. La position extérieure nette a donc franchi le seuil des -30 % du PIB avec une dette de 695,5 milliards d’euros. La dégradation du ratio en pourcentage du PIB est temporairement amplifiée par la forte contraction de ce dernier.

    Un long processus de perte de parts de marché à l’extérieur et d’une diminution de la compétitivité de la France

    Les administrations publiques constituent le principal secteur débiteur au sein de la position extérieure nette, avec un stock d’engagements vis-à-vis de l’étranger qui dépasse de 1 332 milliards d’euros le stock des avoirs. La part de des investisseurs étrangers dans le financement public a atteint 52 % en 2020, contre 55 % en 2019. La position nette du secteur bancaire est également négative, de -346 milliards, tandis que celle de la Banque de France et des autres secteurs apparaissent positives, de respectivement 233 milliards et 750 milliards. La dette extérieure nette (hors avoirs de réserve) s’élevait à 1 223,9 milliards d’euros fin 2020, en hausse de 94,4 milliards par rapport à fin 2019. Cette dette nette est principalement libellée en euros (pour 965,6 milliards). Les actifs libellés en euros représentent par ailleurs 70,9 % des créances de la France, et 72,5 % de sa dette extérieure brute. L’économie française a également une dette extérieure nette en dollars de 383,4 milliards d’euros. Inversement, elle détient des créances nettes en yens, pour 156,9 milliards d’euros. 

    La détérioration des résultats extérieurs de la France est en grande partie liée la crise sanitaire qui a affecté les exportations d’aéronefs et les recettes touristiques. Elle s’inscrit malgré tout dans un long processus de perte de parts de marché à l’extérieur et d’une diminution de la compétitivité de la France. 

    Au fil des années, la France se rapproche de la ligne rouge que la Grèce avait franchie en 2011. Les investisseurs font toujours crédit à la France en acquérant des obligations d’État permettant ainsi de solder le déficit courant, mais cela se fait au prix d’un accroissement de notre dette extérieure.

  • Une pétition contre la quarantaine obligatoire au Royaume-Uni

    Une pétition contre la quarantaine obligatoire au Royaume-Uni

    Vendredi 16 juillet 2021, le gouvernement britannique a décidé de rendre la quarantaine obligatoire à tous les voyageurs venus de la France, même s’ils sont vaccinés. Or, le gouvernement avait annoncé précédemment que les résidents au Royaume-Uni entièrement vaccinés, venant de destinations classées « orange » comme la France ou l’Espagne, n’auraient plus besoin d’observer de quarantaine à partir de lundi 19 juillet 2021. Un rétropédalage qui sanctionne tous les voyageurs en provenance de France. 

    La cause invoquée : le variant Sud-Africain, qui serait plus résistant au vaccin AstraZeneca. En effet, le gouvernement craint la prolifération de ce variant.Mais en France, la majorité des cas de ce variant se trouvent à La Réunion. Et, ce dimanche 18 juillet 2021, le journal anglais « The Guardian » a expliqué que La Réunion et Mayotte pourraient être responsables de cette quarantaine imposée aux Français en déplacement au Royaume-Uni.

    Ce qui provoque une certaine incompréhension parmi tous les voyageurs à destination de la France.

    Pétition

    C’est pourquoi Olivier Boudard a lancé le 19 juillet 2021 une pétition afin d’exempter de quarantaine les voyageurs entièrement vaccinés en provenance de France. La pétition a déjà récolté plus de 5,200 personnes signatures. 

    “Ma femme et moi sommes résidents britanniques. Et, je le suis depuis une quinzaine d’années. Nous sommes tous les deux complètement vaccinés et nous devions rentrer en France pour revoir notre famille. Évidemment avec le Covid, nous n’avions pas revu nos amis et familles depuis pas mal de temps.”

    Olivier Boudard

    Olivier Boudard nous explique qu’il avait entendu parler de cette information prononcée par le ministre des Transports, Grant Shapps. Cette mesure concernait la suppression de la quarantaine pour tous les voyageurs en provenance de pays orange pour rentrer en Angleterre.

     “Pour nous c’était une bonne nouvelle, car nous pouvions simplement aller en France et revenir sans soucis. Nous avions prévu un déplacement là-bas. En ce moment, j’y suis. Malheureusement entre temps, un décès est survenu dans ma famille en France et nous avons dû revenir pour cela. Nous y étions déjà quand le gouvernement britannique a fait ces annonces. Et, que cette règle de la quarantaine ne s’appliquerait plus. J’ai trouvé ça un peu fort de la part du gouvernement britannique de prendre des décisions et de les changer à la dernière minute sans donner vraiment plus de jours de préavis aux personnes qui étaient déjà en France pour revenir. Ce n’est quand même pas génial, surtout que, ma femme et moi, comme beaucoup de gens, j’imagine, nous avions suivi toutes les règles depuis le début de la quarantaine. Nous avions fait les tests gratuits de NHS, une fois par semaine même en étant vaccinés pour aider à contrôler l’épidémie. Des amis autour de moi et beaucoup de personnes étaient déçus. Je me suis dit que la solution immédiate, c’est de faire cette pétition.« 

    Olivier Boudard

    Une pétition dans l’espoir de changer les règles

    Olivier Boudard ajoute qu’il a fait cette pétition dans l’espoir de “récolter un maximum de signatures. Il souhaite que cette pétition ait de plus en plus de visibilité et que le gouvernement britannique change les règles en remettant la France dans la catégorie Amber (Orange) en autorisant les voyageurs à revenir sans quarantaine. J’imagine et j’espère qu’il y a des négociations qui se passent en arrière-plan entre l’Ambassade de France et le gouvernement britannique pour essayer de rectifier tout cet imbroglio. Je ne suis pas un politicien, et je n’ai jamais fait de la politique publiquement, mais de mon côté pour moi la pétition c’était le moyen un peu immédiat de faire bouger les choses. Il y a beaucoup de gens qui souhaitent que ces changements inopinés cessent.”

    Que pensent les expats ?

    Nous avons voulu donner la parole à quelques expats qui ont signé cette pétition.

    Nadia, qui habite à Londres, a signé la pétition et l’a partagée avec beaucoup d’amis. Elle passe ses vacances en France et rentre le 10 août. “À cause de la quarantaine mes enfants ne pourront pas aller aux activités extras scolaires auxquels ils sont inscrits à notre retour.”

    Pour Pierre, qui est également à Londres a aussi signé cette pétition. “Le gouvernement britannique se ridiculise de jour en jour. La raison invoquée au départ (forte prévalence du variant Beta) a été démontée en quelques minutes. Cette décision est politique, et probablement une forme de vengeance, pour faire suite à la fermeture de la frontière par la France juste avant Noël 2020. Preuve que cette décision est absurde : la Réunion (où, le variant Beta est le principal variant) est sur liste Amber sans besoin de quarantaine, alors que la métropole où le variant Delta est ultra dominant (88%) est sur la liste Amber+. Pour finir, ce système de tests en Day 2 + 8 (+5) est une démonstration de plus que ce gouvernement Johnson entend servir ses amis plutôt que la nation.”

    Lauriane, une Londonienne a aussi signé et partagé plusieurs fois cette pétition. “Si ça n’avait pas été fait, je l’aurais fait moi-même.

    J’ai attendu jusqu’à la dernière minute avant de savoir si j’allais pouvoir déposer mes enfants à leur grand-mère. Début juillet la bonne nouvelle arrive enfin (pas de quarantaine pour les doubles vaccinés) donc je réserve et, moins de 2 semaines plus tard, sortit de nulle part ce changement juste pour la France. Je suis rentrée dimanche 25 juillet 2021 au soir et j’ai franchement la haine envers le gouvernement britannique. J’espère que la pétition va porter ses fruits, on a aussi le soutien d’Alexandre Holroyd ce qui réconforte un peu.”

    Nota bene : Alexandre Holroyd est un député LREM dans la 3e circonscription des Français de l’étranger pour représenter la communauté française établie au nord de l’Europe (Royaume-Uni, Irlande, Scandinavie, Finlande et Pays baltes).

    Bonne nouvelle pour les expats ?

    Pour Samia, qui habite à Liverpool a également signé cette pétition, et elle rentre de France ce samedi 31 juillet 2021. “Il semblerait que d’après l’article du Times que le gouvernement va décider de changer les règles la semaine prochaine. Je dois réserver les tests PCR Day 2 et 8 ce mercredi. Je n’ai pas de chance et je vais devoir faire la quarantaine.”

    En effet, malgré la montée en puissance du variant Delta en France ainsi qu’au Royaume-Uni, la Grande-Bretagne devrait retirer la semaine prochaine l’Hexagone de sa liste dite « ambre » des pays considérés à risque du fait de l’épidémie de Covid-19 et ainsi rouvrir sa frontière sans isolement obligatoire. Ce retrait pourrait mettre fin à la mise à l’isolement obligatoire des voyageurs arrivant de France, a rapporté lundi « The Times ».

    Serait-ce la bonne nouvelle tant espérée ?

    SIGNER LA PETITION

    https://www.change.org/p/uk-parliament-allow-fully-vaccinated-travelers-to-come-from-france-without-having-to-quarantine?use_react=false&v2=false

  • Ursula von der Leyen insiste : l’UE ne renégociera pas le protocole nord-irlandais

    Ursula von der Leyen insiste : l’UE ne renégociera pas le protocole nord-irlandais

    La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur le fait que l’UE ne renégociera pas le protocole nord-irlandais, un élément clé de l’accord du Brexit avec le Royaume-Uni.

    « L’UE continuera à faire preuve de créativité et de flexibilité dans le cadre du protocole. Mais nous ne renégocierons pas », a indiqué Mme von der Leyen jeudi (22 juillet) après un appel avec M. Johnson.

    Renégocier le protocole ?

    Ces commentaires interviennent au lendemain de la présentation par le ministre du Brexit, David Frost, d’un command paper dont le Royaume-Uni espère qu’il servira de base à la réouverture de certaines parties du protocole.

    Ce document, qui a été l’une des parties les plus âprement disputées lors des négociations sur le Brexit, crée effectivement une frontière douanière entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord afin d’éviter une frontière physique avec la République d’Irlande.

    « Le Premier ministre a indiqué que la manière dont le protocole fonctionnait actuellement n’était pas viable. Les mécanismes actuels du protocole ne permettent pas de trouver des solutions. C’est la raison pour laquelle nous avons présenté des propositions visant à le modifier de manière significative. Il existe une énorme opportunité de trouver des solutions raisonnables et pratiques aux difficultés rencontrées par les personnes et les entreprises en Irlande du Nord – et ainsi placer les relations entre le Royaume-Uni et l’UE sur une meilleure base »

    , a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique.

    Malgré le langage de plus en plus belliqueux de M. Frost et d’autres ministres britanniques concernant la renégociation du protocole ces dernières semaines, les responsables britanniques ont minimisé cette idée en privé, arguant qu’ils souhaitaient simplement négocier une mise en œuvre plus durable du protocole qui réduira les perturbations pour les entreprises et les citoyens en Irlande du Nord.

    Les Unionistes vent-debout

    Ils ont également souligné le mécontentement de la communauté unioniste pro-britannique d’Irlande du Nord, qui a connu trois changements de direction au sein du parti unioniste démocrate cette année. Pour Westminster, les unionistes ont l’impression que la protection du marché unique de l’UE et des relations nord-sud en Irlande l’emporte sur la minimisation des perturbations en Irlande du Nord et de sa relation avec la Grande-Bretagne.

    Le document britannique propose également de retirer à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) tout rôle de supervision du protocole.

    L’arme de l’article 16

    Pour l’instant, le Royaume-Uni a choisi de ne pas invoquer l’article 16 du protocole, qui permet à l’une ou l’autre partie de suspendre certains pans de l’accord en cas d’urgence, et les responsables maintiennent que le gouvernement Johnson espère trouver un compromis. Ils concèdent toutefois que toutes les options, y compris l’article 16, restent sur la table.

    Cependant, au vu de la méfiance des fonctionnaires de l’UE à l’égard du gouvernement Johnson, Bruxelles semble peu enthousiaste à l’idée d’offrir de nouvelles concessions à Londres.

    Les affirmations du Royaume-Uni selon lesquelles les autorités ne s’attendaient pas à ce que l’UE mette en œuvre le nouveau régime douanier de manière aussi rigide ont suscité des répliques de responsables de l’UE : plus de quatre ans après avoir voté pour quitter le bloc, le 10 Downing Street avait largement le temps de se préparer à la vie en dehors du marché unique.

    « Est-ce trop demander au Royaume-Uni que de s’en tenir à ce qu’il a négocié, signé et ratifié ? », a tweeté le porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Fischer.

  • Tunisie : les expatriés sereins

    Tunisie : les expatriés sereins

    Alors que le Président a dissout l’assemblée tunisienne et renvoyé le Premier ministre. On analyse cette situation inédite dans cette jeune démocratie et on fait le point sur la situation des expatriés.

    Le coup de force de Kaïs Saïed 

    Il se présente comme l’austérité même. C’est même pour cela que ce quasi inconnu a remporté l’élection présidentielle haut la main,   avec plus de 72% des voix et le soutien de la jeunesse, impressionnée par ce professeur d’Université qui n’avait ni parti, ni ami, et affichait un discours radical contre la corruption. Il est vrai que son adversaire du deuxième tour faisait campagne depuis la prison. 

    On le disait un peu islamiste sur les bords, mais ses convictions religieuses ne le mettaient pas sous la coupe d’Ennadha et de son chef  Rached Ghannouchi, actuel Président du Parlement. Au contraire, cela fait des mois, depuis les élections législatives, que le Président et l’Assemblée, dominée par les Islamistes d’Ennadha, s’observent, se menacent, se neutralisent.

    800.000 Tunisiens ont basculé dans la pauvreté suite à la pandémie 

    En pleine crise sanitaire, trois ministres de la santé ont passé. Le dernier, est resté à peine quelques jours. Quant au gouvernement, instable, il gardait huit postes ministériels vacants sur 27. Le Premier ministre, Hichem Mechichi, troisième chef du gouvernement en moins d’un an, n’était lui-même en place que depuis septembre 2020.

    Depuis la révolution des Printemps arabes de 2011, la Tunisie est le seul pays à être resté démocratique. Mais la démocratie n’a pas réglé, loin de là, les problèmes économiques et sociaux. Beaucoup de Tunisiens pensent plutôt le contraire, évoquant avec nostalgie  les années Ben Ali, en tout cas sur le plan économique. Plus d’un jeune sur trois est au chômage. Crise nouvelle sur fond de crise, le Covid a apporté son désastre, ruiné le tourisme, accusé les failles d’un Etat appauvri. 800.000 Tunisiens ont basculé dans la pauvreté suite à la pandémie. En 2020, le pays a enregistré une récession de 8,8 %, la dette publique représente  plus de 100 % de PIB, la moitié de ses réserves en devises a été apportée par les prêts du FMI depuis 2015.

    La semaine dernière, le ministre de la Santé a été limogé. Kaïs Saïed demandait à l’armée de prendre en charge la lutte contre le Covid. Même si la Tunisie a augmenté le nombre de lits de réanimation, passant de 90 à 500, même si 8% des Tunisiens sont vaccinés, les  hôpitaux sont saturés, l’oxygène et le matériel médical manquent. 18.000 morts pour 12 millions d’habitants, -un taux de décès comparable à celui de la France (1670 morts pour 1 million d’habitants en France, 1608/1M en Tunisie) mais le nombre de cas explose. La gestion de la crise est considérée comme un échec tragique. 

    Le Professeur de droit a suspendu les activités du Parlement et a démis le Premier ministre

    Le 25 Juillet, jour de la fête de la République, des manifestants ont appelé à un changement de régime, conspuant le gouvernement, accusé d’incompétence. Dans la soirée, Kaïs Saïed les a écoutés : Le Professeur de droit a suspendu les activités du Parlement et a démis le Premier ministre Hichem Mechichi, soutenu par Rached Ghanouchi. Ce dernier campe dans une voiture devant le Parlement, fermé par l’armée, tandis que ses partisans affrontent ceux de Kaïs Saïed à coup de pierres et de bouteilles.

    Ce sont donc les Islamistes qui en appellent à la démocratie et le Constitutionaliste qui ferait un Coup d’état. Ce dernier s’appuie sur l’article 30 de la Constitution qui lui donne des pouvoirs exceptionnels en cas de « péril imminent ». «La Constitution ne permet pas la dissolution du Parlement mais elle permet le gel de ses activités» argumente le Professeur Président. Une interprétation discutable de la Constitution adoptée en 2014, puisque l’article 80 prévoit au contraire que durant toute la période de « péril imminent », « l’Assemblée des représentants du peuple est considérée en état de réunion permanente ».

    Le « péril imminent » est le variant delta 

    Le Président a aussi annoncé lever l’immunité parlementaire des députés et promis de poursuivre les personnes impliquées dans des affaires judiciaires, précisant qu’il prenait le contrôle des services du procureur général. Voilà une concentration des pouvoirs inédite.

    Le « péril imminent » est donc le variant delta, dernière manifestation de l’épidémie, qui frappe de plein fouet la Tunisie, désorganise le système de santé, l’économie  et désormais les institutions. 

    Le Président a en Tunisie, peu de pouvoirs, sinon pour la défense et la politique étrangère. Kaïs Saïed n’a jamais masqué son regret de voir le gouvernement dépendre de l’Assemblée, lui qui affirmait qu’un régime parlementaire convenait mal à la Tunisie et préférait la constitution de pouvoirs locaux autonomes et d’un Président fort.

    Personne en Tunisie ne pense qu’il pourrait exercer un pouvoir autoritaire, encore moins solitaire

    Il a donc a décidé de se charger directement «du pouvoir exécutif avec l’aide d’un gouvernement dont le Président sera désigné par le Chef de l’Etat». Seulement, Kaïs Saïed est un homme seul. Il n’a jamais exercé de fonctions politiques avant son élection, n’a pas de parti, peu de réseaux, pas d’ancrage. Personne en Tunisie ne pense qu’il pourrait exercer un pouvoir autoritaire, encore moins solitaire. Il faudra bien trouver une porte de sortie. 

    En attendant, les réactions à l’étranger se multiplient. La Turquie a réclamé le retour à la démocratie. Bel hommage d’Erdogan à l’état de droit ! Il est naturellement solidaire des Frères musulmans d’Ennadha. D’ailleurs la chaîne qatari  des Frères, Al Jazeera été fermée par la police à Tunis. Plus curieusement l’Allemagne s’est empressée de demander le retour « à l’ordre constitutionnel le plus rapidement possible » et de préserver « les libertés civiles ». Elle doit avoir des informations pour penser qu’elles ont menacées. 

    Elle ne fait pourtant pas partie des pays proches qui ont manifesté une particulière solidarité avec la Tunisie au moment de la crise sanitaire. L’Arabie saoudite, le Qatar, l’Algérie, les Emirats, l’Egypte, la Chine ont envoyé du matériel médical et des dons. La France a envoyé de l’oxygène et un demi-million de doses de vaccins. L’aide française devrait encore monter en puissance. Au total, près de 5 millions de doses devraient parvenir d’ici la mi-août.

    La France réagit

    La France a réagi en deux temps aux annonces de Kaïs Saïed. L’Ambassade s’est limité à un communiqué prudentissime:

    « Des rassemblements ont eu lieu ces derniers jours et pourraient se poursuivre, notamment à Tunis et dans les grandes villes.
    Il convient de faire preuve de vigilance et de se tenir à l’écart des rassemblements. Il est également recommandé de se tenir informé de la situation, avant d’envisager un déplacement. 
    ». Puis le Quai d’Orsay a publié un communiqué  mesuré : « La France a pris connaissance des décisions que le Président de la République tunisienne a annoncées hier soir. La France suit avec la plus grande attention l’évolution de la situation politique en Tunisie. Elle souhaite le respect de l’État de droit et le retour, dans les meilleurs délais, à un fonctionnement normal des institutions, qui doivent pouvoir se concentrer sur la réponse à la crise sanitaire, économique et sociale. Dans le plein respect de la souveraineté de la Tunisie, la France appelle également l’ensemble des forces politiques du pays à éviter toute forme de violence, et à préserver les acquis démocratiques du pays. La France se tient aux côtés des Tunisiens face aux défis auxquels leur pays est confronté. »

    Communiqué de presse du Ministère des Affaires étrangères français

    Aider la Tunisie et les Tunisiens

    Cette crise peut permettre à la société tunisienne de sortir de l’impasse politique. Elle oblige aussi les pays européens et surtout l’Union européenne à s’intéresser de plus près à son environnement immédiat. Les pays du Maghreb sont les plus proches voisins de l’Europe, ils sont confrontés à des crises multiples qui rejaillissent fortement sur le continent européen. Depuis longtemps, la Tunisie crie au secours. En tout cas, il faut aider la Tunisie et les Tunisiens. D’autant qu’il y a peu de chance que Kaïs Saïed ne se transforme en dictateur. Il lui faut de toute façon s’entourer pour gouverner, même et surtout dans l’urgence d’une crise.

    Qu’en pensent les expatriés en Tunisie ?

    Nous avons contacté la présidente de l’Union des Français de l’Etranger de Sousse, Roselyne Cordin, pour connaitre le sentiment des expatriés en Tunisie.

    Confiance au peuple tunisien

    Les Français de Tunisie ont décidé de faire confiance au peuple tunisien. Alors que les évènements s’enchainent, les Tunisiens restent calmes, mêlant manifestations et vie quotidienne. La fermeture des aéroports n’a pas, non plus, provoqué de panique. A l’UFE, aucun membre n’a exprimé d’inquiétude ou le souhait de rejoindre la France d’urgence.

    « La vie continue calmement »

    Roselyne Cordin – Union des Français de l’Etranger de Sousse

    Au contraire, pour Roselyne Cordin, les Tunisiens expriment des messages d’apaisement, comme si la décision du Président était plus une « délivrance » qu’un souci. Ces dernières semaines, les expatriés étaient des spectateurs inquiets des mouvements de colère qui se développaient dans tout le pays. Désormais, le peuple semble avoir été entendu selon Roselyne Cordin et la police comme l’armée ont fraternisé avec les manifestants, éloignant, au moins pour un temps, tout risque de dérapage.

    Et donc dès ce 26 juillet, les administrations, les commerces ont repris leur activité dans le plus grand calme, continuant d’apaiser les retraités et les actifs français présents en Tunisie.

    Les évènements du 25 et 27 marquent un tournant majeur pour la Tunisie mais qui ressemble plus à une deuxième chance pour la démocratie qu’à un énième coup d’état.

  • A la santé du peuple souverain

    A la santé du peuple souverain

    La santé est désormais définitivement du ressort de l’Etat. Progressivement, consensuellement, universellement, l’éducation et la santé ont rejoint les domaines régaliens traditionnels : justice, sécurité, défense, diplomatie, fiscalité, monnaie. 

    La politique sanitaire, à l’occasion de la crise du covid[1], a débordé le seul cadre d’une politique de santé publique. Elle a déterminé des lois de police aux frontières et à l’intérieur du pays, des lois d’urgence acceptées par le Conseil d’Etat et le Conseil constitutionnel, limitant les libertés fondamentales. Les manifestants dénonçant le pass sanitaire n’y peuvent rien : la santé est devenu un bien public.

    la santé est un enjeu de de  citoyenneté » 

    La France ne fait pas exception. L’Union Européenne, alors que la santé n’est pas de son ressort, s’est emparée du sujet. L’entretien exclusif qu’a accordé Didier Reynders, Commissaire à la Justice, à lesfrançais.press montre que la santé est un enjeu de « souveraineté » et de « citoyenneté », tant les règles sont différentes selon votre passeport civil et sanitaire.

    Par le retour des frontières, par le jeu des accords réciproques et des influences, la politique de santé implique aussi la diplomatie. Ainsi la France mène une politique active en Tunisie, avec un « pont médical ». La Chine propose de construire une usine de vaccin au Maroc. L’Algérie se fournit en vaccin russe, comme l’Argentine, qui proteste contre les retards de livraison. La Chine refuse désormais de collaborer avec l’OMS… Vacciner le monde, le soigner, telle est la prétention. De toute façon, quelle que soit la hauteur des murailles, les frontières seront franchies.

    Qu’est ce qu’un bon système de santé ? Il y a vingt ans, l’OMS classait la France en tête 

    La crise du covid oblige à s’interroger sur les modèles de santé publique à travers le monde. Qu’est ce qu’un bon système de santé ? Il y a vingt ans, l’OMS classait la France en tête. Ce ne serait sans doute plus le cas. La Pandémie a révélé des failles, qui ne tiennent pas qu’au nombre de lits. Le de la France : liberté de choix du médecin, contrôle du coût de médicaments, qualité des soins, gratuité. En revanche, la bureaucratisation fait apparaitre un coût global élevé, l’absence de dossier médical unique et transmissible[2], une carence dans le lien entre médecine de ville et hôpital, une sous valorisation des infirmiers (relativement les moins bien payés en Europe[3]); une médecine préventive lacunaire.

    Au Royaume-Uni, Les dépenses de santé sont 1% moins élevées qu’en France. Le National Health Service, système de santé étatique, est réputé pour son manque d’innovation et ses temps d’attente. 

    Au Canada, liberté de choix du médecin, gratuité et couverture universelle sont garanties. En revanche les médicaments sont plus chers qu’en France. 

    L’Allemagne, les Pays-Bas, Taïwan

    En Allemagne, la couverture médicale est universelle, ainsi que le libre choix des médecins. Le nombre de lits dans les hôpitaux est supérieur à la moyenne européenne, ce qui s’est vu durant la crise, les dépenses par rapport au PIB sont moins élevées qu’en France. Remarque : les Hôpitaux sont généralement privés, ce qui montre qu’une politique de santé publique peut se faire avec un système privé. 

    Aux Pays-Bas, le généraliste a un rôle central aussi bien pour l’accès au spécialiste que pour le lien avec l’hôpital. Certains[4]y voient le meilleur système au monde, avec celui de la Norvège et de Taïwan. 

    Libre choix du médecin, couverture universelle, dossier médical unique et informatisé, examen et IRM sans attente, les Taïwanais semblent avoir réalisé ce dont les Français rêvaient, tout cela à un coût deux fois moindre (les dépenses de santé à Taïwan représentent 6% du PIB contre 12% en France). Ce serait au prix d’une mécanique impersonnelle, industrielle, des consultations.

    De quoi inspirer la Chine ? Ou les Etats-Unis, qui dépensent presque 18% de leur PIB en dépenses de santé pour un résultat décevant : ni couverture universelle (10% des Américains sont toujours en dehors du système, ni liberté de choix du médecin (lié au réseau de soin de l’assurance), bureaucratisation, coût excessif des médicaments : les Américains, 4.5% de la population mondiale, représentent près de 50% des dépenses mondiales de médicament, qui sont 56% plus chers qu’en Europe.

    Celui qui définira le meilleur système de santé publique aura aussi surmonté la crise de l’Etat 

    Les Etats-Unis représentaient le modèle dans les années soixante. Leur capacité d’innovation est une des plus élevées du monde. Pas seulement pour la recherche, mais aussi pour l’organisation. Ils peuvent donc le redevenir puisque la santé relève désormais de politiques publiques au sens très large : ce sont des questions d’organisation que des questions médicales.

    Développement de la médecine préventive, éducation à l’hygiène, suivi des maladies chroniques, prise en charge psychiatrique, accompagnement de la petite enfance, dossier unique, médecine de proximité et télémédecine sont les enjeux d’une politique de santé publique. Ce qui signifie que l’Etat ne doit surtout pas s’en occuper directement. Ce n’est pas la sécurité sociale qui a inventé Doctolib.

    Là est peut-être le secret : que les Etats ne cherchent pas à militariser la santé publique, à la policer, mais à donner les moyens de la gérer au plus près, le plus souplement, le plus simplement, le plus localement possible. Une façon de repenser l’Etat. Celui qui définira le meilleur système de santé publique aura aussi surmonté la crise de l’Etat. 

    Laurent Dominati

    A.Ambassadeur de France

    A.Député de Paris


    [1] Le Covid ou la Covid ? En français, la règle, c’est l’usage. Les Francis ont tendance, naturellement, à dire le covid. L’Académie, à la suite du Québec, recommande la Covid, considérant qu’il s’agit de l’acronyme C.O.V.I.D de l’anglais desease. Cette expertise linguistique s’arrête en chemin : desease vient du Français désaise, « absence d’aise, peine morale », qui est un masculin (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales): Le désaise. Le réflexe naturel est le bon. L’Académie aurait du suivre le parler populaire, ce que fait le Petit Robert, qui n’accorde d’ailleurs pas de majuscule à covid : Le covid.

    [2]  Le « Dossier patient informatisé » (DPI) a été mis en place mais la médecine de ville n’est pas encore partie prenante du système.

    [3] Les infirmiers en France gagnent moins que le travailleur moyen, Cas unique en Europe. Leur qualification n’est donc pas récompensée.

    [4] Ezekiel J. Emanuel : «  Quel pays a le meilleur système de santé du monde ? », Public Affairs, 2020.

  • Didier Reynders, celui qui a mis en place le certificat européen

    Didier Reynders, celui qui a mis en place le certificat européen

    Nous recevons cette semaine Didier Reynders, Commissaire européen à la Justice en charge du déploiement du Certificat numérique européen.

    Interrogé par Jeremy Michel, Didier Reynders revient sur les points clé du fonctionnement et des modalités d’obtention du fameux sésame européen.

    Harmoniser les normes européennes

    Les expatriés et les touristes l’ont remarqué, chaque pays a mis en place sa propre application. Le Commissaire européen revient sur le fonctionnement du dispositif tandis que Jeremy Michel revient sur les bugs rencontrés pendant les 15 premiers jours de l’été.

    « Ça fonctionne correctement pour la libre circulation entre les pays membres « 

    Didier Reynders

    Prolongement du dispositif ?

    Didier Reynders nous annonce un éventuel prolongement du Certificat numérique européen si la pandémie n’est pas finie à la fin de l’année. Les outils mis en place serviront de modèles en cas de nouvelle pandémie.

    L’objectif de la Commission européenne est d’éviter une nouvelle fermeture des frontières. Il fait le constat de l’échec de la solidarité européenne lors des premiers mois. Didier Reynders appelle au maintien de la pression sur les États membres afin de maintenir le flux de circulation dans le cadre des normes. Il cite l’exemple de Malte qui a tenté en début d’été de déroger à celles-ci. 

    Réciprocité avec les États tiers

    C’est le grand défi, après avoir rétabli la circulation au sein de l’espace européen, il faudra rapidement permettre aux Européens de voyager en dehors du continent. Et là Didier Reynders fait l’amère constatation que le chemin sera encore long. En effet, comme les USA, la mise en place de tels certificats n’est pas prévu. La commission réfléchit avec l’OMS ou IATA pour imaginer un document international.

    Regardez l’interview de Didier Reynders

    Ecoutez l’interview de Didier Reynders

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  • Le Passe sanitaire est voté. Quelles conséquences ?

    Le Passe sanitaire est voté. Quelles conséquences ?

    Ce samedi 24 juillet, le Sénat a rejeté le texte de l’Assemblée nationale. En ce dimanche d’été, la commission paritaire s’est réunie pour trouver un accord entre les deux assemblées. En fin de journée, un texte a créé le consensus. Leprojet de loi concernant l’extension du Passe sanitaire et la vaccination obligatoire des professionnels est donc adopté à la haute chambre par 199 voix contre 123 et de nouveau par l’Assemblée nationale dans la nuit de dimanche à lundi.

    Le texte original a néanmoins subi des modifications, excluant par exemple l’obligation du Passe dans les centres commerciaux et pour les mineurs.

    Passe sanitaire en extérieur

    Selon le site du Sénat, le texte sur lequel la CMP s’est accordée prévoit, finalement, une obligation du Passe sanitaire en extérieur, c’est-à-dire y compris en terrasses.

    En revanche, le Passe sanitaire ne devrait être obligatoire pour les 12-17 ans qu’à partir du 30 septembre. Enfin, les centres commerciaux ne seront pas concernés par la disposition, ce qui est, sur ce point, une victoire pour le Sénat.

    Fin des mesures au 15 novembre 2021

    Les élus se sont, aussi, accordés sur une date de fin de l’état d’urgence sanitaire, à savoir le 15 novembre. Cette date se situe donc entre le 31 octobre, voulu par les sénateurs LR et le 31 décembre, voulu par l’exécutif.

    Et pour les expatriés ?

    Pas de changement pour les expatrié(e)s, selon son pays de départ, des règles différentes s’appliquent.

    • Pays « verts» : pays et territoires dans lesquels aucune circulation active du virus n’est observée et aucun variant préoccupant n’est recensé. Il s’agit des pays de l’espace européen, auxquels s’ajoutent l’Albanie, l’Arabie Saoudite, l’Australie, la Bosnie, Brunei, le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, Hong-Kong, Israël, le Japon, le Kosovo, le Liban, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Nouvelle-Zélande, la Serbie, Singapour, Taiwan, l’Ukraine, l’Union des Comores et Vanuatu.
    • Pays « oranges » : pays dans lesquels on observe une circulation active du virus dans des proportions maîtrisées, sans diffusion de variants préoccupants. Il s’agit de tous les pays n’étant pas inclus dans les listes des pays « verts » et « rouges », par exemple le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, pour qui une obligation de test de moins de 24h pour les personnes non vaccinées a été ajoutée (dont le vaccin est reconnu par l’Union européenne), pour les autres pays, un test PCR négatif de moins de 72h ou antigénique négatif de moins de 48h avant le vol est exigé.
    • Pays « rouges » : pays dans lesquels une circulation active du virus est observée avec une présence de variants préoccupants. Il s’agit des pays suivants : Afghanistan, Afrique du Sud, Argentine, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa-Rica, Cuba, Inde, Indonésie, Maldives, Mozambique, Namibie, Népal, Oman, Pakistan, Paraguay, République démocratique du Congo, Russie, Seychelles, Sri Lanka, Suriname, Tunisie, Uruguay et Zambie. Pour ces pays, il vous faut un motif impérieux pour rejoindre la France.
    Classement des pays par le Ministère des affaires étrangères au 25 juillet 20h

    Et obtenir le Passe sanitaire ?

    Si vous avez été vacciné(e) en Europe, les QR codes sont enfin acceptés par l’application française depuis le 20 juillet. Avec 3 semaines de retard, sur le calendrier européen, la France permet aux expatriés et touristes vaccinés en Europe d’obtenir leur Passe Sanitaire permanent.

    Pour les autres, il faudra donc faire un test PCR toutes les 48h ou un test antigénique toutes les 24h. Vous recevrez le résultat par SMS ou par mail avec le QR code à scanner dans l’application TousAntiCovid. De nombreux lieux restent accessibles sans Passe sanitaire, il n’est donc pas impératif de renouveler toutes les 48h ou 24h votre Passe sanitaire. Il faudra cependant bien anticiper vos « sorties ».

    Pour rappel, les Tests PCR ou antigénique sont gratuits pour tous les citoyens français tout au long de l’été. Le tiers payant est systématique pour les expatriés. C’est à dire que l’Etat prend directement en charge le dépistage. Cependant, peu de pharmacies ou de médecins sont informes de la mesure ou formés pour procéder à la déclaration auprès de la Sécurité sociale. Il faut donc mieux privilégier, comme pour la vaccination, les hôpitaux, les centrés hospitaliers délocalisés (comme La Croix Rouge sur les plages), etc…

    Circulaire transmise par le président de l’Agence nationale de Santé publique aux directeurs d’Agences régionales de Santé publique en France

    Et maintenant ?

    Une nouvelle navette entre les deux chambres va donc être évitée de justesse et le projet de loi adopté laisse au gouvernement la possibilité de mettre en place un calendrier déjà très serré avant l’instauration des dispositifs.

    La prochaine étape sera le Conseil constitutionnel et enfin la promulgation par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, afin que les dispositions soient applicables dans les premiers jours du mois d’août.

    MAJ le lundi 26 juillet à 16h20

  • Le cinéma positif s’installe sur TV5MONDEplus

    Le cinéma positif s’installe sur TV5MONDEplus

    Créée en 2016, sous les auspices du Festival de Cannes, la Semaine du Cinéma Positif consacre un cinéma qui change notre regard sur le monde, interroge son industrie et met son art au service des générations futures.

    Le cinéma positif dénonce les injustices et met en lumière les situations auxquelles nous avons parfois du mal à nous confronter. Il rassemble, fait bouger les lignes, influence nos modes de pensées, nos comportements et invite les citoyens du monde entier à s’engager.

    Organisée par l’Institut de l’Économie Positive avec le soutien du CNC, ainsi qu’en partenariat avec Canal + et TV5MONDE, elle s’est déroulée du 14 au 17 juillet 2021.

    Aujourd’hui, les films aux messages humanistes et altruistes en résonnance avec la thématique de cette édition s’installent sur TV5MONDEplus pour un été positif !

    la sélection de films sur TV5MONDEplus

    Tout l’été gratuitement et où que vous soyez vous pouvez retrouver cette sélection sur la plateforme TV5MONDEplus.

    Ceux qui travaillent

    Drame Réalisation Antoine Russbach (Suisse, 2018).
    Avec Olivier Gourmet (Frank), Adèle Bochatay (Mathilde), Michel Voïta (Jérémy), Pauline Schneider (Hilde), Delphine Bibet (Nadine), Louka Minnella (Harold), Isaline Prévost (Jeanne)…

    Après avoir consacré toute son existence au travail, Frank, cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime, est contraint à la démission. Il est perdu. Au chômage, il ne sait plus où est sa place. Réa- lise qu’il a trop longtemps délaissé sa famille. Une profonde remise en question s’impose.

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    Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai

    Documentaire Réalisation Denis Robert, Nina Robert (France, 2015).
    On se souvient des indignations tonitruantes de François Cavanna, le père d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo.

    À travers des entretiens réalisés peu de temps avant sa mort en 2014, des archives oubliées et des témoi- gnages inédits, Denis Robert dresse le portrait d’une véritable icône de la presse frondeuse et libertaire.

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    L’emploi du temps

    Drame Réalisation Laurent Cantet (Suisse, 2021).
    Avec Aurélien Recoing (Vincent), Karin Viard (Muriel), Serge Livrozet (Jean-Michel)…

    Après un licenciement, Vincent, consultant en entreprise, s’invente un nouvel emploi à Genève. Contraint non seulement de trouver de l’argent, mais aussi d’étayer chaque jour davantage la fiction de son emploi, Vincent tombe dans son propre piège. Mentir à son entourage devient alors une occupation à plein temps..

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    Ressources humaines

    Drame Réalisation Laurent Cantet (Suisse, 1999).
    Avec Jalil Lespert (Frank), Jean-Claude Vallod (le père), Chantal Barré (la mère), Michel Begnez (Olivier), Véronique de Pandelaère (Sylvie), Lucien Longueville (le patron), Danielle Mélador (Mme Arnoux)… 

    Frank, étudiant en école de commerce, revient chez ses parents pour un stage dans l’usine où son père est ouvrier depuis trente ans. Affecté aux Ressources humaines, il met beaucoup d’enthousiasme à la tâche, jusqu’au jour où il découvre que son travail sert de paravent à un plan de licenciement…

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    Ni juge, ni soumise

    Documentaire Réalisation Yves Hinant, Jean Libon (France/Belgique, 2017).

    À Bruxelles, pendant trois ans, Yves Hinant et Jean Libon, réalisateurs de l’équipe de « Strip-tease », ont suivi la juge d’instruction Anne Gruwez au cours d’enquêtes criminelles, d’auditions, de visites de scènes de crime.

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    Les hommes libres

    Histoire Réalisation Ismaël Ferroukhi (France, 2010).
    Avec Tahar Rahim (Younes), Michael Lonsdale (Si Kaddour Ben Ghabrit), Mahmoud Shalaby (Salim)… Paris, 1942.

    Younes, jeune Algérien, vit du marché noir. Arrêté, il accepte d’espionner la Mosquée de Paris en échange de sa liberté. Le recteur est en effet soupçonné de délivrer de faux-papiers à des juifs et à des résistants. Là-bas, Younes se lie d’amitié avec Salim, chanteur algérien… et juif.

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    Avec Thelma

    Comédie Réalisation Ann Sirot, Raphaël Balboni (Belgique, 2017).
    Avec Jean Le PeltierVincent LécuyerThelma BalboniGilles Remiche
    Jean et Vincent sont en couple et Vincent est l’oncle de Thelma, 3 ans. Lorsqu’un volcan islandais bloque

    l’espace aérien et retient les parents de Thelma, ils accueillent Thelma chez eux à Bruxelles pour une durée indéfinie. Avec elle, ils découvrent les affres et les joies de la vie parentale.

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    Édith et Henry

    Comédie dramatique Réalisation Clémence Lebatteux (France, 2018).
    Avec Maryvonne Schiltz (Édith), Jacques Boudet (Henry)…

    Édith découvre après cinquante ans de mariage que Henry consulte des sites pornographiques sur l’or- dinateur qu’ils viennent d’acquérir. Elle s’enferme alors dans sa chambre mais son mari tente de l’épier par le trou de la serrure. Ils vont progressivement se livrer à petit jeu coquin…

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    Mademoiselle

    Comédie dramatique Réalisation Simon Grass (France, 2019).
    Avec Michèle Moretti (Myriam), Marc Pierret (Philippe), Élyne Craipeau (Agnès)…

    Myriam, 80 ans, à l’intention de se remarier. Mais son entourage n’y croit pas beaucoup… Peu lui importe l’avis de sa famille : on ne l’empêchera pas d’être amoureuse.

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    Numéro une

    Comédie dramatique Réalisation Tonie Marshall (France, 2016).
    Avec Emmanuelle Devos (Emmanuelle Blachey), Suzanne Clément (Véra Jacob), Richard Berry (Beaumel)… 

    Emmanuelle, ingénieure brillante, est pressentie pour diriger une grande entreprise du CAC 40. Un réseau defemmes d’influence l’a repérée et souhaite l’aider à devenir la première femme à occuper une telle fonc- tion. Mais le poste est convoité. Et dans ce monde d’hommes de pouvoir, tous les coups sont permis…

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    La belle et la meute

    Drame Réalisation Kaouther Ben Hania (Tunisie/France/Norvège/Liban/Qatar/Suisse, 2017).
    Avec Mariam Al Ferjani (Mariam), Ghanem Zrelli (Youssef), Noomane Hamda (Chedly)…

    Lors d’une soirée étudiante à Tunis, Mariam, 21 ans, est violée par des policiers. D’hôpitaux en commissa- riats, de mépris en intimidations, elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

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    La loi du marché

    Drame Réalisation Stéphane Brizé (France, 2014).
    Avec Vincent Lindon (Thierry), Yves Ory (le conseiller Pôle Emploi), Karine de Mirbeck (la femme de Thierry)… 

    Thierry, 51 ans, est au chômage. Entre les formations sans avenir et les humiliations répétées, les temps sont durs. Avec sa femme, il tente de préserver l’essentiel : leur appartement et la scolarité de leur fils han- dicapé. Il finit par trouver un emploi d’agent de sécurité dans un supermarché.

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    Les éblouis

    Drame Réalisation Sarah Suco (France, 2018).
    Avec Camille Cottin (Christine), Jean-Pierre Darroussin (le Berger), Éric Caravaca (Frédéric)… 

    Camille, 12 ans, passionnée de cirque, voit sa vie basculer lorsque ses parents intègrent une communauté religieuse charismatique. Peu à peu, l’embrigadement devient sectaire. La jeune fille se voit imposer un nouveau mode de vie qui la coupe de l’extérieur. Elle va devoir se battre pour affirmer sa liberté.

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    Où sont les noirs

    Documentaire Réalisation Rokhaya Diallo (France, 2019).

    Êtes-vous capables de citer les noms de trois actrices ou acteurs noirs français ? Une question simple en apparence, et pourtant… La majorité des personnes interrogées est incapable d’y répondre. Tout juste connaît-elle Omar Sy, César du meilleur acteur en 2012. Rokhaya Diallo scrute les écrans et explore les solutions.

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  • « Présomption d’innocence » par Olivier Cadic

    « Présomption d’innocence » par Olivier Cadic

    Une séquence digne d’Hollywood. Le 19 mars 2013, une fois les caméras et les projecteurs en place, un commando des stups dominicains prend d’assaut un Falcon 50 posé sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana. L’affaire « Air Cocaïne » est née. Pour soigner les effets, certaines scènes sont même rejouées !

    Air cocaïne

    Aux commandes du jet, Pascal Fauret et Bruno Odos, deux salariés d’une petite compagnie aérienne et anciens pilotes de chasse de l’aéronavale, sont jetés en prison avec les deux autres passagers de l’avion, eux-aussi français. Une arrestation en violation de toutes les conventions internationales puisque les pilotes de vol commerciaux n’ont pas la responsabilité du contenu des bagages de leurs passagers, quelle que soit la taille de l’avion exploité, n’étant pas habilités à se substituer aux autorités policières ou douanières.

    Pilotes émérites

    Début 2015, un ancien pilote de l’aéronavale, président du comité de soutien aux pilotes me sollicite. La lecture du dossier forge ma conviction que les deux anciens pilotes émérites de l’armée française, au parcours d’une parfaite rectitude, ne pouvaient s’être transformés tout à coup en vulgaires trafiquants de drogue. Ils m’apparaissent alors comme des victimes… des boucs émissaires.

    la présomption d’innocence bafouée

    De passage en République dominicaine en avril 2015, j’ai découvert avec stupéfaction que de nombreuses personnes les considéraient comme des coupables. Cela a justifié que je rappelle publiquement avec force l’exigence de respecter le principe de présomption d’innocence devant les médias à la sortie du tribunal de Santo Domingo et à l’ambassade lors de la réception avec la communauté française.

    Le 14 août 2015, à Saint-Domingue, les deux pilotes ont été condamnés, sans preuves, à 20 ans de prison pour trafic de drogue par la justice dominicaine. Ayant perdu confiance dans la justice dominicaine, les pilotes s’enfuient en octobre 2015 et se présentent ensuite devant la justice française. Dans son livre, le criminologue Christophe Naudin révèle les dessous de l’affaire. Après avoir aidé les pilotes à partir clandestinement, il est arrêté ensuite en Égypte, puis extradé et incarcéré en République dominicaine. Ce sont les terribles conditions de détention de Christophe au Caire qui m’ont donné l’idée de proposer l’ajout d’une protection diplomatique à la protection consulaire pour nos compatriotes arrêtés à l’étranger, suite à une notice d’Interpol.

    Protection diplomatique pour les Français hors de France

    Je plaide pour que les suspects soient transférés automatiquement dans un pays neutre, qui offre des structures d’incarcération propres à garantir leurs droits fondamentaux à la préparation de leur défense et ainsi « sanctifier » la présomption d’innocence.

    Tenir bon sur les principes fondamentaux de notre droit en toutes circonstances fut l’attitude de Nicole Domino, conseillère consulaire en République dominicaine. Notre élue, respectée par les autorités carcérales dominicaines, a pu apporter régulièrement soutien et réconfort à Christophe Naudin en prison jusqu’à la transaction qui a permis son retour en France. Son action fondée sur la compassion donne un lustre éclatant au rôle des conseillers des Français de l’étranger propre à inspirer les générations d’élus qui lui succèdent.

    La présomption d’innocence est un droit fondamental en matière de justice pénale. Le 8 juillet 2021, à Aix en Provence, la Cour d’assises spéciale composée de huit juges professionnels a démontré qu’elle était capable de reprendre, en appel, un dossier en faisant abstraction des préjugés qui auraient pu l’influencer et de toutes les décisions passées après huit années d’instruction. Elle a acquitté les deux pilotes. Ils sont déclarés innocents des charges qui pesaient sur eux. Je suis fier de notre justice !

    olivier Cadic
    Olivier Cadic
    Olivier Cadic

    Sénateur des Français de l’étranger

  • Les Français de l’étranger craignent un retour difficile dans leur pays de résidence

    Les Français de l’étranger craignent un retour difficile dans leur pays de résidence

    L’épidémie du coronavirus repart à la hausse, notamment à cause du variant Delta. Les pays sont donc nombreux à renforcer leurs mesures. La France a décidé de mettre en place des contrôles renforcés à ses frontières mais de l’autre côté, elle a simplifié ses conditions d’accès au pays en simplifiant le schéma vaccinal. Les expatriés redoutent leur retour dans leur pays de résidence, surtout lorsque celui-ci se trouve hors de l’UE. Explications. 

    Comment faire reconnaître son certificat de vaccination hors UE pour ENTRER en France? 

    Si vous avez été vacciné dans votre pays de résidence, hors de l’UE, vous ne pouvez donc pas bénéficier du certificat covid européen permettant une circulation plus fluide intraeuropéenne. Mais, pas de panique, il existe une démarche assez simple pour faire reconnaître votre certificat de vaccination par la France, et ainsi, pouvoir accéder au pays sans soucis. 

    Pour le moment, les Français ayant reçu un vaccin homologué par l’Agence européenne du médicament (Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson + Covishield reconnu par la France depuis peu) doivent prendre contact avec l’Assurance maladie, qui pourra ensuite fournir « un certificat de vaccination étranger reconnu au niveau des frontières pour entrer en France »Les expatriés ayant reçu un vaccin non homologué ne peuvent faire reconnaître leur vaccination en France pour le moment.

    À SAVOIR : Le schéma vaccinal a été simplifié: dès à présent, une vaccination est considérée complète au bout de 7 jours après les deux injections contre 14 jours auparavant.

    De ce côté-là, pas de soucis, l’attestation fournie par l’Assurance maladie sur base de votre certificat de vaccination local suffit pour entrer en France. Les expatriés redoutent surtout leur retour dans leur pays de résidence, qui est souvent bien plus compliqué. Bon nombre d’entre eux ne sont pas revenus en France depuis le début de la pandémie, et ne savent pas quand est-ce qu’ils pourront y revenir à cause de ces mesures compliquées. 

    Lesfrancais.press fait le point sur la situation, continent par continent. 

    EUROPE : 5 PAYS EN LISTE ROUGE, des mesures renforcées pour accéder à la France

    L’Espagne, le Portugal, Chypre, les Pays-Bas et la Grèce sont mis sous surveillance au sein de l’espace européen depuis ce 17 juillet. La France exige un test PCR réalisé 24h avant le départ pour les non vaccinés (contre 72h aujourd’hui). 

    Pour le reste, l’application TousAntiCovid est désormais capable de reconnaître le certificat européen et peut (enfin) lire tous les QR code européen.

    ASIE : THAÏLANDE, un retour soumis à quarantaine même pour les vaccinés sauf à Phuket qui s’ouvre au tourisme

    Cécile vit avec son compagnon entre Pattaya et Bangkok, dans la zone industrielle, depuis maintenant 1 an et demi. Tous deux sont partis pour le travail pour un contrat de trois ans avec une société française venue s’implanter en Thaïlande. Depuis le début de la pandémie, ils n’ont pas pu retourner en France voir leurs familles respectives. Et ils ne savent pas quand ils pourront y retourner.

    Ils expliquent que c’est surtout le retour de Thaïlande qui pose problème, l’entrée en France étant plutôt simple. « Il suffit de faire un test PCR pour venir. Mais au retour, il faut faire 14 jours de quarantaine même pour les personnes vaccinées » déplore Cécile.

    Phuket fait office d’exception: les personnes vaccinées n’ont pas à faire de quarantaine alors que le reste de la Thaïlande l’exige, même pour les expatriés résidant là-bas.

    Mathieu est dans ce cas. Ce français expatrié habite depuis 6 ans à Phuket et travaille comme enseignant à mi-temps. Ça fait deux ans qu’il n’a pas vu sa famille, depuis le début de la pandémie. Il doit se rendre en France en août mais déplore des conditions de retour vers la Thaïlande difficile. Il redoute aussi son arrivée en France à cause du pass sanitaire dont il ne pourra bénéficier. « Je me sens comme un pestiféré, je suis invisible », soupire-t-il.

    Pour l’instant, la Thaïlande figure en orange sur la carte de classification des zones à risque de la France, pour la consulter, veuillez vous rendre sur ce site.

    Pour consulter les règles, veuillez consulter régulièrement ce site. A l’heure actuelle, voici les règles en vigueur à respecter pour votre arrivée en France: 

    Pour consulter les conditions de retour, veuillez vous rendre sur le site de l’ambassade de Thaïlande

    ASIE: le cas de HONG KONG, la France considérée comme un pays à « haut risque »

    Sur le groupe Facebook des expatriés français de Hong Kong, beaucoup estiment un retour vers la France assez facile. Là où ça bloque, c’est plutôt au niveau du retour à Hong Kong. L’un des conseillers français des étrangers de Hong Kong et Macao, Marc Guyon, va dans ce sens: « Pour accéder a la France, il n’y a pas de problème: plus besoin de test PCR pour les vaccinés », explique-t-il.

    « Mais pour revenir à Hong Kong, même les vaccinés doivent se mettre en quarantaine. 3 semaines pour les non-vaccinés, 2 semaines pour les vaccinés, et depuis peu, 1 semaine si un test anticorps est fait ici à Hong Kong », détaille le conseiller. Un test PCR et des documents sont aussi demandés

    Des restrictions qui freinent les expatriés, redoutant un retour difficile dans leur pays de résidence. Souvent venus pour travailler à Hong Kong, les expatriés ne peuvent se permettre d’effectuer une quarantaine à leur retour à cause de leur travail. Ainsi, beaucoup annulent leur départ par peur du retour très compliqué depuis que la France est inscrite sur la liste des pays dits « à haut risque » depuis le 16 octobre dernier

    Pour l’instant, Hong Kong figure en rouge sur la carte de classification des zones à risque de la France, pour la consulter, veuillez vous rendre sur ce site. Pour consulter les règles, veuillez consulter régulièrement ce site.

    Règles en vigueur pour la France, à destination d’un pays « rouge » ou en provenance de l’un de ces pays

    Pour votre retour, veuillez consulter le site de l’ambassade française à Hong Kong. Voici les mesures à suivre pour votre retour :

    ETATS-UNIS : l’Europe toujours bannie, pensez à vérifier votre statut avant de quitter le pays

    Pour les Français des États-Unis, là aussi, ça coince… D’un côté, les États-Unis figurent en rouge sur la carte de classification des zones à risque de la France. Et de l’autre, les États-Unis ont instauré un « travel ban » (soit interdiction de voyager) pour plusieurs pays du monde dont tous les pays européens, la France comprise

    Ce « travel ban » met à mal les possibilités d’un retour en France pour les français vivant aux États-Unis. Beaucoup déplorent cette situation, comme Anne, qui n’a pas vu sa famille depuis deux ans. Dévastée, elle explique qu’elle ne peut quitter les États-Unis car elle n’a ni de carte verte ni la nationalité américaine. Après un retour en France, son accès aux États-Unis, pays où elle vit et travaille, pourrait lui être refusé puisqu’elle n’est pas en possession de ces papiers. 

    « Le Travel ban pour l’Europe pose de sérieux problèmes », explique Laure Pallez, conseillère des Français à l’étranger des États-Unis. « Les entreprises américaines sont demandeuses de réouverture des frontières parce qu’elles ont besoin de main d’oeuvre. Mais la situation n’évolue pas… », déplore-t-elle.

    Après un voyage en France, votre retour aux Etats-Unis pourrait donc être compromis: « Tout dépend du statut des personnes. S’ils n’ont pas l’autorisation de revenir sur le sol américain, c’est très risqué de quitter les US aujourd’hui », explique la conseillère précisant que les personnes ayant cette autorisation sont celles qui ont soit une carte verte, la double nationalité ou un passeport américain. Certains types de visa sont aussi acceptés « mais très peu, c’est au cas par cas »

    Ce « travel ban » met sous pression les Français des Etats-Unis: « Les drames personnels sont très nombreux : beaucoup de personnes n’ont pas vu leur famille depuis le début du covid »,  pointe Laure Pallez.

    Retrouvez la liste détaillée des personnes qui sont autorisées à se rendre aux Etats-Unis sur le site de l’ambassade américaine

    Si vous souhaitez vous rendre en France, les règles sont les mêmes que pour Hong Kong ci-dessus, les Etats-Unis étant aussi en « rouge » (consultez le même site).

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